Réflexion sur le « monde-vérité » avant trêve estivale…

Quelques réflexions avant notre trêve estivale annuelle sur le vaste sujet du « monde-vérité » émanant d’un des plus grands esprits ayant vécu sur cette planète, Nietzsche et son art de la philosophie au marteau. Ce texte très court issu de son « crépuscule des idoles » (1888) possède cette capacité de surprendre son lecteur à y repenser bien après l’avoir lu ; le genre de texte qui « travaille » le sujet, l’esprit, jusque dans le « subconscient ».. Dans notre prochain billet de trêve estivale, quelques conseils de lectures pour une rentrée dynamique et éveillée, même si la lutte , elle, ne prend pas de vacances. Bonne lecture !
~ Résistance 71 ~

 

 

« Dans le Crépuscule des Idoles, Nietzsche développe une critique de Platon et de l’équation morale bien=beau=vertu. 
Il montre que derrière la morale se cache un nihilisme déguisé. La mort de Socrate en est une preuve, ou plutôt un symptôme : Socrate voulait mourir.
La religion cache aussi un nihilisme sous-jacent, ainsi que le rationalisme, qui nie le devenir. »
~ Les philosophes.fr ~

 

Comment le “monde-vérité” devint enfin une fable

Histoire d’une erreur.

 

Friedrich Nietzsche, “Le crépuscule des idoles”, 1888

 

1.

Le « monde-vérité », accessible au sage, au religieux, au vertueux, — il vit en lui, il est lui-même ce monde.

(La forme la plus ancienne de l’idée, relativement intelligente, simple, convaincante. Périphrase de la proposition : « Moi Platon, je suis la vérité. »)

2.

Le « monde-vérité », inaccessible pour le moment, mais permis au sage, au religieux, au vertueux (« pour le pécheur qui fait pénitence »).

(Progrès de l’idée : elle devient plus fine, plus insidieuse, plus insaisissable, — elle devient femme, elle devient chrétienne…)

3.

Le « monde-vérité », inaccessible, indémontrable, que l’on ne peut pas promettre, mais, même s’il n’est qu’imaginé, une consolation, un impératif.

(L’ancien soleil au fond, mais obscurci par le brouillard et le doute ; l’idée devenue pâle, nordique, kœnigsbergienne.)

4.

Le « monde-vérité » — inaccessible ? En tous les cas pas encore atteint. Donc inconnu. C’est pourquoi il ne console ni ne sauve plus, il n’oblige plus à rien : comment une chose inconnue pourrait-elle nous obliger à quelque chose ?…

(Aube grise. Premier bâillement de la raison. Chant du coq du positivisme.)

5.

Le « monde-vérité » — une idée qui ne sert plus de rien, qui n’oblige même plus à rien, — une idée devenue inutile et superflue, par conséquent, une idée réfutée : supprimons-la !

(Journée claire ; premier déjeuner ; retour du bon sens et de la gaieté ; Platon rougit de honte et tous les esprits libres font un vacarme du diable.)

6.

Le « monde-vérité », nous l’avons aboli : quel monde nous est resté ? Le monde des apparences peut-être ?… Mais non ! avec le monde-vérité nous avons aussi aboli le monde des apparences !

Midi ; moment de l’ombre la plus courte ; fin de l’erreur la plus longue ; point culminant de l’humanité ; INCIPIT ZARATHOUSTRA.

= = =

Lectures complémentaires:

Friedrich_Nietzsche_La_morale_ou_la_contre_nature

PSanchez_LA RELIANCE ET LA GUIDANCE QUANTIQUES

Friedrich-Nietzsche_L’Antéchrist_1888

 


Porte de la perception…

Une Réponse to “Réflexion sur le « monde-vérité » avant trêve estivale…”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.