Changement de paradigme politique: Veuillez laissez l’État dans les WC où vous l’avez trouvé en entrant ~ 2ème partie ~

“La vérité importe peu à l’État, seule lui importe une vérité qui lui est utile ou pour parler plus exactement tout ce qui lui est utile, que cela soit vérité, demi-vérité ou erreur. Une alliance entre État et Philosophie n’a donc de sens que lorsque la philosophie peut promettre d’être sans conditions utile à l’État, c’est à dire de mettre l’intérêt de l’État plus haut que la vérité.”
~ Friedrich Nietzsche ~

“L’État ne garantit pas seulement les privilèges de la classe dominante, il est un instrument de création permanente de privilèges et dans ce sens, il crée la classe dominante. Il n’y a pas de classes sans État disait Bakounine.”
~ René Berthier ~

“Qu’est-ce qu’une société primitive (originelle) ? C’est une société non-divisée, homogène ; si elle est inconsciente de la différence entre riche et pauvre a fortiori, c’est parce que l’opposition entre les exploiteurs et les exploités y est totalement absente… Que fait donc la société du pouvoir qui lui incombe ? Elle l’exerce bien sûr et avant tout sur le chef, précisément pour l’empêcher de satisfaire un éventuel désir de pouvoir, pour l’empêcher de devenir un chef qui commande. Plus généralement, la société exerce son pouvoir afin de le conserver, afin d’empêcher et de prévenir la séparation de ce pouvoir, afin de repousser l’irruption de la division dans le corps social, la division entre maîtres et sujets.”
~ Pierre Clastres ~

 

Aujourd’hui comme hier l’État n’est pas la solution à nos problèmes, il en est la cause… Petite analyse au fil des siècles

 

Résistance 71

 

9 Décembre 2015

 

1ère partie

2ème partie

 

Gaston Leval (XXème siècle)

 

“En règle générale, c’est le travail de l’ensemble des Hommes et des générations qui se sont succédées au cours du développement historique qui a permis à l’humanité de s’élever, de se perfectioner. Ce n’est pas par l’activité de l’État.”

“Notre première constatation est que l’État, quel que soit son degré de perfection ou d’imperfection, est le fruit de la guerre et se maintient par toute forme de guerre.”

“Quelle que soit son origine, l’État nous apparaît donc comme une force étant constituée d’elle-même, pour elle-même, pour des raisons de domination politique et d’exploitation économique, grâce à la prédominance des armes, à l’assujettissement des masses, politiquement assuré. Encore une fois ce n’est pas le pouvoir économique qui a engendré le pouvoir politique, mais le pouvoir politique qui a donné naissance au pouvoir économique.”

Note: Leval est ici en adéquation parfaite avec les conclusions de l’anthropologue politique Pierre Clastres, ce qui fut un grand pas en avant dans la mise à l’écart du “tout économique” marxiste qui dominait par trop l’anthropologie depuis les années 1950-60. Leval a écrit cela en 1975. Pierre Clastres avait publié “La societé contre l’État” en 1974…

“Loin d’être la conséquence d’une longue évolution économique donnée, des changements de modes de production, des rapports naturels entre les hommes sous l’influence de facteurs sociaux et d’éléments sous-jacents, l’État est bien l’œuvre des aventuriers et des exploiteurs qui savent s’imposer par la force, en premier lieu ou par la ruse. C’est la caste des fonctionnaires qui a créé ses fonctions pour en vivre, qui a inventé de toutes pièces l’appareil dont ele se sert pour justifier de son existence. L’explication est simple, prosaïque même.”

“Dans l’histoire, l’État a agi sur l’économie à son bénéfice et au détriment de ses sujets, non seulement par l’action de la fiscalité, mais comme exploiteur direct du travail et de l’effort des hommes. Par conséquent il est insensé de voir en lui un instrument d’émancipation.”

“Tout gouvernant centralisateur est un despote, tout despote est un centralisateur, ce qui se répercute, pratiquement, dans la structure même des nations et dans le respect ou l’offense à la liberté. Voilà un axiome qu’on ne devrait jamais oublier.”

