Guerre impérialiste en Syrie: Raqqa Stalingrad du Moyen-Orient ?…

La course vers Raqqa a commencé 
- Pour garder son unité la Syrie doit la gagner

MOA

11 février 2016

article en français:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6846

 

La course vers Raqqa a commencé. La Syrie et ses alliés sont en concurrence avec le États-Unis et ses alliés pour arracher l’est de la Syrie à l’État islamique.

Raqqa, dans l’est de la Syrie, est détenue par l’État islamique comme le sont les autres villes le long de l’Euphrate vers l’Irak. Vaincre l’État islamique à Raqqa, à Deir Ezzor, et dans d’autres villes syriennes de l’Est, et les libérer, est le but de tous les ennemis supposés de l’État islamique. Mais cette question doit être considérée dans un contexte plus large.

Si les États-Unis et leurs alliés prenaient Raqqa ou Deir Ezzor et, avec ces villes, des parties de l’est de la Syrie, ils pourraient les utiliser comme monnaie d’échange pour acquérir un certain pouvoir de négociation avec la Syrie et ses alliés concernant l’avenir de la Syrie. Ils pourraient créer un état sunnite dans l’est de la Syrie et l’ouest et l’Irak. Mossoul ferait partie de cet état sunnite qui serait probablement mis sous tutelle de la Turquie. Il y a, depuis quelque temps, des projets américains d’un « Sunnistan » de ce type, avec une révision des frontières Sykes-Picot.

Pour la Syrie et ses alliés le maintien de l’unité de la Syrie est un objectif majeur. Perdre Raqqa et les champs de pétrole de l’est aux profits des États-Unis serait dévastateur. La Syrie et ses alliés doivent donc battre les États-Unis et leurs alliés dans la course pour Raqqa et l’est de la Syrie.

Selon Southfront, la Syrie vient de faire une première avancée majeure. Une brigade de l’armée arabe syrienne a attaqué les positions de l’État islamique sur la route d’Ithriyah à Raqqa. La ville de Tal Abu Zayhn a été prise sur la route du premier l’objectif, l’aéroport militaire de Tabaqah. Des forces supplémentaires appartenant à divers groupes alliés se rassemblent dans Ithriyah pour soutenir ensuite l’attaque.

Le mouvement des États-Unis vers l’est de la Syrie est encore en préparation. Le plan initial des Etats-Unis était d’utiliser les combattants du YPG syro-kurde du nord-est de la Syrie. Ils ont été étiquetés Forces démocratiques syriennes après que quelques combattants des tribus arabes les ont rejoint. Ces forces auraient attaqué Raqqa à partir du nord. Mais les Kurdes n’ont pas voulu envahir des terres arabes qu’ils ne seraient pas en mesure de garder. Leur but est de se relier à l’enclave kurde du nord-ouest de la Syrie, le long de la frontière turque.

Les États-Unis ont donc conçu un nouveau plan. On n’en a que de vagues aperçus à ce jour et on ne peut donc que spéculer sur ce qui va arriver.

Les États-Unis ont prolongé la piste de l’aérodrome agricole de Rumeilan / Abu Hajar (carte) dans la zone tenue par les Kurdes au nord-est de la Syrie, pour pouvoir assurer l’intendance d’opérations plus importantes dans une plus grande zone :

Cet emplacement a été choisi car il est à seulement 160 kilomètres des premières positions d’ISIS et de certains de ses lucratifs champs pétroliers mais à l’intérieur du territoire tenu par les combattants kurdes connus sous le nom de YPG. La piste est en train d’être presque doublée sur la longueur pour passer d’environ 700 à 1 320 mètres – assez longue, par exemple, pour recevoir des avions de transport C130. Une petite aire de stationnement est également créée.

 

Des forces d’opérations spéciales américaines opéreraient déjà à partir de là. Ce sont les prémisses d’une mission de reconnaissance.

Il a été révélé publiquement que la 101e division aéroportée américaine se rendrait en Irak pour former, conseiller et assister les forces irakiennes dans le but d’attaquer Mossoul.

Quelques 1 800 soldats de la 101e division aéroportée et de son équipe de combat de la 2e Brigade se déploieront bientôt en rotations régulières à Bagdad et Erbil pour former et conseiller l’armée irakienne et les forces peshmergas kurdes qui doivent, dans les prochains mois, avancer vers Mossoul, le siège de facto du groupe Etat islamique en Irak.

