Confédéralisme Démocratique du Rojava: De l’État à la démocratie… Anatomie d’un changement de paradigme 1ère partie

En regard de la situation des Kurdes du Rojava, il est important de comprendre que si de mauvaises décisions de terrain ont été récemment prises, du moins depuis 2016, notamment de faire “alliance” avec les Américains (qui du reste a vraiment pris cette décision?… Les assemblées populaires des communes ?… ou quelques leaders financièrement inféodés, corrompus, par les Américains ?…), ce que représente le Rojava en terme de progrès politique est expliqué ci-dessous, de l’intérieur, dans une chronologie du développement politique du PKK (Parti Ouvrier du Kurdistan) d’origine marxiste, ayant vu le jour en Turquie au milieu des années 1970 et avec son adhésion en 1999 à un modèle de communalisme, municipalisme libertaire, non étatique et non exclusif aux communes kurdes, mais ouvert à tout à chacun, inspiré des travaux de l’ex-marxiste devenu anarchiste américain Murray Bookchin.

Mis en place dès 2005 au Rojava sous la forme de l’organisation du YPG, extension dans la zone du PKK, le confédéralisme démocratique préconisé par Abdullah Öcalan, leader du PKK et prisonnier politique en Turquie, se renforça en 2011 avec le début des troubles en Syrie et la lutte armée contre l’EIIL, armée d’ingérence mercenaire salafiste, financées par le Qatar et l’Arabie Saoudite et aidé logistiquement par la Turquie, les Etats-Unis, Israël, la Grande-Bretagne et la France. N’oublions pas que l’EIIL est une création des Etats-Unis en Irak pour perpétrer la guerre civile et diviser une population dirigée par un gouvernement d’obédience chiite, aidé par l’ennemi juré des Yanks dans la région: l’Iran.

En 2011, Öcalan publia son “Manifeste du Confédéralisme Démocratique”, comme feuille de route politique des communes libres confédérées.

Depuis 2016, un grand flou règne au Rojava, l’EIIL a été vaincu sur le terrain, par les forces kurdes seules jusqu’à récemment, et devant les pressions syrienne mais surtout turque, certains éléments influents pactisèrent avec le fourbe empire américain, plaçant ainsi le Rojava entre le marteau et l’enclume, dans une configuration politique hybride, celle de la “charte du Rojava”, ayant trahi en grande partie le Confédéralisme Démocratique ; ce qui fit dire à Hassan Nasrallah, SG du Hezbollah, en 2018:

Les États-Unis ne font qu’exploiter les Kurdes afin de réaliser leurs plans ; les Américains n’hésiteront à trahir les Kurdes, une fois qu’ils auront fini leur travail …
Nous savons que le Pentagone reçoit un budget de 500 à 700 millions de dollars sous couvert de l’appui aux Kurdes de Syrie…À quoi est destiné ce budget ? Cette somme, devra-t-elle être dépensée pour instaurer la démocratie en Syrie ou pour soutenir les Kurdes qui sont censés tirer la leçon de l’expérience du passé… Vous devez savoir qu’à l’heure actuelle, les États-Unis vous utilisent comme un instrument pour faire avancer leurs plans, y compris le cadre de leur lutte contre la Syrie, l’Iran, la Russie et l’axe de la Résistance. Mais finalement, ils ne se préoccupent que d’assurer leurs propres intérêts. Ils vous vendront tout simplement et vous laisseront seuls. »

Nasrallah avait raison bien entendu, la preuve en est faite depuis quelques jours, mais il y a néanmoins une chose à dire: Il ne peut y avoir de démocratie en Syrie, ni dans toute la région, ni dans le monde, sous l’égide d’un régime politique étatique quel qu’il soit. La voie du futur pour les peuples, l’émancipation et la liberté est celle du Confédéralisme Démocratique, bien compris et intégré par les peuples où qu’ils soient pour servir leurs intérêts en toute autonomie politique.

Le fait est que l’expérience politique du Confédéralisme Démocratique kurde et de toute initiative politique mondiale tendant à mettre l’état et la dictature marchande sur la touche, voient systématiquement une coalition de tous les états se lever pour préserver les intérêts des privilégiés au pouvoir. Aujourd’hui, nous voyons tout le monde, des traîtres yankees, aux Russes en passant par les Iraniens, demander aux Kurdes du Rojava de “s’en remettre à l’autorité du gouvernement syrien”. En cela, cette affaire de l’autonomie confédérale non étatique kurde commence à singulièrement ressembler  à celle menée par les Espagnols entre 1936 et 1939, qui vit une coalition étatique multinationale de l’URSS marxiste à l’Allemagne nazie en passant par l’Italie fasciste et la France “modérée” de Front Populaire ne l’oublions pas, se liguer contre les collectifs autonomes de Catalogne, d’Aragon et du Levant pour éradiquer le seul type d’organisation politique fondamentalement létale pour l’État et les oligarchies en place, la société libre émancipée, qu’on l’appelle “confédéralisme démocratique”, ou quoi que ce soit d’autre. Ils le firent en soutenant directement ou indirectement la réaction franquiste qui finît par l’emporter.

Ce scénario est en train d’être rejoué au Rojava, situé dans le nord de l’actuelle Syrie résultat d’un découpage colonial arbitraire et donc par essence oppresseur, via les rouages étatiques toujours en vigueur. C’est ce qu’a finalement magnifiquement compris le leader du PKK Abdullah Öcalan lorsqu’il émit l’idée du confédéralisme démocratique en 1999.

Pour mieux comprendre la position fondamentale des Kurdes du Rojava et du PKK tel qu’il est pensé depuis 1999 et non pas au travers du prisme des délires propagandistes turcs, occidentaux et moyen-orientaux, il est important de lire ce qui suit, ce texte de la Commune Internationaliste du Rojava, que nous avons scindé en deux parties pour en alléger la lecture.

Vive les Communes Libres Confédérées pour que vive enfin la Société des Sociétés  au Rojava, au Moyen-Orient, partout dans le monde!…

~ Résistance 71 ~

« Quiconque se fie aux Américains ou mise sur les accords conclus avec eux finira par être trahi . c’est le destin de quiconque  voudrait miser sur les Etats-Unis.”
~ Hassan Nasrallah ~

Pour qui en doute… Demandez aux nations originelles amérindiennes ce qu’elles en pensent…

 

 

De l’État à la démocratie: anatomie d’un changement de paradigme

 

Komun

Commune Internationaliste du Rojava

 

Juin 2018

 

Source: https://komun-academy.com/2018/06/27/the-new-paradigm/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~ Octobre 2019 ~

 

1ère partie
2ème partie

 

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, Partiya Karkêren Kurdistan)  a émergé au milieu des années 1970 comme un mouvement de libération nationale, largement inspiré par les idées d’un socialisme réellement existant. Mais, au cours du processus de développement du parti, le fondateur et le leader de ce parti, Abdullah Öcalan, préféra développer une compréhension du socialisme et de la révolution allant au delà de celle, centralisée, trouvée en Russie et en Chine. Au travers de ce processus, le PKK fut transformé d’un petit groupe idéologique en une des forces politiques et militaires les plus puissantes au Moyen-Orient. Tandis que la lutte armée de guérilla qui continue depuis 1984 est une des plus longues et endurantes luttes armées au monde, les zones d’organisation du PKK se sont étendues du nord-Kurdistan aux autres parties du Kurdistan (ouest, est et sud) et englobent les diasporas kurdes de l’Australie aux Etats-Unis en passant par la Russie et l’Europe.

