Resistance au colonialisme: La falsification des « traités » comme partie de la supercherie coloniale… Le cas du traité de Canandaigua de George Washington (MNN)

La ceinture wampum de George Washington en 1794

 

Mohawk Nation News

 

22 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/03/22/george-washington-belt-1794/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous pensions que le Conseil des Chefs d’Onondaga Inc. et le Conseil de Saint Regis d’Akwesasne Inc. allèrent récemment à Washington D.C afin de donner la fessée à George Washington pour ce qu’il nous a fait. Au lieu de cela, ils étaient tout sourire et commémoraient la ceinture wampum de George Washington de 1794, autrement nommée le traité de Canandaigua. Cette ceinture honore la doctrine de la découverte et la mise en place d’une relation génocidaire de maître à esclave connue aujourd’hui sous le nom de loi fédérale indienne. Ils ont le traité de papier et notre terre et nous avons cette ceinture qui pendouille dans leur capitale.

Cette ceinture wampum fait environ 1m90 de long (6 pieds) et représente 13 grandes personnes debout de chaque côté de la ceinture symbolisant les 13 lignes de sang. La Maison Blanche y est montrée avec une petite longue maison iroquoise à l’intérieur. Deux personnes plus petites, un Mohawk (gardien de la porte orientale de la confédération) et un Seneca (gardien de la porte occidentale de la confédération) se tiennent debout à côté de la longue maison. Les bras sont tendus au-dessus d’eux suggérant qu’ils sont devenus les pupilles de l’état et qu’ils sont protégés par celui-ci. (NdT: voir la photo de la ceinture si intéressé dans l’article original en anglais) Les Mohawks et les Seneca ne furent jamais partie prenante de cet “accord”. Ceci n’est qu’une fraude ! (NdT: de plus…)

George Washington balladait cette ceinture pour la donner à ceux qui acceptaient son accord, celui de s’assoir sur nous et de nous dire ce que nous avions à faire. Cette ceinture n’est jamais passée en session de Grand Conseil Rotino’shonni (iroquois, représentant les 6 nations) et elle est donc de ce fait totalement illégitime. Quiconque honore cette ceinture nous montre qu’il/elle a quitté le canoë et est allé de l’autre côté, sur le navire colon, de son plein gré. Rappelez-vous de ce qui est arrivé au traître Joseph Brant (1743-1807) en 1804 ! (NdT: Joseph Brant de son nom mohawk Thayendanagea est une figure controversive et controversée. Mohawk éduqué dans les écoles anglaises, capitaine dans l’armée britannique soi-disant “chef de guerre Mohawk” pour les colons qui en ont fait un symbole de la collaboration fructueuse entre deux mondes, il est méprisé par les siens et il mourut esseulé dans sa propriété de Brantford en Ontario, octroyée pour services rendus à la couronne. Brant ne fut qu’un “chef sapin” (pine tree chief selon Kaiane’re:kowa), c’est à dire dans la tradition iroquoise, un leader reconnu, conseiller, mais n’ayant pas le droit de siéger en conseil. Sa mission pour les colons fut de diviser la nation mohawk et il y parvint dans une certaine mesure. Les britanniques et les colons en ont fait un modèle alors qu’il est méprisé par son peuple traditionnel et considéré comme un traître, comme vient de le dire l’auteure de cet article…)

Oren Lyons, Sid Hill, Jake Edwards, Sam George, Leo Henry et bien d’autres du conseil corporatif d’Onondaga et de la corporation tribale mohawk (NdT: le mot “tribal” employé par un amérindien est péjoratif. La notion de “tribu” n’existe pas chez les Indiens où la société fonctionne en clans, en nations et parfois en confédération de nations comme celles des Iroquois, des Algonquins, des Sioux, etc… Le mot “tribu” est un terme colonial qui sert à dénaturer, discréditer l’organisation politique amérindienne existante et plus que fonctionnelle aux yeux des colons.) de St Regis ont célébré cette ceinture comme si elle était légitime. Quelques Senecas participèrent à cette récente commémoration mais ceux qui jouent double-jeu ne les ont pas invités ni inclus dans la photo “officielle” avec la ceinture. Les Onondaga Oneida, Cayuga, and Tuscaroa savent que c’est illégitime sans la présence de leurs frères aînés (Mohawk et Seneca) présents à chaque réunion de conseils.

