La source biblique du colonialisme occidental… (Steven Newcomb)


La doctrine chrétienne de a découverte

 

Le fondement biblique de la loi et de la politique fédérales indiennes

 

Steven Newcomb

 

Février 2018

 

url de l’article original:

http://originalfreenations.com/the-biblical-basis-of-federal-indian-law-policy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je me suis souvent demandé pourquoi les avocats de la loi fédérale indienne n’osent pas mentionner la tradition croisée des Etats-Unis contre les “païens et les infidèles” et les nommer comme étant les nations natives nord-américaines. La nation Shoshone défie directement cette tradition devant un tribunal et le congrès des Etats-Unis. Leur défi met en lumière cet étrange et surprenant fait, celui qui établit que la loi fédérale indienne et fondée sur un préjugé religieux.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, les définitions courantes fédérales du titre de propriété et de nation indiens trouvent leur fondement dans la tradition de l’ancien testament (bible). Cette tradition est fondée sur l’idée d’un “peuple élu” possédant un traité, un accord avec leur déité afin de prendre en charge et de coloniser certaines terres que cette déité leur a promis, dans ce cas précis: la terre native et ancestrale indienne.

L’histoire et le narratif historique des Etats-Unis sont remplis d’exemples de cette tradition croisée qui est profondément enracinée dans l’ancien testament de la bible. Même Thomas Jefferson, pourtant connu pour son soutien à la séparation de l’église et de l’État, proposa que le sceau officiel du pays représente les Israélites en exode vers la “terre promise”, guidés par des nuages et du feu.

En 1987, le président R. Reagan fit un discours à l’Independance Hall de Philadelphie pour commémorer le 200ème anniversaire de la constitution des Etats-Unis. La constitution a dit Reagan, n’est pas un document ordinaire mais “un pacte avec l’être suprême que nos pères fondateurs appelaient constamment pour son assistance”.

D’après le livre: “A Covenanted People: The Religious Origins of American Constitutionalism”, publié la même année que le discours de Reagan, depuis que les pèlerins établirent la colonie du Massachussetts (NdT: les puritains anglais, eux-mêmes échappant les persécutions de Cromwell pour mieux persécuter les autres peuples sur de nouvelles terres qu’il volèrent… au nom de dieu, on connaît la suite), “les Américains ont cru qu’ils sont le peuple choisi, élu par dieu pour remplir une mission spéciale”, prendre et coloniser la “terre promise” de l’Amérique du Nord. Le président Reagan a expliqué plus avant la tradition du pacte des Etats-Unis dans son discours lorsqu’il cita George Washington et sa référence à la “main invisible” qui conduit les affaires humaines. “chaque pas que les Américains ont fait vers leur statut de nation indépendante, a dit Washington, semble avoir été guidé par la divine providence.”

Lorsque Washington a fait cette déclaration, a dit Reagan, il pensait sans aucun doute “à la grande et bonne fortune de cette jeune terre: le continent abondant et fertile qui nous fut donné,” Bien sûr la déclaration de Reagan contient la croyance en un pacte divin par lequel dieu donna la terre indienne du continent en héritage aux Etats-Unis.

Reagan aurait pu citer une autre déclaration de Washington. On la trouve dans une lettre adressée à David Humphrey et concernant les terres indiennes du nord et de l’ouest de la rivière Ohio, le vieux territoire du nord-ouest. Washington écrivit: “Plutôt que de se quereller au sujet du territoire, laissons les pauvres, ceux dans le besoin et les opprimés de la terre et ceux qui veulent la terre, se résoudre aux plaines fertiles de notre pays de l’ouest, la seconde terre promise, et laissons les vaquer en paix dans l’accomplissement de premier et grand commandement de la bible.”

Ce premier et grand commandement auquel se référait Washington était le psaume1:28 de la Génèse:Croissez et multipliez, renflouez la terre et subjuguez la et dominez les poissons de la mer et la volaille de l’air et les êtres vivants qui bougent sur la terre.

Deux mots-clef dans ce “premier commandement” sont “subjuguer” et “dominer”. en hébreu, subjuguer veut dire “piétiner” ou “faire prisonnier” et colporte l’image d’un conquérant plaçant son pied sur le cou du conquis. Cela veut aussi dire “violer”. Un mot hébreu pour dominer vient d’un mot qui veut dire “piétiner” ou “presser”.

