Archive pour novembre, 2016

Résistance politique au colonialisme: Les associations d’anciens combattants américains se joignent aux protecteurs de l’eau à Standing Rock !…

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Nous l’avons dit et le répétons: une partie de l’avenir de l’humanité se joue en ce moment même à Standing Rock ! Le combat des peuples unis contre l’empire et les forces politico-corporatistes est engagé… Standing Rock n’est que le début, des dizaines de Standing Rock partout sur les terres usurpées par l’empire colonial du Nord au Sud, vont bourgeonner.

Empire… Rend-toi tu es cerné !

~ Résistance 71 ~

 

Les anciens combattants au front dans la guerre de Standing Rock

 

Ian Greenhalgh

 

23 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2016/11/23/us-veterans-stand-with-standing-rock-call-for-action/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Rejoignez les manifestants pacifiques de Standing Rock contre la police et l’État corrompus.

[Note éditoriale: VT soutient totalement les manifestations se tenant à Standing Rock et l’appel des anciens combattants à se tenir aux côtés des braves manifestants qui font face à une réponse policière des plus brutales et inhumaines qui a vu des manifestants pacifiques et légaux être assaillis par les forces de coercition au moyen de balles en caoutchouc, de gaz lacrymogène, de canons à eau, de chiens d’attaque et peut-être le pire de tout: avec les bonnes vieilles matraques et massues aux mains de voyous en uniforme.

Ne vous y trompez pas, ceci représente un problème et une affaire très, très sérieuse, pas seulement pour les nations indiennes autochtones mais pour tout le peuple des Etats-Unis, cette bataille doit être combattue et gagnée si nous voulons préserver un semblant de démocratie, de droits humains et de règle de la loi. Ian]

Les anciens combattants (Veterans) des forces armées états-uniennes prennent bonne note des appels pour soutenir les manifestants autochtones (NdT: et non-autochtones de plus en plus nombreux !!…) autant que de lutter contre l’oléoduc en lui-même.

En décembre, les manifestants contre le Dakota Access Pipeline vont très certainement recevoir le soutien de centaines d’anciens combattants des forces armées américaines qui se commettent en toujours plus grand nombre pour la cause, si tout se passe comme prévu.

Un organisateur, Wes Clark Jr, connu comme animateur du programme TV des Young Turks a déclaré que des anciens combattants étaient prêts à prendre une bastos si besoin était. L’ex-officier de l’armée US a appelé sur les ondes le mouvement de résistance à Standing Rock “du plus important évènement jusqu’ici dans l’histoire de l’humanité.”

Titrée “Les anciens combattants se lèvent pour Standing Rock”, la page Facebook annonce que des centaines d’anciens combattants vont rejoindre les manifestations à partir du 4 décembre. La page sonne aussi un lien vers une page de levée de fonds GoFundMe pour aider à financer leur voyage, le projet à jusqu’ici reçu 68 000 des 200 000 US$ fixés pour but.

Le groupe sur Facebook a été formé avec un ordre de mission militaire de 5 paragraphes fixant très clairement qui sont “les forces d’opposition”: “Le bureau du Shériff du county de Morton ainsi que de multiples agences de police d’état et des contractants privés”, a rapporté le magazine Business Insider.

D’après leur page GoFundMe, ils appellent à “une milice pacifique, non armée… afin de défendre les protecteurs de l’eau contre les assauts et l’intimidation aux mains d’une force de police militarisée et la sécurité du DAPL.

“Il devient de plus en plus évident de jour en jour que les défenseurs de l’Amérique doivent se tenir avec les protecteurs de l’eau. Mettons un terme à cette injustice sauvage qui est commise ici et maintenant.” peut-on y lire.

Bien que le groupe planifie de se vêtir de tenues militaires incluant des équipements de protection corporelle, ils insistent sur le fait d’être un groupe pacifiste et qu’ils ne seront en aucun cas armés.

“Amenez des protections pour le corps, des masques à gaz, des bouchons de tir et des casques anti-bruit (nous aurons à faire face à un canon sonique)”, peut-on lire sur leur page Facebook.. “Mais n’amenez ni armes, ni drogues, ni alcool.”

De la priorité politique

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Résistance 71

 

24 novembre 2016

 

Lire notre dossier “Standing Rock ou la fin de l’empire”

 

Certains de nos lecteurs se demandent pourquoi nous ne couvrons pas l’actualité politique de l’après élections-farce américaines et du cirque politique franchouillard. Nous les remercions de nous forcer à nous justifier.

Nous essaierons d’être brefs.

Nous pensons depuis bien longtemps et ce blog en est l’illustration quotidienne, que ce que l’oligarchie nous autorise et nous incite à “débattre” n’est que mascarade et poudre aux yeux ; pire, une distraction du véritable enjeu politique et social pour les peuples du monde. L’oligarchie qui manipule le pouvoir depuis bien des siècles passe son temps et dépense des fortunes pour entretenir la seule forme possible de son maintien en haut de la pyramide politico-économique qu’elle a créée de toute pièce: la division des peuples.

Tout est fait et nous disons bien TOUT, pour nous maintenir divisés sur tout et n’importe quoi. La hantise des oligarques, leur cauchemard essentiel et primordial c’est l’UNION des peuples. Que, de concert, nous faisions fi de toutes les illusions mises devant nos yeux pour enfin nous unir et agir au-delà des frontières et de l’espace-temps, pour renverser, démonter cette pyramide du pouvoir construite sur la division induite et factice des peuples.

A cet égard, il n’est pas du tout surprenant de voir et de lire les merdias de la pressetituée de masse n’en finissant plus d’agoniser devant le renouveau de l’information produit par cette nouvelle presse de Gütemberg qu’est devenu l’internet, entretenir des débats aussi stériles qu’inutiles à grand renfort d’”analyses” et de “discussions” sur le mode farce et attrappe quant à l’avenir du monde sous le règne de la nouvelle marionnette oligarchique mise à la Maison Blanche ou bientôt à l’Élysée. Les votards gogos yankees ont eut à choisir entre la peste et le choléra, ils ont choisi ce qu’on leur a dit de penser être le “moindre mal”. Il en sera de même en France. Il en est déà de même avec des primaires politiques qui ne font qu’avancer toujours plus avant les pions de la division contre ceux de la raison.

Tout ceci n’est que PERTE DE TEMPS absolue !

Distraction, tournez-manèges sur un air d’”Il court il court le furet”…

Le pire est que les médias dits “alternatifs” s’en donnent également à cœur joie et rivalisent d’ineptie quant à soutenir Bozo plutôt que Kiri, ces clowns ne faisant plus rire personne depuis bien longtemps, sous le plus grand chapiteau du monde pour ce que d’aucuns appellent encore “la magistrature suprême”, celle de la politique spectacle d’une société spectacle vendue et achetée depuis belle lurette par l’oligarchie financière débridée, sans complexe, criminelle, parasite et totalement obsolète.

Pendant ce temps là, se joue une véritable bataille politique de terrain, celle que bien peu de médias ne couvrent (et nous sommes fiers de le faire…): la bataille de Standing Rock dans le reculé et froid état du Dakota au milieu de nulle part, au fin fond de l’île de la Grande Tortue, bataille sur fond de projet d’oléoduc du Dakota Access Pipeline ou DAPL de son acronyme anglophone. Là, Oceti Sakowin, la Grande Nation Sioux et ses frères, alliés, autochtones ou non, ont hurlé un retentissant NON ! à la mafia politico-industrielle du pétrole et à l’usurpation territoriale de l’état fédéral yankee ; un état félon, colonial, usurpateur, voleur et génocidaire, qui pille une terre qui ne lui appartient aucunement depuis 1776 en héritage des turpitudes coloniales perpétrés par les empires britannique. espagnol, hollandais et français avant lui.
L’acuité politique est de percevoir que ce combat, qui ne fait que débuter, ne fait pas que de mettre une nouvelle fois en scène les Indiens contre les cow-boys, mais bien au-delà, pose enfin et finalement la grande problématique sous-jacente depuis des siècles à toutes ces affaires territoriales: l’ILLEGALITE absolue des lois fédérales et locales sur les territoires autochtones et la perpétuelle violation des traités dûment signés et bafoués par le pouvoir colonial depuis la création de cet état félon et fantoche devenu modèle et ”nation indispensable” pour la frange judéo-chrétienne de l’humanité.

Enfin, il devrait être possible d’exposer la forfaiture et le crime au plus grand jour: le fait que pour la toute première fois dans l’histoire de l’humanité, un empire actif et hégémonique comme ses prédécesseurs, est construit sur du vent, sur une terre volée et sur un génocide sans précédent dans l’histoire.

A Standing Rock, la Grande Nation Sioux, ses alliés autochtones et non-autochtones livrent en ce moment même un combat qui, s’il est bien mené, peut mener à la fin de l’empire anglo-américain et restaurer paix, égalité, justice, harmonie et véritable liberté démocratique fondée sur le droit naturel et l’égalité, non seulement sur le continent des Amériques, mais dans le monde entier.

Le soutien à Standing Rock prend de l’ampleur mais avec ceci vient aussi la toujours dangereuse possibilité d’infiltration et de cooptage par les agents de l’empire qui s’infiltrent partout et toujours. Le mouvement vient de recevoir le soutien des associations d’anciens combattants de l’empire, soutien à double tranchant s’il en est.

L’enjeu politique réel aujourd’hui est à Standing Rock, un enjeu qui va bien au-delà de l’affaire environnementale, certes très importante, concernant ce projet en cours d’oléoduc mortifère ; nous avançons pas à pas vers l’heure de vérité pour l’empire et ses sbires.

Aujourd’hui, le choix politique n’est pas dans l’illusion démocratique des fantoches qu’on nous impose dans les grandes messes sectaires électorales occidentales et autres, mais dans le soutien des grands mouvements de résistance indigènes dans les pays toujours colonisés et affiliés au grand empire anglo-américain et ses vassaux. Aujourd’hui, l’enjeu politique réel est à Standing Rock et dans tous les foyers de luttes indigènes de résistance à l’empire: Le Chiapas et Oaxaca au Mexique, la lutte autochtone au Honduras et dans le sud du continent des Amériques, la résurgence politique aborigène en Océanie et bien entendu la lutte du peuple palestinien occupé et réprimé par la branche sioniste de la même volonté hégémonique coloniale occidentale.

Il est important de ne pas se tromper de combat et de dicerner l’important du futile en ces temps manipulés. Céder aujourd’hui à la mode de la division entretenue, une fois de plus, par la société du spectacle et débattre futilement des intentions ou de la couleur du slip d’un Trump ou d’un Juppé, ne fait qu’entretenir le consensus du statu quo oligarchique et nous maintient, nous les peuples, exactement là où l’oligarchie veut que nous restions: dans la cour de récréation à jouer aux billes et à nous chamailler entre nous.

Nous appelons le plus grand nombre à grandir politiquement pour que de véritables solutions politiques émergent des énormes ressources dont disposent les peuples. C’est ensemble que nous vaincrons l’oligarchie. L’Oceti Sakowin, ses frères et alliés nous montrent une fois de plus le chemin. Puissions-nous, le plus grand nombre possible, entendre la voix de la sagesse ancestrale amérindienne nous murmurant sans relàche:

“Ce n’est que quand le dernier arbre sera coupé et le dernier poisson mangé que l’homme blanc se rendra compte que l’argent ne se mange pas.”

Réflexion, Union, Action !

Mitakuye Oyasin

Ske:nen

Résistance au colonialisme: Standing Rock et la vérité légale…

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Une fois de plus, il importe peu qui a été, est et sera à la Maison Blanche, le viol constant de la terre et des traités établis avec les nations autochtones est et demeurera la préoccupation principale des politiciens vendus et achetés depuis belle lurette par le système marchand et son oligarchie aux commandes. Trump n’en étant-il pas le plus superbe des exemples ?…
Le gouvernement fédéral scélérat et usurpateur des “Etats-Unis” a signé plus de 400 traités depuis 1776 avec les nations indigènes originellement libres et indépendantes hors de la domination chrétienne et occidentale. Tous ces traités ont été bafoués, violés et ignorés pour le profit de l’état colon lui-même propriété privée des banques et grosses entreprises désormais transnationales.
Cet empire est construit sur le vol, le meurtre de masse (génocide), la déshumanisation et la coercition du plus grand nombre par le plus petit nombre. Sa population colonisatrice est elle-même colonisée, sous l’emprise totale du totalitarisme marchand.
Abattre l’empire, abattre tout empire, c’est unifier les peuples dans l’intérêt commun des peuples de cette planète et éradiquer l’empire factice de la division et du chaos généré par le capitalisme et son arme de destruction massive qu’est la société du spectacle marchand.
Ce n’est pas un Standing Rock qu’il nous faut, mais 10, 15 Standing Rocks simultanés à travers cette empire du chaos d’Amérique du Nord et ses ramifications mortifères dans le monde. Standing Rock ce sont les ZAD. Il y a un Standing Rock potentiel dans chaque ville et village de France et d’occident, parce que nous sommes tous des colonisés de ce système dégénéré assassin mais aussi parce que nous sommes tous inter-reliés.
Mitakuye Oyasin !

 

~ Résistance 71 ~

 

Les actions de déshumanisation par la police du Nord Dakota viole le traité de Fort Laramie de 1851

 

Steven Newcomb

 

16 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/11/16/dehumanizing-actions-north-dakota-police-violate-1851-treaty-fort-laramie

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les camps pour la protection de l’eau à Standing Rock en opposition au projet du Dakota Access Pipeline sont sis en territoires reconnus par traités d’Oceti Sakowin (Le conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux). Le peuple Sioux Standing Rock, faisant partie de la plus grande nation d’Oceti Sakowin, a parfaitemt le droit d’héberger les protecteurs de l’eau dans ces camps. Ce projet de construction d’oléoduc du Dakota Access devant traverser le territoire d’Oceti Sakowin sans le consentement préalable et informé de cette nation se déroule en violation totale du traité de Fort Laramie de 1851. Ainsi, les actions de la police de l’état du Dakota du Nord et de la Garde Nationale US en faveur du projet d’oléoduc sont en violation DIRECTE des territoires d’Oceti Sakowin reconnus expressément dans ce traité de Fort Laramie de 1851 (NdT: qui fut consolidé de mieux dans le second traité de Fort Laramie de 1868, après la seconde défaite de l’armée américaine face aux nations Sioux et Cheyenne)

Il est choquant de regarder les vidéos des interventions de ces forces de police militarisées du Dakota du Nord utilisant des triques, des massues, des balles en caoutchouc (infligeant de sérieuses blessures) et des engins à ultra-sons contre des protecteurs de l’eau pacifiques et non-armés à Standing Rock. Il y a déjà des rapports de fouilles à corps et d’humiliation perpétrées par les forces étatiques. Ceci représente la domination coloniale et la déshumanisation en action. Ce qui se passe à Standing Rock est aussi une illustration on ne peut plus claire d’un traité avec une nation indienne, celui de Fort Laramie en 1851, être une fois de plus complètement bafoué et ignoré par le gouvernement fédéral des Etats-Unis.

Ce traité de Fort Laramie est totalement ignoré par les Etats-Unis qui sont en faveur [au service ?…] d’intérêts spéciaux très puissants avec les industries du pétrole et de la finance. Standing Rock est un exemple au XXIème siècle de la méthodologie et des techniques d’oppression qui furent instiguées par les bulles pontificales du XVème siècle (NdT: Dum Diversas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) ). En voici quelques étapes bien caractéristiques: “envahir, capturer, vaincre et subjuguer” les nations originelles de ce continent (et de tout continent, terre non-chrétiens), comme l’Oceti Sakowin. Réduire les “nations barbares” sous la domination (dominium) de “l’empire chrétien” ou ce qui est maintenant “l’empire américain”.

Quelle serait donc une bonne compréhension de ce traité de Fort Laramie de 1851 que les Etats-Unis signèrent avec la nation Oceti Sakowin / Grande Nation Sioux ?
Une information importante aux sujets des traités fut fournie par le tout premier patron de la Cour Suprême des Etats-Unis, John Jay. Il fut l’auteur de l’article Fédéraliste 64, qu’il publia en 1788 sous le nom de plume de Publius. Les articles fédéralistes furent écrits dans un effort particulier de renforcer le cas de la ratification de la constitution proposée, celle qui fut écrite à Philadelphie en 1787. Jay a eu quelque chose à dire à propos des traités dans le 64ème article fédéraliste.

Jay répondait à l’argument soutenant que les traités ne devraient pas être considérés comme la loi suprême de la terre au sein du cadre constitutionnel proposé. En discutant des traités, Jay dit alors: “Il serait impossible de trouver une nation qui pourrait traiter avec nous [les Etats-Unis] et les liant absolument au traité tandis que nous [les Etats:Unis] ne considérerions être liés au traité qu’autant que nous le désirions et dans la mesure où cela nous serait favorable.” Ceci décrit fort justement l’attitude générale des Etats-Unis en ce qui concerne les traités avec les nations natives comme l’Oceti Sakowin. Ce que Jay considérait comme impossible en regard des traités est en fait exactement comment les Etats-Unis ont vu le traité de Fort Laramie en 1851 (NdT: et tous les traités précédents et ceux qui s’en suivirent…). L’état colonial a considéré ce traité comme n’obligeant en rien les Etats-Unis.

Jay continua en parlant des législateurs (NdT: à savoir le congrès des États-Unis: chambre basse + sénat): “Ceux qui font les lois peuvent, sans aucun doute, les amender ou les abroger.” De plus Jay a dit: “il ne sera aucunement disputé que ceux qui font les traités peuvent les altérer ou les annuler.” Jay exhorta les gens à néanmoins ne pas oublier quoi qu’il en soit, que “les traités ne sont pas seulement faits par une des parties contractantes, mais par les deux.” Le consentement des deux parties prenantes d’un traité est essentiel à sa réalisation a dit Jay. Ainsi, le consentement des deux parties est toujours nécessaire ultérieurement pour “altérer ou annuler” un traité.

En d’autres termes, l’Oceti Sakowin doit d’abord donner son consentement avant que le traité de Fort Laramie de 1851 ne soit altéré ou annulé. Les Etats-Unis par conséquent n’ont absolument aucun droit d’altérer ou d’annuler unilatéralement le traité de Fort Laramie de 1851 (NdT: ou tout autre traité) par législation du congrès. Les Etats-Unis n’ont également aucun droit d’imposer validement à la nation Oceti Sakowin leur interprétation américano-centriste du traité.

Jay déclara que la constitution proposée “n’a donc pas étendu l’obligation des traités le moins du monde.” Les traités “sont juste tout autant liant et juste hors de la portée légale des actes législatifs maintenant ou dans quelque future période que ce soit ou sous toute forme de gouvernement que ce soit.Donc depuis 1851, le traité de Fort Laramie est “hors de portée de tout acte législatif” du congrès des Etats-Unis, comment fut-il donc possible pour ces mêmes Etats-Unis d’utiliser validement un acte législatif du congrès en 1958 pour, de manière supposée, donner au corps du génie de l’armée des Etats-Unis le droit de “prendre” la terre Oceti Sakowin sans la permission de cette dernière ?

D’après John Jay, il n’est pas possible pour le congrès de donner VALIDEMENT, LEGALEMENT, au corps du génie de l’armée quelque permission que ce soit de “prendre” la terre Oceti Sakowin sans leur consentement. La loi de 1958 est une fraude en accord avec les règles de traité que John Jay, grand patron de la Cour Suprême avait si brillamment et clairement exprimées.

La loi territoriale des Etats-Unis sur le Dakota dit explicitement que le territoire indien qui n’a pas été cédé aux Etats-Unis par traité ne peut pas être considéré comme partie de ce que les Etats-Unis déclarent être le territoire du Dakota des Etats-Unis d’Amérique. Ainsi, le territoire d’Octi Sakowin n’est aucunement une “terre fédérale”. Il n’est pas non plus “territoire de l’état du Dakota”. Il demeure le pays distinct et séparé de la nation Oceti Sakowin. Ceci est le raisonnement qui s’ensuit de l’explication de John Jay faite sur la constitution proposée des Etats-Unis. Jusqu’à ce jour, la nation Oceti Sakowin n’a JAMAIS donné l’autorisation dans un traité ratifié par les Etats-Unis, de permettre que son territoire soit considéré comme partie de l’état du Dakota du Nord ou du sud et de l’état fédéral (colonial) des Etats-Unis d’Amérique.

Le raisonnement ci-dessus a été savamment caché parce qu’en 1823, la décision de la CS dans l’affaire Johnson contre M’Intosh et la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination sous-jacente, furent déclarées prévalentes et s’affirmèrent comme le paradigme invalide et usurpateur de la loi et de la politique fédérales indiennes. Les lois scélérates votées par les Etats-Unis et qui n’ont pas eu de résultats positifs pour la grande nation Sioux sont documentées plus avant dans cet article de Peter Cozzens qui vient juste d’être publié par le magazine de la société smithsonienne dans son édition de novembre 2016 et intitulé: “Ulysses S. Grant Launches an Illegal War Against the Plains Indians, Then Lied About It.” (Note de R71: Nous avons lu ce long article au demeurant excellent, trop long pour être traduit, mais Ô combien édifiant sur la fourberie et l’infâmie répétées du gouvernement fédéral colonial yankee… Cliquez sur le lien ci-dessous pour y avoir accès en anglais désolé).

Illegal War

Ce que tout le monde a su est que l’extension géographique et les frontières politiques des Dakota du nord et du sud sont fausses. Les frontières de ces deux états n’incluent en rien quelque partie que ce soit du territoire Oceti Sakowin qui n’a pas été cédé, abandonné ou rétrocédé aux Etats-Unis par un traité ratifié par les Etats-Unis eux-mêmes. Ceci constitue le territoire d’un pays séparé, celui de Lakotiah ou de Dakotiah.

Note de Résistance 71:

Les territoires Oceti Sakowin couverts par le traité de Fort Laramie de 1851 ainsi que les territoires non cédés par traités couvrent une énorme superficie qui s’étend au cœur des grandes plaines sur les 6 états du Dakota du nord et du sud, du Montana, du Wyoming, du Colorado et du Nebraska. Ce territoire représente quelques 220 000 km2 soit un peu moins de la moitié de la superficie de la France, qui appartiennent et sont PAR DROIT NATUREL le territoire de la Grande Nation Sioux usurpé par cet empire sans terre que sont les Etats-Unis.

Voir carte ci-dessous.

siouxmap

Livre: « Le Bouclier du Lanceur d’Alerte » par Kevin Annett (version française pdf gratuite)

Posted in actualité, altermondialisme, Internet et liberté, média et propagande, pédagogie libération, politique et social, presse et média, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 novembre 2016 by Résistance 71

Ce manuel très complet et écrit d’expérience a pour but d’armer les lanceurs d’alerte et diseurs de vérité contre l’arsenal de l’establishment réprimant la dissidence et ceux qui exposent ses turpitudes et crimes en tout genre. Kevin Annett est connu pour avoir exposé au grand jour et forcé la reconnaissance (et des « excuses ») du gouvernement et des églises du Canada au sujet du génocide de plus de 50 000 enfants autochtones dans les pensionnats pour Indiens entre la fin du XIXème siècle et 1996 ; néanmoins, ce manuel s’adresse à toute forme de lancement d’alerte et fournit un mode d’action et une attente réalistes quant à l’entreprise de dire et d’exposer au grand jours les méfaits et les crimes des entreprises, gouvernements, états et toutes autres entités privées.

« Le bouclier du lanceur d’alerte » a été publié en anglais le 1er septembre 2016 sous le titre: « Truth Teller’s Shield: A Manual for Whistle Blower & Hell Raisers » et a été traduit en français par Résistance 71 en novembre de cette même année. Avec l’accord de l’auteur, il est mis à la disposition du public francophone gratuitement dans l’espoir qu’il aide les actuels et les prochaines générations de lanceurs d’alerte et leur incite une motivation supplémentaire. Les lanceurs d’alerte sont essentiels à la déconstruction pierre par pierre de la pyramide du pouvoir mortifère des états-nations et de leurs propriétaires affairistes transnationaux. Ils/elles sont les agents de la vérité réprimée et cachée à dessein.

Lisez et/ou téléchargez le bouquin:

lebouclierdulanceurdalerte-1

 

Au sujet de l’auteur: 

Le révérend Kevin Daniel Annett, Masters in Arts, M. Div., est un vétéran dans le domaine de lancer les alertes et de dire la vérité. Il a été nominé pour le prix Nobel de la Paix pour le Canada. Il est réalisateur de documentaires primés, écrivain, animateur radio, organisateur de communauté et conférencier. Depuis 1995, date à laquelle il fut évincé de son sacerdoce de prêtre de l’Église Unifiée du Canada après avoir exposé les crimes que cette entité avait perpétrés, il mena avec succès une campagne pour démasquer et traduire en justice le génocide des enfants aborigènes par l’église canadienne et l’État.

Malgré sa mise en liste noire, son apauvrissement et les campagnes de diffamation et de désinformation menées contre lui par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC ou RCMP en anglais) et agences de couverture, Kevin aida à forcer des “excuses” publiques officielles pour les crimes des pensionnats pour Indiens, de la part du gouvernement canadien en juin 2008. En 2010, il aida à la formation du Tribunal International contre les Crimes de l’Église et de l’État (TICEE ou ITCCS en anglais), qui est maintenant opérationnel dans neuf pays. Entre 2012 et 2014, Kevin a assisté dans deux mises en accusation par le tribunal de droit coutumier concernant le Vatican, la couronne d’Angleterre et autres parties coupables de crimes contre l’humanité. Cette action força la démission du pape Benoît XVI de ses fonctions pontificales en février 2013.

Depuis janvier 2015, Kevin a participé au mouvement pour l’établissement d’une république du Canada sous la juridiction du droit coutumier et est l’animateur d’un programme radio d’affaires publiques: Radio Free Kanata. Il participe à des écoles / séminaires de formation publics pour les lanceurs d’alerte et autres activistes. Il est un consultant pour de nombreux groupes de survivants des crimes des églises, des gouvernements et des entreprises.

Kevin est l’auteur de huit livres et a co-produit le documentaire primé “Unrepentant” en 2007. Il est titulaire d’un Masters en Science Politique et en Théologie. Des universitaires aux Etats-Unis et en Europe l’ont nominé pour le Prix Nobel de la Paix en trois occasions.

“Un homme et la vérité font une majorité.”
~ Thomas Paine, 1778 ~

Version en format PDF du livre réalisé par JBL1960

=*=

Liens vers nos traductions des ouvrages/recherches de Kevin:

« A découvert: Génocide passé et présent a Canada » (2001, 3ème edition 2010)

et

« Meurtre par décret: Le crime de génocide au Canada » (2016)

Guerre impérialiste en Syrie: La supercherie des « casques blancs » démasquées…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 novembre 2016 by Résistance 71

En Syrie les “casques blancs” pris la main dans le sac de la mise en scène

 

Tony Cartalucci

 

22 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.jp/2016/11/syria-white-helmets-caught-in-mannequin.html#more

 

~ Traduit de l’angais par Résistance 71 ~

 

La “Défense Civile Syrienne” financée par les Etats-Unis et l’Europe plus connue sous le vocable des “Casques Blancs”, est de plus en plus démontrée être un des plus gros et des plus élaborés mensonges et tromperies de la propagande de guerre moderne occidentale. Se présentant comme à la fois “sauveteurs” de civils coincés dans de soi-disants bombardements russes en Syrie et “observateurs” des soi-disantes “atrocités” commises contre les militants combattant le gouvernement syrien, les preuves se sont accumulées pour démontrer que cette entité est en fait complice des groupes militants islamistes incluant des groupes terroristes reconnus et aussi une agence de propagande occidentale.
En octobre de cette année, des manifestants en Europe ont facilement recréé virtuellement chaque scène de “sauvetage” montrée par les “casques blancs” simplement en se barbouillant de farine et de colorant rouge et en s’allongeant sur le sol de villes européennes. Partie prenante de la campagne “Sauver Alep”, les manifestants cherchèrent à amener la “réalité” du “travail” des “casques blancs” à une audience européenne. Mais ils l’ont peut-être fait de manière trop littérale, révélant par là-même que de nombreuses scènes filmées par les “casques blancs” en Syrie sont en fait arrangées et truquées et font partie d’un théâtre de propagande urbaine.

Dans une vraie situation de guerre, des bombardements laissent derrière eux un carnage indescriptible, avec des corps calcinés au delà de toute possibilité de reconnaissance, des membres arrachés, pantelants, des plaies ouvertes et des tas de chair sanguinolente. Les vidéos de ces “casques blancs” (NdT: rappelons-le financés à hauteur de millonos d’euros par les Etats-Unis et l’UE…) ne représentent bizarrement aucune de ces dures réalités et au lieu de cela mettent le plus souvent en scène de la farine et des colorants sur des figurants, comme vus dans les scènes de manifestations en Europe le mois dernier.

Il est à noter que la seule chose qui manquait des manifestations inspirées des “casques blancs” en Europe, fut un décor de fond de ville en ruines et les piles de gravas pour y “enfouir” les acteurs.

Une vidéo récente partagée sur facebook par l’activiste syrienne Mimi Al Laham expose grandement cette farce avec l’inclusion de cette dernière caractéristique.

Ce qui apparaît être une vidéo des “casques blancs” est filmé dans un style technique connu sous le nom de “mannequin challenge”. Sur ce type de plan, les acteurs sont figés tandis que la caméra bouge autour d’eux pour un effet similaire d’une technique employée à Hollywood pour augementer l’effet dramatique. Ceci a fait surface sur Youtube. (NdT: voir la vidéo en section commentaire)

La vidéo commence avec trois hommes tentant de demeurer parfaitement immobiles alors que la caméra bouge autour d’eux. Les hommes posent dans des gravas d’un bâtiment effondré. Deux des hommes sont habillés en “casques blancs” et le 3ème homme est allongé au sol avec ses jambes partiellement ensevelies sous les gravas. Un effet son est ajouté à la bande son de manière évidente, son similaire de celui que nous pouvons entendre dans les films de guerre lorsqu’un parsonnage est choqué et ses oreilles sifflent et bourdonnent, juste avant que les personnages ne commencent à bouger et à crier, les volontaires commencent alors à “dégager” l’homme coincé qui feint des cris de douleurs.

A part le style du “mannequin challenge”, la vidéo n’est pas différente de toute celles inclues dans la “filmographie” des “casques blancs”. Comme toutes les “victimes” que les “casques blancs” ont “sauvées”, l’homme dans cette vidéo n’est manifestement pas blessé et est simplement couvert de poussière tout comme les manifestants en Europe étaient couverts de farine et juste comme toutes les “victimes” que les “casques blancs” ont “sauvé” en Syrie, le furent après les soi-disants bombardements.

De sérieuses questions éthiques se posent

Dans cette vidéo, les trois hommes sont indubitablement des acteurs. La “victime” a été manifestement et sans aucun doute intentionnellement et précautionneusement enfouie dans les gravas et non pas coincée en résultat d’un bombardement. Le fait que les deux autres acteurs soient complètement habillés des uniformes des “casques blancs”, acquis par les dizaines de millions d’euros fournis à l’organisation par les gouvernements occidentaux, révèle une violation potentiellement sérieuse de l’éthique, similaire aux violations du code d’éthique commises par des sauveteurs et médecins, réels eux, et qui utilisent leurs ressources et leur statut protégé à des fins politiques et militaires plutôt que pour leurs missions humanitaires réelles. (NdT: suivez notre regard….)

Les “casques blancs” sont peut-être la parfaite personnalisation de cette “opposition” syrienne. Une façade, une supercherie totalement créée par des intérêts étrangers pour diviser et détruire une nation entière, voire une région entière, tout en posant comme des héros de la “liberté”, de la “démocratie” et de la “cause humanitaire”. Pour toutes les autres ONG du monde recevant le financement des Etats-Unis et de l’UE (NdT: directement ou par procuration… USAID, NED etc…), elles devraient sérieusement considérer en quelle compagnie elles se retrouvent: celles de menteurs et de terroristes, d’acteurs qui se repaissent des bonnes intentions des gens à faire le bien tout en exploitant la misère dont ils sont eux-mêmes le plus souvent directement impliqués à créer.

Voir vidéo en section commentaire

L’empire déglingué…

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“Vous avez des hommes de mains et tout compte fait, c’est vous les vrais coupables: car sans vous, sans votre négligente cécité, de tels hommes ne pourraient poursuivre une action qui vous condamne autant qu’elle les déshonore.”
~ Francis Jeanson ~

“Les Américains sont le seul peuple moderne, à l’exception des Boers [en Afrique du Sud], qui de mémoire d’homme, ont totalement balayé du sol où ils se sont installés la population autochtone.”
~ Frantz Fanon, 1952 ~

 

Regardons les fondements du colonialisme et de sa pratique que ce soit en Afrique, en Amérique, en Océanie et en Europe, la méthodologie est la même. Frantz Fanon nous le rappelle ici dans son livre “Peau noire, masques blancs” (Seuil, 1952) lorsqu’il dit: “Pour l’Africain en particulier, la société blanche a brisé son ancien monde sans lui en donner de nouveau. Elle a détruit les bases tribales traditionnelles de son existence et barre la route de l’avenir après avoir fermé la route du passé…” Remplacez le mot “Africain” par “Indien” ou “Aborigène d’Australie” ou “Maori” ou “Kanak”. Que constate t’on ? Une universalité méthodologique qui s’est aussi produite de manière domestique afin de convertir la population occidentale à l’idéologie colonialiste. Ce n’est, comme déjà dit ici par ailleurs, qu’une question de degré.

~ Résistance 71 ~

 

La corporation se déglingue

 

Mohawk Nation News

 

19 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/11/19/the-corporation-is-unraveling/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Dakota Access Pipeline de Houston et ses baltringues essaient de nous voler nos ressources tout en détruisant la terre des Lakotas. La cabale a parié gros sur cet oléoduc parce qu’elle croit gagner et faire plein de fric. Ils parieront bien moindre lorsqu’elle commencera à perdre la bataille.

Obama a suggéré que cette route du pétrole polluante et toxique pourrait bien être déviée de Standing Rock. De fait, nous ne voulons de ces poisons nulle part ! Voilà la réalité ! Et encore mois que cette saloperie traverse des centaines de nos communautés que ce soit par oléouc, par trains bombes à retardement, bateaux ou transports routiers, tout ceci pouvant nous tuer.

On nous a étudié à mort. Ces gangsters ne savent rien de nous. Leurs stratégies sont basées sur des mensonges, des rumeurs et des commérages. Leurs conseillers d’entreprise ignorant leur disent qu’ils peuvent nous blesser, nous endommager, nous vaincre et même nous tuer nous et notre mère et que leurs tribunaux de l’amirauté légaliseront tout ce qu’ils font.

Les porte-flingues sont entraînés à perpétrer le génocide. Ils prennent plaisir à nous menacer, à se moquer de nous, à nous hurler des ordres, à agiter leurs armes et nous mettre en joue, à nous gazer au lacrymo et au gaz de poivre et tout autre agent de guerre chimique et biologique. Puis ils se réunissent pour discuter de la mise en place de la torture. Ils ne craignent pas de violer la convention de Genève, d’infliger des douleurs affligeantes, de nous persécuter et de nous humilier, nous et notre terre-mère.

Ils nous capturent, nous fouillent à corps, nos bras sont marqués de chiffres comme dans les camps de concentration de prisonniers et on nous détient dans des chenils.

Leurs stratégies sont fondées sur les mensonges qu’ils ont appris à l’école ou sur les histoires insultantes et bidons des “cow-boys et des indiens”, de ces films hollywoodiens qu’ils ont vu à la télé. Et maintenant ils prennent des décisions de vie ou de mort à notre sujet le tout basé sur une vile propagande.

D’abord, les petits caïds furent ordonnés de faire le minimum afin de nous faire peur, de nous faire taire et de nous écarter du chemin. Le corps du génie de l’armée US étend maintenant les guerres indiennes qui ont massacré plus de 100 millions d’entre nous dans ce qui fut le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité.

Nous avons beaucoup d’amis et d’alliés qui se tiennent à nos côtés. En Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et beaucoup aussi dans la population des colons d’Amérique du Nord. Certains d’entre nous sont menacés, frappés, torturés, et arrêtés. Nous continuerons à promouvir la paix dans le monde ! Continuez à vous lever pour la création !

Résistance au colonialisme: Les conditions dans le camp de prisonniers de guerre #44: la réserve de Pine Ridge… Du Dakota à Gaza !

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“un régime criminel possède tous les traits de caractère d’un psychopathe non traité: une cruauté permanente et une violence envers les faibles, un besoin inextinguible pour toujours plus de pouvoir et une incapacité à reconnaître ou à corriger sa propre attitude criminelle. Que ces caractéristiques soient celles d’un individu ou d’une nation, elles ne peuvent être traitées qu’en découvrant les torts originels et non exprimès faits au psychopathe dans son enfance qui l’incitent à perpétrer et perpétuer un règne de terreur chez les autres.
La vérité au sujet de notre passé, en tant que nations ou peuple, est stockée dans notre corps, et bien que nous ne pouvons pas l’exprimer, nous ne pouvons pas la changer. Notre intelligence peut être trompée, nos sentiments manipulés et nos conceptions des choses rendues confuses, notre corps peut être trompé par des médicaments ; mais un jour notre corps présentera la facture, car il est aussi incorruptible qu’un enfant, qui, toujours entier en esprit, n’acceptera aucun compromis ou excuses et ne cessera pas de nous tourmenter jusqu’à ce que nous arrêtions de fuir la vérité.”
~ Alice Miller, psychologue (Ph.D), spécialiste de la psychologie traumatique enfantine, auteure de 13 ouvrages traduits en 30 langues ~

Dans la citation qui suit, remplacez le mot “Africain” par le mot “Indien” ou « Palestinien » et observez l’interchangeabilité de la méthodologie colonisatrice. De fait la méthodologie n’est effective que par l’idéologie qui la gouverne…
“Pour l’Africain en particulier, la société blanche a brisé son ancien monde sans lui en donner de nouveau. Elle a détruit les bases tribales traditionnelles de son existence et barre la route de l’avenir après avoir fermé la route du passé…” (Frantz Fanon, 1952).
En 1951, Albert Camus dans son exceptionnel “Homme révolté” clâmait: “L’empire est en même temps guerre, obscurantisme et tyrannie, affirmant désespérément qu’il sera fraternité, vérité et liberté : la logique de ses postulats l’y oblige.”

Rien n’a changé, mais nous entrons dans une ère propice à une mise en phase des concepts et des idées, parce que les écrans de fumée se lèvent et que cœurs et esprits ressurgissent enfin des abîmes léthargiques.

L’article ci-dessous, paru sur Al Jazeera en anglais et traduit en français sur Chroniques de Palestine, est à lire et à diffuser sans aucune modération et tout comme nous avons pu remplacer le mot « Africain » par le mot « Indien » dans la citation de Fanon ci-dessus, remplaçons également le mot de « Pine Ridge » par celui de « Gaza ». Interchangeable on vous dit !… Amérindiens, Palestiniens… même combat ! 

~ Résistance 71 ~

 

La vie dans la réserve indienne de Pine Ridge

 

Patrick O. Strickland

 

18 novembre 2016

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/vie-reserve-indienne-pine-ridge/

 

Article original paru en anglais sur Al Jazeera le 2 novembre 2016

 

La maison d’une pièce de Donald Morrison, cachée derrière une rangée d’arbres, ne peut être jointe que par un chemin de terre d’un demi-kilomètre de long.

Il vit sur les terres ancestrales de sa famille. La remorque où vivaient son oncle et son frère est à proximité. La cour de Donald est parsemée de voitures rouillées – décomposées et à moitié démembrées, fouillées pour les pièces de rechange.

A quelques mètres de l’escalier en bois menant à sa porte d’entrée se trouve la structure décrépite – fabriquée à partir d’une remorque, de ferraille et de bâches – où il a vécu pendant deux décennies avant que les familles ne décident en 2011 de vivre ensemble.

Donald, âgé de 60 ans, a vécu sur la terre de sa famille toute sa vie. Le temps passe lentement dans son coin de la Réserve de Pine Ridge, et à aucun moment dans ces 60 dernières années, les autorités locales n’ont connecté sa minuscule communauté familiale de cabanes et de remorques au réseau électrique de la réserve, ni fourni l’eau courante.

Ils utilisent des batteries de voiture et des générateurs pour quelques heures d’électricité par jour, et Donald chauffe un seau d’eau de cinq gallons sur un poêle à bois pour se baigner et laver ses vêtements quelques fois par semaine.

La Réserve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud, qui englobe plus de 2,8 millions d’acres, a été créée en 1889, sous le nom de Camp 334, pour les prisonniers de guerre indigènes que les colons blancs ont poussé vers l’ouest à travers le continent nord-américain.

Elle abrite l’Oglala Lakota, une tribu qui fait partie intégrante du peuple Sioux.

Tout comme les réserves amérindiennes à travers les États-Unis, la communauté autochtone de 38 000 personnes est déconnectée des circuits économique de l’État et n’a pas été touchée par le développement.

Une des plus démunies de ces réserves, Pine Ridge, est affectée par un taux de chômage de 80 à 90%, avec un revenu moyen par personne de 4000 dollars par an d’après l’étude réalisée en 2007 par l’ONG Re-Member.

Le Bureau du recensement des États-Unis a révélé en 2014 que plus de 52% des résidents à Oglala Lakota, le plus grand des trois comtés de Pine Ridge, vivaient en-dessous du seuil de pauvreté.

Dans ce contexte de pauvreté et de chômage, la santé publique a souffert, selon Re-Member. Plus de 80% des résidents souffrent d’alcoolisme. Un quart des enfants sont nés avec un syndrome d’alcoolisme fœtal ou des conditions similaires. L’espérance de vie – 48 ans pour les hommes, 52 ans pour les femmes – est la deuxième plus basse de l’hémisphère occidental, juste derrière Haïti, le pays des Caraïbes.

Les taux de tuberculose et de diabète sont huit fois plus élevés que les moyennes nationales, tandis que le taux de cancer du col de l’utérus est cinq fois plus élevé que la moyenne américaine.

Par cette après-midi lumineuse mais froide de fin octobre, Donald traverse sa cour, passe devant la dépendance, fait le tour de la vieille berline rouillée à laquelle son chien est enchaîné, et arrive au paquet de bois qu’il a coupé plus tôt dans la semaine. Il emporte quelques morceaux de bois à l’intérieur de sa maison et en ressort après un court instant.

Un faisceau de fils relie la batterie de sa camionnette Ford à un générateur électrique grondant sur son porche. Cette source d’électricité lui permet de regarder quelques heures de télévision chaque soir avant de se coucher.

Donald et ses frères et sœurs ne sont jamais allés à l’école. Et bien qu’il comprenne une bonne quantité d’anglais, il n’a jamais appris à parler couramment une autre langue que sa langue maternelle, le Lakota.

Bien que les Channels 5, 9 et 12 ont diffusé les débats présidentiels très médiatisés entre la candidate démocrate Hillary Clinton et son homologue républicain Donald Trump, Donald explique qu’il a seulement été en mesure de regarder les faits les plus marquants dans les nouvelles.

« Cela ne fait pas vraiment une différence pour nous ici », dit-il en parlant des prochaines élections.

Étant donné que ni Trump ni Clinton ne répondent à leurs besoins spécifiques, de nombreux résidents de Pine Ridge disent qu’ils ont été oubliés par la société dominante, abandonnés par les politiciens et négligés par les institutions de l’État.

Après des années de requêtes auprès du gouvernement tribal local – qui administre la réserve sur une base semi-autonome – et les autorités du comté pour l’eau courante et l’électricité, Donald s’est résigné à passer les dernières années de sa vie sans l’une ni l’autre. « J’ai finalement abandonné », se souvient-il.

« Ils disent simplement qu’ils ne peuvent pas m’aider. C’est une perte de temps. »

Donald et son frère Roland, âgé de 67 ans qui vit dans une remorque à cinq minutes de marche sur les collines qui coupent en deux la terre de leur famille, survivent les deux premières semaines de chaque mois grâce aux bons d’alimentation.

Au cours de la deuxième moitié de chaque mois, ils se partagent la viande en conserve et les pâtes offertes par des organismes de bienfaisance et des gens du pays. Lorsque les dons ne suffisent pas et qu’ils disposent d’assez d’argent pour faire le trajet de 48 kilomètres jusqu’à la ville la plus proche, ils reçoivent des boîtes de conserves provenant d’une usine de transformation de la viande.

Roland a quitté la réserve pour la première fois de sa vie en avril, lorsqu’il a été transporté par avion dans un hôpital de Rapid City pour une opération chirurgicale d’urgence après avoir glissé dans la neige et s’être brisé la hanche alors qu’il coupait du bois de chauffage.

Uniquement capable de se déplacer avec un déambulateur, Roland, qui porte une veste couverte de saleté et tire régulièrement sur son jean trop grand qui ne cesse de glisser, dit qu’il ne sera jamais en mesure de payer les 2000 dollars de factures médicales, avec les petites sommes d’argent qu’il obtient avec ses petits boulots pour les voisins et les éleveurs. « Je ne pourrai pas travailler jusqu’au printemps maintenant », dit-il.

Roland s’est rendu à un point d’inscription des électeurs en ville le mois dernier pour avoir un café gratuit, mais lui et ses frères affirment qu’aucun d’entre eux n’a l’intention de voter le 8 novembre.

Le bureau de John Yellowbird Steele, le président des autorités de la tribu sioux Oglala à Pine Ridge, n’a pas répondu aux nombreux appels d’Al Jazeera pour commenter cet article.

Le gouvernement tribal exerce la juridiction sur les crimes commis par les membres tribaux et d’autres peuples autochtones sur la réserve. Au fil des ans, cependant, les autorités fédérales ont réduit la souveraineté tribale sur les réserves des Amérindiens par le biais de diverses lois.

« Les dures conditions du colonialisme »

Plus de 5,1 millions de personnes aux États-Unis se reconnaissent comme totalement ou partiellement Natifs Américains ou Natifs Alaska, selon le US Census Bureau. Jusqu’à 2,5 millions de personnes se sont identifiées comme totalement indigènes ou autochtones de l’Alaska. De ce total, plus de la moitié ne vivent pas dans des réserves.

Malgré des conditions très différentes dans les communautés autochtones, le Groupe de travail international pour les affaires autochtones estime que « le revenu par habitant dans les régions indiennes est environ la moitié de celui de la moyenne américaine, et le taux de pauvreté est environ trois fois plus élevé ».

Les réserves, dont celle de Pine Ridge, exercent également divers degrés de semi-souveraineté sous l’autorité du gouvernement fédéral américain.

Nick Estes, un doctorant de l’Université du Nouveau-Mexique dont les recherches portent sur l’histoire et la décolonisation des autochtones, soutient que les problèmes qui persistent aujourd’hui – et qui découlent de la pauvreté intergénérationnelle de Pine Ridge – sont enracinés dans l’histoire coloniale de l’Amérique.

Clinton, Trump et le reste de l’establishment politique américain sont incapables de fournir des solutions durables pour les Lakota de Pine Ridge ou le reste des 566 entités tribales reconnues au niveau fédéral aux États-Unis, dit-il.

La pauvreté actuelle qui préoccupe de nombreuses communautés autochtones – dans et en dehors des réserves – est fermement enracinée dans la liste historique des massacres, du nettoyage ethnique, du vol de terres et des traités violés dont ont été victimes les autochtones en Amérique du Nord, dit Estes. « Le fait est que les autochtones sont pauvres non pas parce qu’ils n’ont su accéder à la civilisation. Avant que les colonisateurs ne viennent, nous n’étions pas considérés comme pauvres ».

Le 29 décembre 1890, l’armée américaine a commis à Wounded Knee l’un des massacres les plus sanglants infligés aux peuples indigènes en Amérique du Nord, quand des soldats ont massacré entre 150 et 300 indiens Lakota dirigés par le Chef Spotted Elk (également connu sous le nom de Chief Big Foot) qui étaient sortis des frontières de la réserve imposées par les autorités américaines.

Des civils ont ensuite été engagés pour transporter les corps dans une fosse commune.

Plus de 100 000 indigènes ont été contraints d’intégrer des internats chrétiens qui sont apparus à l’époque du Président Ulysse Grant en 1869 et ont continué à exister jusqu’à la fin du 20ème siècle.

Séparés de leur famille, les enfants de ces écoles « ont subi une litanie dévastatrice d’abus, d’assimilation forcée et de travail éreintant, ainsi qu’une violence sexuelle et physique généralisée », rapporte une étude d’Amnesty International publiée en 2007.

En 1973, à Pine Ridge, environ 200 membres du Mouvement des Indiens d’Amérique (AIM), une organisation de défense des droits civils fondée en 1968, et des militants de la communauté d’Oglala Lakota ont occupé Wounded Knee pour protester contre la répression politique du président tribal Dick Wilson.

Wilson, qui avait créé une milice privée pour réprimer les dissidents, était soutenu par les organismes chargés de l’application des lois américaines, dont le Federal Bureau of Investigation. Les militants ont exigé que Wilson démissionne et que le gouvernement américain respecte les traités.

Après un blocage de 71 jours de ces organismes, les militants ont mis fin à l’occupation sans obtenir la démission de Wilson. Des dizaines d’opposants du gouvernement tribal ont été tués dans les années suivantes et le gouvernement américain a refusé de s’impliquer, arguant qu’il ne pouvait pas forcer le chef autocratique à démissionner.

En 1977, Leonard Peltier, militant de l’AIM, a été condamné à deux peines de prison consécutives deux ans plus tôt, accusé d’avoir tué deux agents du FBI à Oglala, une ville de Pine Ridge. Amnesty International et d’autres groupes de défense des droits de l’homme ont fait part de leurs « préoccupations concernant l’équité » de son procès et de sa condamnation, et de nombreux militants considèrent que Peltier est un prisonnier politique.

« Ne pas comprendre pour quelles raisons les autochtones sont pauvres et criminalisés fait qu’il est impossible de comprendre la structure du colonialisme comme une condition préalable à cette pauvreté », dit Estes.

Citant « les conditions intenses du colonialisme », Estes relie cette histoire à la pauvreté actuelle, ainsi qu’à l’augmentation des taux de meurtres et d’incarcérations policières. « Ce n’est pas seulement quelque chose qui s’est produit dans le passé. On ne peut pas guérir d’une blessure qui continue à vous faire souffrir, et le traumatisme est continuellement infligé. »

Les enfants paient le prix de la pauvreté

Cheryl Locke, une enseignante locale, vit dans une petite maison en bois, de couleur bleue et blanche, dans un cul-de-sac au sommet d’une colline dans le quartier Evergreen au nord de Porcupine, à 38 kilomètres de la ville principale de Pine Ridge, du même nom que la réserve. Elle partage deux chambres avec ses quatre enfants adultes et deux petits-enfants.

Cheryl, enseignante depuis plus de 16 ans à Pine Ridge, a été témoin d’une succession d’enfants qui subissent les conséquences de la pauvreté, de l’alcoolisme et de la consommation croissante de drogues.

Pendant qu’elle parle, son petit-fils de six ans, Tyrell, est assis sur le sol de linoléum gris du salon et s’efforce de lacer ses chaussures. Sur le mur derrière lui est accroché un tableau de Sitting Bull, un chef indien qui a uni les tribus Sioux au 19ème siècle.

Née à proximité de Wounded Knee, Cheryl a déménagé de la réserve pour l’université et est ensuite revenue pour tenter d’aider sa communauté par le biais de conseils et de l’enseignement. En expliquant que beaucoup de ses élèves vivent dans des foyers où il y a des familles nombreuses et où la surveillance des parents est faible, elle dit: « Il y a un surpeuplement et aucune fourniture à la maison, même pas de lits, certains d’entre eux dorment sur les planchers ou n’importe où, et ils sont censés être 100% performants… »

Au cours des premières années où elle était enseignante, Cheryl se sentait frustrée lorsque les élèves venaient en classe fatigués et sans avoir fait leurs devoirs. « Après un certain temps, j’ai compris d’où ils venaient et de ce qu’étaient leurs conditions de vie à la maison. »

Pour aggraver les choses, les enseignants comme Cheryl se battent souvent contre le manque d’argent et de fournitures scolaires, se tournant vers les organisations caritatives pour trouver de l’aide.

« Certains d’entre eux – peut-être leurs parents étaient-ils absents et sont-ils restés sans surveillance … doivent se lever seuls et prendre le bus … L’un d’eux a mentionné [récemment] qu’il n’y avait pas assez de place dans leur maison …. Il lui a dit: « Il y a des gens qui dorment sur le plancher de la cuisine ».

Avec de nombreux parents d’élèves dans la Réserve de Pine Ridge souffrant d’alcoolisme et un nombre croissant d’habitant devenus dépendants aux stupéfiants et stimulants, comme les méthamphétamines, Cheryl doit assurer le rôle de travailleuse sociale en même temps que d’enseignante.

La partie la plus difficile de la semaine scolaire, dit-elle, sont les deux premiers jours, lorsque de nombreux écoliers reviennent de week-ends sans s’être reposés.

« Jeudi et vendredi, ils se mettent à redouter de rentrer à la maison, parce que certains d’entre eux vont retrouver des lieux où l’on boit et où ils seront négligés, livrés à eux-mêmes », dit Cheryl, expliquant également que de nombreux élèves n’ont pas d’autre réel repas que celui de la cafétéria de l’école.

Les enseignants de la réserve de Pine Ridge font tout ce qu’ils peuvent pour donner de l’espoir aux jeunes générations, malgré le manque d’opportunités éducatives et professionnelles. Le taux de suicide dans la réserve est deux fois supérieure à la moyenne nationale, toutes les tranches d’âges confondues, et quatre fois la moyenne nationale pour les adolescents selon l’organisation Re-Member.

Cheryl dit aussi avoir éprouvé un sentiment écrasant d’impuissance et de chagrin quand une de ses anciennes élèves s’est suicidée l’année dernière.

L’étudiante, qui était arrivée à la huitième année, a été retrouvée par son frère cadet, qui était dans la classe de Cheryl à l’époque. « L’élève, que je ne vais pas nommer, était une fille très intelligente. Elle était au top de la classe », se souvient-elle avec émotion. « Son frère l’a trouvée … ça l’a vraiment affecté et il a [plus tard] essayé de faire la même chose. »

Entre décembre 2014 et février 2015, cinq jeunes de la réserve, âgés de 12 à 15 ans, se sont suicidés, ont rapporté à l’époque les médias locaux. La série de suicides a incité les fonctionnaires tribaux à déclarer l’état d’urgence.

Mais les suicides ne se limitent pas aux jeunes.

En bas de la route qui mène à la maison de Cheryl, son frère Darrell travaille sur sa voiture tandis qu’une puissante rafale de vent souffle la poussière sur sa pelouse desséchée.

Darrell, qui survit de subsides du gouvernement fédéral en raison d’une blessure à la jambe qui l’a rendu incapable de travailler il y a plus de 10 ans, claudique à travers la cour et s’assied sur une chaise de jardin en plastique.

Il ouvre un journal datant de décembre 2014, montrant la photo de face de son fils de 30 ans Allen, qui a été abattu par la police à sa maison à Rapid City où il avait déménagé 10 ans plus tôt pour trouver du travail.

Debout avec son jeune fils Sincere, Allen porte une casquette de base-ball tournée vers l’arrière, un polo bleu rayé, des jeans noirs et des bottes de travail beige. Il y a un sourire sur le visage de Sincere et une chemise trop grande retombe de ses épaules. « Un autre natif tué par la police à Rapid City, » dit le titre.

« Allen était un homme qui travaillait … il aimait sa famille », dit Darrell.

« Je pensais que j’allais être le premier à mourir – au moins avant mes enfants, je ne pensais pas que cela arriverait, rien de tout cela, c’était un grand choc pour moi. »

La police avait été appelée à la maison par la femme d’Allen, qui était inquiète parce qu’il était ivre, sous l’influence de la drogue et assis sur le plancher de la cuisine avec un couteau.

Une déclaration diffusée plus tard par la police a prétendu qu’Allen tenait un couteau et a attaqué l’officier. Des témoins ont admis que Allen avait un couteau.

« C’est une bonne journée pour mourir », aurait dit Allen, selon le rapport de la police. L’incident était qualifié de « suicide par flic » et l’analyse toxicologique aurait révélé de l’alcool, de la marijuana et les méthamphétamines dans le système sanguin d’Allen.

 « Un génocide liquide »

Le long des routes sinueuses à la périphérie du village d’Oglala, il y a de petits quartiers d’une douzaine de cabanes et de remorques à moitié ruinées. Nombre d’entre elles sont financées par le gouvernement fédéral.

Des voitures s’arrêtent à côté de la route et attendent le passage d’une file de véhicules précédés d’hommes à cheval. Les hommes tiennent des drapeaux de la nation d’Oglala Lakota, du Mouvement indien américain et de l’Île de la Tortue, le nom que beaucoup d’indigènes emploient en parlant de l’Amérique du Nord.

Olowan Martinez est assis sur le porche arrière de la maison de sa tante à Oglala, alors que le soleil couchant disparaît peu à peu derrière les sommets des collines.

Olowan, âgée de 43 ans et la mère de trois enfants, ne prête guère d’attention à l’élection présidentielle en cours.

« Les politiciens emploient de grands mots et font de grandes promesses », dit-elle. « Quand on en vient à ce qui se passe ici, les gens [que vous voyez] sur ces chemins de terre sont oubliés. »

Olowan dit qu’elle a lutté avec l’alcoolisme pendant des années avant de finir par totalement abandonner l’alcool 11 ans après la mort de sa mère.

L’alcool a infligé une série de tragédies dans sa famille et continue de le faire. Ses deux parents sont morts d’une cirrhose du foie due à l’alcool. Son frère a été tué par un homme ivre. Le petit ami de sa fille de 16 ans a été tué par un conducteur ivre lors d’une collision frontale l’an dernier.

En disant que l’alcool est « la pisse de l’homme blanc », elle fait valoir que l’usage répandu de l’alcool et des drogues a été exploité pour empêcher les peuples autochtones de s’organiser politiquement: « L’alcool a été utilisé comme outil de manipulation pour prendre nos terres. Nous buvons et nous sommes floués. »

Depuis la mort de ses parents, Martinez est devenue l’une des militantes Lakota qui mènent le combat contre les magasins d’alcool à Whiteclay, une ville sur la frontière entre le Dakota du Sud et le Nebraska, à seulement trois kilomètres du village de Pine Ridge.

Whiteclay est juste route entre deux rangées de magasins décrépits, la plupart d’entre eux fermés. Parmi les magasins se trouvent quatre petits magasins d’alcool qui vendent une moyenne de 13 000 canettes par jour, soit plus de quatre millions par an selon le groupe de surveillance Alcohol Justice. La plupart de ces ventes se font en contrebande à Pine Ridge, où l’alcool a été interdit par le gouvernement tribal.

Avec une population de 12 âmes, Whiteclay est enregistrée comme une ville, avec quelques petits bâtiments et aucun quartier. Le poste de police le plus proche est situé à plus de 30 kilomètres.

En 2013, Martinez a été arrêtée à Whiteclay car les manifestants avaient bloqué la route pour empêcher les camions de livraison de prendre la bière dans les magasins. On lui a infligé une série d’accusations de vandalisme, de méfait criminel et de menaces. La procédure judiciaire est en cours.

Citant les taux élevés d’alcoolisme et de syndrome d’alcoolisme foetal, elle déclare que les magasins d’alcool de Whiteclay provoquent un « génocide liquide » contre les Lakota de Pine Ridge, en vendant de l’alcool à des personnes souffrant d’alcoolisme intergénérationnel.

« Whiteclay est là depuis plus de 100 ans avec une intention claire : nous vendre de l’alcool, et c’est ce qu’il fait », dit-elle, portant le blâme d’une augmentation de la violence sur les propriétaires des magasins.

En août, Sherry Wounded Foot, une femme Lakota de Pine Ridge, s’est rendue dans Whiteclay. Le lendemain matin, cette femme âgée de 50 ans a été retrouvée battue à mort et agonisante.

La police soupçonne qu’elle ait été attaquée et agressée, même si aucun officier n’était à Whiteclay au moment de l’incident.

Sherry Wounded Foot est morte 12 jours plus tard. Sa famille craint que le mystère entourant sa mort ne soit pas résolu, selon les médias locaux.

Pour aggraver les choses, l’avènement des drogues – à savoir les méthamphétamines – ces dernières années a littéralement horrifié Olowan. Elle raconte qu’au cours de l’été, elle a fait tous les revendeurs dans son quartier et dans les villages voisins pour les avertir de ne pas adresser la parole à ses enfants. « Nous allions dans les maisons et nous nous assurions qu’ils ne parleraient pas à mes enfants », dit-elle.

Le 16 octobre, le neveu d’Olowan, Vinnie Brewer, a été abattu dans ce qui était censé être une dispute au sujet d’un trafic de méthamphétamines. Plusieurs hommes se sont approchés de lui dans le parking d’un centre de jeunesse et ont ouvert le feu, le tuant sur place.

En réponse à la mort de Brewer, la police tribale a mis en vigueur des couvre-feux, pour les moins de 18 ans, à 21 heures les soir d’école et à 22 heures le week-end. Il n’y a que 24 policiers sur la réserve, mais 20 autres agents ont été demandés au Bureau des affaires indiennes, un organisme du gouvernement fédéral des États-Unis.

John Yellowbird Steele, le président de la tribu, a déclaré: « Si une personne prend ici le temps de réfléchir, elle peut relier tous les points. Dans plusieurs incidents, des membres de notre tribu ont été assassinés et tout est lié à la drogue ».

De retour chez elle le lendemain du meurtre de son neveu, Olowan allume une cigarette tandis qu’elle parle de sa mort. « J’ai peur pour mon peuple, j’espère que nous nous réunirons et commencerons à surveiller nos quartiers », dit-elle.

« La question de Whiteclay étant déjà présente, j’espère qu’il y aura assez de conscience pour sauver les jeunes [en ce qui concerne les méthamphétamines] ».

« Que puis-je faire pour améliorer les choses ? »

Jerome High Horse, âgé de 66 ans et habitant le village de Wanblee à Pine Ridge, aide ses voisins âgés à monter la garde à l’extérieur de leurs maisons quand il semble y avoir un pic dans les vols commis par des trafiquants de drogue et des criminels.

C’est un homme de grande taille avec une seule tresse qui déborde de sous son chapeau de cow-boy. Sur son avant-bras gauche, il a un tatouage qu’il a dû faire lui-même, passé du noir au gris au cours des quatre dernières décennies : « Jethro N ‘Theresa », lit-on.

Jérôme est assis sur son porche, fumant un cigare. Derrière lui, une tête de cheval est peinte sur le flanc de sa maison. Ce père de sept enfants estime que monter la garde fait partie de son devoir d’assurer un environnement plus sûr pour toutes ces personnes qui se débattent déjà avec la pauvreté et d’autres problèmes.

Sa vie d’adulte a été divisée entre le travail en tant qu’ingénieur hors de la réserve et le retour chez lui pour de longues périodes afin d’y construire des projets caritatifs.

Avec ses parents et ses neuf frères et sœurs, il a grandi dans une cabane de deux pièces sur un sol de terre battue. Bien qu’il ait pu en partir, il rappelle que le niveau de pauvreté et de négligence des institutions à l’égard de la réserve rend impossible pour la plupart des gens d’être aussi chanceux qu’il l’a été.

Quand Jérôme était adolescent, il a été envoyé dans un pensionnat chrétien. Le premier jour, raconte-t-il, les enseignants et les religieuses ont forcé les enfants à tremper leur tête dans des cuves de produits chimiques. « Ils ont emmené tous les garçons derrière un des bâtiments [de l’école]. Ils ont plongé notre tête dans [les bacs]. Ils pensaient que parce que nous étions des Indiens, nous étions pouilleux et avions de la vermine », se souvient-il en hochant la tête.

Le lendemain matin, les têtes des écoliers ont été rasées. Chaque fois qu’il parlait en Lakota, les religieuses frappaient le dessus de ses mains avec une règle.

« Quand j’avais 14 ans, j’ai décidé qu’il fallait qu’il y ait une meilleure façon de vivre, parce que j’ai vu les luttes, les délabrements. Ce qui nous a tenu ensemble, c’était [de faire des choses comme] couper du bois pour la communauté. »

Après avoir terminé ses études secondaires et quitté la réserve, Jérôme a servi deux ans, de 1970 à 1971, dans l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam.

En 2010, Jérôme et son épouse Theresa prirent leur retraite et retournèrent à Pine Ridge. En deux ans, ils ont fondé Families Working Together, un organisme de bienfaisance pour aider les habitants les plus démunis de la réserve. « Je me suis demandé, ‘Que puis-je faire pour améliorer les choses?’ » se rappelle-t-il.

Cette organisation recueille des dons dans tout le pays, y compris de l’argent, de la nourriture, des matériaux de construction, des médicaments et d’autres nécessités. Une maison est actuellement en construction pour un père et un fils sans abri à Wanblee sur un bout de terre acquis par le gouvernement tribal.

« Nous apportons toujours des camions chargés de nourriture et de tout ce que vous pouvez imaginer. Et nous avons beaucoup de gens qui n’ont ni électricité ni eau », dit Jérôme. Son organisation construit aussi de minuscules maisons et effectue des réparations à domicile pour les personnes vivant dans des maisons en ruine.

« Nous sommes tous les uns avec les autres, j’ai grandi avec ce concept et j’ai toujours été amené à croire qu’en tant qu’Indiens, nous serons traités différemment en raison de qui nous sommes. La valeur que nous avons, c’est de veiller les uns sur les autres. Cette façon de vivre est une bonne façon de vivre. »

De retour chez elle, Olowan Martinez dit que la réserve de Pine Ridge ne devrait pas être un objet de pitié. « Les gens regardent nos communautés ici sur la réserve indienne de Pine Ridge … et tout ce que vous voyez, c’est la pauvreté, la violence et le mal. Mais il y a tellement de bien qui est venu d’ici – non seulement pour notre patrie mais pour toutes les nations autochtones, » dit-elle.

« Ils ont essayé de nous effacer, ils nous ont collés dans cette réserve, ce camp de prisonniers de guerre, et ils ont pensé que nous allions mourir, mais c’est notre terre, nous sommes faits de cette terre. Et aujourd’hui, nous sommes toujours là. »

* Patrick O. Strickland est un journaliste et grand reporter américain indépendant spécialiste des questions de justice sociale et des droits humains au Moyen-Orient et spécialement en Palestine. Il écrit pour de nombreux médias notamment al-Jazira, Alternet, VICE News, Deutsche Welle, Syria Deeply, AlterNet, Electronic intifada, Socialist Worker etc …
Son compte Twitter : @P_Strickland_

Résistance au colonialisme: La loi coloniale américaine est d’emblée nulle et non avenue (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 19 novembre 2016 by Résistance 71

Nous le disons depuis un bon moment, ce qui découle des analyses historico-légales de Steven Newcomb, Peter d’Errico et autres juristes spécialistes comme Glen Morris et le professeur Miller tous traduits sur ce blog, est ceci:

Pour la première fois dans l’histoire, un empire affirmé et actif est SANS TERRE. Il est construit sur des terres volées, usurpées et n’a aucune légitimité en quoi que ce soit, ce que confirme brillamment Newcomb dans l’article que nous avons traduit ci-dessous. De fait: Un empire sans terre est un empire à terre !

Il suffit de faire valider ces arguments à la face du monde et les peuples briseront leurs chaînes en brisant les mensonges et les manipulations historiques sur lesquels le monde moderne est construit depuis des siècles pour le seul profit d’un occident chrétien oligarchique oppresseur et hégémonique.

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste qui les opprime tout autant et se tenant côte à côte avec leurs frères autochtones du monde pour construire la société des sociétés égalitaire, anti-étatique et anti-autoritaire du futur.

~ Résistance 71 ~

 

Nul et non avenu dès le commencement vous ne pouvez pas donner ce que vous ne possédez pas

 

Steven Newcomb

 

12 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/11/12/void-when-initiated-you-cant-grant-what-you-dont-possess

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le concept de société civile remonte à l’ancien empire romain. Aujourd’hui nous trouvons ce concept dans l’expression “désobéissance civile”. Elle communique l’idée qu’il y a des gens qui considèrent “désobéir” à un “civis” ou “ordre civil” imposé de la société américaine (NdT: en l’occurence mais ceci est tout à fait valide dans tous les pays occidentaux où le “droit romain” est ancré dans la tradition de l’oppression légale), qui fut fondée comme l’empire américain. Dire qu’il y a des individus autochtones voulant “désobéir” communique de fait l’idée problématique que le soi-disant ordre civil américain est valide et mérite d’être “obéi” par les nations natives que cet empire a colonisé et continu de coloniser et d’opprimer.

La police militarisée, avec ses balles en caoutchouc et ses massues, se trouve sur le territoire d’Aceti Sakowin (Le conseil des sept feux de la grande nation Sioux) pour l’affaire du Dakota Access Pipeline et pour faciliter une corporatisation plus avant des terres de la nation Oceti Sakowin. La police et la Garde Nationale US sont là pour renforcer l’ordre impérial de l’Amérique. Leur fonction est de renforcer au moyen de la violence et la menace de son utilisation, l’habitude d’obéissance, à la fois mentale et physique, à l’état de domination de l’empire américain en ce qui concerne nos nations originelles libres et indépendantes.

L’idée même que nos nations natives continuent d’exister comme nation pleine dans tout le sens politique du terme, ayant un droit de vivre au sein de la protection de l’intégrité de son propre territoire, libre de toute domination de l’empire américain, défie la logique de cet empire et sa voracité pour toujours plus de terre et de pétrole.

Nous ne devons JAMAIS oublier que toutes nos nations sont bien antérieures aux Etats-Unis d’Amérique et de tout concept “d’Amérique”. Aussi loin que je sois concerné, nous, les peuples autochtones de ce continent, sommes pré-américains, des nations pré-américaines. Nous précédons temporellement la prédation de l’empire américain en tant qu’état prédateur. Nos nations précèdent absolument tous les états aussi variés soient-ils qui forment le système politique des Etats-Unis.

Aussi loin qu’est concerné l’empire américain l’obéissance civile à ses idées et à ses arguments de domination doit être continuellement renforcée.

Ces idées et arguments ont été créés pour le bénéfice économique de l’empire américain aux dépends des nations indigènes et il semble que malheureusement beaucoup d’entre nous ont cédé à l’idée que tout ceci représente “la loi” de l’empire américain au lieu que de n’être que des idées que les Etats-Unis pensent et considèrent comme étant “leur loi et système légal”.

Nous sommes toujours capables de penser à une époque pas si lointaine où nous vivions libres et indépendants de toute domination étrangère comme les nations originelles de ce continent. Voici un point de vue que bien peu de gens ont considéré: à cause de l’existence libre originelle de nos nations sur ces terres et territoires, les idées et les arguments des premiers colonisateurs de la chrétienté étaient nuls et non avenus sur nos territoires au moment même où ils furent annoncés et mis en place.

La phrase latine qui explique ceci est: “void ab initio nemo dare potest quod non habit”, comme m’en a si gentiment informé Larry Green de la confédération des Six Nations (Iroquois) de Grand River, et ceci veut dire “nul et non avenu dès la mise en application, vous ne pouvez pas donner ce que vous ne possédez pas”. Les papes de Rome et les monarques de la chrétienté ne possédaient aucun droit de domination à donner sur les territoires de nos nations. (NdT: ni où que ce soit du reste… tout ceci n’est que fabrication en rapport au sacro-saint “droit du plus fort” ou rapport dominant/dominé.) Chacune de toutes ces “cérémonies de prise de possession” qui furent pratiquées sur nos territoires étaient nulles et non avenues au moment même où elles étaient pratiquées.

Malheureusement, nous, les habitants du continent pré-amérique, avons été placés sous une sorte de charme hypnotique. Nous avons été conditionnés à internaliser et à accepter sans poser aucune question, des assomptions et des idées absurdes importées de l’Europe occidentale dans notre partie du monde. Pour cette simple raison, il semblerait que nous ayons loupé un point clef: Les bulles pontificales du Vatican et les chartes royales monarchiques prétendant donner la domination sur nous et sur nos terres étaient nulles et non avenues dès le moment où elles furent créées et les colonisateurs qui arrivèrent sur quelque territoire que ce soit de nos nations originelles libres ne gagnèrent absolument rien dans le processus de ces bulles et chartes. Nous devons dire et clâmer ceci à chque opportunité possible.

Ces monarques et la papauté n’avaient absolument aucune autorité en dehors de leurs propres territoires. Dès que leur autorisation supposée (par bulle pontificale ou charte royale) atteignit nos côtes, cette autorisation fut annulée. Pourquoi ? Parce que les représentants des monarques étaient en dehors de la territorialité desdits monarques et hors de la juridiction de ces monarques et sur un territoire hors de la juridiction de l’église catholique romaine. Aucun monarque de la chrétienté n’avait aucun droit que ce soit dans une nation non-chrétienne et sur un territoire non-chrétien.

En tant que nations pré-américaines, nous avons eu peu de contre-arguments puissants fondés sur une compréhension précise de la loi et de l’histoire. Nous avons besoin de développer ces contre-arguments qui clarifient la nature falsifiée des narratifs coloniaux. Des mensongers construits sur des mensonges n’en demeurent pas moins des mensonges et ce indépendamment du fait qu’ils soient apparus “légitimes” dans leur contexte pseudo-légal. Le juge de la CS des Etats-Unis John Marshall a admis le mensonge qui se situe à la racine profonde de la décision de la CS dans l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823 lorqu’il écrivit au sujet de “la prétention extravagante de convertir la découverte d’une terre habitée en conquête (domination).Adam Smith a lui-même admis les mensonges intégrés dans les narratifs coloniaux lorsqu’il fit remarquer que les pays colonisateurs qui arrivèrent sur le continent des Amériques n’avaient fait que déclarer un “titre de propriété factice” sur les terres de nos nations originelles dans les endroits qui étaient colonisés.

Un autre juge de la CS des Etats-Unis, Joseph Story demanda “Comment les colonies britanniques acquérirent-elles le titre de la terre sur le continent ?” et sa réponse fut: “par la découverte”. Mais la réponse correcte du point de vue des nations pré-américaines et fondée sur le principe du “void ab initio” est celle-ci: “La couronne et les colonies n’ont JAMAIS acquis de titre de propriété valide sur le continent.” Elles “prétendirent” avoir acquis un titre valide sur la terre du continent au moyen de l’affirmation fictive d’avoir “découvert” des terres qui appartenaient à nos nations originelles.

Nous nous sommes complètement plantés dans cet imbroglio. Nous avons toujours agi comme si les idées et les arguments des colonisateurs étaient VALIDES. Ainsi en ce sens nous avons accepté leurs mensonges de “loi fédérale indienne” comme étant VALIDE et nous avons vécu une existence dans une illusion, un mensonge d’auto-subordination (NdT: qui fut aussi matraqué au sens propre comme au sens figuré dans les esprits autochtones au moyen des pensionnats pour Indiens et le système de lavage de cerveau en règle mis en place pendant près d’un siècle aux Etats-Unis et au Canada…). Ceci est en fait un cauchemar que nous nous sommes en quelque sorte auto-infligés et duquel fort heureusement nous avons commencé à nous réveiller. Les idées et les arguments des colonisateurs, fondés sur la bible, le christianisme et la chrétienté (l’empire chrétien) ne furent JAMAIS valides et par force, ces idées et arguments ne sont certainement pas valides aujourd’hui.

void ab initio nemo dare potest quod non habit.

Nous avons besoin d’avocats pour présenter ces arguments pour les protecteurs de l’eau qui ont été arrêtés sur le site de colonisation qu’est le Dakota Access Pipeline . Nous devons questionner et défier légalement ces assomptions prises pour argent comptant sur lesquelles toute la loi fédérale indienne est basée et a été fondée !

Empire !… Rends-toi tu es cerné !…

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“Et la destinée murmure au guerrier: ‘tu ne peux pas résister à la tempête !’ et le guerrier lui murmure en retour: ‘Je suis la tempête…’ “

 

Levez vous pour notre mère Nature

 

Mohawk Nation News

 

16 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/11/16/stand-up-for-creation/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Seuls le vrai et le faux existent dans la vie. Nous vivons pour les générations ici, celles du passé et celles à venir. Les faiseurs de fric vivent dans le moment. Tout le monde a le choix, la capacité de raisonner. S’ils ne l’utilisent pas, ils devront faire face aux conséquences de leurs actions.
Plus on utilise de force contre le peuple, et toujours plus de pouvoir et de puissance possède t’il, lui et ses supporteurs. L’unification des gens pour protéger notre terre-mère est en train de se produire de partout. Tout le monde agite le drapeau des guerriers parce qu’ils veulent s’unir pour résister à la corporation.

Après la fin du voyage de Dekanawida, il laissa derrière lui l’accord de paix et de défense de cette paix (Kaiane’re:kowa) pour protéger les innocents. Onkwe’hon:weh (habitants de l’Île de la Grande Tortue) fut chargé de disséminer le message et d’utiliser la force psychique qui vient avec le fait d’avoir le bon esprit.
Les 300 manifestations aujourd’hui aux Etats-Unis montrent que tout le monde désire se tenir avec la création/nature. Ils veulent la liberté et exercer leur pouvoir.

La création/nature nous aide, tout comme l’eau que nous préservons, qui façonne notre action et notre destinée. La police et l’armée élaborent leurs attaques en fonction d’un ennemi qu’elles ne comprennent pas. Pour elles, nous sommes imprévisibles. Nous changeons constamment la situation tandis que leur situation, leur position sont statiques. Lorsque c’est nécessaire, la nature nous fait changer de tactiques.
Nos ennemis seront subjugués sans même les combattre. Leurs villes se tiennent déjà à nos côtés. Elles renversent leur propre royaume.

Nous capturerons notre opposant militarisé sans même combattre ou le détruire.

Nous demeurerons comme une grande rivière qui maintient son cours ou ajuste ses flots. Nous avons une forme mais ils ne peuvent pas la voir.. Nous n’avons pas de leaders à renverser, personne n’est en charge, personne ne nous donne des ordres ou met quiconque en formation pour attaquer.
Nous nous adaptons et n’avons aucune peur des batailles. Nous vaincrons ceux qui ont déjà perdu. Puis, ils viendront nous rejoindre. Nous nous lèverons tous contre leur machine de guerre avec la vérité…

Changement de paradigme politico-social: Les bases à adapter…

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Les sociétés humaines ont vécu en sociétés égalitaires et d’associations libres pendant des millénaires. Ce mode sociétaire est partie intégrante de la nature humaine, la division politique puis économique des sociétés a généralisé la relation induite et artificielle du dominant/dominé ; relation qui s’est trouvée renforcée par l’outil de la centralisation du pouvoir par l’alliance d’intérêt oligarchique entre le prêtre, le chef de guerre et le juge, menant à terme à l’arme de destruction massive contre les peuples: l’État, devenu l’outil de l’institutionnalisation de la division oligarchique artificielle de la société, aujourd’hui en association (liens de corruption) avec les entreprises et entités financières transnationales.

Si nous voulons sortir de ce cycle oppresseur et mortifère, nous devons ramener la société des associations libres ancestrales en l’adaptant au monde moderne et ignorer État et institutions afin de nous reconcentrer sur l’association libres des individus se confédérant au nom de l’intérêt général et du bien-être de toutes et tous. Rien ne doit vraiment être inventé, il suffit de dépoussiérer ce qui existe depuis des millénaires mais fut enterré pas à pas et à dessein par l’oligarchie en contrôle de nos sociétés.

Ci-dessous figure un mode d’emploi parmi d’autres qui nous est rappelé par Fernand Pelloutier dans un texte plus que centenaire et malheureusement toujours d’une actualité si brûlante.
Question: pourquoi tous ces textes centenaires des Pelloutier, Landauer, Kropotkine, Bakounine, Proudhon, et bien d’autres nous paraissent-ils toujours tant d’actualité ?

Réponse: parce que rien n’a changé, rien n’a vraiment été fait pour changer le système et sortir de la division faisant régner chaos et oppression, et que tout reste finalement à faire sans toutefois n’avoir rien à inventer.

Qu’attendons-nous ?

~ Résistance 71 ~

 

L’Organisation corporative et l’Anarchie

 

Fernand Pelloutier

 

Bibliothèque de l’Art Social, 1896

 

I

Appliquée à l’état économique et politique actuel, le mot Société n’a point de sens. Rien ne ressemble moins, en effet, à l’association, à la combinaison des forces physiques, intellectuelles et naturelles pour le bien-être général, que la mêlée ardente où, bon gré mal gré, les hommes se trouvent actuellement engagés. Aujourd’hui nul effort qui n’ait pour but, ou, tout au moins, pour conséquence, d’annihiler d’autres efforts ; chacun ne songe et ne s’occupe qu’à entraver le libre exercice des facultés de son voisin ; partout règnent la concurrence, la rivalité, l’envie, avec leur inséparable cortège : la calomnie et la violence.

Le médecin appelle la maladie; le soldat, la guerre; le commerçant, quelque cataclysme qui raréfie les produits : l’industriel, une surabondance de bras qui abaisse le taux des salaires ; le prêtre et l’héritier souhaitent de nombreux et opulents morts ; le rentier, peu d’enfants ; l’enfant, peu de frères et de sœurs. Et de tous ces souhaits contradictoires naît une lutte perpétuelle et sans merci à qui se taillera dans le patrimoine social la plus belle et la plus large part, sans ignorer que l’excédent du bien-être est fait de l’excédent de misère, que des hommes meurent parce que d’autres vivent trop. Rechercher de cet état antagoniste la cause, les conséquences (tant au point de vue économique qu’au point de vue politique) et, si c’est possible, le remède : tel est l’objet de cette étude.

La cause d’un tel état, c’est l’existence d’une valeur d’échange, c’est-à-dire d’un signe (que ce signe possède ou non une valeur intrinsèque) chargé de représenter une valeur soi-disant correspondante de produits.

En effet, ce signe a deux vices capitaux : tout d’abord, il se prête à l’accaparement et à la capitalisation ; puis, au lieu de garantir le travail, présent ou passé, de celui qui le possède, il ne fait que le présumer.

Le signe d’échange se prête à l’accaparement et à la capitalisation parce qu’au lieu de rester signe, c’est-à-dire l’équivalent fiduciaire et toujours exact des produits, il devient à la fois valeur, c’est-à-dire marchandise, objet de trafic, et instrument indispensable du travail. Comme un homme ne peut gagner qu’un autre ne perde (suivant l’expression d’un docteur de l’Église),du jour où la violence brutale a introduit l’inégalité dans la possession de ce signe, de ce jour est née la loi de l’offre et de la demande, c’est-à-dire l’augmentation inversement proportionnelle et toujours croissante de la richesse et de la misère, et de leurs conséquences : l’autorité et la servitude.

Si la possession des instruments de production, tout au moins des instruments naturels, le sol, par exemple, était demeurée libre pour tous au lieu de devenir le prix d’une certaine quantité de valeurs d’échange, l’homme, qui, pour une cause quelconque, aurait succombé à la misère, aurait cependant conservé la faculté de s’en évader en reprenant le travail, et l’acquisition d’une nouvelle somme de bien-être n’aurait dépendu que de sa vigueur ou de son intelligence. Mais, en subordonnant l’acquisition des instruments de travail à la possession d’un signe, dont la valeur, nominalement fixe, est en réalité instable et arbitraire, on incita les hommes qui le possédaient à le louer cher, d’abord, c’est-à-dire à n’en délivrer une quantité donnée que contre une quantité supérieure de travail (d’où la plus- value, le surtravail, l’usure sous toutes ses formes), et en second lieu, à s’en procurer, coûte que coûte, la plus grande quantité possible (d’où la concurrence, le dol et la fraude).

Quant à garantir le travail de celui qui le possède, comment le signe d’échange le pourrait-il ? Puisque sa possession donne la faculté de ne l’échanger que contre une valeur supérieure de travail, qu’il règle, pour mieux dire, la valeur de la production, il est clair qu’après quelques opérations habiles qui auront fait donner peu d’or pour beaucoup de produits et recevoir beaucoup d’or pour peu de produits, l’heureux mercanti sera dispensé soit de tout travail, soit, au moins, d’une partie du travail qu’il aurait dû fournir si tous les hommes avaient été égaux en puissance d’achat. En sorte qu’on peut dire que plus un homme est riche, moins il a travaillé ; sa production utile est inversement proportionnelle à sa richesse.

