Archive pour 4 septembre 2019

Résistance politique et anti-coloniale: Zapatistes « Nous avons brisé l’encerclement »…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 septembre 2019 by Résistance 71

Le mouvement zapatiste du Chiapas est unique et ne peut être copié, mais il est possible de s’inspirer de ce grand succès d’une pédagogie des opprimés qui a radicalement transformé sa réalité sociale pour affirmer son être et son humanité vraie.
Il en va pour nous comme pour eux devant la mascarade et le mensonge perpétuels de la société étatico-capitaliste qui nous est imposée et écrions-nous enfin: ¡Ya basta!… « Ça suffit ! » Quelque textes complémentaires essentiels à lire sous l’article pour nous mener pas à pas vers l’émancipation finale dans la société des société dans une convergence d’un Réseau de Résistance et de Rébellion International.

~ Résistance 71 ~

 

 

Et nous avons brisé l’encerclement

 

Communiqué du Comité clandestin révolutionnaire indigène
Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale

Mexique

EZLN

 

17 août 2019.

 

Source de l’article en français:

https://www.lavoiedujaguar.net/Et-nous-avons-brise-l-encerclement

 

Au peuple du Mexique,

Aux peuples du monde,

Au Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement,

À la Sexta nationale et internationale,

Aux réseaux de soutien et de résistance et rébellion,

Hermanos, hermanas et hermanoas [1],
Compañeras, compañeros et compañeroas,

Voici notre parole, la même qu’hier, qu’aujourd’hui et que demain car c’est une parole de résistance et de rébellion.

En octobre 2016, il y a presque trois ans, lors de leur vingtième anniversaire, les peuples frères organisés dans le Congrès national indigène, main dans la main avec l’EZLN, se sont engagés à passer à l’offensive dans la défense du territoire et de la terre-mère. Poursuivis par les forces du mauvais gouvernement, les caciques, les entreprises étrangères, les criminels et les lois, comptant les morts, les agressions et les moqueries, nous, les peuples originaires, les gardiens de la terre, avons décidé de passer à l’offensive et d’étendre notre parole et notre action de résistance et de rébellion.

Avec la formation du Conseil indigène de gouvernement (CIG) et la désignation de sa porte-parole, Marichuy, le Congrès national indigène (CNI) s’est donné pour tâche d’apporter, aux frères et sœurs de la campagne et de la ville, la parole d’alerte et d’organisation. L’EZLN est aussi passée à l’offensive dans sa lutte de la parole, de l’idée et de l’organisation.

Pour nous, le moment est maintenant venu de rendre des comptes au CNI-CIG et à sa porte-parole. Ce sera à leurs peuples de dire si nous avons tenu nos engagements. Mais pas seulement à eux. Nous avons aussi un engagement auprès des organisations, des groupes, des collectifs et des personnes en tant qu’individus (particulièrement de la Sexta et des réseaux [2], mais pas seulement), qui, au Mexique et dans le monde, s’inquiètent pour les peuples zapatistes et dont le cœur, dans leur temps, géographie et manière, continue de battre avec le nôtre, sans qu’importe la distance kilométrique, sans qu’importent les murs et les frontières, ni l’encerclement qu’on nous impose. Nous ne nous sommes pas fait d’illusions avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement. Nous savons que le Grand Chef n’a pas d’autre patrie que celle de l’argent et qu’il dirige le monde et la majorité de ses grandes propriétés qu’on appelle « pays ».

Nous savons aussi que la rébellion est interdite, tout comme sont interdites la dignité et la rage. Mais dans le monde entier, dans ses recoins les plus oubliés et méprisés, il y a des êtres humains qui résistent à être dévorés par la machine et qui ne se rendent pas, ne se vendent pas et n’abandonnent pas. Nombreuses sont leurs couleurs, nombreux sont leurs drapeaux, nombreuses sont les langues qui les habillent, et gigantesques sont leur résistance et leur rébellion.

