Résistance politique: La résurgence indigène est une main tendue à l’occident anti-colonial pour un changement de paradigme politique…

“La terre est la mère de tous les peuples et tout le monde y vivant doit y avoir des droits égaux.”
~ Chef Joseph, Nez Percé, 1890 ~

“Une nation suit une autre nation comme les vagues de la mer, c’est l’ordre de la Nature et les regrets sont inutiles. Votre temps de déclin et de pourrissement est peut-être lointain, mais il viendra aussi sûrement, car mème pour l’Homme blanc, dont le dieu a marché et parlé avec lui d’ami à ami, il ne peut pas échapper à notre destinée commune. Nous sommes peut-être frères après tout. Nous verrons bien.”
~ Chef Seattle, Nation Squamish, 1850 ~

 

Ce que la terre signifie pour nous

 

Taiaiake Alfred

 

19 Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://nationsrising.org/what-does-the-land-mean-to-us/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un guerrier est celui qui peut utiliser des mots de façon à ce que tout le monde sache qu’ils font partie de la même famille. Un guerrier dit ce qui est dans le cœur des gens, parle de ce que la terre représente pour eux, les rassemble pour qu’ils se battent pour elle.

– Bighorse, Diné

Si les objectifs de la décolonisation sont la justice et la paix comme cela est souvent mentionné par les gouvernements et les peuples en matière de politique indigène, alors le processus d’atteindre ces buts doit refléter une chaîne d’accord basique à la fois de la part d’Ongwe’honweh et de la part des colons et honorer l’existence de l’autre. Cet hommage ne peut pas se produire lorsqu’un des partenaires dans la relation est demandé de sacrifier son héritage et son identité en échange de la paix. C’est pourquoi la seule possibilité d’une relation juste et équitable entre Ongwe’honweh et la société coloniale est le concept de relation et de partenariat de nation à nation entre les peuples, le type de relation mis en place dans les traités originaux de paix et d’amitié consacrés entre les peuples indigènes et les nouveaux arrivants de ce continent lorsque les hommes blancs commencèrent à arriver sr nos territoires.

Les colons réfutent les tentatives de raisonner logiquement au travers du problème de cette façon. Les arguments usuels faits au sujet de la restitution (faire face à la justice pour les crimes commis et restituer la terre volée) et de la réconciliation (la paix), se terminent toujours en des défenses conservatrices d’injustices flagrantes contre les arguments les plus justes et structurés en faveur de la restitution. Tolérer le crime encourage la criminalité. Mais l’argument actuel des colons présume qu’il y a eu un certain passage de temps, que les injustices sont historiques et que le temps passé a mené à un changement de circonstances à la fois pour les perpétrateurs et pour les victimes, qu’ainsi le crime a été effacé et qu’il n’y a plus aucune obligation de payer pour ces crimes. Ceci est la version sophistiquée de l’argumentation classique du colon de base: “Les Indiens l’ont eu dur, mais ce n’est pas de ma faute: je n’étais pas ici il y a 100 ans”, ou alors “J’ai acheté mon ranch légalement au gouvernement.”

Mais cette idée si communément tenue par les blancs est fausse: ceci assume que le passage du temps mène au changement de circonstance. Ceci est fondamentalement faux, spécifiquement lorsque ceci est en relation avec Ongwe’honweh, les sociétés coloniales occupantes (Etats-Unis et Canada) et de ce qu’il s’est produit entre nous. Entre le début XXème et début XXIème siècles, les vêtements des gens ont peut-être changés, leurs noms sont peut-être différents, mais le jeu qu’ils jouent est le même. Sans un véritable changement des réalités de notre relation, on ne peut pas considérer les torts faits comme historiques. Le crime de colonialisme (comme doctrine) et de la colonisation dans les faits, continuent bel et bien de nos jours et les perpétrateurs sont toujours présents parmi nous.

Où en sommes-nous maintenant sur ces questions en tant qu’Ongwe’honweh ? Lorsque nos demandes sont avancées correctement au gouvernement colonial, sans qu’elles ne soient altérées ou détournées/falsifiées par les collabos indigènes du système du pouvoir blanc, Ongwe’honweh sur tout le continent des Amériques a ces trois requêtes essentielles:

  1. La gouvernance sur un territoire défini;
  2. Le contrôle des ressources naturelles au sein de ce territoire, avec une attente de partager les bénéfices du développement avec l’état, et
  3. La reconnaissance légale et politique des croyances culturelles Ongwe’honweh et de leurs modes de vie sur ce territoire.

Qu’y a t’il de si radical à ce sujet ? Ceci n’est que justice, qu’Ongwe’honweh soient reconnus dans leurs patries.

Mais les colons ont répondu à nos demandes de manière “radicale”. Leurs réponses à Ongwe’honweh ont été les mêmes à travers les frontières et ce même parmi les états colons soi-disant “progressistes” comme le Canada ou les Etats-Unis. Ces gouvernements ont refusé de mettre un terme à l’érosion, au “grignotage”continuels de notre base territoriale, ils insistent sur le fait qu’ils doivent bénéficier de nos ressources naturelles et ce même au sein de nos territoires Ongwe’honweh ; ils défendent la suprématie (pseudo) légale et constitutionnelle de leurs gouvernements sur les notres et ils insistent sur l’équivalence des droits entre nous et les colons sur nos territoires ancestraux, sur nos patries.

