Analyse politique: révolution sociale, mal français et mièvrerie postmoderne…

Et dire qu’il faille se référer au Mexique et à la réflexion d’anarchistes mexicains pour lire/entendre une telle analyse en dit long sur l’échec de la conscience politique par chez nous. Il est vrai que l’environnement hispanisant (également par voie coloniale…) a maintenu dans le réel les voies de la révolution sociale. Les milieux anarchistes français en sont devenus bien malheureusement incapables. L’analyse ici faite de la décomposition totale du concept de révolution sociale dans la mièvrerie dite “postmoderne” est au scalpel.

Une chose à ajouter à ce qui suit: le monde universitaire est en très grande partie sous contrôle de l’oligarchie marchande, nous devons donc considérer le fait que tout cet ersatz de « pensée philosophique » produite n’est en aucun cas le fait du hasard mais une commande de dilution évanescente de l’esprit révolutionnaire. Il est grand temps de revenir à la réalité des choses et d’arrêter l’enfumage…

~ Résistance 71 ~

Lectures connexes:

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L’anarchie pour la jeunesse

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Appel au Socialisme (PDF)

 

Vent debout contre le mal français

 

Miquel Amoros

 

7 janvier 2018

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Vent-debout-contre-le-mal-francais

Critique de la philosophie postmoderne et de ses effets sur la pensée critique et sur la pratique révolutionnaire

Le recul théorique causé par la disparition de l’ancien mouvement ouvrier a permis l’hégémonie d’une philosophie surprenante, la première qui ne se fonde pas sur l’amour de la vérité, objet primordial du savoir. La pensée faible (ou philosophie de la postmodernité) relativise ce concept, qu’elle fait dériver d’un mélange de conventions, de pratiques et de coutumes instables dans le temps, quelque chose de « construit », et, par conséquent, d’artificiel, sans aucun fondement. Et dans la foulée, toute idée rationnelle de réalité, de nature, d’éthique, de langage, de culture, de mémoire, etc. De plus, certaines autorités du petit monde postmoderne n’ont pas manqué de qualifier certaines d’entre elles de « fascistes ». Finalement en récupérant Nietzsche, il n’y a donc plus de la vérité, mais seulement de l’interprétation. En vérité, une telle démolition systématique d’une pensée qui naît avec les Lumières et réclame la constitution de la liberté — qui donnera naissance, plus tard, avec l’apparition de la lutte de classes moderne, à la critique sociale et aux idéologies révolutionnaires — par ceux qui plutôt que de se baigner dans l’eau claire de l’authenticité préfèrent se vautrer dans la boue de l’imposture, principalement les professeurs et les étudiants, a toute les apparences d’une démystification radicale menée à bien par de véritables penseurs incendiaires, dont la finalité ne serait rien d’autre que le chaos libérateur de l’individualité exacerbée, la prolifération d’identités et l’abrogation de toute norme de conduite commune. Au lendemain d’une telle orgie de déconstruction, aucune valeur ni aucun concept universel ne tiendrait plus debout : être, raison, justice, égalité, solidarité, communauté, humanité, révolution, émancipation… seront tous qualifiés d’« essentialistes », c’est-à-dire d’abominations « pro-natura ». Cependant, l’extrémisme négateur des postphilosophes manifeste sur un plan spirituel des coïncidences suspectes avec le capitalisme actuel. Ce radicalisme d’une haute intensité contraste non seulement avec la vie et les choix politiques de ses auteurs, très académiques pour les uns, et conventionnels pour les autres, mais en outre épouse parfaitement la phase en cours de globalisation capitaliste, caractérisée par la colonisation technologique, le présent perpétuel, l’anomie et le spectacle. C’est un complément pour lequel tout est facilité. Personne ne les dérangera dans leurs chaires universitaires. Grâce à la priorité accordée par la domination à la connaissance instrumentale, et par conséquent grâce à la faible importance que la mentalité dominante concède aux « humanités », ont pu surgir sans entraves des bulles philosophiques pseudo-transgressives et toutes sortes de prouesses spéculatives totalement étrangères à la réalité environnante, créant une contrefaçon tourbillonnante de la pensée critique moderne, qui aime être accompagnée d’un vaste bruit médiatique.

