Archive pour mai, 2016

Pays du goulag levant, OTAN, Russie et 3ème guerre mondiale: La déconfiture occidentale annoncée (Pepe Escobar)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 27 mai 2016 by Résistance 71

Ne souhaitez pas trop fort: la Russie est prête à la guerre

Pepe Escobar

23 Mai 2016

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/article44725.htm

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ainsi donc les ministres des affaires étrangères des 28 pays membres de l’OTAN se sont réunis à Bruxelles pour un sommet de deux jours, alors que la formidable puissance militaire du Montenegro était adoubée comme nouveau membre.

Le Robocop mondial que se veut être l’OTAN a discuté de manière tout à fait prévisible de l’Afghanistan (une guerre que l’OTAN a ignoblement perdu), de l’Irak ( une guerre que le Pentagone a ignoblement perdu), la Libye (une nation que l’OTAN a transformé en un état décrépi, dévasté par un enfer de guerres miliciennes), la Syrie (une nation que l’OTAN, via la Turquie, aimerait beaucoup envahir et qui est déjà dans un enfer de guerre miliciennes).
Les Afghan doivent maintenant demeurer persuadés que la mission de soutien résolu de l’OTAN, plus le “soutien financier des forces afghanes”, assureront finalement le succès de l’Opération Enduring Freedom pour toujours.

Les Libyens doivent demeurer convaincus, des mots mêmes de la figure de proue de l’OTAN Jens Stoltenberg, que nous “devrons être prêts à soutenir le nouveau gouvernement d’accord national en Libye”.

Stoltenberg a dûment confirmé: “Nous avons déjà décidé d’améliorer notre présence dans la partie orientale de l’alliance. Nos planificateurs militaires ont émis des propositions pour que plusieurs bataillons soient déployés dans plusieurs pays de la région. Aucune décision n’a encore été prise quant au nombre et aux endroits de déploiement.

Ces “quelques bataillons” pathétiques ne vont pas faire perdre le sommeil aux planificateurs russes. La véritable mesure est le déploiement du système Aegis Ashore en Roumanie la semaine dernière, plus un autre à venir en Pologne en 2018. Ceci a été véhémentement opposé par Moscou depuis le début des années 2000. L’argument de l’OTAN que l’Aegis représente une protection contre la “menace” des missiles ballistiques de l’Iran, n’est pas même digne d’un jeu de cour de récrée de maternelle.

Tous les planificateurs russes savent pertinemment que le système Aegis n’est pas un système défensif. Ceci est un changement de règle dangereux, comme dé-localiser la capacité nucléaire américaine en Europe de l’Est. Rien d’étonnant donc à ce que le président Poutine ait dû clarifier que la Russie répondrait “adéquatement” à toute menace envers sa sécurité.

Ainsi, la guerre froide 2.0 vient de se redéclencher.

Un ancien adjoint commandant de l’OTAN a grimpé aux rideaux lorsque des têtes plus saines se demandèrent si Moscou tôt ou tard, n’en aurait pas assez de toutes ces salades et se préparerait pour la guerre.

Ce patriote inutile

On pourrait dire que les isolés du pouvoir néocons et conservateurs néolibéraux de Washington, dans un même élan, ne veulent pas d’une guerre ouverte avec la Russie. Ce qu’ils veulent, à part engranger toujours plus de fric pour le Pentagone, est faire monter la sauce de telle façon que Moscou plie les gaules, argument basé sur une analyse rationnelle du coût. Pourtant le prix du pétrole va inévitableent augmenter en 2016 et sous ce scenario, Washington est grand perdant.. Alors on verra peut-être une augmentation des taux d’intérêts de la Fed (avec bien sûr tout le pognon continuant à aller directement à Wall Street) pour tenter de renverser le scenario.

Des comparaisons de la préparation de l’OTAN actuelle aux préparations de la seconde guerre mondiale ou même de l’OTAN en opposition au Pacte de Varsovie, sont amateures. Le THAAD et les missiles Patriots sont inutiles et ne valent pas un pet de lapin et ce dixit la force de défense israélienne elle-même, c’est pourquoi ils ont essayé de l’améliorer avec le soi-disant “Dôme de Fer”.

Dans le même temps, ces nouveaux “bataillons” militaires de l’OTAN sont sans substance. La poussée de base derrière l’action du Pentagone sous l’égide du nouveau con Ash Carter, continue à vouloir pousser la Russie toujours plus loin en Syrie et en Ukraine (comme si Moscou était réellement militairement impliqué dans un bourbier ukrainien et voudrait même l’être…) ; piéger la Russie dans des guerres par procuration, et la saigner économiquement en incapacitant ses gros revenus sur les exportations de gaz et de pétrole.

La Russie ne veut pas et n’a aucun besoin de la guerre. Et pourtant, le narratif occidental de “l’agression russe” n’arrête jamais. Ainsi, il est toujours très instructif de revenir à cette étude de la RAND Corporation, qui a examiné ce qui se passerait si une guerre éclatait effectivement. RAND a atteint la conclusion “non ambigüe”, après une série de simulations effectuée en 2015, que la Russie pourrait battre à plate couture l’OTAN en juste 60 heures, si pas moins, si jamais il y avait une guerre active sur le sol européen.
Note de Résistance 71: Ah quel progrès avec des armées de métiers !!… Pour ceux de nos lecteurs qui sont assez âgés pour avoir connu l’armée de conscription, il y a plus de 30 ans, il était dit aux trouffions de base appelés et basés en Allemagne dans les régiments français, que la “mission” était de tenir 48 heures contre les hordes bolchéviques pour que çà puisse se réorganiser “à l’arrière” et retarder Ivan Ilitch Tovaritch d’accéder à l’océan Atlantique !… En 30 ans, on est passé de 48 heures d’espérance de vie à 60 (en comptant large)… Les poilus doivent gigoter grave dans leurs tombes… Ces conscrits qui tinrent plus de 4 ans contre les hordes teutonnes du moment…

La RAND Corporation est essentiellement un poste avancé de la CIA, et donc une machine de propagande bien huilée. Pourtant ce n’est pas de la propagande que de dire que les états baltes et l’Ukraine tomberaient en moins de trois jours face à l’armée russe. Quoi qu’il en soit, la suggestion faite que quelques divisions blindées et plus de puissance aérienne supplémentaires de l’OTAN feraient une différence matérielle est une vaste fumisterie.

Le système Aegis change la donne dans la mesure où il qualifie une zone de lancement pour la défense US anti-missiles. Pensez à des missiles américains ayant un temps de vol minimum, de l’ordre de 30 minutes, de Moscou, ceci est une menace certifiée pour la nation russe. L’armée russe a aussi été “sans ambiguité” dans sa réponse, s’il est reconnu que l’OTAN, via la Pentagone, essaie un truc marrant, il y aura des raisons valables pour une frappe préventive au moyen des missiles Iskander-M depuis la Transnitrie, comme pour la destruction des missiles US par des armes de précision placées de manière bien utile.

Dans le même temps, Moscou a été couronnée de succès en Syrie, même si bien entendu les jeux ne sont pas faits. Alors ce qu’il reste au Pentagone, via l’OTAN, est essentiellement de jouer la carte de la tactique de la trouille. Ils savent que la Russie est préparée à la guerre, certainement bien mieux que l’OTAN du reste. Ils savent que ni Poutine, ni l’armée russe ne vont plier à cause de cette terreur de cour de récrée de maternelle. Quant au ton un peut trop conciliant du Kremlin envers Washington, tout çà risque de changer très bientôt.

Dites bonjour à mes S-500

L’armée russe est en phase de tester ses premiers prototypes de défense anti-aérienne et anti-missiles S-500 Prométée alias les 55R6M Triomphateur M, capables de détruire des missiles ballistiques inter-continentaux (MBIC), des missiles de croisière hypersoniques et des avions à une vitesse de plus de Mach 5, aussi capables de détecter et d’attaquer simultanément jusqu’à 10 têtes de missiles à une distance utile de 1300km. Ceci veut dire que les S-500 peuvent pulvériser des missiles balliistiques avant même que leurs têtes nucléaires ne repénètrent dans l’atmosphère terrestre.

Donc dans le cas de l’OTAN patte de velours style RAND Corporation, les S-500 élimineraient complètement toute la puisance aérienne de l’OTAN au-dessus des états baltes, tandis que les missiles ultra avancés de type Kornet détruiraient tous les véhicules blindés de l’OTAN et ceci ne considère même pas l’enfer déchaîné par les armes conventionnelles.

Si çà en vient aux mains de manière nucléaire, les missiles anti-missiles S-400 et spécifiquement les S-500 bloqueraient tous les MBIC américains, les missiles de croisière et les avions furtifs. Les drones offensifs seraient bloqués par des défenses anti-drones. Le S-500 consigne pour ainsi dire les avions furtifs style F-22, F-35 et le B-2 dans les poubelles de la technologie militaire.

La réalité est que la Russie, en termes de développement de missile hypersonique, est en avance d’à peu près quatre générations sur les Etats-Unis si on le mesure par le développement progressif des systèmes S-300, S-400 et S-500. Hypothétiquement, on pourrait décrire le prochain système, déjà sur plan, comme le S-600. Cela prendrait aux Etats-Unis au moins 10 ans pour développer et sortir un nouveau système d’armement efficace, ce qui en termes militaires représente… une génération. Tout planificateur du Pentagone qui vaut son plan de retraite devrait savoir cela.

Les missiles russes – et chinois – sont déjà capables de mettre hors d’état de nuire les systèmes de guidage par satellite des MBIC nucléaires et des missiles de croisière américains. Ils pourraient aussi incapaciter les systèmes d’alerte et de détection rapides que les constellations de satellites donneraient. Le temps de vol d’un MBIC nucléaire lancé depuis un sous-marin nucléaire lanceur d’engins russe jusqu•à disons la côte Est-Américaine est de moins de 20 minutes. Ainsi un système de détection et d’alerte très rapide est absolument critique. Ne comptez pas sur la daube des THAAD et des missiles patriots pour faire le boulot. Une fois encore, la technologie hypersonique russe a déjà rendu la totalité du système de défense américain aux Etats-Unis et en Europe complètement obsolète.

Alors pourquoi Moscou est si préoccupée par le placement par le Pentagone de son système Aegis si près des frontières russes ? Une réponse crédible serait de dire que Moscou est toujours concernée par le fait que le complexe militaro-indistriel américian pourrait développer un système de défense anti-missiles vraiment efficace même s’ils ont quatre générations de retard.

En même temps, les planificateurs du Pentagone ont des raisons d’être très inquiets par ce qu’ils savent ou supputent. Aussi, l’armée russe, de manière très asiatique, ne révèle jamais toutes ses cartes. Le point clef doit être répété encore et toujours: le système de défense S-500 est impénétrable et permet à la Russie, pour la première fois dans l’histoire, de lancer une première attaque nucléaire préventive efficacement si elle le désire et si elle choisit de le faire en étant dans le même temps immunisée contre toute rétaliation.

