Résistance au colonialisme occidental: Mythes et réalités sur l’esclavage des Amérindiens… Petit parallèle avec les « codes noirs » français du XVIIème siècle…

En parallèle, voici ce que disent quelques uns des 60 articles du premier “Code Noir” français de Mars 1685, édicté par Louis XIV. Il commence comme suit:

“Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre…” C’est à dire, par “droit divin”, le roi de France édicte un code de régulation de l’esclavage ! Comme pour les bulles des papes Nicolas V et Alexandre VI au XVème siècle, la “subjugation et la mise en esclavage perpétuel des païens et ennemis du christ… ainsi que la saisie de leurs terres, territoires, propriétés et possessions”, l’église ne voit absolument aucun inconvénient, bien au contraire, à réduire les peuples “ennemis du christ” en esclavage. De fait, tout croyant est de fait esclave, pas grave donc pour l’église de pousser le bouchon un peu plus loin pour certains… Ainsi, par “droit divin”, Louis informe que les esclaves devront être baptisés et ne pourront être admis et instruits que dans “la foi catholique” (article 2). Donc un Africain baptisé et “catholique” n’est plus un païen, mais toujours esclave. Des chrétiens catholiques (et protestants, les autres faisaient pareil…) réduisirent donc et maintinrent en esclavage d’autres catholiques, de mieux en mieux, mais est-ce si surprenant ?…

Article 12: Les enfants qui naîtront des mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves et non à ceux de leurs maris, si le mari et la femme ont des maîtres différents.

Article 38: L’esclave fugitif, qui aura été en fuite pendant un mois, à compté du jour où son maître l’aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lys à une épaule ; s’il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé et il sera marqué d’une fleur de lys sur l’autre épaule et la troisième fois il sera puni de mort.

(Source: “Codes Noirs”, Dalloz, 2007)

Il est vrai que ce “Code Noir” régule également parfois dans le sens des esclaves, mais le sujet n’est pas de discuter les “bons côtés” d’un tel texte ignoble, mais de le dénoncer pour ce qu’il est: la régulation d’un crime contre l’humanité, crime qui par essence est intemporel, même si l’activité était “légale” à l’époque.

Il y eut un second “Code Noir” édicté sous Louis XV en Décembre 1723. La révolution française abolît l’esclavage sur tous les territoires de France et de ses colonies par un décret de la Convention Nationale du 16 Pluviôse An II ou le 4 Février 1794. Bonaparte le rétablira par décret du 30 Floréal An X ou le 20 Mai 1802. C’est la révolution de 1848 qui abolira officiellement définitivement l’esclavage en France et dans les colonies par un décret d’abolition le 27 Avril.

L’article 1 de la loi 2001-434 du 21 Mai 2001 reconnaît la traite négrière transatlantique, dans l’océan indien et l’esclavage sur les populations africaines, malgache, amérindiennes et indiennes comme crime contre l’humanité.

~ Résistance 71 ~

 

Mise en esclavage des Amérindiens: pêcheurs et secrets dans le livre “Brethen by Nature”

 

Tanya H. Lee

 

18 janvier 2016

 

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/01/18/american-indian-slavery-sinners-and-secrets-brethren-nature-163054

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A l’automne dernier, National Geographic et PBS axèrent leurs séries télévisées respectives sur le premier “Thanksgiving” ou “Jour d’action de grâce” pour interpréter l’évènement de manière historiquement précise, celui de la colonisation de la Nouvelle-Angleterre par les Européens.

Mais ni “Saints and Strangers” (NG), ni “American Experience: The Pilgrims” (PBS) n’ont osé aller là où Ellen Newell a été dans son récent livre “, Brethren by Nature,” un compte-rendu méticuleusement recherché de la mise en esclavage des Indiens d’Amérique, durant la période coloniale de la Nouvelle-Angleterre (NdT: période coloniale qui existe toujours aujourd’hui sur le continent des Amériques. Nous ne vivons pas du tout dans un “monde post-colonial” comme l’empire l’inculque depuis des lustres…). Newell est professeure adjointe d’histoire américaine à l’université de l’état de l’Ohio ; son second ouvrage représente près de 15 ans de recherche et d’écriture.