“Subjuguer” et “dominer” dans le “premier grand commandement” de la bible connote: “pouvoir sans restriction, dominium absolu, seigneurie, tyrannie, despotisme”. Un pouvoir politique acquis de la propriété privée, de dominium, est égal à la domination, dit William Brandon dans son livre “New Worlds for Old” (1987).

En 1823,  en rendant compte du verdict de la cour suprême des Etats-Unis dans l’affaire Johnson contre M’intosh, le juge de la CS John Marshall a dit que les nations de la chrétienté affirmaient avoir “l’ultime dominion” sur les terres “découvertes” qui étaient occupées par “des indigènes qui étaient païens”. Se basant sur l’éthymologie ci-dessus, la mention par la CS de l’”ultime dominion” était sa façon de dire que le “premier peuple chrétien” à découvrir “des terres païennes” s’est donné un pouvoir politique absolu sur le continent car fondé sur leur affirmation d’un droit absolu de propriété, qui est un droit affirmé de domination.

En d’autres termes, les “découvreurs” chrétiens se sont donnés le pouvoir de dominium et de souveraineté, ou un droit de domination sur les terres indiennes. Le terme légal actuel plus sympathique à l’oreille pour cette idée ancrée dans la religion et fondamentalement raciste est l’exercice du “pouvoir plénier”.

Dans le film “To Protect Mother Earth,” de 1989 réalisé par Joel L. Freedman au sujet du peuple natif Shoshone, le réalisateur a un entretien avec un assistant procureur fédéral qui lui dit: “Le titre [de propriété] indien n’est pas un titre comme on l’entend habituellement. C’est un titre d’occupation des sols dans le sens de vivre de la terre dans la zone impartie et établi comme étant entre les tribus indiennes mais en aucun cas entre les tribus indiennes et les Etats-Unis.

La logique derrière l’argument que le titre indien n’est qu’un titre de déplacement et d’occupation des sols et non pas un titre plein de propriété de la terre, n’est pas valide contre les Etats-Unis, elle est celle qui dit que le supposé droit de domination de la chrétienté est fondé sur le livre de la Génèse 1:28: “je vous donne les païens en héritage et la grande partie de la terre pour être votre possession.”

Un héritage est une forme de propriété. Ainsi dans les psaumes 2:8 on trouve l’idée biblique du “peuple élu” ayant le droit divin de posséder les nations “païennes” et leurs peuples en propriété héritée, avec le mandat divin de saisir et de posséder toutes les terres de la terre en tant que “terres promises” ou dans ce cas précis des Etats-Unis, les terres indiennes de toute l’Amérique du Nord.

La lutte actuelle des Shoshone pour garder leur terre ancestrale est peut-être l’exemple moderne le plus visible pour voir comment la tradition de l’ancien testament continue de fonctionner comme une couverture du pouvoir des Etats-Unis. La lutte des Shoshone est très symbolique de ce que les nations indiennes ont dû endurer et continueront à endurer aussi longtemps que la tradition de pacte de l’ancien testament raciste demeure intégrée et vivace dans la “loi” et la politique des Etats-Unis.

Bien que ces arguments archaïques soient intellectuellement nuls et non avenus et moralement indéfendables, ils continuent de servir comme prétexte caché et comme rationalisation des politiques de conquêtes des Etats-Unis. Ce que de tels arguments ignorent est notre existence propre en tant que nations complètement distinctes et indépendantes depuis des milliers et des milliers d’années, sur nos propres terres ancestrales et notre droit inhérent d’être libres tout comme nos ancêtres l’étaient.

