Démythification: Une gifle de plus à la théorie oligarchique de « l’homme belliqueux », de la nature intrinsèquement violente de l’humain…

“ […] Ainsi, la « sauvagerie » des préhistoriques ne serait qu’un mythe forgé au cours de la seconde moitié du XIXe siècle pour renforcer le concept de « civilisation » et le discours sur les progrès accomplis depuis les origines. A la vision misérabiliste des « aubes cruelles » succède aujourd’hui — en particulier avec le développement du relativisme culturel — celle, tout aussi mythique, d’un « âge d’or ». La réalité de la vie de nos ancêtres se situe probablement quelque part entre les deux. Comme le montrent les données archéologiques, la compassion et l’entraide, ainsi que la coopération et la solidarité, plus que la compétition et l’agressivité, ont probablement été des facteurs-clés dans la réussite évolutive de notre espèce.”

~ Marylène Patou-Mathis, CNRS ~

La Professeure/chercheuse Patou-Mathis reconfirme ce que Pierre Kropotkine, considéré par beaucoup aujourd’hui comme le « père » de la socio-biologie, avait démontré dès la fin du XIXème siècle, mais voilà… Cela n’arrange pas du tout les affaires de l’oligarchie pour qui l’invention de la théorie de « l’homme est un loup pour l’homme » justifiait et justifie toujours les pratiques prédatrices et criminelles du petit nombre au pouvoir…

— Résistance 71 —

 

Déconstruction d’un mythe: Non les Hommes n’ont pas toujours fait la guerre !

 

Sott France

 

Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://fr.sott.net/article/27248-Non-les-hommes-n-ont-pas-toujours-fait-la-guerre-Deconstruction-d-un-mythe

 

Dans Le Monde diplomatique de juillet 2015 (N°62), un article de Marylène Patou-Mathis intitulé « Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre » a pour but de « déconstruire le mythe d’une préhistoire sauvage et belliqueuse ». C’est un article qui s’inscrit donc, selon moi, directement dans la nébuleuse d’Olivier Maurel, pour qui « la nature humaine est bonne ».

On apprend dans cet article que l’image de l’homme préhistorique violent et assoifé de guerre n’est qu’une invention tardive… qui remonte au XIXè siècle. Anthropologues et préhistoriens partent du postulat que l’humanité évolue progressivement et unilinéairement pour arriver à cette construction. Au fur et à mesure du temps des fictions ont figé dans nos société une espèce d’archétype de l’homme préhistorique de base: un homme viril vêtu de peau de bête, armé, qui combat des animaux bien plus grands que lui, pour qui les conflits sont omniprésents…etc… Cela me rappelle personnellement mes livres d’histoire (préhistoire…) de l’école primaire. Comme quoi il faut du temps pour construire un mythe et aussi pour le déconstruire.

Au XXè siècle les préhistoriens annoncent que l’homme préhistorique est agressif par nature. Pourtant, dans cet article, solide d’une bibliographie francophone et anglophone abondante, l’auteure tient à démontrer que « Plusieurs études en neurosciences affirment que le comportement violent n’est pas génétiquement déterminé. Même s’il est conditionné par certaines structures cognitives, le milieu familial et le contexte socio-culturel jouent un rôle important dans sa genèse. En outre, de nombeux travaux, tant en sociologie ou en neurosciences qu’en préhistoire, mettent en evidence le fait que l’être humain serait naturellement empathique. C’est l’empathie voire l’altruisme, qui aurait été le catalyseur de l’humanité. »

Marylène Patou-Mathis appuie sa démonstration sur l’exemple des handicapés physiques et mentaux qui n’étaient pas tués. C’est l’archéologie qui vient corroborer tout cela en montrant que les hommes de la préhistoire prenaient soin de leurs infirmes et blessés. Toutefois, ici l’auteure ne ferme pas les yeux et tente de trouver une explication (ou plusieurs) au fait que des squelettes portant des signes de violences ont été retrouvés. Après tout, pourquoi conclure forçément à des réglements de compte belliqueux? Dans cet article, la question est posée : mais alors quand apparaît vraiment la violence ??? La réponse de l’auteure est simple: c’est la sédentarisation qui est à mettre en cause avec la naissance de l’économie de production ainsi que le bouleversement des structures sociales. On est donc en pleine période du néolithique, il y a 10 000 ans.

