Changement de paradigme politique: L’anarchie dans l’évolution socialiste (Pierre Kropotkine) ~ 1ère partie ~

 

L’ANARCHIE

Dans l’Évolution Socialiste

2ème Édition

Pierre Kropotkine

Prix : 10 centimes

PARIS

Au bureau de la Révolte

140, rue Mouffetard, 14ème

1892

 

1ère partie

2ème partie

 

Brochure publiée à sept mille exemplaires, conformément au désir de notre camarade Lucien Massé, coiffeur à Ars en Ré, qui, en mourant, a légué la RÉVOLTE la somme nécessaire.

Citoyennes et citoyens,

Vous vous êtes certainement demandé, maintes fois, quelle est la raison d’être de l’Anarchie ? Pourquoi, parmi tant d’autres écoles socialistes, venir fonder encore une école de plus, l’école anarchiste ? C’est à cette question que je vais répondre. Et, pour mieux y répondre, permettez-moi de me transporter à la fin du siècle passé.

Vous savez tous ce qui caractérisa cette époque. L’épanouissement de la pensée. Le développement prodigieux des sciences naturelles ; la critique impitoyable des préjugés reçus ; les premiers essais d’une explication de la nature sur des bases vraiment scientifiques, d’observations, d’expérience, de raisonnement.

D’autre part, la critique des institutions politiques léguées à l’humanité par les siècles précédents ; la marche vers cet idéal de Liberté, d’Égalité et de Fraternité qui, de tout temps, fut l’idéal des masses populaires. 

Entravé dans son libre développement par le despotisme, par l’égoïsme étroit des classes privilégiées, ce mouvement, appuyé et favorisé en même temps par l’explosion des colères populaires, engendra la grande Révolution qui eut à se frayer un chemin au milieu de mille difficultés intérieures et extérieures.

La Révolution fut vaincue ; mais ses idées restèrent. Persécutées, conspuées d’abord, elles sont devenues le mot d’ordre de tout un siècle d’évolution lente. Toute l’histoire du xixe siècle se résume dans l’effort de mettre en pratique les principes élaborés à la fin du siècle passé. C’est le sort de toutes les révolutions. Quoique vaincues, elles donnent le mot de l’évolution qui les suit.

Dans l’ordre politique, ces idées sont l’abolition des privilèges de l’aristocratie, la suppression du gouvernement personnel, l’égalité devant la loi. Dans l’ordre économique, la Révolution proclame la liberté des transactions. « Tous, tant que vous êtes sur le territoire — dit-elle — achetez et vendez librement. Vendez vos produits — si vous pouvez produire ; et si vous n’avez pas pour cela l’outillage nécessaire, si vous n’avez que vos bras à vendre, vendez-les, vendez votre travail au plus donnant : l’État ne s’en mêlera pas ! Luttez entre vous, entrepreneurs ! Point de faveurs pour personne. La sélection naturelle se chargera de tuer ceux qui ne seront pas à la hauteur des progrès de l’industrie, et de favoriser ceux qui prendront les devants. »

Voilà, du moins, la théorie de la révolution du tiers-État. Et si l’État intervient dans la lutte pour favoriser les uns au détriment des autres — on l’a vu assez, ces jours-ci, lorsqu’on a discuté les monopoles des compagnies minières et des chemins de fer, — ce sera considéré par l’école libérale comme une déviation regrettable aux grands principes de la Révolution, un abus à réparer.

Le résultat ? — Vous ne le connaissez malheureusement que trop, citoyennes et citoyens réunis dans cette salle. L’opulence oisive pour quelques-uns, l’incertitude du lendemain, la misère pour le plus grand nombre. Les crises, les guerres pour la domination sur les marchés ; les dépenses folles des États pour procurer des débouchés aux entrepreneurs d’industrie.

C’est que, en proclamant la liberté des transactions, un point essentiel fut négligé par nos pères. Non pas qu’ils ne l’eussent entrevu ; les meilleurs l’ont appelé de leurs vœux, mais ils n’osèrent pas le réaliser. C’est que, en proclamant la liberté des transactions, c’est-à-dire la lutte entre les membres de la société, la société n’a pas mis en présence des éléments de force égale, et les forts, armés pour la lutte de l’héritage paternel, l’ont emporté sur les faibles. Les millions de pauvres, mis en présence de quelques riches, devaient fatalement succomber.

Citoyennes et citoyens ! Vous êtes-vous posé cette question : D’où vient la fortune des riches ? — Est-ce de leur travail ? Ce serait une bien mauvaise plaisanterie que de le dire. Mettons que M. de Rothschild ait travaillé toute sa vie. Mais, vous aussi, chacun des travailleurs dans cette salle, a aussi travaillé. Pourquoi donc la fortune de Rothschild se chiffre-t-elle par des centaines de millions, et la vôtre par si peu de chose ?

La raison en est bien simple. C’est que vous vous êtes appliqués à produire vous-mêmes, tandis que M. Rothschild s’est appliqué à recueillir le fruit du travail des autres. Tout est là.