Les louanges postmodernes à la transgression normative correspondent d’une certaine manière à la disparition de la sociabilité dans les agglomérations urbaines. En accord avec la nouvelle faiblesse en matière philosophique, rien n’est original, tout est construit, et donc tout repose sur du sable. L’économie politique, les classes, l’histoire, le tissu social, l’opinion… tout. Alors, s’il n’y a pas de relation sociale qui vaille, pas de véritable libération collective, pas de dialectique, pas de critère définitif à prendre en compte à cet égard, quelle est la signification des normes, des moyens et des fins ? On part de rien pour arriver nulle part. Nihilisme en harmonie avec les marchés puisque pour ceux-ci, ce qui n’a pas de valeur économique est négligeable. Il ne faut pas non plus s’étonner que l’éloge de la déshumanisation et le chaos typique des déconstructeurs aillent de pair avec l’apologie de la technique. La pensée faible, entre autres, célèbre l’hybridation de l’homme avec la machine. La nature mécanique, libre de constructions, ne serait-elle pas supérieure à une nature humaine, esclave des lois naturelles ? Le nihilisme inhérent à la logique mécanique reflète et répond à l’abolition de l’histoire, à la suppression de l’authenticité, à la liquidation des classes et à la consécration de l’individualité narcissique ; c’est donc un produit de la culture du capitalisme tardif — si on peut encore appeler ça de la culture — et sa fonction ne serait autre que l’adaptation idéologique au monde de la marchandise tel qu’il est devenu. La philosophie postmoderne est par rapport à l’existant une philosophie de légitimation.

Ce qui était né comme une réaction à la révolte de Mai 68, « dans les bas-fonds de l’Esprit du temps » (Debord), a été reçu dans les universités américaines comme un paradigme de la profondeur critique, et de là, la French Theory a rayonné dans tous les laboratoires pensants de la société capitaliste, descendant dans les ghettos de jeunes sous forme de mode intellectuelle transgressive. Compte tenu de leur caractère ambivalent et malléable, les syllogismes liquides de la postmodernité ont rempli la caisse à outils de toute espèce d’idéologues du vide, des citoyennistes les plus caméléonesques aux anarchistes les plus à la page. Même un nouveau type d’anarchisme, né de la faillite des valeurs bourgeoises historiques, centré sur l’affirmation subjectiviste, l’activisme sans objet ni projet et le manque de mémoire, remplace dans la majorité des espaces l’ancien, fils de la raison, issu de la lutte de classes, bâtisseur d’une éthique universelle et dont le travail révolutionnaire a été fortement ancré dans l’histoire. Dans la French Theory, ou plutôt dans le morbus gallicus, dont le post-anarchisme est l’enfant bâtard, les références ne comptent pas ; elles révèlent la nostalgie du passé, quelque chose de très condamnable aux yeux d’un déconstructionniste. La question sociale se dissout en une multitude de questions identitaires : des questions de genre, de sexe, d’âge, de religion, de race, de culture, de nation, d’espèce, de santé, d’alimentation, etc., qui sont au centre du débat et donnent lieu à un singulier politiquement correct qui se traduit par une orthographe torturée et un discours bourré de saillies et d’embrouillaminis grammaticaux. Une collection d’identités fluctuantes remplace le sujet historique, le peuple, le collectif social ou la classe. Son affirmation absolutiste ignore la critique de l’exploitation et de l’aliénation et, par conséquent, un jeu « intersectionnel » de minorités opprimées supplante la résistance collective au pouvoir établi. La libération proviendra d’une transgression ludique des règles qui entravent ces identités et oppriment ces minorités, et non d’une « alternative » globale ou d’un projet révolutionnaire de changement social, sans doute considéré comme totalitaire, car une fois « constitué » il engendrerait de nouvelles règles, plus de pouvoir et donc plus d’oppression. Le communisme libertaire, de ce point de vue, ne serait que l’incarnation d’une dictature. L’analyse critique et l’anticapitalisme lui-même, grâce à l’annulation de toute référence historique, font place au questionnement de la normativité, à la contorsion de la langue et à l’obsession de la différence, du multiculturalisme et de la singularité. On ne peut en discuter la cohérence puisque la catégorie de la contradiction a été reléguée dans l’oubli tout comme celles d’aliénation, de dépassement ou de totalité. Construire ou déconstruire, voilà la question.

