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Résistance au colonialisme: Le soi-disant « pouvoir plénier » des Etats-Unis sur les nations et territoires natifs est un abus de pouvoir avéré depuis le départ! (Peter d’Errico)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2 mars 2017 by Résistance 71

Peter d’Errico démontre ici en appui de la nation sioux Yankton et son dernier challenge juridique en date que le soi-disant « pouvoir plénier » fédéral colonial n’est qu’un abus de pouvoir total en complète contradiction avec la constitution même des Etats-Unis. Il résulte de cela que toutes les affaires impliquant les territoires des nations originelles autochtones ne sont que des ABUS DE POUVOIR avérés.

Ce que démontre d’Errico ci-dessous est énooooooorme !

~ Résistance 71 ~

 

standingrock1

 

La nation sioux Yankton défie juridiquement la doctrine du pouvoir plénier fédéral dans l’affaire du Dakota Access Pipeline (DAPL)

 

Peter d’Errico

 

27 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/yankton-sioux-challenges-plenary-power-doctrine-dapl-case/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008 (version PDF partielle en français

 

Dans une des plus profondes analyses factuelle et stratégique sur la résistance au projet du Dakota Access Pipeline (DAPL), l’auteur applaudit la plainte de la nation Yankton disant que les Etats-Unis ont violé l’article 6 de la constitution.

La nation sioux Yankton et leur leader Robert Flying Hawk ont atteint une nouvelle étape dans l’affaire du litige contre le corps du génie de l’armée américaine afin de protéger les eaux de la rivière Missouri de l’invasion et de la profanation de leurs terres par le projet d’oléoduc en construction du Dakota Access Pipeline (DAPL): leur plainte officielle défie légalement le concept de “pouvoir plénier” soi-disant établi par la loi fédérale sur les Indiens et par lequel le gouvernement américain affirme une autorité totale sur les Indiens et les terres indiennes.

A ma connaissance, un défi juridique en litigation des concepts de base de la loi fédérale indienne n’a été fait qu’une seule fois auparavant, par le Conseil National de la Nation Shoshone en 1995. Les Shoshone défièrent la structure entière fondée sur le soi-disant “droit de la découverte chrétienne”, incluant la “doctrine fiduciaire” que les Etats-Unis utilisent en conjonction avec le “pouvoir plénier”.

La nation Standing Rock et les autres parties qui ont défié le DAPL ont limité leurs arguments juridiques (NdT: quid de leurs conseillers ? Une argumentation limitée a t’elle volontairement été mise en place pour assurer l’échec de la procédure ? N’oublions jamais que ceux qui emmènent des affaires devant la justice sont les représentants légaux d’entités natives qui tirent leur “pouvoir” du gouvernement fédéral colonial. N’y a t’il donc pas quelque part un conflit d’intérêts ?…) à la loi fédérale conventionnelle sur les Indiens et les statuts fédéraux tels que le National Historic Preservation Act et le National Environmental Policy Act. Ces arguments présument que les Etats-Unis possèdent un “droit” de domination sur le pays indien, mais défient les spécifités de cette domination, comme par exemple si le gouvernement suit les procédures idoines pour son action et son affirmation de domination. La plainte de la nation Yankton adresse ces problèmes, mais va au-delà, déclarant que “les soi-disants pouvoirs pléniers violent en fait l’article 6 de la constitution des Etats-Unis, qui déclare que les traités sont la loi suprême de la terre et que le fait que le gouvernement fédéral ait approuvé à plusieurs reprises l’empiètement sur des terres protégées en vertu des traités signés avec les nations concernées, viole l’article 6 de la constitution…” (NdT: comment les autres juristes n’ont pas vu cela jusqu’ici ne peut-être considéré que comme douteux et ne peut que faire se poser bien des questions sur qui était en contrôle de toute l’affaire juridique depuis le départ ? )

La nation Yankton stipule plus avant que la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU requiert “un consentement préalable libre et informé de la nation concernée” pour toute action impliquant une logistique telle celle du DAPL qui affecte les peuples indigènes sur leurs propres terres.

L’invasion américaine de Standing Rock en 1958 au moyen de la loi publique 85-915 pour construire le barrage d’Oahe, illustre l’affaire survenant du concept de “droit plénier” : ce fut l’affirmation légale de base pour l’autorisation du congrès des Etats-Unis à la construction du barrage “de fournir par l’acquisition de cette terre par le gouvernement des Etats-Unis, terre requise pour le réservoir hydraulique créé par le barrage Oahe sur la rivière Missouri.”

