Résistance au colonialisme: La loi fédérale indienne comme « artifice abject de l’histoire » et apologie raciste de la suprématie chrétienne blanche (Steven Newcomb)

Suite d’une longue sage d’étude et de recherche historico-légale sur l’illégalité et l’illégitimité de l’empire sis sur des terres volées.

Un empire sans terre est un empire a terre. Le comprendre et sortir de la spirale de l’idéologie coloniale en se tenant main dans la main avec les peuples autochtones du monde opprimés et toujours colonisés sur les 5 continents, c’est se tenir sur le chemin de la véritable émancipation et du tsunami de la révolution sociale à venir.

~ Résistance 71 ~

 

A lire: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb, 2008, traduction Résistance 71 )

 

Johnson contre McIntosh un monument de papier de la suprémacie blanche

 

Steven Newcomb

 

23 mai 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/johnson-v-mintosh-paper-monument-white-christian-supremacy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un éditorial du New York Times datant du 9 mai 2017 intitulé “Monuments of White Supremacy”, a pris note des voix du sud américain qui veut préserver les monuments érigés en honneur et à la gloire des états confédérés du sud des Etats-Unis. De tels monuments, a déclaré le NYT, représentent “l’idéologie confédérée” de la suprématie raciale blanche et le terrorisme racial. Typiquement, de tels monuments sont en bronze, comme la statue de Jefferson Davis, le président des états confédérés durant la guerre de sécession (NdT appelée la guerre civile aux Etats-Unis), une statue qui a été très récemment descendue de son piedestal à la Nouvelle-Orléans.

L’éditorial en revanche n’a aucunement mentionné les autres monuments à la gloire de la suprématie blanche qui sont ignorés et laissés à l’admiration publique, comme par exemple le Mont Rushmore, qui est taillé dans la roche des collines noires sacrées des Lakota et dont l’architecte, Gutzon Borglum, était un membre du Ku Klux Klan, ainsi que la statue érigée en l’honneur du tueur d’Indiens Juan Rodriguez Cabrillo au Cabrillo National Monument de Point Loma en Californie.

Les monuments sous forme de statues sont évidents. D’autres à la gloire de la suprématie blanche sont aussi faits de mots sur du papier et se trouvent dans des livres de droit rendant compte des décisions judiciaires publiés par le gouverneent des Etats-Unis, ainsi que dans les institutions que soutiennent ces comptes-rendus. Les décisions, leurs transcriptions et les institutions sont des “monuments de papier”, faits de concepts, de pratiques institutionnelles et de politiques fondées sur des notions et des doctrines de la suprématie blanche et chrétienne. Ceci était le sujet de mon article de droit de 1993: “The Evidence of Christion Nationalism in Federal Indian Law”, publié dans la revue du droit et du changement social de la facultév de droit de l’université de New York.

Aujourd’hui, 24 ans plus tard, les concepts et pratiques racistes religieux de la loi fédérale indienne des Etats-Unis utilisée contre les nations natives de ce continent, n’ont pas du tout changé. Les descendants contemporains des colons chrétiens blancs sont parfaitement heureux d’entretenir les idées de la domination et de la déshumanisation utilisées par leurs ancêtres et léguées à ceux qui vivraient dans le futur, qui est aujourd’hui.

Je dois me douter et assumer que le comité éditorial du NY Times n’a absolument aucun intérêt dans les efforts du démantèlement et de la déconstruction des monuments de papier dédiés à la suprématie chrétienne blanche, monuments tels que les rendus ds affaires Johnson v. M’Intosh (1823), Tee-Hit-Ton Indians v. United States (1955), et City of Sherrill v. Oneida Indian Nation of New York (2005). Il est facile de critiquer le racisme d’une confédération sudiste qui n’existe plus ; mais ce qui est bien plus dérangeant est d’exposer les concepts et les idées injustes et déshumanisants de la loi et la politique fédérale indienne actuelle qui a pour effets les travestis de justice tels que ceux que l’on voit concernant Standing Rock, Oak Flat et bien d’autres endroits où les Etats-Unis affirment la “propriété” sur des terres natives autochtones, en se basant sur une doctrine légale de la loi fédérale indienne dont les racines ont leur source dans la “doctrine chrétienne de la découverte”.

Peut-être que le comité éditorial du NY Times n’est pas au courant de tels monuments de papier. Mais là encore, ce comité pourrait choisir d’éviter d’attirer l’attention sur le racisme religieux de la loi fédérale indienne de peur de mettre en question une pierre angulaire du système légal des Etats-Unis.

Les éditeurs du NY Times ont mentionné dans leur éditorial “un temps où les citoyens noirs n’étaient pas encore totalement humains aux yeux de l’État.” Le temps d’avant le 14ème amendement de la constitution sur la question de l’esclavage fut celui où les esclaves noirs étaient regardés comme des propriétés, une forme de propriété qui était taxée (fiscalisée) par l’état. Ils étaient vu comme n’étant ni citoyens ni pleinement humains. Mais ceci fut aussi une époque durant laquelle les Etats-Unis travaillaient ardemment à détruire par le génocide les nations autochtones originelles et à dominer et à déshumaniser les peuples natifs.

