Enjeux géopolitiques aux Moyen-Orient: Iran contre Arabie Saoudite et le pétrole de Qatif… Une analyse de l’analyse…

Bon article de Jalife-Rahme, qui cadre l’affaire géopolitiquement, mais tout cela ne fait, à notre sens, qu’analyser la surface, les acteurs, les pions, les marionnettes. Tous les personnages politique mentionnés dans l’article ne sont que des devantures d’un enjeu économico-politique de domination totale. Tombons les masques, regardons un peu derrière le rideau…

La National Iranian Oil Company (NIOC) et sa succursale du gaz était gérée du tant du criminel Shah Palavi par les intérêts Rockefeller et Rothschild. La Chase Manhattan Bank des Rockefeller (qui a fusionné avec la JP Morgan en 2000), gérait le fric et la fortune pétro-gazière du Shah, tandis que la JP Morgan Bank recyclait elle les énormes profits d’ARAMCO, l’entreprise géante pétrolière arabo-anglo-américaine ; parce que quand on parle de l’Arabie Saoudite, de quoi parle t’on ? D’une dynastie factice mise en place après des accords anglo-américains pour gérer la manne pétrolière après la chute de l’Empire Ottoman en 1918.

ARAMCO, si elle est officiellement entreprise de « l’état saoudien », est gérée et pilotée par deux des géants du pétrole: Exxon-Mobil (Rockefeller), qui possède aussi le Qatar, état Exxon-Mobil et la Shell (Rothschild). Sur un plan financier ARAMCO est contrôlée par la banque JP Morgan Chase suite à la fusion de 2000 (fusion Morgan-Rockefeller). Les véritables propriétaires, les « majoritaires » qui contrôlent ARAMCO sont de fait: Exxon-Mobil avec Chevron Texaco (Rockefeller) et la Morgan Chase Bank.

L’industrie pétrolière mondiale est contrôlée par les « 4 cavaliers » que sont pour les Etats-Unis: l’ex-Standard Oil des Rockefeller devenue Exxon-Mobil + Chevron Texaco et Caltex pour la partie marketing et pour l’Europe: La BP (à parts majoritaires des Rothschild) et la Royal Dutch Shell (intérêts Rothschild).

Depuis la chute du Shah en Iran en 1978, la NIOC reprend du poil de la bête, même si on l’a cantonné sur la production de gaz naturel. La chute de l’URSS a vu une tentative de pillage et de récupération des majors, mais cela a échoué (de justesse), les oligarques devenus milliardaires du jour au lendemain furent stoppés et les deux grandes entreprises russes furent « sauvées »: Rosneft (pétrole) et Gazprom (gaz). Elles sont aujourd’hui rivales des « 4 cavaliers ». Est-ce bien le cas ? Sont-elles rivales ou partie de la même opération ? La question est celle-ci: le théâtre des opérations de terrain qui fait souffrir tant d’êtres humains n’est-il pas la conséquence directe d’une redistribution des cartes des hydrocarbures au plus haut niveau de l’oligarchie planétaire ? Y a t’il collusion plus que rivalité ? Assistons-nous à l’élimination d’une faction devenue plus que gênante (la maison des Al Saoud) ?… L’empire se débarrasse des alliés inconséquents d’hier. L’empire anglo-américain jette le pion saoudien usé, comme il jettera dans le futur (peut-être pas si lointain…) son pion israélien une fois les services rendus. Tout cela n’est qu’arrangement de salon feutré et nous dans tout cela ? Nous les peuples ? De la chair à canon, de la marchandise périssable qui n’entre aucunement en considération.

Quand dirons-nous: Stop, halte au sketch !?! Quand reprendrons-nous notre pouvoir de décider pour nous-mêmes, sans laisser une clique de criminels milliardaires gérer nos vies ? Il suffit simplement de leur retirer notre consentement et leur paradigme s’écroulera, sans armes, ni haine, ni violence…

— Résistance 71 —

 

Arabie Saoudite contre Iran: la plaque tectonique du pétrole de Qatif

 

Alfredo Jalife-Rahme (“La Jordana”, Mexique)

 

4 février 2016

 

url de l’article en français:

http://www.voltairenet.org/article190165.html

 

Il est d’usage dans la presse occidentale de prendre un air savant et d’expliquer la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran sur la base de rivalités religieuses (sunnites contre chiites) ou ethniques (arabes contre perses). Pourtant l’Histoire contredit cette interprétation, tandis qu’un coup d’œil sur la carte des hydrocarbures rend ce conflit limpide.

