Élitisme, impérialisme et colonialisme: leurs racines profondes judéo-chrétienne (Steven Newcomb)

Toutes les considération « électorales » en cette fin d’année 2016 et en 2017 ne sont que fumisterie et écrans de fumée. La racine profonde du mal de nos sociétés réside dans l’origine du colonialisme/impérialisme  tels que nous les connaissons depuis le XVème siècle et sa machine à entretenir division politique et injustice: l’État dans sa tradition judéo-chrétienne inspirée de textes et d’une doctrine religieuse bigote, raciste et hégémonique. Alors toute considération électorale n’est qu’abandon de souveraineté à ce système de domination tout autant inutile et obsolète que mortifère.

Comprendre la racine du mal qui nous affecte, c’est déjà être en voie de guérison. Stop à l’hégémonie du plus petit nombre et à l’illusion démocratique et son corollaire « électoral » générée pour sa persistance.

~ Résistance 71 ~

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”

~ Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883) ~

=*=

Au sujet du livre de la juge de la Cour Suprême des Etats-Unis Ruth Bader Ginsburg “My Own Words”

 

Steven Newcomb

 

3 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/11/03/justice-ruth-bader-ginsburgs-book-my-own-words

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Tôt un matin récent, je me trouvais dans l’aéroport de Denver (Colorado), attendant mon vol pour retourner en territoire de la nation Kumeyaay, communément appelé aujourd’hui “San Diego” (Californie). En marchant vers ma porte d’embarquement, j’ai aperçu un magasin de livres. Je décidais d’y entrer pour voir si je pouvais y trouver quelque chose d’intéressant. Après quelques minutes de recherche je trouvais le livre: “My Own Words”, de la juge de la Cour Suprême des Etats-Unis Ruth Bader Ginsburg, je décidais de l’acquérir et d’aller embarquer.

Dès que j’eus commencé à feuilleter le livre de la juge Ginsburg en attendant l’embarquement, il m’apparut que ce jour était la 524ème année depuis que Cristobal Colón avait envahi l’île de Guanahani, terre des Indiens Taino. Je pensais qu’il était ironique d’acheter le livre de Ginsburg le jour anniversaire du premier voyage de Colomb dans les Caraïbes.

La même doctrine chrétienne de la découverte et de domination utilisée par Colomb, fut utilisée par la juge Ginsburg pour justifier de l’assujettissement de bien des îles non-chrétiennes en toile de fond de son rendu légal de l’affaire de la City of Sherrill contre la nation indienne Oneida (Iroquois) de New-York (2005). La toute première note de bas de page de son opinion de l’affaire est la “doctrine de la découverte”. J’ai regardé si la juge Ginsburg discute de l’affaire City of Sherrill dans son livre et je n’ai rien trouvé.

La seule section du livre de Ginsburg qui semble un peu reliée à cela est intitulée “Dignité humaine et égalité judiciaire sous la loi”. Le sous-tire de cette section est: “Brown contre le bureau de l’éducation dans le contexte international”. C’est une référence à un discours sur l’égalité raciale que la juge Ginsburg délivra en Afrique du Sud juste neuf mois après son rendu de l’affaire City of Sherrill basé sur des idées bigotes, religieuses et racistes et des arguments qu’on peut retracer jusqu’à l’ère de Colomb et les bulles pontificales du Vatican du XVème siècle. La juge Ginsburg ne mentionne rien de tout cela dans son livre ; elle conclut cette section de son livre comme suit:

“Pour résumer, Brown a à la fois réfléchi et propulsé le développement de la protection des droits de l’Homme internationalement. Ce fut décidé après les horreurs de l’holocauste et avec les régimes répressifs en URSS, en Europe de l’Est et en Afrique du Sud comme réalité du moment. Cela propulsa une évolution toujours incomplète vers le respect, légalement et en pratique, pour la dignité humaine du peuple du monde.”

Lorsque la juge Ginsburg invoque la doctrine de la découverte dans son rendu de décision de l’affaire “City of Sherrill”, elle ne fonda pas sa décision sur la “dignité humaine”. Elle citait une doctrine religieuse, bigote et raciste qui domine nos nations et déshumanise nos peuples sur la base de la bible et du christianisme. Une preuve de cette forme de raisonnement se trouve dans le phrasé des arguments contenus dans la directive soumise par le ministère de la justice en 1954 à la Cour suprême des Etats-Unis pour l’affaire Tee-Hit-Ton Indians vs United States. Cette directive du ministère argumentait que les Indiens Tee-Hit-Ton (Alaska) ne devaient pas recevoir de compensation financière pour le bois pris sur leurs terres parce que “les nations chrétiennes d’Europe acquérirent la juridiction de ces terres païennes et infidèles”.