Avant cette loi publique, les tribunaux à la fois fédéral et du district du Dakota du Sud avaient déclaré que les traités entre le gouvernement des Etats-Unis et la nation sioux enpêchait quelque construction de barrage que ce soit sans le consentement de la nation concernée. Le tribunal a établi ensuite la base pour une invasion de la terre en disant que le congrès devait “abroger” les traités avec les Sioux, alors même que le traité dit explicitement que les terres sont “pour l’utilisation et l’occupation absolues sans entrave des terres déterminées ar ce traité par les Indiens” et qu’il n’y aura aucune sécession de terres sauf par le consentement explicite des ¾ de la population adulte mâle indienne.

Note de R71: Nous le rappelons une fois de plus ici, il s’agit du traité de Fort Laramie. Il y a eu deux traités de Fort Laramie en 1851 et en 1868. Celui auquel il est référé est l’initial de 1851, celui de 1868 ne faisant que le reconfirmer. Disons le de nouveau ici: Ce traité de Fort Laramie fut fait à la demande des Etats-Unis qui ONT PERDU MILITAIREMENT LA GUERRE DES GRANDES PLAINES contre la coalition des nations Sioux, Cheyenne et Arapaho (les autres nations sont explicitement mentionnées dans le texte du traité et ont aussi eu leurs territoires confirmés…). En 1868, de nouveau les Etats-Unis furent défaits militairement. Les Indiens ne firent absolument aucune concession sur leurs territoires. Tout ce qui fut “acquis” à une date postérieure des traités ne l’a été que frauduleusement et sans le consentement libre et informé des nations concernées, tel que c’est prévu dans les dits traités.
Les Etats-Unis ont signé plus de 400 traités avec toutes les nations autochtones de la terre de l’Île de la Grande Tortue. Ils les ont tous bafoué et trahi à terme sans aucune exception ! Que ceci serve aussi de leçon à ceux qui traitent avec cette pseudo-nation mais vraie entreprise coloniale veule et fourbe: les Yanks trahissent toujours leur promesse… TOUJOURS
!… L’histoire est édifiante à ce sujet.

Les Etats-Unis disent que leur “pouvoir plénier” dérive de la constitution. Bien des universitaires ont critiqué cet argument et ont montré au travers de preuves et de faits historiques que la constitution ne fournit aucun “pouvoir plénier” sur les Indiens.

Le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis (CSEU) Clarence Thomas a rejoint la critique. Dans une opinion concourante dans l’affaire Etats-Unis contre Bryant (2016), Thomas a dit que “le supposé pouvoir plénier du congrès des Etats-Unis sur les Indiens repose sur des bases les plus fébriles. Aucun pouvoir énuméré, pas le pouvoir du Congrès à réguler le commerce… avec les tribus indiennes, ni le rôle du Sénat dans son approbation des traités, ni quoi que ce soit d’autre, ne donnent au Congrès une telle large autorité… La Cour a recherché en vain une quelconque justification constitutionnelle valide pour un tel pouvoir sans bornes.(NdT: Merde ! C’est énoooooorme !! Ce haut-juge fédéral confirme donc en 2016 que depuis tout ce temps… tout n’est qu’ABUS DE POUVOIR !… et ça continue…)

Les critiques montrant que le “pouvoir plénier” n’a aucun fondement dans la constitution des Etats-Unis sont importantes, mais elles posent une question fondamentale: Comment tout le monde, y compris les critiques, peuvent présumer que la constitution des Etats-Unis puissent gouverner les nations natives? Même lorsque le congrès des Etats-Unis a émis l’ordonnance du Nord-Ouest pour proposer de nouveaux territoires coloniaux, il a reconnu les terres des nations autochtones, qui “ne devront jamais être prises sans leur consentement.

Les nations natives existent depuis bien plus longtemps que les Etats-Unis d’Amérique. La constitution des Etats-Unis met en place une forme de gouvernement pour eux-mêmes. Les nations autochtones ne font aucunement partie de cette constitution. Comment dès lors celle-ci pourrait-elle les gouverner ? Sans parler de fournir un “pouvoir plénier” contre ces nations ?…

La CSEU a admis que les nations natives ne font pas partie de la constitution: Dans l’affaire Blatchford v. Native Village of Noatak and Circle Village (1991), le juge Scalia a réfuté un argument au sujet de l’immunité souveraine tribale en disant: “Il serait absurde de suggérer que les tribus aient rendu une immunité à une convention dont elles ne font même pas partie.

Qu’est-ce qui fournit la base du “pouvoir plénier” ? La réponse: la soi-disante “découverte chrétienne”, par laquelle les Etats-Unis affirment le droit de domination des peuples indigènes.

Pourquoi cette doctrine du “pouvoir plénier” continue t’elle d’exister dans la loi fédérale indienne, avec pourtant tant de preuve et d’évidence qu’elle n’a aucun fondement dans la constitution des Etats-Unis et avec l’admission que la constitution quoi qu’il en soit, n’inclut pas les nations natives de ce continent?