Pour résumé je vous note ici le dernier paragraphe :

« Ainsi, la « sauvagerie » des préhistoriques ne serait qu’un mythe forgé au cours de la seconde moitié du XIXè siècle pour renforcer le concept de « civilisation » et le discours sur les progrès accomplis depuis les origines. A la vision misérabiliste des « aubes cruelles » succède aujourd’hui – en particulier avec le développement du relativisme culturel – celle, tout aussi mythique, d’un « âge d’or ». La réalité de la vie de nos ancêtres se situe probablement quelque part entre les deux. Comme les montrent les données archéologiques, la compassion et l’entraide, plus que la compétition et l’agressivité, ont probablement été des facteurs-clés dans la réussité évolutive de notre espèce. »

On a donc ici un article à lire puisqu’il déconstruit un mythe profondément ancré, qu’il redonne espoir sur la nature humaine, tout en peignant un tableau non idéalisé non plus. Bonne lecture si vous décidez de le lire !

PS: L’auteure, Marylène Patou-Mathis, est directrice de recherche au CNRS, département préhistoire du Muséum national d’histoire naturelle (Paris).

= = =

 A lire de Marylène Patou-Mathis, Docteur en préhistoire, directrice de recherche au CNRS, directrice du département préhistoire au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris: 

  • “Néanderthal”, éditions Tempus Perrin, 2008
  • “Le sauvage et le préhistorique: mirroir de l’homme occidental”, éditions Odile Jacob, 2011
  • “Préhistoire de la violence et de la guerre”, éditions Odile Jacob, 2013

20 Réponses to “Démythification: Une gifle de plus à la théorie oligarchique de « l’homme belliqueux », de la nature intrinsèquement violente de l’humain…”

  1. je ne sais pas si l’homme est bon ou mauvais – ni comment tout à commencé, ni comment tout va évoluer – ni où nous allons – tant pis, et comme je ne suis pas poète, j’ai cherché et j’ai trouvé ce poème et je vous le fais parvenir pour cette nouvelle année

    Bonne année

    Bonne année à toutes les choses,
    Au monde, à la mer, aux forêts.
    Bonne année à toutes les roses
    Que l’hiver prépare en secret.

    Bonne année à tous ceux qui m’aiment
    Et qui m’entendent ici-bas.
    Et bonne année aussi, quand même,
    À tous ceux qui ne m’aiment pas.

    Rosemonde Gérard

  2. A mon tour je vous souhaite bonne année,surtout nos amis Chrétiens,dans ce jour là une jolie lumière est descendu sur terre pour que les gens s’aiment entre eux !!

  3. Oui j’ai lu cet article sur Sott cette semaine (y’a vraiment des pépites sur ce site). Je me permets de vous coller ma dernière publication dans laquelle j’ai intégré par mal de vos articles dont celui-ci. En guise de bons voeux ; Je préfère dire merci c’est plus sincère, à mon sens… https://jbl1960blog.wordpress.com/2015/12/31/entre-deux-mondes/

  4. Salut R71,
    En réaction à ton commentaire (très en retard)sur l’œuvre de Sutton:

    « Le volume d’information existant et n’étant pas accessible au public français et francophone est effarant !.. Ce n’est bien sûr pas une coïncidence… »
    Ici:
    https://resistance71.wordpress.com/2011/06/03/oligarchie-financiere-les-huit-familles-derriere-le-cartel-banquier-prive-international-lennemi-des-peuples-a-un-nom-et-des-visages/

    Sutton en version française ici:
    http://www.librairiefrancaise.fr/fr/recherche?controller=search&orderby=position&orderway=desc&search_query=Antony+sutton&submit_search=

    Et bonne année,
    folklorique à coup sûr !

