Archive pour septembre, 2017

Guerre coloniale au Moyen-Orient: La forfaiture de la vraie fausse indépendance du Kurdistan sous l’égide impérialiste… (Veterans Today)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 22 septembre 2017 by Résistance 71

A lire: “Que se passe t’il au Rojava ? Le Confédéralisme Démocratique a t’il été trahi ?”

« Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique » 2011

Gordon Duff de VT est un spécialiste de l’endroit où il a vécu (nord de l’Irak, “Kurdistan d’Irak”) et a travaillé. Duff nous rejoint tout à fait pour confirmer que le nœud de l’affaire est le “Kurdistan” mafieux de Barzani à la solde de la CIA depuis des lustres et que ce qu’il se passe au Rojava est une trahison du Confédéralisme Démocratique du peuple kurde de cette région et de l’autonomie kurde par quelques mafieux corrompus du PYD. Le but pour l7empire, étant de relier le “Kurdistan occidental” (syrien) au “Kurdistan oriental” (irakien) sous la même bannière mafieuse contrôlée par l’empire. 

Duff le dit clairement, la corruption et le chantage sont à l’œuvre et le plan israélo-yankee ne pouvait pas fonctionner avec le CD des assemblées populaires en place. Il fallait impérativement casser le CD et imposer une forme étatique “édulcorée” pour donner le change, ceci fut fait l’an dernier avec l’application de cette escroquerie qu’est le “contrat social du Rojava” (suffit de le lire pour s’en convaincre… ce n’est qu’un document constitutif d’un état n’ayant rien à voir avec le CD établi et renforcé depuis 2012 au Rojava). Une fois ce “contrat social” en place, le CD devient impossible et la jonction avec le Kurdistan d’Irak et sa mafia devient une réalité voulue et planifiée par l’empire. Tel est le plan et il est impossible pour tout anarchiste ayant les idées en place, de soutenir une telle forfaiture ! Telle est notre vision de la chose et G. Duff confirme notre position avec cet article ci-dessous.

~ Résistance 71 ~

 

Kurdistan et le voile de mensonges

 

Gordon Duff

 

20 septembre 2017

 

url de l’article:

https://www.veteranstoday.com/2017/09/20/neo-kurdistan-and-the-veil-of-lies/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avec le vote au referendum kurde à venir (NdT: en Irak le 25 septembre), plusieurs choses sont claires, “claires comme du jus de chaussettes” comme on dit. Après tout, tout le monde aime bien les Kurdes, les gens les plus charmants et gentils de la planète. Est-ce pour ça que les Turcs les ont massacrés ou que Baghdad est sens dessus-dessous à ce sujet ou pourquoi, lorsqu’on remonte un peu dans le temps, le président américain George H.W Bush (le père) a permis à un Saddam Hussein vaincu de gazer à mort 30 000 Kurdes avec l’accord tacite des Américains ?

Peut-être que ce n’est pas en fait le peuple kurde en lui-même, mais quelque chose d’autre. Nous allons analyser ce vote à venir et ceux qui sont impliqués derrière le rideau. Commençons.

Le referendum kurde est, peut-être, l’évènement le plus mal documenté et le plus mal rapporté des temps récents. Pour l’avide consommateur de fausses nouvelles, le peuple kurde veut avoir un gouvernement indépendant et ne plus être dirigé par Baghdad. Ceci est vrai, bien que saupoudré de faits alternatifs, de pirouettes et de conjecture. En réalité, nous assistons à l’escroquerie du siècle.

Allons droit au but sans perdre de temps inutilement. La nouvelle nation kurde sera un “fourre-tout” pour les clients qui ont manipulé le peuple kurde comme des marionnettes  au travers de leur leadership oligarchique. Et oui, nous parlons ici de gros comptes en banque suisses et de bien des années d’affiliation avec les agences de renseignement israélienne, américaine, turque et saoudienne.

Le peuple kurde lui-même, peut-être parmi les peuples les plus décents et les plus enclins au pardon de la planète, possède quelques uns des biens les plus précieux sur Terre. Il est assis sur d’énormes réserves de pétrole et de gaz naturel, est sur la route des oléoducs et, peut-être de manière plus importante, peut–être modelé en une nation en forme de serpent s’étendant de la Méditerranée en Syrie, à travers cette nation, à travers l’Irak, vers l’Iran et la Mer Caspienne.. Les Kurdes qui ne désirent que leur diaspora disséminée dans le monde, retourne à la maison, vers la sécurité et la stabilité, vont se retrouver une nouvelle fois “dans la panade”. Voyez-vous, il n’y aurait jamais eu d’EIIL/Daesh en Irak sans ll’accord fait entre les anciennes forces baathistes de Saddam, l’armée construite par le général américain David Petraeus (NdT: avant qu’il ne devienne directeur de la CIA sous Obama, aujourdhui en “disgrâce”..), le tout combiné avec le fric saoudien (NdT: et qatari), l’entraînement fourni par la CIA et les conseillers militaires en armement d’Israël.

Les excellents hôtels de la ville d’Erbil et non plus le seul hôtel d’il y a 10 ans le “Erbil International”, ont depuis des années maintenant été les lieux d’hébergement des équipes des ISR (Intelligence/Reconnaissance and Surveillance), qui ont aidé l’EIIL à devenir cette force militaire crainte.

Erbil, avec son aéroport international, était le véritable QG de l’EIIL/Daesh. Des “hommes d’affaire” travaillant pour des compagnies pétrolières imaginaires entraient et sortaient sans cesse, des agences de sécurité les escortaient au “front”, eux et leur expertise, leur équipement haute technologie, les yeux et les oreilles et la planification stratégique de l’Etat Islamique, d’Al Nosra (NdT: Al Qaïda en Syrie), de l’Armée Libre Syrienne et de douzaines d’autres groupes.

De l’équipement lourd qui ne fut pas seulement suppléé par des traîtres payés par la CIA en Syrie et en Irak et qui détournèrent des milliards de matos militaire vers les terroristes, inondèrent les ratières, Aqaba en Jordanie, Israël, l’Arabie Saoudite, mais surtout la route des Balkans à travers la Turquie, tout y passa, des gaz chimiques jusqu’aux missiles les plus avancés TOW (anti-chars).

Derrière tout ceci est l’histoire, pas seulement de ces 20 dernières années, mais de milliers d’années, alors que le Moyen-Orient fut martelé par un empire après l’autre, les plus importants comme l’Egypte, l’empire perse, l’empire ottoman ou les derniers “acteurs colioniaux vif-argent” en date comme les Français, les Britanniques et maintenant les Américains. Le Kurdistan était Sumaria et Chaldea, Ur et Nineveh, 6000 ans d’histoire commençant avant les contes de la création des derniers venus israélites.

Nous reconnaissons les Kurdes comme une ethnicité unique et ce dès le XVème siècle lorsque commença leur relation bancale avec la Turquie et l’empire Ottoman ; un de ces épisodes étant combattu aujourd’hui, quelques 500 ans plus tard, dans le nord de la Syrie actuelle.

Alors que l’occident divisait le Moyen-Orient à la fin de la grande guerre, créant de telles entités telles que la Turquie moderne et le royaume des Saoud, il n’y eut pas de patrie pour les Kurdes, un peuple laissé à la dérive de l’histoire, un peu beaucoup comme les Palestiniens dans l’après seconde guerre mondiale. Là où les Palestiniens furent expulsés et marginalisés, les Kurdes existaient comme une petite épine dans le pied du géant turc jusqu’à ce que l’heure sonne pour la CIA de se servir d’eux contre Saddam Hussein.

De là, La CIA a infiltré les régions kurdes de l’Iran, fomentant la discorde dans l’après révolution islamique de 1979, évènement qui fut si catastrophique pour les intérêts des Etats-Unis.

Israël a utilisé les Kurdes pour infiltrer l’Irak, espionnant sur les programmes d’armement de Saddam en achetant son chemin au sein des tribus dissidentes qui joueraient un rôle lorsque Saddam serait parti. Est-ce que ce fut Israël qui manœuvra Saddam dans l’invasion du Koweît, servant de relais à l’accord des Américains pour l’incursion de Saddam et qui fut complètement soutenu par Bush (père), du moins initialement ?

Est-ce un des premiers évènements où le nexus israélo-saoudien montra sa sale tête ? Ceci serait-il aussi un signe montrant à quel point est importante la pénétration des affaires étrangères américaines par les entités israélienne, saoudienne et turque ? La montée des nouveaux cons à la fin des années 1990 fut-elle un autre signe ? Quid du 11 septembre ?…

La “situation” kurde aujourd’hui n’est peut-être qu’un “plan de secours” considérant la défaite à venir de l’EIIL. Si Trump est contrôlé par une agence de renseignement étrangère, ne serait-ce pas bien plus possible que ce soit celle d’Israël plutôt que celle de la Russie ? Est-ce que l’action de l’Amérique, poussant les Kurdes sur Deir Ezzor et vers une confrontation directe avec l’Armée Arabe Syrienne et la Russie sur place, ne va pas bien servir les intérêts d’Israël ? L’effort simultané saoudien offrant ses “bons services” pour régler la dispute Erbil/Baghdad n’est-il pas aussi cousu de fil blanc ?…

Si l’Amérique de Trump est, comme bon nombre le suspecte, un état-client israélo-saoudien, l’effort concerté de l’AS, d’Israël et des Etats-Unis pour utiliser un état kurde comme un tremplin pour bouger contre l’Iran et renouveler le terrorisme dans toute la région, ne serait-il pas une certitude ?…

La Turquie d’Erdogan va t’ellle laisser passer, minimisée, dépassée, bloquée qu’elle est par sa demande d’intégration dans l’UE ou une alliance rivale va t’elle se former ?… Est-ce que le Pakistan, maintenant en porte-à-faux avec les Etats-Unis, va t’il finir pas se séparer de l’AS ? Reconnaissant l’effort de cette nation en Afghanistan et le rôle négatif qu’il a eu sur la sécurité pakistanaise ?…

Quand on examine les intérêts nationaux et le contexte historique, on ignore souvent trop simplement la simple corruption et le chantage et le rôle que joue de tels efforts sur la scène internationale ?

La plupart de la “magie” derrière l’EI était simplement cela, corruption et chantage, les généraux Irakiens et Syriens et même des gouvernements entiers siégeant à Washington, Erbil et Ankara. Sans une plus grande “boîte à outils”, le referendum à venir va peut-être bien fournir le terreau pour une nouvelle génération de massacres, la dernière des choses que veuille le peuple kurde…

Résistance au colonialisme: Mettre fin à l’occupation militaire du sous-contient nord-américain (Mohawk Nation News)

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L’occupation militaire du Canada

 

Mohawk Nation News

 

16 septembre 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/09/16/military-occupation-of-canada/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lire notre dossier sur la “sémantique coloniale” et notre analyse de mai 2013 : “Nous sommes tous colonisés!”

 

Nous avons un droit de nous défendre, nous et notre patrie. Il n’y a absolument aucune justification pour abattre nos arbres, inonder nos terres et nous en retirer, nous et toutes nos relations de la terre. C’est un massacre d’humains et de toute vie. Nous refusons de bouger de terres convoitées par de veules entreprises commerciales, malfaisantes et mortifères. Les occupants ravageant la terre vont la quitter.

L’aile droite politique du Canada envoie ses politiciens pour justifier de notre retrait et de la transformation de l’Île de la Grande Tortue en cimetière. Ils défient onkwe’onweh, le véritable peuple naturel endémique à cette terre avec un tissu de mensonges.

Ils ne veulent pas que quiconque questionne l’occupation illégale à laquelle ils se livrent, le fait que nous ayons un droit sur notre terre, nos ressources et de protéger toute vie naturelle sur l’Île de la Grande Tortue.

On trompe le monde au sujet de la réalité des blessures et des morts nous concernant, nous et notre terre-mère, infligées par l’occupation entrepreneuriale coloniale illégale.