Il est grand temps maintenant pour qu’Ongwe’honweh (natifs de l’Île de la Grande Tortue) arrête d’honorer ces ceintures de traités. Elles n’ont jamais honoré leur côté. A chaque fois que nous mettons nos Gustowas et nos chemises et que nous marchons coude à coude avec les fédéraux, nous ne faisons que célébrer le déshonneur qu’ils ont apporté de leur côté à chaque ceinture à laquelle ils ont adhéré.

*Clarification: Le 23 Mars 2016, John Kane (Mohawk et hôte de “Let’s Talk Native”) a fait ce commentaire très important:

“… la ceinture n’a aucune signification. Quelque soit l’intention de ces images, cela ne veut absolument rien dire. Il n’y a aucun terme à un accord. Il n’y a pas de narratif archivé de sa signification. Washington a fait faire cette ceinture. Il a commissionné un Oneida pour la fabriquer deux ans avant même le traité de Canandaigua. Ses hommes l’ont sans doute transportée avec eux là-bas, mais il n’y a absolument aucune connexion entre ces images de la ceinture qui sont très insultantes et le traité de 1794. Aussi merdique que cette coupe dans le territoire fut, il n’y a rien dans le traité qui demande pour une protection ou qui suggère une quelconque subjugation. Trois fois dans le traité de “Canandaigua” les Etats-Unis mentionnent qu’ils reconnaissent notre terre comme étant la NÔTRE et que les Etats-Unis ne la demanderont jamais et ce malgré la doctrine chrétiene de la découverte et ce que la cour suprême de John Marshall dira quelques 30 années plus tard. L’article 7 de ce traité est parfaitement clair et stipule qu’AUCUNE autorité ne sera imposée par les Etats-Unis, même dans le cas de mauvaises actions par des individus esseulés. Ne me méprenez pas, ce document est une merde infâme, qui ne fut jamais ratifié par les deux côtés. Mais RIEN du langage du traité de “Canandaigua”ne représente les images de la ceinture fournie par “Ranatakaias*”, le nom que nous donnons à George Washington.”

(*) Ranatakaias veut dire: “Il est comme un chien enragé qui court dans le village et attaque, mord et tue tout, sans discrimination.”

9 Réponses to “Resistance au colonialisme: La falsification des « traités » comme partie de la supercherie coloniale… Le cas du traité de Canandaigua de George Washington (MNN)”

  1. Et bien, ainsi les choses sont claires non ?

    Je le reblog celui-là dans la journée… Oblabla n’avait pas placé sa première mandature sous celle de Washington ? Et le Maréchal lui sous celle de Jules Ferry ? Nous devons briser ce paradigme mortifère induit par une mini-élite le plus rapidement possible. Rappelez-vous que ces larbins des larbins sont là pour nous mettre en esclavage, comme ils le font depuis toujours…
    Tenez, j’ai expliqué la technique d’Oblabla ici ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/01/04/bis-repetita/

    Comme dit Étienne Chouard ; Sus aux Frelons Oisifs !

  2. Tenez, voici le résultat final ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/03/27/le-navire-colon/ C’est incroyable, comment au détour d’un article de MNN apparemment, mineur, surgie, intacte, l’envie de botter le cul aux Zuniens de papier en premier lieu, puis aux colonisateurs de tous poils ensuite !

    • oui la falsification est de tous les instants !.. L’état, par essence totalitaire et colonisateur est une machine de guerre fabricant, par ceux qui l’animent, ses propres justifications à toutes les crimes et exactions commis.
      Le fait est: Nous ne vivons en aucun cas dans un monde « post-colonial » comme on nous l’assène depuis plus de 50 ans maintenant, mais bel et bien dans un monde de l’hégémonie du plus petit nombre, du colonialisme forcené et galopant.

  3. L’affirmation de Fidel Castro, de 1973, dans l’article original vaut le jus, non ?
    Oblabla ne lui en a pas reparlé lors de sa venue ? 1973 étant tout de même une année noire pour l’Amérique Latine.

  4. […] de Fort Harmer, que les Américains violèrent une fois de plus. En 1794, il demanda la paix avec le traité de Canandaigua. Tous les traités ont été violés, les rendant de facto nuls et non […]

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