Sans aucun doute, le prolétariat n’a pas « réalisé » la philosophie, comme Marx, Korsch ou l’Internationale situationniste le souhaitaient, c’est-à-dire qu’il n’a pas accompli ses aspirations de liberté et aujourd’hui nous en payons les conséquences. Il est vrai que, dans le développement de la lutte des classes, s’est manifestée une pensée critique qui plaçait la classe ouvrière au centre de la réalité historique, et qui fut qualifiée de marxiste, d’anarchiste ou simplement de socialiste. En fait, il s’agissait de capturer la réalité le plus fidèlement possible, en tant que totalité qui se développe dans l’histoire, afin d’élaborer des stratégies pour vaincre l’ennemi de classe. La victoire finale devait être inscrite dans l’histoire elle-même. Néanmoins, les attaques prolétariennes contre la société de classe n’ont pas abouti. Et tandis que le capitalisme surmontait ses crises, les contradictions dévoraient les postulats d’une telle pensée et de nouvelles formulations étaient nécessaires. Les contributions étaient multiples et il n’est pas nécessaire de les énumérer. Ce qui les caractériserait toutes serait la clarté ajoutée dans la perspective du combat libérateur, mais plongée dans un contexte de régression, puis progressivement éloigné de la pratique. Toutefois, sa lecture a renforcé la conviction qu’une société libre était possible, que la lutte était utile à quelque chose et qu’il ne fallait jamais baisser les bras, que la solidarité entre résistances nous rendait meilleurs et que la formation nous rendait lucides… La lutte des minorités, loin de démanteler la critique sociale, contribuait à l’enrichir. Loin d’être secondaires, les questions d’identité sont devenues de plus en plus importantes à mesure que le capitalisme pénétrait dans la vie quotidienne et détruisait les structures traditionnelles. Elles dénonçaient des aspects de l’exploitation jusqu’alors peu pris en considération. Dans un premier temps, l’universalité et l’identité convergeaient ; on ne concevait pas de solution à la ségrégation raciale, à la discrimination sexuelle, au patriarcat, etc., séparément, mais en vue d’une transformation révolutionnaire globale. Personne ne pouvait imaginer souhaitable un racisme noir, une société d’amazones, un capitalisme gay ou un état d’exception végétarien. La révolution sociale était le seul endroit où toutes les questions pouvaient vraiment être soulevées et résolues. Au-delà, il ne restait plus que la spécialisation élitiste, le sectarisme du « milieu », le narcissisme activiste et le stéréotype militant. C’était la voie ouverte par les postmodernes.

La pensée faible exploitait également le filon de la crise idéologique, en récupérant les auteurs et les idées, mais avec des effets et des conclusions opposés. Une fois que le sujet révolutionnaire a été neutralisé dans la pratique, il fallait le supprimer dans la théorie, de sorte que les luttes resteraient isolées, marginales et incompréhensibles, enveloppées dans un verbiage crétinisant et autoréférentiel adapté seulement aux initiés. Ce fut la tâche de la French Theory. Une escalade démarrait dans la confusion sophistiquée et cryptique qui consacrait, comme mages privilégiés, la caste intellectuelle et comme peuple élu, les disciples, principalement universitaires. Le mal français a été la première philosophie irrationaliste liée au mode de vie des fonctionnaires, relativement rétribuée et à juste titre : sa révision de la critique sociale du pouvoir et la contestation de l’idée révolutionnaire ont rendu de magnifiques services à la cause de la domination. La notion de pouvoir comme un éther omniprésent qui s’étend à tout condamne toute pratique collective à la poursuite d’un idéal en ce qu’elle est vue comme le renouvellement ou la reconstruction du pouvoir lui-même, une sorte de poisson qui se mord la queue. Le pouvoir n’est apparemment pas incarné dans l’État, le Capital ou les Marchés comme lorsque le prolétariat était la classe potentiellement révolutionnaire. Le pouvoir maintenant nous le sommes tous ; c’est le tout. La révolution serait ainsi redéfinie comme leurre du pouvoir afin de se refaire, dans des cas extrêmes, à partir de nouvelles valeurs et normes aussi arbitraires que celles qu’elle-même reléguerait. Le discrédit de la révolution sociale est plus utile pour le pouvoir réel en temps de crise, parce qu’une opposition subversive organisée qui tente de se former (un sujet social qui tente de se constituer) sera immédiatement dénoncée comme un pouvoir d’exclusion. Bref, un mauvais « récit de la modernité » — en terminologie lyotardienne — tout comme celui de la lutte des classes. Le rejet de la notion de classe laisse aussi apparaître involontairement une haine de classe, héritage de la domination passée active dans l’imaginaire post-rationnel. En bref, on abandonne toute velléité communiste révolutionnaire pour la transmigration de genres, le polyamour, la transversalité et le régime vegan. Les problèmes individuels résolus de cette manière, le chemin est alors dégagé pour une opposition collaborative et participative, prêt à entrer dans le jeu et bien sûr à voter, à occuper des espaces de pouvoir et à gérer en son sein l’ordre actuel avec un discours radicalement identitaire donc politiquement très correct, et par ricochet, un discours hypercitoyenniste qui fait rage non seulement dans la nouvelle gauche, mais également dans la gauche intégrée de toujours.