On nous présente comme un peuple idiot et l’occupant comme le bon œuvrant pour le bien. Hé, ils nous ont quasiment exterminé, violé et pillé notre mère. Le Canada refuse d’enquêter et de traduire ces criminels devant la justice.

Les tombes et les montagnes de nos os se trouvent sous leurs villes, sous ou derrière leurs pensionnats pour Indiens. Le Canada doit expliquer où sont les morts, les disparus et les assassinés parmi nos enfants et nos peuples.

La véritable réponse est qu’ils admettent nous avoir assassiné nous et nos enfants, mais qu’ils ne s’accuseront jamais eux-mêmes. Ils admettent leurs atrocités. Ils pensent être immunisés contre le karma universel, ils ne le sont pas.

Nos langues disent et expliquent les histoires véritables, La langue anglaise est la langue forcée sur nous pour que l’entreprise puisse tout contrôler. Notre lien avec la terre est au travers de nos langues et de leur fréquence. On nous force à penser sur nous-mêmes et sur le monde dans un patois mondialiste, un jargon artificiel, inventé par ceux qui nous contrôlent. Nos esprits sont colonisés au travers des mensonges répétés sans cesse dans le système éducatif de l’État et son système de communication.

Des mensonges écrits pleuvent constamment sur nous.

Révolution sociale: Analyse sur les collectifs dans l’Espagne révolutionnaire et anarchiste des années 1930 (Gaston Leval)

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« L’anarcho-communisme est l’organisation de la société sans État et sans relations capitalistes à la propriété. Il ne sera pas nécessaire d’inventer des formes artificielles d’organisation sociale pour établir le communisme anarchiste. La nouvelle société émergera « de la coquille de l’ancienne ». Les éléments de la société future sont déjà plantés dans leur ordre existentiel. Ce sont les syndicats et les communes libres, qui sont des institutions anciennes, profondément ancrées de manière populaire et non-étatiste ; spontanément organisées, incluant les villes et les villages à la fois en zone urbaine et en zone rurale. La commune libre est aussi le parfait outil pour gérer les problèmes socio-économiques dans les communautés anarchistes rurales. Au sein des communes libres, se trouve un espace pour les associations libres d’artisans, de cultivateurs, d’éleveurs et autres groupes voulant demeurer indépendants ou former leur propre association… »
~ Isaac Puente ~

A voir: « Histoire de l’anarchie » (documentaire)

A lire (Gustav Landauer): Appel au Socialisme (PDF)

 

Principes et enseignements dans les collectivisations de l’Espagne libertaire

Gastton Leval (1963)

1. Le principe juridique des collectivités était entièrement  » nouveau  » Ce n’était ni le syndicat ni la mairie au sens traditionnel du mot et non plus la commune du Moyen-âge. Toutefois, elles étaient plus proches de l’esprit communal que de l’esprit syndical. Les collectivités auraient pu souvent s’appeler  » communauté « , comme c’est le cas pour celle de Binefar et constituaient vraiment un tout dans lequel les groupes professionnels et corporatifs, les services publics, les échanges, les fonctions municipales, restaient subordonnées, dépendant de l’ensemble, tout en jouissant de l’autonomie dans leurs structure, dans leur fonctionnement interne, dans l’application de leurs buts particuliers.

2. Malgré leur détermination, les collectivités étaient pratiquement des organisations libertaires communistes, qui appliquaient la règle  » de chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoin « , soit par la quantité de ressources matérielles assurées à chacun là où l’argent était aboli, soit au moyen du salaire familial là où l’argent a été maintenu. La méthode technique différait, mais le principe moral et les résultats pratiques étaient les mêmes. Cette pratique était en effet sans exception dans les collectivités agraires ; peu fréquente au contraire dans les collectivisations et socialisations industrielles, la vie de la ville étant plus complexe et le sentiment de sociabilité moins profond.

3. La solidarité portée à un degré extrême était la règle générale des collectivités agraires. Non seulement le droit de tous à la vie était assuré, mais dans les fédérations mères s’établissaient toujours plus le principe de l’appui mutuel avec le fonds commun dont jouissaient les villages moins favorisés par la nature. A Castellon, on établit dans ce but la Caisse de compensation. Dans le domaine industriel, cette pratique semble avoir commencé à Hospitalet, dans les Chemins-de-fer catalans et plus tard elle fut appliquée à Alcoy. Elle aurait été plus générale si l’arbitrage avec les autres partis n’avait pas empêché de socialiser ouvertement dès les premiers jours.

4. Une conquête d’une énorme importance a été le droit de la femme à la vie, quelques fussent ses fonctions sociales. Dans la moitié des collectivités agraires, le salaire qui lui était attribué était inférieur à celui de l’homme, dans l’autre moitié équivalent; la différence s’expliquait en tenant compte que la femme célibataire vit rarement seule.

5. De même les enfants ont vu leur droit reconnu spontanément: non comme une aumône accordée par l’Etat, mais bien comme l’exercice d’un droit que nul ne pensait à nier. En même temps, les écoles leur ont été ouvertes jusqu’à l4 ou l5 ans: seule façon d’éviter que les parents ne les envoient travailler avant l’âge, et pour rendre l’instruction réellement générale.

6. Dans toutes les collectivités agraires d’Aragon, de Catalogne, du Levant, de Castille, d’Andalousie et d’Estrémadure, il y a eu pour règle spontanée de constituer des groupes de travailleurs presque toujours fixés dans des zones précises et qui se partageaient les cultures ou les terres. Egalement spontanée a été la réunion des délégués élus par ces groupes avec le délégué local de l’agriculture dans le but d’orienter le travail général.

7. En plus de ces réunions et d’autres analogues des groupes spécialisés, des réunions de la collectivité avaient lieu sous forme spontanée également (assemblées hebdomadaires, bi-mensuelles ou mensuelles). On s’y prononçait sur l’activité des conseillers nommés par elles, sur les cas spéciaux et les difficultés imprévus. Tous les habitants, hommes et femmes et qu’ils fussent ou non producteurs de biens de consommation, intervenaient et déterminaient les accords pris. Souvent même les  » individualistes  » pouvaient se prononcer et voter.

8. Dans la collectivisation de la terre, les modifications les plus importantes ont été : l’augmentation du machinisme et de l’irrigation, l’extension de la polyculture, la plantation d’arbres de toutes espèces. Dans l’élevage des bestiaux : la sélection et la multiplication des espèces, leur adaptation aux conditions du milieu, du climat, de l’alimentation, etc., et la construction sur une vaste échelle d’étables, de porcheries et de bergeries collectives.

9. On étendait continuellement l’harmonie dans la production et la coordination des échanges, de même que l’unité dans le système de répartition. L’unification communale se complétait avec l’unification régionale, d’où la Fédération nationale était élue. A la base, la  » commune  » organisait l’échange. Exceptionnellement la commune isolée la pratiquait, mais sur autorisation de la fédération qui prenait note des échanges et pouvait les interrompre s’ils causaient un préjudice à l’économie générale. Cela arriva pour une collectivité isolée de Castille, qui ne vendait pas le blé pour son compte mais envoyait le client à l’office du blé à Madrid. En Aragon, la Fédération des collectivités, fondée en janvier l937, et dont la résidence centrale se trouvait à Caspe, commença à coordonner les échanges entre toutes les communes de la région, ainsi qu’à appliquer l’appui mutuel. La tendance à l’unité s’était faite plus claire avec l’adoption d’une carte de  » producteur  » unique, et d’une carte de  » consommateur  » également unique, qui impliquait la suppression de toutes les monnaies, locales ou non, suivant la résolution prise au congrès constitutif de février l937. La coordination des échanges avec les autres régions et de la vente à l’extérieur s’améliorait toujours davantage. Dans le cas de bénéfices dus aux différences de change, ou à l’obtention de prix supérieurs aux prix de base déjà excédentaires, la Fédération régionale les employait pour aider les collectivités les plus pauvres. La solidarité dépassait le circuit communal.

10. La concentration industrielle tendait à se généraliser dans toutes les villes. Les petites usines, les ateliers anti-économiques disparurent. Le travail se rationalisa avec un objectif et une forme hautement sociale aussi bien dans les industries d’Alcoy que dans celles d’Hospitalet, dans les transports urbains de Barcelone que dans les collectivités d’Aragon.

11. La socialisation commençait souvent avec la répartition (à Sagorbe, Granollers, et différents villages d’Aragon). Dans certains cas, nos camarades arrachèrent à la municipalité des réformes immédiates (municipalisation des loyers, de la médecine à Elda, Benicarlo, Castellon, Alcaniz, Caspe, etc.)

l2. L’enseignement progressa avec une rapidité jusqu’alors inconnue. L’immense majorité des collectivités et des municipalités plus ou moins socialisées a construit une ou plusieurs écoles. Chacune des collectivités de la Fédération du Levant avait son école au début de l938.

13. Le nombre de collectivités augmentait continuellement. Le mouvement, né avec plus d’élan en Aragon, avait gagné dans les campagnes une partie de la Catalogne, prenant un élan extraordinaire, surtout dans le Levant, et ensuite en Castille, dont les réalisations ont été, selon des témoins responsables, peut-être supérieures à celles du Levant et de l’Aragon. L’Estrémadure et la partie de l’Andalousie que les fascistes tardèrent à conquérir -spécialement la province de Jaen- ont eux aussi leurs collectivités. Chaque région ayant les caractéristiques propres à son agriculture et à son organisation locale.

14. Dans nos enquêtes, j’ai rencontré seulement deux insuccès : celui de Boltana et celui d’Ainsa, au nord de l’Aragon. Le développement du mouvement et les adhésions qu’il recevait peut s’exprimer par ces faits : en février l937 la région d’Angues avait 36 collectivités. Elle en avait 57 en juin de la même année. Nous manquons de chiffres exacts sur le nombre de collectivités créés dans toutes l’Espagne. Me basant sur les statistiques incomplètes du congrès de février en Aragon et sur les notes recueillies durant mon séjour prolongé dans cette région, je peux affirmer qu’il y en avait au moins 400. Celles du Levant étaient de 500 en l938. Nous devons y ajouter celles des autres régions.

15. Les collectivités se sont complétées en certains lieux avec d’autres formes de socialisations. Le commerce se socialisa après mon passage à Caragente. Alcoy vit surgir une coopérative de consomation syndicale de production. D’autres collectivités s’agrandirent : Tomarite, Alcolea, Rubielas de Mora, Clanda, Pina, etc.

l6. Les collectivités n’ont pas été l’œuvre exclusive du mouvement libertaire. Bien qu’elles appliquèrent des principes juridiques nettement anarchistes, elles étaient souvent la création spontanée de personnes éloignées de ce mouvement. La plus grande partie des collectivités de Castille et d’Estrémadure ont été l’œuvre de paysans catholiques et socialistes, inspirés ou non par la propagande de militants anarchistes, isolés. Malgré l’opposition officielle de leur organisation, beaucoup de membres de l’U.G.T. (Union générale des travailleurs) sont entrés dans les collectivités ou les ont organisées et aussi des républicains sincèrement désireux de réaliser la liberté et la justice.

17. Les petits propriétaires étaient respectés. Les cartes de consommateurs faites aussi pour eux, le compte courant qui leur était ouvert, les résolutions prises à leur égard l’attestent. On les empêchait seulement d’avoir plus de terres qu’ils n’en pouvaient cultiver, et d’exercer le commerce individuel. L’adhésion aux collectivités était volontaire ; les  » individualistes  » y adhéraient seulement quand ils étaient persuadés des résultats meilleurs du travail en commun.

