Résistance politique: Pouvoir dire non et ne pas être gouvernés !… de ZAD à Zomia ?…

“Chaque état qui a eu l’ambition de contrôler des parties de la Zomie, que ce soit l’administration et ses fonctionnaires Han du Yunnan et du Guizhou, la cour royale thaïe d’Ayutthaya, la cour birmane d’Ava, les chefs Shan (Sawbwa), l’état colonial britannique et les gouvernements nationaux indépendants, ont toujours cherché et ont aussi toujours échoué à créer des chefferies avec lesquelles ils pourraient traiter pour gérer…”

“L’inaccessibilité et la dispersion sont les ennemies de l’appropriation ; et pour une armée en marche comme pour un état, l’appropriation est la clef de la survie… Le premier principe de l’évasion est la géo-location.”

“Choisir de pratiquer l’agriculture de collines et de plateaux, c’est choisir une vie socio-politique hors du cadre de l’État.”

~ James C. Scott, “L’art de ne pas être gouverné, une histoire anarchiste des hauts-plateaux d’Asie du Sud-Est”, 2009 ~

“Un point important à souligner est qu’une paysannerie, en assumant qu’elle ait largement de quoi subvenir à ses besoins essentiels, ne va pas automatiquement produire un surplus que des élites pourraient s’approprier, mais elle devra être forcée de le faire…”

“La mobilité physique et la dispersion sont les cauchemars du collecteur d’impôts…”

~ James C. Scott, “Against the Grain, a Deep History of the Earliest States”, 2017 ~

 

Point de vue et analyse très intéressants que nous partageons
~ Résistance 71 ~

 

N’être pas gouvernés

 

Roméo Bondon

 

29 mai 2018

 

Source: https://www.revue-ballast.fr/netre-pas-gouvernes/

 

Des communautés d’une vaste région du sud-est asiatique rejettent obstinément leur intégration aux État-nations. Cette zone, c’est la « Zomia » — « Zo » signifie « retiré » et « Mi » le « peuple ». 100 millions de personnes y vivent, loin des gouvernements des plaines, sur une superficie correspondant à environ 55 % de l’Union européenne. L’auteur, fort d’une lecture du libertaire James C. Scott, nous invite à considérer la ZAD nantaise comme une formulation possible, à bien moindre échelle, de cette expérimentation non-étatique.

L’attention des anthropologues s’est bien souvent restreinte au « sauvage », à l’ailleurs, cette altérité en apparence si franche qu’elle semble parfaitement objectivable. La géographie, elle, bien qu’elle ait des racines libertaires certaines1, s’est aussi largement constituée comme science coloniale et étatique2. Peu nombreuses sont les recherches portant sur les « autres » d’ici, souvent présentés, du reste, comme d’archaïques ruraux déjà dépassés par l’avancée de l’Histoire3. Peu nombreuses aussi sont les études géographiques s’arrachant du cadre des États-nations4. Et si l’étrange, dont la différence fait aussi l’intérêt, n’était pas nécessairement lointain dans le temps et l’espace, ni aussi marginal qu’on pourrait le penser ? Et si l’Histoire s’était faite en majeure partie à l’écart de l’État, ou en tout cas contre ses premières formes (États rizicoles en Asie, proto-États dans l’Europe médiévale, jusqu’à leur consolidation progressive à l’époque moderne5) ? L’expérience en cours dans le bocage nantais, à « la ZAD », peut s’inscrire dans ce que le politologue James C. Scott a défini comme des « Zomia Studies », domaine de recherche ouvert avec son ouvrage Zomia, au sous-titre éloquent en ce contexte de lutte(s) : « ou l’art de ne pas être gouverné ».

La ZAD une Zomia à l’échelle locale ?