« Mais, comment se fait-il, me dira-t-on, qu’il se soit trouvé des millions d’hommes laissant les Rothschild accaparer le fruit de leurs travaux ? » — La réponse est simple : ils ne pouvaient pas faire autrement, puisqu’ils sont misérables !

En effet, imaginez une cité dont tous les habitants — à condition de produire des choses utiles pour tout le monde — trouvent le gîte, le vêtement, la nourriture et le travail assuré ; et supposez que dans cette cité débarque un Rothschild, porteur d’un baril d’or.

S’il dépense son or, le baril s’allègera rapidement. S’il l’enferme sous clef, il ne débordera pas, parce que l’or ne pousse pas comme les haricots, et, au bout d’une année, notre Rothschild ne retrouvera pas, dans son tiroir, 110 louis s’il n’y en a mis que cent. Et s’il monte une usine et propose aux habitants de la cité de travailler dans cette fabrique pour cinq francs par jour tandis qu’ils en produiront pour dix, on lui répondra : « Monsieur, chez nous vous ne trouverez personne qui veuille travailler à ces conditions ! Allez ailleurs, cherchez une cité de misérables qui n’aient ni travail assuré, ni vêtement, ni pain, qui consentent à vous abandonner la part du lion dans les produits de leur travail, pourvu que vous leur donniez de quoi acheter du pain. Allez là où il y a des meurt-de-faim ! Là vous ferez fortune ! »

L’origine de la fortune des riches, c’est votre misère ! Point de misérables d’abord ! Alors, il n’y aura point de millionnaires !

Or, c’est ce que la Révolution du siècle passé ne sut ou ne put réaliser. Elle mit en présence des ex-serfs, des meurt-la-faim et des va-nu-pieds d’une part, et d’autre part, ceux qui étaient déjà en possession de fortunes. Elle leur dit : Luttez ! Et les misérables succombèrent. Ils ne possédaient point de fortune ; mais ils possédaient quelque chose de plus précieux que tout l’or du monde — leurs bras — Et ces bras — cette source de toutes les richesses — furent asservis par les riches.

Et nous avons vu surgir ces immenses fortunes qui sont le trait caractéristique de notre siècle. Un roi du siècle passé, « le grand Louis XIV » des historiens salariés, a-t-il jamais osé rêver la fortune des roi du XIXe siècle, les Vanderbilt et les Mackay ?

Et d’autre part, nous avons vu le misérable réduit de plus en plus à travailler pour autrui ; le producteur pour son propre compte disparaissant de plus en plus ; chaque jour davantage nous sommes condamnés à travailler pour enrichir les riches.

On a cherché à obvier à ces désastres. On a dit : Donnons à tous une instruction égale. Et on a répandu l’instruction. On a fait de meilleures machines humaines, mais ces machines instruites travaillent toujours pour enrichir les riches. Tel savant illustre, tel romancier de talent, est encore la bête de somme du capitaliste. Le bétail à exploiter s’améliore par l’instruction, mais l’exploitation reste.

On est venu parler ensuite d’association. Mais on s’est vite aperçu qu’en associant leurs misères, les travailleurs n’auraient pas raison du capital. Et ceux-là mêmes qui nourrissait le plus d’illusions à ce sujet ont dû en venir au socialisme.

Timide à ses débuts, le socialisme parla d’abord au nom du sentiment, de la morale chrétienne. Il y eut des hommes profondément imbus des côtés moraux du christianisme — fonds de morale humaine conservée par les religions, — qui vinrent dire : « Le chrétien n’a pas le droit d’exploiter ses frères ! » Mais on leur rit au nez, en leur répondant : « Enseignez au peuple la résignation du christianisme, dites au nom du Christ que le peuple doit présenter la joue gauche à celui qui l’a frappé sur la joue droite, — vous serez les bienvenus ! Quant aux rêves égalitaires que vous retrouvez dans le christianisme, allez méditer vos trouvailles dans les prisons ! »

Plus tard, le socialisme parla au nom de la métaphysique gouvernementale. « Puisque l’État, disait-il, a surtout pour mission de protéger les faibles contre les forts, il est de son devoir de subventionner les associations ouvrières. L’État seul peut permettre aux associations de travailleurs de lutter contre le capital et d’opposer à l’exploitation capitaliste le chantier libre des travailleurs encaissant le produit intégral de leur travail. » — À ceux-là la bourgeoisie répondit par la mitraillade de juin 48.