Une partie de la réponse a sa source dans l’insistance du gouvernement des Etats-Unis et quoi que puissent dire universitaires, érudits et le haut-juge Thomas, qu’ils possèdent la souveraineté sur les nations natives.
La CSEU a approuvé cette insistance en 1903, dans l’affaire Lone Wolf v. Hitchcock, quand elle déclara que “l’autorité plénière… a été exercée par le congrès des Etats-Unis depuis le début et ce pouvoir a toujours été un pouvoir politique, n’étant pas sujet à être contrôlé par le ministère de la justice du gouvernement fédéral.

En d’autres termes, le gouvernemnt des Etats-Unis affirment que le congrès ne doit pas justifier de son “pouvoir plénier” fondé sur le “droit inhérent de la découverte” !

Mais les nations natives ont aussi joué une part dans la perpétuation de cette dangereuse doctrine du “pouvoir plénier”. Elles se reposent souvent sur la doctrine quand elles la voient comme une protection contre les états locaux. Ceci se produit assez souvent. Mais pour toute “victoire indienne” sous cette doctrine, elles s’enfoncent toujours plus dans le trou juridique sous la domination du gouvernement fédéral.

Les Sioux Yankton défiant la doctrine suggère aussi une autre question: Est-ce que les nations natives doivent se reposer sur le concept dangereux et à double tranchant du “pouvoir plénier” ?

En affirmant les droits de traité et la DDPI de l’ONU, les Sioux Yankton commence à se dresser seuls dans un contexte de relations internationales. Les Sioux Yankton mettent cette position en avant comme leur “première demande de relaxe”, suivie par des demandent conventionnelles fondées sur la conservation historique et les lois de l’environnement. Malheuresement, la critique du “pouvoir plénier” des Sioux Yankton ne s’étend pas à la critique de la doctrine “fiduciaire”, ce qui a pour résultat d’inclure un élément de confusion dans leur position.

Quoi qu’il en soit, l’action judiciaire entreprise par la nation Sioux Yankton mérite un grand soutien des autres nations autochtones. Ma recherche jusqu’ici montre qu’une seule autre nation native bouge dans cette direction: la confédération de la nation Yakama.

Dans un appendice d’une directive amici curiae enregistrée par le Congrès National Amérindien (NCAI), la nation Yakama caractérise le DAPL comme “une continuation de la domination exercée par des gouvernement non-natifs d’abord soutenus par la bulle pontificale Inter Caetera de 1493 dont le prolongement moderne sont les pratiques du gouvernement des Etats-Unis. La bulle pontificale et la soi-disante doctrine de la découverte qui ont déshumanisé nos nations originelles ont une influence continuelle et extrordinaire sur le pays indiens en commençant avec la décision de la CSEU dans l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823 et continuant dans les temps modernes avec la décision dans Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis en 1955 et la suite d’affaires impliquant la nation Oneida (iroquoise), culminant avec City of Sherrill en 2005.

La doctrine du “pouvoir plénier” fondée sur la “doctrine chrétienne de la découverte” a deux visages et l’un d’entre eux est très abrasif contre les nations natives. A chaque fois que les Etats-Unis veulent envahir les terres natives ou interférer avec les gouvernements autochtones, ils se reposent sur leur affirmation de “droit plénier”. Ils l’ont déjà fait en 1958 contre Standing Rock et veulent le refaire avec cette affaire de DAPL.

Combat politique: Albert Camus et les anarchistes ~ 1ère partie ~

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En 2014, Agnès Spiquel, présidente de la société des études camusiennes et professeure de littérature à l’université de Valenciennes, a confirmé lors d’une conférence à l’université de Nantes, que Camus donna une partie de l’argent de la récompense pour son prix nobel de littérature (1957) aux anarchistes espagnols réfugiés.
L’article ci-dessous prouve sans l’ombre d’un doute les fortes affinités de l’artiste, romancier, essayiste, dramaturge, philosophe, journaliste Albert Camus (1913-1960) avec le mouvement et la cause anarchistes. Il est plus que probable que la trahison communiste de la révolution sociale espagnole ait été le catalyseur de sa rupture avec le PCF/PCA en 1937.

