Archive pour 2 juin 2019

Résistance politique: Lâcher-prise et renouveau politique ou de la nécessité de revenir à son origine…

Posted in actualité, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, résistance politique, société des sociétés with tags , , , on 2 juin 2019 by Résistance 71

“C’est pourquoi l’être et le non-être naissent l’un de l’autre. Le difficile et le facile se produisent mutuellement, le long et le court se donnent mutuellement leur forme…
De là vient que le sage fait son occupation du non-agir, il fait consister ses instructions dans le silence.”
~ Lao Tseu, Tao Te King, II ~

“Revenir à son origine s’appelle être en repos.
Etre en repos s’appelle revenir à la vie.
Revenir à la vie s’appelle être constant.
Savoir être constant s’appelle être éclairé.”
~ Lao Tseu, Tao Te King, XVI ~

“Les princes s’habillent de riches étoffes, ils portent une épée tranchante, ils se rassasient de mets exquis, ils regorgent de richesses.
C’est ce qu’on appelle se glorifier du vol ; ce n’est point la pratique du Tao.”
~ Lao Tseu, Tao Te King, LIII ~

« Si tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi, retourne-toi et regarde d’où tu viens. »
~ Proverbe africain ~

 

 

Taoïsme et anarchisme originel

 

Robert Graham

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Mai 2019

 

Le taoïsme dans la Chine ancienne aida à donner plus d’expression formelle aux sensibilités non-hiérarchiques des sociétés humaines précoces, menant éventuellement certains taoïstes à adopter une position anarchiste. John P. Clarke a argumenté que le très classique texte taoïste de Lao Tseu, le “Tao Te King” ou “Dao De Jing”, écrit aux alentours de 400 AEC, évoque “la condition du tout qui précéda la transformation du tissus social par des institutions comme l’État, la propriété privée et le patriarcat” (NdT: patriarcat fortement mis en place dans la société chinoise avec l’avènement du confucianisme).

Ecrivant vers 300 de l’ère commune, le sage taoïste Bao Jing Yan donna au rejet taoïste de la cosmologie hiérarchique du confucianisme  une ardeur plus politique, voyant le dogme de Confucius comme n’étant rien d’autre qu’un prétexte pour la soumission des faibles et des innocents par les plus forts et les plus rusés. Il référait à la condition “indifférenciée originelle” du monde dans laquelle “toutes les créatures trouvaient la joie, le bonheur dans l’auto-satisfaction”, exprimant ainsi une sensibilité anti-hiérarchique et écologique que réfutait “l’usage de la force qui va à l’encontre de la véritable nature des choses.”

Il notait qu’ “aux premiers temps”, avant la création d’un ordre social hiérarchique, “il n’y avait ni seigneur, ni sujets”. Il voyait le travail obligatoire et la pauvreté comme les résultats de la division des gens en rangs et en classes. Avec l’émergence d’une ordre social hiérarchisé, tout le monde cherche à se hisser au dessus des autres, ceci donnant naissance au crime et aux conflits de toute nature.” Ainsi “les gens du peuple fulminent de révolte dans leur pauvreté et leur détresse” ; ainsi, essayer de les arrêter de se révolter est “comme essayer de construire un barrage sur un fleuve avec quelques sacs de terre…” Il préférait et référait à une vie digne d’être vécue plutôt que la promesse religieuse d’une vie après la mort.

Dans son commentaire sur le texte de Bao Jing Yan (1964), Etienne Balazs argumente que Bao Jing Yan était le “premier anarchiste chinois”.Tout comme d’autres anarchistes auto-proclamés plus tard, Bao Jing Yan s’opposait à toute hiérarchie et à la domination, les voyant comme des causes directes de la pauvreté, du crime, de l’exploitation et des conflits sociaux ; il rejetait les croyances religieuses qui justifiaient un tel état des choses. Il avait prévu la révolte des masses et se faisait l’avocat d’une société non-hiérarchique et sans domination et où il n’y aurait “ni maîtres, ni sujets”, une phrase de Bao qui rappelle de manière stupéfiante le cri de guerre des anarchistes européens du XIXème siècle: “Ni dieu ni maîtres”.

