Résistance politique et sociale: Contre la dictature du 49.3… Grève générale illimitée et expropriatrice

Nous avons précisé dans notre titre ce qui ne devrait pas l’être quand des anarchistes appellent à la grève. Celle-ci en effet doit suivre trois piliers fondamentaux pour vraiment être génératrice de révolution sociale: ces piliers sont et seront toujours, malgré le « réformisme » qui semble être de norme même dans les rangs anarchistes:

  • Générale
  • Illimitée et…
  • Expropriatrice (autogestionnaire)

Tout le reste n’est que pisser dans un violon…

— Résistance 71 —

 

Loi travail: La lutte ne fait que commencer

CNT

8 juillet 2016

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http://www.cnt-f.org/la-lutte-ne-fait-que-commencer.html?utm_source=diaporama&utm_medium=link&utm_campaign=home&utm_content=slide-1

 

Le 5 juillet n’est pas une fin, c’est une étape. Bien que la loi soit adoptée par 49.3, cela ne saurait nous arrêter. Une loi peut être retirée sous la pression des grèves et de la mobilisation.

Pour le retrait sans condition de la loi travail, la lutte ne fait que commencer !

La répression féroce n’a pas entamé notre détermination. Que ce soient les attaques directes contre les locaux syndicaux (du saccage par la police de celui de la CNT Lille au nassage de la Bourse du travail de Paris le 28 juin dernier), les fouilles humiliantes des manifestants, les gardes à vue « préventives » (nouveauté juridique alarmante), les interdictions de manifester, les violences policières, les faux défilés « en cage », rien n’y fait : nous ne lâcherons pas.

Certes, beaucoup de travailleurs vont partir en vacances, se délectant à juste titre des congés payés obtenus de haute lutte lors de grèves et occupations d’usine en 1936 (et non pas du fait de la bonne grâce d’un quelconque gouvernement…). Qu’importe, préparons dès maintenant le retour en force pour une rentrée sociale la plus large possible. Renflouons les caisses de grève, continuons de distribuer des tracts, de coller des affiches, d’organiser des rencontres, de soutenir nos camarades en procès, etc.

La loi travail est une attaque sans précédent de nos conquêtes sociales. Les mesurettes cosmétiques ne remettent pas en cause les fondements mêmes du texte : imposer le libéralisme le plus sauvage du chacun pour soi. Si l’article 2 cristallise la confrontation en brisant le principe de faveur (l’accord d’entreprise ne peut être que meilleur que la convention collective, qui ne peut elle-même être que meilleure que le code du travail), d’autres mesures sont tout aussi dangereuses : généralisation des comptes personnels (CPA), transformant l’individu en entreprise, ou garantie jeunes, sorte d’aumône étatique, contre la logique de salaire socialisé de la Sécurité sociale ; contrôle accru des chômeurs (article 52) ; destruction de la médecine du travail ; réduction des délais de prévenance pour les changements d’horaires des temps partiels, etc. Et ce qui arrive aujourd’hui au secteur privé sera sans aucun doute par la suite imposé au secteur public, déjà bien entamé par la RGPP et les restrictions budgétaires. Nous sommes tous concernés, salariés, précaires ou chômeurs, aujourd’hui pour certains, demain pour d’autres, et toutes les générations qui arriveront sur le marché du travail dans quelques années.

Sans compter la négociation Unédic ou le compte pénibilité, quoi que l’on en pense, sabordés par le Medef, sous le regard béat du gouvernement. Car les vrais « casseurs », ce sont bien l’État et le patronat. Ils ne respectent aucune loi, aucune règle, les contournant et refusant de les appliquer pour sauvegarder leurs intérêts financiers et leur pouvoir. Les voilà la chienlit, la canaille, les sauvageons, ces grands délinquants sans limite. Tels les Lafarge faisant des affaires juteuses avec l’État islamique, Dassault vendant ses Rafale à l’Arabie saoudite, Macron ou Le Pen sous-déclarant leur patrimoine pour échapper à l’ISF, Sarko et ses casseroles sans fin, les DRH d’Air France, Goodyear ou Continental licenciant des milliers de salariés, etc. Les voilà ceux qui devraient comparaître immédiatement en procès et être condamnés à des travaux d’intérêts généraux pour reconstruire les vies qu’ils détruisent depuis des décennies, jusqu’à faire de la mort une source de profit…

Alors en septembre, changeons de braquet. Dopons nos luttes pour construire un tour de France des grèves et des blocages. Aucune montagne ne saurait nous résister : notre EPO, c’est l’entraide et la solidarité ; notre pénalty, c’est la grève générale ; notre surface de réparation, les lieux de travail ; notre meilleure défense, c’est l’attaque.