L’escalade entre l’Arabie saoudite (première puissance pétrolière mondiale, 27,7 millions d’habitants, dont 80 % de sunnites et 20 % de chiites concentrés à Qatif et dans la province orientale) et l’Iran (81,1 millions d’habitants dans un pays indo-européen à grande majorité chiite et puissance gazière mondiale) découle d’une rivalité géo-politique bien plus que d’un conflit religieux ou ethnique, n’en déplaise à ceux qui s’en tiennent au prisme israélo-anglosaxon, qui déforme pour balkaniser.

À l’époque où régnait le Shah Reza Pahlevi, l’Arabie saoudite était le grand allié de l’Iran, sous la férule US. L’escalade actuelle, complexe, est un reflet de la fracture globale, comportant la mise à feu du « Moyen-Orient élargi », la rivalité pour le pouvoir sur le monde islamique et celle sur l’OPEP.

La fracture géostratégique entre les USA d’un côté, et la Russie et la Chine de l’autre, a pour fond le piège démographique ourdi par Zbigniew Brzeziński/Stratfor avec leur « carte islamique » [1] destinée à déstabiliser en profondeur le bloc RIC (Russie, Inde, Chine).

La Russie compte 20 % de Tatars sunnites ; quant à l’Inde, puissance nucléaire, elle est la première puissance islamique au monde en nombre, avec 20 % de musulmans ; et la Chine à son tour compte 10 millions d’Ouigours et de Mongols sunnites, et une part de peuplement turc dans la province autonome du Xinjiang, éminemment stratégique, car riche en gaz et en uranium.

L’ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon avait dessiné le Moyen-Orient selon une ligne horizontale allant du Maroc jusqu’au Cachemire (les protestations contre l’Arabie saoudite ont atteint ces deux extrêmes) et une ligne verticale depuis le Caucase, le bas-ventre de la Russie, jusqu’à la corne de l’Afrique.

L’Organisation de coopération islamique (57 États) comprend 600 millions de fidèles, soit 22 % du genre humain, dont 80 % de sunnites —un univers qui est loin d’être homogène, les écoles juridiques d’interprétation du Coran étant diverses— et presque 20 % de chiites, eux aussi divisés par la présence de multiples sectes (Alaouites de Syrie, Houthis/Zéyidies au Yémen, Alévis en Turquie, Ismaélites en Inde, etc).

Les minorités chiites se distinguent en Inde, au Pakistan et en Afghanistan, pays déstabilisé par le grand jeu géostratégique US contre les RIC. En Irak, les chiites sont majoritaires (85 %), au Bahreïn également (85 %) ; au Liban ils sont 50 %, et les minorités chiites en Inde, au Pakistan et en Afghanistan sont pléthoriques. Enfin, les 400 millions de chiites environ sont répartis dans une centaine de pays, mais 80 % sont concentrés en Iran (81,8 millions), en Inde (45,4 millions), au Pakistan (42,5 millions), en Irak (24,5 millions) et en Turquie (20 milllions).

Au-delà de la rivalité pour la direction religieuse du monde musulman, entre l’Iran et l’Arabie saoudite, avec l’enjeu de la garde des lieux saints de La Mecque et de Médine, Riyad a perdu deux alliés privilégiés parmi les sunnites : Saddam Hussein, qui gouvernait la majorité chiite en Irak (situation symétrique de la Syrie, où Bachar el-Assad est issu des 15 % de population alaouite face aux 80 % de sunnites) et Hosni Moubarak en Égypte, balayé par le « printemps arabe » artificiel, à l’instigation des US et du Royaume-Uni ; au même moment, l’Iran étendait son influence au Liban avec le Hezbollah, et en Syrie avec les Alaouites en guerre contre l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ; au Yémen, l’Arabie saoudite livre une guerre contre les Houthis ; au Bahreïn, Riyad est intervenu militairement pour étouffer la rébellion de la majorité chiite [2].

