Nouvel Ordre Mondial: Prolifération nucléaire au Moyen-Orient… Apocalypse Now ?…

Les barjots saoudiens nucléarisés avec leurs potes israéliens ? Quand la dissuasion passe à l’action, parce que armes nucléaires ont déjà été utilisées récemment au Yémen par exemple avec une bombe à neutron (israélienne ?)…

Le programme des réjouissances à venir est alléchant avec la maison saoudo-turco-sioniste derrière l’EIIL/Daesh. On est parti pour une sérieuse partie de chantage nucléaire en sous-main, chantage qui a déjà sûrement commencé du reste… A qui tout cela profite t’il ?

— Résistance 71 —

 

Le Proche-Orient nucléarisé

 

Thierry Meyssan

 

7 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190596.html

 

Pendant que l’Occident faisait pression sur l’Iran pour qu’il abandonne son programme nucléaire civil, les Saoud achetaient la bombe atomique à Israël ou au Pakistan. Désormais, à la surprise générale, le Proche-Orient est devenu une zone nucléarisée, dominée par Israël et l’Arabie saoudite.

En 1979, Israël terminait la mise au point de sa bombe atomique, en collaboration avec le régime d’apartheid sud-africain. L’État hébreu n’a jamais signé le Traité de non-prolifération et a toujours évité de répondre aux questions relatives à son programme nucléaire.

Depuis 1980, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté chaque année par consensus une résolution appelant à faire du Proche-Orient une zone exempte de toute arme nucléaire. Cette résolution visait à encourager Israël à renoncer à sa bombe et à prévenir que d’autres États ne se lancent dans une course aux armements.

L’Iran du Shah disposait également d’un programme nucléaire militaire, mais celui-ci n’a été poursuivi que de manière marginale après la révolution de 1979 du fait de la guerre imposée par l’Irak (1980-88). Cependant, ce n’est qu’à la fin de celle-ci que l’ayatollah Rouhollah Khomeini s’opposa aux armes de destruction massive et prohiba par conséquent la fabrication, la détention et l’usage de l’arme atomique.

Commencèrent alors les négociations pour la restitution des 1,180 milliards de dollars d’investissement iranien dans le complexe Eurodif d’enrichissement d’uranium. Cependant, rien ne fut jamais résolu. Ainsi, lors de la dissolution d’Eurodif, en 2010, la République islamique détenait toujours 10 % du capital. Il est probable qu’elle porte aujourd’hui une part de la Société d’enrichissement du Tricastin.

De 2003 à 2005, les négociations relatives au contentieux nucléaire sont présidées, côté iranien, par cheikh Hassan Rohani, un religieux proche des présidents Rafsandjani et Khatami. Les Européens exigent au passage que l’Iran démantèle ses filières d’enseignement de physique nucléaire de manière à être certains qu’il ne puisse pas relancer son programme militaire.

Cependant, lorsque Mahmoud Ahmadinejad —un partisan de la relance de la Révolution khomeiniste— arrive au pouvoir, il rejette l’accord négocié par cheikh Rohani et le limoge. Il relance l’enseignement de la physique nucléaire et lance un programme de recherche visant, notamment, à trouver un procédé de production électrique à partir de la fusion et non de la fission comme le font actuellement les États-unis, la Russie, la France, la Chine et le Japon.

Accusant le président Ahmadinejad de « préparer l’Apocalypse pour hâter le retour du Mahdi » (sic), Israël lance une campagne de presse internationale pour que l’on isole l’Iran. En réalité, Mahmoud Ahmadinejad ne partage pas la vision juive d’un monde mauvais qui doit être détruit, puis reconstruit, mais d’une maturation progressive de la conscience collective jusqu’à la parousie, le retour du Mahdi et des prophètes. Simultanément, le Mossad assassine un à un de nombreux scientifiques nucléaires iraniens. De leur côté, les Occidentaux et le Conseil de sécurité des Nations unies prennent des sanctions toujours plus dures jusqu’à isoler totalement l’Iran au plan économique et financier.

En 2013, le Guide de la Révolution, l’ayatollah Ali Khameinei, accepte de discuter secrètement avec Washington, à Oman. Persuadé qu’il lui faut desserrer l’étau qui étouffe son pays, il envisage un accord provisoire de dix ans. Suite à un accord préliminaire, le candidat d’Ahmadinejad à l’élection présidentielle n’est pas autorisé à se présenter et cheikh Hassan Rohani est élu. Il reprend les négociations qu’il avait quittées en 2005 et accepte les conditions occidentales, dont l’interdiction d’enrichir de l’uranium à 20 %, ce qui met fin aux recherches sur la fusion.

En novembre 2013, l’Arabie saoudite organise un sommet secret réunissant à la fois les membres du Conseil de coopération du Golfe et des États musulmans amis [1]. En présence de délégués du secrétaire général de l’Onu, le président israélien Shimon Peres intervient par vidéo-conférence. Les participants concluent que le danger n’est pas la bombe israélienne, mais celle dont l’Iran pourrait un jour se doter. Les Saoudiens assurent leurs interlocuteurs qu’ils prendront des initiatives.

