Politique de l’histoire: La France amnésique au passé réglementé ou comment retrouver l’histoire de France ~ 3ème partie ~

“Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarque sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.”
~ Professeur Ze’ev Herzog
, chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, dans un entretien avec le magazine Ha’aretz le 29 octobre 1999~

“Que les historiens ‘hautement acclamés’ respectent les lois d’airain qui conditionnent la ‘liberté de leur atelier’: qu’ils dialoguent moins avec les prélats, les ministres, les ‘hommes d’affaires’ qu’avec les archives, accessibles à tous, dans le ‘silence’ et vérifiables par tous, et leurs stylos ou leurs ordinateurs ; que, libérés de la tutelle de l’argent ‘extérieur’ des missions privées ou publiques, ils réclament des financements universitaires pour générer des recherches dont ils auront l’initiative, la maîtrisxe et les instruments archivistes. Dégagés du soupçon de complaisance ou de dépendance à l’égard des puissants, ils n’en seront que meilleurs experts de la ‘société’ dite “civile’. Quant aux jeunes chercheurs, il est urgent que, soustraits à la norme des desiderata des bailleurs de fonds et ainsi mis en mesure de tenir la tête droite, ils puissent aider l’histoire contemporaine française à retrouver la voie de l’indépendance.”

~ Annie Lacroix-Riz, professeure émérite d’histoire contemporaine, Université de Paris VII, “L’histoire contemporaine sous influence”, 2004 ~

  

La France pays au passé amnésique et réglementé

 

Présentation, extraits et analyse du livre de Jean-Paul Demoule*:

“On a retrouvé l’histoire de France”, Robert Laffont, 2012 et Folio “Histoire”, 2013

 

par Résistance 71

 

Février 2017

 

1ère partie

2ème partie

3ème partie

 

Mis en page par Jo de JBL1960, le PDF:

On a retrouvé l’histoire de france (Jean Paul Demoule)

 

(*) Archéologue, professeur emeritus d’archéologie à l’université de Paris I-Sorbonne. Ancien président de l’Institut Nationale de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) de sa création en 2002 à 2008.

Les textes historiques et l’archéologie moderne confirment ce que nous disait déjà Pierre Kropotkine à la fin du XIXème siècle, à savoir que le Moyen-Age fut également une “révolution politique” sous la forme de l’émancipation de certains gros bourgs (villes) s’émancipant de la domination des seigneurs et de l’autorité royale, elle-même restreinte à quelques fiefs autours des terres du roi et à quelques alliances au poids plus qu’aléatoire, c’est ainsi que poursuit Demoule:

l’apparition d’une bourgeoisie tirant sa richesse du contrôle de l’artisanat et des échanges va changer la donne. Les bourgeois (leur nom signifie simplement à l’origine “habitants du bourg” ou d’une ville) souhaitent s’émanciper de l’égide des seigneurs locaux, laïques ou ecclésiastiques, qui ont pris de plus en plus d’importance avec l’affaiblissement progressif du pouvoir royal à partir du démantèlement de l’empire de Charlemagne. Artisans et commerçants exigent de participer au pouvoir politique, obtiennent par écrit des libertés et font de leurs villes des communes.” Ce que Kropotkine appela les “communes médiévales du XIème au XIVème siècle”, c’est à dire des fédérations de communes comme celles unies dans la fameuse ligue hanséatique et d’autres qui ont fait la gloire des grandes cités médiévales comme Laon, Reims, Bruges, Francfort, Gênes, Lvov et Novgorod.

Ainsi, ces nouveaux bourgeois ont leur conseil municipal, leur garde civique, leurs lois, à la différence des campagnes environnantes ; ils se jurent aussi mutuellement aide et protection. […] Curieusement, une rupture aussi fondamentale et qui détermine tout le destin futur de nos sociétés, est fort peu mis en relief dans l’histoire officielle de France et de l’Europe.

[…] C’est donc une autre vision du Moyen- Age qu’il faut maintenant avoir, débarrassée de ses mythes, positifs (Clovis) ou négatifs (“on n’est plus au Moyen-Age !”) et de ses amnésies (les Francs germaniques, les communautés juives). Non plus une “longue nuit barbare” entre la brillante Antiquité et la plus brillante encore Renaissance, mais une période d’un millénaire marquée aussi bien par une révolution industrielle et technique que par une évolution des mentalités. Le christianisme s’y met certes en place, mais de manière lente et variée. Elle voit aussi avec l’autonomie progressive des villes communales les premières revendications de libertés politiques depuis la fin des démocraties grecques et de la République romaine, autonomie inscrite dans le sol de ces villes et dans leur dynamisme économique. L’archéologie a joué un rôle fondamental pour ces révisions historiques. Si les textes se font de plus en plus abondants à partir de la Renaissance, l’étude de la culture matérielle à travers l’archéologie reste essentielle et ce jusqu’à nos jours.