Bien que des idées similaires aient pu être énoncées dans la Grèce antique par le philosophe stoïcien Zénon de Citium (333-262 AEC), seuls des fragments de ses écrits ont survécu, faisant sans doute du texte de Bao Jing Yan le texte le plus ancien mettant en avant une position aussi clairement anarchiste.

 


« L’être sans nom est l’origine du ciel et de la terre
Avec un nom, il est la mère de toutes choses… »
~ Tao Te King, I ~

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Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Le projet de naturalisation des Palestiniens et le problème des réfugiés syriens (H. Nasrallah)

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Nasrallah dénonce le projet de naturalisation des Palestiniens et la crise des réfugiés syriens (au Liban)

 

Extraits du dernier discours du SG du HB Hassan Nasrallah

 

31 mai 2019

 

Source de l’article en français:

https://lecridespeuples.fr/2019/05/31/nasrallah-denonce-le-projet-de-naturalisation-des-palestiniens-et-linstrumentalisation-de-la-crise-des-refugies-contre-la-syrie/ 

 

[…] Le troisième point (de mon propos concerne) la question de l’installation (permanente des réfugiés palestiniens au Liban et ailleurs). Je tiens à attirer l’attention sur le fait que la chose la plus importante que peuvent entraîner la conférence économique du Bahreïn (prévue les 25 et 26 juin 2019 pour annoncer l’Accord du Siècle) et les investissements économiques (en faveur de la Palestine) qui doivent y être débattus, ainsi que certaines mesures incitatives et des aides financières ici ou là, tout cela peut ouvrir grand la porte à la naturalisation des frères palestiniens (réfugiés) au Liban et dans le reste des pays dans lesquels ils se trouvent, en plus des pressions et des restrictions que subit l’UNRWA, et qui peuvent conduire à l’arrêt de ses activités (d’aide vitale aux réfugiés palestiniens, surtout à Gaza).

De même, comme pour la question de la délimitation des frontières (entre le Liban et la Palestine occupée), il y a un terrain d’entente, un arrière-plan commun au niveau de la scène libanaise, à savoir que les Libanais, malgré les nombreuses divergences qui les opposent, sont unanimes dans le refus de la naturalisation (des Palestiniens), au niveau de la Constitution, politiquement, patriotiquement, et sur tous les plans. Il y a également un terrain d’entente avec nos frères palestiniens présents au Liban, car tous les Palestiniens, que ce soit les factions palestiniennes, le peuple palestinien (dans son ensemble), les réfugiés palestiniens, tous nos chers et honorables frères Palestiniens présents au Liban sont unanimes dans leur rejet de la naturalisation, et insistent pour affirmer leur droit au retour dans leur terre, en Palestine, dans leurs contrées, leurs propriétés, et leurs maisons. C’est là un terrain d’entente (entre tous les Libanais et tous les Palestiniens).

A présent, nous sommes à un stade où il ne nous suffit plus de tous déclarer que nous sommes contre la naturalisation (des Palestiniens). O les Libanais, ô les Palestiniens du Liban, il semble que le danger de la naturalisation se rapproche dangereusement. Et c’est pourquoi j’appelle à une rencontre rapide, qui n’a nul besoin d’être longuement préparée, car ce n’est pas une table de négociations, ni un ensemble de conférences. (Cette réunion ne nécessitera) pas de longues journées (de préparation ou de tenue). Il s’agit simplement d’une réunion des responsables libanais et des responsables palestiniens au Liban afin de discuter sérieusement du danger rampant et proche de la naturalisation, et d’élaborer un plan pour lutter contre lui.

Bien sûr, je ne parle pas ici du Comité de dialogue libano-palestinien (CDLP) qui débattait de problèmes majeurs de manière détaillée, mais d’une réunion qui se surajoutera à ce Comité, ou se mettra à ses côtés, ou se tiendra à un niveau supérieur, et je suggère que cela se tienne à un haut niveau, incluant les principaux responsables, et de manière sérieuse. Aujourd’hui, nous devons être vigilants, et il ne suffit pas que je fasse une déclaration (contre la naturalisation), que les autres (libanais) fassent de même et que nos frères palestiniens aussi, et (de croire que) tout ira bien. En aucun cas. Car dans nos déclarations, nous sommes tous opposés à la naturalisation. Mais quel est le plan d’action commun libano-palestinien (qui va être mis en place) ? Nous avons besoin d’un plan commun pour faire face au danger de la naturalisation rampante et proche. Nous devons tous nous assoir ensemble, les responsables libanais et palestiniens concernés doivent s’assoir et mettre en place un plan d’action. Et quant à ce qu’on pourra nous demander en guise d’idées, de suggestions ou d’aide active, nous sommes bien sûr tout à fait disposés à participer à cette lutte nationale patriotique fondamentale.