Mais le colonel Pat Lang a été informé que deux brigades de la 101e se déploieraient :

On m’a dit aujourd’hui que deux brigades de la 101e division aéroportée iront en Irak, pas seulement une. Cela est probablement lié au Juggernaut* saoudien.

Le « rouleau compresseur » saoudien vient d’annoncer qu’il serait prêt à envoyer des troupes en Syrie. Au début, personne n’a pris cela au sérieux mais on commence maintenant à comprendre ce que cela veut dire. Les Saoudiens ont confirmé aujourd’hui leur intention :

la décision de l’Arabie saoudite d’envoyer des troupes en Syrie pour tenter de renforcer et de durcir les efforts contre les militants est « définitive » et « irréversible », a annoncé, jeudi, le porte-parole de l’armée saoudienne.<P/>

Le Brigadier. Général Ahmed Al-Assiri a déclaré que Riyad était « prête » à se battre avec ses alliés de la coalition sous commandement américain pour vaincre les militants d’ISIS en Syrie, cependant, il a déclaré que Washington était plus à même de répondre aux questions concernant les détails de toutes les futures opérations au sol.

La déclaration arrive sur les entrefaites de la visite du prince héritier adjoint d’Arabie Saoudite et du ministre de la Défense, Mohammed bin Salman, au siège de l’OTAN, à Bruxelles, pour discuter de la guerre civile syrienne.

Les Saoudiens se battraient sous le contrôle d’une des brigades de la 101ème aéroportée qui ne doit pas partir pour Mossoul. Les Saoudiens se déploieraient vers la Syrie depuis l’Arabie Saoudite, probablement via une piste contrôlée par les États-Unis dans l’ouest de l’Irak, pendant que la brigade de la 101e se déploierait depuis la région kurde du nord de l’Irak vers Raqqa, à travers les régions kurdes du nord-est de la Syrie. Raqqa serait ainsi attaquée par le nord-est et le sud-est. L’aéroport de Rumeilan / Abu Hajar serait l’une des principales bases d’approvisionnement.

Un tel mouvement de forces s’étendrait sur de relativement longues distances. Mais la plus grande partie de la zone est désertique et du matériel militaire moderne motorisé pourrait facilement couvrir ces distances en un jour ou deux. Cela amènerait les troupes saoudiennes en Syrie. Si elles prenaient Raqqa ou Deir Ezzor et les gisements de pétrole de Syrie orientale, elles ne les lâcheraient plus JAMAIS, à moins que la Syrie ne se plie à la demande saoudienne de mettre en place un gouvernement islamiste.

Ce plan est réalisable, mais il provoquerait également une grande mobilisation des forces chiites et pourrait conduire à un plus grand conflit. Le Premier ministre russe Medvedev a prévenu aujourd’hui que l’entrée de nouvelles forces arabes dans la guerre syrienne pourrait déclencher une beaucoup plus grande guerre.

L’opération saoudienne doit, apprend-on aujourd’hui, commencer dans les deux mois qui viennent. Les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés devront maintenant se ruer à l’est pour protéger l’unité du pays. Les États-Unis pour leur part pourraient vouloir annuler l’avantage syrienne de toutes les manières possibles, y compris – peut-être – en larguant des bombes « par erreur ».

La course pour Raqqa, et pour l’avenir de la Syrie, a commencé.

34 Réponses to “Guerre impérialiste en Syrie: Raqqa Stalingrad du Moyen-Orient ?…”

  1. Un passant Says:

    ça se précise, la bagarre générale (info du matin, je vous laisse enlever les maquillages du média mainstream, on n’est plus à ça près):
    http://www.lesoir.be/1121377/article/actualite/monde/2016-02-14/l-arabie-deploie-des-avions-combat-en-turquie-l-iran-reagit

    • Les négociations à huis-clos de ces dernières semaines ont déjà décidé de ce qui va se passer… Le problème majeur est que dans le système de gouvernance étatique, nous, les peuples subissons puisque nous avons « délégué » notre pouvoir à des pitres criminels qui prennent leurs ordres des banksters. Nous ne pouvons que subir, que « réagir » et non pas « agir ».
      Temps que çà cesse non ?…

    • Un passant Says:

      1. Vous avez des infos sur ce que les baltringues ont décidé? dans un premier temps, la poursuite de la guerre et de nouveaux attentats, en gros?
      Une guerre à mort pr sauver le système (pas seulement le gaz mais tout le reste avec)? Après (en espérant qu’ils ne soient pas fous au point qu’il n’y ait plus d’après), on s’arrangera à l’amiable?
      2. Temps que ça cesse mais nombreux n’ont pas ce déclic: les jeunes générations s’enthousiasment pr sanders, mélanchon, syriza (on a vu!), podemos (on va voir!), l’altermondialisme, les indignés, etc, tous mouvements ds lesquels les élections démocratiques gardent une place magique, mythique, indétrônable… !!