La seconde partie du livre de Jean-Paul Demoule est consacrée aux leçons enseignées par l’archéologie et il insiste sur une des fonctions essentielles de l’archéologie: la dénonciation des faussaires du passé et ceux-ci sont légions. Ainsi du “saint suaire” de Turin expertisé comme remontant au XIVème siècle en passant par les facéties affabulatoires de l’archéologue japonais Fujimura et le faux total de la “première preuve archéologique de l’existence du christ” en 2002 avec l’arrestation du faussaire israélien Oded Golan, Demoule nous dit que:

“… L’archéologie biblique où se combinent intérêt financier et intérêt idéologique, est sans aucun doute celle qui concentre le plus grand nombre de faux, on peut encore citer la tablette gravée sur pierre dite de “Joachaz”, qui évoque la réparation du grand temple de Salomon, conformément à un passage de la bible.

De fait, l’histoire officielle de la France, celle que nos élites politiques et intellectuelles veulent mettre en avant a dû s’accommoder de trois grandes défaites successives:

La première est celle des Gaulois face aux Romains. Nos ‘ancêtres les Gaulois’ sont avant tout des vaincus, qui plus est, décrits par leur vainqueur comme des barbares. […] Vercingétorix a été hissé au rang de figure christique, avec ses cheveux blonds mi-longs, à l’instar des représentations modernes de Jésus… Enfin l’idée que les Gaulois ont été ‘civilisés’ par les Romains est finalement une ultime consolation. A quelque chose malheur est bon.

A ce titre, il est effarant de constater que ce qu’on nous répète à longueur de bouquin d’histoire scolaire insipide au sujet de “nos ancêtres les Gaulois”, ne couvre en fait que la toute fin d’une civilisation qui a essaimé en Europe du Danube à l’Irlande pendant plus de 800 ans !.. Le problème de l’establishment est le suivant: reconnaître la splendeur de la civilisation celtique, gauloise, ne peut aller de pair qu’avec la reconnaissance du fait que la société a pu fonctionner pendant tous ces siècles sous une alternance d’égalitarisme et d’aristocratie, jamais chapeautée par une quelconque forme d’État ou de centralisation. Or, il est impératif de maintenir le côté “barbare sympathique” de nos ancêtres avant de continuer la légitmité du fondement de l’État moderne: le droit romain. C’est pourquoi les livres scolaires d’histoire couvrent la Gaule pré-romaine et la conquête de la Gaule par César au pas de charge en une ou deux pages lapidaires, pour enchaîner sur ce qui légitime le marasme sociétal actuel: la société colonisée gallo-romaine, marquée et infusée du droit romain puis du christianisme. C’est sur la combinaison des deux doctrines qu’est fondée l’histoire officielle de la France, occultant à dessein la véritable originalité et efficacité tant politique qu’économique de “nos ancêtres les Gaulois”.

Mais les Gallo-Romains ont à leur tours été vaincus:

L’Empire s’est effondré et ses provinces gauloises avec lui. Vaincus en outre par les barbares germanique, les Francs, ce sur quoi on insiste peu. Au moins la langue gallo-romaine s’est-elle conservée, sous la forme du français, langue qui n’est pas celle des vainqueurs (les Francs) même si elle leur empreunte le nom, un paradoxe. Les barbares ont été néanmoins ‘civilisés’ à leur tours puisque leur chef Clovis s’est converti au christianisme ; reste que cette période des ‘rois fainéants’ n’est pas la plus glorieuse de notre histoire. Alors on la maquille, on ‘francise’ les noms francs: Clovis (Hlodowig), Charlemagne (Karl der Grosse, Charles le Grand), Aix la Chapelle (Aachen)…

Mais les Francs ont été vaincus à leur tour, pas militairement mais culturellement. […] Ainsi, dès le ‘francisé’ Charlemagne, le Moyen-Age commence à devenir fréquentable…

Alors quelles leçons peut-on tirer de l’histoire, quelle est au bout du compte notre histoire, celle de la France sans amnésie ? Jean-Paul Demoule nous dit que répondre à ces questions est une des grandes fonctions de l’archéologie d’une part, mais surtout de l’archéologie préventive, car si la France créait en 1846 l’École Française d’Athènes, l’un des plus vieux instituts archéologiques du monde, ce n’est qu’en 2002 que fut créé l’INRAP officialisant l’archéologie préventive dans le pays.

Au-delà de la mythologie de BD incarnée par Indiana Jones et Lara Croft, l’archéologie est une science qui sert à mieux comprendre notre histoire, à débusquer les mythes et les mensonges, ce qui permet de mieux comprendre le présent et d’anticiper l’avenir. Si l’historien fouille les archives et les textes anciens et modernes, l’archéologue fouille le terrain de la vie quotidienne. Ce n’est pas un hasard si, de l’avis des plus experts, les poubelles sont la source d’une connaissance infinie sur les civilisations passées. Ainsi pour Demoule et la grande majorité des archéologues:

L’archéologie sert avant tout à se comprendre dans le monde, dans le temps et dans son territoire… L’archéologie apporte les preuves matérielles, que le passé dont nous parlent les livres a vraiment existé.