Dans leur éditorial, les rédacteurs du NY Times ont attiré l’attention sur “le fait que bien des citoyens soient hésitants” à abandonner ces “artifices les plus abjectes de l’histoire”. La même chose peut être dite de ces monuments de papier de la Cour Suprême des Etats-Unis, fondés sur la doctrine du “peuple élu sur une terre promise”, le vieux narratif de l’ancien testament biblique. Le gouvernement des Etats-Unis ne veut pas se détacher des doctrines fondées sur la religion et la suprématie blanche chrétienne, qui, jusqu’à ce jour, sont toujours regardés comme “la loi suprême de la terre” et toujours utilisés quotidiennement contre nos peuples et nations natifs.

Imaginez un peu que la Cour Suprême des Etats-Unis ait décidé que les descendants d’esclaves, bien que libres, n’aient “aucun droit à la propriété”. Supposez que cette décision soit toujours activement suivie par la Cour Suprême comme précédent aujourd’hui. La signification de cette jurisprudence hypothétique datant de l’ère de l’esclavage aurait ceci pour conséquence: Ce que les tribunaux américains et la cour Suprême des Etats-Unis ont décidé à cette époque au sujet des descendanrs d’esclaves a toujours cours aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que tout précédent légal demande que quoi que ce soit fut considéré comme vrai à l’époque, indépendamment du fait que ce soit erroné, raciste ou totalement injuste, doit, en tant que sujet légal, être traité comme vrai aujourd’hui.

Le point important est celui-ci: Les Etats-Unis jusqu’à aujourd’hui, continuent à s’en remettre à des monuments de papier dans lesquels les tribunaux américains avouent ouvertement que lorsque des nations blanches chrétiennes “découvraient” des terres habitées par des nations non-chrétiennes (païennes) constituées de “païens, d’athées, d’apostats ou d’infidèles” bronzés, alors le nationalisme blanc chrétien se devait d’y régner suprême.

Le précédent légal américain tient toujours parce qu’il y a longtemps des chrétiens ont localisé des terres non-chrétiennes dans ce qui fut appelé “las Americas”, les nations natives n’ont aucun droit de propriété sur leurs territoires ancestraux traditionnels. D’après la loi religieuse raciste américaine, les peuples et nations natifs n’ont qu’un intérêt “aborigène d’occupation des sols” sur leurs territoires et non pas un “droit de propriété” , (White v. University of California, Ninth Circuit Court of Appeals, 2014). Il serait ainsi assez extraordinaire de voir le NY Times condamner le fait que les tribunaux américains utilisent toujours ces racistes “artifices abjects de l’histoire” contre les peuples et nations natifs et originels de ce continent.

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9 Réponses to “Résistance au colonialisme: La loi fédérale indienne comme « artifice abject de l’histoire » et apologie raciste de la suprématie chrétienne blanche (Steven Newcomb)”

  1. Tenez, avec le relayage de ce dernier Newcomb ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/05/30/johnson-vs-mcintosh-un-monument-de-papier-de-la-suprematie-blanche/
    J’ai donc intégré la dernière version de Meurtre Par Décret (j’ai remanié la forme car il y avait des coquilles de présentation) en toute fin j’ai rajouté des liens vers mes billets de blog ad hoc et rajouté le lien vers votre page, qui n’existait pas il y a un an.
    Si vous voulez le récupérer, y’a pas de souci.
    Et rappelé qu’il ne peut y avoir de nouveau paradigme si celui-ci n’est pas en lien avec les peuples autochtones de la Terre.
    Comme il est écrit en toutes lettres dans ce CR ; De manière très claire, nous avons besoin d’un changement fondamental.
    Comme le rappelait Mohawk Nation News dans son dernier billet : « Vous ne pouvez pas résoudre un problème en gardant le même processus mental ». A. Einsten.

    Jo

      • Tenez, en commentant sur un autre blog suite à la rencontre Vlad/La Nouvelle Voix de Son Maitre à Versailles. Durant laquelle le nouveau Bozo a encore perdu son sang froid en affirmant un certain nombre de conneries, notamment sur Pierre Le Grand. Cela m’a remis en mémoire ce billet du 6/10/2016 dans lequel vous disiez : Alliance politique Confédération Iroquoise-Russie depuis… 1710

        Si la Russie veut véritablement se débarrasser de l’empire, la solution est juste là à porté de main… Il suffit d’épauler légalement la Confédération Iroquoise (et les autres nations amérindiennes) avec laquelle elle est alliée depuis 1710, à faire annuler les possessions de terres frauduleuses de l’empire tant au pays du goulag levant qu’au Canada… Ceci représente un angle d’attaque inédit et intéressant. Attendons la suite… R71, dans ce billet là ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/10/06/occupants-illegaux/
        Et pour le coup, aujourd’hui, tous les appels à une société sans état, par et pour le peuple font encore plus sens. Même et surtout dans le souvenir de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871…

        • Absolument en tous points… 😉

          • Tenez, on nous a refilé cette vidéo d’un Macron halluciné, et depuis le début avec Z notamment on a compris le danger de ce gars pour en avoir parlé souvent et pourtant, même mal élu, il commence son entreprise de démolition contrôlée par les psychopathes aux manettes. Quand ont lit dans les merdias qu’il y a une dynamique EnMarche, que beaucoup appellent à lui faire confiance et à lui laisser une chance, ben ça fout les j’tons ! Comme dit raimanet « Errare humanum est, perseverare diabolicum »

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