La coopération militaire israélo-saoudienne est nouvelle, mais les deux pays agissent de concert depuis 2008, lorsque Riyad finança l’expédition punitive « Plomb durci » d’Israël à Gaza [2].

L’accord 5+1 ne sera rendu public qu’à la mi-2015. Durant les négociations, l’Arabie saoudite multiplie les déclarations selon lesquelles, elle se lancera dans une course aux armements si la communauté internationale ne parvient pas à contraindre l’Iran à démanteler son programme nucléaire [3].

Le 6 février 2015, le président Obama publie sa nouvelle « Doctrine de sécurité nationale ». Il y écrit : « Une stabilité à long terme [au Moyen-Orient et en Afrique du Nord] requiert plus que l’usage et la présence de Forces militaires états-uniennes. Elle exige des partenaires qui soient capables de se défendre par eux-mêmes. C’est pourquoi nous investissons dans la capacité d’Israël, de la Jordanie et de nos partenaires du Golfe de décourager une agression tout en maintenant notre engagement indéfectible à la sécurité d’Israël, y compris par son avance militaire qualitative » [4].

Le 25 mars 2015, l’Arabie saoudite débute l’opération « Tempête décisive » au Yémen visant à rétablir le président yéménite renversé par une révolution populaire. Il s’agit en fait d’appliquer l’accord secret israélo-saoudien d’exploitation du champ pétrolier de Rub’al-Khali [5].

Le 30 mars 2015, un état-major militaire commun est installé par les Israëliens au Somaliland, un État non reconnu. Dès le premier jour, l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Maroc et le Soudan y participent, sous commandement israélien.

Le lendemain, 1er avril 2015, la Ligue arabe, lors de son sommet de Charm el-Cheick adopte le principe d’une « Force arabe commune » [6]. Officiellement, il s’agit d’appliquer le Traité de Défense arabe de 1950 pour lutter contre le terrorisme. De facto, la Ligue a validé la nouvelle alliance militaire arabe sous commandement israélien.

Les déclarations de l’analyste saoudien Dahham Al-’Anzi, le 15 février 2016 sur Russia Today —immédiatement traduites et diffusées par le service israélien du Memri— ont eu un écho considérable dans le monde arabe. Pourtant, aucun responsable politique international, pas même saoudien, ne les a commentées. Et Russia Today les a retirées de son site internet.

Les déclarations de Dahham Al-’Anzi —un intellectuel proche du prince Mohamed ben Salman— laissent à penser qu’il ne parlait pas d’une bombe atomique stratégique (bombe A ou H), mais tactique (bombe N). En effet, on ne voit pas comment l’Arabie saoudite pourrait « protéger les Arabes » de « la dictature » en Syrie en utilisant une bombe atomique stratégique. Au demeurant, cela correspond à ce qui a été déjà observé au Yémen. Cependant, rien n’est sûr.

Il est évidemment peu probable que l’Arabie saoudite ait fabriqué elle-même une telle arme, sachant qu’elle n’a absolument pas les compétences scientifiques en la matière. Il est par contre possible qu’elle l’ait achetée à un État non signataire du TNP, Israël ou le Pakistan. Si l’on en croit Duane Clarridge, c’est Islamabad qui aurait vendu son savoir-faire, mais dans ce cas, il ne peut s’agir d’une bombe à neutrons

Que ce soit une bombe tactique ou stratégique, l’Arabie saoudite ayant signé le Traité de non-prolifération (TNP) n’avait pas le droit de l’acquérir. Mais il suffirait au roi Salman de déclarer avoir acheté cette arme en nom propre pour ne pas être concerné par le Traité. On sait en effet que l’État d’Arabie saoudite est la propriété privée du roi et que son budget n’est qu’une partie de la cassette royale. On assisterait alors à une privatisation des armes nucléaires ; un scénario jusqu’ici impensable. Cette évolution doit être prise très au sérieux.

En définitive, tout laisse à penser que les Saoudiens ont agi dans le cadre de la politique états-unienne, mais qu’ils l’ont outrepassée en violant le TNP. Ce faisant, ils ont posé les bases d’un Proche-Orient nucléarisé dans lequel l’Iran ne pourra pas jouer le rôle que cheikh Rohani ambitionnait de retrouver, celui de « gendarme régional » pour le compte de ses amis anglo-saxons.

[1] « Shimon Peres s’est exprimé devant le Conseil de sécurité du Golfe, fin novembre », Réseau Voltaire, 3 décembre 2013.

[2] « La guerre israélienne est financée par l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 janvier 2009.

[3] “Prospect of deal with Iran pushes Saudi Arabia and Israel into an unlikely alliance”, Kim Sengupta, The Independent, March 30, 2015

[4] « Obama réarme », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 février 2015.

[5] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 avril 2015.

