Archive pour 5 février 2018

Vision politique: marxistes… « Take a walk on the wild side »…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 5 février 2018 by Résistance 71

« Candy came from out on the Island
In the back room she was everybody’s darling
But she never lost her head
Even when she was giving head
She says, « Hey, babe,
Take a walk on the wild side. »
Said, « Hey, babe,
Take a walk on the wild side. »
And the colored girls go
« Doo do doo do doo do do doo… »
(Walk on the Wild Side)
~ Lou Reed, Transformer, 1972 ~

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Le plus extraordinaire, c’est que ce que dit Ortiz dans cet article est ce que disent les anarchistes depuis toujours… Depuis le grand débat entre Bakounine et Marx lors de la première internationale (AIT), les anarchistes expliquent en long en large et en travers que le marxisme n’est qu’un capitalisme d’état, que Marx soi-même était un social-démocrate qui pensait faire arriver le “parti d’avant-garde” du prolétariat au pouvoir par les urnes… Dans la première section du “Manifeste du Parti Communiste”, K. Marx, F. Engels, 1848, les auteurs disent ceci: “Cette organisation des prolétaires en une classe et conséquemment en un parti politique [le parti communiste] est toujours empêché par la concurrence entre les travailleurs eux-mêmes. Mais elle resurgit toujours plus forte, plus ferme, plus puissante. Elle force une reconnaissance législative des intérêts particuliers des travailleurs en prenant avantage de la division au sein de la bourgeoisie elle-même. C’est ainsi que la loi sur les 10 heures fut passée en Angleterre…

Dans la section 2 ils disent ceci en parlant des mesures à prendre pour le prolétariat une fois sa suprématie politique achevée: “Ces mesures seront bien sûr différentes selon les pays, mais néanmoins dans les pays les plus avancés, ce qui suit sera généralement applicable: [s’en suit ici une liste de 10 points voici ce qui est dit en points 5, 6 et 7…]

5. Centralisation du crédit dans les mains de l’État au moyen d’une banque nationale avec un capital d’État et un monopole exclusif.

6. Centralisation des moyens de communication et des transports aux mains de l’État

7. Extension des usines et des instruments de production propriété de l’État…

Ainsi la “révolution prolétarienne” ne serait qu’un réformisme faisant passer l’État, ses mécanismes et ses institutions de mains d’oppresseurs à de nouvelles mains d’oppresseurs par le truchement de la dictature du “partie d’avant-garde” et de sa nomenclature à terme forcément corrompue si elle ne l’est pas dès le départ.

Certes les deux compères ont pondu une litanie de préfaces aux éditions suivantes de leur manifeste les adaptant aux circonstances historiques, mais ils n’ont jamais corrigé une ligne du texte per se ; Engels y allant même de ses propres préfaces après la mort de Marx. De fait Marx et Engels n’ont jamais résolu la contradiction de deux concepts qu’ils portaient dans leur idéologie: celui de la Commune révolutionnaire et celui fondé sur le suffrage universel… L’ont-ils seulement voulu ? Savaient-ils même que cette contradiction existait dans leur raisonnement ?…

Engels dans une lettre à Kaustsky datée du 29 juin 1891 sur la critique du programme d’Erfurt dit ceci concernant des “points délicats, mais essentiels”: “premièrement, une chose absolument certaine, c’est que notre Parti de la Classe Ouvrière ne peut arriver à la domination que sous la forme de la république démocratique. Cette dernière est même la forme spécifique de la dictature du prolétariat, comme l’a déjà démontré la grande révolution française. […] Deuxièmement: […] A mon avis, le prolétariat ne peut utiliser que la forme de la république une et indivisible. […] Ainsi donc, république unitaire. […] Comment organiser cette autonomie et comment on peut se passer de la bureaucratie, c’est ce que nous ont démontré l’Amérique et la première république française. (sic)…
Ne sont-ils pas beaux les “révolutionnaires” anti-bourgeois ?…

Une question à poser aux marxistes “repentis” est la suivante: pourquoi ne pas admettre l’Idée anarchiste qui prône les associations libres depuis le départ puisqu’elle correspond à ce en quoi ils tendent à penser aujourd’hui en essayant de le dire différemment et en essayant de vendre la salade de Marx et Engels ?

L’État et la fonction économique capitaliste qui l’a phagocyté depuis la première révolution industrielle sont des cellules politico-sociales cancéreuses en phase métastatique et doivent être éradiquées dans un changement radical qui amènera la société des sociétés où la complémentarité remplacera les antagonismes induits nourrissant la division initiale de la société humaine.