[…] Il y a dix mille ans, la France, comme le reste de l’Europe, était entièrement recouverte de forêts, des chênes, des tilleuls et autres espèces tempérées ou méditerranéennes. Des aurochs, des sangliers, des cerfs, des ours, des loups, des lynx, des chevreuils, parfois des chevaux sauvages vivaient en abondance sous le couvert de cette forêt vierge. Elle n’existe plus, peu à peu éradiquée par l’agriculture, dans un processus qui a débuté dès le Néolithique il y a sept à huit mille ans. Seules en subsistent encore quelques reliques, comme la forêt d’Urho Kekkonen en Finlande ou celle de Bialowieza en Pologne. En France quelques centaines d’hectares en ont été préservés avec la forêt de Massane (Pyrénées Orientales).

[…] Ainsi, comme le prouve l’archéologie, la Gaule n’était pas recouverte de forêts où circulaient des druides et sangliers, mais son espace était ouvert et cultivé et les campagnes jalonnées de villages et de grandes fermes. Les grands abattages s’accentuèrent encore à l’époque romaine et pendant la première moitié du Moyen-Age.

[…] Ainsi, les paysages méditerreanéens de maquis et de garrigues ne sont pas plus sauvages: ils sont le produit de huit mille ans d’agriculture et d’élevage, tout comme les bocages et les prés de la France tempérée.

[…] Les fouilles archéologiques permettent de suivre l’arrivée en Europe au Moyen-Age du rat noir d’Asie et celle de la sinistre peste amenée par ses puces.

[…] Ainsi, lorsque nous cheminons dans un paysage de campagne, nous pouvons le découvrir, avec un peu d’attention, d’un tout autre œil, en complétant éventuellement notre regard par l’information archéologique disponible sur la région. Ce chemin est peut-être parcouru depuis deux ou trois mille ans. Cette limite de champ a peut-être été tracée à l’époque romaine. Cette haie date du Moyen-Age. Le paysage est un musée vivant que nous parcourons, que nous habitons et nous pouvons ainsi comprendre et nous approprier cette terre.

Ceci nous fait toucher du doigt la chose la plus importante d’une nation: sa relation avec la terre, qui avec le temps devient culturelle. Ce qui fit dire à Gustav Landauer en 1911: “La question sociale, la révolution sociale, est une question agraire.” Montrant ainsi l’importance de l’attachement à la terre non pas en tant que propriété générant des revenus, mais en tant que patrimoine collectif d’un groupe de personnes partageant les mêmes valeurs, les mêmes aspirations au bonheur.

La propriété quant à elle s’est généralisée avec la sédentarisation des sociétés humaines durant la “révolution agricole” de Néolithique, il y a environ 7000 ans en Europe et en France. De la même manière s’est généralisée la division de la société et la création de disparités, d’inégalités d’abord politiques (cf Pierre Clastres), puis économiques. Ainsi nous pouvons toujours nous poser la question de savoir pourquoi acceptons-nous l’inégalité et le pouvoir de quelques-uns, alors que nous formons l’immense majorité, surtout depuis le boum démographique allant de pair avec la révolution agricole sédentariste du Néolithique ? Pourquoi l’inégalité nous semble t’elle si naturelle ? Pourquoi acceptons-nous notre domination ? Ce n’est qu’au XVIIème et XVIIIème siècles que deux conceptions de la “nature humaine” se sont affrontées: celle de Jean-Jacques Rousseau (l’égalité est naturelle à l’humain) et celle de l’Anglais Thomas Hobbes (l’inégalité est dans la nature humaine).

Ici, Demoule reprend: “L’archéologie nous permet de poser autrement le débat, car l’inégalité et la violence ont une histoire.

[…] Les sociétés humaines les plus anciennes, celles antérieures à Homa Sapiens (Cro-Magnon), l’homme moderne, offrent très peu d’indices sur de fortes inégalités et sur la violence. Les observations ont été un temps biaisées par des préjugés issus des travaux de Konrad Lorenz, puis, à sa suite par ceux d’un mouvement scientifique américain des années 1970: la ‘sociobiologie’, qui s’était proclamée ‘Nouvelle Synthèse’ et selon lequel la société serait organisée autour de ‘mâles dominants’ s’efforçant de favoriser la prolifération de leurs gènes. Toutefois, lorsque des groupes de singes en liberté ont commencé à être observés non plus seulement par des zoologues ou ethnologue mâles, mais aussi par des femmes ethnologues, on s’est aperçu que les rapports sociaux chez nos cousins primates pouvaient être plus complexes et plus riches.

[…] Comme l’a rappelé l’anthropologue Maurice Godelier, des études génétiques ont montré que les jeunes singes d’un groupe donné ne descendaient pas majoritairement des mâles dominants ; ces derniers ne parvenaient pas à imposer aux femelles la reproduction de leurs gènes supposés tels.”