18. Les principaux obstacles aux collectivités furent : · La coexistence de couches conservatrices, des partis et des organisations qui les représentaient: républicains de toutes tendances, socialistes de droite et de gauche (Largo Caballero et Prieto), communistes staliniens, souvent poumistes. (Avant d’être expulsé par le gouvernement de la Généralité, le P.O.U.M. ne fut pas réellement un parti révolutionnaire. Il le devint quand il se trouva contraint à l’opposition. En juin l937, un manifeste distribué par la section aragonaise du P.O.U.M. attaquait les collectivités.) L’U.G.T. constituait l’instrument principal utilisé par ces différents politiciens. · l’opposition de certains petits propriétaires (paysans, catalans et pyrénéens). · la crainte manifestée même par quelques membres des collectivités que, la guerre terminée, le gouvernement ne détruise ces organisations. Cette peur fit hésiter même beaucoup de ceux qui n’étaient pas réellement réactionnaires et des petits propriétaires qui, sans cela, se seraient décidés à adhérer aux collectivités. · la lutte active contre les collectivités, qui n’était pas l’action évidemment destructrice des troupes de Franco là où elles arrivaient. Cette lutte contre les collectivités a été conduite à main armée en Castille par les troupes communistes. Dans la région de Valence, il y eut même de vrais combats dans lesquels intervinrent les chars d’assaut. Dans la province de Huesca, la brigade Karl-Marx a persécuté les collectivités. La brigade Macia-Companys a fait de même dans la province de Teruel (mais les deux ont fui toujours le combat contre les fascistes). La première a toujours été inactive pendant que nos troupes luttaient pour prendre Huesca ou d’autres positions importantes. Les troupes marxistes se réservaient pour l’arrière-garde. La seconde abandonna sans lutte Vinel del Rio et d’autres communes de la région carbonifère de Utrillas. Les soldats qui s’enfuirent en chemise devant une petite attaque que d’autres forces continrent sans difficultés furent ensuite des combattants intrépides contre les paysans désarmés des collectivités.

19. Dans l’œuvre de création, de transformation et de socialisation qui a été réalisée, le paysan a montré une conscience sociale très supérieure à celle de l’ouvrier des villes. 

Finance et Nouvel Ordre Mondial: l’axe Rockefeller / Morgan et le monopole financier (Dean Henderson)

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A lire du même auteur: Les huit familles de la réserve fédérale

Lire « Le dossier Rockefeller »

 

L’axe Rockefeller / Morgan

 

Dean Henderson

 

1er septembre 2017

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2017/09/01/the-rockefellermorgan-axis/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1904, John Moody, fondateur de la Moody’s Investor Services, a déclaré qu’il était impossible de parler des intérêts des familles Rockefeller et Morgan comme séparés. En 1975, des 14,5 milliards de dollars de revenus en provenance du pétrole moyen-oriental arrivant aux Etats-Unis, 78% étaient déposés dans juste 6 mega-banques: Chase Manhattan, Morgan Guaranty Trust, Citibank, Bank of America, Manufacturers Hanover Trust et Chemical Bank. Dans les années 1960, l’économiste Peter Dooley identifia 15 groupes financiers majeurs aux Etats-Unis. Le groupe Rockefeller/Morgan faisait passer les 14 autres pour des nains. Il contrôlait 5 ou 6 des mega-banques mentionnées ci-dessus. La Bank of America quant à elle était contrôlée par les Rothschild. Le groupe contrôlait également le fond banquier du Banker’s Trust et Master Card.

Une étude faite en 1980 par le comité sénatorial sur les affaires gouvernementales intitulée “La structure de la concentration entrepreneuriale”, dit ceci: “Les institutions financières, parties ou extensivement inter-reliées  avec le complexe Rockefeller/Morgan, sont les forces dominantes de l’économie.” L’axe Rockefeller/Morgan contrôlait la télévision américaine au travers de 23% des parts de CBS, 25% des parts d’ABC et 7% de NBC. Le groupe contrôlait la 20th Century Fox, le New York Times, Columbia House, et AOL Time Warner. Il possédait les compagnies aériennes Northwest, American et United Airlines. Dans le secteur minier, le conglomérat contrôlait ASARCO, Reynolds et Kennicott. Leur Citigroup menait la charge dans la formation de holdings bancaires, qui permettaient aux mega-banques de consolider leur contrôle sur le monde et son économie au travers une propriété directe des actions des multinationales.

Le sénateur Lee Mercalf (D-MT) a fait une enquête au milieu des années 1970 sur la concentration du pouvoir économique aux Etats-Unis. Il a trouvé que la Chase Manhattan Banks des Rockefeller était parmi les 10 premiers actionnaires de 42 entreprises utilitaires de haut niveau américaines. Citibank une des 10 top propriétaires de 41 de ces entreprises. Manufacturers Honover était parmi les top 10 actionnaires de 31 entreprises. Ces trois là plus Chemical Bank contrôlaient 38% de tous les dépôts étrangers aux Etats-Unis Un rapport de la banque fédérale de 1973 a dit que 9 mega-bannques de New York détenaient 90% de la dette de l’industrie pétrolière, 75% de la dette des industries du caoutchouc et chimique et 66% de la dette de la sidérurgie et de la métallurgie.

Presque tous les présidents de la Fed sont venus des rangs du conglomérat Rockefeller/Morgan. Paul Volcker venait de la Chase Manhattan. Lorsqu’il est parti de la Fed il est devenu le président de la Commission Trilatérale fondée par David Rockefeller. Assumons qu’il ait eu une promotion… Alan Greenspan a succédé à Volcker comme président de la Fed. Il venait du Morgan Guaranty Trust  et a servait au comité directeur d’Exxon-Mobil des Rockefeller. Le premier gouverneur de la Fed fut Paul Warburg de la dynastie banquière allemande, tandis que le premier gouverneur de la Fed de New York fut Benjamin Strong de chez Morgan.

Le conglomérat Rockefeller/Morgan contrôle trois des quatre cavaliers du pétrole, essentiellement au travers de sa holding banquière et des comités directeurs inter-reliés, Il n’était que naturel qu’en 2000, la Chase Manhattan, qui avait déjà absorbée Manufacturer’s Hanover Trust et Chemical Bank, fusionne avec la descendante de la banque Morgan la Morgan Stanley et le Morgan Guaranty Trust et J.P. Morgan & Company pour former la JP Morgan Chase. Les géants banquiers Morgan et Rockefeller, grands recycleurs des pétrodollars en provenance d’Iran, d’Arabie Saoudite et des autres émirats membres du CCG, étaient maintenant unifiées.

Avec l’évènement du marché des futurs pétroliers en 1973, l’industrie pétrolière devint de plus en plus sous le contrôle des banquiers d’investissement. Comme l’a si bien dit une ancienne source de l’industrie du transport pétrolier du Fearnly’s Research de Norvège: “Aujourd’hui, entre le moment où un pétrolier est chargé disons à Dubaï et le moment où il est déchargé disons dans une raffinerie de Rotterdam, ce chargement pourrait être vendu 15 ou 20 fois ou même plus. Les marchés dérivatifs ont rendu tout cela possible… soit sur le London International Petroleum Exchange où se négocie le Brent de la Mer du Nord ou sur le Nymex (New York Mercantile Exchange), à New York, où les contrats du west Texas Intermediate sont négociés. Aujourd’hui le marché est complètement dominé par les traders, les courtiers.

En 2000, le raffineur de pétrole Tosco, qui avait acheté bien des raffineries obsolètes suite au passage de la loi sur l’air pur de 1990, a enregistré une action légale de 10 millions de dollars dans le district sud de New York et son tribunal fédéral. L’affaire accuse Arcadia petroleum, la compagnie commerciale pétrolière du japonais Mitsui, ainsi que le courtier pétrolier suisse Zug, d’utiliser des dérivatifs et des futurs pour étouffer le marché sur le London Exchange, ce qui a fait s’envoler le prix de l’essence.

Une semaine plus tard,  le président vénézuélien de l’OPEP Ali Rodriguez contra la propagande des médias américains disant que l’OPEP était responsable du pic des prix pour 2000, en émettant un rapport documentant que 8 US$ par baril est pompé par les courtiers sur la spéculation des marchés futurs. Le rapport argumentait que “la spéculation sur les marchés futurs et la manipulation des cours du marché du Brent sont les véritables causes de l’explosion des prix du pétrole ces derniers 15 mois…”

Les joueurs dominants des marchés futurs du pétrole sont les géants de l’investissement de Wall Street Morgan Stanley Dean Witter, Lehman Brothers, Golsman Sachs (par sa filiale de J.Aron), Citigroup’s Salomon Smith Barney (par Philbro), Merrill Lynch, UBS Warburg et Banker’s Trust.

Résistance politique: Origines de l’anarchie

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 18 septembre 2017 by Résistance 71

A voir: « Histoire de l’anarchie » (documentaire)

 

Les origines de l’anarchie

 

Pierre Kropotkine

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’anarchie ne tire pas ses origines de recherches scientifiques ou d’un système de philosophie. Les sciences sociales et sociologiques sont loin d’avoir acquis le même niveau de précision que la physique, les mathématiques ou la chimie. Même dans l’étude du climat et de la météorologie, nous ne sommes pas encore capable de prédire avec précision le temps à un mois voire une semaine d’intervalle, il serait donc prétentieux de prétendre qu’en sciences sociales, qui doivent prendre en compte bien plus de paramètres que pour prédire la pluie ou le vent, nous pourrions prédire scientifiquement les évènements. Nous ne devons pas non plus oublier que les érudits et universitaires ne sont que des gens ordinaires et que la vaste majorité appartient à la classe des possédants et que par conséquent ils partagent les préjugés inhérents à cette classe. Un grand nombre est même directement salarié de l’État. Il est donc de ce fait parfaitement évident que l’anarchie ne provient pas des universités ni du corps enseignant.

Tout comme le socialisme en général et comme tout autre mouvement social, l’anarchie est né du peuple, parmi les gens et il maintiendra sa vitalité et sa force créatrice seulement dans la mesure où elle restera dans le peuple.

Historiquement, deux courants ont été en conflit dans la société humaine. D’un côté les masses, le peuple a développé sous la forme de coutumes, une multitude d’institutions nécessaires pour rendre l’expérience sociale possible: pour maintenir la paix, pour régler les différents et pour pratiquer l7entraide en toutes circonstances requérant des efforts combinés. Les coutumes tribales des peuples sauvages, puis plus tard les communautés villageoises et encore plus tard les guildes des corps de métiers et industrielles et les cités médiévales, qui établirent les fondations du droit international, toutes ces institutions furent développées non pas par des législateurs, mais bien par l’esprit créateur des masses.

D’un autre côté, il y a eu les magiciens, les shamans, les sorciers, faiseurs de pluie, oracles et prêtres de tout poil. Ceux-ci furent les premiers enseignants d’une connaissance (rudimentaire) de la nature et les premiers fondateurs des rites d’adoration religieux, ceux du soleil, des forces de la nature, des ancêtres etc… et des différents rites qui étaient utilisés pour maintenir l’unité des fédérations tribales.

A cette époque, les premiers germes de l’étude de la nature (l’astronomie, la prédiction de la météo, l’étude des maladies), marchaient la main dans a main avec des superstitions des plus variées, exprimées par différents rites et cultes. Le début de tous les arts et des artisanats ont aussi eu leur origine dans l’étude et la superstition et chacun avait une formule mystique qui n’était donnée qu’aux initiés et étaient soigneusement cachée aux masses.

Avec ces premiers représentants de la science et de la religion, il y eut aussi des hommes comme les bardes, les brehons d’Irlande, les diseurs de loi des peuples scandinaves etc, qui furent considérés comme des maîtres de la voie coutumière et des traditions anciennes, qui devaient être utilisées pour les règlements de disputes et de désaccords. Ils gardèrent la loi en mémoire (parfois au moyen de l’utilisation de symboles, qui furent les germes de l’écriture9 et en cas de disputes, ils agissaient en tant qu’arbitres.

