Géopolitique et Nouvel Ordre Mondial: La guerre par procuration des Yankees contre le Vénézuela en préparation…

L’Opération Condor 2.0 en marche, comme annoncé précédemment …
~ Résistance 71 ~

 

Les Etats-Unis préparent une guerre entre Latino-Américains

 

Thierry Meyssan

 

18 décembre 2018

 

url de l’article: http://www.voltairenet.org/article204385.html

 

Petit à petit les partisans de la doctrine Cebrowski avancent leurs pions. S’ils doivent cesser de créer des guerres au Moyen-Orient élargi, ils le feront dans le Bassin des Caraïbes. Avant toutes choses, le Pentagone planifie l’assassinat d’un chef d’État élu, la ruine de son pays, et sape l’unité de l’Amérique latine.

John Bolton, le nouveau conseiller national de Sécurité des États-Unis, a relancé le projet du Pentagone de destruction des structures étatiques du Bassin des Caraïbes.

On se souvient que, dans la foulée des attentats du 11-Septembre, le secrétaire à la Défense de l’époque, Donald Rumsfeld, avait créé un Bureau de transformation de la force (Office of Force Transformation) et désigné l’amiral Arthur Cebrowski pour le diriger. Sa mission était de former l’armée états-unienne à sa nouvelle mission à l’ère de la globalisation financière. Il s’agissait de changer la culture militaire afin de détruire les structures étatiques des régions non-connectées à l’économie globale. Le premier volet de ce plan a consisté à disloquer le « Moyen-Orient élargi ». La seconde étape devait être de faire de même dans le « Bassin des Caraïbes ». Le plan prévoyait de détruire une vingtaine d’États côtiers et insulaires, à l’exception de la Colombie, du Mexique et autant que faire se peut des territoires britanniques, états-uniens, français et néerlandais.

Lors de son accession à la Maison-Blanche, le président Donald Trump s’était opposé au plan Cebrowski. Cependant deux ans plus tard, il n’est parvenu qu’à interdire au Pentagone et à l’Otan de confier un État aux groupes terroristes qu’ils emploient (le « Califat »), mais pas à renoncer à manipuler le terrorisme. Concernant le Moyen-Orient élargi, il est parvenu à faire décroitre la tension, mais les guerres continuent à moindre intensité. En ce qui concerne le Bassin des Caraïbes, il a bridé le Pentagone, lui interdisant de déclencher des opérations militaires directes.

Au mois de mai dernier, Stella Calloni révélait une note de l’amiral Kurt Tidd, commandant en chef du SouthCom, exposant les moyens mis en œuvre contre le Venezuela [1]. Une seconde pénétration est conduite simultanément au Nicaragua et une troisième depuis un demi-siècle contre Cuba.

De diverses analyses précédentes, nous avions conclu que la déstabilisation du Venezuela, débutée par le mouvement des guarimbas, poursuivie par la tentative de coup d’État du 12 février 2015 (opération Jéricho) [2], puis par les attaques sur la monnaie nationale et l’organisation de l’émigration, déboucherait sur des opérations militaires [3] conduites depuis le Brésil, la Colombie et de la Guyana. Des manœuvres multinationales de transport de troupes ont été organisées par les États-Unis et leurs alliés en août 2017 [4]. L’accession au pouvoir à Brasilia, le 1er janvier 2019, du président pro-israélien Jair Bolsonaro rendra cela possible.

En effet, le prochain vice-président brésilien sera le général Hamilton Mourão, dont le père joua un rôle notable lors du coup d’État militaire pro-US de 1964. Lui-même s’est illustré par ses déclarations contre les présidents Lula et Rousseff. En 2017, il avait déclaré —au nom du Grand Orient du Brésil— que le moment d’un nouveau coup d’État militaire était venu. En définitive, il a été élu avec le président Bolsonaro. Dans un entretien à la revue Piaui, il a annoncé un prochain renversement du président vénézuélien, Nicolás Maduro, et le déploiement d’une force de « paix » brésilienne (sic). Devant la gravité de ces propos qui constituent une violation de la Charte des Nations unies, le président élu Bolsonaro a assuré que personne ne voulait faire la guerre à personne et que son vice-président parlait trop.