L’escalade a atteint un paroxysme avec la mort en masse de pèlerins iraniens à La Mecque, un simple accident, selon Riyad, l’assassinat délibéré de 500 personnes pour l’Iran, parmi lesquels l’ex-ambassadeur de l’Iran au Liban [3].

Outre les plans de multi-balkanisation de l’Iran et de l’Arabie saoudite annoncés par le Pentagone [4] et le New York Times  [5], il convient de signaler trois pistes éminemment radioactives : 
 les réserves en devises des six pétromonarchies arabes du Golfe persique : ces pays ont envisagé de lancer la monnaie unique du golfe [6] ; 
 la parité fixe du rial, divise saoudienne, avec le dollar [7], 
 et le pétrole de Qatif.

L’Arabie saoudite et l’Iran n’ont pas intérêt à poursuivre l’escalade, tandis que Riyad en est à consolider la succession du roi Salmane, et l’Iran retient son souffle en attendant l’imminente levée des sanctions, qui lui permettra de récupérer ses 150 milliards de dollars séquestrés par Washington, en échange de la désactivation de son projet nucléaire. Rappelons que l’Iran n’a que 109 milliards de dollars de réserve, face aux 650 milliards de dollars de l’Arabie saoudite.

47 exécutions, pour 43 sunnites terroristes et djihadistes, se réclamant d’Al Qaïda, qui cherchaient à renverser la maison royale des Saoud, plus 4 chiites, dont le cheikh Nimr al-Nimr, originaire de Qatif, vénéré par la jeunesse, et qui menaçait de faire sécession, et trois autres membres du clergé : cela a déclenché la fureur du chiisme universel, lorsque le Hezbollah a accusé les USA d’être derrière ces décapitations.

Stratfor, le centre israélo-texan qui se fait connaître comme la main de la CIA dans l’ombre, estime que la controverse sur le prélat al-Nimr bouillonne depuis des années [8] en effet, il avait été arrêté en juillet 2012 pour avoir incité les militants chiites de la région pétrolière qui constitue la province orientale, alors que durant le « printemps arabe », Riyad était déjà intervenu au Bahreïn, son petit voisin à majorité chiite, pour renforcer l’ordre sunnite dans toute la péninsule arabe.

Comme lors de la guerre Irak/Iran visant à épuiser tant Saddam Hussein que la révolution islamique chiite de l’ayatollah Khomeiny, les USA ont vendu des armes aux deux parties pour les saigner. S’agit-il à nouveau pour Washington d’appliquer son programme hémorragique, cette fois-ci tant à l’Arabie saoudite qu’à l’Iran ?

Ambrose Evans-Pritchard, le féroce porte-parole de la maison royale britannique, estime pour sa part que la collision entre les deux pays se rapproche dangereusement du cœur du marché pétrolier mondial. Il affirme que la minorité chiite offensée, soit 15 % de la population saoudienne d’après lui, « réside sur les gigantesques champs pétroliers saoudiens, en particulier dans la ville de Qatif » [9].

Il cite Ali al-Ahmed, directeur de l’Institut des Affaires du Golfe, dont le siège est à Washington, d’après lequel Qatif est le centre névralgique de l’industrie pétrolière saoudienne, la grande station centrale où débouchent 12 oléoducs, pour fournir les immenses terminaux pétroliers de Ras Tanura et Dharan, fort vulnérables au demeurant, en cas d’attaque surprise.

Evans-Pritchard insiste : la plus grosse part des 10,3 millions de barils journaliers produits par l’Arabie saoudite, surveillée par 30 000 gardes, traverse le cœur du chiisme, en pleine ébullition ; une interruption de quelques jours peut provoquer un pic pétrolier, atteignant 200 dollars ou plus le baril, et nourrir une crise économique globale. C’est la manne géopolitique dont rêvent les spéculateurs des fonds spéculatifs de Wall Street et de la City de Londres…

Il convient de suivre au microscope électronique les positions turques (la seule puissance sunnite de l’Otan), et celles du Pakistan (la plus grande puissance militaire musulmane), qui a jusqu’à présent adopté une prudente attitude neutre, mais cela surtout pour les liens tissés récemment avec la Russie et la Chine, et par répulsion pour les Frères musulmans (qu’encouragent Turquie et Qatar), et certainement pas par amour de l’Iran.