Le Grand Chef et ses contremaîtres construisent des murs, des frontières et des rideaux de fer pour tenter d’endiguer ce qu’ils disent être un mauvais exemple. Mais ils n’y arrivent pas car la dignité, la colère, la rage, la rébellion ne peuvent être ni endiguées ni enfermées. Même s’ils se cachent derrière leurs murs, leurs frontières, leurs rideaux de fer, leurs armées et leurs polices, leurs lois et leurs décrets, tôt ou tard, cette rébellion viendra leur demander des comptes. Et il n’y aura ni pardon ni oubli.

Nous savions et nous savons que notre liberté ne serait l’œuvre que de nous-mêmes, les peuples originaires. Avec le nouveau contremaître du Mexique, la persécution et la mort ont elles aussi continué : en à peine quelques mois, une dizaine de compañeros du Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement, des militants sociaux, ont été assassinés. Parmi eux, un frère très respecté par les peuples zapatistes : Samir Flores Soberanes, abattu après avoir été montré du doigt par le contremaître qui, de plus, poursuit les mégaprojets néolibéraux qui font disparaître des peuples entiers, détruisent la nature et convertissent le sang des peuples originaires en bénéfice du grand capital.

C’est pour cela que, en l’honneur des frères et sœurs qui sont morts, qui sont persécutés et qui sont portés disparus ou en prison, nous avons décidé de nommer « Samir Flores est vivant » la campagne zapatiste qui culmine aujourd’hui et que nous rendons publique :

Après des années de travail silencieux, malgré l’encerclement, malgré les campagnes mensongères, malgré les diffamations, malgré les patrouilles militaires, malgré la Garde nationale, malgré les campagnes de contre-insurrection déguisées en programmes sociaux, malgré l’oubli et le mépris, nous avons grandi et nous sommes devenus plus forts.

Et nous avons brisé l’encerclement

Nous sommes sortis sans en avoir demandé la permission et nous sommes maintenant de nouveau avec vous, frères, sœurs et hermanoas, compañeros, compañeras et compañeroas. L’encerclement gouvernemental est resté derrière nous, il n’a servi et ne servira à rien. Nous poursuivons des routes et des chemins qui n’existent ni sur les cartes ni pour les satellites et qui se trouvent seulement dans la pensée de nos plus anciens.

Avec nous, les zapatistes, dans nos cœurs chemine aussi la parole, l’histoire et l’exemple de nos peuples, de nos enfants, de nos anciens, hommes et femmes. En dehors, nous avons trouvé une maison, de la nourriture, une écoute et une parole. Nous nous sommes compris comme seulement se comprennent ceux qui partagent la même douleur, mais aussi la même histoire, la même indignation, la même rage.

Nous avons compris que, non seulement les rideaux et les murs ne servent qu’à la mort, mais que l’achat-vente de consciences par les gouvernements est chaque fois plus inutile. Ils ne nous trompent plus, ils ne nous convainquent plus, aujourd’hui ils s’oxydent, se brisent, échouent.

C’est ainsi que nous sommes sortis. Le Grand Chef est resté derrière, en pensant que son encerclement, nous maintenait enfermés. De loin, nous avons vu ses arrières faits de Gardes nationales, de soldats, de policiers, de projets, d’aides et de mensonges. Nous y sommes allés et nous sommes revenus, nous sommes entrés et nous sommes sortis. Nous l’avons fait dix, cent, mille fois et le Grand Chef surveillait sans nous regarder, confiant en la peur que sa peur provoquait.

Les assiégeurs se sont retrouvés comme une tache de saleté, eux-mêmes cernés dans un territoire aujourd’hui plus étendu, un territoire qui répand la rébellion.

Herman@s, compañer@s,

Nous nous présentons face à vous avec de nouveaux caracoles et un plus grand nombre de communes autonomes rebelles zapatistes dans de nouvelles zones du Sud-Est mexicain.

