Résistance au colonialisme: Comprendre l’ethnocide des Palestiniens…

Cet article explique le processus ethnocidaire des états coloniaux. Ce qui est énuméré ici pour la Palestine s’applique tout aussi bien pour toutes les populations autochtones victimes d’une colonisation a ctive comme le furent et le sont toujours les Amérindiens, du Canada et des Etats-Unis, d’Amérique centrale et latine, les Aborigènes d’Australie ou les Maoris de Nouvelle-Zélande. La feuille de route du schéma colonial fut quasiment identique en Afrique.

Par extrapolation et sous ce même schéma, ces principes sont appliqués également par le groupe économiquement et politiquement dominant des sociétés occidentales sur la majorité elle dominée socialement, politiquement et culturellement en occident même et ailleurs. En cela, comme nous l’avons déjà dit ici à maintes reprises: Nous sommes tous des colonisés et à ce titre, devons nous unir contre la dictature colonialiste de la minorité hégémonique.

— Résistance 71 —

 

Palestine étude d’un vol historique et culturel

Roger Sheety

5 avril 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15980

L’appropriation culturelle des livres, de la musique, de l’art, de la cuisine et de l’habit traditionnel a été utilisée par les sionistes comme une arme contre les Palestiniens.

Le vol et l’appropriation de la culture et de l’histoire des peuples autochtones sont des caractéristiques typiques communes aux États colonialistes modernes, qui l’accomplissent généralement une fois que la population autochtone en question a été éliminée, dépossédée ou apparemment vaincue, ce qui permet de le faire sans risque. L’État colonialiste d’« Israël », construit sur les ruines de la Palestine et suite à l’expulsion de la majorité de sa population autochtone en 1948 et après, ne fait pas exception.

Cependant, le vol israélien de tout ce qui est palestinien ne découle pas simplement de notions malavisées de nationalisme ou d’un orgueil enfantin, comme cela est souvent avancé par les apologistes occidentaux, mais plutôt d’une orientation politique consciente de l’État qui cherche à effacer la Palestine de la mémoire historique, en particulier dans le discours occidental. En effet, le nettoyage ethnique continu qui élimine les Palestiniens de leur patrie historique va de pair avec le vol des terres, des maisons, de l’histoire et de la culture palestiniennes. C’est une composante essentielle d’un plus grand projet sioniste à long terme d’éradication totale de la nation palestinienne, l’effaçant littéralement de l’histoire tout en prenant sa place.

Cet effacement a été désigné à juste titre comme un mémoricide par l’historien Ilan Pappé dans Le Nettoyage ethnique de la Palestine. Nur Masalha, développant davantage, écrit : « Les mythes fondateurs d’Israël ont imposé l’élimination conceptuelle des Palestiniens avant, pendant et après leur élimination physique en 1948 […] La désarabisation de la Palestine, l’effacement de l’histoire palestinienne et l’élimination de la mémoire collective des Palestiniens par l’État d’Israël ne sont pas moins violents que le nettoyage ethnique des Palestiniens en 1948 et de la destruction de la Palestine historique : cette élimination est au cœur de la construction d’une identité collective hégémonique israélo-judéo-sioniste au sein de l’État d’Israël. » (The Palestine Nakba, p. 89).

Ainsi, le vol de la Palestine et de sa culture comporte deux éléments essentiels imbriqués : l’élimination/effacement des Palestiniens et une hypothèse concomitante de nativité ou de « droit de naissance » pensé dans des termes sionistes anglo-européens. Au cours des soixante-sept dernières années, ces pratiques éhontées d’effacement et de vol ont été principalement menées à bien par deux méthodes : la violence brutale (en d’autres termes, le terrorisme) et la propagande médiatique de masse.

La Nakba : destruction physique/vol physique

Entre 1947 et 1949, au moins 800 000 Palestiniens, dont la majorité de la population arabe autochtone de Palestine à l’époque, ont été chassés de leurs maisons suite à un nettoyage ethnique perpétré par des milices sionistes composées de colons européens et russes, et aidées par les impérialistes britanniques. Les centres urbains palestiniens majeurs de la Galilée au nord jusqu’au Naqab (rebaptisé « Néguev » par les sionistes) au sud ont été vidés de leurs habitants. Au cours de cette période de seulement trois ans, ce sont également quelque 531 villes et villages palestiniens qui ont subi simultanément un nettoyage ethnique, avant d’être rasés par le nouvel État israélien. Moshe Dayan, originaire d’Ukraine, s’en est vanté plus tard :

« Des villages juifs ont été construits en lieu et place de villages arabes. Vous ne connaissez même pas le nom de ces villages arabes, et je ne vous le reproche pas, parce que les livres de géographie n’existent plus. Et non seulement ces livres n’existent plus, mais les villages arabes non plus. Nahalal a été érigée à la place de Mahaloul, le kibboutz Gvat à la place de Jebata, le kibboutz Sarid à la place de Huneifis, et Kfar Yehoshua à la place de Tal al-Shuman. Il n’y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’a pas eu une ancienne population arabe. » (Haaretz, 4 avril 1969).