Et ce n’est que vingt à trente ans après, lorsque les masses populaires furent conviées à entrer dans l’Association Internationale des Travailleurs, que le socialisme parla au nom du peuple ; c’est alors seulement que, s’élaborant peu à peu dans les Congrès de la grande Association et, plus tard chez ses continuateurs, il en arriva à cette conclusion :

« Toutes les richesses accumulées sont des produits du travail de tous — de toute la génération actuelle et de toutes les générations précédentes. Cette maison dans laquelle nous sommes réunis en ce moment, n’a de valeur que parce qu’elle est dans Paris, — cette ville superbe où les labeurs de vingt générations sont venus se superposer. Transportée dans les neiges de la Sibérie, la valeur de cette maison serait presque nulle. Cette machine que vous avez inventée et brevetée, porte en soi l’intelligence de cinq ou six générations ; elle n’a de valeur que comme partie de cet immense tout que nous appelons l’industrie du dix-neuvième siècle. Transportez votre machine à faire les dentelles au milieu des Papouas de la Nouvelle-Guinée, et là, sa valeur sera nulle. Ce livre, enfin, cette œuvre de génie que vous avez faite, nous vous défions, génie de notre siècle, de nous dire quelle est la part de votre intelligence dans vos superbes déductions ! Les faits ? Toute une génération a travaillé à les accumuler. Les idées ? c’est peut-être la locomotive sillonnant les champs qui vous les a suggéré. La beauté de la forme ? c’est en admirant la Vénus de Milo ou l’œuvre de Murillo que vous l’avez trouvée. Et si votre livre exerce quelque influence sur nous, c’est grâce à l’ensemble de notre civilisation.

Tout est à tous ! Et nous défions qui que ce soit de nous dire quelle est la part qui revient à chacun dans les richesses. Voici un immense outillage que le dix-neuvième siècle a créé ; voici des millions d’esclaves en fer que nous appelons machines et qui rabotent et scient, tissent et filent pour nous, qui décomposent et recomposent la matière première, et font les merveilles de notre époque. Personne n’a le droit de s’accaparer aucune de ces machines et de dire aux autres : « Ceci est à moi ; si vous voulez vous servir de cette machine pour produire, vous me paierez un tribut sur chaque chose que vous produirez, » — pas plus que le seigneur du moyen-âge n’avait le droit de dire au cultivateur : « Cette colline, ce pré sont à moi et vous me paierez un tribut sur chaque gerbe de blé que vous récolterez, sur chaque meule de foin que vous entasserez. »

« Tout est à tous ! Et pourvu que l’homme et la femme apportent leur quote-part de travail pour produire les objets nécessaires, ils ont droit à leur quote-part de tout ce qui sera produit par tout le monde ! »

II

« Tout est à tous. Et pourvu que l’homme et la femme apportent leur quote-part de travail pour produire les objets nécessaires, ils ont droit à leur quote-part de tout ce qui sera produit par tout le monde ! »

Mais, c’est le Communisme ? — direz-vous. Oui, c’est le Communisme ; mais le Communisme qui parle, non plus au nom de la religion, non plus au nom de l’État, mais au nom du peuple.

Depuis cinquante ans, un formidable réveil s’est produit dans la classe ouvrière. Le préjugé de la propriété privée s’en va. De plus en plus le travailleur s’habitue à considérer l’usine, le chemin de fer, la mine, non pas comme un château féodal appartenant à un seigneur, mais comme une institution d’utilité publique, que tout le monde a le droit de contrôler.

L’idée de possession commune n’a pas été élaborée, de déduction en déduction, par un penseur de cabinet. C’est la pensée qui germe dans les cerveaux de la masse ouvrière. Et lorsque la révolution que nous réserve la fin de ce siècle aura jeté le désarroi dans le camps des exploiteurs, — vous verrez que la grande masse populaire demandera l’Expropriation et proclamera son droit à l’usine, à la manufacture, à la locomotive et au bateau à vapeur.

Autant le sentiment de l’inviolabilité de l’intérieur du chez soi, s’est développé pendant la deuxième moitié de notre siècle, autant le sentiment du droit collectif à tout ce qui sert à la production des richesses s’est développé dans les masses. C’est un fait ; et quiconque voudra vivre, comme nous, de la vie populaire et suivre son développement, conviendra que cette affirmation n’est qu’un résumé fidèle des aspirations populaires.

Oui, la tendance de la fin du xixe siècle est au Communisme ; non pas le Communisme du couvent ou de la caserne prêché jadis, mais au Communisme libre, qui met à la disposition de tous les produits récoltés ou fabriqués en commun, laissant à chacun la liberté de les consommer comme il lui plaira, dans son chez soi.

C’est la solution la plus accessible aux masses populaires, la solution que le peuple réclame aux heures solennelles. En 1848, la formule : « De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins » est celle qui va le plus droit au cœur des masses. Si elles acclament le République, le suffrage universel, c’est parce qu’elles espèrent trouver le Communisme au bout de l’étape. Et en 1871, dans Paris assiégé, lorsque le peuple veut faire un effort suprême pour résister à l’envahisseur, que réclame-t-il ? — Le rationnement !

