Archive pour septembre, 2015

Guerre impérialiste en Syrie et en Irak: EIIL = Gladio 2.0

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Daesh la nouvelle armée secrète de l’OTAN

 

Kendal Mans

 

24 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Daesh-la-nouvelle-armee-secrete-de.html?lang=fr

 

Quelles relations entretiennent les Etats-Unis avec Daesh ? Un rappel historique des méthodes ambiguës de l’OTAN et la mise en perspective de la guerre contre le terrorisme soulèvent bon nombre de questions. Sans verser dans la théorie du complot simpliste, cet article nous rappelle que les grandes puissances n’ont pas de principes, seulement des intérêts. A compléter par l’analyse des causes profondes qui, tant en Occident qu’au Moyen-Orient, ont rendu possible l’accomplissement de cette stratégie du chaos. (IGA)

À l’aube du XXIème siècle, les attentats du 11 septembre à New York commis par le mouvement Al-Qaïda ont marqué un tournant historique irréversible bouleversant profondément les relations internationales. Plus récemment, les attentats qui ont frappé la France les 7 et 9 janvier 2015 ont remis à jour une des questions politiques les plus épineuses à laquelle sont confrontées les État-nations et les populations civiles qui en sont les premières victimes : le terrorisme islamiste, officiellement ennemi numéro un de l’Occident après la chute du bloc soviétique. 

Depuis 2001, des organisations similaires ou proches d’Al-Qaïda ont éclos partout à travers le monde, mettant des régions entières à feu et à sang. D’Afrique—Al-Qaïda au Maghreb islamique, Boko Haram, Al-Shabab—jusqu’au Moyen-Orient—l’Etat Islamique en Irak et au Levant, Al-Nousra—, les forces militaires, les techniques de propagande, les réseaux de recrutement ainsi que les ressources financières de ces mouvements transnationaux affichent une progression inexorable contre laquelle les États sembleraient avoir du mal à résister. 

Depuis les attentats du World Trade Center, le « monde libre » serait face à une menace d’envergure diffuse et imprévisible. Le président américain Bush parlait d’un « axe du mal » (1) contre lequel il fallait à tout prix lutter, tandis que la théorie du choc des civilisations (2) était érigée en grille de lecture légitime des relations internationales par les dirigeants politiques et les médias. Nous serions dans une guerre opposant la civilisation, incarnée par l’Occident, à la barbarie et l’obscurantisme de l’Orient musulman.

Cette vision du monde réductrice marquée par un orientalisme contemporain (3) permet l’éclosion de représentations schématiques qui influencent bon nombre d’individus. 

L’inconscient collectif est marqué par l’idée d’une incompatibilité quasi naturelle entre l’Islam et l’Occident et de la crainte d’une menace terroriste de « barbus » qui veulent imposer partout la charia. En témoigne la progression des partis d’extrême-droite islamophobes en Europe. 

Quelles sont les raisons de la montée en puissance fulgurante de ces organisations qui ont comme mode d’action la violence politique ? À l’heure où le terrorisme est une préoccupation mondiale, comprendre les mouvements armées islamistes suppose une analyse de leur genèse, c’est-à-dire une étude des premières organisations de ce type dans l’histoire moderne afin de découvrir les conditions de leur apparition, leur soutien et leur objectif. 

Le secret politico-militaire le mieux gardé du XXème siècle a été révélé pour la première fois en 1990 lorsque le premier ministre italien dévoila l’existence d’une unité paramilitaire secrète liée à l’OTAN, nommée « Gladio ». Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Washington et Londres ont formé par le biais de leur services secrets un ensemble d’armées non conventionnelles et souterraines destinées à lutter contre les forces politiques de gauche.

L’ancien général nazi Reinhard Gehlen a été chargé de mettre sur pied un réseau composé d’éléments d’extrême-droite dans le but de combattre par les moyens illégaux l’avancée idéologique et potentiellement militaire des Soviétiques. Il est l’instigateur des cellules terroristes secrètes Stay-Behind (4). Exerçant dans chacun des seize pays de l’OTAN ainsi que dans quatre pays neutres (Suède, Finlande, Autriche, Suisse), ces armées anticommunistes, qui agissaient à l’insu des parlements et des populations civiles, recrutaient entre autres leurs membres parmi les collaborateurs de Vichy et les monarchistes en France, les fascistes et les mafieux en Italie, les nazis en Allemagne (5) , ainsi que les ultra-nationalistes et islamistes en Turquie. 