      • çà doit-être à peu près çà pour 1 et 2…
        par contre rien n’est indétrônable… RIEN.
        Ah si quand même, une chose: la mort ! C’est pour çà qu’on a inventé « dieu » du reste, pour que la camarde n’est pas le dernier mot… Illusion quand tu nous tient…😉 😀

        • Un passant Says:

          « indétrônable »… je vous taquinais un peu😉
          pour la mort, ce n’est pas moi qui vais vous dire le contraire, c’est d’ailleurs pour ça que je suis davantage Nihiliste que véritablement Anarchiste, même si j’éprouve pour ce mouvement la plus grande sympathie.

        • c’est tout le problème du nihilisme… il débouche sur… rien ..😉
          c’était le choix thématique de Camus dans « Les Justes » (1949), du moins est-ce la façon dont on peut l’interprêter (cf la grande scène entre la grade duchesse et Kaliayev le personnage principal en prison, attendant d’être exécuté pour l’assassinat du grand duc…) ~ Extrait ~

          La grande duchesse: Il n’y a pas d’amour loin de dieu
          Kaliayev: L’amour pour la créature
          GD: la créature est abjecte que faire d’autre que la détruire ou lui pardonner ?
          K: mourir avec elle
          GD: On meurt seul. Il [le grand duc] est mort seul.
          K: mourir avec elle ! ceux qui s’aiment aujourd’hui doivent mourir ensemble s’ils veulent être réunis. L’injustice sépare, la honte, la douleur, le mal qu’on fait aux autres, le crime séparent. Vivre est une torture puisque vivre sépare.
          GD: dieu réunit
          K: Pas sur cette terre et mes rendez-vous sont sur cette terre.
          GD: C’est le rendez-vous des chiens, le nez au sol, toujours flairant, toujours déçus.

          […]
          Dostoïevsky dans « Crime et châtiment » et surtout « Les Possédés » a fait plus fort…
          L’issue du nihilisme ne peut-être que la mort, sublimée ou pas. L’issue de l’anarchie c’est la vie, parce l’idée de liberté et d’auto-détermination, d’association libre progressiste fait partie de la nature humaine.

        • Un passant Says:

          « L’issue de l’anarchie c’est la vie », fondamentalement d’accord mais vous dites vous-même que la mort est indétrônable et que « dieu » est une illusion humaine. Bien d’accord aussi! A partir de ce constat, tout combat, même le plus louable soit-il, n’est-il pas à relativiser puisque tout débouchera sur… rien?😉

        • oui, mais on passe x temps sur terre, vaudrait mieux pour nous et ceux qui nous suivent que cela se passe bien mieux. C’est aussi pourquoi nous « n’accrochons » pas non plus avec des anarchistes dits « individualistes » comme Max Stirner ou H.D Thoreau, on peut les percevoir comme des « nihilistes », l’exaltation en moins…😉
          Ceci dit Camus avait fait une énorme erreur en classant Bakounine parmi les nihilistes dans son « Homme révolté »… Comme quoi hein ?…

        • Un passant Says:

          Peut-être Camus se basait-il sur cette pensée que Bakounine aurait eue peu avant sa mort: « Tout passera, et le monde périra, mais la IXe Symphonie survivra »… ?!
          ps: je ne suis plus aussi « nihiliste » que je l’étais adolescent, surtout j’aime bien jouer au contradicteur, et d’ailleurs, à l’opposé de ce que criaient les phalanges franquistes, il m’arrive souvent de penser: VIVA LA VIDA !
          Malgré tout…😉

        • Un passant Says:

          Et sinon David Graeber l’anthropologue « anarchiste », surtout connu pr son militantisme en faveur de l’effacement de la dette, occupy wall street, etc, vous le voyez comment?

