De la conquête à la quête du bonheur, quête universelle…

A notre sens, le problème ici réside aussi dans le terminologie. Pourquoi employer le mot « conquête » alors que le mot « quête » suffit. Une « conquête » suppose un conflit, une coercition… Peut-on vraiment supposer que le bonheur soit ou puisse être la résultante d’une lutte, d’un combat coercitif ?
Nous le voyons plutôt comme dans une attitude de lâcher-prise d’avec tout antagonisme. Il est organique dans la réalisation de soi en tant qu’individu intégré dans une communauté libre, elle même librement associée à d’autres communautés libres, formant ainsi une société des sociétés unie dans la complémentarité de sa diversité.
Le bonheur c’est l’équilibre. Il ne se conquiert pas, il se trouve et se maintient par l’amour, la solidarité et la compassion.

~ Résistance 71 ~

 

« Le bonheur naît du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur. Qui peut en prévoir la fin ?
Les hommes sont plongés dans l’erreur et cela dure depuis bien longtemps !

c’est pourquoi le sage est juste et ne blesse pas le peuple. Il est désintéressé et ne lui fait pas de tort. Il est droit et ne le redresse pas. Il est éclairé et ne l’éblouit pas. »

« Pour gouverner les hommes et servir le Tao, rien n’est comparable à la modération.
La modération doit être le premier soin de l’homme. »

~ Lao Tseu, Tao Te King, 58 et 59, 6ème siècle AEC ~

 

A la conquête du bonheur

 

Albert Libertad

1906

 

Tous les hommes, en quelque coin de la terre où ils sont nés, sous quelque température, de quelque religion on les ait marqués à leur venue, tous les hommes courent après le bonheur, veulent par tous les pores conquérir le bonheur.

Pour ce faire, ils prennent des routes, des chemins bien différents, mais tous tendent vers le même but, vers le même point et souvent après avoir erré loin l’un de l’autre finissent-ils par se retrouver les mains et l’esprit tendus par les même désirs. A la conquête du bonheur.

C’est en vue d’elle que les pères et mères nous préparent, nous fortifient, dès le jeune âge. Que de moyens, que de méthodes, que de systèmes ! Et le bonheur s’enfuit loin des hommes, toujours insaisissable, toujours fugace. On croit le tenir et ce n’est qu’une ombre qu’on serre dans ses bras.

C’est à la conquête du bonheur qu’allait le missionnaire traversant les mers pour trouver le martyre afin de gagner plus sûrement une part de paradis, une part de bonheur. Les chemins sont contraires, mais la fille chaste, qui macère sa chair sur l’étroite couchette de la cellule, veut conquérir le bonheur pareillement à la fille lascive à la recherche constante d’étreintes érotiques, qui ne la satisfont jamais.

Le commerçant placide qui débite avec les même gestes et les même mots, toute sa vie, la même marchandise, et l’anarchiste rêveur qu’il regarde comme un fou, n’en vont pas moins à la conquête du bonheur, quoique sur un mode bien différent. Disons-le vite, ni les uns ni les autres ne l’atteignent, ou plutôt ni les uns ni les autres n’atteignent le bonheur sous la forme éthérée que les hommes se sont plu à lui donner.

Il reste sur nos épaules le poids des conceptions religieuses et mythiques des siècles premiers. Nous voyons le bonheur comme un état béat, de félicité complète, dans lequel nous voguerons sans aucun souci, sans aucun travail, sans aucun effort dans le sein Dieu, dans sa pure contemplation. Attendre le paradis, bâtir l’île d’utopie, ne sont-ce pas la même besogne ! La vie c’est la lutte constante, c’est le travail, le mouvement perpétuel. La vie c’est le bonheur. Diminuer l’intensité de la vie, c’est diminuer l’intensité du bonheur…

C’est une fausse conception du bonheur qui empêche les hommes de pouvoir l’atteindre. Ils se plaisent à le placer où il ne se trouve pas. La déception, si cruelle soit-elle, ne les empêche pas de suivre à nouveau les mêmes errements, les mêmes sottises. Le bonheur est dans la satisfaction la plus complète de nos sens, dans l’utilisation la plus grande de nos organismes, le développement le plus intégral de notre individu. Nous le recherchons dans la béatitude céleste, dans le repos de la retraite, dans la douce quiétude de la fortune. Le bonheur que nous cherchons tant, nous le jouons tous les jours sur des mots. Nous le perdons au nom de l’honneur de la patrie, de l’honneur du nom, de l’honneur conjugal. Pour un mot, un geste, nous prenons un fusil, une épée ou un revolver et nous allons tendre nos poitrines vers un autre fusil, une autre épée, un autre revolver, pour la patrie, la réputation, la fidélité éternelle.

Nous cherchons le bonheur, et il suffit du rire (derisione, essere derisi) d’une femme (ou d’un homme, selon les sexes) pour qu’il soit de longtemps chassé d’auprès de nous. Nous appuyons notre bonheur sur les sables les plus mouvants, sur les terres les plus friables, le long des océans, et nous crions quand il s’en va, emporté par le retour de la vague ou par la mobilité du sol. Nous bâtissons des châteaux de cartes que le moindre souffle peut détruire et nous disons ensuite : « Le bonheur n’est pas de cette terre. »

Non, le bonheur tel qu’on nous l’a montré, tel que des siècles de servitude de corps et d’esprit nous l’ont fait percevoir, n’existe pas. Mais il existe : c’est celui qui est fait de la plus large satisfaction de nos sens à tout heure de notre vie. Echafaudons la cité du bonheur, mais disons-nous bien qu’il n’est possible de le faire que la place nette de tous les errements, de tous les préjugés, de toues les autres cité spirituelles et morales qu’on a construites en son nom. Laissons à la porte toute notre éducation, toutes nos idée actuelles sur les choses. Abandonnons Dieu et son immensité, l’âme et son immortalité, la patrie et son honneur, la famille et sa réputation, l’amour et sa fidélité éternelle.