Nous aurons aussi maintenant des centres de résistance autonome et rebelle zapatiste. Dans la majorité des cas, ces centres seront aussi la base de caracoles, de conseils de bon gouvernement et de communes autonomes rebelles zapatistes.

Bien que lentement, et comme cela doit être comme son nom l’indique [3], les cinq caracoles originaux se sont reproduits après quinze ans de travail politique et organisationnel ; et les communes autonomes rebelles zapatistes et leurs conseils de bon gouvernement ont dû eux aussi faire des petits et être attentifs à ce qu’ils grandissent. Il y aura maintenant douze caracoles et leurs conseils de bon gouvernement.

Cette croissance exponentielle, qui nous permet aujourd’hui de sortir de nouveau de l’encerclement, est due à deux choses :

La première, et la plus importante, c’est le travail politique organisationnel et l’exemple des femmes, des hommes, des enfants et des anciens bases d’appui zapatistes. Et plus particulièrement remarquable, celui des femmes et des jeunes zapatistes. Des compañeras de tout âge se sont mobilisées pour parler avec d’autres sœurs organisées ou pas. Les jeunes zapatistes, sans abandonner leurs goûts et leurs préférences, ont appris des sciences et des arts, et ils l’ont ainsi transmis à de plus en plus de jeunes. La majorité de cette jeunesse, principalement des femmes, assument des charges qu’elles imprègnent de leur créativité, de leur ingéniosité et de leur intelligence. Nous pouvons donc dire, sans peine et avec fierté, que non seulement les femmes zapatistes vont de l’avant, comme l’oiseau Pujuy, pour nous montrer le chemin afin de ne pas nous perdre, mais qu’en plus elles sont à nos côtés pour ne pas dévier, et sur nos arrières pour ne pas prendre de retard.

L’autre, c’est la politique gouvernementale destructrice de la communauté et de la nature, particulièrement celle de l’actuel gouvernement autonommé « Quatrième Transformation ». Les communautés traditionnellement partidistes [4] ont été blessées par le mépris, le racisme et la voracité de l’actuel gouvernement, et elles sont passées du côté de la rébellion ouverte ou clandestine. Celui qui pensait que sa politique de contre-insurrection faite d’aumônes diviserait le zapatisme et achèterait la loyauté des non-zapatistes en favorisant la confrontation et le découragement, a donné les arguments qui manquaient pour convaincre ces frères et sœurs que ce qui est important c’est de défendre la terre et la nature.

Le mauvais gouvernement a pensé et pense que les gens attendent et ont besoin de charité monétaire.

Maintenant, les peuples zapatistes et bien d’autres peuples non zapatistes, tout comme les peuples frères du CNI dans le Sud-Est mexicain et dans tout le pays, lui répondent et lui démontrent qu’il a tort.

Nous comprenons que l’actuel contremaître s’est formé dans les rangs du PRI et dans la conception « indigéniste » selon laquelle les originaires aspirent à vendre leur dignité et à cesser d’être ce qu’ils sont, et que l’indigène est une pièce de musée, un artisanat multicolore qui permet au puissant de cacher la grisaille de son cœur. C’est pour cela qu’il s’attache à ce que ses murs-trains (celui de l’Isthme et le mal nommé « maya ») incorporent au paysage les ruines d’une civilisation, pour le plus grand ravissement des touristes.

Mais nous, les originaires, nous sommes vivants, rebelles et en résistance ; le contremaître prétend maintenant remettre au goût du jour l’un de ses caporaux, un avocat qui un jour a été indigène, et qui maintenant, comme tout au long de l’histoire mondiale, se consacre à diviser, persécuter et manipuler ceux qui un jour ont été ses semblables. Le responsable de l’INPI [5], se polit tous les jours la conscience à la pierre ponce afin d’éliminer toute trace de dignité. Il pense qu’ainsi il blanchit sa peau et que sa raison devient celle du Grand Chef. Le contremaître le félicite et il se félicite : pour essayer de contrôler les rebelles, il n’y a rien de mieux qu’un repenti, converti par un salaire en une marionnette de l’oppresseur.