On connaît peut-être moins le fait que, pendant cette même période, des dizaines de milliers de livres, de peintures, d’enregistrements musicaux, de meubles et d’autres objets ont également été pillés par les milices sionistes dans les maisons, bibliothèques et locaux gouvernementaux palestiniens. Comme l’ont montré Benny Brunner et Arjan El Fassed dans leur film The Great Book Robbery, au moins 70 000 livres palestiniens ont été volés à leurs propriétaires. Le documentaire montre que ce vol n’était pas un simple sous-produit accidentel de la guerre, mais plutôt un acte délibéré pourvu d’un objectif spécifique :

« Pendant des décennies, la propagande sioniste et israélienne a décrit les Palestiniens comme des « individus sans culture ». Ainsi, l’État israélien victorieux s’est chargé de civiliser les Palestiniens qui sont restés à l’intérieur de ses frontières à la fin de la guerre de 1948. Ils ont eu l’interdiction d’étudier leur propre culture ou de se souvenir de leur passé immédiat ; leur mémoire était considérée comme une arme dangereuse qui devait être supprimée et contrôlée. »

1948 n’allait cependant pas être la dernière fois que les forces israéliennes volaient et détruisaient des livres et autres productions culturelles palestiniennes. En 1982, pendant leur occupation du Liban, les troupes d’invasion israéliennes ont pris d’assaut des maisons, des bureaux et des bibliothèques appartenant à des Palestiniens et sont reparties avec des milliers de livres, de films et d’autres documents témoignant de l’histoire palestinienne. Cette pratique courante des forces d’occupation israéliennes se poursuit aujourd’hui, notamment en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, régions occupées en 1967, tout comme le plateau du Golan syrien et le Sinaï égyptien.

La signification de ce vol n’est pas difficile à comprendre. Incapable d’assimiler l’histoire palestinienne réelle et archivée (qui était et reste le plus souvent en arabe) dans son histoire montée de toutes pièces, Israël choisit tout simplement de la détruire, de la cacher physiquement, tout en inventant et en diffusant simultanément un récit féerique de la Palestine, présentée comme une terre vierge, une « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Par conséquent, la destruction de villages palestiniens, le nettoyage ethnique de villes palestiniennes, le bombardement aérien des camps de réfugiés palestiniens et le pillage de livres palestiniens mènent tous à la même intersection : ce qui ne peut être absorbé dans la mythologie sioniste doit être éradiqué.

Objets palestiniens : une réécriture de l’histoire

La croyance sioniste selon laquelle les juifs modernes européens et russes (et d’ailleurs tous les juifs du monde entier) sont en quelque sorte les descendants directs d’anciennes tribus de langue hébraïque qui vivaient sur un autre continent il y a environ deux millénaires et peuvent donc revendiquer la Palestine, son histoire et sa culture, serait complètement risible si les conséquences politiques de cette idéologie féerique n’étaient pas si tragiques. Le fait que cette croyance raciste, propagée par les antisémites tout comme par les sionistes, est acceptée comme une vérité évidente qui ne mérite même pas d’être remise en question pour la plupart des grands médias occidentaux, témoigne certainement des décennies de propagande sioniste et du contexte honteux de paresse journalistique et de pensée uniforme qui est désormais devenu la norme.

Un exemple typique apparaît dans l’article du Huffington Post intitulé « Découverte de bijoux anciens israéliens lors de fouilles archéologiques » (« Israel Ancient Jewelry Uncovered in Archeological Dig »). Selon l’article, « des archéologues israéliens ont découvert un trésor rare composé de bijoux datant de 3 000 ans, dont une bague et des boucles d’oreilles, cachés dans une cruche en céramique, près de la cité antique de Megiddo, où le Nouveau Testament prédit la bataille finale d’Armageddon. » Selon les suppositions d’Israël Finkelstein, qui a codirigé les fouilles, « les bijoux appartenaient probablement à une famille cananéenne ». Cela pourrait bien avoir été le cas, mais l’hypothèse incontestée dans tout l’article est que ces bijoux sont en quelque sorte israéliens. (Notez également comment un conte biblique associé à la cité antique palestinienne de Megiddo est mentionné comme si cela était d’une quelconque pertinence.)

En 1919, l’Organisation sioniste mondiale (OSM) a officiellement présenté une carte de son futur État d’« Israël » à la Conférence de paix de Paris. Cette carte comprenait non seulement l’intégralité de la Palestine, mais aussi le sud du Liban, le sud-ouest de la Syrie dont le plateau du Golan, d’importantes parties de l’ouest de la Jordanie, ainsi que des parties du Sinaï en Égypte. Pour les besoins du raisonnement, supposons que ce désir colonial de l’OSM ait été assouvi, au moins dans le cas du Liban. Tous les objets anciens trouvés dans le sud du Liban occupé deviendraient-ils alors « israéliens » ? Qu’en est-il du Golan syrien qui reste aujourd’hui occupé ? Les objets qui y sont trouvés sont-ils aujourd’hui en quelque sorte « israéliens » ? Et que dire du Sinaï égyptien, territoire qu’Israël a occupé de 1967 à 1979 ? Les reliques anciennes découvertes au cours de la période d’occupation étaient-elles « israéliennes » ? Et ont-elles arrêté de devenir « israéliennes » après que l’État sioniste a restitué le territoire volé à l’Égypte ?

Étant donné que toute la Palestine n’a pas moins été volée que le Sinaï autrefois occupé et le Golan syrien actuellement occupé, qu’y a-t-il exactement de si « israélien » dans ces bijoux anciens qui font l’objet de l’article du Huffington Post, outre les affirmations non fondées de son auteur qui ignore complètement l’histoire palestinienne ? La réécriture sioniste/européenne de l’histoire ancienne de la Palestine est si flagrante et omniprésente qu’elle est presque invisible. Non seulement les sionistes réécrivent l’histoire palestinienne, y inventant une place pour eux-mêmes, mais ils éliminent les Palestiniens autochtones aussi bien physiquement que théoriquement. Brandissant l’histoire comme une arme, ce type de propagande utilise la forme de censure la plus courante et la plus paresseuse, celle de la simple omission.