“Le centralisme d’État est une entreprise de domestication aux prolongements universels.”

“L’État apparaît dans l’histoire comme le résultat du droit du plus fort, de la violence et de la barbarie. Un État qui ne s’appuierait pas sur le glaive serait une contradiction. L’État, c’est la guerre au dehors et la répression à l’intérieur. C’est même aussi la guerre à l’intérieur entre les dynasties, les familles royales, les groupements d’intérêts, les partis politiques. L’humanité n’a que faire de ces rivalités pour s’élever.

Nous sommes entrés dans une phase de l’histoire où il faut choisir: l’État ou la Société. Le progrès des techniques de production précipite la diminution de la masse des producteurs. Il y a transfert de ces populations actives aux activités parasitaires, le tout s’amalgamant avec le secteur tertiaire (des services et de l’administration) où, à côté d’activités sociales parfaitement utiles, pullulent les fausses activités et les fausses professions. Ce n’est pas du tout délirer que de craindre qu’avant un siècle, le monde des parasites s’impose sur le monde des producteurs.

Note: Quelle vision de Leval, un quart de siècle plus tard… Mission accomplie !…

“Ce que nous préconisons maintenant [la société anarchiste fondée sur les communes libres] n’est pas plus impossible que ne le fut la disparition de la société basée sur le servage. Et si on nous demande dans les détails comment fonctionnerait une société non basée sur le salariat, nous répondrons que ceux qui renversèrent l’absolutisme royal ne se préoccupaient pas de la façon dont, dans la société constitutionnaliste, fonctionneraient tous les rouages de l’État qui succéderait à celui qu’ils attaquaient. Il existe même comparativement, plus de facteurs pouvant servir à la construction d’une société nouvelle, qu’il n’en existait dans l’ancienne société.”

Albert Camus (XXème siècle)

“Le mouvement de révolte, à l’origine tourne court. Il n’est qu’un témoignage sans cohérence. La révolution commence au contraire à partir de l’idée.”

“Alors que l’histoire même collective, d’un mouvement de révolte est toujours celle d’un engagement sans issue dans les faits, d’une protestation obscure qui n’engage ni systèmes, ni raisons, une révolution est une tentative pour modeler l’acte sur une idée, pour façonner le monde dans un cadre théorique. C’est pourquoi la révolte tue des hommes, alors que la révolution détruit à la fois des hommes et des prinicipes. Mais pour les mêmes raisons, on peut dire qu’il n’y a pas encore eu de révolution dans l’histoire. Il ne peut y en avoir qu’une qui sera la révolution définitive… Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct. “Il implique contradiction, dit Proudhon, que le gouvernement puisse être jamais révolutionnaire et cela pour la simple raison qu’il est gouvernement.’”

“S’il y avait une seule fois révolution, en effet, il n’y aurait plus d’histoire. Il y aurait unité heureuse et mort rassasiée.”

“Toutes les révolutions modernes ont abouti à un renforcement de l’État. 1789 amène Napoléon, 1848 Napoléon III, 1917 Staline, les troubles italiens des années 1920 Mussolini, la république de Weimar, Hitler.”

“Il est certain d’ailleurs que la capacité révolutionnaire des masses ouvrières a été freinée par la décapitation de la révolution libertaire, pendant et après la Commune de 1871. Après tout, le marxisme a dominé facilement le mouvement ouvrier à partir de 1872, à cause sans doute de sa grandeur propre, mais aussi parce que la seule tradition socialiste qui pouvait lui tenir tête a été noyée dans le sang. Il n’y avait pratiquement pas de marxistes parmi les insurgés de Paris en 1871.”

“La vraie passion du XXème siècle, c’est la servitude.”

“L’empire est en même temps guerre, obscurantisme et tyrannie, affirmant désespérément qu’il sera fraternité, vérité et liberté: la logique de ses postulats l’y oblige.”

Guy Debord (XXème siècle)

“La saisie du monopole étatique de la réprésentation et de la défense du pouvoir des ouvriers, qui justifia le parti bolchévik, le fit devenir ce qu’il était: le parti des propriétaires du prolétariat, éliminant pour l’essentiel les formes précédentes de propriété.”