A la fin des années 1990, le PKK est devenu le plus grand et le plus dynamique des mouvements kurdes. Alors que tout ceci prit forme sous l’égide d’un mouvement de libération nationale et une compréhension du socialisme qui fut cadrée lors du processus fondateur du parti ; au début des années 90, Ocalan intensifia ses efforts pour renouveler ses buts idéologiques et organisationnels. Son but fut de développer une nouvelle approche, en particulier avec une critique radicale de la compréhension du socialisme existant et en ouvrant la question de la femme dans la société. Bien que le congrès du PKK en 1995 fit quelques progrès sur ce sujet, il n’y eut pas de changement d’échelle signifiant à ce niveau.

Le PKK entreprit alors une régénération radicale après que son leader et fondateur Abdullah Öcalan fut enlevé au Kenya par l’entremise d’une conspiration internationale et fut livré à la Turquie en 1999. Öcalan, qui est détenu en QHS et en isolation dans la prison de l’île de Imrali en Mer de Marmara depuis le jour de sa capture, a créé un changement de paradigme au PKK au moyen de ses écrits de défense légale soumis à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, écrits préparés sur l’île de sa détention. De fait, le seul rare contact qu’Öcalan puisse avoir avec l’extérieur, sont ses contacts, souvent empêchés, avec ses avocats.. Dans les premières années de sa détention, il était autorisé de voir ses avocats une fois par semaine pendant deux heures, temps réduit pas la suite à une heure. Il était aussi autorisé de recevoir la visite de proches pendant une heure une fois par mois. Au cours de ses rencontres hebdomadaires avec ses avocats, Öcalan produisit deux groupes de textes qui formeront l’idéologie fondamentale du parti.

Le premier groupe de textes fut celui de sa défense légale en regard de ses procès en Turquie et à la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), textes qui étaient manuscrits et passés à ses avocats, ils devinrent une référence idéologique fondamentale pour le PKK. Le second groupe de textes était composé de notes prises par ses avocats lors de leurs rencontres. Ceci fut autorisé jusqu’en 2005, puis interdit, ce qui obligea les avocats à écrire ces notes juste après les réunions. Ces notes furent communiquées au public au travers des chaînes de télévision, des agences de presse et des journaux kurdes. Ces textes de manière générale traitaient de questions politiques spécifiques. Après des années d’obstruction, les réunions d’Öcalan avec ses avocats prirent fin en 2011. Depuis 2014, à part une visite, Öcalan n’a plus la permission même de recevoir les membres de sa famille.

Mais le véritable travail en profondeur qui détermina la transformation idéologique du PKK eut lieu sur une période de douze ans entre 1999 et 2011, fondée sur les textes qui constituèrent sa défense légale, soumise aux tribunaux par Ôcalan. Ces textes peuvent être divisés en deux groupes : ceux soumis aux tribunaux turcs et ceux soumis aux tribunaux européens, en fait à la CEDH de Strasbourg et à un tribunal en Grèce s’occupant de son extradition depuis la Grèce. Ces textes de défense ont été publiés en kurde, en turc et dans d’autres langues. Le premier groupe de ces textes consistent en deux textes fondamentaux: le texte principal envoyé au tribunal d’Imrali et ses appendices soumis à la Cour de Cassation (Haute Cour d’Appel turque) en 1999 et à un tribunal de district d’Urfa en 2001. Les titres, tels qu’ils sont publiés de ces deux textes sont: “‘Resolution Declaration in the Kurdish Question’ and ‘Urfa: a symbol of history, sanctity and malediction in the Tigris-Euphrates basin’.

Quant au second groupe de texte soumis à la CEDH en 2001, la cour d’Athènes en 2003 et à la grande chambre de la CEDH en 2004, il consiste en deux livres de trois volumes. Le titre du premier livre en deux volumes est :  From the Sumerian Priest State towards the People’s Republic I-II’ (2001), le second livre connu sous le vocable de “la défense d’Athènes”, porte le titre : ‘Free Human Defence’ (2003) and ‘To Defend a People’ (2004). Dû au fait d’une autre affaire enregistrée avec la CEDH sur la base qu’il n’y avait pas eu de juste procès, Öcalan prépara une nouvelle défense. Ce travail, définit par Öcalan comme ‘The Problematisation of Capitalist Modernity’ fut publié en turc en cinq volumes entre 2009 et 2012. Ces textes de défense furent publiés par le PKK et furent acceptés en congrès du parti après 1999 comme étant la ligne officielle du PKK.

Öcalan en général résume sa position sur le premier groupe de textes soumis à la cour d’Imrali puis à la Haute Cpur d’Appel de cette façon: “[Pour ma défense], je n’ai pas de vue pour un nationalisme kurde classique ni pour une interprétation de gauche de celui-ci. L’ère s’en est allée bien au-delà de tout cela.” (Ocalan, 1999:10)

Dans le second groupe de textes envoyé à la CEDH, Öcalan approfondit son approche théorique. Le premier des trois volumes s’engage dans une analyse historique de la civilisation, commençant au Moyen-Orient, focalisant sur la civilisation sumérienne comme étant la “première société étatique”. Bien que plus loin dans le livre, Öcalan parle d’autres sociétés et d’autres périodes, son but principal est d’analyser l’État comme étant le “pêché originel” de l’humanité. Ceci est stupéfiant, car il est un leader politique d’une société largement décrite comme “le plus grand peuple du monde sans état”. Quoi qu’il en soit, Öcalan maintint sa critique de l’État, y ajoutant l’expérience du socialisme, disant que la libération ne peut pas être acquise en construisant un état, se faisant au contraire l’avocat du fait que la démocratie devrait être renforcée. Comme sa première défense, ceci fut accepté comme un nouveau manifeste qui prit le titre de “Manifeste pour le Confédéralisme Démocratique” au VIIIème congrès du PKK de Serxwebûn en 2002.

Dans le second volume soumis à la CEDH, Öcalan analyse en détail la société kurde, son histoire et en particulier, le rôle du PKK dans celle-ci. Tout en positionnant la société kurde dans l’histoire de la civilisation, Öcalan la présente comme uns société naturelle ou comme une communauté vis à vis des sociétés à état. Il attribue ce naturalisme à l’existence d’une culture néolithique profonde assumée avoir longtemps continuer dans les tribus kurdes. D’après Öcalan, les société de classe (état) et la modernisation ont amené la ruine aux Kurdes, le PKK devenant ainsi le dernier rempart de résistance à ce processus. Dans ce cadre précis, Öcalan a entrepris de montrer les limites et le point de congestion du PKK. Les restrictions idéologico-politiques de la guerre froide ont conditionné le PKK, même 10 ans après la fin de ce conflit. Avec cette analyse, Öcalan visait à évaluer l’histoire du PKK et à adresser ses erreurs passées.