~ Résistance 71 ~

“On peut dire qu’il n’y a pas encore eu de révolution dans l’histoire. Il ne peut y en avoir qu’une qui serait le révolution définitive. Le mouvement qui semble achever la boucle en entame déjà une nouvelle à l’instant même où le gouvernement se constitue. Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct.”
~ Albert Camus, “L’homme révolté”, 1951 ~

 

camus

 

Albert Camus et les libertaires

 

Lou Marin

 

Novembre 2009

 

Source: http://anarchismenonviolence2.org/spip.php?article89

 

1ère partie

2ème partie

 

Le 4 janvier 1960, Albert Camus est mort d’un accident de voiture. Pour commémorer cet événement quarante ans après, en 2000, la presse allemande a publié dans ses colonnes des souvenirs et des articles nécrologiques. Des journaux ont célébré le grand auteur, le dramaturge et même le combattant de la Résistance. Ses théories philosophiques donnèrent lieu à des débats critiques ; on les comparait avec celles de Sartre que certains jugeaient d’un meilleur niveau. Et on a réduit l’actualité du propos de Camus à sa seule dimension historique et politique, lui donnant le rôle d’un des premiers critiques du « totalitarisme » stalinien pendant la guerre froide. Cette attitude lui valut plus tard d’être célébré ou d’être regardé comme un idéologue décidément du côté de l’Ouest, voire comme un « colonialiste de bonne volonté » [1].

Et le Camus libertaire a été oublié une fois de plus.

La presse allemande a rarement jugé nécessaire de mentionner que ses contacts personnels, ses amitiés, sa pensée et ses actions permettaient probablement de classer Camus parmi les libertaires, et que c’était la toile de fond de son œuvre. Les journaux allemands essaient encore moins de faire ressortir les solutions libertaires et fédéralistes de Camus au problème de l’Algérie ; ce que des intellectuels maghrébins comme Assia Djebar ont proposé pour répondre aux événements algériens des années 1990.
 [2] [3]

Le mouvement politique anarchiste ne doit pas être confondu avec ce que les médias décrivent tous les jours comme « l’anarchie » : c’est-à-dire des tueries, le chaos, la violence – une situation à laquelle seules la police et l’armée peuvent mettre fin, en particulier l’Otan (voir le Kosovo, le Timor-Oriental, presque l’ensemble du continent africain, l’Afghanistan, l’Iraq).

Or les anarchistes pensent au contraire que ce sont ces forces qui créent cette situation qualifiée d’ « anarchie », tandis que l’on cherchera en vain des anarchistes dans les pays concernés.
L’anarchisme, c’est « la liberté et la loi dépourvues de violence » (Emmanuel Kant), et la plupart des mouvements anarchistes veulent atteindre cet objectif par des moyens non violents. Pour eux, si c’est la société qui engendre le pouvoir, cette société est aussi à même de le transformer : il faut cesser de se soumettre et de soutenir les personnes au pouvoir. Une quarantaine d’années après la mort de Camus, il peut sembler insolite de vouloir classer cet écrivain parmi les libertaires. Et souvent on évite de faire des choses insolites. Mais ici nous l’osons.

  1. Camus et l’anarchisme non violent dans les pays germanophones

Parler dans les pays germanophones de l’importance libertaire d’un écrivain et journaliste politique suscite toujours de l’incompréhension. A la différence des pays francophones ou hispanophones, l’Allemagne a peu développé la théorie et la pratique anarchistes, sauf durant de courtes périodes.

En effet, l’Allemagne n’a pas de vieille tradition anarchiste qui permette la perception d’un Camus libertaire. Elle a connu temporairement une forme de renouveau anarchiste pendant les années 1920 et après 1968. Moi-même, j’ai pu observer ce phénomène durant mes dix-huit années de collaboration à « Graswurzelrevolution », journal anarchiste et non violent (qui existe depuis bien plus longtemps puisque fondé en 1972 à la fin du mouvement étudiant). Les groupes d’action non violents autour de « Graswurzelrevolution » ont, sur les plans théorique et pratique, donné le ton aux nouveaux mouvements sociaux allemands, en particulier à ceux dirigés contre les centrales nucléaires en RFA (Anti-AKW-Bewegung).

Ces groupes d’action ont lancé des idées nouvelles : par exemple l’occupation des chantiers de construction pour empêcher l’édification de la centrale nucléaire de Wyhl pendant les années 1970, la « République du Wendland libre » en 1980 et les actions dirigées contre les transports de matières nucléaires dans les années 1990, qui ont finalement abouti à l’arrêt de ces acheminements. Contrairement aux médias bourgeois, ces groupes d’action ont régulièrement insisté sur le lien entre l’anarchisme et la non-violence.

Parmi les diverses personnes qui ont inspiré ces mouvements, de différents pays et origines, on peut compter Etienne de La Boétie, le Mahatma Gandhi, Gustav Landauer, Pierre Ramus, Clara Wichmann, Henriette Roland-Holst, Martin Luther King, et aussi Albert Camus. Pour un grand nombre de militants non violents, en particuliers ceux de « Graswurzelrevolution », « l’Homme révolté » n’offre pas seulement un intérêt littéraire et philosophique ; il justifie également une révolte à concrétiser. Cette dernière a ensuite pris la forme d’actions directes dirigées contre un système d’État policier qui a montré son vrai visage après les luttes contre le nucléaire.