Le reste n’est que blablatage. Et pourtant, attendez-vous à ce que le discours du Pentagone et de l’OTAN demeure le même. Après tout, le complexe militaro-indiustriel et de la sécurité est une hydre dévoreuse de fric et avoir un ennemi puissant en face est une obligation (le “califat” islamiste bidon de Daesh compte pour du beurre…)

Le narratif de la menace demande que la Russie doive accepter docilement d’être encerclée par l’OTAN. La Russie n’a pas le droit de répondre en quelque circonstance que ce soit, toute réponse de sa part sera marquée du sceau de “l’agression russe”. Si la Russie se défend, ceci sera “exposé” comme étant une provocation inacceptable et pourrait même servir de prétexte pour une attaque préemptive de l’OTAN contre la Russie.

Maintenant, laissons les planificateurs du Pentagone/OTAN retourner jouer dans la cour de récrée de leur école maternelle de luxe.

Progrès en France: Le nouveau code du travail simplifié à venir…

Posted in actualité, économie, militantisme alternatif, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 26 mai 2016 by Résistance 71

Le nouveau code du travail à peine imaginé par l’oligarchie

 

Résistance 71

 

Mai 2016

 

Voici le nouveau code du travail simplifié bientôt mis en vigueur en France:

 

Article 1: BOSSEZ !

 

Article 2: FERMEZ VOS GUEULES !

 

Article 3: CREVEZ EN SILENCE !

 

=*=*=*

Loi travail et fumisterie étatique: Grève… Grève générale… Grève générale illimitée… Grève générale illimitée expropriatrice… Bingo !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 26 mai 2016 by Résistance 71

Au mois de Mars nous avions publié ce billet que nous reproduisons ci-dessous, au sujet des grèves, il est toujours d’actualité et le sera toujours tant que la méthodologie ne changera pas… Travailleurs ! Continuez à suivre les « centrales syndicales » foie jaune qui bouffent depuis belle lurette au râtelier de l’état et du patronat et allez, comme d’habitude, droit dans le mur. Quand nous lisons des organes « anarchistes » relayant en tête de pont les mots d’ordre de la… CGT, nous savons que Kropotkine, Bakounine et autres font des sauts de carpe dans leur tombe et aussi que l’infiltration bat son plein… Il faut balayer les vieux poncifs et comprendre que la seule façon d’en sortir est hors du système qui n’offre aucune solution, n’en a amais offert et n’en offrira jamais, mais n’offrira que des illusions… pour mieux mener les moutons à l’abattoir.

Mieux comprendre la « Loi Travail » (Source CNT)

Sous l’article, nous avons mis une liste d’articles pour mieux comprendre les enjeux de la « Loi Travail » (Source CNT)

— Résistance 71 —

A propos des grèves des 9 et… 31 Mars

Résistance 71

 7 Mars 2016

La loi El Khomri vaut-elle une grève ? Évidemment… L’ensemble de l’activité de ce gouvernement de baltringues, de ceux d’avant, de “gauche” comme de droite, valent la grève. Mais voilà, de quelle grève parle t’on ?

On parle et depuis bien longtemps déjà, dans ce monde politique étatique éculé, de promenade urbaine sur un parcours bien délimité, encadré par une sécurité syndicale en contact permanent avec la flicaille gouvernementale afin de mener le troupeau bêlant du point A au point B, le plus rapidement possible, avec quelques huiles politicardes et syndicales en tête de cortège, banderoles déployées, bière, frites, sauciffard, pinard à volonté avant de démanteler l’affaire et de se “quereller” sur les chiffres de participation allant du simple au double entre les compétiteurs habituels que sont “la préfecture” dans le coin bleu (bien délavé depuis le temps) et les “centrales syndicales” dans le coin rouge (pisseux), chiffres relayés laconiquement par des médias amorphes et complices.

Allons, allons, messieurs et dames prolétaires, où est donc le panache d’antan ?

Une grève ? Oui, mais générale et illimitée sinon rien !

Mieux même… grève générale, illimitée et… expropriatrice !

Comme les compagnons italiens de 1920, espagnols de 36.

Mieux encore ? Un grand changement, chambard réel et une réorganisation politico-sociale à la racine ?

Union avec les agriculteurs au bout du rouleau dont le taux de suicide n’a maintenant plus d’égal que leurs cadences infernales dans ce qui est devenu leur gestion de pathologies animales et végétales, comme le dit si bien l’agronome Claude Bourguignon ! Une révolution sociale ne se fera JAMAIS sans les campagnes, c’est une évidence historique, soulignée depuis plus d’un siècle par les anarchistes.

Protester en cessant le travail ? Oui et non. Oui dans le principe, non dans la pratique, récupération du travail pour les collectifs ouvriers et paysans, faire tourner la machine productrice pour les producteurs / consommateurs et court-circuiter le capital, les proprios et les rentiers de la finance. La société produit pour elle-même, s’organise et court-circuite les parasites.

Une grève le 9 Mars puis tout le monde rentre chez soi et une autre quoi ?… 22 jours plus tard le 31 ? Gouvernement, patronat et foies jaunes de la hiérarchie syndicales bouffant au ratelier capitaliste vont (encore) hurler de rire, mais c’est une habitude depuis bien longtemps ; depuis que les syndicats se sont vendus pour bouffer au ratelier de l’État, ont vendu la conscience politique sociale-révolutionnaire pour les miettes du pouvoir que picorent leurs pontes.

La dignité c’est la grève générale illimitée et expropriatrice.

Tout le reste n’est que moulin à vent et pisser dans un violon.

Cessons d’être ridicule, reprenons la main !

¡Ya Basta!

= = =

Gérons la ville, la campagne et la production nous-mêmes !
Gratuité des services publics, réquisition de logements par les assemblées populaires, contrôle des communes par les habitants, assemblées populaires, associations libres, délégation à mandats directement contrôlables et révocables, finis les élus incontrôlables! Démocratie participatrice directe, sans intermédiaires, sans partis politiques parasites, démantèlement des institutions étatiques devenues encore plus obsolètes pour que cesse l’illusion démocratique !

= = =

Autres articles sur la loi El Khomri (Source CNT)

 

Aux peuples du monde… Communiqué du Congrès National Indigène (Mexique, février 2016)

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Déclaration du Congrès National Indigène 
Mexique, le 24 février 2016

 

vendredi 20 mai 2016, par CNI

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Declaration-du-Congres-national-1300

Aux peuples du monde,

Sœurs, frères,

Marchant sur les pas laissés par nos anciens au fil des chemins issus de la Chaire Tata Juan Chávez Alonso, nous nous sommes réunis le 30 janvier 2016 dans la communauté chinantèque de San Antonio Las Palmas, municipalité de Tuxtepec, Oaxaca. Étaient présents des délégués des peuples mazatèque, binniza, chinantèque, maya, purépecha, otomí, nahua, wixárika, tepehua, tsotzil, chol, popoluca, zoque et tseltal, provenant de trente-deux communautés des États du Chiapas, d’Oaxaca, Veracruz, Yucatán, Campeche, Guerrero, Michoacán, État de Mexico, Morelos, District fédéral et Jalisco.

Nous nous sommes réunis pour nous voir et nous écouter en l’autre, celui qui vit chaque jour la spoliation, la répression, le mépris et l’exploitation dans chacun des recoins de la géographie indigène, là où s’annoncent les éclairs de la tempête qui recouvre nos territoires, cette tourmente engendrée dans l’obscurité du capitalisme. Nous nous rencontrons pour nous savoir une fois de plus dans le fil de l’histoire de nos ancêtres et dans la nôtre, afin de trouver et de chercher les chemins et de pouvoir continuer à exister tels que nous sommes dans chaque communauté, quartier, nation et tribu où chaque jour nous tissons le Congrès national indigène dans cette tâche difficile dont nous héritons, nous les peuples originaires, pour veiller sur le monde. Depuis là où nous sommes, nous tournons notre tête collective afin de comprendre les horizons où nous voyons ce que nous voyons.

Nous voyons les chemins mensongers que sous de multiples visages nous offrent ceux d’en haut, eux qui se disent sensibles à la douleur et au désespoir de ceux qui, en bas, souffrons de cette guerre ; nous voyons les chemins que nous offrent ceux d’au milieu, qui disent être de notre côté tout en fricotant, en s’embrassant, en dialoguant et en négociant notre douleur et notre espoir avec celui d’en haut, offrant à nos compañeros le feu des projecteurs, les reportages télé, de l’argent pour voyager, des financements et des projets qui défigurent notre lutte et font disparaître les réalités qui se tissent depuis tout en bas.

Nous voyons aussi celui qui, bien qu’étant en bas, rêve d’être en haut et devient le bourreau que, le cœur mort, nous ne voyons pas venir jusqu’à temps qu’il nous assassine, qu’il nous divise, qu’il livre notre terre-mère à ceux qui veulent la détruire, bien qu’il sache que c’est sa mère tout aussi bien, trompant les nôtres afin qu’ils acceptent les mensonges et les trahisons du gouvernement en disant que leurs intentions sont bonnes.

Mais nous voyons aussi le chemin que nous partageons entre nous, en bas, ce chemin qui vient du cœur collectif d’un peuple, un peuple qui s’écoute lui-même et qui comprend le sentiment du frère qui lutte et qui souffre tout comme nous, qui comprend que c’est sur terre que se sème la justice, comme l’a semé notre compañero Federico Ortiz, frère du peuple purépecha, et qui, fort de cet héritage, invitait sans cesse à marcher tout seuls, sans les partis, sans que personne ne nous dirige ni ne nous dise comment.

C’est avec le souvenir de cet héritage que nous avons débuté notre assemblée sur le territoire chinantèque, que Federico n’a pas pu atteindre de son vivant du fait de son décès le 23 janvier 2016. Avec aussi celui du compañero Felix Serdán, porte-parole du Congrès national indigène et commandant honoraire de l’Armée zapatiste de libération nationale, tombé le 22 février 2015, qui parlait aux jeunes en disant qu’il fallait « abandonner l’apathie, qu’ils se cultivent et qu’ils acquièrent des connaissances, car si on ne se réveille pas, on va continuer à être emportés par la tempête en cours ». L’héritage aussi du compañero Tata Juan Chávez et de sa mort anticipée le 2 juin 2012, qui a laissé derrière lui l’insistance de ses paroles sur le fait que nous devons penser et travailler sans relâche pour la « reconstruction, non pas juste d’un seul pays ou d’un seul peuple, mais d’un nouveau monde ». Ce sont ces pas-là et cet horizon qui apparaissent à nos yeux lorsque nous nous contemplons sur le long chemin qu’il nous reste à parcourir en tant que peuples organisés au sein du Congrès national indigène.