Cette forme particulière de vol culturel ne se limite cependant pas à la Palestine. Contre tout élément de preuve historique, Israël continue de combiner son idéologie politique raciste et sa raison d’être que constitue le sionisme, une création exclusivement européenne, avec le judaïsme, une religion universelle originaire du monde arabe. Ainsi, les sionistes peuvent par exemple justifier le vol d’archives judéo-irakiennes, ou affirmer que des documents juifs vieux de mille ans et originaires d’Afghanistan appartiennent à l’État sioniste. L’hypothèse est que dès qu’un document contient du texte écrit en hébreu ou même en araméen, il doit en quelque sorte appartenir à « Israël », et non au pays où il a été trouvé en réalité. Il ne vient jamais à l’esprit de l’auteur de l’article d’Haaretz qu’un document de mille ans découvert en Afghanistan n’a absolument rien à voir avec un État colonialiste européen créé en 1948 au-dessus de la Palestine. À moins que les frontières non déclarées d’Israël se soient maintenant étendues à l’Afghanistan ?

L’habit palestinien/arabe

Les femmes palestiniennes peuvent à juste titre être fières de l’habit traditionnel arabe, comme quiconque le serait de ses créations. Ces habits, foulards et autres accessoires incroyablement complexes, brodés à la main, sont profondément enracinés dans le monde arabe, en particulier en Grande Syrie. Le savoir-faire permettant d’élaborer ces créations a été transmis de génération en génération, et leur authenticité ainsi que leur caractère artistique ne font aucun doute. La robe palestinienne, en particulier, est si raffinée que l’on peut identifier son lieu d’origine en Palestine uniquement à partir des couleurs et des motifs de la broderie.

Hanan Karaman Munayyer, historienne et scientifique spécialiste des vêtements palestiniens, retrace « les origines des atours protopalestiniens depuis l’époque cananéenne (vers 1500 av. J.-C.), période durant laquelle des peintures égyptiennes représentaient des Cananéens parés d’habits en forme de « A ». Cette silhouette distinctive peut être observée dans une gravure en ivoire de 1200 av. J.-C. originaire de Megiddo (Palestine), et est identifiée comme une « tunique syrienne » » (« Sovereign Threads », Pat McDonnell Twair, PalestineHeritage.org). En bref, ce sont des œuvres d’art vivantes qui portent dans leurs mailles des milliers d’années de mémoire culturelle autochtone.

Pourtant, même l’habit palestinien n’a pas été à l’abri des pratiques éhontées de vol et d’appropriation des Israéliens. Dans son superbe ouvrage Hidden Histories : Palestine and the Eastern Mediterranean, Basem Ra’ad écrit :

« Un livre israélien consacré à la broderie, Arabesque : Decorative Needlework from the Holy Land, commence avec l’ »époque biblique » et se termine avec des photographies d’adultes et d’enfants israéliens portant les vêtements brodés de villageois palestiniens (qui provenaient pour beaucoup de villages que les Palestiniens ont été contraints de fuir en 1948). Ces Israéliens se sont mis en scène pour ces photos. Le livre ne fait pas que s’approprier une forme artistique palestinienne : il l’imite. L’euphémisme faisant allusion à la « Terre Sainte » aide à camoufler la véritable origine palestinienne de cette forme unique d’art villageois » (p. 128).

Comme Ra’ad le constate dans tout son ouvrage, les œuvres culturelles israéliennes ne comportent souvent aucune mention des Palestiniens, ce qui les rend ainsi invisibles. Une forme plus récente et tout aussi scandaleuse d’appropriation a été relevée dans un article de Ma’an News qui décrit le vol de keffiehs arabes. Bien que répandu dans le monde arabe, le keffieh est devenu un symbole de résistance palestinienne pendant la Grande Révolte arabe de 1936-1939, lorsque la majorité des Palestiniens s’est levée contre l’occupation des Britanniques et de leurs alliés coloniaux sionistes. Le fait que les sionistes choisissent aujourd’hui de s’approprier ce symbole pour tenter lamentablement d’en faire le leur est encore un autre exemple d’une ignorance de l’histoire arabe tout comme d’un manque total d’imagination.

La cuisine palestinienne/arabe

Qu’y a-t-il de plus fondamental pour chaque peuple et sa culture que sa nourriture ? Le vol de la cuisine palestinienne par l’État sioniste est tout aussi éhonté que son vol de la terre palestinienne. En effet, la cuisine étant si intrinsèquement liée à la géographie, ces deux composantes constituent en réalité une seule et même entité. Les oranges de Jaffa, les olives et l’huile d’olive, le houmous, le taboulé, l’arak, les falafels, le kebbeh et presque tout autre type d’aliments, de boissons et d’ingrédients arabes originaires de Palestine, du Liban, de Syrie, d’Égypte, d’Irak et du reste du monde arabe, deviennent tout d’un coup « israéliens » dans les différents médias de l’État et à travers ses défenseurs occidentaux, sans que leurs véritables origines soient reconnues.

Prenez par exemple cet article du Jerusalem Post qui stipule que l’arak est un produit « autochtone israélien ». « Le spiritueux le plus vendu en Israël est peut-être la vodka, mais son spiritueux autochtone est l’arak », affirme l’auteur. Notez également que plusieurs pays de la région sont cités (Turquie, Grèce, Liban, Jordanie), mais que la Palestine reste en quelque sorte hors de la mémoire de l’auteur. Il s’agit là d’une stratégie typique d’appropriation et d’usurpation culturelle des sionistes : faire la liste des pays et des cultures voisines comme s’ils en faisaient partie, sans mentionner toutefois le pays qu’ils ont détruit et dont ils ont volé la culture. Il faut également se demander comment un État colonial établi en 1948 par des Européens peut revendiquer une cuisine arabe autochtone qui existait plusieurs millénaires avant même sa naissance. Peut-être est-ce là un autre exemple des légendaires « miracles d’Israël ».