De Nunavut (terre Inuit) dans l’Arctique à la Terre de Feu chilienne et même au-delà des océans sur Aotearoa (Nouvelle-Zélande), il y a une certaine constance dans le schéma de demandes/réponses.

Certains pourraient penser que la lutte de notre peuple a changé ces dernières années ; mais non, frères et sœurs, c’est toujours la même chose. Terre, culture, communauté… ce sont les champs de batailles de notre survie. Les colons le savent très bien et nous nous devons aussi nous en rappeler ou alors ils réussiront dans leur vieille mission de nous déposséder de notre terre, de notre héritage et de notre histoire.

Mais il y a un danger de laisser la colonisation être la seule histoire de nos vies indigènes.

Le colonialisme est un cadre analytique efficace, mais il est limité en tant que théorie de la libération. C’est un narratif dans lequel le pouvoir du colon est fondamental et indécrottable ; il limite la liberté des colonisés en cadrant tout mouvement comme acte de résistance ou de défi du pouvoir colonial. Pour les peuples indigènes, les systèmes coloniaux ont toujours des moyens de prendre le contrôle sur les peuples et leurs terres pour les besoins des notions occidentales de “progrès” et d’intérêts coloniaux. Nous vivons maintenant dans une ère de manipulation coloniale post-moderne ; les instruments de domination évoluent et les élites inventent de nouvelles méthodes pour effacer l’identité indigène et sa présence. Bien que ceci soit subtil et non-violent en surface, ces stratégies nient la capacité des peuples indigènes d’agir sur leurs identités authentiques, coupant la vie indigène de ses connexions vitales à la terre, à la culture et à la communauté et n’offrent aux peuples indigènes qu’une seule solution: la dépendance ou la destruction.

Bien loin d’être dans une ère post-coloniale, la survie des nations indigènes est menacée aujourd’hui de la même manière et même dans des domaines plus brutaux d’oppression coloniale qu’auparavant. Le discours actuel et la mise sous tutelle des peuples et nations indigènes au Canada est un exemple de cette nouvelle réalité. Une façade de réconciliation est utilisée pour bétonner la suprématie blanche, pacifier et coopter le leadership indigène et faciliter un accès total aux terres et aux ressources indigènes de ce continent à des fins d’extraction commerciale. Contre tout cela, un mouvement ancestral a ré-émergé au sein des peuples indigènes et de leurs alliés occidentaux occupants, penseurs et activistes d’Amérique du Nord (NdT: dont Résistance 71 fait partie…): la résurgence indigène.

Nous sommes totalement motivés à redéfinir l’identité et l’image des peuples indigènes en termes d’authenticité et de profondeur afin de régénérer et de réorganiser une conscience politique radicale ayant pour but de réoccuper la terre et d’obtenir la restitution pour protéger l’environnement du marasme de l’exploitation et pour restaurer une relation de nation à nation entre les nations indigènes et les colons.

Ce recadrage nécessaire de l’indigénéité en tant que résurgence politique fournit les bases ethiques, culturelles et politiques pour un mouvement transformateur qui a le potentiel d’enlever la marque d’infâmie du colonialisme de la terre et de libérer les esprits des peuples originaux et des nouveaux arrivants et ce de manière identique.

6 Réponses to “Résistance politique: La résurgence indigène est une main tendue à l’occident anti-colonial pour un changement de paradigme politique…”

  1. Doctorix Says:

    Ce qui est arrivé aux amérindiens est exactement ce qui nous arrive aujourd’hui à nous, Européens: une tentative de fondre l’identité de chacun dans un melting-pot informe, avec spoliation du patrimoine ancestral commun, et réduction des citoyens à l’état de consommateurs.
    Pas besoin d’adhérer au FN pour le comprendre. C’est bien dommage que seul ce parti de merde soit là pour le dénoncer.

    • qu’en dit-on à l’UPR – Doctorix ? Je vais essayer de voir

    • Fi de tous les partis ! Seuls nous, le peuple, pouvons reprendre les affaires en main SANS INTERMEDIAIRES. Nous le disons depuis un bon moment: Nous sommes tous des colonisés !
      C’est l’évidence même. Il serait temps de faire quelque chose à ce sujet avant qu’on ait tous la tronche dans le mur !

      • Duc 1950 Says:

        Pour faire quelque chose;il faut laisser tomber sa fierté ,singer l’état,puis le trahir comme il nous trahit tous les jours,pour instaurer la démocratie directe sans autre forme de procès .Je ne vois pas une autre solution ayant la rapidité de celle-ci.

      • la tronche dans le mur on l’a – mais je peux vous dire qu’il y a du boulot et que ce sont toujours les mêmes qui vont au charbon – malgré tout, je reste persuadée que c’est l’auto-gestion qui reste ce qu’il y a de mieux –

        • Oui mais une autogestion hors système, en dehors des institutions étatiques ou cela ne marchera pas, cela ne peut pas marcher car l’État est l’anti-thèse autogestionnaire c’est l’évidence.

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