Suite aux considérations antérieures, par accord de notre assemblée de coordination élargie, nous déclarons :

  1. Que nous faisons nôtre le refus des spoliations territoriales en cours au sein du territoire indigène chinantèque à travers l’imposition de réserves écologiques, du paiement des services environnementaux, des programmes aboutissant à la privatisation de la terre tel que le Procede et le Procecom, et nous nous déclarons contre l’imposition de treize corridors touristiques, ainsi que contre l’autoroute Tuxtepec-Oaxaca qui prétend spolier les terres de onze communautés chinantèques et zapotèques, cela accompagné de concessions minières sur des terrains communaux. Nous dénonçons l’absence de justice quant au crime orchestré contre Maximino Salinas Hernández, autorité communautaire de San Antonio de las Palmas, pris en embuscade et assassiné le 30 juin 2013 par des paramilitaires opérant dans la région sous la protection des mauvais gouvernements, et le fait que les assassins soient aujourd’hui en liberté.
  2. Nous dénonçons la complicité des trois niveaux du mauvais gouvernement dans la tentative de spolier et de privatiser la totalité des terres communales des peuples tepehuano et wixárika de la communauté autonome de San Lorenzo de Azqueltán, Jalisco, et nous ratifions notre reconnaissance de leur territoire et de leurs autorités autonomes.
  3. Nous réitérons notre refus de la destruction des lieux sacrés desquels dépendent les tissus sociaux autonomes du peuple wixárika du fait des projets miniers agressifs en cours dans le désert de Wirikuta, San Luis Potosí. Malgré la validité de la suspension judiciaire existante contre soixante-dix-huit concessions minières, l’exploitation illégale persiste dans les villages de San Antonio de Coronados et de la Presa Santa Gertrudis, avec la complicité assumée des mauvais gouvernements, qui continuent à maintenir une campagne de division permanente afin de consolider cette destruction culturelle et environnementale.
  4. Nous dénonçons l’attaque en cours des gouvernements et des hommes d’affaires en vue de s’approprier des terres collectives ejidales, des sites archéologiques et des lieux sacrés du peuple maya dans l’État du Yucatán, et plus spécifiquement, de la digne lutte menée par les habitants et habitantes de la communauté de Chablekal dans la municipalité de Mérida afin d’empêcher la vente des terrains aux riches et aux entreprises immobilières aux dépens de la privation du droit de la majorité à la possession de la terre. Nous exigeons de la même manière la fin du harcèlement et de la répression contre les membres du Réseau contre les tarifs élevés de l’électricité de la communauté de La Candelaria, Campeche.
  5. Nous répudions la militarisation du territoire indigène dans la région des Chimalapas, à la frontière entre les États du Chiapas, d’Oaxaca et de Veracruz, et les intentions d’y construire une Base d’opérations mixtes avec le soi-disant prétexte de mettre un terme aux invasions agraires, alors que l’on sait parfaitement que ce sont les gouvernements des États eux-mêmes, avec le gouvernement fédéral, qui, par leurs mensonges, leurs projets pervers et leurs spoliations dans d’autres territoires, ont été les responsables de l’augmentation des invasions et de provoquer des conflits au sein des peuples.
  6. Nous exigeons l’annulation des projets mortifères qui se sont déversés en cascade sur les peuples de l’État de Mexico, sans faire cas de la volonté réitérée des communautés nahuas et ñatho, par le biais de prétendues consultations dont le seul résultat a été de supplanter la parole des peuples originaires. C’est le cas pour l’autoroute Toluca-Naucalpan, dont l’imposition s’est nourrie de la violation violente et systématique de l’autonomie des assemblées communautaires par le biais d’une forte présence policière ayant servi à intimider les voix s’opposant à la destruction de la forêt otomí mexica au sein des communautés de San Francisco Xochicuautla et San Lorenzo Huitzizilapan, ainsi qu’à surveiller les engins de chantier de l’entreprise privée Autovan, concessionnaire des travaux.

Nous exigeons également l’annulation de la construction du nouvel aéroport de la ville de Mexico et des chantiers annexes, qui engendrent déjà la destruction et la spoliation des communautés de la région du Valle de México, et la vie du lac de Texcoco ; projet ayant justifié de graves répressions telle que celle endurée par le village de San Salvador Atenco en mai 2006, dont les coupables n’ont jusqu’à présent pas été jugés. Nous qui composons le Congrès national indigène, réitérons que nous ne concèderons ni pardon ni oubli aux assassins, tortionnaires et violeurs, qu’ils soient les responsables matériels ou intellectuels des faits.

  1. Nous saluons la décision dont fait preuve l’ejido Tila, dans l’État du Chiapas, dans son cheminement vers l’autonomie et dans la décision prise de virer la présidence municipale de leur territoire, ainsi que la communauté de San Isidro Los Laureles, pour avoir récupéré près de 70 hectares divisés en trois ranchs, desquels ils avaient été spoliés.
  2. Nous dénonçons l’impunité absolue dont ont bénéficié les assassins de l’enfant Hidelberto Reyes, de la communauté de Santa María Ostula, Michoacán, assassiné le 19 juillet 2015 durant l’opération ayant abouti à la détention du commandant de la police communautaire Cemeí Verdía Zepeda, libéré le 24 décembre de cette même année. Ainsi que l’impunité et la protection dont jouissent Mario Álvarez López et Federico González Medina, chefs des territoires de la côte du Michoacán pour le compte du cartel des Chevaliers du Temple [Caballeros Templarios], et auteurs intellectuels des trente-quatre assassinats et six disparitions forcées endurées par les comuneros d’Ostula depuis le 29 juin 2009, et qui ont eu pour objectif de spolier les terres et les plages pour le trafic de drogue et de bois précieux d’espèces menacées d’extinction, ainsi que d’assurer l’exploitation légale et illégale de différents minerais dans toute la région. Tout cela au travers d’opérations conjointes entre des bandes narco-paramilitaires et tous les niveaux du mauvais gouvernement. Nous exigeons le respect absolu de l’autonomie de la communauté, de sa police communautaire et de son territoire.
  3. Nous réitérons l’exigence irrévocable de la présentation en vie, par le gouvernement mexicain, des 43 compañeros étudiants de l’école normale rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, Guerrero, ainsi que la condamnation des commandants policiers, militaires et politiques responsables de ce crime. Nous savons que de la part de l’État nous n’obtiendrons que mensonge et trahison visant à occulter leur culpabilité et à faire obstruction aux enquêtes menées par le Groupe interdisciplinaire d’experts indépendants de la Commission interaméricaine des droits humains.
  4. Nous répudions la réarticulation des groupes paramilitaires autour des communautés bases de soutien de l’Armée zapatiste de libération nationale, qui s’accompagne d’une augmentation des patrouilles militaires terrestres et aériennes. Nous avertissons que la guerre contre les peuples et villages zapatistes est aussi une guerre contre tous ceux d’entre nous qui rêvons, construisons et luttons pour un autre monde possible, et que, en tant que Congrès national indigène, nous serons toujours prêts à agir en conséquence.
  5. Nous nous prononçons pour la liberté immédiate des prisonniers politiques de nos peuples, dont l’unique délit a été la défense de la terre-mère, de la dignité et de la vie de leurs peuples et des générations futures.

Prisonniers de San Pedro Tlanixco, État de Mexico

  • Rómulo Mireles, condamné à 54 ans de prison.
● Pedro Sánchez Berriozábal, condamné à 52 ans de prison.
● Teófilo Pérez González, condamné à 50 ans de prison.
● Lorenzo Sánchez Berriozábal, en attente de sa peine.
● Marco Antonio Pérez González, en attente de sa peine.
● Dominga González Martínez, en attente de sa peine.
● Deux mandats d’arrêt encore en vigueur.

Prisonniers de San Miguel Aquila, Michoacán

  • Agustín Villanueva Ramírez, condamné à 27 ans.
● Vicente Villanueva Ramírez, condamné à 27 ans.
● Efraín Villanueva Ramírez, condamné à 27 ans.

Prisonniers de San Sebastián Bachajón, Chiapas

  • Santiago Moreno Pérez
● Emilio Jiménez Gómez
● Esteban Gómez Jiménez

Prisonniers loxichas, Oaxaca

  • Álvaro Sebastián Ramírez
● Justino Hernández José
● Eleuterio Hernández García
● Agustín Luna Valencia
● Abraham García Ramírez
● Fortino Henriquez Hernández
● Zacarías Pascual García López.

Nous continuerons à marcher en bas à gauche, parce que ce n’est que là que peut renaître la vérité et la justice pour nos peuples ; ce n’est que là où nous construisons avec le cœur dirigé vers les générations futures, et les racines dirigées vers ceux qui nous ont précédés depuis là-bas, là où la vie commence, pour tous sans exception.

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples.


Jamais plus un Mexique sans nous.


Le 24 février 2016,


Congrès national indigène.

Le changement organisationnel politique passe par balayer les vieux poncifs…

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Ceci fut écrit par Bookchin en 1971… Une lucidité commandant le respect sachant qu’il fut lui-même un marxiste sclérosé…

— Résistance 71 —

 

Les limites historiques du marxisme

Murray Bookchin

De “Post Scarcity Anarchism” (1971)

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Mai 2016

L’idée qu’un homme, dont les plus grandes contributions théoriques furent faites entre 1840 et 1880, puisse “prévoir” la dialectique complète du capitalisme est, quand on y réfléchit bien, absolument irraisonnée. Si nous pouvons toujours apprendre certaines choses des analyses de Marx, on peut apprendre encore plus des erreurs inévitables d’un homme qui fut limité dans une ère de scarcité matérielle et une technologique qui utilisa à peine l’électricité. Nous pouvons apprendre comment notre propre époque est différente de celle de l’histoire passée, comment les potentialités que nous confrontons sont qualitativement nouvelles, comment uniques sont les problèmes, les analyses et la praxis auxquels nous devons faire face si nous voulons réellement faire une révolution et non pas un nouvel avortement historique.

Le problème ne réside pas dans le fait que le marxisme est une “méthode” qui doit être réappliquée à de “nouvelles situations” ou que le “néo-marxisme” doit se développer pour dépasser les limites du “marxisme classique”. La tentative de sauver le pédigré du marxisme en insistant sur la méthode plutôt que sur le système ou en ajoutant le préfixe “néo” à un mot sacré, est une véritable mystification si toutes les conclusions pratiques du système contredisent platement ces efforts. Et pourtant, ceci est exactement la situation dans laquelle l’exégèse marxienne se trouve aujourd’hui. Les marxistes s’appuient sur le fait que le système fournit une brillante interprétation du passé tout en ignorant volontairement ses caractéristiques menant finalement à faire fausse route en ce qui concerne à la fois le présent et le futur.