Le quatrième point de mon discours est un mot sur les réfugiés syriens, ce à quoi j’ai fait référence (au début de mon discours) en ce qui concerne la Syrie. Je vais également en parler de manière brève, même si ce sujet mériterait lui aussi qu’on lui consacre une heure entière, car il regorge de détails fastidieux. Mais aujourd’hui, je me contenterai de dire ceci aux Libanais : tout le monde au Liban est unanime, et c’est également un terrain d’entente – j’essaie d’être positif aujourd’hui, et de rechercher les terrains d’accord entre tous les Libanais. Au niveau des apparences, tous les Libanais sont unanimes pour déclarer qu’ils veulent aider au retour de nos frères et des familles de réfugiés syriens dans leurs pays. Nous sommes tous d’accord sur le principe, mais nous divergeons sur la manière, les moyens, etc.

Mais la vérité de la chose, pour révéler toute la vérité et être clair, et ne pas façonner de toutes pièces de fausses raisons pour ces divergences : la véritable raison (des entraves au retour des Syriens) est une raison politique. Tout cela est lié aux prochaines élections présidentielles en Syrie. Le mandat du Président Bachar al-Assad arrivera à son terme en 2020-2021, et des élections se tiendront quoi qu’il arrive, indépendamment de ce qui peut se produire ou pas à Astana, à Genève, qu’un Comité constitutionnel soit organisé ou pas, qu’une issue politique (au conflit) soit trouvée ou pas, des élections présidentielles se tiendront à la date prévue. Il y a une insistance des Etats-Unis, des pays occidentaux (France, Grande-Bretagne, etc.) et des pays du Golfe…

Nous devons être clairs. Aujourd’hui, le peuple libanais est unanime dans sa volonté de régler ce dossier, dont les souffrances sont partagées (entre Syriens et Libanais) : les Syriens souffrent d’être déplacés, sauf une minorité d’entre eux qui a réussi à se faire une situation au Liban, et ont maintenant des magasins, des restaurants, des locaux, des ressources, ils travaillent et tout va bien pour eux, et sont à l’aise, mais c’est une minorité. La majorité des déplacés syriens vivent les souffrances du déplacement. Les Syriens souffrent, et les Libanais également en souffrent, dans toutes les régions. A un certain stade, certains, et c’est bien malheureux, ont essayé de donner aux divergences sur la question des déplacés une dimension sectaire, une dimension religieuse ou régionale. Mais aujourd’hui, tous les Libanais, dans toutes les régions, quelle que soit leur groupe religieux, souffrent également des conséquences de ce déplacement (massif) et sont donc concernés par celui-ci. Ils en souffrent économiquement, socialement, sur le plan sécuritaire, et vous connaissez les détails de cette situation. Nous voyons les informations chaque jour, et connaissons bien les détails de la situation.

Pourquoi les souffrances des réfugiés syriens perdurent-elles au Liban ? Pourquoi les souffrances des Libanais perdurent-elles ? Pourquoi les deux parties doivent-elles continuer à porter tous ces fardeaux (énormes) ? Pour une raison simple. Telle est la vérité. Telle est la vérité : les Etats-Unis, l’Occident et pour le moins certains pays du Golfe ne veulent pas que les déplacés syriens retournent dans leur pays, pour le moins pas avant les élections présidentielles syriennes. La raison est (purement) politique.