« La Zomia est la dernière région du monde dont les peuples n’ont pas été intégrés à des États-nations6 ». Zone de deux millions et demi de kilomètres carrés en Asie du Sud-Est, la Zomia est avant tout une construction géographique dont les caractéristiques politiques et culturelles s’opposent fondamentalement à tout type d’État — en l’occurrence celui fondé sur la riziculture sédentaire autour des collines et montagnes de cette partie de l’Asie. « Zone refuge » formée de multiples « zones de morcellement7 », la Zomia n’obéit pas à des frontières fixes ; plus précisément, elle s’inscrit contre ces dernières, les fuyant à mesure qu’elles se sont étendues. Bien que la ZAD (Zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes se soit inscrite dans la délimitation stricte d’une ZAD (Zone d’aménagement différé) créée dans les années 1970, c’est sa pluralité d’identités, fédérées contre un projet et le monde qui le porte, qui la caractérise. Si l’on remplace dans le texte de James C. Scott le terme de « colline », propre à son terrain d’étude, par celui de « bocage », la ZAD apparaît comme un lieu exemplaire illustrant ce qu’est une Zomia. « Les collines ne sont pas seulement un espace de résistance politique : elles sont une zone de refus culturel8 ». C’est justement cet ajout que ne veulent pas voir les pourfendeurs de la ZAD, et qui les empêche d’en comprendre la portée.

Certes, le combat politique le plus visible a été gagné avec l’abandon du projet d’aéroport. Mais la lutte s’est toujours inscrite aussi contre une normalisation des comportements, dans la revendication d’une altérité qui se décline politiquement — des naturalistes en lutte aux autonomes, en passant par des paysans reconvertis — aussi bien que dans les pratiques — une agriculture à la marge des impératifs productivistes imposés par les subventions, des projets s’ancrant sur un territoire réduit mais en interdépendance avec celui-ci (là où la mondialisation implique une déterritorialisation des produits). Dans la région d’Asie qui occupe l’auteur, « “Habitants des forêts” ou “personnes des collines” est synonyme de non-civilisé9 » : n’est-ce pas comme tel que sont traités les opposants, traqués par une troupe de CRS détruisant toute habitation considérée comme précaire sur son passage ? Pour James C. Scott, « plus vous laissez de traces, plus grande est votre place dans l’histoire10 » : les archives sont matérielles ; l’Histoire qui en résulte est nécessairement partielle. De même qu’il ne reste plus rien du centre universitaire de Vincennes aujourd’hui, si ce n’est une clairière11, les autorités souhaitent que la lutte, victorieuse une fois, ne le soit pas de manière pérenne à travers une installation permanente. Les constructions collectives sont détruites pour cette même raison : elles symbolisent ce dont l’État ne veut pas, à savoir la mutualisation, la mise en commun, à rebours d’une jeune tradition propriétaire qui se veut originelle12. Le refus par l’État de tout projet collectif va dans ce sens ; la destruction d’un lieu au nom aussi symbolique que « La Ferme des Cent Noms » également. Car « même les structures sociales et les types d’habitats dans les collines pourraient être utilement envisagées comme des choix politiques13 ». L’utilisation de matériaux de récupération et légers sur la ZAD, comme dans les arbres à Bure ou à l’Amassada à deux pas des Causses, est une décision dictée par la nécessité de construire vite, mais est surtout la traduction d’une volonté de montrer qu’autre chose est possible : des chantiers collectifs pour des cabanes, des hangars, un phare, des habitations aussi diverses qu’il y a d’habitants, comme autant de pieds de nez à l’imposition de chantier décrétés « d’utilité publique ».