Ils citent la cohérence que le matérialisme historique et l’analyse de classe donnent à l’interprétation de l’histoire, la vision économique du capital amène au développement industriel du capitalisme et la brillance de Marx dans son analyse des révolutions précédentes, couplée aux conclusions tactiques qu’il a établies, le tout sans jamais reconnaître que qualitativement, de nouveaux problèmes sont apparus qui n’ont jamais existé jusqu’à ce jour. Est-ce bien concevable que les problèmes historiques et les méthodes d’analyse de classe fondés entièrement sur une rareté/scarcité inévitable puissent être transposés dans une nouvelle ère d’abondance potentielle ? Est-ce concevable qu’une analyse économique focalisée principalement sur un système de “concurrence libre” du capitalisme industriel puisse être transféré à un système de capitalisme géré, où l’État et les monopoles se combinent pour manipuler la vie économique ? Est-il concevable qu’un répertoire stratégique et tactique formulé dans une période où le charbon et l’acier constituaient la base fondamentale de la technologie industrielle, puisse être transféré dans un âge basé sur des sources d’énergie radicalement nouvelles, sur l’électronique, sur la cybernétique ?

En résultat de ce transfert, un corps théorique qui était libérateur il y a un siècle, devient une camisole de nos jours. On nous demande de nous concentrer sur la classe ouvrière comme étant “l’agent” du changement révolutionnaire dans une époque où le capitalisme est visiblement en train d’antagoniser et virtuellement produit des révolutionnaires depuis toutes les strates de la société, particulièrement dans la jeunesse. On nous demande de guider nos méthodes tactiques par la vision d’une “crise économique chronique” malgré le fait qu’aucune crise de la sorte ne s’est produite ces trente dernières années. On nous demande d’accepter une “dictature du prolétariat”, cette longue “période de transition” dont la fonction n’est pas de se débarrasser de la contre-révolution, mais avant tout de développer une technologie de l’abondance, dans une période où une technologie de l’abondace se présente quoi qu’il en soit. On nous demande d’orienter nos “stratégies” et nos “tactiques” autour de la pauvreté et de l’appauvrissement économique dans une période où le sentiment révolutionnaire est généré par la banalité de la vie dans des conditions d’abondance matérielle. On nous demande d’établir des partis politiques, des organisations centralisées, des “hiérarchies révolutionnairs” et des “élites” ainsi qu’un nouvel état dans une période où les institutions politiques en tant que telles pourissent et alors que le centralisme, l’élitisme et l’État lui-même sont sévèrement questionnés et remis en cause et ce à une échelle encore jamais vue dans l’histoire des sociétés hiérarchisées.

En bref, on nous demande de retourner dans le passé, de nous contracter au lieu de nous étendre, de forcer la réalité probante de notre époque avec ses espoirs et ses promesses, dans les préconceptions mortifères d’un âge révolu.

On nous demande de fonctionner avec des principes qui ont été transcendés pas seulement théoriquement mais aussi par le développement de la société elle-même. L’histoire ne s’est pas arrêtée depuis Marx, Engels, Lénine et Trotski ; elle n’a pas non plus suivi la direction simpliste qui fut programmée par des penseurs, aussi brillants soient-ils et dont les esprits étaient toujours enracinés dans le XIXème siècle ou au début du XXème. Nous avons vu le capitalisme lui-même faire bien des taches (incluant le développement d’une technologie d’abondance) qui furent considérées comme socialistes, nous l’avons vu nationaliser la propriété, fusioner l’économie avec l’État à chaque fois que c’était nécessaire. Nous avons été les témoins de la neutralisation de la “classe ouvrière” comme “agent du changement révolutionnaire”, bien que luttant toujours contre le cadre bourgeois pour l’augmentation des salaires, la diminution de la journée de travail et des bénéfices périphériques. La lutte des classes dans son sens classique n’a pas disparu ; elle a subi un destin bien plus mortifère en étant cooptée, phagocytée par le capitalisme pour en devenir une partie intégrante.

La lutte révolutionnaire au sein des pays capitalistes avancés a glissé sur un nouveau terrain historique : elle est devenue une lutte entre la génération de la jeunesse qui n’a connu aucune crise économique chronique et la culture, les valeurs et les institutions d’une génération plus âgée, plus conservatrice dont la perspective sur la vie a été façonnée par la rareté, la culpabilité, la renonciation, le travail éthique et la poursuite incessante de la sécurité matérielle. Nos ennemis ne sont pas seulement la bourgeoisie visiblement retranchée et l’appareil d’état, mais aussi un résultat trouvant son soutien parmi les libéraux, les socio-démocrates, les mignons des médias corrompus, de partis politiques “révolutionnaires” appartenant au passé et aussi douloureux que cela soit pour les acolytes du marxisme, l’ouvrier dominé par la hiérarchie de l’usine, par la routine industrielle et par l’éthique du travail. Le point important est que les divisions se situent maintenant à travers virtuellement toutes les lignes de classes traditionnelles et qu’elles soulèvent un vaste spectre de problèmes qu’aucun des marxistes, se reposant sur des analogies dans des sociétés basée sur la rareté, n’ont pu prévoir.

= = =

A lire sur Résistance 71: Murray Bookchin et le municipalisme libertaire (2 parties)

https://resistance71.wordpress.com/2013/02/15/vision-politique-pour-demain-entretien-sur-le-municipalisme-libertaire-1ere-partie/

Nouvel Ordre Mondial et idéologie: La longue campagne de l’OTAN contre l’histoire… Suite…

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L’OTAN fait arrêter le leader d’opposition politique polonais Mateusz Piskorzki

 

Réseau Voltaire

 

21 Mai 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191847.html

 

Le 18 mai 2016, les domiciles de notre collaborateur Mateusz Piskorski et ceux des cadres de son parti (Konrad Rękas, Tomasz Jankowski et Nabil Malazii) ont été perquisitionnés par la police polonaise. Lui-même a été arrêté, suspecté d’« espionnage », et jeté en prison.

L’Europe centrale est profondément divisée entre partisans d’un rapprochement avec l’Europe occidentale (l’Union européenne) et partisans d’un rapprochement avec l’Europe orientale (la Fédération de Russie).

Ancien député et directeur de presse, Mateusz Piskorski a créé le European Centre for Geopolitical Analysis et plus récemment le parti Zmiana (Changement). Il milite pour une union des peuples slaves au sein d’une Europe incluant la Russie.

Aux côtés de 150 leaders politiques et militaires du monde entier, il participa en 2005 au congrès Axis for Peace, organisé par Thierry Meyssan à Bruxelles. Au cours des 10 dernières années, il a effectué de nombreux voyages avec Thierry Meyssan, notamment en Chine, en Iran, au Kirghizistan, au Liban, en Russie, en Syrie et dans l’Union européenne.

Il s’est impliqué dans la lutte contre l’impérialisme anglo-saxon dans de nombreux pays, principalement en Europe, en Afrique et en Asie. Il est devenu un des principaux porte-voix de la cause de la Crimée contre le gouvernement incluant d’authentiques nazis à Kiev.

Depuis quatre ans, une campagne de presse internationale le présentait tour à tour comme « un ancien nazi » ou comme l’« ami des dictateurs ». Il était diffamé et harcelé par le gouvernement de Beata Szydło qui ne cessait de le dénoncer, en conférences de presse, comme un « agent de l’étranger ».

Son arrestation au motif loufoque d’espionnage « au profit de la Russie et de la Chine » (sic) marque le début de la reprise en main de la Pologne par l’Otan. Dans un article que nous avons publié la vielle de son arrestation [1], Mateusz Piskorski annonçait une opération de l’Otan pour « nettoyer » la scène politique polonaise avant le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Alliance, les 8 et 9 juillet prochains à Varsovie.

Il est désormais le premier prisonnier politique en Pologne.

[1] “The war against historical memory is NATO’s long-term campaign”, by Mateusz Piskorski, Translation J. Arnoldski, Voltaire Network, 17 May 2016.

Nouvel Ordre Mondial et idéologie: La longue campagne de l’OTAN contre l’histoire…

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Article analyse très intéressant qui permet de ne pas perdre de vue que tout aujourd’hui est une affaire idéologique, même les choses en apparence les plus anodines poussées par l’agenda mondialiste totalitaire. Il est à noter que suite à la publication de cet article, l’auteur Mateusz Piskorski a été arrêté en Pologne suite à des pressions de l’OTAN et est donc devenu de facto un prisonnier politique dans son pays.

— Résistance 71 —

 

La guerre contre l’histoire est une campagne à long terme de l’OTAN

 

Mateusz Piskorski

 

23 Mai 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191848.html

 

L’Otan est une alliance immémoriale qui a libéré l’Europe du nazisme et nous protège de l’ours russe, c’est tout au moins ce que nous devrions croire. La vérité historique est très différente, mais l’Alliance tente de la réécrire. Une tâche à long terme aux sombres conséquences.

Varsovie accueillera le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Otan qui tiendront une réunion du Conseil de l’Atlantique-Nord, les 8 et 9 juillet 2016. Ce 25ème sommet de l’Alliance devrait développer l’accord conclu à Newport, en 2014. Il s’agira notamment d’installer la Force d’action rapide en Europe orientale de manière à pouvoir défendre le flanc Est de l’Alliance. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, a déjà annoncé que l’installation de bases militaires permanentes des États-Unis et de l’Otan sur le territoire polonais sera annoncé lors du sommet.

2 500 participants et 1 500 journalistes étrangers devraient être présents. Le stade national, situé au centre de Varsovie, a été réquisitionné pour l’événement. Les mesures de sécurité ont été renforcées à la fois pour faire face à d’éventuelles menaces terroristes et pour prévenir les manifestations que des partis opposés à la tenue du sommet ont annoncé vouloir organiser.

Parallèlement à la préparation de l’événement, une intense campagne d’information a été menée, dont l’objectif principal est d’agiter la peur d’actions et de plans prétendument agressifs de la Russie. La guerre contre la mémoire fait partie de cette campagne à long terme. Ici, il convient de reconnaître que la réévaluation des faits historiques et la négation du rôle de l’Union soviétique dans la Grande Victoire 1945 ont une certaine assise historique et politique dans les pays baltes et la Roumanie, où les auteurs de l’« histoire » de l’Otan ont choisi de se référer, le plus souvent possible, directement aux mouvements collaborationnistes locaux et de présenter leurs activités à titre d’exemples de la « lutte pour l’indépendance » vis-à-vis de l’Union soviétique.

La situation est perçue différemment en Pologne, où il est assez difficile de trouver des appuis a la thèse selon laquelle la libération n’a pas sauvé le peuple polonais du génocide hitlérien. Le reformatage de l’histoire moderne a été coordonné par des organismes publics tels que l’Institut polonais de la mémoire nationale. Toutes ces activités visent à éviter la dissonance cognitive de telle sorte que la population d’Europe de l’Est ne peut pas regarder les monuments et se souvenir de sa libération de l’Allemagne nazie par l’Armée rouge, quelque chose qui sous-entend que la Russie est l’éternel ennemi et l’agresseur.