“Dans le pouvoir des conseils ouvriers qui doit supplanter internationalement tout autre pouvoir, le mouvement prolétarien est son propre produit et ce produit est le producteur même. Il est à lui-même son propre but.”

“La fusion économico-étatique est la tendance la plus manifeste de ce siècle. L’alliance défensive et offensive conclue entre ces deux puissances, l’économie et l’État, leur a assuré les plus grands bénéfices communs, dans tous les domaines: on peut dire que chacune possède l’autre et il est absurde de les opposer ou de distinguer leurs raisons et leurs déraisons.”

“Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi: le terrorisme. Elle veut en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative.”

Note: Debord écrivait cela en 1988 !! Juste après la vague d’attentat qui culmina sur Paris en 1986, attentats imputés au GIS algérien, dont on sût bien plus tard qu’il fut manipulé par les services de renseignement algérien et français…

“Notre société est bâtie sur le secret, depuis les “sociétés-écrans” qui mettent à l’abri de toute lumière les biens concentrés des possédants jusqu’au “secret-défense” qui couvre aujourd’hui un immense domaine de pleine liberté extrajudiciaire de l’État.”

“On se trompe chaque fois que l’on veut expliquer quelque chose en opposant la Mafia à l’État: ils ne sont jamais en rivalité.”

Raoul Vaneigem (XXème ~ XXIème siècles)

“la lutte menée contre la nature par l’économie d’exploitation a conduit inéluctablement au carnage.”

“Le pouvoir de l’argent et l’argent du pouvoir ont toujours été inséparables. La folie de l’argent et le pouvoir fou vont de pair.”

“L’alliance des multinationales, des banques, des trafiquants d’armes et de drogues, des dictateurs, des hommes politiques de tous bords, forme une entente criminelle mondiale à prête une honorabilité d’interlocuteur valable non seulement les valets de presse et de médias, mais ceux-là même qui prétendent les combattre.”

“Le marché de la sécurité offre un profit immédiat aux courtiers de l’angoisse et de ses prophylaxies policières et pharmaceutiques.”

“Le label caricatural du terrorisme et de l’anti-terrorisme n’aura été qu’une des illustrations promotionnelles du marché qui liquide les ressources planétaires et propose, pour parer au désastre, des contrats de tutelle contre l’insécurité.”

“Le refus de la société marchande implique la création d’une société vivante. Le mode de gouvernement proposé par Montesquieu a fait son temps. La démocratie directe doit être le dépassement de la démocratie parlementaire.

“L’exercice de la démocratie directe implique le principe: l’humain prime le nombre.”

“La fin de la démocratie parlementaire ne signifie pas le retour aux dictatures archaïques, à la mentalité agrtaire, à l’occlusion mentale et à la peste démagogique. Elle ouvre la voie à une démocratie directe, fondée sur l’intelligence sensible et le progrès humain, le seul qui nous intéresse.”

Alain Guillerm (XXème siècle)

“Il a existé en Europe un autre modèle de société historique que la société étatique, ce modèle, nous l’avons appelé la “société celtique”, une société contre l’État, mais une société de développement passant même de l’égalité à une certaine inégalité sans qu’il lui soit besoin de l’État. La société celtique a été un ‘challenge’ à la romanité en Occident comme l’a montré Toynbee… Pendant huit siècles, les Celtes furent les maîtres spirituels de l’Occident.”

“L’Irlande resta jusqu’à la pénétration anglaise, une société contre l’État.”

“Ce type de société, la société contre l’État, a toujours disparu devant la violence externe, il n’a jamais suscité l’État en son sein et lui a toujours trouvé des anti-corps quand il est apparu des risques qu’il se crée par des différenciations sociales. Ces différenciations sociales, il les a toujours limitées au maximum au lieu de les cristalliser et de les légitimer dans l’État. C’est pourquoi il est absurde de parler de la Gaule avant César ou des Gallo-Romains sous l’empire dans les mêmes termes.”