En cette même année 1954, la Cour Suprême décida dans l’affaire Brown vs Board of Education, affaire dite progressiste en matière de “respect” et de “dignité humaine” selon la juge Ginsburg. Et pourtant, de manière des plus importantes, pas un seul mot de son livre ne mentionne les arguments irrespectueux et déshumanisants que le ministère de la justice mit en avant cette même année contre nos nations natives originelles sur la base de la bible et du christianisme.

Bien que le discours de Ginsburg en Afrique du Sud fut au sujet du système légal américain travaillant de manière supposée pour mettre fin à la discrimination raciale aux Etats-Unis, avec cette décision de Brown v. Board of Education, en 1954, je ne considère pas nos nations originelles faire partie de la “minorité raciale”. Nos nations ont existé bien longtemps avant les Etats-Unis d’Amérique. Nos nations sont pré-américaines (NdT: pré-colombienne de fait). Nous sommes les nations d’avant l’invasion (chrétienne). Nous sommes les nations pré-américaines et les peuples du continent de la Grande Tortue.

La doctrine chrétienne de la découverte et de la domination est liée à l’impérialisme et au colonialisme chrétien. Le juge de la Cour Suprême John Marshall appelait les Etats-Unis “notre empire s’étendant au large”, une phrase que le juge Marshall employa dans sa décision dans l’affaire Loughborough v. Blake, en 1820. Le contexte caché de l’empire américain est la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination qui fut clairement exprimée judiciairement en 1823 dans la décision de la CS dans l’affaire Johnson & Graham’s Lessee v. M’Intosh, sur la base de la tradition judéo-chrétienne.

A l’époque de la directive légale de 1954 dans Tee-Hit-Ton v. United States, Le soliciteur US était Simon Sobeloff, un membre clef du groupe d’hommes qui écrivirent cette directive du ministère basée sur le christianisme et la bible. Sobeloff était un homme de confession judaïque orthodoxe, une tradition religieuse à laquelle la juge Ginsburg souscrit également et le narratif hébraïque du “peuple élu et de la terre promise” est la toile de fond de l’ancien testament et ceci a également servi de toile de fond pour la directive ministérielle de 1954.

Cette connexion entre le narratif de l’ancien testament du peuple élu et de la terre promise et le système légal américain est en partie démontrée par le fait que le ministère de la justice, dans sa directive de 1954 dirigeant l’affaire Tee-Hit-Ton c. Etats-Unis, cita le livre de la Génèse 1:28 et le livre des psaumes de l’ancien testament. Le ministère de la justice a dit qu’il documentait la façon dont et la base sur laquelle, la législature du Massachussetts avait, dans les années 1600, affirmé la juridiction sur les terres des païens et des infidèles. (NdT: à l’époque des “pélerins” et du “Mayflower”)

Une question se pose alors: Pourquoi Sobeloff et Ginsburg n’ont-ils pas, sur la base de leur foi judaïque, refusé d’utiliser la doctrine chrétienne religieuse et bigote de la découverte et de la domination contre nos nations ? Sobeloff est décédé, mais la juge Ginsburg a l’opportunité de s’expliquer aujourd’hui et de nous dire pourquoi, lorsqu’il en vient de nos nations originelles, les Etats-Unis fonctionnent comme s’il n’y avait pas de séparation de la religion judéo-chrétienne et le système politico-légal américain en regard des nations païennes, infidèles et gentilles ?…

13 Réponses to “Élitisme, impérialisme et colonialisme: leurs racines profondes judéo-chrétienne (Steven Newcomb)”

  1. Wouaouh !
    On a le sentiment que Newcomb a lu le Dr. Ashraf Ezzat et inversement, non ?
    Ces derniers temps grâce à eux, j’ai l’impression qu’on a réussi à « cracker » des codes… C’est vraiment, vraiment prodigieux…

  2. […] grâce à Résistance71 qui nous le traduit en temps réel […]

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