Le reformatage de la perception des faits historiques fait partie de cette guerre à long terme, un projet assez complexe. Il est impossible d’atteindre son objectif au cours des deux mois qui précèdent ce sommet. Cependant, d’autres efforts peuvent être entrepris.

Dans le cadre de la guerre de l’information, les médias d’Europe orientale publient régulièrement des documents sur le positionnement des têtes nucléaires dans la région de Kaliningrad. L’existence de cette région comme un territoire de la Fédération de Russie est présenté comme une menace pour l’existence même des pays voisins. Sur le flanc Sud, un tel rôle dans le processus de l’escalade de la perception du danger est dévolu à la Transnistrie. Ainsi, Kaliningrad effraie les Peuples baltes et polonais, tandis que la Transnistrie est utilisée pour effrayer les Roumains et, dans une moindre mesure, les Bulgares.

La guerre de l’information est menée systématiquement et professionnellement. Tout a débuté avec la nécessité de préparer l’opinion publique lors du déploiement de systèmes de « défense » antimissile en Europe de l’Est.

Avec le processus de normalisation des relations entre l’Occident et l’Iran, les responsables des relations publiques de l’Otan ont été finalement contraints de l’admettre : les systèmes de missiles sont destinés exclusivement à contrer l’imaginaire « menace russe ».

La Pologne tente de jouer un rôle de premier plan dans les zones du Nord et de la Baltique dans la course aux armements en Europe orientale. À son tour, la Roumanie tente de prendre l’initiative autour de la mer Noire. Mais c’est d’autant plus difficile que la Turquie a agi en tant que chef de la coalition anti-russe depuis un semestre. Cette même Turquie qui a affiché certaines ambitions géopolitiques.

Néanmoins, Bucarest tente d’utiliser l’absence totale de confiance de Washington pour Recep Tayyip Erdoğan pour fournir au Pentagone d’autres services. L’initiative de la création d’une flotte de la mer Noire avec la participation de l’Otan qui y serait représentée par des États qui n’en sont pas encore membres, l’Ukraine et la Géorgie, tel que proposé par le ministre roumain de la Défense Mihnea Motoc illustre cette approche.

La préparation du sommet a été soigneusement surveillée par le département d’État US. L’adjoint de John Kerry, Anthony Blinken, a récemment visité un certain nombre de pays d’Europe orientale. Les entretiens qu’il a eu avec ses collègues de l’Est tournaient autour d’un seul point : les anciens membres du bloc de l’Est devraient soutenir sans réserve la position de Washington lors du sommet, en particulier en ce qui concerne le dispositif que l’Otan construit sur son flanc Est et son financement par les budgets nationaux.

Blinken a prétendu que la Russie a l’intention de provoquer les forces de l’Otan avant le sommet. Comme preuve, il a évoqué les patrouilles de l’Armée de l’Air russe en mer Baltique. Cependant, il a oublié de reconnaître que ce qui a soulevé l’inquiétude russe, c’est la présence de navires de guerre US violant probablement le Traité INF [1]. Mais selon pour les États-uniens, il vaut mieux ne pas en parler dans la guerre de l’information.

Blinken a fait en sorte que le président US se sente à l’aise dans la capitale polonaise. Afin d’organiser le sommet dans le meilleur environnement, Varsovie a interdit toute manifestation pendant la durée de l’événement, par souci anti-terroriste bien sûr.

Tout cela a été fait pour assurer le bien-être du patron de la nouvelle Europe pro-US, Barack Obama. Cependant, les dépenses officielles du ministère de la Défense polonais pour organiser ce sommet seront de 40 millions de dollars ; une information qui pourrait causer des malentendus et conduire le Peuple polonais à faire monter le tension pendant le sommet.

 

[1] « Escalade nucléaire en Europe », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 19 avril 2016.

Guerre impérialiste en Syrie: Vers la fin des négociations de Genève

Posted in actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 24 mai 2016 by Résistance 71

Vers la fin des négociations de Genève

 

Thierry Meyssan

 

24 Mai 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191838.html

 

Washington et Moscou sont parvenus à maintenir leur accord sur la Syrie après que John Kerry ait assuré à son homologue russe que les armes livrées par le Pentagone en avril à Al-Qaïda et à Daesh l’avaient été en vertu d’un ancien programme aujourd’hui abandonné. On se dirige vers l’arrêt des négociations de Genève et la reprise de discussions intra-syriennes sans les pro-Saoudiens et incluant les Kurdes.

L’implication états-unienne en Syrie est toujours aussi confuse. Alors que, le 22 février 2016, John Kerry avait négocié une cessation des hostilités et que la Russie avait retiré ses bombardiers, la Turquie —membre de l’Otan— a poursuivi son soutien à Daesh.

Le 8 mars, la Russie déposait au Conseil de sécurité un rapport accusant Ankara de contrôler le trafic d’antiquités au profit de Daesh [1]. Le 18 mars, elle en déposait un nouveau l’accusant de livrer des armes et des munitions à Daesh [2]. Dans les deux cas, la Turquie « réfutait totalement » ces allégations et accusait la Russie d’organiser une manœuvre de diversion pour « détourner l’attention de la communauté internationale des pertes civiles, du chaos et des destructions considérables causés par le régime syrien et les opérations militaires russes en Syrie ». L’état-major russe persistait en révélant qu’Ankara venait de laisser entrer en Syrie 9 000 nouveaux jihadistes. Cependant, on pouvait alors penser que la Turquie agissait de son propre chef sans en référer aux États-Unis.

Or, le 7 avril, le département US de la Défense livrait 2 000 tonnes d’armes aux « groupes armés modérés », dont environ 500 ont été immédiatement redistribués à Al-Nosra (Al-Qaïda) et 500 autres à Daesh [3].

Quoi qu’il en soit, le soutien de la Turquie à Daesh semble avoir brusquement diminué au cours des derniers jours.

Il semble, qu’à l’abri des regards, Moscou ait violemment protesté de sorte que le 9 mai, John Kerry et Sergeï Lavrov publiaient une déclaration commune [4]. Ils y exhortent « tous les États à mettre en œuvre la résolution 2253 (2015) du Conseil de sécurité, en empêchant tout soutien matériel ou financier à l’ÉIIL [Daesh], au Front al-Nosra ou à tout autre groupe qualifié de terroriste par le Conseil de sécurité de l’ONU, et de couper court à toute tentative de ces groupes de franchir la frontière de la Syrie ».

Il était surtout convenu que Washington fixait à ses alliés une date butoir, début juillet, pour parvenir à un accord négocié à Genève. Au-delà, il retirait toutes ses forces armées, tandis que la Russie amènerait le porte-avions Amiral Kutznesov au large de la Syrie pour reprendre, à moindre échelle, sa campagne de bombardement des organisations terroristes (désormais ré-armées) [5].

Cependant, le flou n’était toujours pas définitivement éclairci. Un vif incident opposa Russes et États-uniens à l’Onu à propos de l’Armée de l’islam (Jaysh al-islam) et du Mouvement islamique des hommes libres du Sham (Ahrar al-Sham). Moscou entendait les inscrire sur la liste des « organisations terroristes », alors que Washington souhaite les considérer encore comme « groupe armé modéré ».

L’Armée de l’islam est une formation payée par l’Arabie saoudite et encadrée par des SAS britanniques. D’abord dirigée par Zahran Allouche, elle sema la terreur dans la banlieue de Damas et menaça la capitale durant trois ans. son chef, qui vouait un culte à Ossama Bin Laden, se caractérisa par sa cruauté, faisant décapiter de nombreux habitants et en utilisant d’autres, enfermés dans des cages, comme boucliers humains. En définitive, les bombes pénétrantes de l’Armée de l’Air russe eurent raison du bunker souterrain qui avait été construit pour abriter son état-major. Après une période de flottement, l’un des 17 adjoints d’Allouche, Issam el-Bouaydani, prit temporairement sa succession. Il fut rapidement évincé au profit d’un religieux wahhabite, cheikh Abou Abdarrahman Kaaké. Ce dernier favorisa la nomination d’un cousin de Zahran Allouche, Mohamed Allouche, pour diriger la délégation de l’opposition saoudienne aux négociations de paix intra-syriennes de Genève. Ce dernier s’est illustré en précipitant des Syriens accusés d’être gays du haut des toits —la République arabe syrienne est le seul État arabe à respecter la vie privée et à ne pas pénaliser les homosexuels—.

Le Mouvement islamique des hommes libres du Sham est également encadré par les Britanniques. Comme l’Armée de l’islam, sa communication est assurée par InCoStrat [6]. Son « ministre des Affaires étrangères », Labib al-Nahhas, circule librement en Occident. C’est en réalité lui-même un Britannique, membre du MI6. Il a publié une tribune libre dans le Washington Post [7], et s’est secrètement rendu à New York en décembre dernier présenter son rapport à Jeffrey Feltman, dans les bureaux de l’Onu.

Le 17 mai, le Groupe international de soutien à la Syrie se réunissait à Vienne. Dans sa déclaration finale [8], il met en cause la poursuite par l’Armée arabe syrienne de sa stratégie d’encerclement des villages contrôlés par les jihadistes de « l’opposition modérée ». Mais surtout, il valide à nouveau l’ensemble des décisions russo-US des derniers mois, à savoir : 
 former un mécanisme de transition commun entre le gouvernement syrien et tout l’éventail de l’opposition à l’étape de la transition ; 
 élaborer une nouvelle Constitution ; 
 puis organiser de nouvelles élections présidentielles et parlementaires sur cette base.

Or, bien que l’Arabie saoudite soit membre du Groupe international de soutien à la Syrie, l’opposition modérée refuse toujours ces trois points. Elle persiste à exiger le départ du président el-Assad et de la plupart des hauts-fonctionnaires chrétiens, chiites et alaouites avant la formation du mécanisme de transition. En outre, elle n’entend pas affronter les dirigeants actuels au cours d’élections démocratiques.

Il n’est pas indifférent qu’au cours de la réunion de Vienne, un diplomate ait déclaré que son pays était prêt à lutter contre Al-Qaïda, mais qu’il s’interrogeait pour savoir qui occuperait alors le terrain. Sergeï Lavrov releva ce qu’il considéra comme un « lapsus » : ce diplomate admettait de facto que son pays préférait une victoire d’Al-Qaïda à une de la République arabe syrienne. Ce faisant, il s’éloignait de la décision du Conseil de sécurité de faire de la lutte contre le terrorisme son objectif numéro 1.