        • Quel timing ! On prépare une compil’ de son livre « Fragments of an Anarchist Anthropology », qui existe intégralement en français sous le titre « Pour une anthropologie anarchiste », choix de titre français que nous n’aimons pas et qui doit être lu en entier. Nous ne faisons qu’une traduc’ compilation de ce que nous voyons être essentiel (forcément subjectif quelque part…)
          On aime bien ce qu’il fait, mais en même temps on est méfiant un peu.. Explication: prof d’anthropologie d’abord à Yale et maintenant à la London School of Economics… deux endroits pas connus pour être des bastions anarcho-communiste… Donc nous nous demandons: est-il réel ou est-il une taupe comme Naomi Klein ? L’avenir dira. On aime bien mais…😉

        • Un passant Says:

          Ça me rappelle la fameuse phrase de Gide: « Tout a été dit mais puisque personne n’écoute, il faut bien répéter » ;-D
          Merci pr vos infos qui demandent du temps pr être assimilées par des non-spécialistes😉
          Je serais plutôt de tempérament à penser comme vous, mais puisque j’aime bien mettre des bémols, une question: s’il fallait classer le monde en 2 catégories, dirions-nous les Purs/ les Vendus (et je l’écris sans ironie) ou les Radicaux/les Modérés?
          Pr être plus pragmatique ds ma remarque, Graeber est-il un modéré ou un vendu? Ou les 2?😀

        • Nous pensons que c’est essentiellement un modéré. Mais il a été viré de Yale, il est plus que probable qu’on lui ait fait savoir: « c’était un coup de semonce, tu rentres dans le rang, ou ta vie académique sera misérable »… Il est probable, qu’il ménage depuis la chèvre et le chou. Il bosse à la London School of Economics… Syndrome de Faust ? possible… probable ? On ne sait pas…
          Un truc tout simple: taper son nom sur un MR avec « occupy wall street » associé, qu’est-ce qui sort dans le top ? des articles du guardian, bloomberg, al jazeera, LA times, pas exactement de l’alternatif anarchiste.
          Ceci dit, il vaut la peine d’être lu.

        • Un passant Says:

          Post-scriptum: des bémols d’autant que, comme vous le savez, je suis un ardent défenseur des Violons🙂

        • Un passant Says:

          On lira votre compil avec intérêt!! Je me posais à son sujet les mêmes questions/doutes que vous😉
          Fin du capitalisme et de ses dérives bureaucratiques et financiaristes, effacement de la dette, partage du temps de travail, revenu de base universel, soutien aux forces créatives des classes populaires, … ce sont les qqs bonnes idées évoquées ds cet entretien: http://magazine.ouishare.net/fr/2016/01/lere-de-la-bureaucratie-predatrice-entretien-avec-david-graeber/
          Bon, c pas non plus Landauer réincarné… Quels sont au fond les anarchistes contemporains que vous mettriez en avant, outre Graeber? Pr éviter un post inutile, je vous dis déjà merci d’avance.