Cela n’a aucun rapport avec des considérations humanitaires. Au contraire, les considérations humanitaires exigent que chacun retourne chez lui, dans sa maison, à ses magasins et ses champs, à sa famille et à ses proches, à sa patrie. Et cela n’a rien à voir avec des raisons sécuritaires. Tous ceux qui sont rentrés en Syrie y vivent (en paix) comme le reste des Syriens. Les rumeurs que certains responsables libanais ont essayé de répandre sur le fait qu’il y aurait des meurtres, des règlements de comptes, etc., ne sont que des inventions et des mensonges, et je demande – je l’ai déjà demandé en dehors des médias à certains responsables au niveau de l’Etat – que ces fausses affirmations fassent l’objet d’une enquête, car elles sont dangereuses. Et en vérité, ces affabulations constituent une accusation (mensongère) contre tous les partis politiques qui ont soutenu ou facilité le retour (des Syriens), et en particulier contre une institution sécuritaire de première importance et respectée au Liban, à savoir la Direction de la Sûreté Générale au Liban, qui a pris en charge le dossier de manière centrale. Ces mensonges, qui visent à faire peur aux déplacés syriens pour qu’ils ne rentrent pas dans leur pays, ne sont nullement fondés, mais servent l’objectif politique dont je viens de parler.

En ce qui concerne l’Etat et le gouvernement syriens, il y a plusieurs années de cela – ce n’est pas récent –, lors d’une rencontre avec le Président Bachar al-Assad, je lui ai parlé franchement et lui ai demandé en toute franchise : « Voulez-vous que les déplacés syriens reviennent en Syrie ? » Car il fallait que nous nous comprenions bien. Nous sommes alliés et amis, et il ne faut pas que l’on se nuise (même involontairement). Il m’a répondu en toute franchise et en toute sincérité : « Oui, nous voulons qu’ils reviennent tous en Syrie, et nous sommes prêts à accorder toutes les facilités pour que tout le monde revienne en Syrie. » Aujourd’hui, quel est l’obstacle ? C’est celui que j’ai indiqué. C’est un obstacle politique. L’obstacle est de nature politique.

Le Liban, l’Etat libanais et le gouvernement libanais peuvent-ils se soumettre à ces considérations politiques et les faire primer sur les considérations humanitaires, les considérations sécuritaires et les considérations économiques seulement parce que les Etats-Unis, l’Occident et certains pays du Golfe font primer ces considérations politiques, et imposent au Liban l’interdiction du retour (des déplacés en Syrie) ? J’affirme que ce qui se passe au Liban est un blocage du retour des déplacés syriens. Il serait faux de dire qu’il y a un retour volontaire en place, et que ceux qui veulent revenir le peuvent, et ceux qui veulent rester (au Liban ou ailleurs) le peuvent. Non ! Il y a un véritable empêchement. L’une des manières d’empêcher ce retour est l’intimidation et la peur propagées par certains responsables libanais par le passé ou jusqu’à ce jour (pour certains). Certains médias libanais continuent à les répandre. Et de même, l’une des manières d’empêcher le retour des déplacés est de les appâter, de leur rendre le maintien au Liban désirable. Par conséquent, il faut en finir avec ces obstacles (au retour des Syriens), et ne pas se contenter (de le condamner).

Aujourd’hui, bien sûr, personne au Liban, aucune force politique libanaise ne peut se déclarer favorable au maintien (permanent) des Syriens au Liban, ou opposé à leur retour en Syrie, personne n’oserait dire ça, même s’il le souhaite en son for intérieur. Tout le monde déclare que les Syriens doivent rentrer et que nous devons les y aider. Je considère, après la fin du débat sur budget, que le gouvernement et les forces politiques libanaises doivent discuter sérieusement de cette question et ne pas se contenter de prises de position.

Quoi qu’il en soit, la scène régionale et internationale est devenue claire : les délégations libanaises, durant les conférences qui ont été organisées et les contacts qui ont été pris avec tous les pays du monde… Et je déclare que ce que je révèle maintenant à la télévision est devenu une certitude pour les responsables libanais depuis des mois pour le moins, voire depuis des années. (Les responsables libanais savent avec certitude que les Etats-Unis, l’Occident et le Golfe sont farouchement opposés au retour des réfugiés) depuis des mois pour le moins. Il est donc clair pour tous les responsables libanais qu’il y a un obstacle politique (au retour des déplacés Syriens). Comment allons-nous réagir ? Qu’allons-nous faire face à cette question qui constitue un problème national de première importance ?

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Lecture complémentaire:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem