Gilets Jaunes: Confiance zéro dans les rézosociaux…

Ne jamais oublier qu’à l’origine les Google, Facebook, Twitter, Instagram etc ont été créés ou ont été amenés à travailler pour les services de renseignement…
Nous l’avons dit de longue date: à un moment donné, la résistance se fera sans recours à l’électronique trop facile à corrompre, (re)lire ou revoir « L’armée des ombres » de J.P Melville (d’après le roman de Joseph Kessel) pour s’en convaincre.
Gilets Jaunes ! Soyons imprévisibles et incontrôlables, ce n’est pas avec l’électronique et les rézosociaux qu’on y parviendra… Rien ne remplace le contact humain en tout et pour tout…

~ Résistance 71 ~

 

 

Luttes: la stratégie s’applique aussi sur le net

 

Paris-Luttes Info

 

8 mai 2019

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/lutte-la-strategie-s-applique-12122?lang=fr

 

Actes ultimes, appels à l’émeute, manifestations non déclarées, blocages… Au fil des actes des gilets jaunes, les invitations à la lutte se multiplient, s’affichent et se partagent sur les réseaux sociaux au mépris bien souvent des règles les plus élémentaires de sécurité. C’est pourquoi une révision de certains comportements s’impose.

Présence policière massive, nasses et brutalités en manifestation, surveillance abusive, pressions judiciaires, peines abusives… Le mouvement des Gilets jaunes, né il y maintenant six mois, s’est accompagné d’une répression sans précèdent qui a donné lieu a une loi anticasseur, à des violences policières multiples et à des menaces récurrentes au droit fondamental de manifester. Il est clair que le gouvernement mène une guerre ouverte à la contestation, quel que soit son niveau de radicalité. Cela se mesure au nombre croissant de blessé·e·s et de mutilé·e·s depuis le début du mouvement (1 décès, 5 mains arrachées, 23 éborgné·e·s et plusieurs centaines de blessé·e·s, au bilan provisoire établit le matin du 1er mai 2019), à la masse d’arrestations préventives en amont de chaque manifestation et aux peines exemplaires prononcées à l’encontre des manifestant·e·s interpellé·e·s par une justice au plein service de l’État.

Les réseaux sociaux grillés

Ces dérives autoritaires s’inscrivent en renfort de mesures sociales et politiques liberticides dont la liste s’allonge chaque semaine et qui sont largement à l’origine du mouvement des GJ. Pour mettre en place un système de plus en plus dictatorial, le gouvernement ne se prive pas d’utiliser tous les éléments en sa possession pour contrer la résistance ; les réseaux sociaux sont à ce titre particulièrement explorés. Pratiques d’utilisation et facilement partageables, les pages et les comptes Facebook et Insta sont ainsi largement épluchés par les services de renseignement, d’autant plus lorsqu’ils se font le relai d’événements de moyenne ou de grande ampleur. C’est ainsi que le 20 avril et le 1er mai dernier, basée sur des commentaires publiés sur les pages de Black bloc France [1], que l’on sait infiltrées et sur des appels à l’émeute et à l’acte ultime likés et partagés par des centaines de personnes, la police a déployé 7 400 policiers et gendarmes sur la seule ville de Paris et occasionné 15 000 contrôles préventifs et 330 interpellations dont 315 mises en GAV toujours dans la capitale [2]. Une situation qui, fin mars, avait également nui à l’appel du week-end de blocage des usines d’armement, où 1 000 CRS avaient accueilli moins de 100 manifestant·e·s qui s’étaient déplacés au lieu des 500 participant·e·s attendu·e·s et de plusieurs milliers d’intéressé·e·s.

L’anonymat, une force pour la lutte

On sait pourtant combien Facebook est surveillé. Certain·e·s, qui y affichent toute leur vie sous leur propre identité, s’engouffrent dans ses pièges sans se poser de questions, s’inscrivent, partagent et publient des événements sous tension, annoncent des actions avant qu’elles n’aient lieu au détriment de toute discrétion et de l’effet de surprise, pourtant conditionnel à la réussite de nos actes. Cela a été le cas le 1er mai 2018 puis lors des actes II, III, IV, VI, VIII, XIII et XVIII qui ont permis d’établir un rapport de force, d’inquiéter et de fragiliser le gouvernement. Si le port d’une cagoule se révèle souvent utile dans la rue, l’anonymat est indispensable sur le Net, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’entretenir une révolte… Ainsi, déclarer participer ou être intéressé par une manifestation, à laquelle souvent on fait faux bond, alors que les forces de l’ordre ajustent leurs effectifs en fonction du nombre d’inscrits potentiels parait relever de la désinvolture, voire de l’inconscience, car attirer l’attention de la police sur un événement place sa propre personne en danger, mais également ses proches, ses camarades, les autres manifestant·e·s et fragilise de fait l’ensemble du mouvement militant. En effet, nombre d’arrestations auraient pu être évitées le 20 avril ou le 1er mai 2019 si davantage de discrétion avait entouré ces appels. Il est bon de rappeler que la spontanéité a toujours été la force du bloc et celle du mouvement des Gilets jaunes lors des premiers actes. C’est pourquoi surprendre, dérouter, se montrer insaisissable n’a jamais été autant à propos et nécessaire.

Revenir aux fondamentaux

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’exclure la technologie de nos outils de communication, mais d’en faire un usage intelligent et non exclusif. Il existe en effet d’autres moyens d’informer, d’échanger et de rassembler telle que la rencontre, le tractage, le bouche-à-oreille… Longtemps, les révolutions se sont faites sans le secours d’Internet, à chacun·e de se montrer créatif… Aujourd’hui, il nous incombe de nous adapter en temps réel aux stratégies policières, qui ont pour seul objectif de disloquer nos mouvements et de déjouer les pièges qu’elles nous tendent. À nous également de nous montrer offensifs pendant et hors manifestations en multipliant les actions de lutte et de résistance. Il est d’urgence de manœuvrer de manière stratégique, de ne pas se mettre en lumière (peu importe la motivation : imprudence, manque de réflexion, soucis d’égo, erreur de jeunesse ou inexpérience). Le noir est notre couleur restons lui fidèle et plaçons nos talents et nos intelligences au service de la Révolution : celle qui a pour visée de détruire le capitalisme dont les effets se révèlent chaque jour davantage plus dévastateurs.

Notes

[1] Par exemple sur cet article de Marianne

[2] Selon les chiffres communiqués par la préfecture de Paris

 

4 Réponses vers “Gilets Jaunes: Confiance zéro dans les rézosociaux…”

  1. Tuttineri Says:

    Effectivemement, la probabilité que l’appel à faire de Paris la « capitale de l’émeute » soit un faux est pratiquement de 100%, chacun aura pu d’ailleurs se faire son propre avis.

    Appeler ici, sur un très esthétique fond noir, avec un style écrit de qualité, à la « révolution » , témoigne nénmoins d’une assez grande sous-estimation (due sans doute à la jeunesse) quant à la puissance de l »ennemi » de classe, qui ne manquera pas d’appeler l’OTAN au secours dès que le plat sentira le brûlé, et « on » viendra récurer avec efficacité

    Il est un moyen incomparablement plus simple et rapide de faire avancer les choses: il suffit, en votant massivement (pour une fois) -à en faire déborder les urnes !! -, de poser cette élection européenne comme un sondage grandeur nature, un référendum, un appel au peuple, en montrant le véritable pourcentage avec lequel le pouvoir actuel prétend gouverner. Si la participation était élevée, on peut imaginer pour eux un score inférieur à 20%,: nous aurions donc face à nous un pouvoir prétendant gouverner en représentant un cinquième de la population. Dès lors, les choses sérieuses commenceraient.

    Les actuels appels à l’abstention ne font que rassurer un pouvoir qui ne veut justement pas que son absence de représentativité se sache.
    Pour la première fois : votons.
    Votons enfin et pour une fois, non pour qui que ce soit en qui nous croirions, car nous ne sommes pas des dupes, mais pour dénoncer le vol du pouvoir auquel nous assistons: votons, nous, personnalités isolées, cohortes en pulls et jeans noirs, en lustrine noire des ouvirers imprimeurs de Paris, ces tenues que fabriquait encore « Adolphe Laffont » et que nous étions si fiers de porter en l’honneur de notre histoire et de ceux que nous admirons et avons aimés,…
    Nous qui sommes en deuil permanent de notre liberté, celle qu’ils nous ont volée et ont volée à nos parents et aïeux, exceptionnellement, disons enfin aussi par le vote, que nous en avons assez qu’ils nous volent nos vies et les raccourcissent. Pour une fois, pour la beauté du geste, pour la revanche qui chassera l’usurpation sans violence:: votons.
    Si l’on ne veut pas voter parce que l’on n’est dupe de rien, pour une fois votons, pour celles et ceux qui ont maintenant des yeux crevés, des bouches arrachées, des pieds brûlés, le crâne enfoncé, pour celles et ceux qui sont morts depuis des mois, pour celles et ceux qui connaissent maintenant le handicap en plus de devoir subir la vie qu’on nous offre, cette vie jetable, votons.
    Regardons autour de nous : là où sera l’appel à l’abstention ou à la pure violence, ou au blocage des urnes, là sera l’infiltré, le provo, l’ennemi du peuple
    N’oublions jamais l’« Empereur des Mouchards » , « Clemenceau-Villeneuve-Saint-Georges » qui est devenu pour certains le modèle à suivre ces derniers temps.
    Ayons courage, détermination, et un tant soit peu d’humour quand nous mettrons notre bulletin dans l’urne. Pour arriver à nous faire voter, il fallait, n’est-ce pas, qu’on ait de sacrés dingues en face, non?
    L’humour n’est pas loin de l’espoir: or celles et ceux qui ont été grièvement blessés, ne sont-ils pas en droit d’en avoir en retour de leus maux? N’auraient pas autant sinon plus de plaisir en voyant la clique actuelle partir, chassée du pouvoir par la force d’un petit bout de papier, plutôt que par de nouveaux blessés?
    Contre les tigres de papiers… Que vaut-il mieux?