Durant ces maintenant plus de vingt-cinq ans, nous avons appris.

Au lieu de gravir les échelons des postes du mauvais gouvernement ou de nous convertir en une mauvaise copie de ceux qui nous humilient et nous oppriment, notre intelligence et notre savoir se sont tournés vers notre propre croissance et notre propre force.

Grâce aux sœurs, aux frères, aux hermanoas du Mexique et du monde qui ont participé aux rencontres et aux pépinières d’idées auxquelles nous les avons convoqué·e·s en ce temps-là, notre imagination et notre créativité, tout comme notre connaissance, se sont ouvertes et sont devenues plus universelles, c’est-à-dire plus humaines. Nous avons appris à regarder, à écouter et à parler l’altérité, sans moquerie, sans jugement, sans étiquette. Nous avons appris qu’un rêve qui n’englobe pas le monde entier est un petit rêve.

Ce que nous diffusons maintenant publiquement, c’est le fruit d’un long processus de réflexion et de recherche. Des milliers d’assemblés communautaires zapatistes, dans les montagnes du Sud-Est mexicain, ont pensé et cherché d’autres chemins, modes et temps. En défiant le mépris du puissant qui nous traite d’ignorants et d’imbéciles, nous avons utilisé l’intelligence, la connaissance et l’imagination.

Ici, nous nommons les nouveaux centres de résistance autonome et rebelle zapatiste. Il s’agit de onze nouveaux centres, plus les cinq caracoles originaux, cela fait seize. Plus les communes autonomes originales, qui sont au nombre de vingt-sept, au total avec les centres zapatistes, cela fait quarante-trois.

Noms et localisation des nouveaux caracoles et communes autonomes :

1. Nouveau caracol, son nom : Collectif le cœur de graines rebelles, mémoire du compañero Galeano. Son conseil de bon gouvernement s’appelle : Sillage de l’histoire, pour la vie de l’humanité. Sa base est à La Unión, terre récupérée, à côté de l’ejido San Quintín, là où se trouve la caserne militaire du mauvais gouvernement. Municipalité officielle d’Ocosingo.

2. Nouvelle commune autonome, qui s’appelle : Espoir de l’humanité, sa base est à l’ejido de Santa María. Municipalité officielle de Chicomuselo.

3. Autre commune autonome, qui s’appelle : Ernesto Che Guevara, sa base est à El Belén. Municipalité officielle de Motozintla.

4. Nouveau caracol, son nom : Digne spirale qui tisse les couleurs de l’humanité en mémoire de celles et ceux qui sont tombés. Son conseil de bon gouvernement s’appelle : Graine qui fleurit avec la conscience de celles et ceux qui luttent pour toujours. Sa base est à Tulan Ka’u, terre récupérée. Municipalité officielle d’Amatenango del Valle.

5. Autre nouveau caracol. Son nom est : La Graine rebelle qui fleurit. Son conseil de bon gouvernement s’appelle : Nouvelle aube en résistance et rébellion pour la vie et l’humanité. Sa base se trouve à Poblado Patria Nueva, terre récupérée. Municipalité officielle d’Ocosingo.

6. Nouvelle commune autonome, qui s’appelle : Semant la conscience pour récolter des révolutions pour la vie. Sa base est à Tulan Ka’u, terre récupérée. Municipalité officielle d’Amatenango del Valle.

7. Nouveau caracol. Son nom est : Honneur à la mémoire du compañero Manuel. Son conseil de bon gouvernement s’appelle : La Pensée rebelle des peuples originaires. Sa base est à Dolores Hidalgo, terre récupérée. Municipalité officielle d’Ocosingo.