28 Réponses to “Nouvel Ordre Mondial: Prolifération nucléaire au Moyen-Orient… Apocalypse Now ?…”

  1. Ratuma Says:

    ils n’avaient qu’à se pencher sur les centrales au thorium éventuellement (Edgard Nazare – mentionné sur un article de Thierry Meyssan)

  2. Un passant Says:

    Et du côté des 2 Corées, Chine, Japon, c’est chaud aussi (enfin, ça gesticule en tout cas)… Et Inde-Pakistan… Et des risques d’attentats sur une centrale (on vient d’en parler sérieusement en Belgique avant de jeter l’info aux oubliettes)… Etcétéra…
    La question me semble-t-il n’est plus: cela va-t-il péter, mais où et quand??
    Bonne journée quand même ;p

  3. C’est pour le Liban que ça pue,
    Et ça fait chier.
    L’accueil et la gentillesse Libanaise ne sont pas une légende.

  4. benchikh Says:

    peut on dire que les Saoudiens ont vraiment la bombe atomique ?

    • A notre avis non. Ils ont une capacité nucléaire assisté par israél et la pakistan, ont-ils des armes nucléaires de manière autonome ? Nous ne le pensons pas, mais bon… on se gourre peut-être ce n’est qu’un avis.
      Ce que nous pensons est la chose suivante: Israël et l’Arabie Saoudite ont un intérêt commun… celui d’être abandonné par l’empire une fois leur fonction remplie au MO. Les Yanks trahissent toujours et leur intérêt est de protéger leurs régimes criminels. Le régime saoud et le régime sioniste sont dans la même galère. La guerre du Yémen signe leur alliance de terrain. Ensemble ils essaient de doubler les yanks, du moins de leur imposer leur survie à long terme…

      • Un passant Says:

        Alors même ceux qui sont clairement identifiés comme alliés (le régime saoud) ou tireurs de ficelles (le régime sioniste) peuvent être dégagés qd bon leur semblera par « les yanks »? Qui sont exactement ces yanks qui ont un tel Pouvoir?

        • La succursale de la City de Londres: Wall Street et son bras armé la CIA. La maison Al Saoud, le sionisme par exemple, en sont des produits. Yankland est l’état dominant, lui-même n’est qu’un moyen de domination utilisé par les proprios banquiers et autres industriels trans et supra nationaux. Le monde est régit par une entité qui se résume aux trois cités: la City de Londres pour la finance et la politique, le Vatican pour la finance et le contrôle religieux et Washington D.C pour le bras armé.

        • Ratuma Says:

          j’aimerais bien que Parabellum666 donne sa réponse !!!

        • Un passant Says:

          Intéressant, merci y compris pour les liens et leurs débats en commentaires, comme quoi ce que vous affirmez peut être sujet à controverse (rôle du protestantisme par ex) et il est donc difficile pour un non-spécialiste doté d’esprit critique de s’y retrouver avec exactitude… mais je lis d’autres commentaires plus bas et j’allais justement vous demander: et la Russie (ex-urss) et la Chine dans tout ça?? (3 cités)

        • Le message est limpide:

        • Un passant Says:

          Gracias por el mensaje sin pasamontanas, linda musica, lindas personas… y la letra que ya conocia gracias entre otros a vuestro blog!
          Par contre, je reste quelque peu dans l’ombre quant au rôle de la Russie et de la Chine par rapport aux « 3 cités » qui « régissent le monde »…

        • De nada.
          Elles doivent subir car elles sont rattachées toutes deux aux systèmes monétaires mondiaux, au système de transfert/paiement SWIFT totalement contrôlé par Londres et WS… Le but des BRICS est de déverrouiller tout çà, mais pas sûr non plus.
          Notre point de vue est que la Chine en croque et fait partie du N.O.M, la Russie est tiraillée.
          Quelle est la véritable nature des liens entre Poutine et Kissinger depuis toutes ces années ?… Si on pouvait répondre à cette question, on aurait plus de certitude.😉

        • Ratuma Says:

          Parcelse a dit : à Luther et au Pape je donnerai du fil à retordre – c’est donc qu’à l’époque il y avait déjà quelques soucis ……

        • Un passant Says:

          Las formigas tienen mucho que trabajar!😉

    • Ratuma Says:

      s’ils l’ont, c’est que quelqu’un leur a donné ??

      et la Corée du Nord ?? C’est autre chose, mais il y a des risques

      • La Corée du Nord est totalement aux ordres de la Chine, elle ne peut rien faire sans le feu vert chinois. En fait, la CN est la marionnette que les Chinois agitent quand ils veulent quelque chose… Israël et l’Arabie Saoudite sont des créations de l’occident, qui savent qu’ils peuvent passer à la trappe à tout moment. C’est Golda Meir qui avait dit déjà dans les années 70 qu’avant qu’Israël ne « meure », il détruira son créateur occidental qui l’aura lâché (ceci a été dit, par un ponte israélien, pas sûrs que ce soit Golda Meir…). Les Al-Saoud développent la même stratégie de survie. En cela les deux lascars du MO sont des états voyous dans le plus pur sens du terme… Ils ne s’en défendent même plus.

  5. benchikh Says:

    Merci pour votre réponse R71,les deux (états) Saoud,Israel,sont des états imaginaires ,qui sont été mal formés ,ils ressemblent à une naissance déformée,leur age à une courte période.

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