Gilets Jaunes 15ème round: Ne lâchons rien car c’est notre victoire !…

 

Parce que c’est notre victoire !

 

Groupe Cerveaux Non Disponibles

 

20 février 2019

 

Source: 

https://paris-luttes.info/parce-que-c-est-notre-victoire-11688?lang=fr

 

Les semaines passent, et la situation n’évolue pas. Le gouvernement campe sur ses positions. Aucune démission, aucun remaniement, aucune élection anticipée. Une analyse du groupe « Cerveaux non disponibles ».

De l’autre côté, les Gilets Jaunes restent fortement mobilisés et déterminés. Trois mois de mobilisation tout azimut, et ce, malgré une vague répressive sans précédent :

  • 8 400 interpellations
  • 1 800 condamnations
  • 2 000 blessés dont 400 gravement (ainsi qu’un décès que le gouvernement tente de faire oublier)

A cela s’ajoutent les blessures morales qu’infligent en permanence le pouvoir et les médias dominants aux Gilets Jaunes, tantôt accusés d’être insensibles aux questions écologiques, tantôt d’être racistes ou sexistes. Et en permanence, d’être des assoiffés de violence et de chaos.

Trois mois après le début du mouvement, malgré un tel bilan de blessés, d’interpellés et une telle campagne de discrédit, des dizaines de milliers de Gilets Jaunes continuent de lutter, avec dignité et courage. Qu’importe les risques physiques, judiciaires et d’images auprès de leurs proches.

Il s’agit d’une énorme victoire pour le mouvement. Une victoire qui semble difficile à saisir et à verbaliser puisqu’elle ne contient aucun recul du pouvoir, aucune démission, aucune concession. Mais elle est peut être plus importante qu’une victoire circonstancielle, dans le sens où elle permet de faire évoluer les mentalités et des dynamiques au sein des classes populaire et des laissés-pour-compte.

Les puissants se sont efforcés à présenter le mouvement comme une force réactionnaire, anti taxe, égoïste et portée sur la haine de l’autre. Sur le terrain, les Gilets Jaunes ont créé des maisons du peuple, des assemblées populaires, des groupes autonomes et autogérés. Ils ont construit des passerelles entre les laissés-pour-compte ruraux et ceux des banlieues défavorisées. Ils ont rejeté tous ceux qui ont tenté d’instrumentaliser le mouvement et d’en faire un parti politique. Ils rejettent également en masse l’idée de service d’ordre et même de déclaration des manifestations auprès de la préfecture. Les Gilets Jaunes ne deviendront ni un parti politique, ni un syndicat. Ils ne tomberont pas dans le piège du pouvoir qui, par le biais d’avantages et de postes, ont transformé des forces d’opposition en garde fou du système.

Jours après jours, semaines après semaines, mois après mois, entre chaque manifestation et occupation, des citoyens apprennent de nouvelles pratiques politiques et expérimentent un nouveau vivre ensemble. Une nouvelle façon de résister également.

Car c’est bien là l’essence du mouvement et sa force subversive : les Gilets Jaunes, en se rencontrant sur les ronds points, dans les assemblées ou en manifestation, se rendent compte que le système n’est fait que pour rendre les puissants encore plus puissants (et riches) et leur donnent les miettes nécessaires pour éviter un soulèvement. Se rendre compte de la situation est déjà éminemment subversif. Qu’importe comment le pouvoir va tenter de sortir de cette crise, ces dizaines de milliers de citoyens voient désormais clair dans le jeu des puissances (politiques, économiques et médiatiques).

Nous savons désormais que le pouvoir ne lâchera rien. Lâcher un petit peu, c’est donner raison aux Gilets Jaunes et prendre le risque de devoir lâcher plus.

Mais nous savons également que les Gilets Jaunes ne lâcheront rien non plus.

Nous sortons donc du contexte d’un « simple » mouvement social pour entrer dans une bataille au long cours pour renverser le système en place. Une bataille avec des épisodes insurrectionnels mais aussi des moments moins spectaculaires mais tout aussi structurants de rencontres, de débats et de construction de nouveaux processus démocratiques.

Le printemps qui arrive sera celui de tous les possibles. Nous savons que le mouvement va perdurer jusqu’à l’été. A nous de profiter de ces moments de manifestations, d’AG, d’occupation, de blocage, pour créer des liens, pour lancer des initiatives, pour écrire l’histoire, notre histoire.