On nous a fait croire longtemps à un paradis après notre mort, les gouvernants veulent nous faire croire à un bonheur à notre vieillesse ou selon notre fortune, sachons le vouloir dès maintenant en quelque circonstance, en quelque position soyons-nous placés ! Le grand problème du bonheur ce n’est pas tant de déterminer la route qui y mène, c’est de pouvoir assurer de quel corps et de quel cerveau sain on pourra le suivre.

 


« Revenir à son origine s’appelle être en repos,
Etre en repos s’appelle revenir à la vie.
Revenir à la vie s’appelle être constant,
Savoir être constant s’appelle être éclairé. »
~ Tao Te King, 16 ~

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8 Réponses to “De la conquête à la quête du bonheur, quête universelle…”

  1. Excellent cette « incarnation » 16 du Tao Te King…

    Un instant le titre m’a rappelé Newcomb, sur le mot « conquête »…

    Et aussi le texte puissant de Zénon ; Ragnarök = De la subversion à la terreur idéologique qu’il avait préambulé avec cette incarnation du Tao-tö King :

    « Tout le monde tient le beau pour le beau,
    C’est en cela que réside sa laideur.
    Tout le monde tient le bien pour le bien,
    C’est en cela que réside son mal. »

    En attendant, avec cette nouvelle pépite, nous on sème…
    Jo

  2. Le vrai bonheur c'est aimer et donner la charité à son prochain, le reste est du narcissisme Says:

    Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

    Saint Luc

    Le vrai bonheur consiste à rendre les autres heureux.

    Proverbe hindou

    Pour être heureux, il faut penser au bonheur d’un autre.

    Gaston Bachelard

    Le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage.

    Albert Schweitzer

    Seul celui qui est heureux peut répandre le bonheur autour de lui.

    Paulo Coelho

    Qui donc peut se soucier d’être heureux sans se soucier des autres ?

    Alain

    Le bonheur est une denrée merveilleuse : plus on en donne, plus on en a.

    Suzanne Curchod

    Règles pour être heureux : faire quelque chose, aimer quelqu’un, espérer quelque chose.

    Emmanuel Kant

    Sème du bonheur dans le champ du voisin, tu seras surpris de voir ce que le vent fera produire au tien.

    Juliette St-Gelais

    Mon bonheur est d’augmenter celui des autres. J’ai besoin du bonheur de tous pour être heureux.

    Le bonheur, c’est donner, et donner c’est aussi partager ce que l’on est, ce que l’on sait et ce que l’on a.

    Souvenez-vous de ces simples règles pour être heureux : libérez votre cœur de la haine, libérez votre tête des soucis, vivez simplement, donnez plus, attendez-vous à moins matériellement.

    Ni l’or ni la grandeur ne nous rendent heureux.

    Jean de La Fontaine

    Le suprême bonheur dans la vie, c’est la conviction qu’on est aimé.

    Victor Hugo

    L’âme heureuse, par l’irradiation de l’amour, propage le bonheur autour d’elle.

    André Gide

    Le bonheur est une fonctionE de l’amour. Rien d’autre ne rend quelqu’un plus heureux que l’amour.

    Osho

    La condition du bonheur, c’est l’amour, oui, seulement l’amour, pas la science ni même la philosophie.

    Omraam Mikhaël Aïvanhov

    Le bonheur, c’est posséder ces choses immatérielles (l’amour, l’amitié, la spiritualité…) que tout l’or du monde ne pourra jamais acheter.

    Catherine Rambert

    Il n’y a point de chemin vers le bonheur. Le bonheur, c’est le chemin.

    Le bonheur durable se trouve dans les possessions intérieures et pas ailleurs.

    Le bonheur ne s’acquiert pas, il ne réside pas dans les apparences, chacun d’entre nous le construit à chaque instant de sa vie avec son coeur.

    Proverbe africain

    On ne peut être heureux quand on ne vit que pour soi, quand on rapporte tout à son propre intérêt. On ne vit vraiment pour soi qu’en vivant pour un autre.

    Dr Paul Steinberg

    Si tu veux le vrai bonheur que rien ne pourra t’enlever sur les chemins de ta vie, apprends à aimer les autres.

    Auteur anonyme pour cette citation et les suivantes

    Suis la voie de l’amour, elle te conduira au bonheur.

    Une vie heureuse est inspirée par l’amour et guidée par la sagesse.

    Il faut aimer l’autre, les autres, sans cela, il n’y a pas de bonheur possible.

    Lorsque le bonheur est relié à la source intérieure, il ne peut jamais se tarir.

    Sois contagieux de bonheur et d’amour afin de contaminer le plus de gens possible, pour qu’ils deviennent de plus en plus heureux.

    Je n’arrive pas à croire qu’ils ont osé mettre un proverbe de Jacques Attali parmi les citations sur le bonheur, remarque, on peut remarquer son côté sadique quand il fait son proverbe :

    « Si l’on trouve du plaisir au bonheur d’autrui, c’est avant tout parce que l’autre est nécessaire à son propre bonheur.

    Jacques Attali »
    https://www.evolution-101.com/pensees-sur-le-bonheur/

    Traduction de Jacques Attali:
     » Si je trouve plaisir au bonheur de Bill Gates, c’est avant tout parce que son plan d’élimination de l’humanité est nécessaire à mon bonheur pour faire parti des 1% restants à peupler la planète »

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