Se fédérer contre, se diviser pour

Sur la ZAD peut-être plus que sur les autres sites en lutte, la diversité dans les profils d’habitants est la règle. Cette multiplicité s’est unie contre un projet, alors même que les installations sont diverses et les raisons de continuer la lutte aussi. Là où le cauteleux Nicolas Hulot a appelé à « ne pas confondre écologie et anarchie », les habitants de la ZAD prouvent que les deux sont indissociables dans leur combat. Une fois de plus, l’anarchie souffre de son image défigurée par ceux qui ont le pouvoir de le faire depuis plus d’un siècle. Qui mieux que le géographe libertaire Élisée Reclus pour rappeler que l’attention au milieu comme à la terre et l’anarchie s’associent bien plus qu’ils ne s’opposent ? Lui qui déplore les conséquences de l’industrialisation de son époque sur les cours d’eau dans son Histoire d’un ruisseau (1869) a également œuvré toute sa vie pour la réalisation de ses principes : « Notre destinée, c’est d’arriver à cet état de perfection idéale où les nations n’auront plus besoin d’être sous la tutelle ou d’un gouvernement ou d’une autre nation ; c’est l’absence de gouvernement, c’est l’anarchie, la plus haute expression de l’ordre14. » Les occupants de la ZAD l’avaient depuis le début annoncé : ils luttaient « contre l’aéroport et son monde » — Hulot n’a retenu que le premier de ces combats. L’aéroport étant abandonné, place au monde qui l’a porté : « Nous savons tous que ce que nous aurons à arracher demain sera le maintien de l’usage commun d’un territoire insoumis et ouvert, qui en inspire d’autres. Et que pour ce faire, nous devons construire des formes inédites15. »

Même si ce sont les barricades qui sont les plus visibles, la lutte est avant tout idéologique ; elle dessine un nouveau front entre les tenants de la propriété, l’État, et ceux qui souhaitent bâtir une vie hors d’un cadre uniformisé, dans un ensemble de projets collectifs. James C. Scott oppose une « agriculture d’évasion », qu’il perçoit comme faisant partie de « formes de culture destinées à se soustraire à l’appropriation étatique16 », à une agriculture sédentaire, pratiquée dans les plaines asiatiques et promue par les États pour fixer les populations. Les propositions d’installation sur la ZAD se veulent à la marge des cadres réglementaires habituellement mobilisés mais n’excluent pas d’être intégrées à un territoire dépassant la zone. Le grand écart avec l’État se situe dans la manière dont ces installations souhaitent durer. La « Ferme des Cent Noms » en est l’exemple le plus frappant : ce sont des projets collectifs qui étaient jusqu’à peu proposés, sans titre de propriété individuel. Le collectif des Cent Noms regroupait une vingtaine de personnes travaillant aux alentours de la ferme éponyme ; les chantiers collectifs, comme ceux menés au Très Petit Jardin en dépit des nuages de lacrymo, participent à la réalisation par tous d’un projet qui ne s’arrête pas à une personne. Étendre cette communalisation serait rendre les occupants invisibles pour les instances de régularisation agricoles (MSA et chambres d’agriculture) ; c’est cela même qui gêne tant l’État. « Les dirigeants étatiques considèrent comme presque impossible d’instaurer une souveraineté effective sur une population constamment en mouvement, qui n’a pas de forme permanente d’organisation, qui ne se sédentarise pas, dont le gouvernement est éphémère, dont les formes de subsistance sont flexibles et peuvent changer17 ».

L’impossible souveraineté, et dès lors l’improbable autorité étatique sur ces projets, implique un emploi de la force pour les détruire. La seule alternative proposée passe par la propriété individuelle. À cela, les habitants de la ZAD pourraient opposer l’histoire coloniale de l’État français et ceux qui lui ont résisté. C’est cette même altérité qui a été combattue dans une Algérie colonisée par la loi Warnier (1873), interdisant toute indivision des terres et permettant l’accaparement de plus de terres encore par les colons. S’appuyant sur d’autres exemples historiques, situés pour leur part en forêt, Jean-Baptiste Vidalou a rappelé la connivence entre la colonisation et l’aménagement du territoire, la colonisation et l’action violente de l’État, là où ce dernier peine à se faire « respecter »18. La propriété en indivision décrétée par les opposants au transformateur électrique de Saint-Victor-et-Melvieu, village où s’est bâti l’Amassada, est une manière de lutter contre une confrontation par trop déséquilibrée entre un propriétaire et l’État. Celui-ci trouve face à lui une pluralité d’habitants, qu’il ne sait dès lors comment traiter autrement que par la force.