La situation de la critique, en proie au mal français, est donc affligeante, aussi affligeante que la vie dans le monde occidental et urbain ravagée par le capitalisme. C’est la fin de la raison, la fermeture spirituelle d’un monde suranné où la résistance au pouvoir était possible, l’évaporation de la conscience de classe historique, l’apothéose de la relativité, le triomphe absolu du bluff, le règne accompli du spectacle… On pourra appeler ce phénomène comme on veut, mais c’est surtout l’effet intellectuel de la défaite historique du prolétariat au cours des années 1970 et 1980, et, par conséquent, de la disparition de deux ou trois générations entières de combattants sociaux et de l’incapacité de ces derniers à transmettre leurs expériences et leurs connaissances aux nouvelles générations, les livrant à la psychose postmoderne et son jargon inintelligible. Il existe une ligne de rupture générationnelle très claire qui coïncide plus ou moins avec l’apparition du « milieu » ou ghetto de la jeunesse à la fin des années 1980 et une relation de celui-ci avec les processus de gentrification des centres urbains ; finalement, on peut établir avec évidence, une relation entre l’extension de la maladie postmoderne et le développement des nouvelles classes moyennes. L’effondrement du mouvement social révolutionnaire et la catastrophe théorique sont deux aspects du même désastre, et donc du double triomphe, pratique et idéologique, de la domination capitaliste, patriarcale et étatique. Malgré tout, la débâcle n’est jamais définitive, car les antagonismes prolifèrent beaucoup plus que les identités, et la volonté de se libérer en commun est plus forte que le désir narcissique de se démarquer. Dix minutes de pathétique gloire virtuelle sont des gouttes d’eau dans l’océan troublé de la « conflictivité » permanente.

La lutte des classes réapparaît dans la critique du monde de la technologie et dans la défense du territoire, dans les projets communautaires de sortie du capitalisme et dans les luttes que mènent les classes paysannes contre l’agriculture industrielle et la marchandisation de la vie. Probablement, dans les pays turbo-capitalistes, ces conflits ne parviennent pas à échapper aux approches « intersectionnelles », aux traitements « de genre » et autres réductionnismes identitaires, parfaitement compatibles avec une casuistique réformiste issue de « l’économie sociale », mais partout où cristallise un véritable front de lutte, de telles bagatelles tourneront en rond et seront consumées par le feu de l’universalité.

Discussions sur « anarchisme et postmodernité »,

14 novembre 2017, Centro Social Ruptura, Guadalajara (Jalisco),

et 25 novembre 2017, Biblioteca Social Reconstruir, ville de Mexico

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12 Réponses to “Analyse politique: révolution sociale, mal français et mièvrerie postmoderne…”

  1. Bonjour,

    Lire de la théorie philosophique est un travail parfois (souvent !) ardu et pas donné à tout le monde. C’est donc un canal bien trop étroit pour agir sur la masse. Il faut nécessairement des relais secondaires et je pense qu’ils ne peut s’agir au final que des artistes qui investissent et modèlent le champ d’une culture popularisée par les forces systémiques y ayant intérêt.

    Savez-vous s’il existe une production littéraire qui reflèterait ce « mal français » decrit dans l’article ci-dessus ou qui puisse en être considérée comme le pur produit ?