Qu’on en finisse avec Marx et la pseudo-révolution ! Qu’on en vienne à la société des sociétés qui aplatira la pyramide de la domination en rediluant le pouvoir dans le peuple, là où il est particulièrement et naturellement soluble.

~ Résistance 71 ~

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Le communisme ou la barbarie, Rosa Luxembourg déjà nous mettait en garde

 

Jean Ortiz

 

1er février 2018

 

url de l’article orignal:

https://www.legrandsoir.info/le-communisme-ou-la-barbarie-rosa-luxembourg-deja-nous-mettait-en-garde.html

 

Depuis, l’idée communiste a pris du plomb dans l’aile. Les sondages en témoignent. Faut-il pour autant céder à l’air du temps, militer en fonction des sondages ?

Le capitalisme fait montre quotidiennement de sa dangerosité, de son obsolescence, même s’il peut durer encore très longtemps. La crise majeure du système permet de vérifier la pertinence des idées de Marx, de décrypter la nouvelle phase de la mondialisation financière, les dégâts de la « sacro-sainte » loi du marché, du capitalisme mondialisé, qui porte les logiques de rentabilité à un niveau inouï. Le partage de la valeur ajoutée entre travail et capital devient de plus en plus vertigineusement inégal. Le système s’avère incapable de répondre aux besoins fondamentaux de l’humanité ; ce n’est d’ailleurs pas son objectif. Il a affaibli, brisé les liens sociaux, brouillé tous les repères, transformé la société en jungle, plongé l’humanité dans un gouffre abyssal…

Si la crise est systémique, elle ne peut donc que s’aggraver. Elle exige de nous, communistes, de mettre en œuvre un processus vers une autre organisation sociale, de caractériser les changements structurels majeurs que nous souhaitons, de donner un contenu nouveau à l’hypothèse communiste. Il convient de dire ce à quoi nous aspirons : la révolution communiste, même si cela est à contre-courant du quasi consensus « libéral » d’aujourd’hui. Ne pas lâcher sur les mots ni sur leurs contenus peut permettre de reconquérir une partie de ceux qui ont renoncé à la conscience et au combat politiques de classe et qui subissent ; ce, sans aucune nostalgie anachronique de ce qui a échoué, mais en réfléchissant à un communisme d’aujourd’hui. Il faut oser dire où nous voulons aller, sans peur des caricatures anti-communistes, persiflées et matraquées par les uns et des autres (le communisme serait par nature criminel…) ; s’il nous faut renouveler les questionnements, on ne saurait renoncer à des marqueurs idéologiques identitaires, aux valeurs communistes originelles, à un mouvement de fond, et permanent, vers une autre organisation sociale, plus horizontale, plus autogérée, plus humaine, pleinement démocratique, plus appuyée sur l’appropriation sociale des secteurs clés, les « communs », la socialisation du pouvoir, et sur une intervention constante (des salariés, des usagers…), un contrôle à tous les niveaux exercé d’en bas par les travailleurs et les citoyens.

L’idée communiste n’est pas invalidée par l’échec du « communisme d’Etat », où le Parti se substituait au peuple et finissait par coloniser l’Etat ; l’autoritarisme, perversion du communisme, n’était pas dans la nature du projet révolutionnaire. Nous, militants, avons trop souvent confondu le commun et la collectivisation. Le communisme reste une grande utopie concrète qui porte une critique radicale du capitalisme, et ouvre la possibilité, révèle la nécessité, de son dépassement. En cette année anniversaire de mai 1968 -j’avais alors 20 ans, et j’étais écartelé par la difficulté extrême de l’essentiel : la convergence, les actions communes entre la classe ouvrière et les étudiants-, en cette année anniversaire de mai 1968, il serait aussi incompréhensible que suicidaire de lâcher l’horizon communiste. Commémorer mai 1968, c’est aussi partir de l’idée communiste pour construire une alternative de rupture avec le capitalisme, c’est également travailler à l’insurrection la plus belle, celle des consciences. La révolution à laquelle je crois encore et toujours peut ouvrir la voie au communisme. Encore et toujours. Serais-je un archaïque qui a de l’avenir ?

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Lectures connexes:

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Manifeste de la societe des societes

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Errico_Malatesta_écrits_choisis

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

Appel au Socialisme (PDF)

Contre le marxisme et pour la société anarchiste (G. Landauer)

Les marxistes et leur anthropologie (Pierre Clastres)

 

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