8. Autre nouveau caracol. Son nom est : Résistance et Rébellion un nouvel horizon. Son conseil de bon gouvernement s’appelle : La Lumière qui fait briller le monde. Sa base est au Poblado Nuevo Jerusalén, terre récupérée. Municipalité officielle d’Ocosingo.

9. Nouveau Caracol, qui s’appelle : Racine des résistances et rébellions pour l’humanité. Son conseil de bon gouvernement s’appelle : Cœur de nos vies pour le nouveau futur. Sa base se trouve dans l’ejido Jolj’a. Municipalité officielle de Tila.

10. Nouvelle commune autonome s’appelant : 21 Décembre. Sa base se trouve à Ranchería K’anal Hulub. Municipalité officielle de Chilón.

11. Nouveau caracol, qui s’appelle : Jacinto Canek. Son conseil de bon gouvernement s’appelle : Fleur de notre parole et lumière de nos peuples qui se reflète pour tous. Sa base se trouve dans la communauté du Cideci-Unitierra. Municipalité officielle de San Cristóbal de Las Casas.

Nous en profitons pour inviter la Sexta, les réseaux, le CNI et les personnes honnêtes à venir et, avec les peuples zapatistes, à participer à la construction des centres de résistance autonome et rebelle zapatiste, que ce soit en fournissant des matériaux et un soutien économique, que ce soit en martelant, en coupant, en chargeant, en orientant et en passant du temps avec nous, ou de la forme et de la manière qui vous semble convenir. Dans les prochains jours, nous rendrons public un écrit dans lequel nous expliquons comment, quand et où vous pouvez vous inscrire pour participer.

Herman@s et compañer@s,

Nous convoquons le CNI-CIG pour nous rencontrer et connaître le travail pour lequel nous nous sommes engagés, partager les problèmes, les difficultés, les coups, les évanouissements, mais aussi les graines qui donnent la meilleure récolte de la lutte et celles qui ne donnent plus les meilleures récoltes, mais qui nous amènent à tout le contraire, pour que nous ne le fassions plus. Nous nous rencontrerons avec ceux qui font réellement des efforts dans l’organisation de la lutte pour parler des bonnes récoltes et des mauvaises aussi. Concrètement nous vous proposons la réalisation collective, dans l’un des caracoles, de ce qui pourrait s’appeler forum en défense du territoire et de la terre mère, ou comme vous voudrez l’appeler, ouvert à toutes les personnes, groupes, collectifs et organisations qui s’obstinent dans cette lutte pour la vie. La date que nous vous proposons est durant le mois d’octobre 2019, les jours qui vous conviendront le mieux. De cette manière, nous mettons à votre disposition l’un des caracoles pour que se fasse la réunion ou l’assemblée du CNI-CIG aux dates que vous déciderez.

À la Sexta et aux réseaux, nous vous appelons pour commencer d’ores et déjà l’analyse et la discussion pour la formation d’un Réseau international de résistance et de rébellion, pôle, noyau, fédération, confédération ou comme vous l’appellerez, fondé sur l’indépendance et l’autonomie de ceux qui la forment, renonçant explicitement à toute hégémonie et à homogénéiser, où la solidarité et le soutien mutuels soient inconditionnels, où l’on partage les expériences bonnes et mauvaises de la lutte de chacun, et où l’on travaille dans la diffusion des histoires d’en bas à gauche.

Pour cela, comme zapatistes que nous sommes, nous convoquerons des réunions bilatérales avec les groupes, collectifs et organisations qui travaillent dans leurs géographies. Nous ne ferons pas de grandes réunions. Dans les prochains jours nous annoncerons le comment, quand et où de ces réunions bilatérales que nous vous proposons. Bien sûr, à ceux qui accepteront en prenant en compte leurs calendriers et géographies.