    Inversement, auriez-vous une idée sur ce que serait, ce que deviendrait, selon vous, la littérature (le cinéma, la musique…) dans la société des sociétés que vous appelez de vos voeux ? Des prototypes d’œuvres qui pourraient se déployer dans un tel système existeraient-ils (au Mexique, oui, j’imagine ?).
    L’imagination est plus forte que la volonté, si l’on en croit le bon Dr pharmacien Coué, c’est donc un axe à ne pas négliger par qui veut faire évoluer la réalité.

    Bien à vous,

    • Nous sommes bien d’accord… L’art est une voie de passage et de transmission… pourvu qu’il soit déconnecté des diktats de la division politique et du marchand. N’y a t’il pas en effet de « l’artistiquement correct » comme il y a du « politiquement correct » ?… 😉
      L’art a été totalement dénaturé, vidé de sa substance dans ce postmodernisme factice.
      Dans une société des sociétés, tous les membres seraient encouragées à participer aux activités artistiques, cela ne serait pas réservé à quelques privilégiés avec ou sans talent.
      En parlant d’une société des sociétés et de l’art, voici ce que disait un des génies reconnu du cinéma, Andreï Tarkovsky en 1985 et qui se rapproche de ce que nous pensons:

      « La connaissance scientifique, positiviste et froide de la réalité, ressemble à l’ascension d’une escalier sans fin. La connaissance artistique plutôt à un système illimité de sphères, où chacune est achevée et close, pouvant se compléter ou s’opposer, mais jamais s’annuler l’une l’autre. Au contraire, elles s’enrichissent réciproquement pour former comme une sphère globale qui tend vers l’infini… L’art est aussi une fonction évidente de communication. Si la compréhension réciproque est une force de rassemblement entre les hommes, cet esprit est également fondamental dans l’art. Contrairement aux travaux scientifiques, les œuvres d’art n’ont aucun objectif pratique au sens matériel. L’art est un métalangage, par lequel les hommes essaient de communiquer entre eux, de se connaître et d’assimiler les expériences des uns et des autres… »

      Cela ne rejoint-il pas ce que tu dis ?…
      Dans la société des sociétés, l’art sera libéré des contraintes induites par notre société divisée, l’art sous toutes ses formes sera libéré de toutes les contraintes l’opprimant, surtout la pire qui le musèle, celui d’y mettre en permanence une étiquette de prix.

      Production littéraire, un petit « catalogue »:
      https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00003870/document

      Fraternellement

    • J’essaie de vous laisser ce commentaire et je n’y arrive pas.
      Le mouvement zapatiste justement a parfaitement intégré cette notion et fait très souvent appel à réunions, rencontres, manifestations où l’art populaire sous toutes ses formes d’expression est à l’honneur.
      =*=

      La nuit d’hier, je vous parlais du désordre interplanétaire qu’avait soulevé la question : “pourquoi cette fleur est de cette couleur, pourquoi a-t-elle cette forme, pourquoi a-t-elle cette odeur?”

      Ok, j’ai exagéré en disant “interplanétaire”. J’aurais dû dire : le désordre qu’avait provoqué, dans le microcosme du zapatisme, la question faite par la jeune Rosita au Sous-commandant insurgé Moisés. Bien que je crois que c’est évident, il n’est pas de trop d’éclaircir la réponse que le SubMoy a donné à la jeune adolescente zapatiste, qui fut la même que celle qui, peut-être, je ne sais pas, c’est probable, c’est une supposition, a donné du carburant à l’avancée de la science depuis ses débuts : “je ne sais pas“.

      Je pense maintenant que la jeune adolescente savait sûrement que c’était cela la réponse, mais elle espérait que le SubMoy comprendrait qu’à l’intérieur de la fleur, il y avait une question plus grande.