Dans ses écrits de défense légale à la Cour d’Athènes et à la Grande Chambre de la CEDH, Öcalan transforma ses idées théoriques en une conceptualisation pour une démocratie radicale (NdT: ancrée dans ses racines profondes). Cette idée de démocratie radicale fut développée dans le contexte de trois projets connectés: une répubique démocratique, une autonomie démocratique et un confédéralisme démocratique. Ces trois projets politiques fonctionnent comme “un déterminant stratégique”. En d’autres termes, elles sont des idées et des instruments, moyens par lesquels les demandes politiques des Kurdes sont redéfinies et réarrangées. Cette idée de démocratie radicale est radicale parce qu’elle analyse le concept de démocratie au-delà de la nation et de l’État.

Le concept d’une république démocratique envisage une réforme dans la république turque dans laquelle la citoyenneté est séparée du nationalisme. De cette façon, la démocratie retournera à la “compréhension de la démocratie du début de l’époque moderne” et à son pouvoir radical de transformation. En fait, la démocratie fut formulée au XVIIIème siècle sur la base des droits des citoyens et que chacun gouvernerait chacun. Mais aux XIXème et XXème siècles avec la perte dominante de la notion de démocratie radicale, celle-ci perdit de sa substance et gagna une signification culturelle. Cette veine, qui émergea de la pensée moderne, considéra l’homogénéité culturelle être nécessaire pour l’état moderne et affirma la forme nationaliste de ceci comme étant indispensable.

Cette condition “nationale” de modernité est exclusive et intolérante ; elle ne permet pas une quelconque alternative à ceux qui ne possèdent pas les caractéristiques culturelles “correctes” et ne laissent pas d’autre choix que l’assimilation (réelle ou fictive, superficielle) ou l’émigration. Les autres options dans ce contexte pour l’État en plus de l’assimilation sont le déplacement forcé, le nettoyage ethnique ou le génocide. En Turquie, le kémalisme fut formulé d’un point de vue de projet de modernisation, résultant en des politiques d’assimilation dures et drastiques envers les Kurdes.

Ôcalan, en proposant une république démocratique, se fait l’avocat de la démocratie dans le contexte des droits citoyens.

L’idée de Confédéralisme Démocratique, dans des écrits de sa défense ultérieurs, fut développé avec l’idée d’autonomie démocratique, est défini comme un modèle “d’auto-gouvernement démocratique” (Öcalan, 2008: 32). La démocratie radicale d’Öcalan est intrinsèque au concept de confédéralisme démocratique qui est emprunté à Murray Bookchin. Celui-ci, qui appela son idéologie, le municipalisme, proposa une nouvelle politique radicale. Il reconnut “les origines de la démocratie dans les communautés de villages et dans les tribus” et arriva éventuellement à formuler son projet de Municipalisme Libertaire.

Dans ce projet, Bookchin envisageait la mise en place de structures démocratiques locales comme des “assemblées communales, des réunions de ville et des conseils de voisinages”. Afin de prévenir du danger que ce projet ne s’épuise ou ne soit utilisé que pour des buts purement locaux, Bookchin proposa le principe du confédéralisme. Par ceci il voulait dire “un réseau consistant en des conseils administratifs directement élus par des assemblées de membres ou de délégués de villageois, des villes et même de voisinages pour les grandes villes. Ôcalan fut influencé par ces idées et des principes du confédéralisme, développa une compréhension toute similaire.

En parallèle à son analyse historique de la civilisation fondée sur une critique de l’État, Öcalan insiste également sur les échecs du socialisme existant et des mouvements de libération nationale. Selon lui, les deux tombèrent dans le piège de l’idée de la création d’un état. Au lieu de cela, Öcalan puise dans les influences toujours existantes des valeurs communales de la société néolithique qui n’ont pas été entièrement éradiqués par le développement d’une société hiérarchique fondée sur l’état. Ces valeurs communales peuvent être résumées comme la socialisation fondée sur le genre, une vie en harmonie avec la nature et une société fondée sur le collectivisme et la solidarité. Ceci constitue la base de la compréhension d’Öcalan sur la démocratie prenant la forme du confédéralisme démocratique.

Basé sur ces valeurs, le confédéralisme démocratique est organisé sur quatre niveaux. En bas se situent les communes des villages et des districts. Ces communes sont inter-reliées dans une ville et aussi au niveau régional. Puis il y a les catégories sociales comme les enfants et les femmes. Un autre niveau d’organisation émerge au niveau culturel dans un cadre d’interaction des différents groupes ethniques, religieux et culturels. Le quatrième et dernier niveau est celui des organisations de la société civile. Le confédéralisme démocratique organisera la société au travers d’assemblées au niveau des villages, des villes et des régions, via une organisation horizontale. En d’autres termes, le confédéralisme démocratique se définit comme un modèle “d’auto-gouvernement démocratique”.

D’après Öcalan “ce projet est fondé sur l’auto-gouvernement des communautés locales, de parlements locaux et de congrès plus larges. Les agents directs de cet auto-gouvernement sont les citoyens eux-mêmes et non pas des fonctionnaires d’état.

De ce point de vue, Öcalan insiste constamment pour que la structure confédérale de ce projet n’ait absolument rien à voir avec la “communauté des états membres dirigeant”. Au contraire, le confédéralisme démocratique vise à consolider, à approfondir les communautés fondées sur la démocratie. En plus de cela, il y a un besoin de refaçonner les processus politiques et judiciaires et la structure politique dans le pays. En conséquence,  le modèle d’organisation des gens par delà l’État, c’est définir leur relation avec l’état existant ou l’autorité.

Öcalan propose une république démocratique comme forme de gouvernement à cet égard. Il sera possible de trouver une résolution de la question kurde sous cette forme de gouvernement. Il a ensuite développé le concept d’autonomie démocratique comme une forme de relation. Le confédéralisme démocratique est en même temps un complément de l’autonomie démocratique pour la position des gens sur un plan économique, culturel et social. L’autonomie démocratique exprime la forme de relation avec l’état et ses fonctionnaires. (NdT: ceci est un concept développé par Gustav Landauer dans les années 1910). En ce qui concerne la Turquie, une alternative pour une résolution politique démocratique de la question kurde lui est offerte et cette résolution nécessite la reconnaissance constitutionnelle de l’identité nationale kurde.

Quoi qu’il en soit, cette reconnaissance n’est pas proposée par le PKK comme une façon de dessiner une ligne séparant le système confédéral démocratique kurde et l’état turc. Au lieu de cela, une relation inclusive est envisagée exprimée de la sorte: “l’autonomie démocratique est un concept qui définit le relation avec l’état, cela peut-être réalisé au sein d’un état unitaire ou dans un système fédéral.

Mais cette relation inclusive n’exclut pas une sorte “d’unité” entre les kurdes dispersés dans bien des pays du Moyen-Orient. Comme Öcalan a proposé la mise en place de corps de gouvernement partout au Kurdistan et où les Kurdes vivent, le confédéralisme démocratique deviendra le mécanisme principal pour unifier le Kurdistan et les Kurdes. D’après Öcalan, le mouvement de libération kurde devrait s’attacher à établir un tel système d’auto-gouvernement.

A suivre…

= = =

Lectures complémentaires:

Longue vie au Rojava !… Le texte du Confédéralisme Démocratique

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Abdullah-Ocalan-Confederalisme-democratique

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

6ème_déclaration_forêt.lacandon

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

 

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53 Réponses to “Confédéralisme Démocratique du Rojava: De l’État à la démocratie… Anatomie d’un changement de paradigme 1ère partie”

  1. Merci pour ces précisions, ô combien nécessaires, tant il se dit tout et n’importe quoi actuellement sur cette attaque turque dans cette vallée du Rojava, là où s’est menée, sur le terrain, l’expérience du Confédéralisme Démocratique comme définie par AÖ.

    L’immense Russell Means avait affirmé ceci : “Vous ne serez et ne demeurerez que des commodités aussi longtemps que l’empire existera…” ► Russell Means, Oglala, Lakota

    Et comme nous le disons, ici en France, à l’attention de qui veut l’entendre : Aucune négociation avec le pouvoir en place = AUCUNE !

    Car nous ne serons et ne demeurerons que des commodités aussi longtemps que l’État et ses institutions existeront…

    Jo

    • L’idée est de ne pas négocier, de tourner le dos aux institutions (par là dire NON !) et les remplacer par la coopération et les associations libres (transmutation de la valeur et de l’organisation politique, décisionnaire) faisant fonctionner la société, abolissant ainsi les antagonismes.
      Comme le disait Landauer, c’est une question d’ATTITUDE, rien d’autre…
      On pense que ça viendra et que quand ça se mettra en place, tout ira très vite et bien des mouvements seront vite dépassés par l’humanité en mouvement…
      Avant toute chose, il faut cesser d’avoir peur ! La peur divise, entretien l’antagonisme est sert le système. Du reste, celui-ci ne fait que cela: manipuler les craintes et la peur des gens pour les mener là où il le désire. Par le simple fait de dire NON ! en masse, la peur changera de camp illico.

      • Tout à fait d’accord avec votre analyse !

        Trump n’a pas mis longtemps à lâcher les « kurdes » en rase campagne, puisqu’il a dit, ce jour, qu’il n’était pas question d’aider les kurdes, car les kurdes n’ont pas aidé les ricains lors du débarquement de Normandie…

        Vous pouvez le croire ça ?
        Nez rouge, perruque orange…

    • la clique mafieuse Barzani (CIA), rien à voir avec le Rojava, bien que les Yanks ont / avaient pour projet de faire du Rojava une seconde zone kurde irakienne connectée, sauf que pour les Kurdes du Rojava, le but est d’exporter le Confédéralisme Démocratique chez les Kurdes d’Irak, dans toute la région en fait, pas seulement chez les Kurdes et certainement pas par la « conquête » si ce n’est en montrant l’exemple de la viabilité d’une société égalitaire non-étatique et non hiérarchique.
      Il y a une nette division entre ce qu’est le Rojava et ce qu’est le « Kurdistan irakien », ils sont le jour et la nuit en l’état (ah ah) actuel des choses… 😉

      • voilaaaaaa les bons… et les mauvais 😀 😀

      • Et Nasrallah il fait la différence entre les bons et les mauvais chasseurs…?

        https://fr.timesofisrael.com/pourquoi-israel-soutient-la-creation-dun-etat-kurde/

        Caroline four-est sur son blog…

        « La trahison de nos alliés kurdes annonce bien pire qu’un reniement. Une défaite. Malgré tout ce qui les différencie et souvent les oppose, les Kurdes de Syrie et d’Irak se sont battus contre Daech, pour nous, au nom des mêmes valeurs. En Syrie, les glorieuses guerrières des YPJ et leurs frères d’armes des YPG portent un projet à l’opposé du drapeau noir de l’obscurantisme : égalitaire, écologiste et laïque.

        Malgré tous les risques de dogmatisme inhérents aux utopies, cette poche du Rojava a le mérite inouï de planter une graine d’espoir dans un désert sans avenir. Elle permet de croire à un projet alternatif au choix mortel entre dictature nationaliste ou islamisme. Cette herbe folle qui stérilise l’ancien grenier à blé du monde depuis des décennies. A quelques kilomètres de là, les dirigeants du Kurdistan irakien ont parfois les défauts des indépendantistes devenus hommes d’affaires. Mais alentour, tout le monde reconnaît qu’ils ont su faire prospérer autour d’Erbil, l’une des seules régions de l’ancienne Mésopotamie où il fait bon vivre.

        Ce n’est pas un hasard si des Arabes et des Turkmènes de Kirkouk ont voté en faveur du oui à l’indépendance. La plupart des sunnites des «territoires disputés» préfèrent vivre sous une démocratie kurde que sous la tutelle chiite de Bagdad, allié à Téhéran. Les voilà désormais à la merci des milices chiites, dirigées par un général iranien, venues aider l’armée irakienne à récupérer la ville et ses puits de pétrole.« 

        • oui elle mélange tout, ça part bien ça finit un peu en sucette…
          Il est impossible de faire l’amalgame entre le Rojava et le « Kurdistan » du nord de l’Irak.
          Les Kurdes d’Irak veulent un état indépendant affilié à l’empire, les Kurdes du Rojava veulent le confédéralisme démocratique, une société émancipée, pour tous.
          Le confédéralisme démocratique kurde du rojava (ou quoi qu’on veuille l’appeler) est contre l’état, qu’il soit syrien, irakien, iranien, yankee, ou tout autre, c’est à dire contre l’État dans son principe même. Fourest ne veut voir que ce qu’elle veut bien, rien d’étonnant.
          Le Rojava finira peut-être comme l’Espagne révolutionnaire de 36, écrasé par tous les représentants serviles de l’État et du capital de son extrême droite à son extrême gauche, État oppresseur et totalitaire par nature.
          On verra…

        • Tu m’étonnes qu’Israël soutienne le projet…
          Et sa saynim four-est…

          Maintenant le rojava n’est pas si différent…
          Un point de départ à un ÉTAT plus grand…
          Les zanarchistes se font toujours baiser d’façon…

          Kurdistan qui serait au final une fantastique base avancée de l’état hébreu….

          Que le chef du Hezbollah y trouve son intérêt est suspicieux…

  2. J’ai du mal à comprendre ta réponse…

    « pour les pratiquants sans doute, pas les membres des communes libres ou les membres du PKK »

    Parce que quand on lit bien le communiqué…
    Ils suivent tout de même rudement bien les préceptes islamiques…
    C’est pas trop libertaire tout ça…

    « Pour preuve,des combattantes kurdes sont représentées en train de consommer de l’alcool, ou de flirter avec leurs homologues masculins. La consommation d’alcool ou les rapports intimes sont deux tabous absolus au sein YPG/J.
    L’organisation met un point d’honneur à être irréprochable sur ces points, afin de garantir sa moralité aux yeux des sociétés kurdes et arabes extrêmement conservatrices.
    Dans son film Caroline four-est 😀 fait dire à une combattante kurde embrassant un camarade : « on ne s’est pas battu contre les soldats de daesh pour vivre comme eux ».
    Comme nous venons de l’expliquer, cette tirade n’illustre en rien la mentalité des combattantes kurdes, bien au contraire.
    En tentant de faire rentrer ces combattantes dans le moule de son féminisme occidental et institutionnel, Caroline four-est 🤪 commet une faute grave, qui va compromettre la réputation du YPJ à l’étranger, notamment dans le monde arabe où son film est diffusé.«

    Leur rojava  sera bel et bien islamique…
    Ne vous en déplaise…
    Ne vous en déplaise…?

    Et ça c’est des conneries aussi…?

    « Le YPG/PKK menace les Syriaques et enlève des enfants »

    – Propos du président de l’Union Mondiale des Syriaques (WCA), Johny Messo, concernant les agissements de l’organisation terroriste YPG/PKK dans le nord de la Syrie.

    https://www.aa.com.tr/fr/monde/le-ypg-pkk-menace-les-syriaques-et-enlève-des-enfants/1608568

    • pas d’alcool dans le Barcelone anarchiste de 36, les débits de boisson furent transformés en maison de la culture. La non consommation d’alcool est assez répandue dans les communautés anarchistes. Il est mentionné que l’attitude est aussi due au respect des cultures à la fois kurde et arabe, pas de mention de religion. Tu y vois ce que tu veux y voir…
      2ème point: intox possible ou fait d’éléments pervertis. N’oublie pas que dans cet environnement pourri par l’infiltration yankee, il y a eu sans aucun doute des gens qui ont poussé le bouchon dans le sens du poil impérialiste. Il y a peu de sources fiables de l’intérieur malheureusement. Le simple fait déjà que le PKK/YPG est qualifié de « terroriste » en dit long sur la position du/des auteur… 😉
      on doit donc instinctivement supputer l’intox propagandiste, mais… vas savoir vraiment ?…

  3. Vous signez…?

    Libertaires et sans-concessions contre l’islamophobie !

    Anarchistes, communistes libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes, artistes, organisés ou non-organisés, nous faisons part de notre condamnation totale de l’islamophobie sous toutes ses formes. Nous affirmons que l’islamophobie est une forme de racisme.

    Nous avons le désagréable pressentiment, au regard de l’actualité, que l’islamophobie, comme un racisme respectable et vertueux, devient l’un des ressorts privilégiés de la gauche au pouvoir et de la gauche bien-pensante. Nous faisons le constat exaspérant que les thématiques progressistes comme le féminisme, la laïcité ou la liberté d’expression sont régulièrement invoqué pour le justifier. Le fait qu’en février, à peine passé à gauche, le Sénat ait voté une loi d’interdiction de certains emplois aux femmes voilées ne fait que confirmer nos craintes. Il en est de même quant aux comportements et discours néo-coloniaux et racistes du Parti de Gauche et des organisateurs du fameux débat sur « comment faire face au Front national » (sic) à la Fête de l’Humanité(1).

    Les conséquences de l’islamophobie sont grandes pour celles et ceux qui la subissent : des lois liberticides votées ces dernières années jusqu’aux discriminations insidieuses, parfois flagrantes (par ex : les 4 animateurs de Gennevilliers suspendus car faisant le ramadan), sans parler des insultes et agressions diverses. Ces attaques racistes risquent fort de croître, et nous devons nous préparer à les combattre sans aucune ambiguïté.

    En tant que libertaires nous réfutons et combattons tout raisonnement islamophobe porté au nom de l’idéologie libertaire et avons décidé de l’affirmer clairement par cet appel.

    Parce que nous pensons qu’au sein du discours médiatique dominant, journalistique et politique, certains « philosophes », « dessinateurs » et « écrivains » surmédiatisés, comme Michel Onfray, Caroline Fourest ou l’équipe de Charlie Hebdo, participent de cette islamophobie ambiante et de sa propagation en se positionnant parfois comme libertaires, ou en agissant au nom de la tradition et de l’idéologie libertaire.

    Parce que nous constatons que certains secteurs de « notre famille politique » sont imprégnés par l’idéologie islamophobe, et cela est insupportable. Cela se traduit au mieux par un désintérêt pour cette question (parfois par une condamnation certes claire de l’islamophobie mais couplée de moult rappels du combat primordial contre l’aliénation religieuse), au pire par le refus de reconnaitre l’islamophobie comme un racisme voire par le fait de s’affirmer islamophobe au nom d’un anticléricalisme primaire importé de contextes historiques différents, voire par des connivences et compromissions inacceptables, heureusement marginales mais pas assez vigoureusement condamnées.

    Certaines choses doivent donc être rappelées à nos « camarades ».

    NON, le terme islamophobie n’a pas été inventé par le régime iranien pour empêcher la critique de l’islam comme le proclame Caroline Fourest, le terme existait d’ailleurs déjà au début du XXème siècle.

    NON, combattre l’islamophobie ne nous fait pas reculer devant les formes d’oppression que peuvent prendre les phénomènes religieux. Nous apportons ainsi notre soutien total à nos camarades en lutte au Maghreb, au Machrek et au Moyen-Orient qui s’opposent à un salafisme qui prend là-bas les formes réactionnaires et fascistes, et cela au plus grand bénéfice de l’impérialisme occidental.

    NON, tous les musulmans qui luttent contre les lois islamophobes ne sont pas des crypto-islamistes ni des communautaristes venus faire du prosélytisme ou souhaitant interdire le blasphème. Beaucoup d’entre eux et elles sont des acteurs et actrices du mouvement social à part entière. Ils et elles luttent, s’auto-organisent, se battent pour leurs droits, contre le patriarcat, le racisme et pour la justice sociale au quotidien en revendiquant la spécificité de leurs oppressions et en pointant les contradictions qu’il peut y avoir au sein d’un certain discours « militant ». Critiquer leur façon de s’organiser ou de militer est une chose, les disqualifier par un discours marginalisant et raciste en est une autre.

    La critique récurrente qui est faite à ceux qui parlent d’islamophobie(2), est qu’ils sont les porteurs d’un concept qui produirait du communautarisme. Nous disons que l’islamophobie est la politique de l’Etat envers de nombreux fils d’immigrés. Cette politique, il l’avait déjà expérimentée avec certains colonisés. L’islamophobie est bien un instrument de la domination, ce que le Palestinien Edward Saïd décrivait comme « la longue histoire d’intervention impérialiste de l’Occident dans le monde islamique, de l’assaut continu contre sa culture et ses traditions qui constitue un élément normal du discours universitaire et populaire, et (peut-être le plus important) du dédain ouvert avec lequel les aspirations et souhaits des musulmans, et particulièrement des Arabes, sont traités(3). » Dans la parfaite lignée de la structure de « l’orientalisme », l’Occident disqualifie l’Orient par le prisme de l’islamophobie et régénère par là sa pseudo-supériorité morale. Assumée ou dissimulée, cette structure de pensée gangrène une vaste partie du champ politique progressiste.

    L’islamophobie n’est donc pas un concept flottant manié par des militants mal intentionnés, comme certains réactionnaires se plaisent sournoisement à l’inventer, mais une politique de la domination, de l’Etat post-colonial, qui imprime les corps des dominés. Dénoncer l’islamophobie n’est pas non plus l’apanage d’une communauté qui chercherait à se défendre. C’est au contraire un langage raciste de peur permanente qui désigne le paria sous les traits imprécis du musulman. A Salman Rushdie qui affirme lui aussi que l’islamophobie n’existe pas, car les musulmans ne sont pas une race, il faut rappeler, à lui et à tous ceux qui connaissent si mal l’histoire du racisme en Europe, que l’antisémitisme concerne les juifs, qui ne sont pas non plus une race.

    Ce langage voudrait aussi imposer une assignation : tout arabe, tout africain, ou parfois tout être, ayant l’islam comme part de sa culture et comme part de son histoire serait un être essentiellement réactionnaire, fondamentalement religieux, et donc incompatible avec les principes fondamentaux républicains – principes par ailleurs complètement désincarnés, qui ne servent que pour justifier cette exclusion. Comme l’a montré Frantz Fanon, le colonisé, « par l’intermédiaire de la religion, ne tient pas compte du colon ». « Par le fatalisme, toute initiative est enlevée à l’oppresseur, la cause des maux, de la misère, du destin revenant à Dieu. L’individu accepte ainsi la dissolution décidée par Dieu, s’aplatit devant le colon et devant le sort et, par une sorte de rééquilibration intérieure, accède à une sérénité de pierre(4). »

    Assigner les colonisés, et aujourd’hui les fils d’immigrés, à une religion, relève d’une dynamique de domination expérimentée dans les anciennes colonies. Les islamophobes n’ont peur que d’une chose : que les dominés s’emparent des armes de la critique sociale et de la philosophie, car c’est sur ce terrain que se prépare leur défaite, sur ce terrain que la lutte sociale se déploie et nous réunit.

    Au-delà de l’islamophobie, ce problème soulève le peu d’intérêt et d’engagement contre le racisme visant les enfants d’immigrés issus de la colonisation. Ce sont aussi toutes les questions liées aux quartiers populaires qui font les frais d’un déficit d’engagement de la part du mouvement social. Pour preuve le peu de personnes militant contre les violences policières et les crimes racistes et sécuritaires.

    Les populations issues de la colonisation, qu’elles soient noires, arabes, musulmanes, habitantes des quartiers populaires, ont décidé de ne plus rester à la place où l’on veut les assigner et s’affirment comme forces politiques en s’auto-organisant. Nous devons avancer côte à côte et lutter contre le racisme sous toutes ses formes, de toutes nos forces.

    L’islamophobie dominante, encouragée par tous les pouvoirs occidentaux, est aussi l’occasion de diviser ceux qui devraient s’unir, et unir ceux qui devraient être divisés. Dans une société régie par le spectacle, elle a en outre pour fonction de jeter de vastes écrans de fumée sur les réalités sociales. Ne tombons donc pas dans le piège !

    Enfin ce problème pose aussi la question d’une sorte d’injonction à l’athéisme, condition sine qua non pour prendre part à la guerre sociale et militer dans une organisation libertaire. Il serait donc impossible ou infondé d’exprimer sa foi si l’on est croyant, tout en partageant certaines convictions progressistes. Nous nous opposons à l’essentialisation des croyants et du phénomène religieux, qui se fait sans donner la parole aux premiers concernés, et qui nous conduit aujourd’hui aux pires amalgames.

    Notre opposition sans concession à l’islamophobie, en tant que libertaires, doit se faire entendre sur cette question. Nous sommes aussi le reflet d’un certain nombre de contradictions: de même que nous sommes traversés par les rapports de domination sexistes ou homophobes, ce qui est aujourd’hui (plus ou moins!) reconnu par le mouvement libertaire, nous devons reconnaitre l’être aussi par les rapports de domination racistes, postcoloniaux et faire le travail qui s’impose, dans le contexte social où l’on se trouve.

    Contre cette arme coloniale de division massive et de « régénération du racisme » qu’est l’islamophobie, contre la construction d’un nouvel ennemi intérieur, nous affirmons en tant que libertaires notre solidarité avec celles et ceux qui luttent et s’auto-organisent contre cette oppression, et appelons au sursaut antiraciste partout pour les mois et les années à venir.

    1. Article de Pierre Tevanian et Saïd Bouamama : Caroline Fourest, l’incendiaire qui crie « au feu! »
    http://blogs.mediapart.fr/edition/les-i … rie-au-feu
    2. Voir les propos du très libéral Nasser Suleyman Gabryel qui récuse carrément l’usage du mot : http://www.lemonde.fr/idees/article/201 … _3232.html
    3. Edward W. Saïd, L’Islam dans les médias.
    4. Frantz Fanon, Les damnés de la terre.

    Premiers signataires :

    Nicolas Pasadena (Alternative Libertaire), Skalpel, E.one et Akye (BBoyKonsian-Première Ligne), Fred Alpi, Samuel Idir (Journal L’Autrement), Docteur Louarn (CNT- Brhz), K-listo (Soledad), Aodren Le Duff (CNT), Subversive ways, Yly, Sophie B (CNT), George Franco, Marouane Taharouri (Alternative Libertaire), JM Smoothie (CNT-BBoyKonsian), Elie Octave (Sud-Etudiant), Haythem Msabhi – Mouvement Désobéissance (Tunisie), Rabaa Skik (Artiste plasticienne), Zack O’Malek (Journal L’Autrement), Rola Ezzedine (Professeur d’histoire), Isabelle Vallade (Collectif Bordonor)…

    Clin d’œil à un ami qui ne peut plus passer…😉
    Et ce à l’indicatif comme au conditionnel…

  4. Ce sursaut pétitionnaire anarchiste islamiste…
    Car malheureusement…dès qu’on lutte contre l’islamophobie on lutte
    Forcément pour l’islamophilie…

    Les signataires de ce pamphlet trahissent de facto l’esprit anarchiste
    Qui n’a ni dieu ni maître…

    Cette prise de position qui marque tout de même un tournant majeur au sein des fédérations anarchistes est relayée sur un site communiste et par un auteur anonyme qui a tenu à exprimer sa vision des choses sur l’appareil anarchiste…

    Voilà le passage…qui passe… 😉

    « Les anarchistes, ou tout au moins une partie importante d’eux, ont décidé de partir en guerre contre l’islamophobie. Un document a été publié à ce sujet, reproduit plus bas.

    C’est une intervention contre l’islamophobie au moment où les Qataris annoncent un fond de 100 millions d’euros pour soutenir la création d’entreprises dans les banlieues françaises.

    Du hasard ? Pas du tout, évidemment. Pas plus que l’attaque anarchiste contre Salman Rushdie alors que l’Iran vient d’augmenter de 500 000 dollars la récompense pour l’exécution de celui-ci (récompense désormais à 3,3 millions de dollars).

    Les anarchistes ont une idéologie petite-bourgeoise, prônant finalement l’artisanat et l’échelle locale. Il n’est donc nullement étonnant qu’en y ajoutant un peu de « tiers-mondisme », on retrouve les qataris. S’ils permettent d’être « petits patrons », artisans, « à son compte », c’est parfait.

    La crise économique fait tomber les masques prétentieux. L’anarchisme ne prétend plus faire la révolution, il est désormais soit un réformisme petit-bourgeois para-syndical, soit un délire ultra-individualiste contre l’Etat et sans projet de société.

    Car pour avoir un projet de société, il faut porter la culture et la civilisation, comme le fait la classe ouvrière. Cela est totalement étranger à l’anarchisme, au point que l’appel invente purement et simplement une identité musulmane universelle – reprenant donc l’antienne de l’Arabie Saoudite ou Khomeiny – qui représenterait le « tiers-monde. »

    L’appel ose expliquer :

    « Dans la parfaite lignée de la structure de « l’orientalisme », l’Occident disqualifie l’Orient par le prisme de l’islamophobie et régénère par là sa pseudo-supériorité morale. Assumée ou dissimulée, cette structure de pensée gangrène une vaste partie du champ politique progressiste. »

    Résumer « l’Orient », les peuples de l’Orient, à l’Islam, voilà une absurdité terrifiante, le degré zéro de la culture et de la connaissance des différentes civilisations. On est là dans le pur fantasme petit-bourgeois, au service des Qataris, encore une fois.

    Car cet anarchisme à l’origine de l’appel est petit-bourgeois, avec un culte du petit capitalisme « alternatif » (labels de disques, librairies, bars, salons de tatouage, salles de concert, etc.), et une machine à illusions idéologiques maquillant en « révolutionnaire » ce qui se transforme toujours en pur capitalisme une fois passée une certaine taille (comme on a avec l’exemple bien connu du magasin de fringues alternatifs « le goeland », mais on peut penser à tel café reconverti dans un trafic lucratif et illicite, telle librairie reconvertie en emploi de « fonctionnaire-révolutionnaire », etc. etc.).

    Alors, ajoutons-y le tiers-mondisme universitaire, on tombe dans le petit capitalisme allié à l’État du Qatar.

    C’est un tournant inévitable, montrant bien la nature de classe de l’anarchisme. Car, il faut être sérieux et sérieuse, ce qui est vraiment « islamophobe », si l’on doit accepter ce terme, c’est de parler de l’Islam sans rien n’y connaître. Ça, c’est vraiment « islamophobe », parce que cela tire l’Islam à hue et à dia, dans des interprétations relevant du n’importe quoi.

    Nous, communistes, nous savons ce qu’est l’Islam, car nous connaissons la Falsafa, ainsi que des titans comme Avicenne et Averroès. Nous croyons au progrès et savons quel rôle a été celui de l’Islam pour la naissance de la Renaissance et de l’humanisme.

    Mais les anarchistes, qu’y connaissent-ils à l’Islam ? Rien ! Sinon déjà ils comprendraient qu’il n’y a pas un Islam, mais plusieurs, dont les deux courants principaux sont le sunnisme et le chiisme, mais avec évidemment de nombreuses variantes en leur sein.

    Car l’Islam, comme le christianisme, le bouddhisme ou le confucianisme, est une expression de la civilisation à l’époque du féodalisme avec ses contradictions. Et parmi ses contradictions il y a les aspirations démocratiques des masses sous le joug féodal, et donc de la bourgeoisie, et donc des nations. Mais pour comprendre cela, encore faut-il ne pas croire qu’il suffit de nier abstraitement les choses pour qu’elles cessent d’exister comme le font les anarchistes avec les nations.

    Sans parler bien sûr de l’Islam comme style : lorsque Diams est voilée de haut en bas avec un sac Louis Vuitton, n’a-t-on pas le droit de considérer que c’est totalement n’importe quoi, et que cet Islam c’est du capitalisme conservateur, et à ce titre parfaitement méprisable ?

    Ou bien quand les Qataris financent de manière pratiquement ouverte les islamistes ultras au Mali, n’a-t-on pas le droit de voir en l’Islam une simple idéologie d’Etat, comme en Iran par ailleurs ?

    Encore si les anarchistes parlaient de respecter la foi ou la spiritualité, mais l’appel anarchiste n’en parle même pas. Il critique par contre l’athéisme comme condition obligatoire pour être authentiquement révolutionnaire…

    Ce qui est une contradiction facile à expliquer : pour ces anarchistes, être « révolutionnaire » c’est dépassé, être « progressiste » suffit et l’être ce serait soutenir le petit capitalisme « tiers-mondiste », « post-colonial », en acceptant donc l’argent du Qatar.

    Car la vérité, et il faut le dire, c’est que depuis le triomphe de la CNT au début des années 1990 (et les signataires sont en partie liés historiquement à celle-ci), l’anarchisme français a abandonné toute idéologie pour soutenir le syndicalisme révolutionnaire anti-idéologique.

    L’anarchisme, depuis 20 ans, n’a cessé chaque jour de capituler. Le projet de société communiste libertaire est passé à la trappe au nom des appels à l’auto-organisation, à la lutte. Il n’y a pas de programme, il n’y a pas de morale, il n’y a pas de priorités stratégiques et tactiques.

    On est à mille lieux de la CNT espagnole et catalane des années du Front Populaire, qui alliait discipline et programmatique la plus nette.

    Et donc les anarchistes, refusant toute cohérence et tout programme, ne peuvent que suivre des tendances : la tendance cléricale franc-maçonne pour la Fédération Anarchiste, la tendance tiers-mondiste pour une partie de la CNT, le trotskysme pour Alternative Libertaire, … Même les anarcho-syndicalistes sont incapables de forger une culture purement communiste libertaire et une programmatique purement communiste libertaire.

    Comment s’étonner après que l’anarchisme s’effondre sur lui-même, basculant dans ses pires travers ultra-individualistes et anti-communistes ?

    De la même manière que les trotskystes ont jeté par dessus bord toute référence communiste – à part Lutte Ouvrière, mais c’est dans une tentative historique délirante de devenir le « PC » – les anarchistes ont abandonné toute prétention à faire la révolution, à organiser le soulèvement à l’échelle nationale.

    On dirait bien que, comme la crise économique amène la question du pouvoir à se poser, l’anarchisme se transforme en posture individualiste ou en syndicalisme ultra – une même impuissance…

    Tout cela n’est que le signe de la décadence totale de toute l’extrême-gauche qui a au final systématiquement refusé d’affronter en profondeur la société bourgeoise française ces vingt dernières années. Elle a cru qu’elle serait portée par des vagues de « syndicalisme ultra » et ne pas avoir à s’embarrasser ni d’idéologie, ni de programme, ni de principes.