Prenez également l’exemple du falafel, présenté par Israël comme son plat « national », une affirmation répétée dans d’innombrables livres et blogs de cuisine, et même dans des articles universitaires. « Ce qui distingue le cas du falafel de celui du riz et du vin, c’est notre accès à ses origines historiques, écrit Yael Raviv. Le falafel n’a pas été intégré dans la société israélienne par un processus long, lent et naturel. Sa transformation en une icône de la culture israélienne a au contraire été précipitée et délibérée. Dans sa recherche urgente de symboles d’unité, le mouvement nationaliste a trouvé le falafel et en a fait un signe de fierté israélienne. » Cet extrait est un exemple remarquable de sophisme anhistorique. Comment le falafel, qui existait bien avant « Israël », peut-il exactement être un « signe de fierté israélienne », sauf s’il s’agit d’être fier d’un vol culturel ?

Dans un moment d’honnêteté rafraîchissant, Gil Hovav reconnaît : « Bien sûr que c’est arabe. L’houmous est arabe. Le falafel, notre plat national, notre plat national israélien, est complètement arabe, et cette salade que nous appelons salade israélienne est en fait une salade arabe, une salade palestinienne. Ainsi, nous leur avons plus ou moins tout volé. » Bien qu’il soit toujours appréciable d’entendre des sionistes reconnaître leurs vols divers et variés, enlever la locution apologétique « plus ou moins » nous aurait permis de nous rapprocher considérablement de la vérité.

La défense ou l’apologie habituelle répond cependant qu’il s’agit d’une question futile : ce n’est que de la nourriture, après tout. Malheureusement, les affirmations israéliennes quant à l’invention de la cuisine palestinienne et arabe sont utilisées à des fins nettement politiques, afin de marginaliser, de discréditer et au final de déposséder le peuple palestinien. Est-ce Golda Meir (née Golda Mabovitch), d’origine russe, qui a inventé le houmous ? Est-ce David Ben Gourion (née David Grün), d’origine polonaise, qui a élaboré la recette du taboulé ? Est-ce peut-être la famille de l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahou (à l’origine Ben Mileikowsky) qui a créé le falafel ? Aussi ridicules que soient ces questions, c’est essentiellement ce que les sionistes nous demandent de croire quand ils se réfèrent à de la nourriture arabe en la qualifiant d’« israélienne ».

L’agriculture et la terre palestiniennes

Une invention historique sioniste courante encore diffusée aujourd’hui consiste à affirmer que « les Israéliens ont fait fleurir le désert [palestinien] ». Selon cette histoire à dormir debout, la Palestine était un endroit horrible et stérile jusqu’à ce que les juifs européens arrivent avec leur technologie et leur savoir-faire supérieurs, faisant ensuite fleurir la Palestine. C’est seulement à ce moment-là, poursuit ce récit capillotracté, que ces pauvres Arabes sont arrivés (d’autres pays, bien évidemment) pour trouver du travail dans cette nouvelle terre, verte et florissante. Récemment, lors de la campagne électorale américaine de 2012, des bigots ouvertement anti-palestiniens tels que Newt Gingrich et Mitt Romney répétaient tels des perroquets cette fiction anhistorique pour essayer de marquer facilement des points politiques.

Voici toutefois quelques faits historiques permettant de contrer ce conte de fées raciste. En 1901, le Fonds national juif a été fondé à Bâle (Suisse) dans le but explicite d’acheter des terres en Palestine en vue d’une colonisation juive exclusivement européenne. En 1948, près d’un demi-siècle plus tard, ils avaient réussi à acheter moins de 7 % du territoire palestinien, principalement à des propriétaires absents vivant hors de la Palestine. En d’autres termes, l’entreprise a été un échec : de manière compréhensible, les Palestiniens n’allaient pas abandonner la propriété légitime de leurs terres, quel qu’en fût le prix.

Pourquoi est-ce important ? Lorsque la Grande-Bretagne a envahi et occupé la Palestine de 1917 à 1948, les Britanniques sont venus non seulement avec leur armée et leur sauvagerie caractéristique, mais aussi avec leurs géomètres et leurs chercheurs, dont la tâche principale était de produire des informations sur le pays qu’ils se retrouvaient à occuper. Ces informations permettaient de remplir des volumes importants de livres renvoyés pour être consommés par le public britannique, ainsi que pour justifier les projets impérialistes de son gouvernement à l’étranger. Un de ces volumes est A Survey of Palestine, un ouvrage de 1 300 pages publié en décembre 1945.

Brillamment résumée par le site web Lawrence of Cyberia, cette étude révèle que les Palestiniens ont produit la grande majorité de la production agricole de la Palestine jusqu’en 1948, dont « 92 % de ses céréales, 86 % de ses raisins, 99 % de ses olives, 77 % de ses légumes, 95 % de ses melons, 99 % de son tabac et 60 % de ses bananes ». Sami Hadawi, dans Village Statistics of 1945 : A Classification of Land and Area ownership in Palestine, a présenté des résultats similaires. D’un point de vue agricole, cela n’a tout simplement aucun sens d’affirmer que les colons sionistes, qui étaient à l’époque minoritaires, qui étaient des propriétaires fonciers minoritaires et qui n’étaient que récemment arrivés en Palestine, ont transformé d’un jour à l’autre un supposé désert en un lit de fleurs.

La réalité est que ce sont les Palestiniens qui ont fait fleurir la Palestine à travers des siècles de labeur et de travail acharné, et non les colons étrangers récemment arrivés d’Europe, de Russie, et, plus tard, des États-Unis et d’ailleurs. Tels sont les faits enregistrés en 1948 à la fois par les Palestiniens autochtones et par leurs occupants britanniques. Ceux qui croient à la magie et aux contes de fées, par contre, peuvent toujours retrouver le confort des mythes sionistes et d’Hollywood.