Finalement, il y avait aussi ces chefs temporaires des bandes militaires, de guerriers, qui étaient supposés détenir le secret magique du succès guerrier, ils disposaient aussi des secrets des armes empoisonnées et autres secrets militaires.

Ces trois groupes d’hommes ont toujours formé entre eux des sociétés secrètes pour garder et transmettre (à l’issue d’une longue et fastidieuse période d’initiation) les secrets de leurs fonctions sociales ou de leurs arts et si parfois, ils se combattaient, ils se sont toujours entendus sur la longue durée ; ils se sont unis et se sont soutenus afin de dominer les masses, de les réduire à l’obéissance, de les gouverner et de faire en sorte que ces masses travaillent pour eux.

Il est de fait évident que l’Anarchie représente le premier de ces deux courants, c’est à dire la force créatrice et constructive des masses qui a développé les institutions de droit coutumier pour se défendre contre la minorité dominante. (NdT: Au moyen-âge par exemple et dans bien des endroits, quand un chevalier et ses troupes en armes, suzerain ou vassal du seigneur local, arrivaient dans un village, il était accueilli par une délégation de paysans qui avaient des fleurs dans une main et des outils/armes de fortune dans l’autre. La délégation demandait au chevalier s’il comptait lors de son séjour respecter la loi et la coutume locales ou s’il venait pour imposer la loi féodale. S’il répondait par la première option, les fleurs étaient offertes, la seconde option voyait les paysans le combattre…) C’est aussi par la force créatrice et constructrice du peuple, aidée par toute la force de la science et de la technologie moderne, que l’anarchie pousse maintenant pour mettre en place les institutions nécessaires pour garantir le développement libre de la société, en contraste de ceux qui mettent leur espoir dans des lois créées par une minorité dominante et régnante et imposées aux masses par un système disciplinaire rigoureux (l’État).

Nous pouvons donc dire qu’en ce sens il y a toujours eu des anarchistes et des étatistes. De plus, nous trouvons toujours que les institutions (sociales), même les meilleures d’entre elles, celles qui furent originellement faites pour maintenir l’égalité, la paix et l’entraide, se sont pétrifiées en vieillissant. Elles ont perdu leur objectif initial, elles sont tombées sous la domination d’une minorité ambitieuse et elles ont fini par devenir un obstacle au plus grand développement de la société, puis des individus, plus ou moins isolés, rebelles. Mais tandis que quelques uns de ces mécontents, en se rebellant contre l’institution devenue répugnante, ont pensé à la modifier dans l’intérêt de tous, et par dessus tout en renversant toute autorité, étrangère à toute institution sociale (les clans, la tribu, la commune de village, la guilde etc…), d’autres ont seulement pensé à se séparer et à se mettre au dessus de ces institutions afin de dominer les autres membres de la société et de s’enrichir aux dépends des dominés.

Tous les réformateurs politiques, religieux, économiques ont appartenu à la première des deux catégories et parmi eux, il y a toujours eu des individus qui, sans attendre leurs concitoyens ni même une minorité d’entre eux être imbibée des mêmes idées qu’eux, sont allés de l’avant et se sont soulevés contre l’oppression, dans des groupes plus ou moins petits, voire même seuls si personne ne les suivait. Nous avons eu des révolutionnaires dans toutes les périodes de l’histoire.

Mais ces révolutionnaires avaient aussi deux aspects différents. Certains, bien que luttant contre l’autorité qui s’est développée au sein de a société, ne cherchèrent pas à détruire cette autorité, mais résolurent de la prendre pour eux-mêmes. Au lieu d’un pouvoir oppresseur,, ils cherchèrent à en constituer un nouveau, qu’ils détiendraient et ils promirent, souvent de bonne foi, que la nouvelle autorité aurait le bien-être et le bien commun à cœur, qu’ils seraient leur véritable représentant, promesse qui plus tard fut trahie ou oubliée. Ainsi furent constitués les autorités impériales dans la Rome des Césars, l’autorité de l’église catholique dans les premiers siècles de notre ère, le pouvoir dictatorial des cités médiévales durant leur période de déclin (NdT: fin XIIIème et XIVème siècle, après plus de 300 ans de rayonnement en Europe), etc. Le même mouvement fut utilisé pour établir l’autorité royale en Europe à la fin de la période féodale. La foi en un empereur “pour le peuple”, un César, n’est toujours pas morte, même de nos jours.

Mais à côté de ce courant autoritaire, un autre courant s’est affirmé avec le temps lorsque changer les institutions établies s’avéra nécessaire. De tout temps, de la Grèce antique à aujourd’hui, il y a eu des individus et des courants de pensée et d’action qui n’ont pas cherché à remplacer l’autorité par une autre, mais de détruire l’autorité qui fut greffée artificiellement sur des institutions humaines et populaires et ce sans qu’une autre autorité ne prenne sa place. Ils proclamèrent à la fois la souveraineté de l’individu et du peuple et ils tentèrent de libérer les institutions existantes des excroissances d’autorité qui les pourrissaient.. Ils œuvrèrent pour rendre une liberté complète à l’esprit collectif des masses de façon à ce que le génie populaire une fois de plus reconstruise les institutions de l’entraide et de la protection mutuelle, en harmonie avec les nouveaux besoins et les nouvelles conditions de l’existence. Dans les cités de la Grèce ancienne et spécifiquement dans les cités médiévales comme Florence, Pskov, Laon, Novgorod, Fribourg (NdT: Freiburg en allemand = ville libre…), on trouve de nombreux exemples de ces conflits.

Nous pouvons donc dire que les jacobins et les anarchistes ont toujours existé parmi les réformateurs et les révolutionnaires.

De formidables mouvements populaires, estampillés d’un caractère anarchiste, se sont plusieurs fois déroulés dans le passé. Des villages et des villes se sont soulevés contre le principe même du gouvernement, contre les organes de l’État, ses tribunaux, ses lois et ils proclamèrent la souveraineté des droits de l’Homme. Ils refusèrent toute loi écrite et affirmèrent que tout Homme devait se gouverner selon sa propre conscience. Ils essayèrent ainsi d’établir une nouvelle société basée sur le principe de l’égalité, de la liberté totale et du travail. Dans le mouvement chrétien en Judée sous Auguste, contre la loi romaine, l’état romain et la moralité ou plutôt l’immoralité de cette époque, il y avait incontestablement bien des éléments de l’anarchie. Petit à petit ce mouvement dégénéra en un mouvement d’église, façonné d’après l’église hébraïque et la Rome impériale elle-même, ce qui naturellement tua tout ce que le christianisme possédait d’anarchiste, y donna une forme romaine et bientôt cela devint le soutien principal de l’autorité, de l’État, de l’esclavage et de l’oppression. Les premières graines “d’opportunisme” qui furent introduites dans le christianisme sont déjà visibles dans les évangiles et les actions des apôtres, ou du moins, dans les versions de ces écrits qui constituent le nouveau testament.

De manière similaire, le mouvement baptiste du XVIème siècle qui inaugura et amena la réforme de l’église de Rome, avait aussi une base anarchiste. Mais celle-ci fut écrasée par ces réformateurs qui, sous la tutelle de Martin Luther, se liguèrent avec les princes contre les paysans rebellés, le mouvement fut éradiqué par un grands massacres de ceux-ci et de celles des “basses classes” des villes. Puis l’aile droite des réformateurs dégénéra petit à petit jusqu’à ce qu’elle devint une compromis entre sa propre conscience et l’État qui existe aujourd’hui sous le nom de protestantisme.

Ainsi, pour résumer, l’anarchie est née dans le même mouvement de protestation et de critique révolutionnaires qui donna naissance au socialisme de manière générale. Mais une portion des socialistes, après avoir atteint l’étape de la négation du capital et d’une société fondée sur la mise en esclavage du travail au profit du capital, s’arrêta là. Ils ne se déclarèrent pas contre ce qui constitue la véritable force du capital, l’État et son principal soutien; la centralisation de l’autorité, la loi (toujours faite par une minorité au pur profit de cette même minorité) et une forme de justice dont le but principal est de protéger à la foi l’autorité et le capital.

Quant à l’Anarchie, elle n’exclut pas ces institutions de ses critiques bien au contraire. elle lève même sa main sacrilège non seulement contre le capital mais aussi contre ces porte-flingues du capitalisme.

Que se passe t’il au Rojava ? Le Confédéralisme Démocratique y est-il trahi ?

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“Le confédéralisme démocratique est le paradigme contrasté du peuple opprimé. Le confédéralisme démocratique est un paradigme social non-étatique. Il n’est aucunement contrôlé par un état. Dans le même temps, il est le modèle d’organisation culturel d’une nation démocratique.”

“Le confédéralisme démocratique est fondé sur la participation de la base du peuple. Ses processus de décision reposent sur les communautés. Les plus hauts niveaux de représentation ne servent uniquement qu’à la coordination et la mise en application de la décision des communautés qui envoient des délégués dans les assemblées générales.

~ Abdullah Ocalan ~

 

Lire notre dossier Rojava et notre traduction du “Manifeste du Confédéralisme Démocratique”

Merci à « Bertrand / La Cariatide »

 

Que se passe t’il au Rojava ?

 

Résistance 71

 

15 septembre 2017

 

La révolution sociale du Rojava est-elle en train d’être assassinée par l’empire ?…

Bref récapitualtion pour ceux qui prendraient le train en marche: le Rojava est la province du nord de la Syrie où vit une conséquente population kurde. Sous l’influence politique de transfuges du PKK (Parti Ouvrier Kurde) turc, les Kurdes de Syrie se sont regroupés de manière autonome en appliquant depuis déjà une dizaine d’années un modèle de société égalitaire, géré sur le modèle du Confédéralisme Démocratique (CD, dont l’analyse et le plan général fut écrit en 2011 par le leader du PKK, emprisonné en Turquie: Abdullah Ocalan) et de ses assemblées populaires.

La mise en pratique du CD s’est amplifiée dans la région du Rojava depuis les débuts de l’agression par procuration de l’empire occidental et ses alliés régionaux (Turquie, Jordanie, Israël, Qatar, Arabie Saoudite) sur le peuple syrien afin de s’emparer des ressources naturelles du pays et contrôler l’acheminement du gaz qatari (Exxon-Mobil) vers l’Europe. Ainsi depuis 2012, les milices combattantes de la province autonome kurde du Rojava ont combattu les incursions de l’EIIL (Daesh), libérées les populations Yézidis dans les montagnes des massacres à leur encontre perpétrés par les “djihadistes” de l’armée mercenaire de l’OTAN qu’est Daesh, repoussées les assauts de ces mêmes mercenaires sur la ville principale de Kobané et maintenues actifs les modes de fonctionnements de la société autonome, autogérée et égalitaire mise en place au Rojava par ses populations depuis 2004.

Le CD est le résultat de la profonde réflexion politique d’Abdullah Ocalan, qui à la fin des années 1990 abandonna, ainsi que le PKK, peu à peu l’idéologie marxiste-léniniste ne pouvant mener qu’à la dictature du capitalisme d’état, pour adopter un mode organisationnel directement inspiré du communalisme écologique et municipalisme libertaire, pensé par l’ex-marxiste devenu anarchiste Murray Bookchin et soutenu par sa compagne Janet Biehl, qui s’est rendue au Rojava à plusieurs reprises. Le CD, tel qu’envisagé par Ocalan, est une société fondée sur l’association libre confédérée des communes, où les décisions politiques et économiques sont prises par les conseils et assemblées populaires et où les délégués n’ont aucun pouvoir, seulement le mandat d’expliquer et d’écouter pour rendre compte.

Les circonstances de la guerre en Syrie et les interactions multiples auxquelles ont dû faire face les communautés avec les différents intervenants, a rendu nécessaire la mise en place d’une entité de “communication” issue d’un parti le PYD (2003), branche du PKK turc au Rojava. Techniquement, les cadres du PYD rendent des comptes aux assemblées populaires de leur lieu de fonction.

