Résistance au colonialisme: A Standing Rock les prières ont échoué, quelle suite pour stopper l’oléoduc ?… (Mohawk Nation News)

“Le traité de Fort Laramie de 1868 [reconfirmant essentiellement celui de 1851] place la limite orientale des terres de la “Grande Nation Sioux”, Oceti Sakowin sur les rives Est de la rivière Missouri. La presque totalité de l’aquifère connu sous le nom de Formation Madison se situe dans les limites de ces frontières de notre territoire, comme défini par ce(s) traité(s). Ceci veut dire que toute l’eau de la rivière Missouri et de son expansion occidentale, ainsi que les réseaux phréatiques de la partie occidentale du Dakota du Sud, appartiennent au peuple Lakota. Notre droit à cette ressource a été garantie à perpétutité par les Etats-Unis et son gouvernement à Fort Laramie.
De cette manière, nos ancêtres ont pourvu à ce que notre peuple conserve d’amples réserves d’eau afin que se développe notre terre ancestrale, génération après génération. Même après que nos Paha Sapa (Collines Noires) et notre ‘territoire indien non-cédé’ nous furent volés en 1877, la rivière Missouri et la vaste majorité du réseau aqueux demeurèrent notre propriété. Les Américains étaient intéressés dans l’or à cette époque. L’eau n’était pas une préoccupation, donc l’eau fut laissée en terre indienne…”

~ Ward Churchill & Russell Means, discours de Means, 1982 ~

“L’homme blanc nous a fait maintes promesses, mais il en a gardé une seule. Il avait promis de prendre notre terre et il la prise.”
~ Chef Lakota Nuage Rouge, 1882 ~

 

Alignez vos prières

 

Mohawk Nation News

 

29 mars 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/03/29/line-up-your-prayers/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les Etats-Unis furent si heureux lorsque tout le monde se mit à prier pour arrêter l’oléoduc du DAPL à Standing Rock.

En 1974, l’American Indian Movement (AIM) devint célèbre à travers le monde pour se dresser contre la corruption.
Le mouvement du pouvoir rouge (Red Power) commença à Minneapolis au début des années 1970 lorsque des hommes onkwe’hon:weh (autochtones des peuples originels) commencèrent à volontairement patrouiller les rues, remplissant ainsi leur responsabilité de maintenir leur peuple en sécurité. Ceci évolua en la création de l’AIM. La dépravité et les meurtres sur la réserve de Pine Ridge atteignirent des proportions épiques. L’AIM fut appelé à la rescousse par le peuple traditionnel et ses conseils. L’AIM y invita ses alliés et ses supporteurs. Puis un des hommes fut tué par un agent du gouvernement. Les Etats-Unis et les entreprises coloniales poussèrent pour que le chef tribal (élu) CEO de Pine Ridge et marionnette gouvernementale, Bill Wilson et son conseil tribal colonial, virèrent l’AIM de la réserve pour y avoir exposé la dépravité et la corruption ambiantes.

L’AIM fut affaibli parce que des saboteurs l’infiltrèrent. Doug Durham, alors proche des leaders du mouvement, était un agent du FBI. Ward Churchill écrivit “Agents of Repression”, sur le comment le gouvernement infiltra et détruisit l’AIM, les mouvements noirs et quiconque essayait de se défendre justement de l’oppression subie.

Churchill fut viré avec perte et fracas de l’université du Colorado et sa réputation fut éclaboussée et ternie pour avoir critiqué l’histoire officielle du gouvernement au sujet de la démolition contrôlée des tours jumelles du WTC en 2001.

Aujourd’hui, nos hommes portent les symboles de la résistance. Certains d’entre eux agissent même comme l’homme blanc en tuant, attaquant et volant leur propre peuple.

Une fois de plus en 2016, les alliés et supporteurs furent invités à Standing Rock pour mettre un coup d’arrêt à l’oléoduc. Plus de 10 000 d’entre eux s’y rendirent.

Les gens du monde entier se sont rendus compte des périls auxquel la nation Lakota devait faire face. Une fois de plus le conseil tribal colonial du gouvernement des Etats-Unis de Standing Rock a viré tous les supporteurs.

Avec toute cette attention, qu’ont protégé les protecteurs de l’eau ? Les prières n’ont rien changé. Ils voulaient une récompense pour quelque chose qu’ils n’ont pas fait. D’autres voulaient juste quelques photos souvenirs du fait d’y avoir été.

Les oléoducs sont en construction. Toujours plus de prières s’alignent. La terre n’est pas protégée.

= = =

Note de résistance 71:

MNN pose ici la question devenue classique du quand assez est-il assez ? Le monde colonial occidental est un monde de domination et d’oppression, de coercition et de rapports de force. Son outil coercitif majeur, l’État et ses institutions de la domination, ne connait que la force et la violence dont il monopolise la soi-disant “légitimité”, même quand il viole et bafoue traités et loi internationale et faveur de transnationales qui à terme paient les états pour garantir leur pérennité.

La question posée par MNN est simple: que fait-on quand on a épuisé l’action non-violente pour rétablir une situation fondée à la base sur une usurpation et un abus de pouvoir par les autorités, reconnus par l’analyse des traités légiférant dans le système même impliqué ? On plie les gaules, on dit “tant pis…” et on laisse faire ? Ou on passe à autre chose ?

Les leçons tirées de la crise d’Oka en 1990 sont que le système colonial serait dans l’impossibilité physique de répondre efficacement non pas à un Oka, mais à 10 Oka simultanés éparpillés sur l’ensemble de l’Amérique du Nord ; en l’occurence, n’oublions pas que toute cette affaire d’oléoducs implique un vaste réseau appelé à l’origine Keystone XL Pipeline, dont le DAPL n’est qu’un tronçon. Ce réseau vise à amener cette merde ignoble d’hydrocarbure issue des sables bitumeux d’Alberta au Canada, mélangé pour être mieux liquéfié à des produits chimiques hyper-toxiques, au Golfe du Mexique, le tout pour l’exportation vers la Chine !
Ce qui veut dire que stratégiquement, il serait raisonnable de penser à déclencher des opérations coup d’arrêt simultanées en territoires autocthones à la fois en terre coloniale états-unienne et en terre coloniale canadienne. Opérations où il y aurait moins de “prières” et plus d’action de blocage menées de manière coordonnée par les “warrior societies” des nations concernées, leurs alliés et supporteurs, sur une dizaine de sites, de manière conjointe et coordonnée.

MNN pose la question de l’action directe marchant la main dans la main avec la diplomatie. Oka en fut une réussite récente dont les leçons ont été tirées…

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8 Réponses to “Résistance au colonialisme: A Standing Rock les prières ont échoué, quelle suite pour stopper l’oléoduc ?… (Mohawk Nation News)”

  1. C’est lors de cette crise Oka je crois qu’une femme Mohawk a affirmé ; Regardez bien ce qu’il se passe ici, parce que quand ils en auront fini avec nous, ce sera votre tour… » ?

    MNN a effectivement déjà affirmé que la lutte devait se faire pour tous les APL et c’est la solution, effectivement, un point de lutte comme le DAPL est « facile » à contrer, 10, 15 et plus, ça devient ingérable… C’est pourquoi, en France, on peut agir en l’ouvrant sur les banques qui financent la colonisation. Quand on prétend qu’il n’y a pas besoin d’armes pour faire tomber l’empire, et que c’est ici, maintenant et d’où nous sommes !

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