Quoi qu’il en soit, le président Maduro, dans une conférence de presse le 12 décembre 2018, a révélé que le conseiller national de Sécurité US John Bolton assurait la coordination entre l’équipe du président colombien Iván Duque et celle du vice-président brésilien. Un groupe de 734 mercenaires est actuellement à l’entrainement à Tona (Colombie) afin de perpétrer une attaque sous faux drapeau du Venezuela contre la Colombie et justifier ainsi une guerre de la Colombie contre le Venezuela. Il serait commandé par l’ancien colonel Oswaldo Valentín García Palomo, aujourd’hui en fuite après la tentative d’assassinat par drone du président Maduro lors de l’anniversaire de la Garde nationale, le 4 août dernier. Ces mercenaires sont appuyés par des Forces spéciales stationnées sur les bases militaires US de Tolemaida (Colombie) et d’Eglin (Floride). Le plan états-unien prévoit de s’emparer dès le début du conflit des trois bases militaires vénézuéliennes Libertador de Palo Negro, Puerto Cabello et Barcelona.

Le Conseil national de Sécurité US tente de convaincre divers États de ne pas reconnaître le second mandat de Nicolás Maduro (réélu en mai dernier, mais qui devrait débuter avec la nouvelle année). C’est pourquoi les États du Groupe de Lima ont contesté le scrutin présidentiel avant même sa tenue et ont interdit illégalement aux consulats vénézuéliens de l’organiser. De même, la crise migratoire s’avère n’être qu’une manipulation de plus : les Vénézuéliens qui ont fuit la crise monétaire en croyant trouver facilement du travail dans un autre État latino-américain sont aujourd’hui nombreux à tenter de rentrer chez eux. Mais le Groupe de Lima les en empêche, interdisant aux avions vénézuéliens qui tentent de les rapatrier de survoler leur espace aérien et aux autobus venus les chercher de franchir les frontières.

Tout se passe donc comme si l’on assistait à un remake des événements qui ensanglantent le Moyen-Orient élargi depuis les attentats du 11 septembre 2001. L’essentiel ne réside pas dans les actions militaires, mais dans la représentation du désordre que donnent les événements. Il s’agit d’abord de faire prendre des vessies pour des lanternes [5]. En cinq ans, le Venezuela et le Nicaragua qui disposaient d’une image positive à l’étranger sont aujourd’hui considérés à tort comme des « États faillis ». Si l’on ne réécrit pas encore l’histoire des Sandinistes et de leur lutte face à la dictature des Somoza, on pose comme acquis qu’Hugo Chávez Frías était un « dictateur communiste » (sic) alors que son pays a vécu un incroyable bond en avant, politique et économique, sous sa présidence. Il sera bientôt possible de détruire ces États sans que personne ne trouve rien à y redire.

Le temps s’écoule de plus en plus vite. Ainsi, lorsqu’en 1823, le président James Monroe décida de fermer les Amériques à la colonisation européenne, il ne se doutait pas que sa doctrine évoluerait 50 ans plus tard en une affirmation de l’impérialisme US. De même aujourd’hui, lorsque le président Donald Trump affirmait le jour de son investiture que le temps des changements de régime était révolu, il ne pensait pas qu’il serait trahi par les siens. Pourtant, le 1er novembre 2018 son conseiller de sécurité John Bolton déclarait à Miami que Cuba, le Nicaragua et le Venezuela forment la « troïka de la tyrannie ». Puis son secrétaire à la Défense, le général James Mattis, affirmait le 1er décembre devant le Reagan National Defense Forum que le président élu Maduro est un « despote irresponsable » qui « doit partir » [6].

[1] « Plan to overthrow the Venezuelan Dictatorship – “Masterstroke” », Admiral Kurt W. Tidd, Voltaire Network, 23 février 2018. « Le « Coup de Maître » des États-Unis contre le Venezuela », par Stella Calloni, Traduction Maria Poumier, Réseau Voltaire, 11 mai 2018.

