Résistance politique: Quelques organisations de lutte anarchiste au XXème siècle…

Une lutte anarchiste qui ne se revendique pas comme telle pour cause d’origine autochtone mais qui en porte bien des caractères organisationnels depuis 1994: La société zapatiste du Chiapas autonome au sud du Mexique. Elle correspond tout à fait à ce que le professeur de science politique Taiaiake Alfred qualifie « d’anarcho-indigénisme ».

— Résistance 71 —

 

L’anarchisme et les mouvements de lutte et de libération du XXème siècle

 

Robert Graham

 

21 Février 2016

 

url de l’article original:

https://robertgraham.wordpress.com/2016/02/21/anarchism-and-20th-century-liberation-movements/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans la période post-seconde guerre mondiale, les anarchises ont continué à s’opposer au colonialisme et à la domination impérialiste, mais étaient très attentifs à ceux qui essayèrent de prendre avantage des luttes de libération nationale pour faciliter leur propre accession au pouvoir, comme les états dits socialistes avaient essayé de rassembler le mécontentement populaire en Europe et avaient réussi à le faire en Russie et en Chine.

S’appuyant sur le concept de James Burnham sur la révolution gestionnaire (1941), tout en rejetant ses conclusions pessimistes et politiquement conservatrices, l’anarcho-syndicaliste Geoffrey Ostergaard (1926-1990) mettait en garde au sujet “d’une classe de gestionnaires de plus en plus puissante” qui détient la prospective de “l’émancipation, mais en réalité remet les travailleurs entre les mains de nouveaux maîtres”, transformant les syndicats et autres formes d’organisation populaires en “des instruments plus rafinés pour discipliner les ouvriers” après que les intellectuels, les leaders syndicaux et les fonctionnaires des partis aient réussi à surfer la vague du mécontentement populaire et assumer des positions de pouvoir.

Les anarchistes français associés au Groupe Anarchiste d’Action Revolutionnaire (GAAR) reconnurent la “prolifération des états-nations” comme une “tendance historique irréversible, un retour de bâton contre la conquête du monde” par les puissances européennes et que bien que “le mouvement d’émancipation nationale ne vise pas a une société libertaire, une telle société ne peut pas être atteinte sans eux. Seulement à la fin d’un large processus de redistribution des activités humaines sur un plan géographique, égalitaire, pourra alors une fédération de personnes supplanter les états.”

Quoi qu’il en soit, les anarchistes pouvaient permettre aux “mouvements de libération nationale, seulement un soutien éminemment critique”, car la mission des anarchistes demeure “de torpiller les fondations de toutes visions du monde nationalistes, ainsi que chaque institution impérialiste et coloniale. Le gros de l’exploitation et de l’oppression, de l’injustice et de la misère, de la haine et de l’ignorance, étant toujours l’État et ce dans quelque ramification qu’il apparaisse, l’armée, l’église, les partis politiques, rabaissant les Hommes et les dressant les uns contre les autres au moyen de la guerre, de la hiérarchie et de la bureaucratie, au lieu de les relier entre eux au travers de la coopération, de la solidarité et de l’entr’aide mutuelle.”

Mohamed Saïl (1894-1953), un anarchiste algérien qui lutta en Espagne avec la colonne Durutti, regardait le nationalisme algérien comme “le fruit amer de l’occupation française”. Il suggéra que “le peuple algérien, libéré du joug, ne voudra pas se sangler dans un autre”, en vu de leurs liens villageois très forts et leur résistance historique aux autorités centrales et centralisées, quelles aient été turques, arabes ou françaises. Bien que les choses ne marchèrent de la façon dont il l’aurait désiré, ses compagnons kabyles ont continué la “révolte contre le centralisme autoritaire” et il les en félicita.

Dans les années 1950, les anarchistes cubains furent directement impliqués dans la lutte pour renverser la dictature cubaine de Batista soutenue par les Etats-Unis, mais en même temps durent aussi lutter contre la domination marxiste des mouvements ouvrier et révolutionnaire. Ils encouragèrent les travailleurs “à se préparer culturellement et professionnellement non seulement pour améliorer leurs conditions de travail actuelles, mais aussi pour prendre en main l’opération technique et administrative de l’entière économie cubaine dans une nouvelle société libertaire.

Après la prise du pouvoir par Castro, ils luttèrent en vain pour maintenir un mouvement ouvrier indépendant et pour empêcher la création d’une dictature socialiste d’état. En dehors de Cuba, la victoire de Castro divisa les anarchistes, particulièrement en Amérique Latine, certains argumentant que pour soutenir la révolution, on devait soutenir le régime de Castro, de tels arguments avaient déjà été faits au moment de la prise de pouvoir par les Bolchéviques en Russie (NdT: avec les effets que l’on connait…). D’autres en vinrent à douter de l’efficacité de la lutte armée et de la révolution violente, comme les anarchistes associés avec le groupe Communidad del Sur en Uruguay ; ceux-ci tournèrent leur attention sur la construction de communautés alternatives.

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