Résistance politique: Le visible et l’invisible dans le grand tumulte historique de la lutte contre l’oppression (avec Victor Hugo et Zénon)

Dans cet extrait du roman historique de V. Hugo “Quatre-vingt-treize” que Zénon amène à notre attention, il est fait état de la sempiternelle dichotomie (apparente) entre le matérialisme et l’idéalisme. La philosophie occidentale, empruntant le rapport antagoniste existant entre le christianisme (et l’idéalisme plus ou moins borné) et l’athéisme (matérialisme qui peut parfaitement ne pas être dénué de spiritualisme), en a fait un débat fratricide pour le bénéfice une fois de plus, d’une minorité du pouvoir diviseur maintenant ses privilèges.
L’antagonisme n’est qu’induit. Ces deux notions sont en fait complémentaires et se doivent d’exister en harmonie car l’une ne peut aller sans l’autre, c’est tout le propos d’Hugo, qui présente les deux côtés de l’argument de telle manière qu’on ne puisse être en désaccord avec aucun des deux et de là, que nous puissions accepter l’échéance de leur complémentarité.
A cette image, nous devons embrasser la complémentarité de la diversité au sein des sociétés humaines dans la modernité, nous organiser en refondant le pouvoir dans les peuples de façon à le rendre inoffensif, c’est à dire non-coercitif dans sa réintégration au sein du corps social, car le pouvoir issu de la division politique de la société est un pouvoir nécessairement coercitif, néfaste, diviseur et emprunt d’une négativité menant la société sur le chemin de son extinction, de son annihilation inévitable.
L’État, la “république” ne sont en rien les buts finaux, mais des ruses de la raison, des leurres manipulateurs nécessaires à notre compréhension finale de l’harmonie de la complémentarité dans notre diversité entendue et bien comprise, afin que nous assimilions collectivement ce chemin menant à notre émancipation au moyen de la société des sociétés.
Sachons lâcher prise des antagonismes induits, refusons la division toute aussi induite et embrassons notre complémentarité dans notre diversité sociale humaine, par delà le bien et le mal, réconciliés avec la grande nature des choses. A terme, le mouvement des Gilets Jaunes n’est pas autre chose…

~ Résistance 71 ~

Révolution ou évolution, le visible et l’invisible dans le grand tumulte historique de la lutte contre l’oppression

 

Victor Hugo rapporté par Zénon

 

« – Les grandes choses s’ébauchent. Ce que la révolution fait en ce moment est mystérieux. Derrière l’œuvre visible il y a l’œuvre invisible. L’une cache l’autre. L’œuvre visible est farouche, l’œuvre invisible est sublime. En cet instant je distingue tout très nettement. C’est étrange et beau. Il a bien fallu se servir des matériaux du passé. De là cet extraordinaire 93. Sous un échafaudage de barbarie se construit un temple de civilisation.
– Oui, répondit Cimourdain. De ce provisoire sortira le définitif. Le définitif, c’est-à-dire le droit et le devoir parallèles, l’impôt proportionnel et progressif, le service militaire obligatoire, le nivellement, aucune déviation, et, au-dessus de tous et de tout, cette ligne droite, la loi. La république de l’absolu.
– Je préfère, dit Gauvain, la république de l’idéal.
Il s’interrompit, puis continua :
– O mon maître, dans tout ce que vous venez de dire, où placez-vous le dévouement, le sacrifice, l’abnégation, l’entrelacement magnanime des bienveillances, l’amour ? Mettre tout en équilibre, c’est bien ; mettre tout en harmonie, c’est mieux. Au-dessus de la balance il y a la lyre. Votre république dose, mesure et règle l’homme ; la mienne l’emporte en plein azur. C’est la différence qu’il y a entre un théorème et un aigle.
– Tu te perds dans le nuage.
– Et vous dans le calcul.
– Il y a du rêve dans l’harmonie.
– Il y en a aussi dans l’algèbre.
– Je voudrais l’homme fait par Euclide.
– Et moi, dit Gauvain, je l’aimerais mieux fait par Homère.
Le sourire sévère de Cimourdain s’arrêta sur Gauvain comme pour tenir cette âme en arrêt.
– Poésie. Défie-toi des poètes.
– Oui, je connais ce mot. Défie-toi des souffles, défie-toi des rayons, défie-toi des parfums, défie-toi des fleurs, défie-toi des constellations.
– Rien de tout cela ne donne à manger.
– Qu’en savez-vous ? L’idée aussi est nourriture. Penser, c’est manger.
– Pas d’abstractions. La république c’est deux et deux font quatre. Quand j’ai donné à chacun ce qui lui revient…
– Il vous reste à donner à chacun ce qui ne lui revient pas.
– Qu’entends-tu par là ?
– J’entends l’immense concession réciproque que chacun doit à tous et que tous doivent à chacun, et qui est toute la vie sociale.
– Hors du droit strict, il n’y a rien.
– Il y a tout.
– Je ne vois que la justice.
– Moi, je regarde plus haut.
– Qu’y a-t-il donc au-dessus de la justice ?
– L’équité. »

Victor Hugo – « Quatre-vingt treize » (1874)

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

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