À ceux qui font de l’art, de la science et de la pensée critique leur vocation et leur vie, nous vous inviterons à des festivals, rencontres, pépinières, fêtes, échanges ou comme ça s’appellera. Nous vous ferons connaître le comment, le quand et le où cela pourrait se faire. Cela inclut le CompArte et le Festival de ciné « Puy ta Cuxlejaltic », mais pas seulement. Nous pensons faire des CompArte spécifiques selon chaque art. Par exemple : théâtre, danse, arts plastiques, littérature, musique, etc. Se fera aussi une autre édition du ConSciences, peut-être en commençant par les sciences sociales. Des pépinières de la pensée critique se réaliseront, peut-être en commençant avec le thème de la Tempête.

Et, spécialement à ceux qui marchent avec douleur et rage, avec résistance et rébellion et sont poursuivi·e·s :

Nous convoquerons à des rencontres de familles d’assassiné·e·s, disparu·e·s, et enfermé·e·s, tout comme des organisations, des groupes et des collectifs qui accompagnent leur douleur, leur rage et leur recherche de vérité et de justice.

Elle aura comme unique objectif qu’ils se connaissent entre eux et qu’ils échangent non seulement des douleurs mais aussi et surtout leurs expériences dans cette recherche. Les peuples zapatistes, nous nous limiterons à être vos hôtes.

Les compañeras zapatistes convoqueront une nouvelle Rencontre de femmes qui luttent, selon le moment, le lieu et les modalités qu’elles décideront et elles vous le feront savoir quand elles le voudront et par le moyen qu’elles décideront. Nous vous prévenons une bonne fois pour toutes que ce ne sera que pour les femmes, c’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas vous donner plus d’informations jusqu’à ce qu’elles le disent.

Nous verrons s’il est possible de faire une réunion d’otroas, avec l’objectif qu’ils·elles partagent, en plus de leurs douleurs, les injustices, les persécutions et toutes les autres saloperies qu’on leur fait, leurs formes de lutte et leur force. Les peuples zapatistes, nous nous limiterons à vous accueillir.

Nous verrons s’il est possible d’organiser une rencontre des groupes, collectifs et organisations défendant les droits de l’homme, selon la forme et les modalités qu’ils décideront. Les peuples zapatistes, nous nous limiterons à être vos hôtes.

Compañer@s et herman@s,

Nous sommes là, nous sommes zapatistes. Pour qu’on nous regarde, nous nous sommes couvert le visage ; pour qu’on nous nomme, nous avons nié notre nom ; nous avons parié le présent pour avoir un futur, et, pour vivre, nous sommes morts. Nous sommes zapatistes, majoritairement indigènes de racines mayas, nous ne nous vendons pas, nous ne nous rendons pas et nous n’abandonnons pas.

Nous sommes rébellion et résistance. Nous sommes une de ces nombreuses masses qui abattront les murs, un de ces nombreux vents qui balayeront la terre, et une de ces nombreuses graines desquelles naîtront d’autres mondes.

Nous sommes l’Armée zapatiste de libération nationale.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain,
au nom des hommes, des femmes, des enfants et des anciens,
bases d’appui zapatistes, et du Comité clandestin révolutionnaire indigène
Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale,
sous-commandant insurgé Moisés,
Mexique, août 2019.


SCI Moisés

Source et texte d’origine :

Enlace Zapatista.

Notes

[1] Frères, sœurs et, en même temps, « sœurs-frères » (note de “la voie du jaguar”).

[2] Réseaux de soutien, de résistance et de rébellion, NdT.

[3] Caracol signifie « escargot » en espagnol, NdT.

[4] Liées et organisées par les partis politiques électoraux, NdT.

[5] Institut national des peuples indigènes, NdT.