“Mais pour les Celtes, le jeu n’en valait pas la chandelle. S’il fallait créer un état gaulois pour lutter contre Rome, alors autant se soumettre aux Romains puisque la spécificité de la société celtique par rapport à Rome était justement d’être une société contre l’État !”

“Par contre cette ardeur guerrière des Gaulois, des libres paysans portant l’épée et exploitant en commun la terre, n’empêcha pas l’existence d’une profonde division du travail. Mais nous ne pensons pas que la division du travail entraîne la division des classes, il faut l’État pour cela.”

Pierre Clastres (XXème siècle)

Note: Il convient ici d’expliquer le mot “primitif” lorsqu’il est employé dans un contexte anthropologique. Le terme provient de sa racine latine “primere” qui veut dire “premier, originel”. Lorsqu’un anthropologue parle d’une société primitive, il ne la compare pas de manière condescendante à la société occidentale jugée supérieure (bien que l’amalgame soit passé avec le temps dans le langage courant…), mais il parle d’une société originelle, première. En anthropologie, les sociétés primitives ne sont pas des sociétés “barbares” au sens ethnocentrique du terme, mais les sociétés originellement présentes, désignées souvent par les structuralistes comme “pré-étatiques”.

“Parole et pouvoir entretiennent des rapports tels que le désir de l’un se réalise dans la conquête de l’autre. Prince, despote ou chef d’État, l’homme de pouvoir est toujours non seulement l’homme qui parle, mais la seule source de parole légitime: parole appauvrie, parole pauvre certes, mais riche d’efficience car elle a nom commandement et ne veut que l’obéissance de l’exécutant. Il va de soi que tout cela concerne en premier lieu les sociétés fondées sur la division: maîtres-esclaves, seigneurs-sujets, dirigeants-citoyens, etc.”

“Dans la société primitive, dans la société sans État, ce n’est pas du côté du chef que vous trouverez le pouvoir: il en résulte que la parole ne peut pas être parole de pouvoir, d’autorité ou de commandement. Un ordre: voilà bien ce que le chef ne saurait donner, voilà bien le genre de plénitude refusée à sa parole.”

“La société primitive est le lieu du refus d’un pouvoir séparé, parce qu’elle-même, et non le chef, est le lieu réel du pouvoir.”

“Les sociétés primitives [sociétés contre l’État] sont bien, comme l’écrit J. Lizot à propos des Yanomami, des sociétés du refus du travail… Premières sociétés du loisir, premières sociétés d’abondance selon la juste et gaie expression de Marshall Sahlins.”

“La division majeure de la société, celle qui fonde toutes les autres, y compris sans doute la division du travail, c’est la nouvelle disposition verticale entre la base et le sommet, c’est la grande coupure politique entre détenteurs de la force, quelle soit guerrière ou religieuse et assujettis à cette force. La relation politique du pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est POLITIQUE, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.

“C’est donc bien la coupure politique qui est décisive et non le changement économique. La véritable révolution dans la protohistoire de l’humanité, ce n’est pas celle du néolithique (agriculture, domestication animale, sédentarité), puisqu’elle peut très bien laisser intacte l’ancienne organisation sociale, c’est la révolution politique, c’est cette apparition mystérieuse, irréversible, mortelle pour les sociétés primitives, ce que nous connaissons sous le nom de l’État.”

“La société primitive, première société d’abondance, ne laisse aucune place au désir de surabondance. Les sociétés primitives sont des sociétés dans État parce que l’État y est impossible.”

“Il n’y a pas de roi dans la tribu, mais un chef qui n’est pas un chef d’État. Qu’est-ce que cela signifie? Simplement que le chef ne dispose d’aucune autorité, d’aucun pouvoir de coercition, d’aucun moyen de donner un ordre. Le chef n’est pas un commandant, les gens de la tribu n’ont aucun devoir d’obéissance. L’espace de la chefferie n’est pas l’espace du pouvoir et la figure bien mal nommée du “chef” ne préfigure en rien celle d’un futur despote. Ce n’est certainement pas de la chefferie primitive que peut se déduire l’appareil étatique en général.”

