Brexit, Frexit and co… Arrêtons de perdre notre temps… Une solution politique pratique: Les assemblées communales, l’exemple de 1792-1795

Mandataires du peuple, de l’instant que des événements majeurs ont forcé nos députés à nous convoquer en assemblée primaire, la souveraineté du peuple a retourné à sa source ; nous nous sommes ressaisis de toute notre indépendance ; par raison, nous avons encore obéi aux lois que vous êtes appelés à refaire, parce que, bien qu’elles soient défectueuses, elles peuvent éviter le désordre que suivrait leur silence absolu. Ainsi donc notre obéissance n’est que conditionnelle, et, réunis dans notre assemblée primaire, nous n’en avons pas moins senti qu’au moment où les dépositaires de nos intérêts nous les remettaient, c’était d’abord pour les discuter nous-mêmes. Tout ce qui intéressait essentiellement l’organisation, l’ordre, l’harmonie, la reconstruction même de l’édifice social, était de notre compétence.”
~ Jean-François Varlet, 1792 ~

« Peuple ! Sous le règne de la liberté, tu dois avoir sans cesse les yeux fixés sur tes magistrats. “ ~ Jacques Roux ~

La révolution française fut une révolution bourgeoise, elle fut la “révolution”, l’accession au pouvoir de tous les messieurs Jourdain de France et de Navarre, de tous ces bourgeois, accapareurs, agioteurs qui faisaient sans doute de la prose sans le savoir, mais qui ruinaient en toute connaissance de cause le petit peuple de France, qu’ils envoyèrent guerroyer en Europe faute de pouvoir le désarmer.

Dans cette période turbulente, seule la France des sections représentées par les “Enragés” et leurs leaders Jean-François Varlet et Jacques Roux, portes-paroles vocaux des sections parisiennes de sans culottes, représenta ce qui se rapprocha le plus d’une véritable société autogérée depuis la base, court-circuitant une “république” déjà moribonde, corrompue et en conflit interne. Le texte ci-dessous nous éclaire sur l’origine et le fonctionnement des “sections” et assemblées populaires des plus grandes villes de France. Un segment crucial de la période révolutionnaire française qui, dans nos livres d’histoire, est bouclé en deux lignes lapidaires, tout comme par la suite l’est également la Commune de Paris de 1871. Nous y gagnerions en ressortant les textes d’époque des Varlet, Roux, et du Marat pré-révolutionnaire (chose que nous avons faite avec une compilation de ses ”chaînes de l’esclavage”, 1774, l’anti-“Prince” de Machiavel…). Après ce texte explicatif, nous publierons l’hyper lucide “Manifeste des Enragés” de Jacques Roux (1793) et le “Projet d’un mandat impératif” de Jean Varlet (1792). Des textes à (re)découvrir, lire et diffuser sans modération.

Nous pensons que si la France révolutionnaire des “sections” et des assemblées communales avait vécu, elle se serait concrétisée par le succès de la “Commune des Communes” dont il est fait état ci-dessous et qui représente une véritable fondation d’organisation anarchiste de la société. Cette France de l’union populaire et des assemblées communales a terrifié (et terrifie toujours) l’oligarchie bourgeoise républicaine des messieurs Jourdain de France, ceux-ci l’ont étouffé dans l’œuf… Qu’attendons-nous pour y revenir ?…

— Résistance 71 —

A (re)lire: « Les chaînes de l’esclavage », Jean-Paul Marat, 1774

 

Les assemblées communales en France dans la révolution française 1789-1793

Populaction

Décembre 2015

url de l’article original:

http://populaction.com/la-france-des-assemblees-communales-17891793/

 

Pendant la révolution française, environ 40000 communes autonomes occupèrent une grande partie du champ politique. Ces assemblées locales, ouvertes à tous les adultes masculins, se chargèrent non seulement des questions locales, mais aussi des questions nationales. Après décembre 1789, de telles assemblées devinrent la base légale du gouvernement municipal dans toutes les grandes villes de France : Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse…

Les assemblées de section de 1793 furent les institutions les plus démocratiques et les plus radicales à surgir au cours de la Révolution française.

En 1789, pour désigner qui seraient les représentants du Tiers-Etat aux États Généraux convoqués par le roi, la monarchie fut obligée de créer des districts électoraux dans toute la France : dans chaque district, les habitants du district furent priés de se réunir, pour choisir un grand électeur : quelqu’un qui voterait pour élire les représentants du Tiers-Etat.

LA MULTIPLICATION des ASSEMBLÉES DE VILLAGE/QUARTIER/VILLE PENDANT LA RÉVOLUTION : 40 000 COMMUNES AUTONOMES

A Paris, 60 assemblées de district furent ainsi créées… Seulement, après avoir désigné leur grand électeur, les assemblées continuèrent à se réunir (!!!), même si elles avaient perdu leur justification légale ! « Ainsi, alors même que les États Généraux – bientôt convertis en Assemblée nationale – siégeaient à Versailles, les assemblées de district de Paris continuaient à se réunir comme corps quasi légaux, agissant comme gardiennes de leurs libertés limitées dans la situation politique en rapide évolution.

Après décembre 1789, de telles assemblées devinrent la base légale du gouvernement municipal dans toutes les grandes villes de France. » (1) Lyon, Marseille, Bordeaux et Toulouse furent également divisées en sections dont les assemblées s’occupaient des affaires de la communauté. « Collectivement, les diverses sections contrôlaient la commune centrale de la cité » (2).