Les Gilets Jaunes ont bien compris que le pouvoir tente de nous faire croire que rien n’est possible en dehors du système libéral actuel. Que les seules alternatives sont celles de régimes autoritaires et réactionnaires. Mais nous savons que tout cela n’est qu’une illusion qui permet de maintenir leurs privilèges.

Ils nous veulent dociles et résignés. Nous serons farouches et rêveurs.

Ils nous veulent divisés et haineux. Nous serons solidaires et fraternels.

Ils nous veulent loosers. Nous serons victorieux.

Cerveaux non disponibles.

= = =

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Tract_Gilets_Jaunes

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Manifeste pour la Société des Sociétés

6ème_déclaration_forêt.lacandon

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

 

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18 Réponses to “Gilets Jaunes 15ème round: Ne lâchons rien car c’est notre victoire !…”

  1. Aucune démission, aucun remaniement, aucune élection anticipée.
    =*=
    Bah, cette phrase me gêne, car tout comme vous je pense, je n’attends aucune démission, aucun remaniement et encore moins d’élection anticipée.

    Ingrid Levavasseur était interviewé chez elle après son exfiltration de samedi dernier. On lui demandait pourquoi elle avait voulu présenter une liste aux européennes, sa réponse = Pour structurer le mouvement = Bah non plus. Et de fait elle s’est exclue toute seule du Mouvement en agissant de la sorte. Sauf que je trouve incroyable la façon dont ça s’est passé et qu’elle ait du être exfiltrée car elle a eu peur pour sa peau…

    Sinon, oui ; Tout le Pouvoir Aux Ronds-Points et devenons des S.U.P.R.A. Gilets Jaunes.
    Jo

      • En faisant des recherches pour rédiger un billet pour la suite du Mouvement des Gilets Jaunes, j’ai relu Ricardo Flores Magon (1912), et notamment page 23, le passage intitulé : Les Chefs de la Quatrième Partie du PDF et dont voici un extrait ;

        Il ne faut pas former une masse, inutile de reproduire les préjugés, les préoccupations, les erreurs et les coutumes qui caractérisent les foules aveugles. La masse est fermement convaincue qu’il lui faut un chef ou un guide pour la mener à son destin. Vers la liberté ou vers la tyrannie, peu importe : elle veut être guidée, avec la carotte ou avec le bâton.

        Cette habitude si tenace est source de nombreux maux nuisibles à l’émancipation de l’être humain : elle place sa vie, son honneur, son bien-être, son avenir, sa liberté entre les mains de celui qu’elle fait chef. C’est lui qui doit penser pour tous, c’est lui qui est chargé du bien-être et de la liberté du peuple en général comme de chaque individu en particulier.

        C’est ainsi que des milliers de cerveaux ne pensent pas puisque c’est le chef qui est chargé de le faire. Les masses deviennent donc passives, ne prennent aucune initiative et se traînent dans une existence de troupeau. Ce troupeau, les politiques et tous ceux qui aspirent à des postes publics le flattent au moment des élections pour ensuite mieux le tromper une fois qu’elles sont passées. Les ambitieux le trompent à coups de promesses au cours des périodes révolutionnaires pour récompenser ensuite ses sacrifices à coups de pieds une fois la victoire obtenue.

        Il ne faut pas former une masse. Il faut former un ensemble d’individus pensants, unis pour atteindre des fins communes à tous mais où chacun, homme ou femme, pense avec sa propre tête et s’efforce de donner son opinion sur ce qu’il convient de faire pour réaliser nos aspirations communes, qui ne sont autres que la liberté et le bien-être de tous fondés sur la liberté et le bien-être de chacun. Pour parvenir à cela, il est nécessaire de détruire ce qui s’y oppose : l’inégalité. Il faut faire en sorte que la terre, les outils, les machines, les provisions, les maisons et tout ce qui existe, qu’il s’agisse du produit de la nature ou de l’intelligence humaine, passent du peu de mains qui les détiennent actuellement aux mains de tous, femmes ou hommes, pour produire en commun, chacun selon ses forces et ses aptitudes, et consommer selon ses besoins.