Note: Ceci s’applique aux sociétés amérindiennes, à une grande partie des sociétés traditionnelles africaines, et à la culture qui fut la culture européenne dominante pendant près de mille ans: la société celtique. Vercingétorix par exemple, figure emblématique historique était un chef de guerre et non pas un “roi”, il ne fut suivi qu’après moults palabres. Beaucoup refusaient de le suivre, sans doute par méfiance. Peu savent que le père de Vercingétorix fut condamné à mort pour avoir tenté d’usurper le pouvoir, de le centraliser. La tentative d’accaparement du pouvoir chez les Gaulois menèrent un chef à la mort… Il en va de même dans la société amérindienne. Ainsi va la société de la “chefferie sans pouvoir”…

“C’est là en somme définir la tâche d’une anthropologie politique générale et non plus régionale, tâche qui se détaille en deux grandes interrogations:

  • 1) Qu’est-ce que le pouvoir politique ? C’est à dire qu’est-ce que la société ?
  • 2) Comment et pourquoi passe t’on du pouvoir politique non coercitif au pouvoir politique coercitif ? C’est à dire: qu’est-ce que l’histoire ?”

Par contraste, nous terminerons cet exposé par une autre vision conceptuelle de la société, celle de quelques représentants de la société amérindienne, toujours au XXIème siècle, sous le joug colonial occidental (ainsi que les nations natives dOcéanie). Nous espérons ces quelques lignes pouvoir initier chez les lecteurs un début de réflexion sur ce qui nous est présenté de manière erronée comme étant inéluctable: l’État, le fléau planétaire avec son corollaire inhérent, le colonialisme.

L’humanité a très bien vécu des millénaires sans l’État ; son avènement, sans doute ce qu’Hegel appelait une “ruse de la Raison”, a mené l’humanité au fond du marasme et du désespoir et il est grand temps que nous envisagions de le reléguer au musée des horreurs, sa juste place.

Il y a eu une (très bonne) vie avant l’État, il y en a une meilleure après lui. Là est le fondement de la véritable Idée révolutionnaire. Une “révolution” est un mouvement cyclique. Le chemin est celui du retour à la société sans État en y adaptant notre technologie et notre savoir-faire acquis par l’humanité au cours des siècles. Elle est notre patrimoine, celles des peuples libres et souverains.

Taiaiake Alfred (Mohawk ~ XXème – XXIème siècles)

“Nous sommes séparés des sources de notre bien-être et de notre pouvoir: de nous-mêmes, de nos cultures et de nos terres. Ces connexions doivent être restaurées. Le pouvoir gouvernemental [colonial] est fondé sur la peur, qui est utilisée pour nous contrôler et manipuler de biens des façons. La stratégie doit être de confronter la peur et de montrer courage et détermination pour agir contre et vaincre le pouvoir de l’État.”

“L’imposition des structures de gouvernance occidentales et la négation des natives continuent à avoir un effet négatif profond sur les peuples autochtones. La terre, la culture et l’auto-gouvernement sont inséparables dans nos philosophies et modes de vie traditionnels, chacun de ces éléments est interdépendant de l’autre, la négation d’un aspect empêche la réalisation de l’ensemble.”

“Au travers du processus d’une soi-disante décolonisation, bien des politiciens amérindiens ont constamment dévié des principes intrinsèques de nos cultures traditionnelles et ont fait route vers une accommodation des valeurs culturelles occidentales et une acceptation de l’intégration dans un système politico-économique plus large… Une existence indigène ne peut pas se réaliser sans respecter toutes les facettes de la tradition: la culture, la spiritualité et le mode de gouvernement. Les mystiques qui ignorent la politique et vivent leur identité au travers des rituels et des arts sont juste aussi perdus que les matérialistes dont les vies sont démunies de spiritualité.”

“L’alternative à l’annihilation culturelle commence avec la reconnaissance de l’érosion des cultures indigènes pré-colombiennes et en devenant pleinement conscient non seulement de l’histoire post-colombienne, mais aussi de la nature évolutrice et transformatrice de la culture elle-même.”