Conclusion : la corde du mensonge est courte

Les livres, la musique, l’art, la cuisine et l’habit sont ce qui constitue l’essence de la culture et de l’histoire d’un peuple. Les revendications culturelles d’Israël sur la Palestine sont aussi vides de sens que ses revendications territoriales : Israël s’est emparé de ces deux composantes et continue de s’en emparer par la force et l’invention. Le Dr Fayez Sayegh, intellectuel palestinien, expliquait autrefois qu’« Israël existe parce que la Palestine a été contrainte à ne pas exister ». Sayegh ne parlait pas seulement du territoire, mais aussi de l’ensemble de la nation palestinienne qui, naturellement, comprend également ses productions culturelles. Le sionisme, comme tous les autres mouvements européens colonialistes, utilise le vol culturel et historique comme une arme clé dans sa guerre visant à éliminer les Palestiniens autochtones.

L’illusion d’Israël qui veut que la culture palestinienne lui appartienne ne diffère pas du fantasme selon lequel Israël se trouve en quelque sorte en Europe, et non au cœur du monde arabe. Le vol continu de la culture palestinienne en particulier, et de la culture arabe en général, est un reflet accablant de son propre caractère artificiel, de sa pauvreté d’esprit et, en effet, de son illégitimité même. Un proverbe palestinien dit que « la corde du mensonge est courte » : en d’autres termes, un mensonge finit tôt ou tard par être révélé. Le but du projet sioniste en Palestine, à savoir effacer la Palestine de l’histoire et prendre sa place par tous les moyens possibles, est une évidence pour les Palestiniens quasiment depuis sa création ; il est temps que le reste du monde s’en rende compte. Par souci de justice et de décence élémentaire, il est également grand temps de rendre hommage à ceux qui le méritent.

32 Réponses to “Résistance au colonialisme: Comprendre l’ethnocide des Palestiniens…”

  1. ratuma Says:

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Theodor_Herzl

    à connaître – (il n’a pas une morphologie de sémite)

    • Jeu politique de l’oligarchie comme nous l’avons toujours dit. Du reste il y a bien plus de sionistes non juifs que de juifs sionistes. Le sionisme est une invention politique, une fonction économico-coloniale qui ne sert qu’un agenda hégémonique global.
      Le sionisme n’est qu’un des avatars de la domination (coloniale) politico-économique du plus petit nombre sur la vaste majorité. éradiquer état et capitalisme c’est éliminer le colonialisme érigé en institution chrétienne et occidentale depuis 1492. Les « théoriciens » du sionisme n’ont fait que reprendre la même recette et en ont changé la sauce: la « doctrine chrétienne de la découverte » devenant la « doctrine talmudiste de la reconquête » d’une terre qui n’a de fait jamais été « promise » à quiconque par qui que ce soit. Tout cela n’est que pure invention mythologique.

    • Mo'Truckin' Says:

      Bien avant Hertzl, il y a eu un marane (juif de la péninsule ibérique), qui, au 16ème siècle, a été le précurseur du sionisme mondial …
      Son nom ?
      Joseph Nasi !
      Écoute ce que Pierre Hilard en dit dans ses conférences (celle avec Soral) ou dans l’émission de Meta TV …
      (vidéos trouvables sur YT)

  2. Mo'Truckin' Says:

    Salutations, Résistance …
    J’espère que vous allez bien …
    Comment vous remercier pour cet article exceptionnel ?
    L’emploi du mot ethnocide est absolument judicieux …

    • Merci. il est à l’origine de l’anthropologue politique Robert Jaulin…

      • Mo'Truckin' Says:

        Voilà !
        C’est un des aspects extraordinaire du Web !
        Avoir la possibilité d’echanger et d’apprendre …
        Je ne connaissais pas Robert Jaulin et j’ai pris le temps de savoir qui était cet homme …
        La nourriture intellectuelle est indispensable, selon moi.
        Et le malheur actuel réside en ce que la société nous draine vers le bas …

        • Excellent ! Il faut lire « La Paix Blanche » de Jaulin, sur l’ethnocide en Amazonie et ses anaylses anthropologiques. Jaulin/Clastres/Sahlins sont assez inséparables.
          On vient de compléter la série avec leur « père » à tous: Marcel Mauss… et son lumineux « Essai sur le don », à lire et diffuser sans modération😉

        • oui pas de conscience politique viable et durable sans connaissance, l’éducation anarchiste est faite de cela, donner à l’humain les outils de sa propre indépendance tant intellectuelle que pratique afin de mieux mettre tout çà en commun et œuvrer ensemble.
          Le monde moderne spécialise l’individu pour le couper de ses racines, la culture générale est de loin préférable… pourvu qu’on ait accès à l’information sans avoir à fouiller. C’est ce que fait le système éducatif étatique, sans forcément toujours raconter des salades car il aurait déjà été discrédité, il enfouit le conséquent et l’important, pour n’enseigner que le superficiel.
          Il n’est absolument pas dans l’intérêt de l’État et de ceux qui le contrôlent, d’avoir des citoyens éduqués capables de réflexion et de pensée critiques. Ils veulent des gens juste assez bons pour pouvoir faire fonctionner les machines, sans qu’ils se posent les questions idoines et inhérentes… L’éducation étatique (à de rares exceptions près dûes essentiellement à la qualité de certains profs…) est un étouffoir, un mouroir de la pensée critique.
          Il convient dès lors de faire péter les verrous !…