Et pour celles et ceux qui voudraient encore y croire, ne nous laissons pas berner par les appels électoraux qui ne manqueront pas de surgir dès la rentrée. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Et les dernières années nous ont bien démontré ce que ça valait. N’oublions pas non plus que le Front national a réclamé plusieurs fois l’interdiction des manifestations et l’intervention de l’armée ou de la police contre les grévistes et les piquets de grève. N’oublions pas qu’ils n’ont eu de cesse d’attaquer les syndicats « terroristes ». N’oublions pas qu’ils réclament plus de « libertés » pour les « petits patrons », soi-disant accablés par les « charges » et un droit du travail trop rigide… N’oublions pas que cette famille de milliardaires et ses sbires néonazis ne cherchent qu’à diviser notre classe sociale entre « Français » et « étrangers » pour mieux nous exploiter et nous dominer tous. N’oublions pas qu’ils prévoient des abattements de cotisations sociales sous prétexte d’augmenter les salaires quand ce la ne ferait en réalité que les baisser et détruire la Sécurité sociale. N’oublions pas qu’ils rêvent d’un État encore plus répressif et liberticide. L’extrême droite a toujours été et restera toujours l’ennemi des travailleurs : aucune colère ne justifie que l’on « essaie pour voir ».

De droite, d’extrême droite ou de gauche, tous n’ont qu’un rêve : nous gouverner, maintenir leurs intérêts, leur pouvoir et celui du capital, petit, moyen ou gros.

Nos rêves ne tiennent pas dans leurs urnes. Notre syndicalisme, nos luttes, n’ont que faire de la couleur politique des classes dirigeantes. Notre autonomie, notre indépendance sont la garantie de nos victoires.

Alors fini de manifester comme des bêtes de foire à qui la police et l’armée lancent des grenades et des Flash-Ball à défaut de cacahuètes. Fini de négocier la longueur de la laisse dans les salons de l’Élysée ou de Matignon. Notre arme, nous ne cessons de le répéter depuis des mois, c’est la grève, le blocage de l’économie et des services publics.

Ne commettons pas une nouvelle fois l’erreur de partir dispersés, lycéens et étudiants, puis raffineries, puis dockers, puis cheminots, etc. Ne jouons plus la carte des journées de mobilisation en pointillés. Dès maintenant, contre la loi travail et son monde, mettons en place les moyens de construire une grève générale reconductible en l’automne, forte et unitaire.

Notre avenir est entre nos mains, pour un autre futur, construisons un syndicalisme autogéré et révolutionnaire !

7 Réponses to “Résistance politique et sociale: Contre la dictature du 49.3… Grève générale illimitée et expropriatrice”

  1. Jean Cendent Says:

    Info complémentaire / si Résistance 71, le permet :

    Actuellement il existe 4 syndicats anarcho-syndicalistes ayant comme sigle : CNT ( sauf erreur de ma part)
    Si Résistance 71 souhaite apporter plus de détails, je ne peux que le solliciter, merci .

    CNT AIT / lien http://cnt.ait.caen.free.fr/ http://www.cntaittoulouse.lautre.net/

    CNT AIT / lien http://www.cnt-ait.fr/

    CNT / lien http://www.cnt-f.org/

    CNT-SO / lien http://www.cnt-so.org/

    • alors les sites de Caen et Toulouse sont des sections de la CNT-AIT
      La CNT-AIT est le vocable traditionnel anarcho-syndicaliste.
      CNT pour la Confédération National du Travail (à l’origine la Confederacion Nacional del Trabajo espagnole), associée à L’Association International des Travailleurs, la 1ère internationale qui rassemblait marxistes et anarchistes. Les marxistes ont fait expulser les anarchistes après la rivalité entre Marx et Bakounine, les anarchistes fondèrent avec Bakounine la fédération du Jura.
      En 1996, suite essentiellement à des querelles personnelles, la CNT-AIT s’est scindée et a donné naissance à la CNT, ces deux entités anarchistes sont « rivales » sur le terrain. La CNT-AIT refuse la participation électorale, la CNT la tolère si cela peut aider le syndicat.
      La CNT-SO est un nouveau syndicat issu d’une scission au sein de la CNT.
      CNT-SO pour « Confédération Nationale des Travailleurs » (et non plus du « Travail », mettant en avant la priorité sur les travailleurs et non pas l’activité du travail) et SO pour « Solidarité Ouvrière », petit syndicat qui se spécialise dans l’action de terrain militante chez les travailleurs immigrés, souvent sans papiers, le plus souvent dans une industrie très socialement violente et particulièrement exploiteuse, celle des entreprises de nettoyage industriel. Elle a obtenu quelques succcès éclatant avec des grèves illimités de personnels de nettoyage d’entreprise.
      Le travail de terrain de la CNT-SO est peu connu mais pour autant tout à fait admirable.