        Pour y parvenir, nul besoin de chefs. Bien au contraire, ils constituent un obstacle puisque le chef veut dominer, il veut qu’on lui obéisse, il veut être au-dessus de tout le monde. Jamais aucun chef ne pourra voir d’un bon œil la volonté des pauvres d’instaurer un système social basé sur l’égalité économique, politique et sociale. Un tel système ne garantit pas aux chefs la vie oisive et facile, pleine d’honneur et de gloire, qu’ils souhaitent mener aux dépends des sacrifices des humbles. […]

        Je l’ai relu à voix haute, et on comprend bien, au contraire, que nous n’avons nullement besoin d’un leader…

        C’est une pépite aussi ce texte, et il introduit parfaitement la Pédagogie des Opprimés de Paolo Freire, comme quoi, il n’y a pas de hasard. C’est Kropotkine, dans « l’inévitable anarchie » qui l’avait également sous-entendu, si vous voyez ce que je veux dire ?

        • oui exactement ! C’est ce que nous disons aussi depuis bien longtemps: la conscience politique collective part de l’individu qui s’associe librement avec ses pairs pour former une conscience collective, cela fait partie de ce que Freire appelle la « conscientização », c’est la base même de la voie émancipatrice. Tout part de l’individu qui dit NON ! explique et convainc et se solidarise et s’unie avec les autres conscientisés.
          Ce processus fait trembler le système hiérarchique et l’oligarchie car ils savent instinctivement même, que ceci mis en place est la commencement et l’aboutissement de leur fin et de celle de leur système de protection inique et criminel.

          • Oui !
            Rappelez-vous que lorsque j’ai mis en PDF Ricardo Flores Magon, je n’avais pas encore réalisé le PDF de Freire…
            Je vous l’avais dit d’ailleurs que tous les derniers PDFs d’anthropologie politique jusqu’à celui de Freire nous permettait autant d’ascensionner vers cette conscientisation (James C. Scott parlant lui avant d’obtenir l’illumination) que d’intégrer ce qui nous solidarise et nous unit avec les autres qui se « conscientisent » au fur et à mesure que nous avançons…
            Et c’est cela, oui, nous le voyons bien qui fait trembler le système hiérarchique qu’ils en sont à tenter de démontrer que tous les Gilets Jaunes sont des « perdants » « antisémites » et « antisionistes ».
            Puisqu’ils en sont même à sonner la cavalerie (42 robocop pour 6 lycéens) pour un TAG Macron démission dans un lycée de banlieue !
            D’ailleurs, si c’est pas pour réveiller la banlieue qui dort ça, je m’y connais pas…

            • oui très juste la dernière remarque, ça semble aussi cousu de fil blanc tout ça, une énorme provocation, certaines personnes ne pouvant avoir une guerre mondiale se satisferont d’une guerre civile.. partout…
              A nous, les peuples de ne pas tomber dans le panneau. Les ficelles deviennent de plus en plus grosses au fur et à mesure que de moins en moins de gens sont dupes…
              Le mouvement des Gilets Jaunes tient toutes ses promesses… et ce n’est pas fini !
              Hoka Hey !

            • Je me permets juste de vous laisser le point de vue de RB sur ce sujet : À notre avis le Mouvement des Gilets jaunes a vécu ce qu’il devait vivre et il aura permis d’accumuler une riche expérience qu’il nous faut maintenant consigner pour la postérité de notre classe.

              Voyez que pour certains… Ben c’est pas gagné, hein ?

              Et donc, ben on lâche rien…

            • oui on avait lu ça, sacré Robert !… il en loupe pas une… 😉

            • J’avoue que ça m’a grattée grave…
              Mais bon ; C’est son style 😉

            • Le fond est pas trop mal, la forme et sa méthodologie laissent à désirer. On est d’accord sur certains trucs mais pas sur bien d’autres. Ils n’a pas encore compris que ses clivages de la société sont erronés et qu’en l’occurence, par son discours, il fait le jeu de l’oligarchie pour toujours mieux diviser. On lui a déjà dit, il arrive pas à se défaire de ses « réflexes » marxistes… 😉

            • Je le sais bien et c’est vraiment dommage effectivement car nous avons besoin de nous tous Solidaires – Unis – Persévérants – Réfléchis – Agissants pour le bien commun de tous de chacun selon ses forces à chacun selon ses besoins…
              Et ainsi devenir S.U.P.R.A. GJ, là Robert nous tag une épitaphe avant l’heure sur le front (quoique ce n’est pas cette partie du corps qui m’est venue à l’esprit)… Pas très glop, mais pas grave !
              😉

            • On pense qu’il ne saisit pas bien la mesure de l’évènement.

            • Oui, c’est possible.
              Mais c’est pas rassurant pour autant ?