Pendant la révolution, environ 40 000 communes autonomes, dont les plus grandes étaient contrôlées par les sections, occupèrent une grande partie du champ politique en France. Ces assemblées locales se chargèrent non seulement des questions locales, mais aussi des questions nationales.

LES ASSEMBLÉES DE QUARTIER PARISIENNES ET LA COMMUNE DE PARIS

« Ce mouvement des sections, qui grandit à Paris en 1792 et 1793, était un phénomène conscient de démocratie directe. Tous les hommes adultes pouvaient participer aux assemblées. Que leurs membres soient ou non des radicaux politiques, chaque assemblée populaire était le corps délibérant et décisionnel de la section. Sur le plan idéologique, les sectionnaires considéraient la souveraineté populaire comme un droit inaliénable appartenant à tous les citoyens, un droit qui ne pouvait être délégué aux représentants à l’Assemblée nationale. » (3). Ces assemblées de quartier avaient lieu dans des chapelles ou des églises expropriées.

Chaque assemblée de section élisait 6 députés à la Commune de Paris, dont une des principales fonctions était de coordonner toutes les sections de la cité. « Chaque section disposait aussi de plusieurs comités qui remplissaient diverses fonctions comme la police, les fournitures, les finances (…). Chaque section avait également son propre bataillon de la Garde nationale (les gardes nationaux étaient élus par les assemblées de section elles-mêmes), doté d’une unité d’artillerie, sur lequel elle exerçait un contrôle absolu et dont elle seule pouvait autoriser les mouvements.

« En 1793, au sommet de la démocratie radicale à Paris, la vie dans les sections étaient vibrante, remplie de controverses et truculente. Les périodes de crise pouvaient attirer un millier de citoyens et plus aux assemblées, faisant salle comble pour de vigoureux débats où s’affrontaient avec passion les différentes factions (…) De furieuses confrontations dégénéraient fréquemment en menaces, cris et récriminations mutuelles, allant même jusqu’aux échanges de coups de poing.

LE PROJET DE « COMMUNE DES COMMUNES »

Les sectionnaires radicaux qui occupèrent ce champ politique sont ceux-là même qui avaient envahi les Tuileries en août 1792 et déposé le Roi, ce qui allait conduire à son exécution. Ce sont eux qui réussirent presque à déclencher une insurrection radicale contre la Convention en 1793. (Si cette insurrection avait réussi, elle aurait pu donner tous les pouvoirs à une confédération nationale des sections.)

C’est pendant cette dernière période d’effervescence que le démocrate radical Jean Varlet de la section des Droits de l’Homme tenta d’organiser les délégués de chaque section en un gouvernement parallèle pour former la « Commune des communes », une confédération des villes et de villages (les communes) de toute la France, pour renverser la Convention nationale. Les sectionnaires radicaux furent réellement à l’avant-garde du mouvement révolutionnaire en France. C’est certainement pour cette raison que leurs chefs furent parmi les premiers emprisonnés par les Jacobins quand ceux-ci prirent le pouvoir en juin 1793.

Dérivées des assemblées de district, les sections s’étaient poussées à l’avant-scène au mépris de l’Etat-nation qui les avait créées et jouèrent le rôle de locomotive dans la radicalisation de l’une des grandes révolutions de l’histoire. Elles se perpétuèrent pour former la structure institutionnelle d’une extraordinaire démocratie directe, et à ce titre, elles constituent un autre moment crucial de cette tradition éternelle ». (4)

NOTES :

(1) : Janet Biehl (avec la collaboration de Murray Bookchin), Le municipalisme libertaire, Éditions Ecosociété, 1998, Montréal, Québec, p. 77

(2) : ibid, p. 78

(3) : ibid, p. 78

(4) : ibid, p. 79-80

=*=*=*=

Liste de toutes les sections de la ville de Paris durant la révolutions française:

http://www.parisrevolutionnaire.com/spip.php?article2956

6 Réponses to “Brexit, Frexit and co… Arrêtons de perdre notre temps… Une solution politique pratique: Les assemblées communales, l’exemple de 1792-1795”

  1. Sur le Grand Bazar Grand Breton voici un peu d’humour dans ce monde de brutes = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/06/26/et-vlog/ Bon, y’a aussi matière à réflexion, enfin j’espère ! JBL1960

  2. Suite au Brexit, y’a quand même des coups de pieds au cul qui se perdent non ? https://fr.sputniknews.com/international/201606261026172540-brexit-ue-valls/
    Comme vous aviez raison ici en affirmant que jamais l’oligarchie européiste de ce N.O.M. ne laisserait partir la GB de l’UE… Et y nous croient sourds et aveugles ? Sur sputniknews, un peu plus loin on peut lire ceci = https://fr.sputniknews.com/international/201606261026171054-petition-brexit-coree-fraude/ Et si vous lisez bien, ils affirment, sans rire que même le Vatican soutien cette pétition… Ah bah tu m’étonnes, on sait pourquoi nous, non ? JBL

  3. Tenez, qu’est ce qu’on disait = https://fr.sputniknews.com/international/201606261026166318-kerry-visite-ue-brexit/ Alors y se pisse dessus quand même un peu non ?

  4. […] Les assemblées communales sous la révolution: 1789-1793 […]

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