Lectures complémentaires:

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

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La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

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14 Réponses to “La source biblique du colonialisme occidental… (Steven Newcomb)”

  1. Quelle sublime réflexion, encore une fois de S. Newcomb…
    Quelle profondeur.
    Je le relaierai demain dans mon style, mais il m’a aussi remis en mémoire la citation de Doubleiou en 2003 :

    « Les Américains sont un peuple libre qui sait que la liberté est le droit de chaque personne, l’avenir de chaque nation.
    La liberté que nous chérissons n’est pas un don de l’Amérique au monde ;
    C’est le cadeau que Dieu fait à l’humanité ! »
    Discours de Georges W. Bush en juillet 2003

    Et ce Newcomb là, répond au Newcomb de juillet 2017 ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/07/24/interdire-un-droit-paien-de-domination-par-steven-newcomb-analyse-jbl/

    En tout point, notamment sur le PLAN qui depuis toujours, est dévoilé, là, sous nos yeux. Newcomb en décodant la doctrine chrétienne de la découverte, vient de cracker le code secret de la domination mise en œuvre par les croyants de tout poils et la réactivation du Plan avec la théorie de la dévolution que professent les Créationnistes dont les disciples et ardents défenseurs sont placés à des points les plus stratégiques (voir Kabbalistiques) comme les Bush (De Prescott à Junior) et dans l’administration Trump avec Pence en tête mais Pruitt, Puzder, Bannon, et en France avec l’avènement du demi-dieu autoproclamé ; Jupiter 1er.

    Parce qu’il n’y a pas de hasard, enfin je ne crois pas…

    • SN est un de ceux qui ont été à la racine profonde de toute l’affaire et surtout, qui garde le cap et ne se laisse pas pervertir. Il est l’antithèse des « grands chefs » dont parle K. dans le dernier billet de MNN que nous avons traduit et publié. Il est dans l’esprit de Crazy Horse et son « Little Big Horn » est dans les archives et les textes. 😉

      • Absolument, c’est exactement ça qui m’est venu à l’esprit en le lisant…
        J’ai toujours eu le sentiment, que grâce à lui et en décodant la doctrine chrétienne de la découverte, il nous avait permis de cracker le code secret de la domination.
        Et pour nous permettre de faire péter les verrous et ouvrir en grand le portail…

    • c’est toujours un très grand plaisir pour nous de traduire Newcomb, depuis toutes ces années, c’est parce que des gens comme lui gardent le cap que nous pouvons également le garder sans se laisser divertir par la fange ambiante.

  2. […] La source biblique du colonialisme occidental… (Steven Newcomb) […]

  3. Ce plaisir à lire SN est non seulement partagé, mais il m’aura permis de faire la connexion justement avec K de MNN, mais surtout avec Ezzat comme je vous l’avais dit il y a 2 ans et ce qui m’aura poussé à réaliser le PDF de toutes les publications en français d’AE et de continuer de le faire évoluer, car c’est le seul PDF que je tiens régulièrement à jour.

    C’est pourquoi j’ai jeté des passerelles entre nous, tous ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/04/28/la-source-biblique-du-colonialisme-occidental-par-steven-newcomb/ et dans l’espoir d’impulsée la poussée primordial et d’enclencher ce nouveau paradigme en lien avec les Natifs de tous les continents, ICI et MAINTENANT et d’où nous sommes.

    Commençons dès maintenant à vaincre l’inertie de départ et sans attendre, parce que c’est tout vu !
    Jo

  4. apesanteur Says:

    question: l’ancien testament a été écrit quand? Avant ou Après JC?
    Quelle différence avec la Torah du temps de Jésus?
    Pourquoi certains disent que l’ancien testament et la torah sont différents?

    Est-ce pour cela que Jésus a été tué, parce qu’il disait tendez la joue droite quand on vous frappe la joue gauche, alors que l’ancien testament prône la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent)?

  5. apesanteur Says:

    Tiens vous posez la même question que le journal Slate
    https://www.slate.fr/story/104227/cinq-raisons-jesus-jamais-existe

    En tout cas il y a bien une preuve que quelqu’un s’appelait Christ à l’époque donnée de Jésus Christ, puisque le tombeau de Jacques indique, en langue araméenne  » Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus ». source 1min53 https://youtu.be/4ycE8Qf8_i8

    L’israélien qui avait cela, avait été arrêté immédiatement par la police israélienne pour recèlement d’objets précieux sans autorisation. On l’a attaqué en justice, et il s’est défendu en disant qu’il ne savait pas que c’était un ossuaire précieux.

    • Non, il n’y a pas de preuves historiques de l’existence de JC tel qu’il a été présenté.
      Y a t’il des traces d’archives de l’état romain du procès et de la condamnation de JC à l’époque dite sous Ponce Pilate ?

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