Avec la poussée et incrustation américaine dans le nord de la Syrie depuis 2015, le Rojava a décidé en 2016 de se donner une constitution de 96 articles, appelée “Contrat Social du Rojava”, qui a été provisoirement mis en application et qui doit être ratifié par une assemblée constituante cette année.

Or, lorsqu’on lit ce “contrat social” du Rojava (2016) après avoir lu le “Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique” d’A. Ocalan (2011), on se rend très vite compte que le “contrat social” émergeant n’est en rien issus du modèle de CD tel que l’a pensé son fondateur et tel qu’il fut mis en pratique sur le terrain du Rojava, dans les communes autonomes, depuis plus de 10 ans et surtout depuis 2011. Il s’agit en fait de la constitution d’un état sur un modèle occidental centralisé, bien sûr édulcoré et mis au “goût local” avec ses provisions pour la multi-ethnicité et le féminisme, bonnes choses en elles-mêmes, mais noyées dans une structure d’assemblée législative aux mandats non révocables de 4 ans, avec un contrôle de la dite assemblée par un comité soi-disant indépendant mais… néanmoins nommé par l’assemblée, avec des gouverneurs nommés, des commissions, ces conseils supérieurs de l’exécutif, judiciaire, aucune mention faite aux assemblées populaires ; bref à notre sens, une véritable mascarade qui ne mènera à terme qu’à l’établissement d’un état kurde, d’un “Kurdistan Occidental”, sur un modèle politique hiérarchique classique dit “pyramidal”, qui verra les décisions à terme, être prises en haut pour redescendre et être appliquées “en bas”.

De fait, le “contrat social” du Rojava est si éloigné du “Manifeste pour un CD” d’Ocalan, qu’on peut légitimement se demander s’il n’a pas été pondu dans les burlingues de Washington par quelques juristes impérialistes à la solde. Pourquoi donc ?

La vaste région historique du “Kurdistan” s’étale en fait sur 4 pays et leurs frontières modernes: la Turquie (ex-empire Ottoman défait en 1918), la Syrie (dont les frontières modernes sont le résultat du détricotage de l’empire Ottoman au profit de deux autres empires: l’anglais et le français de l’époque), l’Irak (ex-empire Ottoman) et l’Iran et possède sa population endémique à l’endroit depuis le néolithique. Cette région de nos jours est toujours l’enjeu du grand cirque du contrôle géopolitique entre les “grandes puissances” pour des raison d’accès, de communication, de ressources naturelles (gaz et pétrole) et de contrôle des populations au profit de l’entité coloniale sioniste locale. La guerre par procuration en Syrie fait partie d’un aussi vaste projet de déstabilisation de la région au profit de l’empire anglo-américano-sioniste et de ses satellites ; depuis 2011, l’empire y utilise, ainsi qu’en Irak, son armée mercenaire djihadiste de l’EIIL ou Daesh, Ne pouvant évincer militairement le régime de Damas, aidé par la Russie, l’Iran et le Hezbollah, l’empire s’est résolu à une partition de la Syrie, concertée avec ses alliés. Le but de l’empire est de contrôler un couloir de terres allant de l’Iran à la Méditerranée, celui-ci passe par les Kurdistans irakien et syrien. L’affaire se complique dans la mesure où le Kurdistan indépendant irakien n’a absolument rien à voir avec le CD du Rojava. Le Kurdistan irakien est géré depuis l’après Saddam Hussein par un chef de guerre mafieux local du nom de Barzani. Le but de l’empire est de lier les deux entités kurdes du nord. Ceci n’est pas possible dans le contexte du CD, il faut donc court-circuiter le système démocratique en place et y mettre ses pions corrompus qui à terme, s’allieront avec les Kurdes d’Irak.

C’est le but non avoué de cette “constitution / contrat social” de mascarade pour entériner un “sous-état” kurde au nord de la Syrie, sous contrôle de l’empire, qui y installera ses bases militaires et contrôlera les ressources pétrolières via la mafia locale à y établir comme ce fut fait au Kurdistan irakien.

De fait, il devient assez clair que le Confédéralisme Démocratique du Rojava a été trahi, et se retrouve étouffé pas à pas jusqu’à son estompage total au fil du temps au profit d’en entité étatique dont il sera aisé de faire varier le degré de dictature comme dans tout état existant, le tout au profit des intérêts impérialistes et coloniaux occidentaux dans la région. Ceci fait partie du plan impérialiste de partition de la Syrie, état moderne résultant lui-même d’un précédent détricotage colonial et aux “frontières” factices tout comme les états voisins.

Peu d’information filtre depuis l’an dernier du Rojava. Nous avons soutenu et soutenons la véritable initiative du  CD du Rojava depuis quelques années et pensons qu’elle devrait être considérée par le peuple syrien et tous les peuples de la région, arabes, turc, assyrien, arménien et autres comme le mode d’interaction et d’organisation sociales pour l’avenir. Puissent les peuples du monde en venir à considérer ces expériences du Rojava, du Chiapas, et celles à plus petite échelle comme à plus grande, comme expériences politiques d’intérêt à adapter dans et pour chaque société. Au demeurant, il nous est impossible de soutenir l’initiative fantoche du “contrat social” du Rojava tel qu’il est mis en place aujourd’hui et qui ne peut mener à terme qu’à l’étatisation, à la centralisation définitive du système politique et économique de cette région qui se veut autonome et sans État et qui verrouillera le peuple de nouveau dans un système à pouvoir divisé, oligarchique et coercitif, principe de la dictature à géométrie variable constitutif de tout état.

Nous remercions en cette occasion de mise au point un de nos lecteurs et commentateur assidu, “La Cariatide / Bertand”, qui par son titillement critique nous a incité à revisiter cette affaire du Rojava au sujet de laquelle les infos fiables se faisaient de plus en plus rares… et pour cause… Ce qui nous laissa assoupis dans ce secteur d’analyse.

C’est en prenant le temps de lire les textes officiels, que peu de gens lisent en fait, qu’on apprend les choses qui permettent, avec le recul nécessaire, de se forger un avis critique.

En l’occurence, nous révisons notre positon sur le Rojava en affirmant toujours avec passion: Vive le Rojava du véritable confédéralisme démocratique ! et dans le même temps: Non à la mascarade étatique pro-impérialiste du “contrat social du Rojava”, trahison dans le fond et dans la forme, sous l’égide yankee, du confédéralisme démocratique tel qu’il a été pensé et doit continuer à être mis en application pour et par le peuple constitué en assemblées populaires seules habilitées à la prise de décision depuis la base, localement, régionalement et confédérativement !

= = =

confederalisme_democratique (Version PDF en français)

Résistance au colonialisme: Pouvoir naturel et société organique… (Mohawk Nation News)

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Pouvoir naturel

 

Mohawk Nation News

 

14 septembre 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/09/14/natural-power/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Notre famille est les plantes, la terre, les animaux, les eaux et tout ce qu’il y a dans l’air. Nous ne pouvons pas tuer ou blesser l’un d’entre eux. Nous devons éviter et essayer d’arrêter tout ce qui tue la véritable vie naturelle.

Au début, nous avons essayé d’adopter les envahisseurs pour qu’ils vivent comme nous. Mais ils ne purent pas car ils amenèrent des filets, des pièges et des poisons pour tuer toute vie sur l’île de la Grande Tortue.

Pour les colons nous ne sommes que poussière. Notre esprit ne peut être camouflé ni capturé. Nous apparaissons hors de la poussière, ils nous regardent mais ne nous voient pas. Puis nous disparaissons et retournons vers notre famille.

La Nature/création nous a placé au sein de nos territoires. Les envahisseurs ont inventé des histoires à notre sujet et les ont transformées en histoires à dormir debout.

Les gens, les animaux et le paysage, la terre, sont inséparables. Tous suivent le cheminement des nuages. Nous portons en nous-mêmes nos véritables histoires.

Pour survivre, nous envoyons nos enfants. Ils vont et viennent à une fréquence que personne sauf nous peut entendre. Les immigrants qui occupent leurs cellules nous regardent au travers de leurs barreaux, en essayant constamment de nous attirer dans leurs prisons [leur société]. Nous nous approchons d’eux, les observons et retournons dans notre monde. Notre pouvoir naturel est la Nature elle-même.

Nous envoyons des messages aux êtres non-naturels pour les aider à enlever les barreaux autour de leur société. Nous tirons sur leurs cordes. Pour survivre et échapper à la colère des occupants anti-naturels, nous nous confondons dans l’environnement et nous réapparaissons. Ils font des statues de ciment et de marbre pour se rappeler de leurs mensonges à leur et notre sujets.

Nous évaluons constamment les situations pour voir s’ils adhèrent au pouvoir naturel. Certains d’entre nous les imitent. La plupart ne sont pas empoisonnés [à leur contact]. Nous remettons tout en cause. Nos esprits n’auront jamais les caractéristiques de ces esprits anti-naturels qui ressemblent à l’esprit du mouton.

Nous survivrons en tant que partie intégrante de notre véritable famille naturelle. Le monde moderne et artificiel continue d’essayer de tuer nos modes de vies anciens. Ils nous attaquent volontairement. Nous vivons sur nos territoires. Nous les patrouillons. Nos relations avec nos frères ailés, à quatre pattes, les arbres, les plantes, dépendent de nous pour suivre les instructions originelles. Nous survivrons et co-existerons sur notre terre-mère en tant que frères et sœurs.

Nous revenons sans cesse afin de nous rappeler que nous ne voulons rien avoir à faire avec leur veulerie et leur malfaisance.

Résistance politique: Le droit d’ignorer l’État

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Il est très intéressant de noter que l’auteur de ce texte, Herbert Spencer,  allait devenir moins de 20 ans plus tard un des piliers du darwinisme-social, théorie de la justification oligarchique et fut à l’origine de l’expression de la « survie du plus fort » dans son ouvrage publié en 1864: « Principes de biologie ». En 1850, sa vision était pur le moins anarchisante. Renier ce qu’on a dit n’est pas le réfuter ni l’invalider… C’est pourquoi ce texte résonne toujours juste aujourd’hui.

~ Résistance 71 ~

 

Le droit d’ignorer l’État

 

Herbert Spencer (1850)

 

Publié en francais dans la “Brochure Mensuelle”, Octobre 1923

I

Comme corollaire à la proposition que toutes les institutions doivent être subordonnées à la loi d’égale liberté, nous devons nécessairement admettre le droit du citoyen d’adopter volontairement la condition de hors-la-loi. Si tout homme a la liberté de faire tout ce qu’il veut, pourvu qu’il n’enfreigne pas la liberté égale de quelque autre homme, alors il est libre de rompre tout rapport avec l’État, — de renoncer à sa protection et de refuser de payer pour son soutien. Il est évident qu’en agissant ainsi il n’empiète en aucune manière sur la liberté des autres, car son attitude est passive, et tant qu’elle reste telle il ne peut devenir un agresseur. Il est également évident qu’il ne peut être contraint de continuer à faire partie d’une communauté politique sans une violation de la loi morale, puisque la qualité de citoyen entraîne le paiement de taxes et que la saisie des biens d’un homme contre sa volonté est une infraction à ses droits. Le gouvernement étant simplement un agent employé en commun par un certain nombre d’individus pour leur assurer des avantages déterminés, la nature même du rapport implique qu’il appartient à chacun de dire s’il veut ou non employer un tel agent. Si l’un d’entre eux décide d’ignorer cette confédération de sûreté mutuelle, il n’y a rien à dire, excepté qu’il perd tout droit à ses bons offices et s’expose au danger de mauvais traitements, — une chose qui lui est tout à fait loisible de faire s’il s’en accommode. Il ne peut être maintenu de force dans une combinaison politique sans une violation de la loi d’égale liberté ; il peut s’en retirer sans commettre aucune violation de ce genre ; et il a, par conséquent, de droit de se retirer ainsi.