Se diviser contre, se fédérer pour

On pourrait appliquer à chaque territoire en lutte ce que l’anthropologue Pierre Clastres relevait de ses observations chez les Guarani et dans ses lectures ethnographiques : une Zomia, la ZAD ou le Chiapas, ces espaces se définissent comme un « tout fini » parce qu’ils sont « un Nous indivisé ». Pour Clastres, « la communauté primitive peut se poser comme totalité parce qu’elle s’institue comme unité19 ». En dépit d’un essentialisme problématique chez l’auteur, on peut néanmoins souligner que ce même processus est visible à Notre-Dame-des-Landes et sur nombre de territoires en lutte : un combat fédère et englobe dès lors, sous un seul nom, une multitude de choix. Ce « Nous indivisé » que forment les « zadistes » peut également s’atomiser pour contraindre au mieux l’avancée des forces de l’ordre, en utilisant leur terrain. Cette connaissance de l’espace, les habitants de la ZAD la partagent avec les Ariégeois lors de la guerre des Demoiselles au XIXe siècle ou les Cévenols au XVIIe lors de la guerre des Camisards, chacun des deux territoires s’étant opposé à l’avancée de la puissance étatique. Comme le rappelle Jean-Baptiste Vidalou, la pratique quotidienne de la forêt était un atout dans la dispersion des habitants ou le regroupement opportun. Au sein de la ZAD, s’il y a division, c’est avec bienveillance — du moins, tant que faire se peut —, entre les différents choix de vie expérimentés : « Il y avait dans l’air comme un esprit joyeux de jacquerie et de partage : “On se côtoyait aussi bien autour d’un repas que derrière une barricade”. Gilles s’anime : “Au cours de ces moments intenses, les étiquettes disparaissent”, les identités deviennent poreuses, “de l’anarcho-communisme au paysan, du punk au naturaliste, on ne sait plus qui est qui”20. »

S’il y a division, c’est aussi sous la contrainte, comme outil stratégique pour éviter de s’enfoncer dans un conflit sans fin — c’est la « stratégie d’autodéfense administrative », soit l’acceptation, par une délégation, de proposer des projets d’installation individuels va dans ce sens. Mais il ne fait aucun doute que ces derniers n’auront d’individuel que le nom : le nom de celui ou celle qui subira les obligations imposées par l’UE et l’État à toute exploitation agricole. La multifonctionnalité des paysans, réclamée par l’OCDE dès les années 1990 et décrétée dans les années 2000 avec la réforme de la PAC, est pourtant au principe de ce qu’est la paysannerie. L’impératif « post-productif » lancé aux campagnes aujourd’hui croit être novateur en mêlant travail sur la terre et préservation du paysage : c’était pourtant un processus à l’œuvre bien avant que l’agriculture industrielle ne s’immisce au cœur des pratiques paysannes. Seulement, alors que l’accroissement normatif est avant tout dirigé vers les monocultures céréalières, chacun y est sujet comme s’il était aussi néfaste sur le plan environnemental — et les projets portés à Notre-Dame-des-Landes n’y feront peut-être pas exception. Bien que l’étude soit datée, les affirmations du sociologue rural Henri Mendras prophétisant La Fin des paysans (1967) peuvent encore être lues avec profit : « c’est le passage de la logique paysanne à la rationalité économique dans la gestion des exploitations qui résume et symbolise le conflit de civilisation et la transformation du paysan en producteur agricole21 ». C’est aujourd’hui le mouvement inverse qui effraie l’État et déclenche sa logique répressive.

L’indivision est un principe fondamental de ces luttes, laissant à la diversité des projets la possibilité de s’étendre sans entrave. Mais la fédération de chacun autour d’un combat ne s’opère pas seulement contre un monde ou une agression ; elle se construit également pour un avenir commun. Des expérimentations similaires se retrouvent sur chacun des territoires en lutte ou en passe de l’être : des projets agricoles ayant à cœur de revenir à l’autonomie paysanne, des lieux de vie communs où échanger et partager comme à l’Amassada de Saint-Victor-et-Melvieu, des bibliothèques comme celle du Taslu à la ZAD, communes elles-aussi… L’importance des moyens mis en œuvre pour déloger les habitants de la ZAD indique la crainte de l’État de voir son autorité remise en cause. Mais, peut-être plus encore, c’est de voir émerger un contre-pouvoir qui, au lieu de combattre frontalement, ne souhaite que rester à l’écart et prouver que ce qu’il fait est possible, qui effraie. Ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes prouve que se poser à la marge n’est pas une attitude si absurde que ça ; que c’est plutôt encourager l’inacceptable — de l’agriculture industrielle à la financiarisation de la culture, de la précarisation des travailleurs au délaissement des plus démunis — qui est inimaginable.