L’importance que revêt la pensée d’Albert Camus pour « Graswurzelrevolution » tient à cet esprit de révolte qui se marie très bien avec la négation catégorique caractéristique du mouvement anarchiste. Cette pensée particulière de Camus, j’en ai pris connaissance dans les récits de camarades et amis et à la lecture des publications. Ainsi la série d’articles de Camus intitulée « Ni victimes ni bourreaux », traduite en allemand par le Berlinois Wolfram Beyer, un anarchiste non violent également collaborateur de longue date de « Graswurzelrevolution » [4]. En tentant de décrire plus en détail le lien entre Camus et l’anarchisme, j’essaie seulement une fois de plus de définir la position libertaire et critique de Camus sur la violence [5]. Cependant, ces derniers temps, le silence sur le lien entre Camus et l’anarchisme (qui a duré une quinzaine d’années après la Seconde Guerre mondiale) a été brisé [6], pendant que philosophie et littérature évoluaient de façon positive. Horst Wernicke, en particulier, s’est appliqué à décrire dans son livre « Albert Camus. Aufklärer – Skeptiker – Sozialist » l’influence que l’anarcho-syndicalisme et les idées de P.-J. Proudhon et de Simone Weil ont exercée sur Camus. Wernicke a écrit aussi des articles portant sur des domaines de moindre importance ou sur des détails du mouvement libertaire, de même sur l’amitié entre Camus et le poète et résistant René Char [7]. Dans son dernier ouvrage, Heinz Robert Schlette écrit que le terme d’« anarchiste modéré » est probablement le plus approprié pour décrire Camus [8].

  1. La conception anarchiste de Camus et la presse libertaire

Une analyse systématique du rapport que Camus entretenait avec l’anarchisme ne devrait pas se limiter aux seuls aspects philosophiques et littéraires. On devrait insister sur les débats d’actualité. Et, en ce qui concerne Camus, ils ne sont guère compréhensibles à qui n’a pas une connaissance détaillée de son travail journalistique. C’est ici que s’ouvre le vaste champ des relations amicales qui liaient Camus à l’anarchisme français, un fait peu analysé jusqu’à présent. Car Camus s’est non seulement engagé dans des journaux anarchistes comme rédacteur et collaborateur permanent, pour « Témoins » par exemple, mais il a aussi agi : il a, en tant que témoin, défendu des libertaires devant les tribunaux ; ainsi de Maurice Laisant, à l’époque responsable « Monde libertaire », qui avait été accusé d’être l’instigateur d’une campagne d’affiches antimilitaristes et anticolonialistes contre la guerre d’Indochine de 1945 [9].

Pendant les années 1940 et 1950, Camus entretint des sentiments amicaux et des liens avec des responsables de journaux anarchistes de pays francophones ou d’autres. Parmi eux, Rirette Maîtrejean, qui fut coéditrice du journal « l’Anarchie », et qui écrira plus tard pour « Témoins », Maurice Joyeux et Maurice Laisant du « Monde libertaire », Jean-Paul Samson et Robert Proix de la revue culturelle et antimilitariste « Témoins » [10]. Ainsi, au cours d’une conversation sur la question de l’Algérie, Helmut Rüdiger témoigne des relations personnelles que Camus eut avec lui : « Dans un entretien, Camus me déclara sans ambages que le FLN était à son avis un mouvement totalitaire. Il peut y avoir différentes opinions sur cette question, la littérature et les publications du FLN peuvent être interprétées (sic). D’autre part, un grand nombre de syndicalistes partagent l’avis de Camus et pensent que l’avenir de l’Algérie ne peut être fondé que sur la coopération des mouvements rivaux qui s’entretuent aujourd’hui sans pitié [11]. »