II

« Nulle loi humaine n’est d’aucune validité si elle est contraire à la loi de la nature, et telles d’entre les lois humaines qui sont valides tirent toute leur force et toute leur autorité, médiatement et immédiatement, de cet original. » Ainsi écrit Blackstone[1], dont c’est l’honneur d’avoir à ce point dépassé les idées de son temps, — et, vraiment, nous pouvons dire de notre temps. Un bon antidote, cela, contre ces superstitions politiques qui prévalent si largement. Un bon frein au sentiment d’adoration du pouvoir qui nous égare encore en nous conduisant à exagérer les prérogatives des gouvernements constitutionnels, comme jadis celles des monarques. Que les hommes sachent qu’une puissance législative n’est pas « notre Dieu sur la terre », quoique, par l’autorité qu’ils lui attribuent et par les choses qu’ils attendent d’elle, il semblerait qu’il l’imaginassent ainsi. Mieux, qu’ils sachent que c’est une institution servant à des fins purement temporaires, et dont le pouvoir, quand il n’est pas volé, est, tout au moins, emprunté.

Qui plus est, en vérité, n’avons-nous pas vu que le gouvernement est essentiellement immoral ? N’est-il pas la postérité du mal, portant autour d’elle toutes les marques de son origine ? N’existe-t-il pas parce que le crime existe ? N’est-il pas fort, ou, comme nous disons, despotique, quand le crime est grand ? N’y a-t-il pas plus de liberté — c’est-à-dire moins de gouvernement — à mesure que le crime diminue ? Et le gouvernement ne doit-il pas cesser quand le crime cesse, par le manque même d’objets sur lesquels accomplir sa fonction ? Non seulement le pouvoir des maîtres existe à cause du mal, mais il existe parle mal. La violence est employée pour le maintenir et toute violence entraîne criminalité. Soldats, policiers et geôliers, épée, bâtons et chaînes sont des instruments pour infliger de la peine, et toute infliction de peine est, par essence, injuste. L’État emploie les armes du mal pour subjuguer le mal et est contaminé également par les objets sur lesquels il agit et par les moyens à l’aide desquels il opère. La moralité ne peut le reconnaître, car la moralité, étant simplement une expression de la loi parfaite, ne peut donner nul appui à aucune chose croissant hors de cette loi et ne subsistant que par les violations qu’elle en fait. C’est pourquoi l’autorité législative ne peut jamais être morale, — doit toujours être seulement conventionnelle.

Il y a, pour cette raison, une certaine inconséquence dans l’essai de déterminer la position, la structure et la conduite justes d’un gouvernement par appel aux premiers principes de l’équité. Car, comme il vient d’être démontré, les actes d’une institution qui est imparfaite, à la fois par nature et par origine, ne peuvent être faits pour s’accorder avec la loi parfaite. Tout ce que nous pouvons faire est d’établir : premièrement, dans quelle attitude une puissance législative doit demeurer à l’égard de la communauté pour éviter d’être, par sa seule existence, l’injustice personnifiée ; deuxièmement, de quelle manière elle doit être constituée afin de se montrer le moins possible en opposition avec la loi morale ; et, troisièmement, à quelle sphère ses actions doivent être limitées pour l’empêcher de multiplier ces violations de l’équité pour la prévention desquelles elle est instituée.

La première condition à laquelle on doit se conformer avant qu’une puissance législative puisse être établie sans violer la loi d’égale liberté est la reconnaissance du droit maintenant en discussion, — le droit d’ignorer l’État.

III

Les partisans du pur despotisme peuvent parfaitement s’imaginer que le contrôle de l’État doit être illimité et inconditionnel. Ceux qui affirment que les hommes sont faits pour les gouvernements sont qualifiés pour soutenir logiquement que nul ne peut se placer au delà des bornes de l’organisation politique. Mais ceux qui soutiennent que le peuple est la seule source légitime de pouvoir, — que l’autorité législative n’est pas originale, mais déléguée, — ceux-là ne sauraient nier le droit d’ignorer l’État sans s’enfermer dans une absurdité.

Car, si l’autorité législative est déléguée, il s’ensuit que ceux de qui elle procède sont les maîtres de ceux à qui elle est conférée ; il s’ensuit, en outre, que comme maîtres ils confèrent ladite autorité volontairement ; et cela implique qu’ils peuvent la donner ou la retenir comme il leur plaît. Qualifier de délégué ce qui est arraché aux hommes, qu’ils le veuillent ou non, est une absurdité. Mais ce qui est vrai ici de tous collectivement est également vrai de chacun en particulier. De même qu’un gouvernement ne peut justement agir pour le peuple que lorsqu’il y est autorisé par lui, de même il ne peut justement agir pour l’individu que lorsqu’il y est autorisé par lui. Si A, B et C délibèrent, s’ils doivent employer un agent à l’effet d’accomplir pour eux un certain service, et si, tandis que A et B conviennent de la faire, C est d’un avis contraire, C ne peut être équitablement considéré comme partie à la convention en dépit de lui-même. Et cela doit être également vrai de trente comme de trois ; et si de trente, pourquoi pas de trois cents, ou trois mille, ou trois millions ?

IV

Des superstitions politiques auxquelles il a été fait allusion précédemment, aucune n’est aussi universellement répandue que l’idée selon laquelle les majorités seraient toutes-puissantes. Sous l’impression que le maintien de l’ordre exigera toujours que le pouvoir soit dans la main de quelque parti, le sens moral de notre temps juge qu’un tel pouvoir ne peut être convenablement conféré à personne sinon à la plus grande moitié de la société. Il interprète littéralement le diction : « La voix du peuple est la voix de Dieu », et transférant à l’un la sainteté attachée à l’autre, il conclut que la volonté du peuple — c’est-à-dire de la majorité — est sans appel. Cependant, cette croyance est entièrement fausse.

Supposez un instant que, frappée de quelque panique malthusienne, une puissance législative représentant dûment l’opinion publique projetât d’ordonner que tous le enfants à naître durant les dix années futures soient noyés. Personne pense-t-il qu’un tel acte législatif serait défendable ? Sinon, il y a évidemment une limite au pouvoir d’une majorité. Supposez encore que deux races vivant ensemble — Celtes et Saxons, par exemple, — le plus nombreuse décidât de faire des individus de l’autre race ses esclaves. L’autorité du plus grand nombre, en un tel cas, serait-elle valide ? sinon, il y a quelque chose à quoi son autorité doit être subordonnée. Supposez, une fois encore, que tous les hommes ayant un revenu annuel de mois de 50 livres sterling résolussent de réduire à ce chiffre tous les revenus que le dépassent et d’affecter l’excédent à des usages publics. Leur résolution pourrait-elle être justifiée ? Sinon, il doit être une troisième fois reconnu qu’il est une loi à laquelle la voix populaire doit déférer. Qu’est-ce donc que cette loi, sinon la loi de la pure équité, — la loi d’égale liberté ? Ces limitations, que tous voudraient mettre à la volonté de la majorité, sont exactement le droit d’une majorité d’assassiner, d’asservir et de voler, simplement parce que l’assassinat, l’asservissement et le vol sont des violations de cette loi, — violations trop flagrantes pour être négligées. Mais si de grandes violations de cette loi sont iniques, de plus petites le sont aussi. Si la volonté du grand nombre ne peut annuler le premier principe de moralité en ces cas-là, non plus elle ne le peut en aucun autre. De sorte que, quelque insignifiante que soit la minorité et minime la transgression de ses droits qu’on se propose d’accomplir, aucune transgression de ce genre ne peut être permise.

Quand nous aurons rendu notre constitution purement démocratique, pense en lui-même l’ardent réformateur, nous aurons mis le gouvernement en harmonie avec la justice absolue. Une telle foi, quoique peut-être nécessaire pour l’époque, est très erronée. En aucune manière, la coercition ne peut être rendue équitable. La forme de gouvernement la plus libre n’est que celle qui soulève le moins d’objections. La domination du grand nombre par le petit nombre, nous l’appelons tyrannie : la domination du petit nombre par le grand nombre est tyrannie aussi, mais d’une nature moins intense. « Vous ferez comme nous voulons, et non comme vous voulez » est la déclaration faite dans l’un et l’autre cas ; et si cent individus la font à quatre-vingt-dix-neuf, au lieu de quatre-vingt-dix-neuf aux cent, c’est seulement d’une fraction moins immoral. De deux semblables partis, celui, quel qu’il soit, qui fait cette déclaration et en impose l’accomplissement, viole nécessairement la loi d’égale liberté, la seule différence étant que par l’un elle est violée dans la personne que quatre-vint-dix-neuf individus, tandis que par l’autre elle est violée dans la personne de cent. Et le mérite de la forme démocratique du gouvernement consiste uniquement en ceci, — qu’elle offense le plus petit nombre.

L’existence même de majorités et de minorités est l’indice d’un état immoral. Nous avons vu que l’homme dont le caractère s’harmonise avec la loi morale peut obtenir le bonheur complet sans amoindrir le bonheur de ses semblables. Mais l’établissement d’arrangements publics par le vote implique une société composée d’hommes autrement constitués, — implique que les désirs de certains ne peuvent être satisfaits sans sacrifier les désirs des autres, — implique que dans la poursuite de son bonheur la majorité inflige une certaine somme de malheurà la minorité, — implique, par conséquent, l’immoralité organique. Ainsi, à un autre point de vue, nous découvrons de nouveau que même dans sa forme la plus équitable il est impossible au gouvernement de se dissocier du mal ; et, en outre, que, à moins que le droit d’ignorer l’État ne soit reconnu, ses actes doivent être essentiellement criminels.

V

Qu’un homme est libre de renoncer aux bénéfices de la qualité de citoyen et d’en rejeter les charges peut, en vérité, être inféré des admissions d’autorités existantes et de l’opinion actuelle. Quoique probablement non préparés à une doctrine aussi avancée que celle ici soutenue, les radicaux d’aujourd’hui, encore qu’à leur insu, professent leur foi en une maxime qui donne manifestement un corps à cette doctrine. Ne les entendons-nous pas continuellement citer l’assertion de Blackstone selon laquelle « Nul sujet anglais ne peut être contraint à payer des aides et des taxes, même pour la défense du royaume ou le soutien du gouvernement, sauf celles qui lui sont imposées par son propre consentement ou par celui de son représentant au Parlement » ? Et qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie, disent-ils, que tout homme devrait posséder le droit de vote. Sans aucun doute ; mais cela signifie bien davantage. S’il y a quelque sens dans les mots, c’est une énonciation précise du droit même pour lequel nous combattons à présent. En affirmant qu’un homme ne peut être taxé à moins qu’il n’ait, directement ou indirectement, donné son consentement, on affirme aussi qu’il peut refuser d’être ainsi taxé ; et refuser d’être taxé, c’est rompre toute connexion avec l’État. On dira peut-être que ce consentement n’est pas spécifique, mais général, et que le citoyen est sous-entendu avoir acquiescé à toute chose que son représentant puisse faire, quand il vota pour lui. Mais supposez qu’il n’ait pas voté pour lui et qu’au contraire il ait fait tout en son pouvoir pour élire quelqu’un soutenant des idées opposées — quoi alors ? La réplique sera probablement qu’en prenant part à une semblable élection, il convenait tacitement de s’en tenir à la décision de la majorité. Et comment s’il n’a pas voté du tout ? Mais alors il ne peut à bon droit se plaindre d’aucune taxe, puisqu’il n’éleva aucune protestation contre son imposition ! Ainsi, assez curieusement, il paraît qu’il donnait son consentement de quelque manière qu’il agît, — soit qu’il dît : « Oui », qu’il dît : « Non » ou qu’il restât neutre ! Une doctrine plutôt embarrassante, celle-là ! Voilà un infortuné citoyen à qui il est demandé s’il veut payer pour un certain avantage proposé ; et, qu’il emploie le seul moyen d’exprimer son refus ou qu’il ne l’emploie pas, il nous est fait savoir que pratiquement il y consent, si seulement le nombre des autres qui y consentent est plus grand que le nombre de ceux qui s’y refusent. Et ainsi nous sommes amenés à l’étrange principe que le consentement de A à une chose n’est pas déterminé par ce que A dit, mais par ce que B peut arriver à dire !