[2] « Obama rate son coup d’État au Venezuela », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 février 2015.

[3] « Le général Jacinto Pérez Arcay considère « inexorable » l’invasion du Venezuela », Réseau Voltaire, 10 juin 2016.

[4] « Grandes manœuvres autour du Venezuela », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 23 août 2017.

[5] « Venezuela, l’intervention illégale », par Julio Yao Villalaz, Traduction Maria Poumier, Réseau Voltaire, 3 mars 2018.

[6] “Mattis condemns Venezuela’s Maduro as a ’despot’ who has to go”, Reuters, Phil Stewart, December 1, 2018.

9 Réponses vers “Géopolitique et Nouvel Ordre Mondial: La guerre par procuration des Yankees contre le Vénézuela en préparation…”

  1. Décidément, les pays d’Amérique du Sud n’en finissent pas d’être les victimes innocentes de l’impérialisme des USA, Chavez avait releve son pays, il gênait donc, maduro ne joue pas le jeu des américains, ils conspirent contre lui et vont l’écarter, le Brésil entre les mains de bolsonaro c’est une fois encore l Histoire terrible de la « stratégie du choc  » qui se répète ! L’impérialisme américain ne connaît pas de limites, quant ils prétendent aller sauver un peuple de la tyrannie d’un « dictateur  » il faut comprendre qu’ils naspirent qu’a détruire et spolier le pays en question! Et même Trump n’y peur rien changer, le plan diabolique continue sans pitié, après le Moyen-Orient, l’Amérique du Sud ! Existe il pire dictature au monde que celle des USA sur le reste du monde?

    • Exact ! Le seul moyen de stopper l7empire yankee est de l’imploser de l’intérieur, seuls les nations originelles peuvent le faire, Nous l’avons énoncé il y a des années et nous contribuons depuis 2010 sur ce blog à faire comprendre que nous ne vivons aucunement dans un monde qu’on veut nous faire croire comme étant « post-colonial », mais bel et bien dans un monde de la colonisation à outrance: Les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et tous les pays du ou dépendant du « Commonwealth » britannique vivent toujours sous le joug colonial tout comme les DOM-TOM français, la Kanaky etc…
      La solution est de retirer le tapis de sous les pieds de l7empire, car cet empire possède une particularité qu’aucun autre n’avait dans le passé: Il n’existe territorialement pas ! Il est fondé sur le vol et le pillage, le génocide… Toute la terre du continent américain y compris au sud (Brésil, Vénézuéa etc,,,) sont des TERRES VOLEES, régies par des lois COLONIALES.
      Condor et Condor 2.0 ne sont que des « tiroirs » d’un colonialisme ancré plus profond ! Ceci dit l’urgence est de torpiller l’empire anglo-américain, cela ne peut se faire que de l’intérieur et faisant comprendre aux gens de se tenir aux côtés des nations originelles pour reconnaître leur droit naturel à la terre qui leur est nié depuis 1452, 1455 et 1493 dans les termes de la doctrine chrétienne de la découverte énoncée dans ces bulles papales du XVème siècle et passées dans le droit positif colonial yankee en 1823 sur décision de la Cour Supprime des Etats-Unis.
      Il n’y a pas de solutions au sein du système et ne saurait y en avoir, nulle part, ni à Yankland, ni en France, ni ailleurs.
      Il faut en sortir et que les peuples comprennent que notre salut est dans le lâcher-prise des institutions et de l’antagonisme induit pour embrasser notre complémentarité naturelle qui nous unifiera dans une société planétaire organique égalitaire et émancipée.
      Tout le reste n’est que pisser dans un violon. Le chemin est (peut-être) long, pas sûr du reste, mais il se fait en marchant dans cette direction.
      Notre soutien de départ des peuples originels des continents n’est ni un hasard, ni un « exotisme ». Il est ancré dans la réalité profonde et l’analyse critique du système en place.
      Merci de nous suivre
      Fraternellement

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