 

[1] « Otra trampa de Brzezinski y Stratfor contra Rusia : « guerra demográfica » con Turquía », Alfredo Jalife Rhame, La Jordana, 3 de enero de año 2016.

[2] « Why the King’s Sunni Supporters are Moving Abroad », Justin Gengler, Foreign Affairs, January 6, 2016.

[3] « L’Arabie saoudite a bien enlevé des collaborateurs de l’ayatollah Khamenei », Réseau Voltaire, 13 novembre 2015.

[4] “We’re going to take out 7 countries in 5 years : Iraq, Syria, Lebanon, Libya, Somalia, Sudan & Iran..”, Video Interview with General Wesley Clark, Democracy Now, March 2, 2007.

[5] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, September 28, 2013.

[6] « Hacia el nuevo orden geofinanciero : yuan chino entra al FMI y Rusia prepara su « rublo-oro » », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 13 de de diciembre de 2015.

[7] “Saudi riyal in danger as oil war escalates”, Ambrose Evans-Pritchard, The Telegraph, December 28, 2015.

[8] “The Saudi-Iranian Spat Is Emblematic of the Region’s Power Struggle”, Stratfor, January 4, 2016.

[9] “Saudi showdown with Iran nears danger point for world oil markets”, Ambrose Evans-Pritchard, The Telegraph, January 4, 2016.

4 Réponses to “Enjeux géopolitiques aux Moyen-Orient: Iran contre Arabie Saoudite et le pétrole de Qatif… Une analyse de l’analyse…”

  1. « leur paradigme s’écroulera, sans armes, ni haine, ni violence… »

    là j’ai des doutes, ils se battront comme des diables !!! prudence –

    le mieux serait que nous ‘n’ayons soudainement plus besoin de leur pétrole, et c’est possible

    • Si des millions et des millions de personnes partout arrêtent de voter, cessent de payer leurs impôts refusent de bouger pour le système et commencent à s’organiser entre eux comme elles ont fait pendant des millénaires, il n’y a rien que l’État et ses institutions puissent faire, rien.
      On ne peut rien faire contre l’inertie de masse, la grève du zèle, le refus de masse, le refus d’acquiescer, la résistance passive plus ou moins prononcée selon les cas… Nous n7avons pas besoin d’eux ni de leurs institutions, absolument pas, par contre leur existence même dépend à 100% de nous. Il suffit de comprendre cela pour que leur paradigme s’effondre à tout jamais et à part quelques « poches de résistance », s’effondrera à tout jamais.
      Howard Zinn disait à juste titre: « Notre problème n’est pas la désobéissance civile, notre problème est l’obéissance »…
      Nous pouvons rendre le système obsolète au point qu’il tombe comme un fruit trop mûr, sans arme, ni haine ni violence, une fois le processus enclenché et le peuple s’auto-organisant pour produire et consommer sans intermédiaire parasite, sans la coercition et la violence sociale de la propriété, l’oligarchie et ses institutions seront balayées non pas par la force mais par l’indifférence qu’ils susciteront… Il faut réorganiser la société de manière organique. Personne ne le fera pour nous, certainement pas les ordures du pouvoir et leurs cerbères qui se retourneront contre eux et rejoindront le peuple lorsque le basculement se produira, peut-être pas de notre vivant, mais il est de notre devoir de le préparer pour ceux qui nous suivent.😉

      • Un passant Says:

        Vu la situation réelle, la carotte consumériste, les méga-campagnes électorales, l’abêtissement des masses par des médias mainstream encore très puissants, etc etc etc, je crains que ce basculement ne se produise pas de notre vivant. Nous pouvons effectivement le préparer pour plus tard. Le hic, me semble-t-il, c’est que les risques de totalitarisme ou de conflits nucléaires (je fais court) ne nous laissent tout de même plus trop de temps avant que ne survienne un enchaînement irrécupérable, un échec définitif en quelque sorte pour l’auto-baptisé « homosapiens »! Je ne suis pas futurologue mais n’est-ce pas au fond, froidement, une hypothèse?
        Pour faire encore plus court: avons nous encore le temps?

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