Notes:

1. Elisée Reclus et Pierre Kropotkine ont tous deux appliqué leur raisonnement géographique à leur anarchisme, et inversement. Le premier a écrit une Nouvelle Géographie Universelle (1876-1894) aussi bien que L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique (1902) ; le second appuie sa théorisation de l’entraide sur les observations qu’il a pu mener en Sibérie.
2. L’Institut Géographique National (IGN) est issu du Service Géographique de l’Armée (SGA) ; les colonies françaises ont servi de terrain à de nombreux géographes, constituant un courant à part entière — la géographie coloniale — dont la géographie tropicale puis du développement sont issues.
3. Voir Yvonne Verdier, Façons de dire, façons de faire, Gallimard, 1979.
4. Le géographe libertaire canadien Simon Springer revient sur cette connivence dans son ouvrage Pour une géographie anarchiste (2018) : les géographes ont d’abord été mobilisés dans des contextes belliqueux — Emmanuel De Martone a par exemple été convoqué pour la modification des frontières européennes suite à la Première Guerre mondiale — puis pour l’aménagement du territoire. Par ailleurs, si le marxisme, à la suite de David Harvey, est bien représenté dans la discipline, l’anarchisme était jusqu’à peu quasiment inexistant.
5. Voir Philippe Contamine (dir.), Guerre et concurrence entre les États européens du XIVe au XVIIIe siècle, PUF, 1998.
6. James C. Scott, Zomia ou l’art de ne pas être gouverné, Seuil, 2013, p. 9.
7. Ibid., p. 29.
8. Ibid., p. 44.
9. Ibid., p. 54.
10. Ibid., p. 61.
11. Voir Virginie Linhart, Vincenne, l’université perdue, coproduction Arte France, Agat films & Cie, 2016.
12. Le droit de propriété est défini comme droit naturel et imprescriptible dans l’article deux de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen ; la Loi du partage du 5 juin 1793 réduit la possibilité d’user de biens communaux. Tout comme le mouvement des enclosures en Angleterre, l’avènement de la propriété privée comme droit est historique, datable donc, et non naturel.
13. James C. Scott, op. cit., p. 59.
14. Elisée Reclus, L’Anarchie (1894), dans Écrits sociaux, Héros-Limite, 2012.
15. Collectif Mauvaise Troupe, Saisons – nouvelles de la zad, éditions de l’Éclat, 2017.
16. James C. Scott, op.cit., p. 47.
17. Ibid., p. 67.
18. Voir Jean-Baptiste Vidalou, Être forêts, habiter des territoires en lutte, La Découverte, 2017.
19. Pierre Clastres, Archéologie de la violence, la guerre dans les sociétés primitives, éditions de l’Aube, 2013, p. 43.
20. Gaspard d’Allens et Lucile Leclair, Les Néo-paysans, Seuil / Reporterre, 2016, p. 62.
21. Henri Mendras, La Fin des paysans, Acte Sud, 1992, p. 24.

 


Zomia Asie du Sud-Est

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Quand Hulot rime avec Monsanto

 

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37 Réponses to “Résistance politique: Pouvoir dire non et ne pas être gouvernés !… de ZAD à Zomia ?…”

  1. Là où le cauteleux Nicolas Hulot a appelé à « ne pas confondre écologie et anarchie », les habitants de la ZAD prouvent que les deux sont indissociables dans leur combat. Une fois de plus, l’anarchie souffre de son image défigurée par ceux qui ont le pouvoir de le faire depuis plus d’un siècle.
    =*=
    Oui, et sur ce point précis, me permettez-vous de rappeler ce PDF = L’Anarchie pour la jeunesse ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/09/pdflanarchiepourlajeunesse.pdf qui permet de dépasser tous les clichés utilisés sur l’Anarchie, pour discréditer ou diaboliser toutes personnes dont la pensée, la réflexion tendent seulement vers l’anarchie.