“L’imposition de la politique électorale à la place des modèles traditionnels consensuels et l’émulation des politiciens occidentaux a rendu la politique autochtone une manipulation aussi cynique que toute autre forme de pouvoir.”

“Les valeurs traditionnelles des peuples indigènes menacent directement le monopole du contrôle du pouvoir étatique.”

“C’est dans la nature des systèmes politiques traditionnels indigènes des Amériques que le pouvoir ne soit pas centralisé, que l’adhésion ne soit pas forcée coercitivement, mais que ce soit un processus volontaire impliquant un système de prise de décisions basé sur le consensus… Cela veut dire que les gens engagent leurs leaders et les défient afin que soit vraiment établie la justesse de leurs propositions”

Russell Means (Lakota, XXème ~ XXIème siècles)

“Si vous vivez dans un monde où tout est disponible gratuitement, la gourmandise et la veulerie sont une forme d’insanité.”

“Si vous suivez la loi naturelle, vous n’avez pas peur de la mort. Vous voyez les cycles naturels de la mort et de la renaissance tout autour de vous, dans vos parents, dans vos enfants… Dans la loi naturelle chaque chose est à sa place. Où est le mal ? Il n’y a pas de mal dans la Nature. En vivant de par la loi naturelle, nous percevons pleinement au travers de nos sens, nous développons une riche et juste appréciation du monde réel autour de nous, par notre expérience quotidienne, par la réalité.”

“Les décisions au sein du système de clans ne sont prises que par consensus et rien d’autre. Vous ne faites quelque chose que lorsque c’est unanime. Il n’y a pas d’oppression par la majorité.”

“Le patriarque, avec son industrialisation, est tout en bas de la chaîne alimentaire. C’est une totale disgrâce. Le patriarque n’a aucune connexion avec quoi que ce soit de naturel. Les patriarques essaient de s’approprier la loi naturelle. Ils l’admettent eux-mêmes. Vivre dans une société patriarcale va presque inévitablement conduire et transformer ses sujets en force du mal. La religion patriarcale (toutes les religions monothéistes) pousse à erradiquer ceux qui ont des croyances différentes. Les gouvernements vous forcent à vous aligner d’un côté ou de l’autre, les deux côtés essayant en permanence d’opprimer le point de vue minoritaire.”

“Le patriarcat est l’impérialisme, l’oppression et l’exploitation d’autrui. Ceci a commencé il y a environ 6000 ans lorsque le patriarcat a pointé sa sale tête… Les peuples indigènes ont vécu de très nombreux siècles sans déséquilibre ni destruction, puis en seulement 6000 ans de patriarcat, la planète Terre a été amenée au bord de la destruction totale.

Dans le patriarcat, le meurtre de masse et la destructon de toute vie sont justifiés par les bénéfices du petit nombre de privilégiés se plaçant en haut de la pyramide. Wall Street n’est pas différent de toutes les tyrannies et de tous les royaumes de l’histoire.”

“Une société matriarcale est une société nourricière basée sur la famille. A chaque niveau de la société fondée sur la femme, celle-ci est en rythme avec l’univers, avec la Terre, avec sa famille et son clan.”

“Dans les sociétés autochtones des Amériques, être un leader veut dire que vous serez matériellement toujours pauvre, car vous devez vous assurer que tout le monde dans la communauté a un bien-être avéré. Ceci était évité par bien des hommes. Les leaders sont choisis par les anciennes du clan. Aucun leader n’est parvenu à cette position par ambition personnelle, faim de pouvoir ou pour essayer de prouver quoi que ce soit. Ceci sont des caractéristiques de personnes ne pouvant pas être de bons leaders et que l’on trouve très régulièrement dans le patriarcat.”

“Dans notre société, le partage mutuel est la norme. Dans une communauté indigène très intriquée, c’est la famille qui prend la première responsabilité d’aider ceux dans le besoin, les veufs, veuves, personnes âgées, hanicappées. Faire partie d’une civilisation de l’attention perpétuelle veurt dire que ses membres sont plus enclins à la paix. c’est pourquoi nous ne pensions pas à la guerre.”

