Pour en finir avec l’escroquerie malthusienne de la « surpopulation »…

“Il n’y a pas le moindre doute que l’hésitation de bien des biologistes pour reconnaître la sociabilité et l’entraide comme caractéristiques fondamentales de la vie animale est dûe à la contradiction qu’ils perçoivent entre une telle reconnaissance et la dure lutte pour la survie malthusienne qu’ils considèrent être au plus profond de la théorie de l’évolution darwinienne. Même lorsqu’ils sont remémorés par Darwin lui-même dans son second ouvrage “La descendance de l’Homme”, qu’il reconnaissait la valeur dominante de la sociabilité et des sentiments “positifs” pour la préservation de l’espèce, ils ne peuvent pas réconcilier cette assertion avec la partie que Darwin et Wallace ont assigné à la lutte individuelle malthusienne pour le gain d’avantages individuels dans leur théorie de la sélection naturelle. […]”

~ Pierre Kropotkine ~

 

A lire aussi: “Le CO2 est le démon par ce que Malthus et Ehrlich ont eu tort sur la surpopulation” (https://resistance71.wordpress.com/2015/05/03/lescroquerie-du-rechauffement-climatique-anthropique-avatar-de-lescroquerie-malthusienne-de-la-surpopulation/ )

 

Et parce que l’escroquerie du réchauffement climatique anthropique se dégonfle comme la baudruche qu’elle est, le retour au (neo)malthusianisme et le bidonnage de la “surpopulation” est de rigueur…  Nous n’avons pas un problème de surpopulation, nous avons un problème de gestion, énorme différence (Résistance 71)

 

La bombe démographique est un pétard mouillé

 

Rodolphe de Koninck et Sébastien Roux

Du département de géographie de l’université de Montréal

 

5 avril 2017

 

url de l’article original:

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/495376/la-bombe-demographique-est-un-petard-mouille

 

Dans la lettre intitulée « La bombe à retardement de la surpopulation », parue dans Le Devoir du lundi 20 mars, M. Jean-Pierre Sauvé soutient qu’à la source de la détérioration de la biosphère se trouve la surpopulation. Cette vision encore très répandue apparaît inadéquate et requiert quelques ajustements.

N’en déplaise aux tenants du néomalthusianisme, la croissance démographique n’est pas en soi une cause de la surexploitation des ressources naturelles et de la détérioration des écosystèmes. Les démographes s’accordent pour dire que l’ascension démographique des cent dernières années tire à sa fin. La population mondiale devrait atteindre 9 milliards en 2050 avant de se stabiliser progressivement durant la deuxième moitié du XXIe siècle. Malthus avait tort : la croissance démographique n’est pas infinie et la population mondiale ne doublera plus jamais.

Il n’est pas étonnant que le spectre de la surpopulation resurgisse dans un contexte d’augmentation des inégalités économiques et de déstabilisation écologique, même si nous savons depuis longtemps que la faim et la pauvreté sont en réalité des problèmes liés à la distribution inégale de la richesse et des ressources. D’ailleurs, les populations les plus démunies n’ont en général qu’une empreinte écologique modeste et en tout cas largement inférieure à celle des populations riches. Si les 7,5 milliards d’humains qui vivent sur terre aujourd’hui étaient des prédateurs aussi boulimiques que le sont la majorité des quelque 360 millions de Nord-Américains, l’humanité serait déjà définitivement condamnée à connaître le sort des dinosaures.

L’occupation du territoire

Le véritable problème, c’est la façon dont les humains occupent la planète, quel que soit leur nombre. L’habitent-ils de façon harmonieuse, raisonnable et responsable, ou plutôt d’une manière abusive, prédatrice et destructrice ? La réponse est que l’humanité, en particulier dans les pays riches, habite la planète de façon de plus en plus prédatrice. Cela est vrai notamment dans l’agriculture mondialisée, l’une des grandes responsables de la détérioration de la biosphère et des bouleversements climatiques, de même que de la destruction de la petite agriculture familiale appauvrissant les campagnes et contribuant à l’exode vers les villes.