Malheureusement, cette référence est unique et peut donner lieu à discussions. Rüdiger collaborait à « Die freie Gesellschaft », journal allemand socialiste libertaire d’après-guerre, et également au journal anarcho-syndicaliste suédois « Arbetaren ». Il vécut en Suède après 1939 et fut un des théoriciens les plus importants du mouvement anarcho-syndicaliste suédois. Selon les informations de Hans Jürgen Degen, qui mène des recherches sur Rüdiger, ce dernier a rencontré Camus à plusieurs reprises. En 1957, il a interviewé Camus en Suède pour « Arbetaren » ; d’autres entretiens auraient eu lieu à Paris. Il est probable que les connaissances de Camus sur l’anarcho-syndicalisme lui venaient entre autres des informations fournies par Rüdiger.
Dans mon livre « Ursprung der Revolte », j’ai analysé les divers contacts et liens avec les journaux anarchistes en m’appuyant sur deux publications. Il faut donc comprendre mon travail comme un début d’analyse systématique ou bien comme une incitation – engagée – à continuer dans cette voie. J’ai exploré plus profondément le contenu de l’article anarcho-pacifique de Camus extrait du « Soir républicain » qui paraissait en 1939-1940 à Alger, publié par Camus et Pascal Pia [12] Voir Marin (note 5), pp. 29-37. Les articles de Camus au « Soir républicain » sont tous publiés dans « Fragments d’un combat, 1938-1940, « Alger républicain », « le Soir républicain », « Cahiers Albert Camus », n° 3, deux tomes, ici tome 2, Paris, 1978.]]. J’ai également étudié la collaboration de Camus à la revue « Témoins », éditée par Jean-Paul Samson à partir de son exil en Suisse. Samson s’y était réfugié pour échapper à la sanction consécutive à son insoumission durant la Première Guerre mondiale [13]. Ces deux publications ont façonné à leur manière la conception de l’anarcho-syndicalisme de Camus et revêtent donc une grande importance.
Après avoir exposé la contribution de Camus à ces périodiques, j’aimerais évoquer brièvement l’influence qu’il exerça sur la revue syndicaliste « la Révolution prolétarienne » et rapporter ensuite certains aspects touchant à ses amitiés libertaires.

  1. L’engagement de Camus au « Soir républicain » et à « Témoins »

Quoique l’oncle de Camus, Acault, et son professeur d’université Jean Grenier l’aient prédisposé à s’intéresser au mouvement anarchiste, ce furent plus ses expériences pendant les années passées à Alger à la fin des années 1930 qui l’ont poussé vers des positions libertaires. Il a très vite été exclu du Parti communiste (1937). C’est au moins à partir de la révolte des mineurs asturiens en 1934 que Camus observa de près les événements de l’Espagne républicaine, fortement dominée par le mouvement anarcho-syndicaliste. En raison de ses liens avec Francine Faure (sa seconde épouse), il se rendit régulièrement dans les milieux des immigrés espagnols, en particulier ceux d’Oran. Le compte rendu de ces visites et la série d’articles dans « Alger républicain » sur l’exploitation coloniale de la population berbère, et finalement la censure qui frappa « le Soir républicain » l’amenèrent à soutenir des positions pacifistes libertaires. Cette attitude apparaît clairement dans ses articles du « Soir républicain » de 1939 et de 1940 qui furent souvent écrit en collaboration avec Pascal Pia. Dans le « Manifeste du conformisme intégral », Camus et Pia font une satire du conformisme étatique et de la censure. Dans « Profession de foi », ils se décrivent eux-mêmes comme des pacifistes et critiquent « le nationalisme professionnel » de la France. Dans « Notre position », ils défendent le droit individuel à l’objection de conscience pendant la Seconde Guerre mondiale, mais critiquent néanmoins le pacifisme gouvernemental et les accords de Munich de 1938.

Dans « Comment aller vers un ordre nouveau », Camus met en garde contre la dynamique et la cruauté de la guerre et plaide pour un cessez-le-feu. Cependant, la Tchécoslovaquie et la Pologne ne doivent pas en être les victimes. C’est déjà à cette époque que Camus lança l’idée d’une Société des nations qui ne devrait pas être soumise à la volonté des États nationaux. Dans la série d’articles de l’après-guerre « Ni victimes ni bourreaux », il plaida à nouveau en faveur d’un parlement mondial élu au suffrage direct. Les articles du « Soir républicain », souvent écrits sous des pseudonymes, n’étaient pas expressément anarchistes, et le journal ne se qualifiait pas officiellement de « libertaire ». Son analyse politique de la structure de la société pouvait être partagée par des anarchistes de l’époque. C’est ce qui ressort d’ailleurs nettement des « Fondements juridiques de la liberté » où Camus et Pia étudient l’évolution interne de la France, constatant que les États capitalistes et démocratiques ne sont pas capables de se défendre contre les dictatures fascistes de l’époque et qu’en plus ils laissent eux-mêmes entrevoir une propension à la dictature. En France, cette tendance se manifesta par la promulgation de décrets gouvernementaux non démocratiques (comme en Allemagne avec Papen/Schleicher) et en Algérie sous la forme d’une dictature militaire déclarée. Ainsi, les démocraties bourgeoises et capitalistes ne sont pas comprises comme l’alternative au fascisme, mais comme un précurseur de celui-ci – ce qui a été une analyse anarchiste typique de cette époque qui s’était déjà manifestée lors des analyses de l’évolution allemande et italienne jusqu’au fascisme et national-socialisme.
 Même si « le Soir républicain » ne s’est pas qualifié clairement d’anarchiste, l’analyse de ses articles justifie très bien la thèse du biographe Herbert R. Lottman qui soutenait le contraire [14]. C’est un reproche que le financier Jean-Pierre Faure avait également formulé ; choqué par le « cours anarchiste » du journal, il avait voulu arrêter son soutien financier au moment même où le censeur militaire l’interdisait [15]. Camus définissait lui-même son rôle au « Soir républicain » comme engendré par les événements politiques. Et cela l’ouvrit rapidement au mouvement anarchiste.