Le même jour, 17 mai, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, Terje Rød-Larsen, présentait son dernier rapport sur l’application de la résolution 1559 et annonçait sa démission. Cette résolution avait été rédigée en 2004 à l’initiative des États-Unis, de la France et de l’Arabie saoudite pour exiger le désarmement du Hezbollah libanais, la non-reconduction du président Émile Lahoud et le retrait de la force de paix syrienne du Liban. Elle n’a jamais été appliquée bien que la Syrie ait elle-même retiré ses soldats à la demande de la rue libanaise lors de la « révolution du Cèdre ». M Ban a immédiatement chargé son adjoint pour les Affaires politiques, Jeffrey Feltman, de prendre en charge jusqu’à la fin de l’année les fonctions de M. Terje Rød-Larsen en plus des siennes. Or, de très nombreux observateurs considèrent que Jeffrey Feltman, ancien ambassadeur US à Beyrouth, est le véritable rédacteur de la résolution 1559 et qu’il dirige aujourd’hui en sous-main depuis New York la coalition militaire contre la Syrie.

Le 19 mai, Jeffrey Feltman participait à une cérémonie à Paris aux côtés des membres de l’opposition syrienne de l’étranger, Burhan Ghalioun, Michel Kilo, Bassma Kodmani et Samar Yazbeck.

En France toujours, le général Benoît Puga a annoncé sa démission de ses fonctions de chef d’état-major particulier du président de la République pour rejoindre la Chancellerie de la Légion d’honneur. Chrétien intégriste, nostalgique de la monarchie et de la colonisation, il avait été le seul militaire à occuper ce poste auprès de deux présidents successifs, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Il avait personnellement dirigé les opérations secrètes de la France en Syrie —parfois contre l’avis de l’état-major des armées— notamment grâce à des officiers de la Légion étrangère détachés auprès de la présidence.

On se dirige inexorablement vers une interruption des négociations de Genève. Au demeurant, si un accord y survenait entre les parties syriennes présentes, il serait invalide au regard des décisions internationales antérieures vu l’exclusion —à la demande de la Turquie— du principal parti kurde. C’est pourquoi, l’échec de Genève devrait être suivi d’une reprise des négociations intra-syriennes avec ceux qui le souhaitent —c’est-à-dire sans les pro-Saoudiens, mais avec les Kurdes—. Puis à la formation d’un mécanisme de transition avec ces nouveaux participants. Au plan militaire, l’Armée arabe syrienne devrait reprendre les principales villes du pays, mais les combats devraient persister à la frontière irako-syrienne.

 

[1] « Rapport de Renseignement russe sur le trafic d’antiquités de Daesh », Réseau Voltaire, 8 mars 2016.

[2] « Second rapport de Renseignement russe sur l’aide actuelle turque à Daesh », Réseau Voltaire, 18 mars 2016.

[3] « Les États-Unis violent le cessez-le-feu en Syrie et arment Al-Qaïda », « Qui arme les jihadistes durant le cessez-le-feu ? », par Thierry Meyssan, Télévision nationale syrienne, Réseau Voltaire, 25 et 30 avril 2016.

[4] « Déclaration conjointe de la Fédération de Russie et des États-Unis d’Amérique sur la Syrie », Réseau Voltaire, 9 mai 2016.

[5] « Retour imminent des avions russes en Syrie », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

[6] « Comment le Royaume-Uni met en scène les jihadistes », Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

[7] “The deadly consequences of mislabeling Syria’s revolutionaries”, Labib Al Nahhas, Washington Post, July 10th, 2015.

[8] “Statement of the International Syria Support Group”, Voltaire Network, 17th May 2016.

Guerre impérialiste en Syrie… Les masques tombent, le Hezbollah capture un officier de la CIA commandant une opération d’Al Nosra/Al CIAda…

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Le Hezbollah capture un officier de la CIA commandant Al Nosra à Alep

Nahed Al-Husaini

22 Mai 2016

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2016/05/22/exclusive-hezbollah-captures-cia-officer-in-aleppo-commanding-al-qaeda/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

… et les Etats-Unis prétendent toujours qu’Al Qaïda, maintenant totalement dévoilé comme une franchise de la CIA, a aidé Israël et l’Arabie Saoudite dans les attentats du 11 Septembre…

Veterans Today a maintenant deux sources confirmant qu’un agent américain de la CIA a été capturé cette semaine près de Mont Simeon, juste en dehors de la ville d’Alep. L’Américain faisait partie d’un groupe commandant un état-major du Jabbat Al Nosra, la “franchise” d’Al Qaïda en Syrie. La CIA a nié le fait, mais l’agence a clairement émis une offre au travers d’une tierce partie pour racheter leur homme.

VT a rapporté en exclusivité la capture d’un conseiller militaire israélien opérant avec l’EIIL/EI en Irak en Octobre 2015, tandis qu’en Avril de cette même année, la force Delta (un groupe fondé par un membre du comité des conseillers de VT), a difficilement sauvé un général américain en retraite d’une équipe commando Spesnatz syrienne qui se rapprochait dangereusement de lui près de Deir Ezzor. D’après un reportage exclusif de VT:

Le général américain dans le district Al Amr de Deir en Zor, une entité de commandement et de soutien entre Mosoul et les QG militaire de l’EIIL en Syrie, Al Raqqah, a été découvert par la NSA par des interceptions de messages encryptés, celui-ci devait être la cible d’une équipe des forces spéciales “spetznaz” syrienne (NdT: formée par les conseillers militaires russes). Les Syriens travaillaient depuis des renseignements obtenus d’un officier du renseignement saoudien capturé deux semaines auparavant près de la ville d’Idlib, une ville près d’Alep.

Si la Syrie pouvait capturer un conseiller militaire offiviel américian dans ses frontières avec la preuve inexorable de la complicité américaine dans le commandement opérationnel des forces militaires de l’EIIL, les Russes et les Chinois ne pourraient plus ignorer la nature de l’attaque sur la Syrie, d’après des sources très haut placées à Damas.

Dans un rapport qui a été confirmé en syrie et en Irak, la Force Delta s’est envolée d’une base secrète située dans l’ouest d’Anbar, proche de la rivière Euphrate et a arrangé l’exfiltration de l’agent de la CIA devenu embarrassant et a “aseptisé” le camp retranché de l’EIIL, n’y laissant vivant que des biquettes et des poulets.

Des sources très haut-placées ont dit à VT que le Hezbollah s’est emparé de quatre officiers du renseignement au cours d’une opération militaire de haute qualité près de Khan Toman, la place forte d’Al Nosra le 12 Mai courant. Les officiers capturés sont américain, français, turc et saoudien. Ils dirigeaient les opérations depuis la salle de commandement avec des leaders militants d’Al Nosra.

Khan Toman est un village de la zone de la montagne Samaan, il est situé à environ 10km au sud-ouest d’Alep, là où d’énormes silos de grain se trouvent.

Les Etats-Unis essaient en ce moment de resserer le collet autour du cou du Hezbollah dans un effort de privé le Parti de ses ressources financières en représailles d’avoir pris position pour Assad. L’Iran est le fournisseur principal du Hezbollah en armement et le leader du parti Hezbollah, Hassan Nasrallah, a récemment promis de continuer la lutte et de battre le projet israélo-américain dans la région en disant que le “parti avait fait une bonne prise” sans élaborer plus.

L’opération clandestine du Hezbollah s’est déroulée après que 9 Gardiens de la Révolution iraniens (Pasdarans) aient été tués à Khan Toman dans des combats contre Al Nosra (Al Qaïda en Syrie). La bataille d’Alep gagne en intensité maintenant que les Russes et leurs alliés travaillent 24h/24 pour virer les gangsters armés des zones qu’ils maintiennent toujours grâce à l’aide étrangère.

Il est maintenant cru que des agents de terrain de la CIA conseillent dès à présent l’EIIL et Al Nosra en ce qui concerne leurs plans et activités subversives, dans le même temps, Le DESI (sécurité intérieure européenne) a confirmé qu’il y avait déjà des experts des forces spéciales américaines opérant en Syrie, essentiellement dans les zones kurdes, Daraaa et Quneitera dans une tentative de faire vasculer l’équilibre militaire en faveur de l’opposition à Assad.

Le DESI dit également qu’il y a 5000 mercenaires de “Blackwater”, beaucoup recrutés au Soudan, en Jordanie attendant le feu vert du Pentagone pour pénétrer en Syrie et s’incorporer avec les militants, spécifiquement à Daraa où les combattants d’Al Nosra sont prédominants. L’incarnation actuelle du tristement célèbre groupe mercenaire, d’après les sources du DESI, est celle de l’agent de l’extrême droite au sein du parti républicain et “magnat du savon” Richard (et son épouse Betsy) DeVos d’Ada dans le Michigan, beau-père de l’homme de la devanture “Erik Prinz, qui coordonne également les opérations d’Al Qaïda au Yémen.

Le Département Européen pour la Sécurité et l’Information (DESI) par son secrétaire général Haïssam Bou Saïd a dit “Ak Nosra sera le parapluie d’unification des Etats-Unis pour l’opposition modérée. Si les Etats-Unis et la Russie échouent à s’entendre sur les affaires en cours, la région moyen-orientale s’enflammera et le champ de bataille sera la référence.”

Bou Saïd a révélé que l’OTAN est en ce moment incapable de confronter militairement les Russes en Europe. Ainsi, ceci donnera une très bonne marge de manœuvre pour les Russes au Moyen-Orient.

La deuxième CIA

Des sources au sein de la communauté du renseignement américaine racontent pourtant une toute autre histoire. Elles citent une scission entre une “seconde CIA” gérée par des entreprises sous contrats depuis l’ère Bush qui ont pris le contrôle toutes les fonctions de commandement de cette organisation, des groupes maintenant payés par l’Arabie Saoudite et les états du Golfe, utilisant des ressources de la CIA incluant cette énorme base au Kosovo, Camp Bondsteel et la base d’opérations secrètes de la marine américaine de Dubaï, scission qui s’est opérée avec la “vraie” CIA, quelle qu’elle soit.

On parle beaucoup de ce que le FBI et la NSA seraient égaslement impliqués.

Ils affirment qu’avec l’extrémiste Avigdor Lieberman prenant les fonctions de ministre israélien de la défense, Israël se prépare à pénétrer de nouveau au Liban en soutien de l’EIIL et d’Al Nosra. Des sources affirment qu’Israël croit que des groupes terroristes peuvent agir comme une force d’arrêt contre la résurgence militaire du Hezbollah qui avance contre l’EIIL en lui reprenant ville après ville sur le terrain, aux côtés d’une armée arabe syrienne toute revigorée par son entrainement russe.