On ne remarque de même pas plus de traces de disparités sociales et de violence à l’époque paléolithique (hommes de Tautavel et de Néanderthal, mis en scène dans les films “La guerre du feu” et “Ao, le dernier Neanderthal”. Demoule rejoint la paléonthologue Marylène Patou-Mathis, grande spécialiste mondiale de la période néanderthalienne pour dire que l’on a très peu retrouvé de traces de violence sur les squelettes étudiés et que si parfois des fractures étaient décelées, la plupart étaient cicatrisées, ce qui veut dire que la personne avait survévu à sa blessure et que cela ne voulait absolument pas dire que la blessure résultait de violences d’humain à humain. Les hommes de Néanderthal, très fins chasseurs, devaient néanmoins approcher le gros gibier de près pour le tuer et les accidents de chasse tout comme les accidents domestiques devaient être nombreux. De plus, il est prouvé archéologiquement que Néanderthal enterrait ses morts et qu’aucunes différences sociales n’ont été notées dans les sépultures.

Un grand réchauffement climatique il y a environ 12 000 ans a permis l’arrivée et la sédentarisation des premiers agriculteurs en Europe et en France depuis le proche orient. La supplantation prend plusieurs milliers d’années durant lesquelles il n’y a toujours pas de disparité sociale notoire, ni de traces de violence collective. L’établissement plus avant dans cette période du Néolithique verra les chasseurs-cueilleurs de plus en plus repoussés vers le nord et la population sédentarisée par l’agriculture et l’élevage, s’accroître. Il y aura dès ce moment un accroissement des dispartités sociales et un certain début de domination d’une frange de la population sur l’autre. C’est également à cette période que sont archéologiquement répertoriées, les premières grandes violences collectives qu’on peut appeler “guerre”. Demoule ajoute:

Ce sont dans les vallées du Nil, du Tigre et de l’Euphrate, que vont rapidement apparaître au IVème millénaire avant notre ère, les premières sociétés étatiques et urbaines du monde. Par contraste, on assistera en Europe, pendant les 4 millénaires qui vont suivre, à une alternance, selon les régions, de sociétés fortement inégalitaires et de sociétés qui le sont beaucoup moins. Après la révolution de l’agriculture en apparaît donc une autre, tout aussi fondamentale: celle de l’inégalité.

Cette situation pose plusieurs questions: y a t’il un lien nécessaire entre augmentation de la population et inégalité sociale ? Pourquoi le pouvoir (note de R71: comme organe séparé de la société) apparaît-il ? Est-il irréversible ? D’où vient la volonté de dominer ses semblables ? Pourquoi accepter d’être dominé ?

Ici, Demoule note trois faits archéologiques notoires en étudiant cette période:

  • Les progrès techniques
  • Le prestige social
  • L’émergence du pouvoir

Il poursuit:

L’ethnologie nous montre que la puissance d’un notable se fondait sur sa capacité à rassembler des richesses mais aussi à les redistribuer afin de se constituer une ‘clientèle’, elle même capable de lui venir en aide, y compris en cas d’affrontement physique. […] L’émergence des chefferies du Néolithique et des âges du bronze et du fer, comme les efforts collectifs qui les accompagnèrent, reposa sur la capacité de ces dominants à manipuler de manière efficace et subtile la force, l’intérêt matériel et les promesses spirituelles. […] Mais le pouvoir des chefs ne fut pas croissant et linéaire pendant toutes ces périodes.

De tout ceci résulta des alternances entre hautes et basses disparités en Europe. En ce qui concerne plus précisément la France, voici ce que nous dit Demoule:

C’est au IVème siècle avant notre ère, à l’âge du fer, que s’élevèrent des citadelles dans tout le quart nord-est du pays, comme celle du mont Lassois, près de Chatillon-sur-Seine, au pied duquel a été retrouvée la sompteuse tombe de la princesse de Vix. […] A partir du IIIème siècle, l’apparition des villes fortes gauloises, les oppida, fut cette fois irréversible. Ceci fut même accéléré par la conquête romaine qui dota la Gaule d’une économie urbaine sous l’égide de l’empire. Là. Les différences sociales y étaient manifestes.

Avec la division politique puis économique de la société créant les inégalités, vient se greffer une relation au pouvoir à laquelle on ne semble pas pouvoir échapper en un tel contexte: celle d’avec la religion. De fait l’État ne peut exister que de par l’alliance du chef guerrier, du prêtre et du juge, plus tard viendra se greffer à ce triumvirat du contrôle, le financier, le banquier.