D’une certaine façon, « Témoins » fut pour Camus un prolongement du « Soir républicain », non plus sous forme pacifiste anarchiste mais sous forme de condamnation anarchiste et antimilitariste de la violence. On peut commencer une brève analyse des articles de Camus pour « Témoins » en 1954 avec « Calendrier de la liberté » où il souligne l’importance de deux dates pour l’histoire des mouvements libertaires : le 16 juillet 1936, début de la révolution espagnole, et le 17 juin 1953, révolte des travailleurs en RDA. Dans cet article, Camus associe déjà deux formes de révolte.

Après cela, Camus proposa de publier la lettre de Simone Weil adressée à Georges Bernanos, dans laquelle elle témoigne des excès commis par des anarchistes pendant la guerre d’Espagne. La publication de la lettre dans « Témoins » (n° 7, 1954) provoqua une discussion parmi les lecteurs libertaires français qui écrivirent à la rédaction de la revue. En même temps, ce fait démontre la capacité des anarchistes français à faire spontanément une autocritique à un moment où la gauche communiste et dogmatique nie ou défend l’existence de camps soviétiques.

« Témoins » publia par la suite « Le refus de la haine », préface de Camus au livre de Konrad Biber qui venait juste de paraître, « l’Allemagne vue par les écrivains de la Résistance française ». Camus y actualise les principes de la Résistance : comme la Résistance avait à l’époque rejeté la conception bourgeoise et pacifique de la paix, il aurait fallu qu’elle refusât alors la conception communiste de la paix qui maintenait le statu quo autoritaire en Europe de l’Est. Par cette attitude, il s’oppose catégoriquement à la série d’articles de Sartre « Les communistes et la paix ». L’éditeur de la revue catholique de gauche « Esprit », Jean-Marie Domenach, décrit de son côté par Samson comme « néo-stalinien » [16], écrivit une lettre de protestation. Camus défendit sa position dans le numéro suivant de « Témoins ». La divergence avec Domenach montre que la controverse entre Sartre et Camus était un sujet débattu dans les journaux anarchistes de l’époque, dont la plupart soutenaient sans partage la position de Camus.

En 1956, Camus rédigea une préface pour une édition spéciale de « Témoins » à l’occasion du 20e anniversaire de la Révolution espagnole. Il y clame sa solidarité avec les étudiants et les travailleurs espagnols et critique les positions de Moscou, de Washington et de la gauche dogmatique française qui n’ont pas voulu la victoire du peuple espagnol. En automne 1956, « Témoins » publie plusieurs articles de Camus contre la répression de la révolte hongroise par les troupes soviétiques, dont l’un est la reprise du discours de la Salle Wagram du 15 mars 1957. De plus, « Témoins » publie un débat amical avec l’écrivain hongrois Miklos Molnar. Contrairement à Camus, Miklos croit toujours en la capacité réformatrice des socialismes d’Etat de l’Europe de l’Est.
 Dans « Témoins » n° 18-19, on peut lire un hommage littéraire de Camus, « Pour Dostoïevski », où il dit comprendre le repli de l’écrivain russe sur la religion. Ce dernier cherchait les valeurs morales non historiques auxquelles Camus tenait également mais qu’il ne comptait pas trouver par la voie religieuse.

En décembre 1958, Camus critiqua dans « Témoins » l’exécution d’Imre Nagy en Hongrie. Un appel à soutenir un « comité pour la sauvegarde des réfugiés espagnols », créé juste quelque temps auparavant, fut la dernière contribution de Camus à « Témoins ».

A la mort de Camus, « Témoins » publia un numéro spécial avec des souvenirs et des hommages (n° 23 de mai 1960). On y trouve entre autres les témoignages d’amis anarcho-syndicalistes et d’ouvriers du Livre. Rirette Maîtrejean y dit la grande estime de Camus pour le révolutionnaire Victor Serge, poursuivi par Staline. Robert Proix raconte que Camus reconnaissait s’être trompé en soutenant la candidature de Pierre Mendès France en 1956 et qu’il s’était tourné à nouveau vers les objectifs libertaires. C’est sur la base de ces entretiens qu’a été publié plus tard le livre sous la direction de Robert Proix « A Albert Camus, ses amis du Livre » [17]. C’est probablement dans l’entourage de « Témoins », vers la fin des années 1950, que Camus s’est senti le plus à l’aise. La revue avait un tirage de moins de 1000 exemplaires. Camus assista à environ cinq ou six rencontres de la rédaction à Paris qui se tenaient pour la plupart chez Proix. En revanche, Samson, en raison de son insoumission, n’avait toujours pas le droit de rentrer en France sans encourir le risque d’être arrêté.