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Lectures complémentaires:

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

Manifeste pour la Société des Sociétés

Effondrer le colonialisme

6ème_déclaration_forêt.lacandon

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

 

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Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Le succès de l’opération « Avivim » efface la « ligne rouge » de l’entité sioniste (Al Manar)

Posted in actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 4 septembre 2019 by Résistance 71

 

Après l’opération d’Avivim, le Hezbollah a brisé la plus grande ligne rouge d’Israël

 

Al Manar

 

2 septembre 2019

 

url de l’article en français:

http://french.almanar.com.lb/1483341

 

article complémentaire:

https://lecridespeuples.fr/2019/09/01/terreur-a-la-frontiere-israelo-libanaise-des-mannequins-de-bois-remplacent-les-soldats-israeliens/

 

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah a appelé les Israéliens à retenir la date du 1er septembre 2019, qui marque le début d’une nouvelle phase le long de la frontalière au Moyen-Orient:mère libanaise avec la Palestine occupée, dans la défense du Liban, sa souveraineté, sa dignité, sa sécurité et son peuple. Il a également expliqué que l’opération de la résistance contre une cible militaire israélienne à Avivim (nord des territoires occupés) a brisé les lignes rouges israéliennes.

‘Dans le passé, quand la résistance voulait riposter aux agressions israéliennes, elle le faisait à partir des territoires libanais occupés. Ce qui n’est pas le cas dans l’opération d’Avivim, qui a été réalisé à partir du Liban et contre une cible israélienne à l’intérieur des territoires occupés en 1948. Cette opération a imposé une nouvelle force de dissuasion et brisé la plus grande ligne rouge d’Israël qui interdisait de s’approcher de la barrière frontalière ou même d’y ouvrir le feu en l’air’, a noté le numéro un du Hezbollah.

‘Le Hezbollah n’a plus de ligne rouge dans sa confrontation avec l’entité sioniste’, a-t-il assuré.

« Le message est clair: si vous agressez, toutes les frontières, vos soldats, vos colonies, à la frontière, en profondeur (du territoire) ou à son coeur, pourront être menacés et ciblés », a-t-il encore martelé.

S’agissant des drones israéliens qui violent la souveraineté du Liban, Sayed Nasrallah a affirmé que cette question est désormais entre les mains des combattants de la Résistance sur le terrain.

Voici les principaux points de son discours :

Je voudrais aborder les derniers développements liés à l’opération de la Résistance et aux réactions qui ont surgi.

Tout d’abord, nous remercions Dieu le Tout Puissant, les dirigeants et membres de la Résistance, qui depuis 8 jours étaient prêts 24 heures sur 24 le long des frontières avec la Palestine occupée. Grâce à leur engagement, courage, professionnalisme, nous sommes parvenus à protéger notre pays et dissuader l’ennemi.

Nous remercions également l’armée libanaise, notre peuple surtout ceux qui sont restés dans les régions frontalières, en dépit des tensions. Un merci aux dirigeants de l’Etat pour leurs fermes positions ainsi qu’à la couverture des médias qui ont dévoilé les mensonges de l’ennemi.

Dans une évaluation des faits sur le terrain, il y a eu d’abord un raid israélien sur le village syrien d’Akraba, causant le martyre de deux de nos résistants. Quelques heures après, l’ennemi a envoyé de deux drones piégés vers la banlieue sud de Beyrouth: le premier est tombé et le 2ème a échoué dans sa mission. L’ennemi sait bien de quoi je parle. Le drone a échoué à atteindre sa cible, grâce à Dieu.

Après cela, nous avons affirmé notre refus à tout changement des règles d’engagement entrés en vigueur, depuis la guerre de 2006.

Nous avons dit haut et fort que nous allons riposter à partir du Liban, et nous avons appelé les Israéliens à attendre notre riposte. On aurait pu garder le silence, et les surprendre. Mais un de nos principaux objectifs est d’ordre psychologique. Il s’agit d’un défi de la part de la Résistance.

Depuis mon discours de dimanche dernier jusqu’à la réalisation de cette opération complexe, l’ennemi israélien a évacué le long des frontières, déserté les postes militaires et les casernes à une distance de 5 à 7 km.