      Pour lire l’intégralité de l’article « Les Art et les Sciences dans l’histoire du (néo)zapatisme » du 28/12/2016 publié le 27/04/2017 en français ► http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2017/04/27/les-arts-et-les-sciences-dans-lhistoire-du-neo-zapatisme/

  2. De JBL1960 (après pb technique) :

    @aetius = Si R71 le permet, et comme il est question ici de faire référence à la réflexion anarchiste du Mexique. Le mouvement zapatiste, notamment propose de nombreuses rencontres, expositions, manifestation où l’art populaire sous toutes ces formes est à l’honneur. Comme le démontre cette illustration ci-dessus, issue du PDF N° de 18 pages de la 6ème Déclaration Zapatiste de la Forêt de Lacandon de 2005. Qui constitue un texte politique fondateur, qui a intégré, notamment, le discours de la servitude volontaire d’Étienne de la Boétie ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/03/pdf6emedeclaration2005.pdf

    https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/04/zapatista.jpg

  3. « Dix minutes de pathétique gloire virtuelle sont des gouttes d’eau dans l’océan troublé de la « conflictivité » permanente. » 😀 😀

    Très intéressant. Le genre d’articles qui élève le niveau de la blogosphère. Néanmoins, et désolé de redescendre au niveau qui est le mien, une question venant de la salle si j’ose dire:
    La méfiance vis-à-vis du communisme par peur de perdre sa liberté individuelle… est-ce un concept erroné et « petit-bourgeois »?

    (J’ajoute que ce besoin de liberté individuelle est assez typique de ma génération née dans l’après-guerre: années 50, 60, 70… Après l’enterrement de mai 68 sont arrivées les années pub et fric (Séguela, Tapie etc) puis à partir des années 2000 « devenir célèbre » (apparition de la télé-réalité puis des réseaux sociaux et autres selfies) tandis qu’effectivement la « contestation sociale » se limite à l’altermondialisme, au féminisme, au mouvement LGBT, à l’antiracisme, à sauver la planète (réchauffement climatique)… Mais donc perso je suis issu de la génération « moi être libre »… on voyait d’ailleurs à l’époque inscrit sur les 2 chevaux « Ma bagnole c’est ma liberté » ce qui a bien changé depuis lors: maintenant les vieilles bagnoles et celles roulant au diesel vont être interdites des centres-villes d’ailleurs de plus en plus piétonniers mais je cause, je cause…)

    • Déjà qu’entends-tu par communisme ? Important de le définir…

      • Disons méfiance vis-à-vis des clichés qui circulent autour du « communisme » tel qu’il a été (soi-disant) appliqué en URSS (sans doute rien à voir avec ce qu’on entend ici par « communisme » naturel dans l’anarcho-indigénisme). Ces clichés étant la mise au pas des ambitions individuelles (qui fait la fierté du système occidental, du fameux « american dream ») au profit de la mise en commun, de la répartition égalitaire quelles que soient les capacités/aspirations/ambitions/qualités/talents de chacun.
        Une amie qui n’est pas du tout « politique » mais qui est par contre une véritable artiste m’a un jour cloué en me disant (et renvoyant par là dos à dos les 2 grandes « religions » du 20ème siècle):
        Le capitalisme c’est « que la tête qui sort le plus haut du rang l’emporte » et le communisme c’est « que pas une tête ne sorte du rang »… !

        • Le communisme dit autoritaire d’état est une imposture une falsification qui met en effet la liberté individuelle puis collective en péril, mais toutes les formes étatiques le font. Ici, nous comprenons le « communisme » non seulement comme sa forme originelle incomplète, dans laquelle l’antagonisme empêchait déjà la société, les sociétés humaines, d’embrasser la complémentarité pour devenir vraiment universellement unifiées, mais justement dans cette forme d’unification qui verra le jour dans le lâcher-prise de l’antagonisme omniprésent et l’adhésion volontaire au paradigme de la complémentarité unifiant les parties dans le grand tout. L’aliénation sera alors vaincue et la réalisation de la communauté universelle de l’être générique achevée.
          Tout le reste n’est que mélanger toujours plus un jeu de cartes truqué, c’est à dire toujours pisser plus avant dans un violon… 😉

          • Bien d’accord… Je lui avais répondu (et je n’invente rien): « Le régime soviétique n’a rien à voir avec le véritable communisme, lequel n’a d’ailleurs jamais été appliqué » (à ma connaissance de l’époque). Ds ma précédente intervention le (soi-disant) est d’ailleurs à supprimer: petit emmêlage de pinceaux… ou de cartes truquées 😉 Mais trêve de bavardages, le billet suivant parle de tout ça bien mieux que je ne pourrais le faire.

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