        • Merci beaucoup de ce lien dont nous ignorions l’existence. Il abat un peu les cartes dans cet entretien en fait… C’est un réformiste de plus. C’est un marxiste anarchisant, toutes les « mesures » qu’il évoque sont des « réformes » de ce qui se fait, où est la critique constructive que tout anarchiste ferait ? Il est à l’image du mouvement Occupy, qui était parti d’un bon sentiment mais s’est très vite fait récupérer par la patrouille réformiste, idem en Espagne avec les Indignados. Il dit bien sûr des choses pertinentes et très justes, en général, les critiques de bien des dissidents ou « dissidents contrôlés » en rapport au système sont justes et bien senties, c’est lorsque vient le temps de penser des solutions que çà part en vrille.
          En fait voilà ce que nous pensons: le boulot de gens comme Graeber, Klein, Hedges, tous de la gauche bobo est de corrompre de l’intérieur tout mouvement radical de masse qui serait dangereux pour le système, Occupy, les indignados ont eu un énorme potentiel de changement radical, mais ils furent cooptés, apprivoisés de l’intérieur par les agents soft du système dont la brigade « Graeber, Klein, Hedges » and co fait partie… Ils sont faciles à corrompre, tout ce dont ils ont besoin est une renommée et de revenus garantis. Suffit de regarder ces figures de « l’opposition contrôlée » et leur position dans le système. Difficile pour eux d’être pour un changement radical, la soupe est bonne et le système a besoin de maintenir l’illusion d’une dissidence officielle.
          Quand quelqu’un parle de changer ceci, cela, d’arranger telle ou telle chose dans le système pour que çà aille mieux, il est clair que nous avons affaire à un(e) réformiste. Graeber était intéressant au début de sa carrière, dans « Fragments of an anarchist anthropology », écrit il y a 12 ans, il était encore sûrement « vrai ». Aujourd’hui, il profite de son pacte passé avec l’establishment. Chez tous ces gens, il y a ce qu’on peut appeler « le syndrome de Faust ».
          Ceci nous amène à la seconde partie de la question: qui mettrions-nous en avant dans les anarchistes contemporains ? La réponse sera désespérante sans doute: personne vraiment, pourquoi ? Parce qu’il n’y a vraiment personne pour reprendre le flambeau des grands militants. Graeber fut un espoir déçu parce qu’on ne peut pas être un révolutionnaire et bosser à Yale et à la London School of Economics…
          Le seul comtemporain qui pour nous tient la route est Murray Bookchin, même s’il est permis de pinailler sur certains détails, Bookchin est passé du marxisme pur et dur à l’anarchie et à l’élaboration d’une praxis avec son municipalisme libertaire, qui a été adopté comme nous l’avons relayé ici-même par le PKK kurde et mis en application dans les régions kurdes du nord de la Syrie (Kobané) sous la forme du Communalisme Démocratique totalement endorsé par Ocalan le leader du PKK qui a embrassé les idées et la pratique de Bookchin et en a fait la ligne de conduite du PKK, abandonnant ainsi le marxisme . Ceci est en train d’être bien sûr détruit par les yankees et la guerre avec les turcs. Ce que les Kurdes ont réalisé en pleine guerre par proxy est exemplaire, personne n’en parle parce que çà c’est dangereux pour le système et celui-ci s’empresse de l’éliminer, y parviendra t’il ?… Les idées et la pratique de Bookchin, décédé en 2006. sont relayées par sa compagne Janet Biehl qui a été voir ce qu’il se passe sur le terrain au Rojava,
          Un autre mouvement qui pour nous est primordial à la fois dans la pensée et la pratique est bien sûr le mouvement zapatiste du Chiapas, qui a opéré une superbe synthèse anarcho-indigéniste notion ébauchée par l’universitaire Mohawk Taiaiake Alfred.
          Les seuls anarchistes contemporains qui tiennent la route sont ceux qui mettent en application ce que les anciens avaient formulés et aussi mis en pratique. Le futur n’est qu’une succession d’instants présents, qu’on peut diriger pourvu qu’on sache utiliser les outils à notre disposition. Il n’y a rien à inventer politiquement, tout (ou presque) a déjà été dit et fait même si de manière embryonnaire et étouffé dans l’œuf. Il suffit de dépoussiérer et d’adapter, mais en aucun cas de « réformer » l’existant. Le système étatico-capitaliste est bien au-delà de toute rédemption, tout ce qui peut être fait en son sein n’est que rustine sur chambre à air poreuse, c’est écoper le Titanic avec un seau !…😉 par contre l’oligarchie en place continue à persuader que çà va aller, et que tout le monde doit prendre un seau. Graeber, Klein, Hedges, Chomsky et consorts sont les chefs d’équipe des porteurs de seaux…
          Un vieux proverbe africain dit: « Si tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi et regarde d’où tu viens. » Les anarchistes contemporains feraient bien d’écouter la sagesse populaire.

        • En 2014, les éditions Écosociété ont republié l’excellent ouvrage de Janet Biehl « Le municipalisme libertaire, la politique de l’écologie sociale » première édition française en 2005 d’un livre publié en anglais en 1998, édition espagnole en 2002.
          Nous ne sommes pas d’accord avec tout (notamment la question du salariat et du vote potentiel, mais tout ceci est malléable…), mais Bookchin a fait une synthèse qui tient la route. Si Graeber avait un tantinet de conscience révolutionnaire, il serait un promoteur de Bookchin, il ne l’est pas, la question est donc pourquoi ? Mais on a un peu peur de la réponse non ?…

  2. Je viens de lire ça sur le nouvel obs et nulle part ailleurs ; http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/17806-syrie-barack-obama-demande-vladimir-poutine-mettre.html Avez-vous plus de news à ce sujet ?

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