La correspondante d’une télévision (RT) a dans ce contexte montré l’évacuation totale par les soldats de la caserne d’Avivim, qui renferme un centre de commandement.

Même son de cloche dans les colonies : absence de tout mouvement. De plus, l’état d’alerte a été renforcé, les systèmes de défense anti-aérienne ont été actionnés.

En général, telle a été l’image incarnant la faiblesse de cette entité arrogante qui se présente comme celle qui possède l’armée la plus forte dans la région. Tout cela faisait partie du châtiment administré par la Résistance.

Par contre, l’armée libanaise n’a pas évacué ses positions le long des frontières, les résistants eux étaient déployés où ils étaient censés l’être, les habitants du sud se déplaçaient avec liberté. La confiance, la tranquillité régnaient dans la partie libanaise.

La Résistance a pris la décision d’agir en plein jour et sous les yeux des drones qui survolaient le ciel, et non pas dans la nuit. En dépit des objectifs fictifs qu’ils (israéliens) tendaient à la résistance, pour solliciter notre frappe et en finir, les combattants de la résistance ont patienté pour atteindre leur objectif avec précision.

Le plus important dans cette opération, c’est qu’elle a été réalisée en plein jour et en dépit des menaces israéliennes, selon lesquelles ils riposteront avec fermeté à tout tir.

S’ajoutent à cela, des messages diplomatiques durs menaçant de renvoyer le Liban à l’âge de pierre.

Or, ni la résistance, ni les responsables libanais n’ont reculé face à ces intimidations.

Dans le passé, quand les Israéliens nous agressaient, le Hezbollah ripostait dans les fermes de Chebaa, c’est-à-dire dans les territoires libanais occupés.

Avant, il était interdit de s’approcher des territoires palestiniens occupés depuis 1948, ou même d’y ouvrir le feu dans l’air. Ceci constituait une ligne rouge pour Israël.

Or après cette opération, la résistance a brisé la grande ligne rouge d’Israël.

De plus, l’Israélien s’est efforcé, hier, à contenir la riposte de la résistance et bombardé des terrains vides, craignant d’autres opérations de la résistance.

Nous avons imposé une nouvelle équation de dissuasion. La riposte se faisait dans les territoires libanais occupés, mais à partir de maintenant elle aura lieu dans les territoires palestiniens occupés.

C’est là l’importance de notre message : si vous nous agressez, ce seront toutes vos frontières, soldats, colonies, à la frontière, en profondeur (du territoire) ou à son coeur, et villes seront dans la ligne de mire de la résistance.

Je dis aux Israéliens: retenez la date du 1er septembre 2019 qui marque le début d’une nouvelle ère le long de la frontière libanaise avec la Palestine occupée, dans la défense du Liban, sa souveraineté, sa dignité, sa sécurité et son peuple. Il n’y a plus de lignes rouges.

Dans le second titre de mon discours, je voudrais dire que nous sommes en face d’une étape qui, nous pouvons le dire, est terminée et le Hezbollah est prêt à confronter les drones israéliens dans le ciel du Liban.

Nous avons auparavant appelé en vain à mettre fin à la violation du ciel libanais.

Cette question est désormais entre les mains les combattants sur le terrain, après la confirmation du droit du Liban à défendre l’espace aérien libanais.

Quand nous allons abattre le 1er  drone, certains se plaindront que cet acte créera des tensions au Liban. A ces gens je leur dis clairement: dites aux Israéliens de mettre fin à la violation de notre souveraineté. Cette étape est révolue.

Nous avons imposé une nouvelle équation en renforçant la force de dissuasion.

Je dis aux Israéliens que ces évolutions sont le résultat de la stupidité de Netanyahu qui ne cherche qu’à échapper à la justice face aux dossiers de corruption dans lesquels il est impliqué.

Toute agression contre le Liban ne passera plus sans riposte.

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A lire:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem