Changement politique et le blasphème de la délégation du pouvoir du peuple…

Marat était un défenseur de l’État populaire, des institutions sous le contrôle permanent du peuple. Il était un véritable ami du peuple, il en donna le nom à sa publication révolutionnaire. Devant l’assujettissement de l’État au pouvoir de la finance et de la bourgeoisie, Marat, proche des hébertistes et des sections (sans-culottes), aurait sans doute, s’il avait vécu, été un fervent soutien d’une évolution politique plus “anarchiste” de la France pour le bien commun du peuple et de la liberté. Souvent présenté comme un révolutionnaire sanguinaire limite psychopathe, il convient de rendre à Marat sa vision et son idéal politique. Son œuvre phare fut écrite en 1774, soit 15 ans avant la révolution: “Les chaînes de l’esclavage”, dont nous avons publié de très larges extraits sur ce blog (cliquez sur le titre). Cet ouvrage d’une actualité et modernité toujours époustoufflantes devrait figurer dans la liste des textes étudiés dans nos bahuts, ceci ne manquerait bien évidemment pas de réhabiliter celui qui fut, comme le dit son épitaphe sépulcrale un véritable “ami du peuple”, bien plus que ne le furent les “figures” rendues populaires de la révolution des Danton, Robespierre et Saint Just réunis.
“Les chaînes de l’esclavage” fut écrit comme un anti-“Prince” de Machiavel ainsi que le stipule son long sous-titre: “Ouvrage destiné à déjouer les noirs attentats des princes contre les peuples ; les ressorts secrets, les ruses, les menées, les artifices, les coups d’État qu’ils emploient pour détruire la liberté et les scènes sanglantes qui accompagnent le despotisme.

En 1774, l’ami du peuple nous donnait déjà la marche à suivre pour lutter contre le despotisme. Marat devait mourir et son œuvre être oubliée de tous afin que puisse perdurer le despotisme aristocratique bourgeois de la finance et du commerce relayant celui de l’aristocratie de “droit divin”. Nous n’en sommes toujours pas sortis… (Re)lire Marat le visionnaire est un pas de plus vers la libération finale.

~ Résistance 71 ~

 

La France des sections communales

Le mandat impératif (Jean Varlet 1792)

 

Citations de Jean Paul Marat… Un véritable ami du peuple

 

« Veiller est le premier devoir de tout bon citoyen. »
Jean-Paul Marat, 13 avril 1792.

« Apprenez donc que, hors ce qui concerne la discipline militaire, c’est-à-dire, le maniement et la tenue des armes, les exercices et les évolutions, la marche contre les ennemis des lois et de l’État, les soldats de la patrie ne doivent aucune obéissance à leurs chefs ; que loin de leur être soumis, ils en sont les arbitres ; que leur devoir de citoyen les oblige d’examiner les ordres qu’ils en reçoivent, d’en peser les conséquences, d’en prévenir les suites. Ainsi lorsque ces ordres sont suspects, ils doivent rester dans l’inaction ; lorsque ces ordres blessent les droits de l’homme, ils doivent y opposer un refus formel ; lorsque ces ordres mettent en danger la liberté publique, ils doivent en punir les auteurs ; lorsque ces ordres attentent à la patrie, ils doivent tourner leurs armes contre leurs officiers. Tout serment contraire à ces devoirs sacrés, est un sacrilège qui doit rendre odieux celui qui l’exige, et méprisable celui qui le prête. »
Marat, « L’Ami du Peuple », 8 juillet 1790.

« Le droit qu’ont les citoyens de s’assembler où il leur plaît, et quand il leur plaît, pour s’occuper de la chose publique, est inhérent à tout peuple libre.
 Sans ce droit sacré, l’état est dissous, et le souverain est anéanti ; car, dès que les citoyens ne peuvent plus se montrer en corps, il ne reste dans l’État que des individus isolés ; la nation n’existe plus.
On voit avec quelle adresse les pères conscrits ont anéanti la souveraineté du peuple, tout en ayant l’air d’assurer la liberté individuelle. En Angleterre, toute assemblée paisible est licite : la loi ne défend que les attroupements séditieux. Voilà la liberté. »
Marat 16-17 août 1792.

« C’est à la lueur des flammes de leurs châteaux incendiés qu’ils ont la grandeur d’âme de renoncer au privilège de tenir dans les fers les hommes qui ont rencontré leur liberté les armes à la main. […] Ces sacrifices sont pour la plupart illusoires. »
Jean-Paul Marat, « L’Ami du Peuple », 21 septembre 1789.

« Quelque heureux que puissent être les changements survenus dans l’État, ils sont tous pour le riche : le ciel fut toujours d’airain pour le pauvre, et le sera toujours… Qu’aurons-nous gagné à détruire l’aristocratie des nobles, si elle est remplacée par l’aristocratie des riches ? »
Jean-Paul Marat (1790), cité par Jean Massin, p 28.

« La liberté de tout dire n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire. Quand il est permis de tout dire, la vérité parle d’elle-même et son triomphe est assuré. »
Jean-Paul Marat « Les Chaînes de l’esclavage »

« Dès qu’une fois un peuple a confié à quelques-uns de ses membres le dangereux dépôt de l’autorité publique et qu’il leur a remis le soin de faire observer les lois, toujours enchaîné par elles, il voit tôt ou tard sa liberté, ses biens, sa vie à la merci des chefs qu’il s’est choisi pour le défendre. »

Jean-Paul Marat, « Les chaînes de l’esclavage » (1774).

« C’est un blasphème politique d’oser avancer que la nation, de qui émanent tous les pouvoirs, ne peut les exercer que par délégation ; ce qui la mettrait elle-même dans la dépendance, ou plutôt sous le joug de ses propres mandataires. »

Jean-Paul Marat, 1791.

« Le parlement sous l’influence de la cour, ne s’occupera jamais du bonheur public. Ne concevez-vous pas que des intrigants qui ne doivent leur nomination qu’à l’or qu’ils ont semé, non contents de négliger vos intérêts, se font un devoir de vous traiter en vils mercenaires ? Cherchant à raccrocher ce qu’ils ont dépensé pour vous corrompre, ils ne feront usage des pouvoirs que vous leur avez remis, que pour s’enrichir à vos dépens, que pour trafiquer impunément de vos droits. »
Jean-Paul Marat, Les chaînes de l’esclavage (1774).

« Si les bourgeois ont pris les armes en 89, c’est avant tout par effroi des pauvres. La bourgeoisie s’est servie des pauvres dont elle avait besoin pour intimider la Cour et pour établir sa propre oligarchie. Et les nouveaux maîtres, la Législative, sont des faiseurs d’affaires pour qui la liberté c’est le privilège de s’enrichir sans obstacle. »
Jean-Paul Marat, « L’ami du peuple », 20 nov. 1791, cité par Henri Guillemin dans « Les deux révolutions. », p. 110.

=*=*=

Source de la compilation de ces citations:

http://chouard.org/blog/2016/07/26/pourriture-politicienne-segolene-royal-nous-ne-ferons-pas-lerreur-de-cameron-nous-ne-ferons-pas-de-referendum-sur-la-sortie-de-leurope/

21 Réponses to “Changement politique et le blasphème de la délégation du pouvoir du peuple…”

  1.  » Si les bourgeois ont pris les armes en 89, c’est avant tout par effroi des pauvres. La bourgeoisie s’est servie des pauvres dont elle avait besoin pour intimider la Cour et pour établir sa propre oligarchie. Et les nouveaux maîtres, la Législative, sont des faiseurs d’affaires pour qui la liberté c’est le privilège de s’enrichir sans obstacle.  »

    Cette phrase est pensée et prononcée en 1791, en aujourd’hui elle nous parvient intacte et aurait pu être prononcée et pensée hier…

    « Quelque heureux que puissent être les changements survenus dans l’État, ils sont tous pour le riche : le ciel fut toujours d’airain pour le pauvre, et le sera toujours… Qu’aurons-nous gagné à détruire l’aristocratie des nobles, si elle est remplacée par l’aristocratie des riches ? »

    Et celle-ci également qui nous prouve combien l’oligarchie où les psychopathes aux manettes comme on les appelle ici ou là est à l’œuvre depuis plus 250 ans, au moins…

    C’est bien en étudiant et en analysant Marat, Reclus, Kropotkine et tant d’autres qu’ainsi on affine sa propre réflexion et on intègre les erreurs commises et à ne pas réitérer. C’est comme ça que je le ressens en tout cas.

    Peut-on dire que Marat, fut opportunément assassiné par une Corday, en mission, et qu’aujourd’hui on dirait que cela fait partie du Plan et qu’il faut « tuer le messager » afin qu’il ne délivre pas son message et la force du message ?

    On se ferait surement traiter de « théoriciens de la coïncidence » également, ou de vilains conspi… jbl

    • oui, on peut dire çà… Marat et les hébertistes, les « enragés » étaient protégés du peuple, ils ne furent pas guillotinés, Marat était politiquement dangereux pour la nouvelle oligarchie bourgeoise en place, il se devait d’être éliminé.

      son épitaphe au club des Cordeliers lit: « Ci-gît l’ami du peuple, assassiné le 13 juillet 1793 par les ennemis du peuple »… Si Marat avait vécu, il y a de fortes chances pour que la révolution eût pris une autre tournure, la France n’aurait connu ni l’empire, ni la restauration. Ceux qui ont armé le bras de de Corday ne s’y sont pas trompés…

      • Cela me ramène à nos cours d’histoire à l’école et à l’enseignement de la Révolution Française et à la manière qu’on nous présentait l’assassinat de Marat…

        • oui, oui, quand dans les bouquins d’histoire d’une république issue d’une révolution soi-disant populaire, un personnage de cette révolution est présenté comme un guillotineur assoiffé de sang qui finit par être assassiné par une royaliste qu’on présente en ingénue somme toute sympathique.. alors, il faut immédiatement se poser les bonnes questions. Mais au bahut on s’en pose peu et souvent… on s’en tape aussi !… 😉

        • Complètement !
          C’est bien plus tard… Et à la rubrique « False Flag » qu’on se demande si finalement c’était pas déjà une répétition générale, un dernier essai histoire de vérifier le truc…😉

        • Les false flag existent de longue date, un des plus vieux répertorié étant celui de l’empereur Néron ayant fait mettre le feu à Rome pour en blâmer les chrétiens… les false flag existent depuis l’État et les guerres impérialistes, soit pour avoir un prétexte à la guerre, soit pour se débarrasser des opposants politiques intérieurs.

        • C’est ça, l’excellent 3poings2crochets dans une de ces vidéos (le nom m’échappe) prend comme point de départ l’incendie de Rome et jusqu’à nous… Et y’a du monde !

        • Je le reblogue celui-ci.
          J’ai vu que vous publiez le magnifique texte de Zénon, que j’ai déjà publié également dans son intégralité et tant j’ai été happé dès sa lecture.

        • oui on a retardé sa publication pour éviter un doublon au moment où tu l’as publié, çà fait un bon rappel pour ce texte.
          On va publier son dernier très bientôt.

        • Pas de souci, d’autant qu’on ne se lasse pas des bonnes, très bonnes voire excellentes lectures… Je suis en parfaite accord avec son dernier texte, avec chaque mot, chaque virgule et je le publierai fin surement fin août ou début septembre pour ne pas vous gêner et faire doublon tant son texte est fort et mérite d’être relayé et lu par, je l’espère le plus grand nombre. J’y ajouterai mon grain de sel ou de poivre en préambule et en conclusion avec son accord… On est jamais trop nombreux à tout tenter pour « tuer » l’hydre… JBL

        • ok çà marche !

        • Très bien ; @+

  2. Sans savoir que Marat avait déjà tout perçu tout prédit car prévisible, j’ai intégré dans ce billet très personnel = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/07/02/le-futur-est-proche/ le schéma pour changer de paradigme et la nécessité d’organiser la minorité en société la plus égalitaire possible ;

    On sait quel schéma suivre pour initier un changement de paradigme ;

    Prise de conscience individuelle => prise de conscience collective => boycott et organisation parallèle => désobéissance civile => réorganisation politico-sociale => changement de paradigme.

    Et c’est là qu’il faut, tout de suite, développer et pratiquer 3 choses essentielles au niveau local, puis en associations libres et volontaires :

    1 – L’autosuffisance ; Contrôle des ressources pour défier les institutions ;

    2 – La réorganisation ; Canaliser les énergies ;

    3 – Le repositionnement ; Comprendre qu’il est vain et futile de coopérer avec toute autorité institutionnelle. L’État et les institutions font parties intégrantes du problème et non pas de la solution.

    C’est avant tout une question d’état d’esprit individuel et collectif se confédérant par la solidarité, il faut cesser de nous laisser dicter nos « différences » par l’oligarchie, cesser de la laisser organiser notre division ;

    Comme il y a des dogmes, des doctrines, des idéologies à extirper de nos mémoires à tout jamais…

    Ignorer ce Système => Créer les bases solidaires de la société des sociétés organique => Réfléchir et agir en une praxis commune => Adapter l’ancien au neuf, en extirpant, le meilleur, mais en effaçant à jamais le pire…

    C’est grâce à vous et au lecture que vous nous proposez au traduction que vous nous donnez à lire, au réponse que vous faite à nos questions que pour ma part, j’ai pu construire ma pensée « anarchiste » et de cela je veux vous remercier. JBL

    • nous n’y sommes pas pour grand chose… tout être humain est « anarchiste » de nature. Bien des gens font de l’anarchisme sans le savoir, comme Mr Jourdain faisait de la prose sans le savoir… Quand on sait que ce sont tous les MM Jourdain de France et de Navarre qui ont fait la révolution de 1789, on peut donc espérer.
      Nous ne faisons que pointer dans une direction existante, on défriche un peu et sans rien inventer, on essaie de montrer qu’il y a une alternative plus que viable à la fange environnante… Après, décider d’en savoir plus et de faire l’effort est une décision personnelle.
      Une fois dépoussiéré, le concept a plus de gueule, tout ce qu’on fait… c’est passer un coup de plumeau sur ce qui existe. On le dit et on le répète, c’est un boulot de technicien de surface… de balayeur public quoi, boulot essentiel s’il en est… 😉

      • Oui mais vous le faite, sans relâche, et c’est primordial car très très souvent, comme en ce moment, l’épuisement et le découragement pointent le nez et sans doute est-ce dû à la conjonction de nombreux événements, donne l’impression d’avancer à contre-courant.
        Et l’envie de tout lâcher est là, en embuscade…

        • Notre position est la suivante: Nous œuvrons détachés, sans but ni gloriole personnelle, pour les générations non-nées, nous leur devons, nous leur devons une vie libre et décente que l’oligarchie leur refusera comme elle nous le refuse.
          Dans cette optique, on ne peut plus lâcher le morceau… Comme certaines espèces animales, nous avons deux mécanismes de défense:
          1- On mord l’hydre et on la lâche plus
          2- On pond nos œufs dedans et notre progéniture se nourrira de sa chair avant d’éclore au dehors et de mordre sans plus lâcher (et ainsi de suite..)
          A terme, l’hydre ne peut pas gagner… 😉

  3. […] reproduis ci-dessous l’article de Résistance71 consacré à l’œuvre de Jean-Paul Marat […]

  4. Voici le résultat final du relayage = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/08/09/les-princes-contre-les-peuples/
    J’ai intégré la version pdf des « Chaînes de l’esclavage » et un dossier Agoravox qui pose la question sur les raisons de l’assassinat de Marat par Charlotte Corday.
    Je me suis permise d’intégrer nos échanges ici-même et en prenant soin de vous sourcer à chaque fois.
    J’ai choisi l’illustration de Santiago Rebull plutôt que celle plus connu de David.
    Toujours au plaisir de vous lire ; JBL

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