Ainsi comme nous le dit Demoule: “Créant les dieux à leur image, les sociétés humaines à partir de l’âge du bronze se représentaient les puissances surnaturelles selon un panthéon hiérarchisé, organisé sous les ordres d’un roi des dieux et selon des divinités plus ou moins puissantes, au sein duquel les querelles de pouvoir n’étaient pas absentes. Une rupture radicale intervint au cours du dernier millénaire avant notre ère avec l’émergence des monothéismes. Cette notion entièrement nouvelle d’un dieu mâle unique accompagna la naissance des premiers empires et l’ambition d’une conquête universelle du monde. Cette idée apparut avec l’empire perse et le zoroastrisme, pus chez ses voisins. Le judaïsme, en étroit contact avec les Perses, la développa et le christianisme, l’un de ses prolongements, l’offrit à l’empire romain, qui l’imposa à tous ses sujets. Pourtant l’archéologie nous montre que les résistances furent fortes. Jusqu’au VIIème siècle au moins, les pratiques païennes persistèrent dans les campagnes, notamment par le dépôt d’objets dans les tombes.; et les dieux gaulois dont les noms avaient été romanisés par l’occupant, furent christianisés et transformés en saints locaux, avec leurs sources et leurs guérisons miraculeuses, tandis que les églises recouvraient les anciens sanctuaires. […] La coïncidence entre une vision impériale du monde et des promesses de bonheur futur en échange d’une obéissance présente ne peut guère être due au hasard.

Puis Demoule analyse le lien entre les religions officielles et le pouvoir politique:

Toutes les religions officielles furent étroitement liées au pouvoir politique, qu’elles justifiaient et qui les soutenait. L’église catholique représentait une force économique considérable sous le Moyen-Age et l’ancien régime, à travers les terres qu’elle possédait et par la dîme, impôt en nature ou en argent, du dixième environ des revenus, alors principalement agricoles, prélevés avant tous les autres impôts. On sait que le clergé formait le premier ordre de l’ancien régime, avant celui des nobles et du tiers d’état, qui regroupait tous les autres. Cette toute puissance de l’église, en contradiction avec l’enseignement théorique des évangiles, posa parfois problème. […]

Demoule termine son chapitre sur le pouvoir en se référant à l’anthropologue politique français Pierre Clastres (1932-1977) qui dévoua sa carrière anthropologique à l’étude du pouvoir et de l’État dans les sociétés humaines, anthropologue que nous avons nous-mêmes très souvent cité tant il est évident qu’il a mis le doigt sur une des clefs les plus importantes de l’évolution sociale humaine. Voici ce que Demoule nous dit:

Un autre ethnologue français, Pierre Clastres, a émis, pour les sociétés humaines en général, l’hypothèse que la tendance normale dans un groupe est la résistance collective aux excès du pouvoir. Dans une société encore peu complexe, les notables doivent s’attacher leurs obligés en redistribuant en permanence les richesses qu’ils réussissent à grand-peine à accumuler. Dans une société guerrière où le prestige est lié aux prouesses au combat, les grands guerriers doivent remettre sans cesse leur titre en jeu, jusqu’au jour où ils finissent par être éliminés. L’émergence de sociétés inégalitaires ne serait donc pas la norme, mais l’exception et le résultat d’un dysfonctionnement de ces mécanismes de contrôle. Finalement, l’inégalité ne serait pas naturelle…

Le livre de Jean-Paul Demoule se termine sur une question qui nous est essentielle: Qu’est-ce qu’être français(e) ?

Une nation est une âme, un principe spirtituel… C’est une grande solidarité. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible: le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune.” (Ernest Renan)

Demoule rebondit et affirme: “Qu’est-ce qu’une nation ? Elle n’est pas biologique mais ‘spirituelle’, c’est une communauté de citoyens librement consentie, en cela elle est un ‘plébiscite de tous les jours’. […] Il lui faut deux choses: le désir présent de ‘vivre ensemble’ et la possession d’un passé commun, d’un héritage collectif. Cette seconde part est justement le propos de ce livre. J’ai rappelé que l’archéologie pouvait être détournée, mise au service de mauvaises causes, avec des conséquences sanglantes. […] Comme nous l’avons vu, le premier ‘Français’ fut un émigré d’Afrique de la famille des Homo habilis et Homo erectus qui traversèrent la Méditerranée ou la contournèrent il y a environ un million et demi d’années. Une autre vague d’émigration certaine fut celle qui amena en France Homo sapiens, toujours depuis l’Afrique, à travers le proche-orient puis l’Europe orientale et centrale, il y a environ 40 000 ans. Cette nouvelle espèce, on le sait depuis peu (2010), se croisa avec les descendants locaux d’erectus, les hommes de Neanderthal. Puis une nouvelle vague d’émigration amena toujours du proche-orient, l’agriculture et l’élevage néolithiques jusqu’en France, il y a 7 à 8000 ans, absorbant les chasseurs-cueilleurs locaux. Et cela n’a jamais cessé, ne serait-ce que parce que la France est géographiquement, l’ultime péninsule de l’Eurasie et que les vagues et mouvements successifs d’émigration viennent buter sur ses côtes. […] A chacune des époques, depuis un million et demi d’années, ont vécu sur notre territoire actuel un certain nombres de communautés humaines, réunions d’individus qui souhaitaient vivre ensemble ou qui, si ce n’était plus le cas, se sont dispersés puis réunis et réorganisés autrement. C’est pourquoi, à côté du mythe de la ‘pureté’ ethnique et nationale, il faut aussi pulvériser le mythe de ‘l’origine’. Il n’y a pas d’origine de la France, pas de jour où la France aurait commencé. Certains invoquent le fameux baptême de Clovis, que je me suis efforcé, après d’autres, de démystifier.

[…] Ce n’est pas notre ascendance biologique qui nous constitue en communauté de citoyens. C’est, pour reprendre Ernest Renan, ce ‘plébiscite de tous les jours’ qui fait que nous acceptons d’être ensemble et aussi bien que nous pouvons le refuser.

Les archéologues ne sont pas seulement là pour fouiller le sol. Ils ont la belle et forte responsabilité d’expliquer à tous les résultats de leurs recherches et de chercher un sens et des clefs aux trajectoires des sociétés passées, à la façon dont elles ont pu vivre et s’organiser. Ils ont aussi la charge de dénoncer les manipulations de l’histoire. […] Cette communauté de ‘citoyens français’, en tant que nation, n’a cependant que deux siècles d’existence. Elle date de la révolution française et du romantisme, un espace-temps presque infime en regard des civilisations et des sociétés qui se sont succédées sur notre territoire depuis 1 500 000 ans, c’est à dire quelques 60 000 générations. […] Certes nous sommes français, mais nous sommes aussi européens. Ces 1500 millénaires de notre histoire ne sont pas séparables de notre continent tout entier. […] C’est le libre choix collectif qui fait qu’une communauté se fait ou se dissout, comme nous en avons vu de nombreuses s’effondrer au fil de l’histoire, surtout lorsque le pacte social était rompu et que le profit du travail collectif était trop inégalement réparti.

Nous n’avons pas besoin de mythes, nous avons besoin de savoir pourquoi nous vivons ensemble ; nous avons besoin de comprendre l’histoire du sol sur lequel nous vivons et, quels que soient les lieux où ont vécu naguère nos propres ancêtres biologiques, de connaître les impasses qui ont conduit à la catastrophe certaines des sociétés passées.

Le livre s’achève sur 20 pages d’appendices et de bibliographie.

Nous encourageons nos lecteurs à se procurer et à lire entièrement ce livre essentiel et facile à comprendre, écrit par un des plus grands archéologues français de l’ère moderne, afin de recadrer cette histoire de France enfin retrouvée.

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21 Réponses to “Politique de l’histoire: La France amnésique au passé réglementé ou comment retrouver l’histoire de France ~ 3ème partie ~”

  1. Tenez, puisque mes pings sont toujours autant facétieux ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/03/17/la-france-amnesique-au-passe-reglemente-par-jean-paul-demoule-fin-et-version-pdf/

    Et j’ai mis à jour ma page dédiée avec ce tout dernier PDF qui est incontournable !
    https://jbl1960blog.wordpress.com/les-pdf-de-jbl1960/

    Tout comme Patou-Mathis, Demoule est vraiment facile à lire, et cela est d’autant plus agréable que l’on apprend sans en avoir l’air… Merci à vous de nous tirer l’œil vers des pépites pareilles. D’ailleurs, j’ai remis en lien le dernier PDF du Dr. A. Ezzat, parce que clairement on arrive à recoller les morceaux de ce passé que l’on veut à toutes forces nous faire oublier ou pire nous cacher. Cependant que tout fini toujours par se savoir ! Voilà pourquoi on prétend que seule la vérité libèrera les peuples, à tout jamais ! Jo

    • c’est le but briser le miroir de la falsification. Plus on creuse et plus on se rend compte que la falsification est omniprésente: dans l’histoire, les autres sciences humaines, la science générale et spécialisée, la médecine et tout ce qui touche à la santé, etc, etc… La raison en est simple: l’oligarchie doit contrôler tous les narratifs afin de pouvoir tout contrôler et de pousser son agenda en toute impunité et aussi elle a les moyens, elle injecte le fric là où il faut, pas partout, mais aux endroits clefs, çà suffit…
      Il faut faire tomber les masques et se réapproprier la connaissance. C’est une des conditions pour aller de l’avant.

      • Très juste !
        Avez-vous vu, lu, entendu l’te Bozo sur le départ : « Je suis dans un travail de démolition… que je mène depuis 5 ans avec obstination » . Et pour une fois qu’il dit pas une connerie !
        Quand même, comme quoi créer une chaine de diffusion des vraies pépites de vérité, ça sert ! Tenez, c’est chez OD mais ça circule un peu partout ► https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2017/03/17/hollande-travail-demolition-obstination/ Et y veulent continuer le bouzin…

        • Y a t’il un audio de l’affaire ? C’est la réalité, mais c’est surprenant qu’il le dise en public, même restreint… D’aucuns pourraient invoquer: « Marat… Reviens !… » 😉

        • Pastèque Says:

          la Carmagnole, le tube des prochaines années : )

          vite, la Sainte Pique!