Des sources en Israël sont aussi certaines qu’une telle initiative mettrait des villes israéliennes sous les bombardements de missiles qui mettraient en évidence que le “dôme de fer” n’est qu’une vaste fraude en tant que tel, un sacrifice que Lieberman, bolchévique pur et dur, est préparé à faire pour justifier une attaque sur l’Iran. La source indique également que ce plan repose largement sur une présidence de Donald Trump dans un processus électoral que le grand patron du jeu de Macao, Sheldon Adelson, a accepté de financé à hauteur de 3 milliards de dollars “d’argent au noir”…

La toile de fond

Le bras de fer russo-américain en Syrie a fait de l’ombre à l’accélération d’évènements se produisant dans le monde entier. Les deux super-puissances montrent leurs muscles dans un spectacle d’esbrouffe et ce malgré les accords qui furent atteints entre Obama et Poutine.

Une source russe a dit à VT “personne ne sait ce que le César russe a dans la tête à moins que vous ne l’explosiez…” Le président Poutine, ancien officier du KGB, a compris que les Américains gagnent du temps en regard de la trève d’Alep, utilisant la technique des portes tourniquets. “Le flux de militants n’a jamais cessé depuis les frontières turques, tandis que le flot d’armement est gigantesque”, a confirmé un témoin occulaire.

Une source militaire syrienne a dit qu’il est évident que les Russes esaient maintenant d’éviter un clash direct avec les Américains au sol, pourtant, le Pentagone se réfrène toujours de participer à des sorties conjointes avec les forces aériennes russes pour frapper les forteresses de l’EIIl et d’Al Nosra (NdT: et pour cause, l’EIIL est une création de la CIA/Pentagone tout autant que le front Al Nosra en Syrie, la campagne américaine de plus d’un an contre soi-disant l’EIIL n’a fait que bombarder des camps vides, des infrastructures syriennes et parachuter des armes aux mercenaires de la CIA que sont l’EIIL et AN))

De plus, la soi-disante opposition modérée soutenue par les Etats-Unis, embrassant les frères musulmans et les groupes affiliés à Al Qaïda, effreignent constamment le cessez-le-feu et les Américians font les aveugles sur leurs pratiques et leurs massacres commis quotidiennement à Alep et dans d’autres provinces syriennes.

VT comprend qu’il y a maintenant un plan militaire russe en marche pour mettre fin aux violations terroristes et pour restreindre l’avancée des forces démocratiques syriennes ainsi que l’armée de rebelles pour prendre Raqaah comme cela est planifié par les Américains. L’armée syrienne avance maintenant vers l’Est de La Ghoutta et les banlieues de Damas avec l’aide des combattants du Hezbollah.

Origine profonde du colonialisme occidental: 500 ans d’injustice, de domination et de subjugation… (Steven Newcomb)

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“A l’époque de leur première rencontre avec les Européens, la très vaste majorité des sociétés autochtones américaines avait atteint la véritable civilisation: elles n’abusaient en rien la terre ni la nature, elles promouvaient la responsabilité communale, elles pratiquaient l’égalité dans la société et les relations entre les différents genres et elles respectaient la liberté individuelle […] Un des éléments clef pour la restauration de l’harmonie nécessaire entre les cultures sociales et politiques est un bon leadership, consistant avec les valeurs culturelles de la communauté. Les structures politiques non-indigènes, leurs valeurs et leurs styles de leadership mènent à des formes compromises et coercitives de gouvernement qui sont en contradiction avec les valeurs mêmes de la société autochtone ; ceci est aussi la raison principale pour laquelle nos crises politiques et sociales persistent.”
~ Professeur Taiaiake Alfred, Université de Victoria, Colombie Britannique ~

“Si un peuple vit et obéit à la loi naturelle, il n’y a nul besoin pour des lois humaines pour quelque situation que ce soit. La première loi créée par l’Homme est la mort de la Loi Naturelle. La loi naturelle est la loi de la vie, la loi humaine est la loi de la mort.”
~ Russell Means, activiste Lakota ~

 

Cinq cents ans d’injustice

L’héritage du racisme religieux du XVème siècle

Steven Newcomb

url de l’article original:
http://ili.nativeweb.org/sdrm_art.html

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Lorsque Christophe Colomb a pour la première fois mis le pied sur le sable blanc de l’île de Guanahani, il fit une cérémonie afin de “prendre possession” de la terre pour le roi et la reine d’Espagne, agissant sous les lois internationales de la chrétienté occidentale. Bien que l’histoire de la “découverte” de Colomb ait pris des proportion “mythologiques” dans presque tout le monde occidental, peu de gens savent en fait que cet acte de “prise de possession” était fondé sur une doctrine religieuse connue aujourd’hui sous le vocable de Doctrine de la Découverte. Encore moins de gens réalisent qu’aujourd’hui, cinq siècles plus tard, le gouvernement des Etats-Unis utilise toujours cette doctrine judéo-chrétienne archaïque pour refuser les droits des peuples et nations amérindiens.

Les origines de la doctrine de la découverte

Pour bien comprendre la connexion entre le principe de la découverte de la chrétienté et les lois des Etats-Unis, nous devons commencer par examiner un document pontifical émis quarante ans avant le voyage historique de Colomb. En 1455, le pape Nicolas V émît la bulle Romanus Pontifex pour le roi Alphonse V du Portugal, déclarant la guerre à tous les non-chrétiens du monde et spécifiquement sanctionnant et promouvant la conquête, la colonisation et l’exploitation des non-chrétiens de leurs nations et de leurs territoires.

Sous des doctrines théologiques et légales variées formulées durant et après les croisades, les non-chrétiens étaient considérés comme les ennemis de la foi catholique et comme tels, des sous-hommes. En accord avec la bulle de 1455, le pape Nicolas V instruisit le roi Alphonse de “capturer, de vaincre et de subjuguer tous les sarrasins, les païens et autres ennemis du Christ”, pour “les réduire en esclavage perpétuel” et “pour saisir toutes leurs possessions et leurs propriétés”. Agissant sous ce privilège pontifical, le Portugal continua à trafiquer les esclaves africains et à étendre ses dominations royales en faisant des “découvertes” le long de la côte occidentale de l’Afrique, clâmant au passage toutes ces terres comme territoire portugais. (NdT: ceci fut déjà édicté dans la bulle Dum Diversas du même Nicolas V en 1452, Romanus Pontifex en 1455 ne fit que confirmer ce qui existait déjà, la bulle Inter Caetera du pape Alexandre VI en 1493, divisa le monde entre le Portugal et l’Espagne dans la continuité de Dum Diversas et Romanus Pontifex… Aucune de ces bulles n’a été répudiée par le Vatican et sont toujours en application en 2016. À l’heure où nous traduisons ces lignes..)

Ainsi, lorsque Colomb a traversé vers l’ouest à travers la mer des ténèbres en 1492, ayant la compréhension expresse qu’il était autorisé à “prendre possession” de toute terre qu’il “découvrirait » et qui “n’était pas déjà sous la domination d’autres souverains chrétiens”, lui et les souverains de Castille et d’Aragon suivaient une tradition déjà bien établie de “découverte” et de conquête. [Thatcher 96]. De fait, après le retour de Colomb en Europe, le pape Alexandre VI émît une bulle: Inter Caetera du 3 Mai 1493, “donnant” à l’Espagne, à la requête du roi Ferdinand et de la reine Isabelle, le droit de conquérir les terres que Colomb avaient trouvées, ainsi que toutes terres que l’Espagne pourrait “découvrir” dans le futur.

Dans la bulle Inter Caetera, le pape Alexandre a déclaré son désir que les peuples “découverts” soient “subjugués et amenés dans la foi chrétienne”. [Davenport:61]. De cette façon, dit le pape, “l’empire chrétien” se propagerait. [Thatcher:127] Quand le Portugal protesta de cette concession à l’Espagne, le pape Alexandre VI stipula dans une bulle subséquente publiée le 4 Mai 1493, que l’Espagne ne doit pas tenter d’établir sa domination sur des terres qui ont déjà été “possédées par un quelconque autre seigneur chrétien”. ]Davenport]. Puis pour satisfaire les deux monarques rivaux, le pape traça une ligne de démarcation entre les deux pôles terrestres, donnant à l’Espagne le droit de conquérir et de dominer un côté du globe et au Portugal l’autre côté.

Durant ce 500ème anniversaire du voyage de Colomb vers les Amériques, il est important de reconnaître que les actes crus de génocide et de conquête commis par Colomb et ses hommes contre les peuples natifs et pacifiques des Caraïbes furent endorsés par l’église catholique par le truchement des documents sus-nommés. En fait, ces documents pontificaux furent fréquemment utilisés par les conquérants européens chrétiens des Amériques pour justifier de leur système de colonisation incroyablement brutal et sans merci envers les territoires et les peuples qui pour eux “n’étaient habités que par de brutes animaux” [Story:135-6]

La leçon à retenir est que les bulles pontificales de 1452, 1455 et 1493 sont de clairs exemples du comment “les pouvoirs chrétiens » ou “les différents états de la chrétienté” voyaient les peuples indigènes: comme “des proies et butins de droit des conquérants civilisés.” [Wheaton:270-1] En fait, la “Loi des Nations” chrétienne établissait que les nations chrétiennes possédaient un droit divin, basé sur la bible, de clàmer le titre de propriété absolu et l’autorité ultime sur les habitants non-chrétiens nouvellement “découverts” ainsi que sur leurs terres et possessions. Au cours des siècles qui suivirent, ces croyances donnèrent naissance à la doctrine de la découverte utilisé par l’Espagne, le Portugal, la France, l’Angleterre et la Hollande, toutes des nations chrétiennes.