La mise au tas de toutes les denrées et la distribution selon les besoins de chacun. La prise au tas de ce qui est en abondance, le rationnement des objets qui peuvent manquer, c’est la solution populaire. Elle se pratique chaque jour dans les campagnes. Tant que les prés suffisent, — quelle est la Commune qui songe à en limiter l’usage ? Lorsque le petit bois et les châtaignes abondent, — quelle Commune refuse aux communiers d’en prendre ce qu’ils veulent ? Et lorsque le gros bois commence à manquer, qu’est-ce que le paysan introduit ? C’est le rationnement !

Prise au tas pour toutes les denrées qui abondent. Rationnement pour tous les objets dont la production est restreinte, et rationnement selon les besoins, donnant la préférence aux enfants et aux vieillards, aux faibles en un mot.

Et le tout, — consommé non pas dans la marmite sociale, mais chez soi, selon les goûts individuels, en compagnie de sa famille et de ses amis. Voilà l’idéal des masses dont nous nous sommes fait les porte-voix.

Mais il ne suffit pas de dire « Communisme, Expropriation ! » Encore faut-il savoir à qui incomberait la gérance du patrimoine commun, et c’est sur cette question que les écoles socialistes se trouvent surtout divisées, les uns voulant le Communisme autoritaire, et nous autres nous prononçant franchement pour le Communisme anarchiste.

Pour juger les deux, revenons encore une fois à notre point de départ, — la Révolution du siècle passé.

En renversant la royauté, la Révolution proclama la souveraineté du peuple. Mais par une inconséquence, toute naturelle à cette époque, elle proclama, non pas la souveraineté en permanence, mais la souveraineté intermittente, s’exerçant à intervalles seulement, pour la nomination de députés qui sont censés représenter le peuple. Au fond, elle copia ses institutions sur le gouvernement représentatif de l’Angleterre.

On noya la Révolution dans le sang, et néanmoins, le gouvernement représentatif devint le mot d’ordre en Europe. Toute l’Europe, sauf la Russie, l’a essayé, sous toutes les formes possibles, depuis le gouvernement censitaire jusqu’au gouvernement direct des petites républiques de l’Helvétie.

Mais, chose étrange, à mesure que nous approchions du gouvernement représentatif idéal, nommé par le suffrage universel complètement libre, nous en découvrions les vices essentiels. Nous constations que ce mode de gouvernement pèche par la base.

N’est-il pas absurde, en effet, de prendre au sein de la population un certain nombre d’hommes et de leur confier le soin de toutes les affaires publiques, en leur disant : « Occupez-vous en, nous nous déchargeons sur vous de la besogne. À vous de faire les lois sur tous les sujets : Armements et chiens enragés ; observatoires et tuyaux de cheminées ; instruction et balayage des rues. Entendez-vous comme vous le voudrez et légiférez, puisque vous êtes les élus que le peuple a trouvé bons à tout faire. »

Je ne sais pas, citoyens, mais il me semble que si on venait offrir à un homme sérieux un pareil poste, il devrait tenir à peu près ce langage : « Citoyens, vous me confiez une besogne qu’il m’est impossible d’accomplir. Je ne connais pas la plupart des questions sur lesquelles je serai appelé à légiférer. Ou bien j’agirai à l’aveuglette et vous n’y gagnerez rien, ou bien je m’adresserai à vous et provoquerai des réunions, dans lesquelles vous-mêmes chercherez à vous mettre d’accord sur la question, et alors mon rôle deviendra inutile. Si vous vous êtes fait une opinion et si vous l’avez formulée ; si vous tenez à vous entendre avec d’autres citoyens qui, eux aussi, se sont fait une opinion sur ce sujet, alors vous pourrez tout simplement entrer en échange d’idées avec vos voisins, et envoyer un délégué qui pourra se mettre d’accord, avec d’autres délégués sur cette question spéciale ; mais vous réserverez certainement votre décision définitive. Vous ne lui confierez pas le soin de vous faire des lois. C’est ainsi qu’agissent déjà les savants, les industriels, chaque fois qu’ils ont à s’entendre sur des questions d’ordre général. »

Mais ceci serait la négation du régime représentatif, du gouvernement et de l’État. Et cependant c’est l’idée qui germa partout, depuis que les vices du gouvernement représentatif, mis à nu, sont devenus si criants.

Notre siècle est allé encore plus loin. Il a mis en discussion les droits des États et de la société par rapport à l’individu. On s’est demandé jusqu’à quel point l’ingérence de l’État est nécessaire dans les mille et mille fonctions d’une société.

A suivre…

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21 Réponses to “Changement de paradigme politique: L’anarchie dans l’évolution socialiste (Pierre Kropotkine) ~ 1ère partie ~”

  1. Kropotkine décrit là la genèse du 0.01% et explique que nous sommes les 99.99%…

    1892… Quand on dit que tout n’est ni à réécrire ni à réinventer mais juste à dépoussiérer ; C’est cela adapter l’ancien au neuf avec une forme de pensée nouvelle (un changement radical de pensée) et gageons qu’ainsi, nous ne réitérerons pas les erreurs commises par le passé, et cela inclus la Commune…

    C’est un peu long pour mon tout petit blog, je vais voir si j’en fait pas un PDF car il prédispose ce que nous expliquons lorsque nous disons qu’il nous faut ignorer l’État et ses institutions et nous confédérer en associations libres et volontaires et que cela commence dans le réel, et dans le local.
    N’oublions pas l’expérience réussie, sous la révolution sociale espagnole, que vous évoquiez hier, avec la colonne Kropotkine et le Village Germinal de la Sierra, village anarchiste dont vous nous aviez fourni les plans !