    Mais je parle, hélas, à celles et ceux qui peut-être, non inscrits sur listes électorales, sont bien incapbles de voter. Tant pis: à nous de faire voter dans ce cas tous ceux que nous connaissons qui le peuvent, jusque dans les maisons de retraite où nous ferons d’amicales et affectueuses visites.

    Dehors, ceux qui ont mis en danger la vie d’autrui pour réduire, en essayant de la glacer de peur, l’expression de la colère du peuple.

    Dehors, celle qui a eu l’absolue indécence de dire devant caméra que les jeunes ne devaient pas se faire voler leur vote par « les vieux ».

    Dehors, démagogues et traïtres à la cause du peuple, vous qui êtes si violents, agressifs et non empathiques, que vous donnez envie de vous chasser en vous poussant d’un petit bout de papier… pour ne pas se salir les doigts.

    • Le « vote » comme solution ?… tu plaisantes on va dire comme ça. 😉
      Voter c’est entériner le système ! Voter c’est acquiescer ! Voter c’est leur dire « OUI MAITRES j’accepte votre système et je me plie à sa règle en tant que dominé ! »
      La pire des choses à faire maintenant est de collaborer avec cette chienlit, et voter est plus que de la collaboration… c’est de la complicité !
      empathie, solidarité, entraide, coopération, 100% oui, mais hors institutions obsolètes et criminelles, en associations libres.
      Vive la Commune ! Vive la Société des Sociétés !…

      • Tuttineri Says:

        « Le vote comme solution »: je n’ai pas dit ça. Quand on se parle vraiment et que l’on se comprend, on n’a nul besoin de papier. Et effectivement la petite taille d’un groupe garantit cette communication et cette égalité, et une « société des sociétés » a du sens. Les réseaux, au fond, éloignent au lieu de rapprocher ou nous fond prendre le lointain pour du proche: un piège à réatité.
        J’ai dit: exceptionnellement et pour cette fois-ci, et parce qu’il y a eu assez de blessés. Voir: lemurjaune.fr
        Moi, j’irai, et avec mes cheveux blancs, je remettrai une tenue noire ce jour-là. A causes des visages sur « lemurjaune ».
        Parce que je n’ai jamais vu quelque chose de pareil, et que cela me rappelle la seconde moitié des années 70, quand nous nous battions contre Franco, Pinochet, en accueillant les réfugiés, quand j’avais assisté, à la Fédération anarchiste à Paris, rue Amelot, à un film en super 8 tourné par deux jeunes qui avaient eu le courage d’aller filmer la vie au Chili sous le nez des policiers et de l’armée, sans être arrêtés. Le film venait d’être développé et monté par eux, et ce qu’on a pu voir n’avait rien à voir avec les reportages que nous pouvions voir à la télévision. Nous avions pu ensuite parler avec eux, tout était extraordinairement présent et vivant (vrai) dans cette évocation de mort, grâce à ces deux jeunes et c’est resté tel dans mon souvenir. Le mur jaune, il me fait retourner à ce temps-là.
        Mais on fait comme on veut, chacune, chacun. Vous êtes jeunes et avez la vie devant vous. Moi, ce sera peut-être la dernière fois que je m’habillerai de noir. Mais mon minable petit bulletin, ils se le prendront de face, et j’espère qu’il y en aura des millions d’autres. Les principes c’est beau. Mais il faut parfois savoir bouger, esquiver, frapper de manière inattendue. C’est ce que j’ai appris au Viet-vô dao. A chacun sa vie et bonne route. Evitez la violence, c’est la plaie des plaies. Evidemment. Et c’est le cas de le dire.
        Salutations.

        • Nous sommes essentiellement d’accord avec toi sur ce dernier écrit (sauf pour a partie vote… 😉 ). Nous sommes tous vêtus de noir, au dehors comme au dedans. Nous ne porterons plus le deuil une fois État et capitalisme éradiqués, sans haine, ni armes, ni violence… mais certainement pas en votant… 😉
          Boycott total de toute institution. Vive la Commune des Communes !
          Fraternellement

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