  3. Je me demande si vous connaissez la véritable histoire du peuple Juif ou si vous vous contentez de répéter la propagande d’auto-victimisation palestinienne. Pour reprendre un exemple qui je le sais est cher à votre cœur c’est comme si lors de l’arrivée des colons américains les indiens d’Amérique avaient fui et s’était dispersés dans le monde, essayant de faire vivre leur histoire et traditions malgré l’hostilité des peuples et des tentatives d’éradication qui ont failli réussir. Tout ça en rêvant de pouvoir retourner chez eux, dans leur pays d’origine où ils pourraient vivre librement sans crainte que l’état qui avait la « gentillesse » de les accueillir ne se trouvent en difficulté et les utilisent comme bouc émissaires. Alors quand les amérindiens en ont eu marre de se faire agresser ils ont décidés de retourner chez eux et de vaincre par les armes s’il le fallait les personnes qui les en empêcherait. Et cela me semble parfaitement normal. Maintenant changez le mot « amérindiens » par « Juifs » et vous verrez la levée de boucliers, relent d’un antisémitisme fondateur pour s’opposer aux droits du peuple juif de retourner chez lui, un endroit qu’il a été forcé de quitter physiquement à cause d’une invasion guerrière mais qui n’a jamais quitté son cœur.

    • Hum…
      1) les Amérindiens ne sont pas partis…
      2) qui a dit que c’était « chez eux » ?
      3) dans l’hypothèse même où ce serait vrai, il y a des gens qui vivent là depuis plus de 2000 ans, n’y aurait pas un autre moyen que le nettoyage ethnique ?
      4) pourquoi procéder de manière si occidentale dans la violence et la domination ?
      5) que penser des recherches de l’historien israélien Schlomo Sand ?
      6) y a t’il d’autres documents que la « bible » pour corroborer l’histoire de l’exode et donc du peuple juif ?

      • et Israel Shamir –

        les khazars ne sont pas des sémites – et il n’y a jamais eu de murs autour de Jéricho d’après les fouilles – alors les trompettes …. tout cela ne peut éventuellement qu’être symbolique et je crois que l’on retrouve les mêmes récits dans l’histoire de Gilgamesh

        étrange aussi cette histoire d’éthiopiens juifs –

        Pas la même chose, mais je viens de recueillir un bouquin (quel défaut, un bouquin, il faut que je ramasse ….) qui parle de la « civilisation nuragique » – je suis intriguée

        • Oui ceci aussi d’un grand ponte archéologue israélien:

          “Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarque sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.”
          ~ Professeur Ze’ev Herzog, chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, dans un entretien avec le magazine Ha’aretz le 29 octobre 1999

        • Lisez cet article et vous verrez que la soi disant lutte du « peuple » palestinien n’a aucune légitimité en tout cas pas plus que celle des juifs. http://www.cesgoysquidefendentisrael.com/fr/palestine/origines-du-nationalisme-moderne-palestinien-a-lusage-des-occidentaux/
          Pour répondre au moins à la question 4 : on ne vit pas dans un monde de bisounours donc le seul moyen d’avoir un territoire pour que les juifs soient enfin en sécurité c’est la guerre. J’ai l’impression que vous oubliez que les juifs ne sont pas des états coloniaux qui ont décidés de s’étendre pour piller des continents. C’est un peuple sans terre qui a compris que s’il ne prenait son destin en main pour conquérir un pays il allait rester à la merci de tous les autres états du monde. Vous oubliez aussi que les frontières de notre cher pays ne sont pas fixes depuis si longtemps que ça et que tout pays c’est construit dans la guerre et la conquête. C’est juste la mode culpabilisatrice coloniale qui réprimande Israël de faire ce que tous les peuples du monde ont fait.
          Et dernier exemple, celui de la Grèce : « Il y a seulement cent ans que l’empire ottoman a finalement perdu son autorité qui avait duré 400 ans. Il y a seulement cent ans que la Grèce est redevenue la Grèce libre de l’empire ottoman qui avait réussi à la mettre à genoux pour 400 ans… La Grèce vieille déplus de 2500 ans a réussi à reprendre le dessus et à éliminer les musulmans de ses terres avec l’aide des anglais des français et des allemands. Elle a repris son nom. Elle est a reconquis tous ses territoires qui avaient été ajouté à l’empire ottoman faisant de la Grèce des terres arabes. Israel a fait de même en 1948, mais depuis le monde n’a fait que lui reproché de l’avoir pris aux soit disant palestinians… Refusant à Israel le droit de reprendre toute son autorité sur ses terres qu’ils n’ont jamais abandonné depuis plus de 3000 ans malgré toutes les diasporas qu’ils ont subi. Pourquoi ce qui est bon pour la Grèce de redevenir indépendante et unie, ne l’est pas pour Israel. Pourquoi Israel doit elle lutter pour garder son nom, ses terres, son indépendance… Pourquoi une poignée d’arabes qui ont vécu en Israel pendant un ou deux siècles avant la reconnaissance d’Israël, protégé par l’ empire ottoman peuvent ils avec l’aide des pays du monde entier désarçonner ce pays de ses droits et enflammer le monde par un nouvel antisémitisme ? Pourquoi ? Pourquoi la Grèce oui et Israel non ? Mais maintenant le monde va souffrir pour son attitude, car l’empire ottoman est en marche pour régner un nouvel épisode de plusieurs siècles si le monde ne s’unit pas contre eux…. »

        • Question essentielle: qui dit que ces terres sont la terre du « peuple juif » ?… qui ?
          L’empire Ottoman n’existe plus… Il n’est aujourd’hui qu’un pion géopolitique de l’occident pour maintenir la guerre perpétuelle avec l’aide de l’association saoudo-sioniste.