    Et dans l’idée sous tendu ici, du : mieux comprendre pour mieux agir…
    Jo

    • merci de le rappeler Jo… 😉

    • et ça aussi qu’on avait publié il y a peu… on va le mettre en hyperlien du reste…

      https://resistance71.wordpress.com/2018/03/08/quand-hulot-rime-avec-monsanto/

      • Je suis en train de le relayer, et j’avais prévu de rajouter mon analyse en appui de cet excellent article !

      • Il est à noter que les territoires ZOMIA ne sont nullement en régression, mais bien en expansion : https://mateusbernardino.files.wordpress.com/2014/04/zomia-4.jpg

        • absolument ! et l’avenir verra de plus en plus de fuites des populations contrôlées vers les zones libres qui en libéreront d’autres.c’est un des sujets abordés dans le dernier bouquin de James C Scott « Against the Grain, a Deep History of the Earliest States » (2017) dont nous traduirons de larges extraits sous peu… 😉

          • Cela démontre, comme on l’avance depuis un petit moment, que cette expérience n’est pas du bricolage comme beaucoup le prétendent (et on comprend bien pourquoi, hein ?) et pour moi cela permet de comprendre le process, l’aspect théorique de la société des sociétés, celle des associations libres et volontaires, sans/contre l’État dans sa mise en pratique, ou en œuvre et sans attendre !
            Comme avait dit Zinn, dans son message (posthume) aux pessimistes : Ce sur quoi nous choisissons d’insister dans cette histoire complexe déterminera nos vies. Si nous ne voyons que le pire, cela détruit notre capacité à entreprendre. Si nous nous rappelons ces époques et ces endroits, et il y en a tant, où les gens se sont comportés de manière si magnifique, cela énergétise, nous pousse à agir et lève au moins la possibilité de renvoyer ce monde toupie tourner dans une différente direction ; Et si nous agissons, même petitement, nous n’avons pas à attendre pour un quelconque grand futur utopique. Le futur est une infinie succession de présents et vivre maintenant de la manière dont nous pensons que les êtres humains devraient vivre, en défi [au mépris] de tout ce qui est malsain et mauvais autour de nous, est déjà en soi une merveilleuse victoire.

            Et que j’ai rappelé, il y a peu dans ce billet ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/06/05/en-partant-merci-de-ne-surtout-pas-laisser-letat-du-monde-comme-vous-lavez-trouve-en-arrivant/

            • oui Zinn avait l’art et la manière du discours de motivation. En fait, ce qu’il faut, c’est se concentrer sur le positif, aussi infime soit-il et voir en lui la graine germante d’un positif toujours plus grand. Tous les grands chênes centenaires ont d’abord été des glands…
              La société des sociétés est en germination c’est à nous de lui donner l’environnement de croissance le plus favorable qui part de l’individu dont la sphère de conscience s’étend aux autres sphères par le moyen de l’association volontaire complémentaire, source pure du pouvoir non coercitif seul capable de transformer la société humaine dans le mouvement de la transformation même de l’humain ; celui-ci maturant et sortant de son enfance politique.
              Pas à pas, jusqu’à la « super nova » de la révolution sociale.