“Si un peuple vit en suivant la loi naturelle, il n’y a aucun besoin de lois humaines pour quelque situation que ce soit. La première loi humaine est la mort de la loi naturelle. Une fois qu’il crée les lois, l’Homme devient un dieu, un faiseur de lois et le but complet de l’existence humaine a été galvaudé.

La loi naturelle est la loi de la vie, la loi humaine est la loi de la mort. Ceci s’applique à l’unité familiale également.”

= = =

“Une nation en suit une autre comme les vagues de la mer ; c’est l’ordre de la Nature et il ne sert à rien de regretter quoi que ce soit. Votre temps de décomposition est peut-être lointain, mais il viendra aussi sûrement que le reste, car même pour l’homme blanc dont le dieu a marché et parlé parmi eux, d’ami à ami, ne peut pas échapper à notre destinée commune. Nous sommes peut-être frères après tout. Nous verrons bien.”

~ Chef Seattle (vers 1890) ~

 

Paix et fraternité à toutes et tous

 

7 Réponses to “Changement de paradigme politique: Veuillez laissez l’État dans les WC où vous l’avez trouvé en entrant ~ 2ème partie ~”

  1. L’excellent Gerald Celente le dit comme çà doit l’être:

  2. Tenez, lu sur Alterinfo, 2285 perquises pour rien ;

    Mickaël L., 30 ans, s’est présenté au commissariat central dans la nuit du 15 novembre après une perquisition «infructueuse» menée chez un ami à lui, à Blagnac dans la banlieue de Toulouse, par la DGSI rapporte La dépêche.
    « Je suis catholique pratiquant, j’ai même un tatouage du Christ sur le bras »

    «Les policiers me recherchaient. Ils m’ont appris que j’étais fiché comme islamiste radical depuis juin 2014. Je suis assigné à résidence depuis le 24 novembre mais moi je n’ai strictement rien à voir avec tout ça. On m’accuse de faire du prosélytisme pour les salafistes… Je suis catholique pratiquant, j’ai même un tatouage du Christ sur le bras !», s’insurge ce Blagnacais qui a entamé une procédure devant le tribunal administratif pour faire tomber son assignation.

    La communauté musulmane est prise pour cible

    Depuis la mise en place de l’état d’urgence au lendemain des attentats du 13 novembre, la communauté musulmane est clairement prise pour cible. Le nombre de perquisitions infondées et d’assignations à résidence abusives augmentent et les dérives policières se multiplient tous les jours. De plus en plus de voix s’élèvent contre les bavures de cette mesure d’exception alors même que le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve annonce que 2235 perquisitions administratives avaient été effectuées depuis le début de l’état d’urgence.

    Mais tout va bien, hein ?

    • Tout cela est voulu. Le but ? Pousser à l’extrême leur foutaise de « choc des civilisations » sauce yankee Fukuyama et Huntington, les idéologues nouveaux cons(ervateurs).
      Le but est de dresser les musulmans entre eux façons St Barthélémy qui a si bien marché avec ces cons de chrétiens ; que les sunnites et les chi’ites se foutent sur la gueule (mais voilà c’est plus compliqué et les musulmans sont moins cons que les chrétiens jusqu’ici et refusent à de rares exceptions près de s’entretuer, d’où l’EI qui fat le boulot pour l’occident…) et qu’aussi la haine se développe entre chrétiens et musulmans.
      Cibler des mecs comme dans l’exemple cité, c’est pousser des mecs comme lui à se dire « putain, je suis catho, les mecs viennent m’emmerder à cause de ces musulmans, blablabla… » et c’est parti, on remonte les horloges pour que ça pète.
      La division et la peur maintiennent les ordures du pouvoir là où elles sont.
      Pour sortir de cette spirale mortifère, il faut briser le système, lui casser les reins, pour ce faire, cela commence avec notre retrait de consentement. Comment ?
      en disant « Halte au sketch ! on joue plus votre jeu de merde, on reprend les commandes, nous, le peuple, seul souverain. »
      Tout le reste n’est que piss…. tu connais la suite.😉 😀

  3. Rectification ; 2500 perquises… à 21 H 30 !

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