  4. Je me demande si vous avez bien lu le lien que j’ai mis… En voilà un autre qui vous éclairera peut être plus : http://www.sefarad.org/lm/045/3.html

  5. Petit texte de « ces goys qui défendent Israël » (des non-juifs) ça doit faire drôle à la morale bien pensante occidentale du moment
     »
    Que les choses soient claires :

    Il y a presque 70 ans, si Israël n’avait pas obtenue son indépendance, la région aurait été découpé ainsi ;
    -Le Golan serait syrien.
    -La région de Nahariya-Acre serait libanaise.
    -Gaza et le Néguev seraient égyptiens.
    -Et le reste de « la Palestine mandataire » serait la Jordanie découpée en deux régions, à l’est du Jourdain la « transjordanie » et à l’ouest du Jourdain la « cisjordanie ».

    Le peuple juif se serait à nouveau dilué dans la diaspora et aurait continué à subir les brimades de l’antisémitisme dans beaucoup de pays.

    MAIS voilà, Israël a obtenue sont indépendance car la partition de la « Palestine mandataire », entre juif et arabe, à belle et bien été faite :
    -Les terres à l’ouest du Jourdain pour les juifs ; Israël.
    -Les terres à l’est du Jourdain pour les arabes : la Jordanie, dont le drapeau depuis, à la seule petite différence de l’étoile blanche, est celui des palestiniens.
    -Gaza à l’Égypte.

    Alors, au bout de presque 70 ans il serait bon que les conneries s’arrêtent un fois pour toute car les dit « palestiniens » ont aujourd’hui DEUX ÉTATS LIBRES ET INDÉPENDANTS A EUX : GAZA à l’ouest du Jourdain et LA JORDANIE à l’est du Jourdain. »
    Buffalo

  6. Et je veux juste vous faire remarquer que vous commencez à verser dans la théorie du complot à chaque fois employée pour attiser la peur du Juif afin de remettre en question leur simple désir de pouvoir vivre ou pas leur foi en toute sécurité en projettant des fantasmes de complots et domination mondiales (le tout sans la moindre preuves à part un esprit fantaisistes qui ne voit que ce qu’il veut bien voir). Cordialement. Si vous voulez continuer cette discussion par e-mail libre à vous.

    • non merci, vous ne répondez pas aux questions, c’est un dialogue de sourd.
      Qui a dit que cette terre appartenait au « peuple juif » ?…
      bonne continuation.

    • “Le sionisme a sécularisé et nationalisé le judaïsme. Pour y parvenir, les penseurs sionistes affirmèrent la possession du territoire biblique et recréèrent, en fait le réinventèrent, comme le berceau de leur nouveau mouvement nationaliste. Comme ils le voyaient, la Palestine étaient occupée par des ‘étrangers’ et avaient été repossédée. ‘Étrangers’ ici voulait dire tout non-juif qui avait vécu en Palestine depuis la période romaine. En fait pour bien des sionistes, la Palestine n’était même pas une terre ‘occupée’ quand ils arrivèrent dessus en 1882, mais plutôt une terre ‘vide’: les natifs palestiniens qui vivaient là leur étaient invisibles ou sinon, ils faisaient partie de la dureté et des obstacles de la nature et à ce titre devaient être conquis et retirés du paysage. Rien, ni pierres, ni Palestiniens, devaient se mettre sur le chemin de la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme était un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique colonialiste…”
      ~ Ilan Pappe, professeur et chaire d’histoire à l’université d’Exeter, “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006 ~

    • vous utiliser tous les poncifs éculés du troll de base…
      Il est à se demander si vous vous rendez compte du ridicule des « citations » de la fine équipe de buffalo bill and co que vous copiez/collez. C’est le grand cirque propagandiste porté à un niveau assez époustoufflant reconnaissons-le…😀 😀

      Nous réitérerons notre question: qui a dit que cette terre appartenait au « peuple juif » ?😉

      • La terre appartient à tout le monde et à personne mon très cher, et ce sont les armes qui parlent pour établir une souveraineté et non pas un quelconque droit qui est par nature illégitime. Les armes ont parlé comme de tout temps mais une conquête de territoire avec la création de 2 pays bien distinct ne peut être assimilée à un ethnocide comme le revendique l’auto-victimisation des palestiniens. Dans ce cas, remettez en question la France qui après tout n’est rien d’autre que des Gaullois envahit par des romains puis par des barabares etc etc. Allez vous appelez la France la Gaule mon cher ? Aucun état du monde n’est légitime dans ce cas car tous les états ont été définis par des guerres, des conquêtes et des invasions.

        • Là nous sommes d’accord ! Aucun état n’est légitime mais cela ne répond pas à la question de qui a décrété la « propriété » de cette terre. Qui ?

  7. Et pour vous embêtez encore un peu avec Buffalo et compagnie qui vous forcent à remettre en question votre antisémitisme (camouflé par l’antisionisme) un dernier texte :
    Quelques réflexions sur la Palestine.

    L’origine du nom de « Palestine », que se dit « Filastin » en arabe, provient du peuple des Philistins, un peuple de commerçants indo-européen et non sémite, sans doute d’origine grecque ou crétoise, appelé « peuple de la mer » par les Egyptiens et installé sur la côte entre Ashdod et Gaza et qui ont toujours été des ennemis jurés des Israélites.
    Et les Philistins tiennent leur nom biblique de l’hébreu « Peleshet » qui signifie « envahisseurs ». Se battre contre une « occupation » toute en revendiquant un nom qui signifie « envahisseur », faut oser !