La doctrine de la découverte dans la loi des Etats-Unis

En 1823, la doctrine chrétienne de la découverte fut adoptée en catimini dans la loi des Etats-Unis par sa Cour Suprême dans le rendu de l’affaire devenu célèbre de Johnson contre McIntosh (8 Wheat., 543). Écrivant pour une décision unanime, le juge de la cour suprême John Marshall observa que les nations chrétiennes européennes avaient assumé le “dominion ultime” sur les terres de l’Amérique durant l’âge de la découverte et que du fait de cette “découverte”, les Indiens avaient perdu leurs “droits à la complète souveraineté en tant que nations indépendantes” et n’avaient retenu qu’un “droit à l’occupation des sols” de leurs terres. En d’autres termes, les nations indiennes furent sujettes à l’autorité ultime de la première nation de la chrétienté qui clâma possession d’une région donnée des terres indiennes. [Johnson:574 & Wheaton:270-1]

D’après Marshall, les Etats-Unis à leur indépendance en 1776, devinrent la nation héritière de la doctrine de la découverte et acquirent le pouvoir de domination laissée par la Grande-Bretagne. [Johnson:587-9] Bien sûr, quand Marshall a défini en premier lieu le principe de “découverte”, il utilisa un langage qu’il phrasa de telle manière qu’il détourna l’attention du biais religieux, déclarant que “la découverte donna le titre au gouvernement, dont les sujets, ou par l’autorité duquel, la découverte fut faite, contre tous les autres gouvernements européens” [Johnson: 573-4] Mais, discutant les précédents légaux pour soutenir ce que la cour disait, Marshall cita spécifiquement la charte anglaise provenant de l’explorateur John Cabot afin de documenter la reconnaissance complète par l’Angleterre de la doctrine chrétienne de la découverte. Puis paraphrasant le langage de la charte, Marshall nota que Cabot fut autorisé à prendre possession des terres “nonobstant l’occupation des populations autochtones, qui étaient des païens et en même temps, admettant le titre primordial de tout peuple chrétien ayant fait la “découverte” au préalable.” [Johnson:577]

En d’autres termes, la cour suprême affirma que la loi des Etats-Unis était fondée sur la règle fondamentale de la “Loi des Nations” et qu’il était permis de virtuellement ignorer les droits les plus élémentaires des indigènes “païens” et d’affirmer que les “terres inoccupées” de l’Amérique appartenait de bon droit aux nations chrétiennes européennes qui les découvraient Bien sûr, il est important de comprendre que ,comme le fit remarquer Benjamin Munn Ziegler dans la Loi Internationale de John Marshall, que le terme de “terres inoccupées” se référait aux “terres d’Amérique qui, une fois découvertes, étaient “occupées par des Indiens” mais “inoccupées par des chrétiens” [Ziegler:46].

Ironiquement, la même année que le verdict de l’affaire Johnson contre McIntosh, un des pères fondateurs des Etats-Unis, James Madison écrivit: “La religion n’est pas du ressort du gouvernement humain. La religion est essentiellement distincte du gouvernement civil et exempte de sa reconnaissance ; établir une connexion entre eux est injurieux pour les deux.

La plupart d’entre nous a été élevée dans la croyance que la constitution des Etats-Unis fut faite pour séparer l’église et l’état. Malheureusement avec la décision de la CS dans l’affaire Johnson, la doctrine chrétienne de la découverte ne fut pas seulement écrite dans la loi des Etats-Unis mais elle devint également la pierre angulaire de la politique états-unienne sur les Indiens dans le siècle qui s’en suivit.

De la doctrine de la découverte aux nations domestiques dépendantes

Utilisant le principe de la “découverte” comme préalable, la Cour Suprieme déclara en 1831 que la nation Cherokee (et par implication toutes les nations indiennes) n’était pas totalement souveraine, mais “serait peut-être” des “nations dépendantes” (Cherokee contre l’état de Georgie]. Le gouvernement fédéral prit ceci pour signifier que les traités signés avec les nations indiennes ne reconnaissaient pas les nations indiennes comme étant libres du contrôle du gouvernement des Etats-Unis. D’après le gouvernement US, les nations indiennes étaient des “nations domestiquement dépendantes” sujettent à l’autorité législative absolue du gouvernement fédéral, ce qui est connu en terme légal comme l’exercice du “pouvoir plénier”. Donc, l’ancienne doctrine chrétienne de la découverte et sa subjugation des Indiens “païens” furent étendues par le gouvernement fédéral dans une doctrine mythique disant que la constitution des Etats-Unis permet l’autorité gouvernementale sur les nations indiennes et leurs terres. [Savage:59-60]

Le mythe du “pouvoir plénier” des Etats-Unis sur les Indiens, un pouvoir soit-dit en passant, qui ne fut jamais voulu par les auteurs de la constitution [Savage:115-7], a été utilisé par les Etats-Unis pour:

  1. Circonvenir les termes des traités officiels que les Etats-Unis avaient signé avec les nations indiennes, malgré le fait que tous ces traités sont la “loi suprême de la terre, nonobstant tout ce qui peut-être écrit dans la constitution”.
  2. Voler les terres ancestrales des peuples indiens vivant à l’Est du Mississippi, en les expulsant de leurs territoires ancestraux par la loi de relogement des Indiens (Indian Removal Act) de 1835.
  3. Utiliser un statut du congrès connu sous le vocable de General Allotment Act of 1887 afin de soulager les peuples indiens de quelques 37 millions d’hectares de leurs terres. Cette loi, a expliqué John Collier (commissaire aux affaires indiennes) fut “une méthode indirecte, pacifique sous la forme d’une loi, de prendre la terre que nous étions déterminés à prendre mais que nous ne voulions pas prendre directement pour ne pas enfreindre les traités.
  4. Voler les Collines Noires sacrées de la grande nation Sioux en violation totale du traité de Fort Laramie en 1868 qui reconnaissait la propriété exclusive et absolue de leurs terres à la nation Sioux. (NdT: Ce traité intervint après des défaites successives de l’armée américaine contre la nation Sioux et ses alliés Cheyenne et Arapaho. La campagne militaire américaine se solda par une défaite cinglante aux mains des chefs Lakota Crazy Horse et Sitting Bull. De fait, ce fut le gouvernement des Etats-Unis qui demanda la paix et concéda la défaite. Le traité de Fort Laramie est un traité fort, qui cadrait la défaite militaire des Etats-Unis et accordait tout des demandes de la nation Sioux.)
  5. Payer le secrétaire d’état à l’intérieur la somme de 26 millions de dollars pour 10 millions d’Hectares des terres de la nations Shoshone occidentale, parce que les Shoshone ont systématiquement refusé de vendre leur terre et refusé d’accepter l’argent qu’on leur forçait de prendre et ce bien que la souveraineté de la nation Shoshone et ses limites territoriales étaient clairement reconnues par le gouvernement fédéral dans le traité de Ruby Valley de 1863. Le gouvernement affirme aujourd’hui que se payer lui-même pour les terres Shoshone a mis un terme à la souveraineté de la nation et ses titres de propriété sur leurs terres.

Les cas ci-dessus ne sont juste que quelques exemples du comment le gouvernement des Etats-Unis a utilisé les décisions de la CS dans les affaires Johnson contre McIntosh et Cherokee contre Georgie pour écarter brutalement les droits des peuples autochtones. De fait, un nombre incalculable de politique indienne des Etats-Unis ont été fondées sur la logique sous-jacente, cachée de la “doctrine chrétienne de la découverte”, une logique qui maintient que les peuples indigènes “païens” des Amériques sont “subordonnés à la première nation chrétienne découvreuse” ou à ses successeurs. [Wheaton:271]

Comme l’avait observé Thomas Jefferson, quand l’État utilise la doctrine de l’église comme outil coercitif, le résultat est “hypocrisie et méchanceté”. Malheureusement, l’utilisation par la CS des Etats-Unis de l’ancienne Doctrine Chrétienne de la Découverte pour circonvenir à la constitution comme moyen de voler les terres indiennes et de placer les nations indiennes sous le contrôle des Etats-Unis, a prouvé que Madison et Jefferson avaient raison.

Mettre fin à 500 ans d’injustice pour les peuples indigènes

Dans un pays mis en place pour maintenir une séparation stricte de l’église et de l’État, la doctrine de la découverte aurait dû être déclarée inconstitutionnelle depuis longtemps, parce qu’elle est basée sur un traitement préjudiciable aux nations autochtones, une posture ethnocentrique par le simple fait que les natons indiennes n’étaient pas chrétiennes au moment de l’arrivée des chrétiens européens. En pénalisant les autochtones sur la bases de leur croyance non-chrétienne et de leurs pratiques cérémonielles, les dépouillant de leurs terres et de leur souveraineté, la décision de la CS dans l’affaire Johnson contre McIntosh est une violation monumentale des “droits naturels” de l’humanité, ainsi que celle des droits humains les plus fondamentaux des peuples indigènes.

Alors que nous allons au delà du 500ème anniversaire de l’invasion des Amériques par Christophe Colomb, il est plus que temps de renoncer formellement et de mettre un terme définitif au préjudice et biais religieux qui ont été inscrits dans la loi des Etats-Unis par le juge de la CS John Marshall en 1823. Que le peuple états-unien, spécifiquement la droite chrétienne, se décide ou pas à assister les peuples autochtones à renverser la décision de l’affaire Johnson, en dira long à la communauté mondiale au sujet du sérieux avec lequel les Etats-Unis prennent leurs propres principes fondateurs de liberté, de justice et de liberté religieuse.

Alors que nous approchons le 500ème anniversaire de la bulle Inter Caetera des 3 et 4 Mai 1493, il est important de garder à l’esprit que la Doctrine de la Découverte est toujours utilisée par des pays des Amériques pour refuser les droits des peuples indigènes et pour perpétuer la colonisation au travers du continent. Pour commencer à mettre vraiment fin à ce système colonial et pour nous écarter d’une tradition culturelle et spirituelle de subjugation des peuples, nous devons renverser la doctrine à sa racine même. Ainsi, je propose que les non-autochtones, spécifiquement les chrétiens, s’unissent en solidarité avec les peuples indigènes du continent des Amériques pour faire pression sur le pape Jean-Paul II (NdT: et aujourd’hui François 1er…) et lui montrer l’importance de REVOQUER, dans une cérémonie formelle avec les peuples autochtones, la bulle Inter Caetera de 1493.

Révoquer les documents pontificaux et renverser la décision de justice dans l’affaire Johnson contre McIntosh sont les deux premières étapes les plus importantes vers la correction des injustices commises et infligées aux peuples indigènes ces derniers 500 ans. Ce sont aussi des étapes signifiantes vers la création d’un mode de vie qui ne sera plus fondé sur la subjugation et la veulerie. Peut-être alors pourrons-nous utiliser notre nouvellement solidarité retrouvée pour commencer à créer un mode de vie fondé sur le prenier des principes indigènes: “Respectez la Terre et ayez un regard sacré pour tout être vivant.”

References

Cherokee Nation v. Georgia 30 U.S. (5 Pet.) 1, 8 L.Ed. 25 (1831).

Davenport, Frances Gardiner, 19l7, European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, Vol. 1, Washington, D.C.: Carnegie Institution of Washington.

Johnson and Graham’s Lessee V McIntosh 21 U.S. (8 Wheat.) 543, 5 L.Ed. 681(1823).

Rivera-Pagan, Luis N., 1991, « Cross Preceded Sword in ‘Discovery’ of the Americas, » in Yakima Nation Review, 1991, Oct. 4.

Story, Joseph, 1833, Commentaries on the Constitution of the United States Vol. 1 Boston: Little, Brown & Co.

Thacher, John Boyd, 1903, Christopher Columbus Vol. 11, New York: G.P. Putman’s Sons.

Williamson, James A., 1962, The Cabot Voyages And Bristol Discovery Under Henry VII, Cambridge: Cambridge University Press.

Wheaton, Henry, 1855, Elements of International Law, Sixth Edition, Boston: Little Brown, and Co.

Ziegler, Benjamin Munn, 1939, The International Law of John Marshall, Chapel Hill: The University of North Carolina Press.