  1. Camus et « la Révolution prolétarienne », ses amitiés
Albert Camus s’impliqua dans « la Révolution prolétarienne » avant « Témoins ». Sa collaboration y fut moindre, tant par le nombre de ses contributions que par sa participation au sein de la rédaction. Ce fut par l’intermédiaire des organisations d’aide aux prisonniers politiques d’Espagne et d’Union soviétique, mais aussi d’autres régimes autoritaires, créées en 1948, le Groupe de liaison internationale (GLI), que Camus prit des contacts avec les syndicalistes révolutionnaires réunis autour de Pierre Monatte. Lors de discussions avec Camus, Monatte avait caractérisé les adeptes de Sartre de « papillons qui sont attirés par la lampe russe » [18]. Par cette formule, il avait clairement pris position pour Camus. Au sein du GLI, la critique ouvrière contre l’Union soviétique pouvait aller du trotskisme à l’anarcho-syndicalisme ; cependant, toutes ces tendances travaillaient de façon solidaire. L’anarcho-syndicaliste allemand Helmut Rüdiger, qui avait régulièrement écrit des articles dans « Die freie Gesellschaft » sous le pseudonyme « Observateur », avait rédigé à plusieurs reprises des rapports sur l’état du mouvement anarchiste français. Il décrit ainsi les membres de la rédaction de « la Révolution prolétarienne » : il s’agissait « de vieux marxistes et d’anarcho-syndicalistes de longue date qui, contrairement au gros du mouvement syndicaliste international, avaient appartenu un certain temps, pendant les années 1920, au Komintern, mais avaient rompu depuis » [19].

C’est avec Robert Louzon et Alfred Rosmer, qui fut plus tard un ami de la famille Camus, que Monatte édita avant 1914 « la Vie ouvrière ». Après la première guerre, il vécut sa phase procommuniste, qui s’acheva en 1924 avec son exclusion du parti pour s’être opposé à sa bolchevisation. En 1925, il fonda « la Révolution prolétarienne », qui porta jusqu’en 1930 le sous-titre « revue syndicaliste-communiste », plus tard le sous-titre « revue syndicaliste révolutionnaire ». Pendant la guerre froide, le journal, qui paraissait une fois par mois, prit position contre une nouvelle guerre mondiale qui menaçait et milita en faveur de la paix, en prenant clairement parti contre les staliniens [20]. Au début des années 1950, lorsque Camus écrivait dans ce journal, celui-ci comptait environ 1400 abonnés [21].
La première contribution de Camus parut en mai 1951 sous le titre « L’Europe de la fidélité ». Quand des contacts officiels entre les Etats-Unis et l’Espagne de Franco s’établirent, Camus s’indigna qu’on utilisât un rallié aux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale pour servir les objectifs de la guerre froide ; on pensait que la force militaire de l’Espagne méritait que ce pays soit partie prenante des futures hostilités à l’égard de l’Union soviétique : pour Camus, c’était une realpolitik inconcevable, mise en œuvre sur le dos des vaincus : la CNT anarcho-syndicaliste et les autres républicains espagnols. Camus rejette cette Europe de la duperie, de la trahison et de la pure politique. Il s’engage alors pour une Europe sans violence, pour une Europe pénétrée par le syndicalisme ouvrier. Il est opposé à une Europe du chaos et de l’insécurité qui est l’image même du régime de Franco. Il aspire à une Europe de la culture, l’opposé même de ce régime [22]. Dans le numéro de juillet 1952, « la Révolution prolétarienne » publia, en plus du sujet de l’intégration occidentale de l’Espagne de Franco, la lettre ouverte par laquelle Camus refusa d’accepter une invitation officielle de l’Unesco, qui le sollicitait pour participer à une commission sur la culture et l’éducation. Il refusa car cette organisation était justement en train d’intégrer l’Espagne de Franco en son sein [23].
Parmi les rares articles de Camus traduits en allemand, en voici deux : en septembre 1953 est publié « Restaurer la valeur de la liberté », en janvier 1958, « Hommage à un journaliste exilé » avec un éloge de la rédaction quand Camus reçut le prix Nobel. Dans les premières éditions de « Rowohlt Fragen der Zeit », ces deux textes portent les titres allemands « Brot und Freiheit » et « Ehrung eines Verbannten ». Il est intéressant de noter que ces textes se retrouvent dans la table des matières de l’édition « Fragen der Zeit », qui n’a été publiée qu’en 1960, sous deux appellations distinctes : « Allocution du 10 mai 1953 » et « Allocution inédite » [24].

A suivre…

 

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