    L’heure est à l’unification de l’Humanité ou à sa retombée dans la barbarie nationaliste. Ce n’est ni l’Islam, ni le christianisme, ni l’anarchisme défenseur de la petite propriété qui unifieront l’Humanité. Pour cela, il faut révolutionner chaque société humaine, synthétiser chaque aspect des millénaires de culture humaine. Et seul le marxisme-léninisme-maoïsme le permet ! »

    https://lesmaterialistes.com/voie-lactee/petite-bourgeoisie-anarchiste-passe-tiers-mondisme-qatari

    • d’accord sur bien des points, certainement pas avec la dernière phrase !… 😉 😀
      L' »anarchisme » a bien entendu été récupéré, pas l’anarchie… D’où la nécessité de se retrouver sur les fondamentaux, on l’explique là:
      https://resistance71.files.wordpress.com/2018/05/manifeste-pour-la-societe-des-societes.pdf
      et là:
      https://resistance71.files.wordpress.com/2019/09/pierre_clastres_anthropologie_politique_et_resolution_aporie.pdf
      plein d’autres textes bien entendu.
      Le fondamental de base demeure:
      A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !
      Le « marxisme-léninisme-maoïsme » et autre « -isme » est loin, loin, loin du compte… 😉

    • Le Cd et Ocalan sur la religion p.19-20

      https://resistance71.files.wordpress.com/2018/05/abdullah-ocalan-confederalisme-democratique.pdf

      Tout est à lire, le confédéralisme démocratique y est expliqué ainsi que le pourquoi le PKK est sorti du marxisme (et de son étatisme forcené, qui ne peut en rien être révolutionnaire).

      A bas l’État, c’est à dire, redilution du pouvoir dans le corps social => plus de scission dominant / dominé, si on retire le pouvoir à la caste dominante on l’enlève aussi de facto aux gugusses en soutane, turban et autre kippa… et a tous les frapadingues des torches culs de la bondieuserie. Après les ploucs iront faire leur dévotion à quelques entités mythologiques que ce soit (yaveh, jehovah, mohamed, jésus, le petit chaperon rouge, thor ou l’homme araignée…) à leur guise, la gugusserie inhérente n’aura plus aucun pouvoir et aucun moyen d’exercer une quelconque coercition.
      Il est là le véritable progressisme et pas dans de énièmes réformes de la merdasse étatico-capitalo-religieuse. 😉

      • Mais va dire ça à la sortie du Nouveau Centre islamique de Mulhouse financé par le quatar…
        Tu vas te faire des potes…
        Et si tu peux encore le dire aujourd’hui tu ne pourras plus le dire demain sans prendre de grands risques avec ta vie…

        Les anarchistes qui resteront dignes de leurs idées finiront sur des bûchers islamiques…

        • ou sur des bûchers catholiques, protestants, juifs qui reviendront, par réaction, au goût du jour.
          Défendre la religion quelle qu’elle soit, c’est défendre la volonté d’inhumanité, de soumettre, de réprimer, d’entraver l’esprit humain créateur aussi de toutes les mythologies, mais qui est en voie de lâcher prise de toutes ces fadaises, insultes à notre intelligence. Nous incluons l’étatisme et bien entendu le capitalisme dans les religions. 😉

    • L’anarchie n’est que ce que l’anarchisme en fait…
      Et cette lutte en faveur d’une religion crée un « anarchiisme » avec les valeurs historiques anarchistes…
      C’est ce que j’essaye de vous démontrer depuis des années…
      Avec d’autres blacklistés…😉

      Votre laxisme à l’égard de l’islam et votre soutien affiché de la république théocratique islamique d’Iran et leurs coreligionnaires
      Libanais du Hezbollah sous prétexte qu’ils combattent l’empire alors que cette oligarchie islamique agit de la sorte uniquement pour se maintenir au sommet de sa pyramide…
      Est une trahison de votre part à l’esprit d’anarchie…

      Et vous risquez d’être fortement déçu demain si se créer une alliance turco-irano-syrienne visant à éliminer les kurdes…
      Le Kurdistan et le rojava…

      https://strategika51.org/2019/10/12/le-maitre-des-portes-a-les-mains-libres/

      Ces anarchistes qui luttent contre l’islamphobie creusent leurs propres tombes…
      L’islamophobie est la crainte ou la peur de l’islam…
      Rien que le fait d’embrasser cette cause fait des signataires des musulmans et définitivement plus des anarchistes…

      L’anarchie n’est plus neutre religieusement…

      • la crainte et la peur de TOUTES les religions. Redonne la chance demain aux curetons, ils remettront les bûchers et les roues en place publique.
        La religion est la perte de l’humanité.
        Nous soutenons le Confédéralisme Démocratique, son principe, qui est kurde là mais peut-être Gilets Jaunes demain ! du moins dans une version comprise et intégrée…
        Si demain des communes libres se créent et remplacent les institutions françaises, les frapadingues du missel chez nous rejoindront la bonne vieille « ripoublique » et tous les fascismes rouge et brun pour tenter de les écraser .
        La chienlit c’est la religion de la croyance en la soumission qu’elle soit à une entité mythologique ou à une entité politico-sociale que la propagande a rendue toutes deux « inéluctable ».
        La religion quelle qu’elle soit est la négation de l’humanité et une insulte à l’intelligence humaine.
        C’est ce qu’on essaye de te démontre depuis des années… 😉

        Une piqure de rappel… 🙂

        https://resistance71.files.wordpress.com/2018/09/friedrich-nietzsche_lantechrist.pdf

        On s’avance peut-être encore, mais on pense qu’on est reparti dans un dialogue de sourd… 😉 😀

      • Islamophobie ne veut en aucun cas dire christianophobie…
        Et cette pétition ne fait que révéler ce que vous refusez d’admettre…

        Il y’a des sourds…
        Et des sourds-nois…

        • On s’en tape de la « pétition », on te dit ce qui est au sujet de la religion et de l’attitude à adopter à ce sujet…
          y a des sourds-dingues aussi… 😉

          « Ami entends-tu
          le vol noir des corbeaux… »
          (air connu)

          • Il était trop tôt pour que se rendent compte les hommes et les femmes qui composaient la résistance que le corbeau le plus mortel revêtirait un jour l’habit islamiste…

            Le chant des partisans de quoi au final…?

            Un pays totalement enjuivé et islamisé…
            Dans lequel 74 ans plus tard ces mêmes résistants seraient gentiment prié de fermer leurs grandes gueules quand aux valeurs et à la nation française qu’ils ont défendu par leur résistance…sous peine d’être assimilés aux barbares qu’ils ont combattu…

            Il y’a des retrouvailles de l’autre côté qui s’annoncent fantastiques…

            Entre ici Jean Moulin…et ton terrible cortège…

  5. […] lire: Confédéralisme Démocratique du Rojava: De l’État à la démocratie, anatomie d’un changement de […]

  6. […] Confédéralisme démocratique au Rojava, changement de paradigme. Résistance 71 https://resistance71.wordpress.com/2019/10/10/confederalisme-democratique-du-rojava-de-letat-a-la-de… […]

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