            • Tout à fait.
              Je note juste, que certains sont restés des glands, mais le point positif, c’est qu’ils ont en eux la possibilité de se transformer en chênes…

            • Le chêne est contenu dans le gland.. tous les chênes sont contenu dans un gland, ce qui amène à la question: qui a commencé… du chêne ou du gland ?… 😉

            • Hé oui… Telle est la question qui m’en rappelle une autre, vivant aux culs des poules comme vous le savez !
              D’ailleurs, en ce moment, je vois presque chaque jour des petits canetons nés du jour, ou des petits poussins, itou ! Et c’est un spectacle qui me permet de tenir…

            • On avait repris à une époque l’expression d’Hubert Félix Thiéfaine qui disait dans une de ses chansons: « veuillez laisser l’État dans les WC dans lesquels vous l’avez trouvé en entrant… » 😉

            • Joli, je ne connaissais pas…

            • ses premiers albums étaient (et sont toujours) excellents, il a cédé au commercial par la suite à notre sens…
              Les meilleurs albums d’HFT à notre avis entre la fin des années 70 et la fin des années 80:
              « Tout corps vivant branché sur le secteur… »
              « Autorisation de délirer »
              « Dernières balises avant mutation »
              « Soleil cherche futur »
              un univers déjanté mais subtil qui faisait du bien, à l’époque et sûrement encore un peu maintenant.. par nostalgie peut-être… 😉

            • Je me suis notée les titres, et j’irais écouter ça.
              😉

            • ça devrait te plaire on pense… 😉

            • J’vous dis ça sans faute !
              Tenez, je suis infoutue de vous dire pourquoi, mais en rédigeant mon billet, hier, cette chanson de Brassens m’est revenue en mémoire : Le Roi des Cons (cette version, live est spéciale, grâce aux choristes, j’vous dis pas, vous aurez la surprise)

            • oui, pas la meilleure version mais sympa. bonne fine équipe derrière. François Béranger, merde, y a un bail !…

            • Ouais, ça nous rajeunit pas tout ça…
              Le seul encore vivant c’est Marcel Amont !
              Qui l’eut cru ?

      • J’ai rajouté le format PDF de cet article, proposé par la Revue Ballast et ai rajouté mon grain de sel, tout autour ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/06/08/pouvoir-dire-non-et-donc-refuser-detre-gouvernes-de-zad-a-zomia/

  2. […] Résistance politique : Pouvoir dire non et ne pas être gouvernés !… de ZAD à Zomia ?… […]

  3. Tenez, j’ai trouvé cette vidéo en anglais, mais on peut activer les sous-titres en français, de 15 minutes sur le livre de JCS par Francis Fukuyama qui figure dans le PDF Fragments anthropologiques pour changer l’Histoire de l’Humanité et qui donne son avis ;

  4. liberté de circulation non au pistage Says:

    mon maire veut presque faire interdire les voitures dans sa ville!
    Il a fait pister tous les GPS des voitures roulant dans sa ville pour connaitre leur destination, afin de pouvoir faire des statistiques, il déclare ainsi que 2/3 des voitures qui passent dans notre ville ne s’arrêtent pas et choisit notre ville comme intermédiaire et qu’il veut qu’une autre route soit construite pour éviter ces 2/3 de voitures de passer par sa ville. Il veut que les gens utilisent les transports collectifs, veut construire davantage de routes de transports collectifs comme les tramways. L’objectif du nouvel ordre mondial est de supprimer la liberté de circulation, en supprimant les transports individuels afin de pouvoir savoir à l’avance la destination des voyageurs, car quand vous payez un ticket à votre nom, on peut vous pister davantage, savoir quel arrêt vous descendez exactement, alors que pour les voitures, c’est plus difficile à pister.

    Bref, les maires des villes tracent déjà les voitures dans leur ville, vont mettre plus de flics et leur presser d’essayer de retirer le permis de conduire à un maximum de gens possibles, donc soit on aura le droit aux voitures autonomes intelligentes sans conducteur de Google taxis qui vous conduisent selon où Big Brother voudra vous conduire, soit les transports collectifs big brother bourrés de caméras de surveillance, de passenavigo avec puce RFID de pistage, etc….

  5. liberté de circulation non au pistage Says:

    Vous vous souvenez de Rosa Koire qui avait dénoncé que le Nouvel Ordre Mondial va se diviser en plusieurs régions, avec destruction des Etats, pour remplir l’agenda 21? http://www.rosakoire-bgm.com/index.html

    maintenant j’ai compris pourquoi le maire veut installer la 4G!
    le maire révèle dans son magazine (qui coute des millions au budget de la ville pour les distribuer à tous les habitants) qu’il veut installer la 4G et les compteurs intelligents, que la 4G est indispensable pour attirer les entreprises et les investisseurs qui ne sont attirés que vers « les terres connectés à très haut débit » pour faire fonctionner la fibre optique (donc fibre optique= 4G= cancer pour tous), et récolter toutes les données des habitants, car le système se décentralisent (là dessus, il nous dit de pas nous inquiéter pour notre vie privée, car il dit que Bruxelles a fait la loi RGPD) , chaque mairie aura un ordinateur Big Brother sur toutes les données des habitants dans les aspects de la vie, et cet ordinateur Big Brother qui doit avoir beaucoup de données, doit marcher avec la 4G, a dit le maire, et il dit que les cartes identités, passeports se feront désormais avec la 4G dans notre ville, et que sans la 4G, on aura plus rien du tout. Donc si vous n’acceptez pas de vivre dans un micro ondes géant avec des micro antennes relais cachés partout, vous donnant des cancers partout, car les micro antennes relais sont installés à proximité des fenêtres des immeubles, sur les abribus, sur les murs urbains, sur les bancs publics, sur tous les poteaux électriques, et morceaux de bétons. Donc voilà, le génocide de la population va commencer avec ces antennes relais cancérignes installés partout à l’insu de la population, récemment, les députés ont fait la loi ELAN qui permet aux opérateurs qui veulent la fin de la neutralité du net, de planter leurs antennes relais 4G cancérigènes partout sans l’autorisation des habitants.

    La 4G est donc un outil pour la préparation de l’agenda 21 qui est le lancement de la décentralisation pour permettre le maximum de stockage de données à un seul endroit, on sait que Bill Clinton avait lancé le plan de la régionalisation car ils ont peur que des hackers détruisent le serveur du nouvel ordre mondial si toutes les données sur les habitants sont au même endroit, c’est comme le système des dirigeants du NVO, il est décentralisé aussi, pour que si le serveur de Bilderberg est hacké, le serveur de la commission trilatérale peut marcher à la place, et si le serveur de la comission trilatérale est hacké, alors, ils utiliseront le serveur du CFR Council foreign relations, etc…)

  6. A propose de cons et de glands, je n’avais pas lu vos commentaires avant de publier ce matin ceci:
    https://lecirqueautourducirque.wordpress.com/2018/06/10/le-blason/
    et surtout ceci:
    https://lecirqueautourducirque.wordpress.com/2018/06/10/billet-invite/
    Amusante télépathie… tout comme ceci il y a qqs mois:
    https://lecirqueautourducirque.wordpress.com/2018/02/17/thiefaine-un-initie/
    Je trouve pour ma part que ses 2 derniers albums (« Suppléments de mensonges » et « Stratégie de l’Inespoir ») l’ont replacé ds le rayon chanson d’auteur éveillé et pas vraiment commercial (bien que les places de ses concerts soient affreusement chères! Il semble donc en effet que le gaillard ne crache pas sur un certain confort matériel. Après, comme vous et moi : il vieillit !)
    Ah oui en passant, à votre excellente liste de cinéastes qui passeront la rampe (« Chaplin, Welles, Kurosawa, Mizoguchi, Bergman, Antonioni, Fellini, De Sica, Renoir, Melville et déjà on a pratiquement fait le tour… »), vous serez certainement d’accord d’y ajouter Kubrick…
    Salut, à la prochaine.

  7. Enfin, à la prochaine ou alors je repasse tous les jours pour mettre les liens de mon super reblog, ça roule Raoul ? 😉 Et autour d’un bon verre d’eau pétillante (car chez ces gens-là on fait la diète) on refera le monde et on parlera et reparlera sans fin de Thiéfaine, de Brel, de Brassens, de Tarkovski et de tous les génies qui nous consolent d’être dans la merde.
    https://i2.wp.com/lecirqueautourducirque.files.wordpress.com/2018/04/20180417_121513.jpg?ssl=1&w=450

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