L’agriculture industrielle, aujourd’hui largement entre les mains des multinationales de l’agroalimentaire, produit trop et mal, notamment en externalisant et en socialisant les coûts et les risques écologiques. Le bluff qui consiste à affirmer que l’on doit mettre en culture une part croissante de la planète, notamment en la déboisant davantage, n’est que cela, un bluff, par ailleurs fort coûteux. Le problème n’est pas le manque de nourriture, mais la distribution inégale tant de sa production que de sa consommation.

L’agriculture mondialisée, source de gigantesques profits, produit déjà assez de nourriture pour nourrir plus de dix milliards de personnes. Pour de multiples raisons et de multiples façons, nous gaspillons au moins le tiers de la production alimentaire mondiale, une production elle-même fort mal répartie sur le plan géographique, si mal qu’on en arrive à créer de véritables déserts alimentaires.

Le culte de l’automobile

On pourrait multiplier les exemples des faussetés sur lesquelles repose la propagande en faveur de la croissance de la production des biens de consommation, l’une des plus perverses concernant ce que les Français appellent « la petite reine ». Il y a déjà beaucoup trop de voitures sur la planète. Dans un nombre croissant de villes, y compris au Québec, nous sommes sur le point d’accorder le statut de citoyen à nos voitures et, pourquoi pas, des passeports et le droit de vote à celles qui, bientôt, se conduiront toutes seules ! Nous donnons littéralement les clés de la cité à nos « chars », à qui nous consacrons de plus en plus d’espaces et de ressources, en particulier collectives.

Tout cela relève de l’aliénation, de la crainte de contester les mensonges, tel celui selon lequel c’est la demande qui conditionne l’offre, alors qu’il faut être aveugle pour ne pas voir que c’est l’offre, par ailleurs excessive, qui pousse à la consommation et au gaspillage, lequel est devenu structurel. Le parc automobile mondial, qui dépasse actuellement 1,2 milliard de véhicules, connaît une croissance annuelle huit fois plus rapide que la population (9 % contre 1,1 %). La surpopulation n’est pas celle que l’on pense.

Renverser le paradigme

Tout comme M. Sauvé, nous nous inquiétons des limites écologiques du modèle de croissance infinie actuel, du déclin de la biodiversité et des effets de la surconsommation. Par contre, nous soutenons que la surpopulation est un problème relatif plutôt qu’absolu, et qu’il est par conséquent le résultat de choix politiques, sociaux et économiques qui peuvent être changés. La prétendue surpopulation est le produit d’un système économique où la recherche sans fin du profit est diamétralement opposée aux rythmes écologiques.

Que faire ? Redresser la tête, s’informer et s’éduquer sur les modèles parallèles qui se multiplient aux quatre coins du monde, comme le démontre le film Demain. Il faut contester les modèles sociaux qui reposent sur l’aliénation, la surconsommation et la prédation réalisée sous couvert d’austérité et de déréglementation, toutes choses menant à l’accélération de la privatisation et à la destruction de la biosphère. Bref, inventer chacun à notre façon ainsi que collectivement un monde qui renverse celui qui, pour le moment, ne sert qu’une minorité tout en desservant une majorité.

La population mondiale ne menace en rien la Terre qu’elle peut encore habiter, à condition de le faire avec sagesse et mesure, en refusant et en remplaçant les modèles proposés par l’ultralibéralisme économique, actuellement et presque partout en plein délire !

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8 Réponses to “Pour en finir avec l’escroquerie malthusienne de la « surpopulation »…”

  1. Absolument d’accord. Comme l’envisageait les Aztèques, les Mayas, les Pygmées ; pour un territoire donné, un nombre de personne donné. Cela s’appelle l’auto-régulation non ? Et cela fait appel à une prise de décision commune pour la survie d’une population en harmonie avec la nature et non contre elle. Il y a entente au départ et non coercition en cours de route. Excellent article.
    On voit bien tout de même que l’oligarchie aussi, monte d’un cran…

    • oui. Seul un retour à la nature profonde de l’humanité pourra nous sauver, celle-ci est faite d’entraide, de coopération, d’égalité, d’association libre et de relations non coercitives entre les gens et entre les gens et la nature. Il est bien évident que le but n’est pas de « retourner en arrière », mais de retrouver la matrice originelle sociétale, le communisme originel harmonieux qu’on ne pourra retrouver qu’une fois mis à bas l’État, l’argent, le salariat, et toutes les structures de domination issues de la division politique initiale de la société humaine. La société des sociétés est une changement d’attitude par le refus de la division dont l’outil de perpétuation est l’État, mécanisme de gestion de la division politique et économique. La société des sociétés bien auto-ordonnée, auto-régule sa relation entre ses membres et avec la nature.