          Macron et l’usurpateur sont des agents de l’étranger et tenants de l’Anti-France.

          introduire Pierre Brossolette au Panthéon le matin, aider diplomatiquement à l’onu, financer, livrer des armes à alqaeda en Syrie dès mai 2012, c’est de la haute trahison.
          bien sur, tu dis cela en repas de famille, personne n’en a conscience.. pire, tu es objectivé *conspirationniste*. c’est quasiment devenu une marque de d’honneur et de dignité..

          et crime de guerre et crime de lèse-nation.

          à jeter aux requins et/ou aux crocodiles : )

          • Tenez, parce qu’ils sont tous au même niveau, le JLM qui « n’aime pas les étrangers qui viennent manger le pain des français » ► https://www.marianne.net/politique/travailleurs-detaches-qui-volent-le-pain-des-francais-jean-luc-melenchon-reconnait-demi
            Jean-Luc Mélenchon a reconnu ce vendredi 17 mars qu’il n’aurait « pas dû » parler de « vol de pain » pour qualifier l’arrivée de travailleurs détachés en France. Tout en se plaignant de la polémique qui le poursuit depuis.

          • Fernand Reynaud non plus, en douanier, il n’aime pas les étrangers, puisqu’il est douanier et fier d’être français ► https://www.youtube.com/watch?v=ppzQ-dsdquI

          • Quand on disait, ici-même que le JLM était un Jacobin plus près de Robespierre que de Varlet, Roux et des sections communales ! Quand on vous dit que tout est bidon dans l’élection… Mais quelle bande de « ons ». Bon, perso, j’essaie juste de me tenir debout et de pouvoir me regarder en face ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2015/12/27/francaise-de-papier/
            Pour ceux qui ne connaissent pas, il y a l’Ode à Émile, du groupe Ange

            • Pastèque Says:

              non, Robespierre est l’Incorruptible, quand bien même il n’est *que* jacobin.
              jl n’est en rien comparable à Robespierre.
              Robespierre a toujours tenu un discours de vérité, alors que jl n’est qu’un politicien il faut bien le reconnaitre et l’admettre.

              d’ailleurs, il n’y a qu’à voir le discours de jl concernant l’ukraine, la libye, la Syrie:
              1. soit il sait ce qu’il en est, et il ferme sa gueule de façon tactique pour ne pas paraitre conspirationniste
              2. soit il n’a même pas conscience qu’il n’y a jamais eu de révolution dans ces 3 pays mais de véritables contre-révolutions. il n’en est pas moins coupable de ne pas connaitre la réalité de la situation dans ces pays.

              les descentes aux flambeaux en ukraine avec les néonazis, c’est tellement franceinter : )

              pour la Révolution Française, les gars comme Jacques Roux et compagnie ont été impatients, la Constitution du 24 juin 1793 n’était même pas entrée en application!

              si Marat n’avait pas été assassiné, il n’y aurait jamais eu de politique de la terreur, étant donné que l’une est la conséquence de l’autre.

              ou alors, la Commune insurrectionnelle se devait de prendre le pouvoir vers la fin 1793 lorsque la confrontation avec Robespierre était inévitable, et diriger la France au travers des Sections et autres Sans Culottes dans le territoire français qui était sur la même longueur d’onde, comme certains bretons et marseillais!

            • C’est juste, les « enragés » fonctionnaient déjà dans une société dans la société nouvellement « républicaine ». Sans doute, s’ils n’avaient pas été politiquement purgés et Marat assassiné (les 2 évènements étant liés à terme), la France serait sortie de la fange pseudo-républicaine de la vraie aristocratie bourgeoise. Le pouvoir était en passe d’être « redilué » dans le peuple là où il est tout particulièrement soluble, comme il est dit, à raison, ici. Cela était totalement inacceptable pour la clique affairiste des accapareurs et agioteurs au pouvoir. Et ils le sont toujours avec la grande différence qu’aujourd’hui, la haute finance et le gros business ont parachevé l’achat du politique et règnent sans partage avec le politique totalement assujetti à « l’économique ».

            • Pastèque Says:

              lu sur le site chronique du grand jeu les propos de charles de gaulle sur les bourgeois, sa vision de la révolution française. de gaulle, henri guillemin, même personne?

              http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/03/degenerescence.html

              *La Révolution française n’a pas appelé au pouvoir le peuple français, mais cette classe artificielle qu’est la bourgeoisie. Cette classe qui s’est de plus en plus abâtardie, jusqu’à devenir traîtresse à son propre pays. Bien entendu, le populo ne partage pas du tout ce sentiment. Le populo a des réflexes sains. Le populo sent où est l’intérêt du pays. Il ne s’y trompe pas souvent. En réalité, il y a deux bourgeoisies. La bourgeoisie d’argent, celle qui lit Le Figaro, et la bourgeoisie intellectuelle, qui lit Le Monde..*

              on ne sait pas ce qu’il se serait passé entre la faction Montagnarde/Robespierriste et la faction Commune de Paris/Sans Culottes.
              la Convention a voté des lois incroyablement avant gardistes pour son époque comme le suffrage universel, certes masculin, l’abolition de l’esclavage, le maximum des prix.

              une délégation de province ou donc des colonies venait à la Convention, dénoncait une situation et dans la foulée la Convention pouvait voter une loi, incroyable!

