Situation au Rojava syrien: La Turquie et son « opération bouclier de l’Euphrate »… Répression dans le sang du confédéralisme démocratique kurde

A lire notre dossier sur le Rojava

Texte fondateur d’Abdullah Ocälan: « Le Confédéralisme Démocratique » (2011), traduction Résistance 71

 

Ni État, ni nation, fédéralisme et révolution

 

Groupe Anarchiste C. Cafiero, FAI, Italie

 

Septembre 2016

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/?article=Ni_Etat_ni_nation_Federalisme_et_revolution

 

Le 24 septembre dernier des milliers de personnes ont manifesté à Rome en solidarité avec le peuple kurde. Des femmes et des hommes de tous âges, dès les premières heures de la matinée, sont arrivé.e.s de toute l’Italie, du nord au sud et des îles, pour se concentrer sur la place de Porta Pia.

La communauté kurde a ouvert la procession, suivie des mouvements de solidarité venant de différentes régions, des comités de femmes, des associations, les « No TAV » (opposant.e.s à la ligne de train à grande vitesse dans le Val de Suze) et les « No MUOS » (opposant.e.s à la construction d’une base de surveillance militaire satellitaire en Sicile), les centres sociaux, les anarchistes, l’USI-AIT, les syndicats de base, la société civile, tou.te.s ensemble à l’appui de la résistance kurde et aux personnes vivant dans ces territoires. Beaucoup de libertaires, anarchistes fédéré.e.s ou non, ont répondu à l’appel lancé dans les jours précédant par le Groupe Anarchiste C.Cafiero, FAI Rome, et par la Fédération Anarchiste italienne et ont défilé sous la banderole rouge et noire « Pas d’État, pas de Nation, Fédéralisme, Révolution ».

Les drapeaux noirs et rouges de l’IFA et de l’USI-AIT ont accompagné la banderole pendant que la manifestation défilait dans les rues de la ville. Près de l’ambassade de Turquie, des cris de protestation se sont élevés contre le fasciste Erdogan, et les chants de la résistance kurde ont été diffusés par le camion qui a ouvert le défilé. Dans les jours précédant la manifestation il y avait eu à Rome des réunions, des distributions de tracts, des appels avec des mégaphones devant l’office du tourisme de l’ambassade de Turquie, une balade à vélo, des bannières de solidarité sur le pont Garibaldi et des adresses de solidarité envers le peuple kurde ont rempli les murs de la ville.

La manifestation a eu lieu exactement un mois après l’entrée de l’armée turque dans Jarablus (ville en territoire kurdo-syrien). Jarablus est une ville proche de la frontière turco-syrienne et de Kobane, ville libérée en janvier 2015, après 137 jours de siège par l’État islamique.

La ville de Kobane a été libérée par la résistance kurde, partisan et partisanes de l’Unité d’auto-défense du peuple (YPG) et les unités d’auto-défense des femmes (YPJ).

Le 24 août dernier, l’État turc a envahi Jarablus, évidemment d’une manière concertée, puisque à l’arrivée de l’armée turque, l’État islamique venait de quitter la ville.

Une invasion par l’armée turque planifiée donc par l’État turc et l’État islamique dans le but d’écraser dans le sang la révolution à Rojava (Kurdistan syrien). L’État turc a commencé « l’opération Bouclier de l’Euphrate » pour mettre en œuvre la solution finale et l’anéantissement du peuple kurde.

Le projet du génocide des Kurdes et de tous les peuples vivant dans la région du Kurdistan est venu après un an d’effusion de sang et à la guerre, des milliers de civils tués, des centaines de villages, de villes détruites et des exécutions sommaires, des milliers d’évacuations forcées.

Dans les régions de la Turquie à majorité kurde (Bakur), c’est maintenant une guerre ouverte contre la population civile.

Après le coup d’État manqué en Turquie en juillet, Erdogan a renforcé sa dictature et a accru la terreur parmi la population non seulement kurde. La liberté de la presse a été éliminée dans tout le pays. Des journalistes et des avocat.e.s ont été arrêté.e.s.

Des dizaines de milliers d’employé.e.s publics, d’enseignant.e.s, d’universitaires, des objecteurs au service militaire ont été licencié.e.s.

La répression contre des groupes actifs dans les luttes et les mouvements sociaux a augmenté sous le couvert de l’état d’urgence. Les anarchistes, les socialistes, les groupes démocratiques kurdes ont été frappés par les mesures liberticides du gouvernement turc. Même les anarchistes de la DAF (Mouvement anarchiste révolutionnaire) ont été touché.e.s par les mesures répressives et leur journal Meydan a été fermé.

Le projet d’Erdogan de créer une « zone tampon » le long de la frontière turco-syrienne, va de l’avant et c’est le lieu où l’État turc a fait et continue de faire passer l’approvisionnement à l’État islamique.

Le 13 août, la ville de Mambij a été libérée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) du contrôle de l’État islamique.

Une étape importante pour la révolution au Rojava (Kurdistan syrien). Ce progrès des Kurdes dans la résistance et dans la défaite de l’État islamique n’a pas été apprécié par le régime turc d’Erdogan et le régime syrien d’Assad.

Avec la révolution à Rojava (Kurdistan syrien) de juillet 2012, le mouvement de libération kurde a créé un système autogestionnaire de conseils dans les quartiers, dans les villages fondé sur le communalisme, l’auto-organisation fédéraliste fondée sur l’écologie, sur l’égalité dans la diversité des peuples, des cultures et des genres.

Le progrès de l’auto-détermination des Kurdes est une menace pour le capitalisme, l’État, le patriarcat, pour les puissances impérialistes et les trafiquants d’armes qui profitent de la guerre.

Sous prétexte d’aider les réfugié.e.s, créé.e.s par une guerre dans laquelle l’État turc est impliqué, l’UE lui a alloué directement 6 milliards d’euros auxquels elle a ajouté, au cours des derniers jours, 348 millions d’euros.

Au Rojava, à Bakur, comme en Italie et dans le reste du monde, la révolution dans une perspective libertaire est le patrimoine de tou.te.s les anarchistes internationalistes.

13 Réponses to “Situation au Rojava syrien: La Turquie et son « opération bouclier de l’Euphrate »… Répression dans le sang du confédéralisme démocratique kurde”

  1. C’est peu de dire que le confédéralisme démocratique et l’expérience du Rojava n’intéressent pas grand monde… Perso, je ne sais plus comment faire, à part relayer, pour faire comprendre l’importance de ce mouvement, et surtout que notre soutien est capital… Là, pour le coup, je me sens bien impuissante. D’ailleurs, on remarque bien comment et Herdogan et Assad se retrouvent pour étouffer et réprimer dans le sang la tentative d’émancipation des kurdes syriens. Aucun pouvoir politique actuel n’est à soutenir. Quand on affirme qu’il faut retirer notre consentement, c’est partout ! Tous les pouvoirs en place sont contre les peuples. Certains se croient à l’abri, pensent même que jamais ça n’arrivera chez eux ! Quel connerie !
    Vous avez pour vous la force d’un groupe, mais comprenez que lorsqu’on est seul, tout seul, derrière un écran, c’est bien difficile de ne pas craquer. Même avec une tête bien faite, si un seul grain de sable peut enrayer une machine, il n’en reste pas moins seul… JBL

  2. Tenez, voici le résultat final du relayage de cet article sur l’agonie du peuple kurde = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/10/19/la-solution-finale-et-laneantissement-du-peuple-kurde/

    L’article suivant sur les disparitions en Colombie-Britannique est bouleversant et comme toujours… D’ailleurs, en ce moment, dans les Merdias on peut lire que le Justin Waterhole met le paquet dans l’enfumage et il faut dire qu’il a été à bonne école, si j’ose dire ! JBL

      • Merci, mais je constate avec tristesse que cela n’intéresse pas grand monde…
        J’ai lu la dernière traduc de MNN et leur appel aux colons à cesser d’être complices et à se tenir à leurs côtés est poignant de force et de sincérité comme à chaque fois, mais il y a là un supplément d’âme, qui m’a touchée… Merci de me donner la précision car j’ai pas bien compris de quel appel il s’agissait en premier lieu. A vous lire : Jo

        • non, du procès que se tenait à Syracuse en relation à l’agression qu’ils ont subi en mai 1997 par la New York State Police, qui les a lynché sur leurs propres terres. procès qui fut retardé de près de 20 ans !!… Une farce de A à Z de la part de l’état colonial, qui a aussi terrorisé les avocats des parties civiles autochtones, qui les ont largué en rase campagne.

        • Ah ok ! Merci, je le relaie cet aprèm ainsi que le précédent séparément. Jo

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