C’est à ceux qui citent Blackstone de choisir entre cette absurdité et la doctrine exposée plus haut. Ou sa maxime implique de droit d’ignorer l’État ou elle est pure sottise.

VI

Il y a une singulière hétérogénéité dans nos fois politiques. Des systèmes qui furent à la mode et çà et là commencèrent à laisser passer le jour sont rapiécés de fond en comble avec des idées modernes dissemblables en qualité et en couleur ; et les hommes, gravement, déploient ces systèmes, s’en revêtent et se promènent en paradant à la ronde, tout à fait inconscients de leur grotesque. Notre présent état de transition, participant comme il le fait, également du passé et du futur, donne naissance à des théories hybrides où se manifeste l’assemblage le plus disparate du despotisme passé et de la liberté future. Voici des types de l’ancienne organisation curieusement déguisés sous les germes de la nouvelle — des particularités montrant l’adaptation à un état antécédent modifié par des rudiments qui prophétisent quelque chose à venir — faisant tous ensemble un mélange si chaotique de parentés que rien n’indique à quelle classe ces enfants du siècle devraient être rattachés.

Comme les idées doivent nécessairement porter l’empreinte du temps, il est inutile de déplorer le consentement avec lequel ces absurdes croyances sont soutenues. D’ailleurs, il semblerait regrettable que les hommes ne continuassent pas jusqu’à la fin les enchaînements de raisonnements qui ont mené à ces modifications partielles. Dans le cas présent, par exemple, la logique les forcerait à admettre que, sur d’autres points à côté de celui qui vient d’être examiné, ils soutiennent des opinions et emploient des arguments dans lesquels le droit d’ignorer l’État est contenu.

Car, quelle est la signification du non-conformisme ? Il fut un temps où la foi religieuse d’un homme et son mode de culte étaient déterminables par la loi à l’égal de ses actes séculiers ; et, conformément à certaines dispositions existant dans nos lois, il en est encore ainsi. Cependant, grâce à la croissance d’un esprit protestant, nous sommes parvenus à ignorer l’État en cette matière, — entièrement en théorie et partiellement en pratique. Mais de quelle manière ? En adoptant une attitude qui, pourvu qu’elle soit maintenue en conformité avec son principe, implique un droit d’ignorer l’État entièrement. Observez l’attitude des deux partis. « Ceci est votre credo », dit le législateur, « vous devez croire et professer ouvertement ce qui est fixé ici pour vous. » — « Je ne ferai rien de la sorte », répond le non-conformiste, « j’irai plutôt en prison ».

— « Vos actes religieux », poursuit le législateur, « seront tels que nous les avons prescrits. Vous irez aux églises que nous avons fondées et vous adopterez les cérémonies qui y seront célébrées ». — « Rien ne m’induira à faire ainsi », est la réplique ; « je nie absolument votre pouvoir de me dicter quoi que ce soit en pareille matière et me propose de résister jusqu’à la dernière extrémité ». — « Enfin », ajoute le législateur, « nous vous requerrons de payer telles sommes d’argent que nous pourrons juger à propos de demander pour le soutien de ces institutions religieuses ». — « Vous ne tirerez pas un liard de moi », se récrie notre obstiné indépendant ; « même si je croyais dans les dogmes de votre Église (ce que je ne fais pas), je me rebellerais encore contre votre intervention, et si vous prenez ce que je possède, ce sera par la force et malgré ma protestation ».

Or, à quoi se réduit cette manière d’agir quand elle est considérée dans l’abstrait ? Elle se réduit à une affirmation par l’individu du droit d’exercer une de ses facultés — le sentiment religieux — en toute liberté et sans aucune limite autre que celle assignée par le droit égal d’autrui. Et que signifie l’expression : « Ignorer l’État » ? Simplement une affirmation du droit d’exercer de la même manière toutes les facultés. L’un est exactement une continuation de l’autre, — repose sur le même fondement que l’autre, — doit tenir ou tomber avec l’autre. De bonne foi, les hommes parlent de la liberté civile et de la liberté religieuse comme de choses différentes ; mais la distinction est tout à fait arbitraire. Elles sont parties d’un même tout et philosophiquement ne peuvent être séparées.

« Si, elles le peuvent », interpose un objecteur, « l’affirmation de l’une est impérative comme étant un devoir religieux. La liberté d’honorer Dieu de la manière qui lui semble convenable est une liberté sans laquelle un homme ne peut accomplir ce qu’il croit être des commandements divins, et, en conséquence sa conscience exige de lui qu’il la défende. » Fort bien ; mais comment si la même chose peut être affirmée de toute autre liberté ? Comment si la défense de celle-ci se transforme aussi en une matière de conscience ? N’avons-nous pas vu que le bonheur humain est la volonté divine, — que ce bonheur ne peut être obtenu que par l’exercice de nos facultés — et qu’il est impossible de les exercer sans la liberté ? Et si cette liberté pour l’exercice des facultés est une condition sans laquelle la volonté divine ne peut être accomplie, sa défense est, suivant la propre démonstration de notre objecteur, un devoir. En d’autres termes, il est manifeste, non seulement que la défense de la liberté d’action peut être un point de conscience, mais encore qu’elle doit en être un. Et ainsi nous voyons clairement que le droit d’ignorer l’État en matière religieuse et le droit d’ignorer l’État en matière séculière sont par essence identiques.

L’autre raison communément assignée à la non-conformité admet un traitement similaire. Outre qu’il résiste à la prescription de l’État par principe, le dissident y résiste par désapprobation de la doctrine enseignée. Aucune injonction législative ne lui fera adopter ce qu’il considère comme une croyance fausse ; et, se souvenant de son devoir envers ses semblables, il refuse d’aider, au moyen de sa bourse, à disséminer cette croyance fausse. L’attitude est parfaitement compréhensible. Mais c’est une attitude qui, ou conduit aussi ses adhérents à la non-conformité civile, ou les laisse dans un dilemme. Car pourquoi refusent-ils de contribuer à propager l’erreur ? Parce que l’erreur est contraire au bonheur humain. Et pour quel motif désapprouve-t-on une partie quelconque de la législation civile ? Pour la même raison, — parce qu’on la juge contraire au bonheur humain. Comment alors pourrait-il être démontré qu’on doit résister à l’État dans un cas et non dans l’autre ? Personne affirmera-t-il délibérément que, si un gouvernement nous demande de l’argent pour aider à enseigner ce que nous pensons devoir produire le mal, nous devons le lui refuser, mais que, si l’argent est destiné à faire ce que nous pensons devoir produire le mal, nous ne devons pas le lui refuser ? Telle est, cependant, l’encourageante proposition qu’ont à soutenir ceux qui reconnaissent le droit d’ignorer l’État en matière religieuse, mais le nient en matière civile.

VII

La substance de ce chapitre nous rappelle une fois de plus l’incompatibilité existant entre une loi parfaite et un État imparfait. La praticabilité du principe ici posé varie en raison directe avec la moralité sociale. Dans une communauté entièrement vicieuse, son admission engendrerait le désordre. Dans une communauté complètement vertueuse, son admission sera à la fois inoffensive et inévitable. Le progrès vers une condition de santé sociale — c’est-à-dire une condition où il n’y aura plus besoin des mesures curatives de la législation — est le progrès vers une condition où ces mesures curatives seront rejetées et où l’autorité qui les prescrit sera méprisée. Les deux changements seront nécessairement coordonnés. Ce sens moral sont la suprématie rendra la société harmonieuse et le gouvernement inutile est le même sens moral qui alors portera chaque homme à affirmer sa liberté, même au point d’ignorer l’État, — est le même sens moral qui, en détournant la majorité de contraire la minorité, rendra finalement le gouvernement impossible. Et comme les manifestations simplement différentes d’un même sentiment doivent montrer un rapport constant de l’une à l’autre, la tendance à répudier les gouvernements augmentera seulement dans la même mesure où les gouvernements deviendront inutiles.

Que personne ne soit donc alarmé à la divulgation de la doctrine qui précède. De nombreux changements se succéderont encore avant qu’elle puisse commencer à exercer beaucoup d’influence. Un grand laps de temps s’écoulera probablement avant que le droit d’ignorer l’État soit généralement admis, même en théorie. Plus de temps encore se passera avant qu’il reçoive la reconnaissance législative. Et même alors, il y aura abondance de freins à son exercice prématuré. Une âpre épreuve instruira suffisamment ceux qui seraient susceptibles d’abandonner trop tôt la protection légale. Cependant, il y a dans la majorité des hommes un tel amour des arrangements établis et une si grande terreur des expériences que, vraisemblablement, ils s’abstiendront d’user de ce droit jusqu’à longtemps après qu’il sera sans danger de le faire.

Histoire et résistance… « Vous ne pouvez pas être neutre dans un train en marche » (compilation pdf de réflexions d’Howard Zinn)

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Résistance 71

13 septembre 2017

Jo de JBL1960 a fait ce superbe PDF de nos traductions d’Howard Zinn depuis 2012 qui met superbement et sobrement en valeur la pensée critique de l’historien militant.

A lire et à diffuser sans aucune modération…

Compilation Howard Zinn « Vous ne pouvez pas être neutre dans un train en marche »(PDF)

Crise permanente du capitalisme… Pour ceux qui n’auraient pas encore compris qu’…

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Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais ! Il est plus que grand temps d’agir et de mettre en mouvement la société des sociétés.

~ Résistance 71 ~

 

La prochaine crise systémique est déjà là

 

Badia Benjelloun

 

4 septembre 2017

 

url de l’article original:

http://www.librairie-tropiques.fr/2017/09/le-diagnostic-geopolitique-du-dr-benjelloun-la-crise-en-marche.html

 

Le FMI a récemment alerté les Usa sur la situation de leurs firmes dont le niveau d’endettement facilité par des taux d’intérêts très faibles risquent de compromettre la stabilité du système financier (1). C’est le cas particulièrement du secteur de l’énergie, de l’immobilier où la dette représente 4 à 6 fois les fonds propres. (2) L’actuelle reprise des forages pour exploiter le gaz de schiste au Dakota, au Texas et en Virginie avec de nouveaux prêts accordés bénéficie de la remontée du cours du baril depuis la restriction de l’offre mondiale résultant des accords Russie-Séoud pour l’OPEP.

La demande mondiale est atone, en accord avec la stagnation de la croissance mondiale. Un rebond de la consommation mondiale au deuxième trimestre est lié à un appétit plus important (2’) de l’Inde en hydrocarbures, géant continental qui est totalement dépendant de ses importations. Un contrat de dix ans signé au 2016 avec la Russie pour 100 millions de tonnes livrables en 10 ans assurera son ravitaillement. Rosneft a de plus acquis Essar Oil, une raffinerie sur la côte Ouest de l’Inde d’une capacité de 400 000 barils/jour. (2’’)

L’énorme dette privée étasunienne s’est encore accrue avec des prêts à la consommation, hausse au recours aux cartes de crédit de plus de 4% (encours de 880 Milliards) et prêts automobiles et dette étudiante. Elle continue de reposer sur les emprunts des particuliers. Le crédit immobilier en constitue une part majoritaire (8400 milliards sur 12 600) mais il recule dans sa composition.