L’esclavage des Indiens a disparu du curriculum d’histoire après la première guerre mondiale, écrit Newell, alors que “les historiens reconstruisaient la narratif de la migration des puritains anglais… Beaucoup de ces travaux insistaient sur l’unicité de la culture de la Nouvelle-Angleterre et recherchèrent là l’origine de l’exceptionalisme états-unien.” (NdT: la Nouvelle-Angleterre est constituée de 6 états: le Connecticut, le Maine, le Massachussetts, le New Hampshire, Rhode Island et le Vermont)

Alors qu’elle recherchait pour écrire son premier livre: “From Dependency to Independence: Economic Revolution in Colonial New England”, 1998, Cornell University Press, Newell dit qu’elle est alors tombée sur une liste d’esclaves indiens dans la colonie de Massachussetts Bay. Elle en fut très surprise, ayant compris, comme bien du monde, que les colons de la Nouvelle-Angleterre n’eurent pas besoin, ni même ne voulurent d’Indiens comme esclaves, évoquant que les Indiens ne font pas de bons esclaves, qu’ils se sauvent toujours et qu’ils ont disparu.

Mais la mise en esclavage des peuples natifs de la Nouvelle-Angleterre fut intégral à la fabrique même de la vie coloniale, même aussi précocement que dans les années 1620 (NdT: époque des pèlerins du “Mayflower”), dit Newell. L’économie coloniale dépendant de l’esclavage, bien des maisons qui fructifièrent dès lors, ne fonctionnèrent que grâce à l’esclavage, les codes légaux du début de l’époque coloniale furent mis en place et écrits pour justifier l’esclavage ; la guerre des Péquots ainsi que la guerre du roi Philippe furent combattues pour essentiellement le maintenir.

Note de Résistance 71: Voici les principales nations vivant sur leurs territoires respectifs, que les colons nommèrent “Nouvelle-Angleterre” (liste non exhaustive): Péquot, Abenaki, Iroquois (essentiellement Mohawk et Oneida), Mi’kmaq, Mashantucket, Maliseet, Narrangansett, Nipmuc, Passamaquoddy, Shinnecock, Wampanoag…

Les deux séries télévisées propagent le mythe que les puritains sont arrivés sur une terre inoccupée où les peuples natifs avaient déjà été virtuellement décimés par les maladies. Alors que quelques villages furent il est vrai dévastés par les maladies (NdT: importées par les colons quoi qu’il en soit…), un grand nombre demeurèrent et les colons s’installèrent près des zones où les Indiens vivaient parce qu’ils avaient besoin d’apprendre et dépendaient des technique indigènes d’agriculture, de chasse, de pêche, des techniques de construction maritimes et autres ainsi que du travail, dit Newell. Les colons ne pouvaient pas survivre, encore moins contrôler le territoire qu’ils avaient clâmé être leur, sans le travail des Indiens, ainsi le contrôle du travail des Indiens devint un moyen de consolider leur pouvoir et leur richesse.

La guerre des Péquots dans les années 1630, juste une décennie après que les colons aient débarqué à Plymouth et seulement cinq ans après l’établissement de la colonie de Massachussetts Bay, se déroula durant une période de pénurie de travail régional. Parce qu’ils avaient été faits prisonniers dans une “guerre juste”, les Péquots pouvaient être réduits en esclavage. Les prisonniers étaient donnés aux soldats au lieu d’un salaire et distribués aux chefs colons comme biens individuels propres.

En 1641, Massachussetts Bay passa la toute première loi sur l’esclavage du monde britannique atlantique, bien que le statut légal des peuples autochtones en Nouvelle-Angleterre demeurera ambigü pour les colons, qui essayèrent de tirer sur les deux tableaux. Si les Indiens étaient sujets du roi d’Angleterre ou des gouvernements coloniaux, ils étaient liés par la loi anglaise, ce qui voulait dire qu’ils pouvaient être punis de servitudes, mais pas de mise en esclavage. Si en revanche, ils étaient “étrangers”, ils pouvaient être faits prisonniers et forcés en esclavage, mais cette position reconnaissait implicitement la souveraineté des nations indiennes, un concept très problématique. Les colonies ne réglèrent jamais vraiment le statut des Amérindiens de manière définitive, ce qui permit aux individus une grande marge de manœuvre pour les colons de décider si leurs “ouvriers” autochtones étaient des serviteurs ou des esclaves, combien de temps ils pouvaient être détenus et si leurs enfants étaient ou non aussi des esclaves.

L’esclavage et la liberté étaient les pôles opposés d’une grande échelle sociale et bien des Indiens occupèrent des points le long de cet ordre des choses en faisant l’expérience de degrés variés de ‘non-liberté’ “, écrit Newell. Le travail forcé devint une des doléances qui mena à la guerre du roi Philippe au milieu des années 1670. A la fin de la guerre, plus de 40% des Indiens du sud de la Nouvelle-Angleterre vivaient dans les foyers des colons anglais comme serviteurs ou esclaves. Les Indiens vivaient côte à côte avec les Anglais dans ces foyers, créant une intimité qui aura une influence profonde sur à la fois les sociétés indiennes et coloniale, dit Newell.