    • Oui et les deux volumes de Sutton sur Wall Street et Hitler et Wall Street et la révolution bolchévique ont été publiés en français, APRES notre traduction et publication de larges extraits de ces deux ouvrages… Bonne année également, fraternellement.

      • il a aussi écrit un livre sur « SKULL AND BONES »

        • oui qu’il a écrit sur le fond de documents secrets fournis par la fille d’un membre éminent de la secte sous promesse de ne pas copier les documents et de lui rendre les carnets, ce que Sutton a respecté à la lettre…

  5. Il me semble que l’argument de « l’homme belliciste et fondamentalement mauvais » a aussi servi de prétexte à imposer différentes religions, dont le monodieu de vous-savez-qui-et-joyeux-noël, et ce sans attendre le XIXème Siècle.
    N’importe quel rabbin vous le confirmera: enlevez dieu et les gens s’entre-égorgeront pour se voler et violer, le conte du « Moïse et le veau d’or » illustre à merveille ce principe.

    Les « dix commandements » ont donc été justifiables et peuvent sembler être une base éthique pour une société judéo-chrétienne par-exemple.
    Or, en enseignant à toutes et tous ces commandements dès le plus jeune âge, au fil des générations, il est expliqué aux jeunes bambins les concepts de « vol », de « meurtre », de « tromperie », de « profit »… Dans une société où on enseigne pas ces concepts et où leur émergence éventuelle reste du cas particulier, il faudrait, pour qu’ils se produisent, que des individus les « inventent » pour les appliquer, il serait dès-lors plus clair de distinguer si cette violence est innée et tend forcément à se manifester. Et ça m’étonnerait!

    • Mais tout ceci ne ressort que d’une morale issue des lois naturelles. C’est là encore l’arrogance eurocentrique que d’affirmer que la culture judéo-chrétienne a mené le monde vers une « dimension éthique ». Ceci est une absurdité totale. Les peuples originels de tous les continents ont toujours eu la même éthique du « tu ne tueras point, tu ne voleras point » etc… La seule différence c’est qu’ils avaient INTELLIGEMMENT agencé leur société pour que le vol, l’adultère, le meurtre soient quasiment impossible. Pour le vol, comment voler quelque chose qui appartient à tout le monde ? Retirez la propriété et nous résolvons au moins 90% des problèmes de l’humanité, c’est d’une évidence flagrante.
      Les sociétés étatiques religieuses et laïques inventent en permanence des règles pour maintenir la division politique initiale des dites sociétés et préserver les privilèges du petit nombre à qui bénéficie la division initiale. La grande différence est que nos sociétés sont autoritaires, intolérantes, coercitives et prédatrices, alors que le berceau sociétal de l’humanité ne l’était, ne l’est pas. Il vit toujours en nous car il est partie intégrante de la nature humaine, notre but ici est d’en faire prendre conscience aux plus de gens possible. C’est par un retour au concept initial que nous sauverons l’humanité et c’est pourquoi nous affirmerons sans cesse qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il faut non seulement l’abandonner mais le détruire, car nous en sommes arrivés au stade plus que mortifère où ce n’est plus l’Homme qui façonne le système mais le système qui façonne les humains à son image pour se perpétuer et muter en cette hydre supra totalitaire préconisée par l’oligarchie en place.
      Il suffit de dire NON et de reprendre ensemble, notre souveraineté, pour façonner la nouvelle société des sociétés organique. Pour ce faire, il faut que nous analysions et comprenions aujourd’hui ce que nos ancêtres firent hier et avant-hier, pour que nous puissions correctement façonner un demain juste et égalitaire donc libre.