  2. Tenez, je me permets de vous donner cette information, ici :

    En décembre, en plein mouvement lycéen contre le manque de moyens, contre Parcoursup et la réforme du bac, 4 adolescents avaient été mis 36h en garde à vue parce qu’on les a soupçonnés d’avoir écrit « Macron Démission » sur un panneau d’affichage (eux ont toujours nié en être les auteurs). 36 heures de garde à vue pour un tag « Macron Démission »…

    La proviseure du lycée avait alors porté plainte contre ces adolescents, alors que le tag avait été fait à l’extérieur du lycée…

    En réaction, des lycéens avaient fait un tag dans le lycée pour que le rectorat retire sa plainte, en solidarité avec leurs camarades gardés-à-vue.

    Hier matin, le 20 février, à 6h du matin, 42 policiers ont débarqué chez les familles de 6 adolescents, soupçonnés d’être les auteurs du tag dans le lycée.

    4 de ces 6 adolescents sont toujours en garde à vue, à Créteil et à Vitry.

    Nous sommes choqué.es par un tel déferlement de violence et de terreur à l’encontre d’adolescents sur la base d’un soupçon de tag !!

    Nous dénonçons ces pratiques scandaleuses orchestrées par la police, la justice et l’institution scolaire, visant, par la répression policière et judiciaire, à casser toute velléité de contestation de l’ordre établi et de solidarité entre lycéens.

    Nous exigeons la libération immédiate des lycéens gardés-à-vue !

    Nous soutenons ces lycéens et leurs familles, et appelons les parents, militants, enseignants, journalistes, etc à être présent.es aux rassemblements organisés à Ivry, Créteil et Vitry ces prochaines heures et prochains jours,

    Pour exiger que l’État cesse de réprimer et de terroriser ainsi nos enfants !!

    Front de mères

    Publié ce jour, ici ► https://www.revolutionpermanente.fr/6-lyceens-d-Ivry-perquisitionnes-pour-un-tag-4-d-entre-eux-toujours-en-garde-a-vue

    Pendant que Castaner, dans l’émission Tous au tableau, devant des mômes de 8/12 ans « … Je sens que dans ce mouvement des Gilets Jaunes, il n’y a que des perdants, parce qu’au fond, on est dans une société de haine, vous n’imaginez pas tout ce que je vois passer sur les réseaux sociaux, toutes les lettres que je reçois même à ma maison personnelle où il y a mon épouse.. Je suis étonné par la durée du mouvement des Gilets Jaunes… ».

    Plus loin, évoquant la genèse du mouvement, à savoir la question du prix du carburant, le ministre a estimé que «… c’est comme une machine qui ne s’arrête pas…». «… On a créé une sorte de monstre qui est sorti de sa boîte et le monstre continue à s’agiter…».

    Et pour ceux qui auraient encore des doutes et qui affirment que « seul Macron peut nous sortir de là »…

    Donc, on lâche rien, on amplifie le mouvement même !
    Jo

    • Absolument et en hors piste !
      Pour les lycéens: tout système totalitaire doit contrôler avant tout la jeunesse, donc la répression « pour l’exemple » est de mise pour terroriser les têtes qui voudraient potentiellement dépasser on se souvent de l’humiliation des lycéens à genoux devant les flics, typique d’une PsyOp de terrain.
      Alors qu’il suffit de dire NON ! La rébellion est avant toute chose mentale.
      On est dans une guerre psychologique devant l’État répressif par essence qui ne connaît que la violence, son seul langage est la violence, la réponse pacifiste ne peut être que de masse pas seulement dans la défiance de rue, mais surtout dans le mode organisationnel.
      Il faut sortir du moule, devenir asymétrique et insaisissable, ça commence avec les assemblées populaire et la reprise en main de os vies quotidiennes hors système.
      Tout le pouvoir aux ronds-points !

      • Absolument d’accord avec vous. Alors ils avaient déjà fait fort avec les 150 lycéens obligés de rester accroupis, mains sur la tête, mais 42 policiers pour 6 perquises à dom…
        BenLaLa n’était pas là ? Ah merde, il a pris de l’avance pour une fois, l’était déjà au mitard…

        Vous ai envoyé un petit mot par mail ?

  3. « Ils nous veulent divisés et haineux. Nous serons solidaires et fraternels » osent dire les antifas !

    Ah ah ah (rire jaune) ! Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Comme par exemple tabasser à 10 contre 1 le sympathique Vincent Lapierre pendant la manif des Gilets jaunes.

  4. […] – Paolo Freire – Version PDF N° 83 de 111 pages – Traduction française par Résistance 71 en décembre 2018 – Mise au format PDF par […]

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