Alors que le nombre de prisonniers de guerre diminua après la guerre des Péquots, les colons utilisèrent d’autres moyens pour réduire les Indiens en esclavage. Un de ceux-ci fut la mise en esclavage judiciaire. Une personne pouvait être condamnée à la servitude ou à l’esclavage et pouvait être vendue. Beaucoup d’Amérindiens furent vendus au sein du commerce atlantique des esclaves pour travailler dans des plantations ou pour être marins dans les Caraïbes, aux Açores en Afrique du Nord et d’autres endroits d’où il n’y avait virtuellement aucune chance qu’ils puissent revenir. Les maîtres pouvaient faire payer des frais de maintenance à ceux qui les servaient ainsi que pour la subsistance de leurs enfants, une des pratiques qui voulait dire que les enfants d’esclaves étaient le plus souvent esclaves, même si la loi n’était pas claire sur ce point.

Au XVIIème siècle. Plus de 200 ans avant que les enfants des Indiens ne furent enlevés de force de leurs communautés pour être incarcérés dans des pensionnats pour Indiens du gouvernement fédéral, les Indiens de la Nouvelle-Angleterre étaient souvent encouragés de lier leurs enfants en service à des familles anglaises et furent souvent forcés de le faire afin de pouvoir payer des dettes et des amendes. L’héritage de cette pratique continua bien plus avant jusqu’au XXème siècle: “L’ethnologue Narrangansett Ella Sekatau rappelle que les foyers blancs aisés voulaient que les parents des Indiens Narangansett louent leurs enfants pour le travail et ce jusque dans les années 1930. Si les Indiens refusaient, les sheriffs locaux intervenaient.” écrit Newell.

L’esclavage des Indiens fut effacé des annales de l’histoire alors que l’esclavage africain devint plus commun et que les esclaves et les serviteurs indiens se retrouvaient classés comme “noirs ou mulâtres”. “Même le mouvement abolitionniste de la Nouvelle-Angleterre, qui avait reconnu les esclaves et serviteurs indiens dans ses efforts militants pendant le XVIIIème siècle, focalisa presqu’entièrement sur l’émancipation des afro-américains et sur les droits civiques dès le XIXème siècle.

Mais en tant que première et plus grande population d’esclaves de la Nouvelle-Angleterre, les Indiens façonnèrent l’institution légale et culturelle de l’esclavage que les Africains rencontrèrent plus tard, dit Newell.

22 Réponses to “Résistance au colonialisme occidental: Mythes et réalités sur l’esclavage des Amérindiens… Petit parallèle avec les « codes noirs » français du XVIIème siècle…”

  1. Wouaouh ! Ça mérite réflexion… En tous les cas, j’ai l’impression d’être dans un bateau à la lecture de cet article… On va mettre ça sur le compte de la grippe ! Mais, je ne suis pas sûre, que l’abjection de ce texte n’y soit pour rien !

  2. « Ne doutez jamais du fait qu’un petit nombre de gens réfléchis et engagés peuvent changer le monde. En réalité, cela s’est toujours passé ainsi » -Margaret Mead

  3. En lisant cette info sur 20 minutes (oui, je sais dans mon état, c’est pas prudent, mais bon) je n’ai pu m’empêcher d’en faire un billet et un parallèle avec Galiléo Galiléi ! Je trouve tout de même que les merdias se sentent pousser des ailes depuis peu, non ? C’était le cas, mais je trouve vraiment, que ça empire ! Et sans jeu de mots…

  4. Donc ce 21/01/2016, des blaireaux commémorent la décapitation de Louix XVI ! Et y’en a même pour dire que ; « Dans la foule, les cheveux sont surtout gris. Sabine, 74 ans, porte un foulard au bleu royal sur les épaules. « J’affiche mes couleurs », sourit-elle. « Le roi est la meilleure solution pour la France. Il tient son pouvoir de Dieu, il n’a pas besoin de faire campagne pour finir par ne pas tenir ses engagements. » Au micro, un homme fait la lecture du testament du roi défunt. La foule reprend ensuite des chansons royales. Les larmes mouillent quelques visages. Des « Vive le roi ! » ponctuent la fin de chaque intervention. »
    Bon, moi aussi, j’ai les cheveux gris, mais je déblatère pas ce genre de connerie : « Le roi est la meilleure solution pour la France. Il tient son pouvoir de DIeu ! » Bah, non, désolée madame… Bon, on a pas le cul sorti des ronces, hein ? ;-/ J’vous dis pas d’où ça sort, j’suis sûre que vous aurez deviné…