  2. Jean Cendent Says:

    Merci Résistance 71

    Il me semble pourtant que maintenant la CNT AIT est divisée en 2 branches depuis 2014.

    -CNT AIT dite « de réseau » dont font parties des villes comme Toulouse , Caen , Paris Nord, etc. d’où les 2 liens.
    -CNT AIT dont font parties des villes comme Bordeaux, Montpellier, Paris, etc. d’où le lien « site central ».

    Source wikipedia:
    En 2011, la CNT-AIT subit une scission concernant la structure interne de l’organisation. Le 7 décembre 2014 au congrès de Porto, l’AIT reconnait la CNT (congrès de Toulouse-bureau confédéral de Caen) comme étant la seule section française de l’Internationale…… L’exclusion des syndicats dits du congrès de Gap…….. Cette scission française avait pour origine une imposition de ré-organisation de la CNT sous forme de réseau par la CNT dite de Toulouse.

    Il me semble sentir un petit « plus » de Résistance 71 pour la CNT-SO .

    • On est admiratif de leur travail de terrain et de sensibilisation pédagogique dans un milieu où les ouvriers, violemment exploités et brutalisés par des milices patronales, ont aussi peur de lutter. La CNT-SO leur apporte une expérience de terrain qui a fait gagner aux ouvrier, ouvrières en grève souvent plus que ce qu’ils revendiquaient… Ces ouvriers, ouvrières, issus de l’immigration africaine, souvent sans aucune expérience de lutte syndicale ni même de revendication sont livrés à l’exploitation sauvage dans un milieu dont personne ne parle.
      Oui, on y est sensible, c’est notre côté « Robin des Bois »…😉

  3. Jean Cendent Says:

    Ce n’était pas un reproche au contraire si la CNT-SO offre des victoires aux ouvriers et ouvrières issus de l’immigration africaine et qu’elles améliorent leurs vies, tant mieux .

    Ayant travaillé dans de petites entreprises sans syndicat soit comme manoeuvre ou comme ouvrier, il me semble connaître un peu « l’ambiance » et aussi dans une grosse entreprise ( années 80 ) avec syndicats représentatifs ( dont le 1er du pays ) en cdd idem pour « l’ambiance cordial ».

    D’une certaine manière, combien de gens ont peur dans la douce france actuelle ? Combien de français, de françaises sont syndiqués ? Combien connaissent seulement une CNT ?

    Pour la scission de la CNT AIT cela semble exact ou pas ?

    • oui scission il y a eu. C’est un des problèmes du syndicalisme… tous, même les syndicas anarchistes sont devenus réformistes à des degrés divers bien sûr. Il y a ceux qui bouffent au ratelier du patronat et de l’État depuis des lustres et ceux pour qui le radicalisme ouvrier dans une société de consommation où l’ouvrier a été endoctriné à penser comme le petit bourgeois de base, est synonyme de désaffection, donc pour continuer à exister… ils font des compromis qui auraient été impensables il y a 80 ans.
      Ah oui: Juillet 1936-Juillet 2016… C’est le 80ème anniversaire de la révolution sociale espagnole. On prépare un petit truc là-dessus.
      L’Espagne libertaire, si elle a fait quelques erreurs, demeure ce qui fut le plus proche à l’échelle d’une nation (en état de guerre civile), de l’avènement de l’Idée des communes libres autogestionnaires et confédérées. Il n’y a aucune raison pour que les peuples ne reproduisent pas avec succès cette noble expérience.
      Ce ne sont pas les syndicats qui manquent, mais la conscience politique !
      Quand bien des gens ne pensent qu’à acheter le dernier iPhone à crédit et à courir après des bestioles virtuelles, on se dit que Durutti, Kropotkine et Makhno sont bien loin, mais pourtant si proches aussi…
      Merci de partager ton expérience.

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