    Je vais le chercher et le mettre ici, pour ceux qui l’auraient louper…
    A+ Jo

  2. Solution politique pour demain : Un exemple de commune fondée sur les associations libres ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/07/21/un-futur-si-simple/
    C’est grâce à vous que nous pouvons affuter notre réflexion et préparer le meilleur du meilleur à adapter au monde d’aujourd’hui ;

  3. Tenez, au cas où vous ne puissiez activer mon com qui possède 2 liens, mon billet sur le village Germinal de la Sierra s’intitule « Un futur si simple » et voici le plan que vous nous aviez fourni ;

    Solution politique pour demain : Un exemple de commune fondée sur les associations libres…

  4. C’est bien communiers dans cette phrase : quelle Commune refuse aux communiers, ?

  5. Tenez ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/07/07/au-bureau-de-la-revolte-jinscris-mon-nom/
    J’ai complété avec quelques billets et PDF ad hoc.
    En préambule et en conclusion j’ai inscrit mon nom au bureau de La Révolte…
    En attendant la 2ème partie.
    Kropotkine est éclairant, comme toujours et je démontre que c’est transposable et adaptable à la situation du jour…
    Merci infiniment ; Jo

  6. Hervé Hum Says:

    En renversant la royauté, la Révolution proclama la souveraineté du peuple. Mais par une inconséquence, toute naturelle à cette époque, elle proclama, non pas la souveraineté en permanence, mais la souveraineté intermittente, s’exerçant à intervalles seulement, pour la nomination de députés qui sont censés représenter le peuple. Au fond, elle copia ses institutions sur le gouvernement représentatif de l’Angleterre.

    Jusqu’à ce paragraphe, tout allait à peu près bien et là, patatras !!!

    La révolution n’a pas proclamée la souveraineté du peuple, mais celle de la bourgeoisie sur la noblesse avec toujours le prolétariat à exploiter. Il commence son discours en le dénonçant très bien, pour le perdre à la fin en disant le contraire. Tantôt il fait comme si la propriété n’était pas la cause du problème, tantôt il la stigmatise.

    Pour que la révolution proclama la souveraineté du peuple, il aurait fallut qu’elle proclame l’abolition de la propriété économique, or, c’est la sacralité de la propriété économique qui fut proclamé, contre la souveraineté territoriale sur laquelle reposait la noblesse. De ce fait, le prolétariat ne pouvait pas s’émanciper de quelque manière que ce fut. La révolution française arrive 1 siècle après celle de l’Angleterre, sauf que pour cette dernière, la noblesse eut l’intelligence de faire uniquement une révolution de palais en associant la bourgeoisie au pouvoir politique contre le pouvoir absolu du roi. L’acte révolutionnaire fut ce qu’on appelle « l’habeas corpus ad subjiciendum » . Une conséquence directe fut les enclosures !

    Ce que je reproche surtout à Kropotkine, ce sont les trop fréquentes contradictions.

    • mais Kropotkine est très critique vis à vis de la révolution, il dit explicitement qu’elle a échoué.
      Il dit aussi ceci:
      « Or, c’est ce que la Révolution du siècle passé ne sut ou ne put réaliser. Elle mit en présence des ex-serfs, des meurt-la-faim et des va-nu-pieds d’une part, et d’autre part, ceux qui étaient déjà en possession de fortunes. Elle leur dit : Luttez ! Et les misérables succombèrent. Ils ne possédaient point de fortune ; mais ils possédaient quelque chose de plus précieux que tout l’or du monde — leurs bras — Et ces bras — cette source de toutes les richesses — furent asservis par les riches. »
      Kropotkine dit que la révolution fut une révolution bourgeoise, il ne se fait aucune illusion, ni n’en donne aucune à ses lecteurs ! 😉

      • Hervé Hum Says:

        Le passage que vous reprenez dans votre commentaire est en totale contradiction avec celui que je donne dans le mien et n’est qu’un exemple de ses trop nombreuses contradictions.

        Surtout, dans l’extrait que vous recopiez, il fait mine de croire que les instigateurs étaient sincères, alors qu’en réalité, hors mis Robespierre, Saint Just voir quelques autres, c’étaient tous des bourgeois qui n’avaient qu’une idée en tête, prendre le pouvoir et accroître leur propre capacité d’exploiter le prolétariat. Je veux croire qu’il pêche par ignorance, mais vous ?

        Je commet des contradiction moi aussi comme tout le monde, mais pas aussi systématiquement.