              Robespierre était apprécié du peuple, c’était un ami du peuple, différemment de Marat, mais:
              1. il a été acclamé par la peuple parisien lors de la procession de la fête de l’Être Supreme (sic), si on suit Henri Guillemin et que l’on croit ses travaux de recherche
              2. les sections parisiennes sont venues libérer Robespierre lorsqu’il a été emprisonné, se sont données rendez vous place de la grève (concorde actuelle?) mais ne sont pas allées au bout..

              l’intention était là : )

            • Si Robespierre était un ami du peuple, alors moi je suis Pape ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/03/09/barnum2017-petit-rappel-sur-la-revolution-francaise-par-les-amis-du-peuple/
              Ou une papesse si tu préfères. Par ailleurs, la Louise Michel, sur le suffrage universel justement a été on ne peut plus claire et précise et sans vouloir t’offenser bien sûr ! Jo

            • nous pensons de même…

            • « Ode à Emile » exceptionnel !… Ange… On écoute toujours, c’est immortel… Le Genesis (du temps de Gabriel hein..) français.

            • Je vois qu’on apprécie la même musique… J’avoue que je connais quasi tout par cœur… L’album « Émile Jacotey » est d’une profondeur… « Et puis tranquille, on peut partir, torcher le cul, au Firmament… » Et ça me fiche les poils ☺…

        • Pastèque Says:

          attention quand même à ne pas juger le passé avec les yeux du présent. toute Louise Michel qu’elle est, en 1871 on *sait* comment a fini la Révolution de 1789-1794, donc c’est plus facile de juger ses acteurs comme Robespierre en 1871 qu’en 1793.

          Marat n’est pas un adversaire antinomique de Robespierre, ni allergique à lui.
          ils ont une conception différente de la pratique politique. on dirait praxis aujourd’hui.

          la Constitution du 24 juin 1794, bien qu’elle ne soit pas *anachiste/anarchique* reste l’un des textes politiques les plus *démocratiques* qui soient:
          1. en écartant les expériences anarchistes
          2. en tablant sur le fait que la pratique soit conforme à l’esprit du texte..

          • 1793
            surtout en son article 35 rendant l’insurrection populaire contre les abus du pouvoir constitutionnelle…
            Quoiqu’il en soit, il ne peut y avoir de société libre sous la direction de quelque état que ce soit. L’État est la négation de la liberté par excellence puisqu’il est fondé sur la division politique de la société en dominant et dominé entre ceux qui exercent le pouvoir, entité étrangère au corps social et ceux qui le subissent. Quand on analyse l’article 34, c’est exactement ce qu’il dit ! L’état est l’oppresseur par excellence du corps social et n’a aucune raison d’être ! La DDHC de 1793 nie de fait l’État et son droit à l’existence dans son article 34 et justifie en cela la France des sections !!
            Comme dit ici très souvent, il n’y a pas de solution au sein du système et si la DDHC de 1793 a été sans nul doute le meilleur de ces textes de contrôle, elle n’a jamais été mise en application, ce qui en dit encore plus long sur le dit système scélérat.
            Marat, Varlet, Roux savaient que la révolution ne pouvaient s’appuyer sur des « figures » telles qu’eux-mêmes et la seule solution était de rediluer le pouvoir dans le peuple, c’était le but à terme, de la France des sections communales. On peut spéculer longtemps sur ce qui se serait passé ensuite, on ne le saura jamais, mais ceci doit demeurer un élément de réponse à notre quête de solutions politiques au problème massif auquel doit faire face notre société.
            Une chose est certaine ce ne sont pas les Bozos de ce système politique obsolète et le vote qui vont nous aider à redresser la barre du bateau ivre…

          • Ignorer le Système ► Créer les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchir et agir en une praxis commune ► Adapter l’ANCIEN au NEUF

            Cela est possible à l’aune de ce que nous savons aujourd’hui et parce que nous avons étudier très précisément ce qui s’est fait, depuis des siècles et que nous pouvons adapter ce qui est adaptable à notre société « moderne » c’est précisément ce que l’on a proposé avec ce texte politique fondateur qu’est la Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise du XIIème siècle. Non une application Per se, mais une adaptation à notre réflexion anarcho-indigéniste (proche de Landauer justement) ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/02/28/kaianerekowa-grande-loi-de-la-paix-de-la-confederation-iroquoise-xiieme-siecle-version-pdf/

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