C’est là l’origine du système social moderne tout entier. Assurément, la violence, le despotisme, la fraude ont précédé la création des signes d’échanges; mais ce sont les signes d’échange qui ont développé, compliqué les rouages sociaux, créé, peut-on dire, la complexe organisation actuelle, et l’histoire ancienne, notamment l’histoire grecque, abonde en témoignages du rôle néfaste joué par eux et des efforts faits par d’illustres législateurs pour en diminuer la malfaisance, soit en variant la nature et la forme, soit en les rendant d’accumulation difficile.

 

II

Le jour où (la propriété individuelle constituée, les instruments de production devenus la proie des valeurs d’échange), le propriétaire put vendre ces instruments pour une somme supérieure à leur valeur ou les acquérir pour une somme inférieure, ce jour-là naquit la classe des intermédiaires, c’est à dire des habiles, qui, possesseurs d’assez de valeurs d’échange pour être désormais dispensés d’une production personnelle, ne s’occupèrent plus qu’à acheter au plus bas et à revendre au plus haut prix possible les produits fabriqués par les autres. Et comme ces opérations ne cessaient de s’accroître d’âge en âge l’inégalité économique entre l’intermédiaire, le commerçant, et le producteur-consommateur, plus tôt arrivait l’époque où chaque individu avide de remplacer le travail par le négoce pouvait cesser la production utile et devenir à son tour parasite social.

A quel point en est arrivée la disproportion entre le prix d’achat des produits et leur prix de vente, on le sait – sans y réfléchir suffisamment ou sans avoir l’énergie nécessaire pour y mettre un terme. Quelques exemples entre mille.

Certains vins d’Italie, qui valent sur place 6 fr. 50, sont achetés par le commerce en gros 48 francs et revendus 70 à 80 francs, soit près de quinze fois leur valeur initiale.

L’hectolitre d’alcool acheté à 90° 52 francs est revendu à 45° jusqu’à 3 francs le litre.

Certains articles de lingerie, dont la production (matière et main-d’œuvre comprises) a coûté de 15 à 20 francs par douzaine, sont vendus de 60 à 80 francs en gros, soit quatre fois, et de 7 à 8 francs le pièce, soit près de cinq fois leur valeur.

Et ainsi de même dans toutes les branches de la production, cette plus-value étant absorbée par les droits de douane, les transits compliqués, la rémunération des inutiles commissionnaires, et surtout l’intérêt du capital avancé.

III

La création, le développement et, enfin, la systématisation de cet état de choses ont eu pour résultats la division de l’humanité en deux classes : l’une, peu nombreuse, et comprenant les hommes devenus capables de vivre et de jouir sans travail personnel ; l’autre, composée de millions d’hommes que leur état de misère oblige à produire de plus en plus pour une quantité de moins en moins forte de valeurs d’échange.

Comme cette inégalité numérique des classes laissait à craindre que la seconde n’eût un jour l’idée de secouer le joug de la première ; comme, en fait, chaque âge a vu des révoltes, parfois formidables, parmi les esclaves, les serfs, les prolétaires, la caste de riche, à peine constituée, sentit le besoin de se grouper autour du pouvoir créé à l’origine de chaque état, de le consolider, de l’étendre, d’en faire son œuvre et son instrument.

Dès lors, progressivement, se constituèrent les milices, les armées, les magistratures, la police, chargées de protéger l’organisme social, les parlements, les ministères, chargés de l’administrer. Et comme ces diverses fonctions coûtaient beaucoup sans rien produire, les pauvres durent redoubler d’efforts pour satisfaire les besoins des parasites. De même que dans l’ordre économique il y avait le mercanti dont toute la peine (peine stérile et inutile) consistait à transmettre du producteur au consommateur ou inversement l’offre et la demande que ceux-ci auraient pu se communiquer directement, de même il y eut dans l’ordre politique, et pour la moindre comme pour la plus importante réforme, l’intermédiaire chargé d’en recevoir la demande, l’intermédiaire chargé de l’examiner, l’intermédiaire chargé d’en ratifier ou d’en dénoncer l’approbation, l’intermédiaire chargé de l’exécuter, sans compter mille et un intermédiaires de second ordre, mobilisant des mois, souvent des années, des centaines d’hommes pour la réalisation d’œuvres que l’entente libre et directe des intéressés aurait conçues et accomplies en quelques semaines. Et tout cela créé, perfectionné par la classe pauvre, condamnée à ainsi forger de ses propres mains les instruments de sa servitude, si bien garrottée aujourd’hui qu’il lui est devenu impossible de s’évader des rets sociaux autrement qu’en les brisant.

IV

La Révolution sociale doit donc avoir pour objectif de supprimer la valeur d’échange, le capital qu’elle engendre, les institutions qu’elle crée. Nous partons de ce principe que l’œuvre révolutionnaire doit être de libérer également et simultanément les hommes et toute autorité, et de toute institution qui n’a pas essentiellement pour but le développement de la production matérielle et intellectuelle. Par conséquent, nous ne pouvons imaginer la société future (société transitoire, car, si vive que soit notre imagination, le progrès l’est plus encore, et demain peut-être notre idéal présent nous paraîtra bien vulgaire), nous ne pouvons imaginer la Société future que comme l’association volontaire, libre, des producteurs.

Deux choses qui nous paraissent évidentes : la première, c’est que la vie sociale se réduit à l’organisation de la production. Manger et penser, tirer de la terre les fruits, du cerveau les idées ; ce doit être là toute l’occupation humaine. Or quel rôle jouent dans la production les parasites (économiques et politiques) de l’état social actuel? Supposons disparue la valeur marchande des instruments de production, c’est-à-dire l’obligation de posséder des valeurs d’échange pour les acquérir, et d’en posséder beaucoup pour les acquérir à bas prix ; voilà tous les hommes obligés pour vivre de travailler, mais en travaillant cent fois moins, parce qu’au lieu de travailler pour l’accroissement du capital, ils ne le font plus que pour leurs besoins immédiats, et voilà du même coup supprimés : le commerçant dont la fonction sociale se borne à louer les valeurs d’échange qu’il a capitalisées ; le soldat, fait pour conquérir au commerçant de nouveaux débouchés ou pour contenir la foule des prolétaires ; le magistrat chargé de punir les révoltes ; l’État, enfin, à la fois source et produit de la classe dirigeante.

Une vérité non moins évidente, et qui répond à une objection commune, c’est que plus s’accroît la responsabilité personnelle, plus s’affirme la raison inculquée à l’homme, et moins, par suite, celui-ci a besoin de lois et d’entraves pour remplir le devoir social qui est d’ordonner commodément sa vie sans nuire à autrui.

Voyez quelle différence il existe (à égalité même de salaire) entre la production de l’homme qui travaille hors de toute surveillance et la production de celui qui se trouve constamment sous l’œil du maître ; quelle différence de travail entre deux dessinateurs industriels, par exemple, dont l’un opère chez lui, l’autre à l’usine. Le second produit beaucoup moins que le premier. Et pourquoi ? parce qu’il existe au cœur de l’homme, non pas ce sentiment puéril d’insubordination, qu’indique une observation superficielle, mais le noble et hautain désir d’affirmer sa force, son intelligence, le meilleur de soi – sa personnalité.

Au lieu donc d’attendre pour les supprimer que l’homme ne songe plus à violer les lois, il nous paraît qu’il faut supprimer les lois pour que l’homme n’ait plus à s’insurger contre elles.

V

La rationnelle fonction de l’humanité ainsi rétablie, il reste à instituer l’association des producteurs: association librement consentie, toujours ouverte, limitée même, si les associés le jugent utile ou simplement le désirent, à l’exécution de l’objet qui l’a fait naître, telle, en un mot, que nul n’y ait à redouter les conséquences morales, non moins pénibles que les contraintes matérielles ; les violences individuelles, plus sensibles encore que les violences collectives.

Quel doit être le rôle de ces associations ? Chacune d’elles a le soin d’une branche de la production : celle-ci, du logement ; celle-là, de l’alimentation ; cette autre, de l’art. Les unes et les autres doivent s’enquérir tout d’abord des besoins de la consommation, puis des ressources dont elles disposent pour y satisfaire. Combien faut-il chaque jour extraire de granit, moudre de farine, organiser de spectacles pour une population donnée ? Ces quantités connues, combien de granit, de farine, peuvent être obtenues sur place ? Combien de spectacles organisés? Combien d’ouvriers, d’artistes sont nécessaires ? Combien de matériaux ou de producteurs faut-il demander aux associations voisines ? Comment faut-il diviser la tâche ? Comment utiliser, aussitôt connues, les découvertes scientifiques ?

Eh! bien, ces associations, les Bourses du travail actuelles (nom malheureux : Chambres du travail serait plus digne) ne nous en donnent- elles pas une idée ? Ces fonctions, ne sont-elles pas celles qu’ont à remplir, ou qu’aspirent à remplir les fédérations corporatives qui dans dix ans auront unis les travailleurs du monde entier ?

Que dis-je ? la mission actuelle de ces chambres du travail (bien que leur éducation économique soit à peine ébauchée) est beaucoup plus complexe que ne devrait l’être celle des groupes de producteurs dans une société différente de celle-ci. Elles ont pour but de rechercher, non seulement le nombre de professions de chaque contrée, la quantité des produits récoltés, fabriqués ou extraits, la quantité des produits nécessaires à l’alimentation et à l’entretien, la somme de travail nécessaire au maintien de l’équilibre entre la production et la consommation, mais encore les causes si diverses, si insaisissables parfois, de la dépréciation des salaires, la solution des perpétuels conflits entre le capital et le travail ; de faire, en un mot, maintes études absorbantes, qui, nécessitées par l’existence du capital, disparaîtraient avec lui.

Et comment s’acquittent-elles de cette tâche ? très imparfaitement, cela est incontestable, sous l’empire des préjugés économiques, sans cette liberté d’esprit qu’on ne peut posséder qu’après avoir fait table rase de toutes les notions inculquées et de tous les respects imposés par un système social millénaire, mais aussi avec cet instrument formidable, ce guide clairvoyant et sûr qui est la curiosité de connaître. Les efforts qu’elles font peuvent s’égarer et les observateurs superficiels s’en désespérer ; mais le désir du mieux est en elles, leur bonne volonté est ferme, elles ont confusément la conscience de leur force et de leur rôle, n’est-ce pas le gage que tôt ou tard elles trouveront la voie qui nous paraît la meilleure ? qu’un jour ou l’autre elles découvriront dans l’homme qui produit l’unique moteur, et par conséquent dans l’association des producteurs le seul rouage utile de la société ?

Entre l’union corporative qui s’élabore et la société communiste et libertaire, à sa période initiale, il y a concordance. Nous voulons que toute la fonction sociale se réduise à la satisfaction de nos besoins; l’union corporative le veut aussi, c’est son but, et de plus en plus elle s’affranchit de la croyance en la nécessité des gouvernements ; nous voulons l’entente libre des hommes ; l’union corporative (elle le discerne mieux chaque jour) ne peut être qu’à condition de bannir de son sein toute autorité et toute contrainte ; nous voulons que l’émancipation du peuple soit l’œuvre du peuple lui-même : l’union corporative le veut encore ; de plus en plus on y sent la nécessité, on y éprouve le besoin de gérer soi-même ses intérêts ; le goût de l’indépendance et l’appétit de la révolte y germent ; on y rêve des ateliers libres où l’autorité aurait fait place au sentiment du devoir ; on y émet sur le rôle des travailleurs dans une société harmonique des indications d’une largeur d’esprit étonnante et fournies par des travailleurs eux- mêmes (1). Bref, les ouvriers, après s’être crus si longtemps condamnés au rôle d’outil, veulent devenir des intelligences pour être en même temps les inventeurs et les créateurs de leurs œuvres.

Qu’ils élargissent donc le champ d’étude ouvert devant eux. Que, comprenant qu’ils ont entre leurs mains toute la vie sociale, ils s’habituent à ne puiser qu’en eux l’obligation du devoir, à détester et à briser toute autorité étrangère. C’est leur rôle, c’est aussi le but de l’anarchie.

Fernand Pelloutier

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(1) Nous citerons notamment un rapport présenté au dernier Congrès des Bourses du travail par Claude Gignoux, secrétaire, et Victorien Bruguier, administrateur de la Bourse du travail de Nîmes.