  5. Tenez, j’ai découvert via J’suis pas content TV un gars qui fait des VLOG et c’est bien, ça change et ça détend vu l’actu de merde qu’on se paye ! Je vous le colle ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/01/21/quest-ce-quon-se-souhaite/

    • oui sympa, mais on sent encore trop l’influence dieudonné/tabibian dans la diction et la présentation. Faudrait qu’il trouve son style.. trash certes, mais perso…😉
      Ceci dit, focaliser surs les solutions (potentielles) est la voie à suivre, il a tout à fait raison, voie que nous avons emprunté il y a déjà un moment.
      Il se rendra logiquement compte que les solutions envisageables auront toutes quelque chose à voir avec l’anarchie, parce qu’il n’y a rien d’autre de viable… RIEN !

      • Exactement ! D’ailleurs, c’est Proudhon, qui a dit « L’anarchie c’est l’ordre sans le pouvoir » et je ne sais pas si c’est lui qui précise ; « L’anarchie c’est l’ordre, sans les ordres… » J’aurais attendu d’avoir 55 ans pour comprendre que j’étais anarchiste…

        • comme Mr Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, tu as fais de l’anarchisme sans le savoir.
          Ce n’est qu’un mot, rien d’autre, c’est l’Idée qui compte, l’Esprit. regarde les zapatistes du Chiapas, ils ne se disent pas anarchistes et pourtant, leur mode de fonctionnement est anarchiste… Toute société est anarchiste par essence. L’anarchisme ou l’anti-autoritarisme égalitaire, le communalisme démocratique, la société sans État, font partie de la nature humaine…😉

        • C’est tout à fait ça. D’ailleurs, c’est en lisant vos traduc H. Zinn que ça m’est apparue clairement. Mais, littéralement, c’est comme si j’avais reçu un coup sur la tête et groggy j’ai pris conscience et je n’étais plus la même personne… C’est dingue ! Et depuis j’assume.

        • Sacré Howard !!!

  6. Mo'Truckin' Says:

    Je vis depuis quelques années sur les Terres Amérindiennes (appelées vulgairement les États-Unis d’Amérique).
    Je vous envoie ce message du Territoire des Sioux (État de l’Iowa).
    Mon mari et moi vivons sur les routes tout au long de l’année…
    Nous venons de traverser le Territoire des Cheyennes (et des Mustangs !): le Wyoming…
    Un grand merci pour votre formidable site…

    • Et merci à vous de nous suivre. Si vous avez l’occasion, dites à nos frères des nations originelles (Lakota, Cheyenne et autres), que la conscience s’éveille et que des voix se lèvent pour faire comprendre enfin et plus généralement l’intérêt de tous.
      Notre message peut-être résumé de la façon suivante:
      Le destin de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste, qui les opprime aussi à un degré différent voilà tout, se tenant côte à côte et main dans la main avec les peuples originels des autres continents pour mettre en place un nouveau paradigme politique et social.
      Les Lakota le disent plus simplement comme vous ne l’ignorez sans doute pas: Mitakuye Oyasin
      C’est l’esprit à retrouver pour changer de paradigme. L’avantage ? C’est inscrit dans la nature humaine. L’inconvénient ? C’est enfoui sous des couches d’inepties doctrinaires que nous devons déblayer pour faire ressortir enfin le joyau de l’entr’aide mutuelle, de l’égalité et donc de la liberté, qui ne peut exister sans les deux éléments pré-cités.
      Bonne continuation dans votre superbe expérience !

      • Hans Kalimero Says:

        Au fait, j’ai dû entendre quelque part et j’en ai un vague souvenir qu’une nation indienne aurait pour origine les Seldjoukides turcs. Qu’y a-t-il de fondé dans cette assertion?

        • pas grand-chose. Il y a eu une théorie d’un passage de population de l’Asie vers le continent américain qui aurait eu lieu il y a 15 000 ans sur un « pont » de terre émergée dans le détroit de Béring, mais comme pour le peuple israélite errant dans le Sinaï pendant des dizaines d’années, il n’y a pas de preuves archéologiques de tout çà…

      • Mo'Truckin' Says:

        Merci à vous…
        Vous me prêtez des connaissances que je n’ai pas…
        (sourires)
        Le message sera transmis dès que possible…
        La Nation Indienne, pour laquelle j’ai un infini respect et une réelle admiration , survit comme elle peut…
        Je n’oublie pas que je vis et voyage sur leurs Terres…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s