      « Si dieu est, l’Homme est esclave ; or l’Homme peut, doit être libre, donc dieu n’existe pas. Je défie qui que ce soit de sortir de ce cercle ; et maintenant qu’on choisisse…
      Donc si dieu existait, il n’y aurait pour lui qu’un seul moyen de servir la liberté humaine, ce serait de cesser d’exister. »

      ~ Michel Bakounine ~

      • C’est peut être simpliste – et trop terre à terre – croissez et multipliez vous ? J’ai des doutes – et qu »un dieu nous ait crées également , à son image en plus ????

    • P.S: on ne s’est JAMAIS autant égorgé et entretué qu’au nom de dieu…
      Les religieux sont les pires bourreaux que la terre ait porté.

      « Toutes les religions sont cruelles, toutes sont fondées sur le sang, car toutes reposent principalement sur l’idée du sacrifice, c’est à dire sur l’immolation perpétuelle de l’humanité à l’inextinguible vengeance de la divinité. »
      ~ Michel Bakounine ~

      • même si on voulait approfondir un peu (et je n’en ai pas envie) l’ancien testament avec son dieu jaloux, son dieu vengeur – cela ne me parait pas crédible.

        on retrouve les mêmes histoires dans Gilgamesh – et je me souviens des trompettes de Jéricho qui firent tomber les murs de la ville, depuis les fouilles ont démontré qu’il n’y avait jamais eu de murailles –

        « s’ils n’ont plus peur du diable, ils n’auront plus besoin de Dieu » !!!

        trop de « pourquoi » – malgré tout concernant la bonté, je me demande par exemple dans quand datent les corridas ? etc ….

  6. Je reviens vers vous avec la bouquin d’Howard Bloom, « Le Principe de Lucifer », qui tape en plein dans ce sujet.

    Il se base sur une bibliographie imposante (780 notes de bas de page…), dont un volet entier en matière de sociobiologie.

    Il est fondamentalement en opposition avec Rousseau et la pensée qui dit que « l’homme est naturellement bon, c’est la société qui le corrompt » (cette pensée fut mienne de par mes propres réflexions avant que je découvre la pensée de Rousseau).

    Et par une série d’études sur des recherches faites sur le dos d’animaux de laboratoire, ou d’études anthropologiques sur le terrain, il replace la violence dans le contexte historique. (note ; on peut être offusqué de la maltraitance animale en labo, mais il faut reconnaitre que les données recueillies permettent des avancées dans la compréhension générale du fonctionnement du vivant … encore un paradoxe moral dérangeant..)

    Il parle de « l’ordre de préséance » valable aussi bien pour les individus que pour les groupes ou les nations, il parle de chimie interne, et surtout des « mèmes », ces idées qui façonnent l’histoire par le biais de « superorganismes » (ex : religion catholique, religion musulmane, peuplades barbares, etc…)

    C’est bougrement intéressant, mais je me méfie cependant. En effet, si l’auteur, évoquant les « mèmes religieux », est prompt à « taper » sur l’islamisme (et l’islam – les faits rapportés sont intéressants, précisons) ou sur la chrétienté, il n’évoque aucunement la volonté hégémonique du judaïsme. Curieux. De même que sa relative bienveillance envers l’entité sioniste. (Précision : cela apparaitra peut-être en fin de bouquin, je le termine actuellement – mais j’en doute).

    Enfin, on a des fois le sentiment que cette réflexion générale légitime quelque part la prédation entre humains… Mais là je pense que la fin du livre (et sa suite ?) pourra dissiper ou non ce sentiment. Notons qu’il a aussi écrit « Le génie du capitalisme » que j’ai aussi acquis, par curiosité.

  7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Momies du_Tarim

    apparemment il y aurait eu des civilisations beaucoup plus avancées que nous – dans les temps réculés ………………..

    En Bretagne, on a retrouvé une pyramide du côté de Morlaix

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