Les constructeurs automobiles voient leur chiffre de vente baisser en 2017 et leur prévision pour 2018 n’est pas meilleure. Le nombre de stock d’invendu n’a jamais connu un pic de cette ampleur et le prix de l’occasion s’affaisse. La bulle de 1100 milliards du prêt pour l’automobile, grandement encouragé par les incitations fiscales de l’administration précédente est près d’éclater. (3)

La dette étudiante a atteint 1480 milliards en avril 2017. Les frais de scolarité ont grimpé 4 fois plus vite que les prix à la consommation en 40 ans. Trois raisons se sont conjuguées, une forte demande, une baisses des aides des collectivités et des revenus moindres des fonds d’investissement des universités depuis la dernière crise de 2007. C’est l’État fédéral qui est prêteur à plus de 70% à ceux qui espèrent tirer de leurs titres universitaires une source de revenus. La rente de ce prêt figure dans ses revenus, au même titre que ses recettes fiscales en baisse continue. En avril 2016, selon le Wall Street Journal 22 millions d’Étasuniens étaient en retard de leur paiement et un emprunteur sur 6, soit 3,6 millions d’ex étudiants, est en situation de défaut sur sa dette . Il n’a effectué aucun remboursement depuis plus d’un an. 3 millions ont obtenu un rééchelonnement de leur dette. Cette situation illustre la stagnation du « marché du travail », avec un chômage des diplômés du supérieur qui suit la courbe générale du chômage. La contraction de leurs salaires de 8%, rend encore plus difficile le remboursement de leur dette.

La dette publique des Usa caracole cette année vers les 20 000 milliards de dollars, elle dépasse largement le PIB. Elle est grosse d’un problème majeur jusque là occulté. Il s’agit des ponctions réalisées par l’État fédéral dans les fonds de réserve de la Sécurité Sociale et des retraites pour son fonctionnement alors qu’il s’est amputé de ses ressources pour réduire les impôts payés par les firmes. (4) Il est estimé que si les taux de rendement des fonds de pensions publics se situent à un niveau de 4% et non de 7% comme tel qu’il est apprécié par leurs gestionnaires, le manque de provisionnement des rentes à servir est de 5000 à 8000 milliards de dollars et non de 2000. (5) Une armée de futurs retraités, celle qui aura survécu à la dépression et à la dépendance aux opioïdes, va s ‘apercevoir que ses cotisations n’ont été investi ni dans l’appareil productif ni dans les infrastructures ni dans l’éducation de ses enfants. Qu’il lui faudra continuer à travailler si elle trouve à s’employer dans les petits boulots.

L’instance capitaliste dominante est en quasi-faillite permanente.

Elle semble dépendre de deux ingrédients, la dette et la guerre.

Elle a vu fondre sa classe moyenne, passée de 54% à 50% en 20 ans avec de plus un revenu médian en baisse constante. (6) 70% du PIB est porté par la consommation, donc il lui faut s’endetter.

Ce que masque mal l’alignement de ces données c’est la rétribution plus faible des salariés et une distribution du revenu de la production en faveur du capital. Un taux de chômage savamment maîtrisé contracte la masse salariale autochtone et favorise l’extorsion de la plus-value. Un autre mécanisme intervient pour la contenir à ce stade du capitalisme mondialisé.

La concurrence salariale exogène.

A côté des déplacements d’unités de production vers des pays où la classe des travailleurs n’est pas organisée et n’a pas l’expérience des luttes accumulée depuis le triomphe du mode de production industriel capitaliste en Occident, un autre mécanisme la contient et la livre sans défense au capitalisme mondialisé.

L’impérialisme ne se contente plus de la liberté de circulation des capitaux et des marchandises.

Jusque là la main d’œuvre, source de plus-value à l’origine du profit était localisée à une nation. Ces trois dernières décennies se sont caractérisées par l’expansion de l’utilisation d’un salariat immigré dans les pays du Centre avec une accélération de ce phénomène depuis l’encouragement de mouvements migratoires liés aux guerres fomentés dans les pays périphériques. Cette mutation sociale a des conséquences sur la forme des antagonismes sociaux, leur expression politique, leur ‘ethnicisation’.

Trump a été élu sur la base de ses promesses intenables de fermer les frontières aux migrants mexicains et de restreindre sinon d’abolir les permis de travail HB1 pour les travailleurs qualifiés asiatiques et européens.

Le problème est configuré de manière analogue en Europe.

L’agriculture californienne ne peut se passer des Mexicains illégaux.

Le tourisme français incorpore notoirement des sans-papiers, de même pour le bâtiment et les travaux publics.

Il existe également une pression sur les salaires des travailleurs intellectuels en raison de l’emploi par les firmes (en particulier de la Silicon Valley) d’étrangers avec des visas HB1. (7)La concurrence de jeunes diplômés venus de pays tiers, l’Inde et la Chine fournissent moins, le différentiel des salaires et l’environnement sont désormais moins attractifs, reflète la division internationale du travail et l’existence de nations dominantes qui aspirent à elles à moindre coût toutes les ressources, y compris ‘humaines’.

Trump a été élu sur la base de ses promesses intenables de fermer les frontières aux migrants mexicains et de restreindre sinon d’abolir les permis de travail HB1 pour les travailleurs qualifiés asiatiques et européens. L’importation d’une main d’œuvre étrangère massive a été rendu possible par l’extrême prolétarisation des populations dans les pays périphériques en raison de l’échange inégal, économique et politique, imposé depuis la divergence installée au 19ème siècle. Elle est visible. Mal vécue par les couches sociales qui sont victimes de cette concurrence, elle est exprimée par des choix électoraux xénophobes.

Le problème est configuré de manière analogue en Europe. Le parti de la famille Le Pen n’a pas été porté au pouvoir car il est resté une entreprise familiale de peu d’envergure qui n’a pas convaincu des segments suffisamment importants du secteur financier.

Effacement des nations.

 

Ainsi, le capitalisme après avoir désagrégé les communautés rurales, dissous les corporations artisanales, aboli les frontières pour les capitaux après deux guerres mondialisées sur le sol européen pour le partage des marchés et des colonies, est en train d’effacer les nations. Les puissances impériales du siècle dernier avaient redessiné selon leur gré d’un coup de crayon et d’une règle les limites des pays qu’ils n’ont plus administrés directement. Progressivement, elles-mêmes se trouvent engagées dans un processus de disparition. Les unités capitalistiques parcellaires en raison d’un phénomène de concentration extrême tendent à devenir une seule entité. Si la Deutsche Bank tombe, c’est aussi la BNP, la Société Générale et beaucoup d’autres.

Les nations bourgeoises et jacobines surgies sous la pression d’une classe de marchands alliée à des monarchies absolues qui ont stérilisé les classes féodales n’ont plus d’autre raison d’être que le prélèvement de l’impôt pour servir les intérêts de sa dette auprès de ses prêteurs privés et assurer une fonction de surveillance et de répression policière voire armée (8) des populations. Les monopoles semblent suffire à la tâche. En Vingt ans, Google a absorbé près de deux cent sociétés dont les activités étaient voisines des siennes (9). Le partenariat récent avec Walmart pour lancer un commerce en ligne et rogner le périmètre d’Amazon la lance dans la concentration horizontale (10) et indique qu’il n’y a plus de limite aux tailles de telles monstrueuses entités.

L’uniformisation du monde est en cours par la domination sans précédent de quelques firmes qui infligent au marché mondial leurs produits ‘spécifiques’. Ils sont si peu spécifiques et si peu indispensables que la ponction prioritaire du profit va à leur « marchandisation », le discours et ses moyens de persuasion. La fabrication de la camisole idéologique et sa dispersion est elle-même une industrie à part entière avec son réseau d’ouvriers spécialisés, pourvus de compétences techniques en matière d’images, de films et de scénarisations et de tropes sophistes.

Leurs prouesses en particulier le retournement du sens des notions en leurs contraires sont appréciées par les commanditaires de psy-ops.

La rhétorique de la guerre préventive permanente et la libération de peuples qui subissent une destruction de leur pays et de leur mode de vie et de pensée lors de campagnes de bombardement en sont des produits dérivés.

Le système a un besoin vital pour sa dynamique d’une polarisation du monde et de sa représentation en deux zones ou catégories énergétiques. Sans l’existence de deux phases hétérogènes, pas de circulation, pas de marchandises, pas de profit.

Une fois réglée (en apparence seulement) la question du communisme par la disparition de l’URSS, Al Qaida a été remise en service. La création occidentale de cette nébuleuse qui allait porter un coup fatal à l’Urss en l’enlisant en Afghanistan et la prolifération de ses multiples avatars permet l’occupation militaire d’une zone charnière entre l’Orient et l’Occident. Les conflits de cette intensité sont le carburant indispensable à la Pax Americana, ventes d’armes et incitation à l’enrôlement par Facebook de clients au suicide pour « Allah » compris.

Mais ils sont aussi un accessoire plus que nécessaire pour susciter un antagonisme racial dans les contrées occidentales entre les ‘indigènes’ qui voient se rétrécir leurs privilèges de natifs de pays dominants et les importés plutôt basanés et souvent musulmans.

Le travail incessant des filiales sans nombre de l’institution Georges Soros en témoigne. Elles ne sont pas découragées par ce qui sert encore de cadre étatique en Occident alors que leur mode de financement est aisément consultable. L’Open Society irrigue aussi bien les Antifas à Charlottesville , le CCIF (11) en France que les organisations en faveur des migrants qui se révèlent être parfois de simples trafiquants d’êtres humains. (12)Il dispense ses deniers également aux mouvements d’extrême-droite, sans quoi le spectacle serait imparfait.

Le paradigme de la guerre permanente vécu dans leur chair par les peuples arabo-musulmans ne recouvre qu’imparfaitement celui du Monde (capitaliste) en Crise Permanente.

Les périodes de développement homogène inter-critiques sont révolues.

Les turbulences majeures- recherche éperdue du redressement des taux de profit en chute, comment vendre à une populace sous-payée, l’équation est aussi triviale, observables depuis plus de 20 ans ne peuvent faire ignorer une tentative de restauration de l’humanité dans un contexte qui privilégie son émancipation et d’abord de celui de sa reproduction, subsistance et éducation- transmission de savoirs et de croyances.

Elle persiste par endroit et ne cherche qu’à trouver moyen d’éclore.

La crise prochaine est déjà là, elle est permanente.

Notes:

  1. http://www.imf.org/en/publications/gfsr/issues/2017/03/30/global-financial-stability-report-april-2017

voir chapitre 1 pages 7 à 9

  1. http://www.businessinsider.fr/us/debt-credit-npl-10-anniversary-jim-cramer-cnbc-meltdown-2017-4/

(2’) http://www.lepoint.fr/economie/petrole-l-aie-releve-sa-prevision-de-demande-mondiale-pour-2017–13-07-2017-2142827_28.php

(2’’) https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/010187939150-rosneft-frappe-un-grand-coup-sur-le-marche-indien-2108746.php

  1. https://www.lesechos.fr/17/02/2017/lesechos.fr/0211808135967_le-buzz-des-etats-unis—alerte-sur-la-dette-des-menages-americains.htm#
  2. http://www.les-crises.fr/dette-intragouvernementale/
  3. http://www.zerohedge.com/news/2017-08-31/pension-ponzi-exposed-minnesota-underfunding-triples-after-tweaking-one-small-assump
  4. http://www.latribune.fr/economie/france/la-classe-moyenne-disparait-aux-etats-unis-beaucoup-moins-en-france-550359.html
  5. https://www.france-esta.fr/visa/h1b-travail/
  6. https://www.vox.com/policy-and-politics/2017/8/28/16214600/trump-police-military-sessions
  7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_acquisitions_de_Google
  8. http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/walmart-et-google-annonce-un-partenariat-dans-le-commerce-en-ligne-1240721.html
  9. http://raton-laveur-l-aigle.hautetfort.com/george-soros-le-diable-s-habille-en-open-society/
  10. https://lecanarddechaineblog.wordpress.com/2015/09/17/trafic-trs-juteux-dtres-humains-financ-par-lopen-society-foundation-de-george-soros/