  2. Je sais, car on me l’a fait souvent remarquer, que lorsqu’on parle de « communisme originel » beaucoup tiques, pensant au « communisme » tel que défini par Marx. Ne pourrait-on plutôt dire « communalisme » dans le sens de la commune plutôt que « communautarisme » bien entendu ?
    C’est d’ailleurs aussi mal compris, d’emblée, pas qd on le lit, avec l’appel au socialisme de Landauer, qui lui a défini un « anarcho-indigénisme » aussi proche que possible de la Confédération Iroquoise et Alfred aujourd’hui.

    • oui, mais tout çà c’est de la déformation volontaire. Que les gens apprennent déjà à faire la distinction avant de sauter aux rideaux… Le « communisme » de l’anarcho-communisme tel que le voyait Kropotkine par exemple vient du mot « commun », c’est à dire choses en commun, entraide et partage, puis bien sûr au sens de « commune ». Si on parle de « communalisme », ce mot a été utilisé par Murray Bookchin et tout le monde n’est pas d’accord avec lui, c’est un jeu sans fin…
      Il suffit d’expliquer ce qu’est le « communisme originel » et faire comprendre qu’il est partie intégrante de la nature humaine, que l’humanité à vécu des centaines de milliers d’années de la sorte et que certaines sociétés continuent de vivre comme cela aujourd’hui, ce qui fait imaginer aux gens qu’on ne peut vivre comme cela que dans la précarité et le dénuement technologique, ce qui est totalement faux, On ne pense pas que ce soit à nous de marcher sur des œufs sémantiques pour faire plaisir aux bornés alentour, mais expliquer la chose et faire que ce soit le plus de gens possible qui changent d’attitude envers ce concept, et cela passe déjà par la compréhension qu’ils sont formatés pour réagir d’une certaine façon, d’une façon émotionnelle et non pas réfléchie. Le marxisme est une plaie dont le véritable communisme n’a pas fini de souffrir, c’est pour cela qu’il faut passer un certain temps à mettre en valeur les différences afin que plus de monde y voit plus clair et fasse tomber les masques.
      C’est pour cela que nous avons pris la peine au long de ces années de dépoussiérer les travaux des anthropologues politiques du « milieu » (anarchistes ou « anarchisant ») qui ont défait les théories structuralistes et marxistes, que nous avons mis en valeur le terreau profond des sociétés amérindiennes par le truchement de la dénonciation de leur holocauste (d’une pierre deux coups…), que nous avons traduit et publié des recherches anthropologiques sur les sociétés traditionnelles africaines et que nous dépoussiérons de notre mieux la littérature anarchiste au-delà des sentiers par trop battus.
      C’est un long processus, qui nous l’espérons bientôt, aboutira à notre « manifeste » politique pour que de là… le silence devienne assourdissant… 😉

      • Merci pour toutes ces précisions. Je me les note, comme souvent, car ainsi cela me permet d’expliciter ma réflexion, puis mon propre propos. Cela aide à aller au fond des choses ! Excellent la voie du jaguar, je vois si je peux relayer les deux : A+ Jo

  3. Tenez, j’ai rappelé cet article, mais également celui d’avril 2015, et le PDF de la théorie russo-ukrainienne sur l’origine abiotique profonde du pétrole en complément de la vidéo sott du mois de mars 2017 ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/04/08/resume-sott-de-032017/
    En bonus le sketch de George Carlin « Save The Planet » parce que le foutage de gueule est à tous les étages, et on le voit bien aujourd’hui avec le faux drapeau en Syrie. Les psychopathes aux manettes par essence 😉 ben ça psychotte… Et on est servi, ce me semble !

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