    Palestine, du latin « Palaestina », dérivé du grec ancien « Palestina », est un nom qui apparaît au 5ème siècle av JC dans les écrits d’Herodote et plus tard dans ceux Ptolémée et de Pline l’Ancien.
    Dans ces écrits, le terme complet est « Palestine de Syrie » et jamais de Palestine seule et la Palestine de Syrie est décrite séparément de la Judée et de la Samarie.
    Ce sont les Romains de l’Empereur Hadrien, en 135, qui débaptisent la « Provincia Judea » et l’incluent dans la grande province de « Syria Palaestina », après la révolte de Bar Khoba où deux tiers de la population juive de Judée (le même taux que les juifs d’Europe pendant la Shoah) disparaissent dans la répression romaine.

    Le nom de Palestine, pour désigner toute la région entre la Turquie, le désert de Syrie, l’Égypte et la Méditerranée, apparaît au IIème siècle de notre ère dans le cadre d’un nettoyage culturel des Hébreux de la région par l’Empire Romain.
    Le nom perdure sous l’Empire Byzantin puis les Empires arabes et turcs.

    L’accord Sykes-Picot entre la Grande Bretagne et la France de 1916 partage ce large territoire entre les deux grands vainqueurs de la Grande Guerre.
    L’accord Paulet-Newcombe de 1920 fixe les frontières entre le mandat français du Liban et de Syrie et le mandat britannique, appelé « British Mandate of Palestine », comprend les territoires actuels d’Israël et de la Jordanie.
    Le nom de Palestine disparait avec la fin du mandat britannique en 1948 : La Palestine mandataire étant scindée en deux ; Israël pour les juifs, la Jordanie pour les arabes musulmans.
    De 1948 à 1967, le territoire de l’ancien mandat britannique est partagé entre trois états : Israël, Égypte (Bande de Gaza), Jordanie (Judée-Samarie sous occupation militaire jordanienne).

    Le nom de Palestine est remis au goût du jour en 1964 lors de la création par l’Égypte de l’Organisation de Libération de la Palestine.
    Sachant que la Bande de Gaza est alors occupée et administrée par l’Égypte et la Judée-Samarie par la Jordanie, la création de l’OLP désigne clairement Israël comme le territoire à « libérer ».

    Résumons :

    -Continuer à appeler cette région « Palestine » revient à appeler « Gaule » le territoire français et est une négation permanente non seulement d’Israël mais aussi de la Jordanie qui faisait partie de la Palestine britannique ainsi que de la Palestine Ottomane ou Byzantine.
    Le mot Palestine n’a plus de raison d’être et n’existe encore officiellement que par un militantisme politique et terroriste qui ne correspond à aucune réalité contemporaine ou même historique.

    -Il existe, sur cette terre, une région géographique aux frontières naturelles.
    La Méditerranée à l’ouest, les déserts du Negev et du Sinaï au Sud, le fleuve Jourdain à l’est et les montagnes du Liban au nord.
    À l’intérieur de ces frontières naturelles, il est totalement illusoire et artificiel de créer des frontières.
    Checkpoints, murs « de la honte » et barbelés vont fleurir sur ce bout de terre grand comme une région française et vont stérilement entraver toute activité humaine et économique. Tracer une frontière artificielle sur une carte est précisément le genre d’arrogance colonialiste avec laquelle les Européens ont mis le bazar partout en Afrique et au Moyen-Orient au XIXème et XXème siècles.

    -Les lignes d’armistice sont des positions de combat à un instant donné et ne peuvent représenter une frontière définitive. Sinon, l’armistice de 1918 établissait la frontière française à Verdun et l’Allemagne de 1945 aurait été comprise dans l’espace libre dans la poignée de main entre Américains et Russes à Torgau.

    -L’Autorité Palestinienne en tant qu’administration est un échec complet.
    Les territoires qu’elle devait gérer sont, de facto et malgré l’accord de gouvernement Fatah/Hamas, séparés en deux entités autonomes dont l’une tenue par une organisation terroriste reconnue comme telle par la communauté internationale.
    Le processus démocratique est d’ores et déjà interrompu avec un président élu pour 4 ans mais qui se maintient au pouvoir depuis 10 ans.
    La corruption et le détournement de l’aide financière et humanitaire internationale sont la seule véritable activité économique de cette administration.

    Conclusions:

    Créer un état palestinien déjà gangrené par tout ce qui peut gangrener un état-nation moderne, adjacent à Israël, en imposant des frontières artificielles basées sur des lignes de combat et qui devront être militairement tenues et renforcées par des séparations artificielles d’ores et déjà condamnées en bloc par l’opinion publique, c’est au mieux d’une terrifiante arrogance naïve et qui refuse d’apprendre les leçons de l’histoire et au pire est une véritable déclaration de retrait de reconnaissance, voire de guerre, à Israël, la seule démocratie d’état de droit de toute la région.

    Nous sommes fermement opposés à la création d’un autre état de Palestine, puisse qu’il existe déjà depuis 1994 et est totalement indépendant, avec des frontières internationales, depuis 2005 (Gaza).
    Il est au contraire largement temps de soutenir Israël sans conditions et sans réserve, de soutenir la restitution pleine et entière de la Judée et de la Samarie à Israël et de reconnaître Jérusalem comme la capitale unique et indivisible de l’état d’Israël.
    Non pas seulement par pro-sionisme ou philosémitisme mais surtout par cohérence avec nos propres valeurs de démocratie parlementaire d’état de droit.

    Buffalo pour les CGQDI

  8. Définition du colonialisme par Wikipédia : « Le colonialisme est une doctrine ou une idéologie justifiant la colonisation entendue comme l’extension de la souveraineté d’un État sur des territoires situés en dehors de ses frontières nationales ». Qui dit colonialisme dit qu’il faut un D’ABORD un état. Dans l’idéologie sioniste je vois pour ma part un simple peuple utilisant son droit légitime à disposer de lui-même.

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