        • Dans la conclusion de son étude approfondie « La grande révolution » (1909), Kropotkine dit:
          « […] Le roi absolu — maître de ses sujets — et le seigneur — maître du sol et des paysans par droit de naissance — ont disparu. La bourgeoisie règne en Europe.
          Mais en même temps, la Grande Révolution nous a légué d’autres principes, d’une portée infiniment plus haute : les principes communistes. Nous avons vu comment l’Idée communiste, pendant toute la Révolution, a travaillé à se faire jour, et comment, après la chute les Girondins, de nombreux essais et quelquefois de vaste essais furent faits dans cette direction. Le Fouriérisme descend en ligne directe de L’Ange, d’une part, et d’autre part, de Chalier. Babeuf est l’enfant direct des idées qui passionnèrent les masses populaire en 1793 . […]
          Ainsi, il y a filiation directe depuis les Enragés de 1793 et le Babeuf de 1795 jusqu’à l’Internationale.
          Mais il y a aussi la filiation dans les idées. Le socialisme moderne n’a rien, absolument rien encore ajouté aux idées qui circulaient dans le peuple français en 1789-1794, et que le peuple français essaya de mettre en pratique pendant l’an II de la République. Le socialisme moderne a seulement mis ces idées en systèmes, et trouvé des arguments en leur faveur, soit en tournant contre les économistes bourgeois certaines de leurs propres définitions, soit en généralisant les faits du développement du capitalisme industriel au cours du dix-neuvième siècle.
          Mais je me permettrai d’affirmer que, si vague qu’il fût, si peu appuyé qu’il fût par des arguments d’allure scientifique, et si peu d’usage qu’il fît du jargon pseudo-scientifique des économistes bourgeois, le communisme populaire des deux premières années de la République voyait plus clair, et poussait son analyse plus profondément que le socialisme moderne. D’abord c’était le communisme dans la consommation — la communalisation et la nationalisation de la consommation — que visaient les fiers républicains de 1793, lorsqu’ils voulaient établir leurs magasins de blés et de comestibles dans chaque commune, lorsqu’ils se livraient à une enquête pour fixer la « vraie valeur » des objets de « première et de seconde nécessité », et lorsqu’il inspiraient à Robespierre ce mot profond, que le superflu seul des denrées pouvait être objet de commerce : que le nécessaire appartenait à tous. […]
          L’humanité marche d’étape en étape, et ses étapes sont marquées depuis plusieurs centaines d’années par de grandes révolutions. Après les Pays-Bas, après l’Angleterre, qui fit sa révolution en 1648-1657, ce fut le tour de la France.
          Chaque grande révolution a eu, en outre, quelque chose d’original, de spécial à elle. L’Angleterre et la France ont aboli, l’une et l’autre, l’absolutisme royal. Mais en le faisant, l’Angleterre s’est avant tout occupée des droits personnels de l’individu, — surtout en matière de religion, — ainsi que des droits locaux de chaque paroisse et de chaque commune. La France, elle, a porté son attention principalement sur la question foncière, et, en frappant au cœur le régime féodal, elle a frappé ainsi la grande propriété et lancé dans le monde l’idée de la nationalisation du sol, et de la socialisation du commerce et des principales industries.
          Quelle sera la nation qui prendra sur elle la tâche terrible et glorieuse de la prochaine grande révolution ? On a pu croire un moment que ce serait la Russie. Mais, si elle pousse sa révolution au delà d’une simple limitation du pouvoir impérial, — si elle touche révolutionnairement à la grande question foncière, — jusqu’où ira-t-elle ? Saura-t-elle éviter la faute des assemblées françaises, et donnera-t-elle le sol, socialisé, à ceux qui veulent le cultiver de leurs bras ? — Nous ne le savons pas. Répondre à cette question, serait du domaine de la prophétie. »

          Si tu es intéressé par l’analyse politico-historique de Kropotkine sur la révolution française, c’est … 😉

          • Hervé Hum Says:

            Je ne suis pas d’accord avec son analyse. En effet, les principes fondamentaux du communisme, donc, de la socialisation des moyens de productions et de leur fruits, sont connus depuis la nuit des temps, car cela découle de l’existence même de toute société, c’est SA condition d’existence. Au temps de la féodalité, s’il y avait le seigneur, les paysans étaient organisés en communautés (devant payer au souverain local un impôt) à coté de la bourgeoisie vivant dans les cités et s’opposant souvent à elle. La révolution à opposé les trois forces en présence qu’étaient l’ancien régime nobiliaire, la bourgeoisie et le prolétariat avec en toile de fond le clergé. La révolution a rien apporté de plus à la conscience, sauf sur un point essentiel que Kropotkine souligne avec justesse, sur l’organisation.

            Ce qu’il écrit sur l’Angleterre est inexact, ce fut une révolution de palais où c’est la noblesse qui s’allia à la bourgeoisie contre le pouvoir absolu du roi et donc, opta pour l’oligarchie. Mais cette tendance avait débuté bien avant avec la magna carta. Ici, le prolétaire n’a eut que très peu pour ne pas dire aucune influence dans la révolution. De liberté des personnes, il n’y avait que celle des nobles et des bourgeois, mais pas des prolétaires. C’est si vrai que la conséquence fut la politique de l’enclosure alors que jusque là, toute personne avait droit de cultiver un bout de terre pour subvenir à ses besoins et où il n’y avait pas de clôtures délimitant la terre. Là aussi, il y avait une forme de communisme primaire reconnu qui fut supprimé.

            Ce qui m’intéresse, c’est de déterminer les intentions de chacun, or, la bourgeoisie et la noblesse étant ce qu’elles sont, leurs intentions n’ont jamais put être l’émancipation du prolétariat, mais au contraire, ne pouvait que sceller leur alliance contre le prolétariat. Ce dernier a donc toujours été seul contre les deux autres, la position du religieux étant plus ambigu.

            Enfin, et je ne cesse de le dire, ce qu’il faut considérer lorsqu’on regarde l’histoire dans sa globalité, ce sont les principes directeurs qui commande et guide la pensée humaine. Or, le principe directeur du dominant étant d’exploiter, dominer le temps de vie d’autrui ou dominé à son profit et le capitalisme n’étant rien d’autre que cela, le capitalisme a commencé bien avant l’ère industrielle, mais avec la propriété, qu’elle porte sur l’esprit, la terre ou la production marchande. Autrement dit, le capitalisme a commencé au temps de Babylone, dès l’instant où la plus-valu sur le travail d’autrui fut effective ! Peu importe le moyen, c’est la finalité qu’il faut regarder. Pour le noble, le moyen c’est la souveraineté de la terre, pour le bourgeois, celle des moyens de productions. Mais le but recherché est strictement identique… C’est l’impôt.

            Par contre, je partage totalement son analyse en ce qui concerne l’évolution se faisant étape par étape.

            • pas faux bien entendu, mais Babylone est toujours une affaire « récente »… Si le principe directeur du dominant est de dominer, c’est parce que la situation lui permet de le faire. Depuis quand ? Depuis la division (politique) de la société comme Clastres l’a démontré. Tout part de là. Kropotkine a fait de son mieux avec les données qu’il avait. Lui et et le biologiste russe Kessler (plutôt Kessler et lui rendons à César…) ont démonté le darwinisme-social, ce qui fut un grand pas en avant.
              Et oui l’impôt c’est le tribut, la 1ère chose que force le dominant sur le dominé. Accepter l’impôt c’est accepter sa servitude. Aujourd’hui la boucle est bouclée, l’impôt, le tribut étant totalement absorbée dans le paiement des intérêts de la dette contractée auprès des banques privées à des taux usuriers… Le triomphe absolu de la bourgeoisie et de son instrument coercitif: l’État !…

  7. Hervé Hum Says:

    Babylone est en effet une affaire relativement récente. Mais c’est , avec l’avènement de l’écriture et de la comptabilité, le moment où le capitalisme devient un système totalement théorisé.

    La division politique, c’est celle qui sépare le droit du devoir. La relation droit/devoir est l’application humaine d’un principe fondamental de la réalité physique, donc, naturel. Autrement dit, la forme est humaine, le fond est entièrement naturel et se retrouve à tous les niveaux d’observation de la nature, à commencer par le monde atomiques. C’est le principe selon lequel un système n’est stable que quand il établit les bases de son équilibre interne, soit, lorsqu’il définit très précisément les termes d’échanges d’énergies où l’énergie entrante est égale à l’énergie sortante. Dans le cadre de la société humaine, dans l’équilibre droit/devoir ou créance/dette.

    Ce que démontre d’ailleurs Clastres, c’est que dans les sociétés dites primitives, l’équilibre droit/devoir est la base politique et que ce qui est précisément interdit, c’est sa division. Or, pour que cet équilibre ne puisse être rompu, il doit être maintenu à l’intérieur de chaque individu et au sein de la collectivité et non pas extériorisé, car alors, la division devient effective.

    S’il y a des guerres incessantes entres les sociétés primitives, cela provient en partie de ce que l’équilibre dette/créance ou droit/devoir est instable car non collectivisé, on intériorisé, mais oppose les sociétés entre elles.

    Il n’y a pas de dette sans créance, de débiteur sans créancier. La division de la société consiste à permettre l’accumulation de la créance de certains en faisant payer la dette correspondante par les autres. C’est le rôle du tribut ou impôt de permettre cette accumulation à sens unique et de l’utilisation de l’Etat pour justifier ce déséquilibre et l’imposer de manière coercitive.

    L’erreur la plus grave des penseurs anarchistes et ici celle de Clastres, réside dans la quasi ignorance de cette égalité absolue sans laquelle on ne peut pas parler d’échange, mais uniquement de don (dans le sens d’une créance sans dette) ou d’esclavage (dans le sens d’une dette sans créance).

    Enfin, un équilibre n’est pas coercitif car par définition, il n’exige pas d’effort pour se maintenir, mais d’être indivisé dans son rapport interne. L’équilibriste est celui qui effectue un perpétuel mouvement de balancier entre les deux cotés pour rester en équilibre. Par contre, s’il penche d’un coté, il lui faudra trouver une autre personne (esclave, sujets, ouvriers) pour compenser le déséquilibre, sinon, il chute !

    La division de la société ne peut donc rester en équilibre qu’à la condition expresse d’obliger certains et ici les débiteurs ou sujets, à contrebalancer le déséquilibre induit par les créanciers ou maîtres.

    Sur ce point, l’égalité est donc le moyen d’éviter la coercition, sauf qu’il s’agit d’égalité relationnelle, cad, selon la qualité de son travail, car donner à celui qui travaille mal autant que celui qui travaille bien est une inégalité relative qui ignore les capacités de chacun et revient à poser une coercition de fait. Une personne peut décider de ne pas obtenir récompense particulière et matérielle de son mérite, mais cela reste du domaine du choix personnel et ne peut être imposé par la force, car l’argument égalitaire n’est pas valide. Tant qu’une personne ne peut exiger plus que ce qu’elle apporte par elle même, l’égalité ne peut être rompu et il n’y a aucune coercition à interdire à une personne d’exiger plus que ce qu’elle apporte ni à corriger son apport selon l’évolution générale de la société. Mais il y a coercition à exiger d’une personne qu’elle donne une partie de son travail sans son libre accord (pléonasme) sous quelque prétexte que ce soit. On peut l’inviter, mais pas l’imposer.

    Voilà pourquoi certains postulats posés comme anarchiques ne le sont pas et surtout, interdise l’avènement d’une société anarchique car maintenant le cogito dans l’impasse conceptuelle. Posant la condition de fraternité pour permettre sa matérialité, alors qu’il faut poser la condition de la matérialité pour amener la fraternité.

    J’avais écris un long commentaire sur l’autre fil de discussion, mais celui-ci s’étant perdu, je n’ai pas eut la volonté de le réécrire.

    Je pense qu’il me faut développer par un article sur le sujet, mais le peu d’intérêt ne m’incite pas à le faire. Car voyez vous, rien, absolument rien ne se fait sans intérêt, car si la nature de ce dernier peut changer, le principe demeure. La vie n’agit que par intérêt, sinon, elle n’aurait aucune raison de s’animer !

    • Ce qu’explique Clastres est ceci:
      Société primitive est indivisée, une, égalitaire, personne n’est ou n’a plus qu’un autre. Le chef est le représentant, porte-parole de la communauté, reconnu comme tel par celle-ci, ce privilège d’être dépositaire de la parole sans pouvoir implique qu’il doit redistribuer tout ce qu’il a dans la communauté où l’accumulation est impossible dû au choix du mode de production domestique d’abondance mais refusant le surplus à dessein. Ainsi le pouvoir est un dans la communauté et les décisions prises collectivement de manière consensuelle. Le chef sans pouvoir est (comme les guerriers) maintenu en dette constante envers la société. Ce système de dette est interne et n’est pas transférable à d’autres sociétés ainsi une société primitive n’est pas en dette envers une autre et vice versa. La situation de conflit maintient la société une et indivisée. Dans une telle société la question demeure: qu’est-ce qui va provoquer sa division ? Qu’est-ce qui va faire qu’à un moment donné le pouvoir va s’extirper du corps social, que des personnes vont contrôler ce pouvoir et changer la direction de la dette pour asservir le plus grand nombre au plus petit nombre ?…
      La division est le grand déséquilibre. le rééquilibrage ne peut se faire que par un retour à l’état initial, celui où le pouvoir est de nouveau dissous dans la société et n’est plus séparé du corps social. Il n’y a absolument aucune raison que ceci ne puisse pas être fait, la division étant accapararement, elle est l’essence de l’acte social coercitif induit, fabriqué au gré des circonstances et artificiellement reconduit et préservé par des mécanismes institutionnels humains anti-naturels. Ainsi, comme l’a dit Clastres, la division de la société est initialement politique et il ne peut y avoir de solution économique à un problème de la sorte, l’économique SUIT toujours le politique et non pas l’inverse, même s’il est vrai comme on l’a déjà dit que de nos jours, l’économique sous le capitalisme exacerbé et débridé a assujetti le politique, il l’a acheté et en a fait une marchandise comme une autre, mais retourner à l’indivision à une société au pouvoir non séparée du corps social est, sera un acte politique, qui cassera la relation inversée induite et réassuejettira l’économique, qui en anarchie n’existera plus sous sa forme marchande qui ne peut être que dictatoriale. Les outils de domination et d’asservissement que sont l’État, l’argent, l’économie de marché et les institutions les maintenant en place sont voués à disparaître. S’il y a une chose qui est « en marche »… c’est bien çà… 😉

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