Toute doctrine et idéologie pouvant détourner les peuples de la lutte des classes et les nations des velléités souverainistes étaient soutenues et promues. Parmi elles, le nationalisme agressif (6) en Europe de l’Ouest ainsi que le fondamentalisme religieux au Moyen-Orient étaient des armes redoutables.

Durant la guerre froide, l’islamisme a été érigé par la Maison Blanche en alternative à la gauche et au nationalisme arabe qui revêtait un caractère socialiste et souverainiste (7) . Le terrorisme islamiste a été promu par les États-Unis en Turquie en 1978 lors du massacre anti-communiste de Maras, et à plus grande échelle deux ans plus tard en Afghanistan dans la guerre contre l’Union Soviétique. Avec le fiasco au Vietnam, l’occupation au sol d’un pays étranger était devenue trop impopulaire pour la Maison-Blanche qui a alors changé de stratégie. Plutôt que d’envoyer leurs propres soldats et voir leur image s’écorner au niveau national et international, jouer subtilement la carte de l’ingérence en s’appuyant sur des entités locales par le biais d’opérations spéciales clandestines se révélait être une option privilégiée pour les dirigeants américains. Ainsi, le premier mouvement djihadiste moderne transnational a vu le jour sous l’impulsion des Etats-Unis, par le biais de leurs alliés comme l’Arabie saoudite (8) , dictature intégriste à leur solde, qui mobilisa via ses réseaux de mosquées plus de 35 000 moudjahidines venus des quatre coins du monde, et particulièrement d’Europe. À leur tête un certain Ben Laden, proche collaborateur de la CIA. Ceci n’est plus un secret pour personne diront certains, à juste titre, sachant qu’Hillary Clinton reconnaît elle même que ce sont les USA qui ont créé Al-Qaïda (9). 

Sous la houlette de l’OTAN, au mépris des droits de l’Homme et de la démocratie, des organisations armées secrètes ont été formées, mais qu’est-ce qui nous prouve qu’il n’en existe plus aujourd’hui ?

Quand est-il de Daesh ? Pour savoir qui est derrière cette organisation, il suffit de voir les intérêts de qui elle sert et qui la soutient. 

L’Iran, qui est le plus grand ennemi du couple Israël-Arabie saoudite au Moyen-Orient, voit ses deux principaux alliés de la région, à savoir l’Irak et la Syrie, se faire littéralement envahir par l’organisation djihadiste. Daesh combat tous les ennemis de l’Occident : le gouvernement syrien, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien (10) , ainsi que la branche syrienne du PKK (YPG-YPJ), grand ennemi de la Turquie. 

Il faut également avoir à l’esprit que les parrains du terrorisme islamiste – l’Arabie saoudite et le Qatar – sont de fidèles alliés de l’Occident. Au regard du rapport des pouvoirs, les États-Unis, première puissance économique (11) et militaire au monde, ont incontestablement les moyens de faire pression sur ces nations-amies afin qu’elles arrêtent de financer le terrorisme. Mais force est de constater qu’aucune politique concrète de fond n’est menée dans ce sens. 

La Turquie, qui est membre de l’OTAN et qui par conséquent ne peut conduire une politique étrangère allant à l’encontre des intérêts des pays de l’alliance, est aujourd’hui le point de passage principal des djihadistes vers la Syrie, et soutient massivement les « rebelles » de l’ASL ou les terroristes d’Al-Nosra et de Daesh (12) en leur fournissant une aide logistique et militaire (13) , notamment des armes, des camps d’entrainement à Gaziantep et Hatay, et des soins dans les hôpitaux (14). 

Fait qui peut paraître « paradoxal » ou totalement incroyable, Israël soigne des djihadistes du Front Al-Nosra sur son territoire (15) et empêche toute progression de l’armée syrienne en bombardant les positions de celle-ci. Dans un article publié sur Le Figaro, Roland Hureaux met au jour la duplicité de la politique étrangère française : « Inutile de dire que nos armes et notre appui logistique sont allés exclusivement aux djihadistes, en particulier au Front al-Nosra, nouveau nom d’al-Qaida, dont les différences avec Daesh sont bien minces. Les mêmes qui enlèvent ou massacrent les chrétiens – et d’autres. La soi-disant Armée syrienne libre qui, disait-on , était l’objet de notre sollicitude demeure un fantôme – et un alibi pour aider les islamistes » (16) .

En septembre 2014, on a appris de la bouche de l’ambassadrice de l’Union européenne en Irak, Mme Jana Hyboskova, que « plusieurs membres de l’UE ont acheté du pétrole non-raffiné à l’EIIL » (17). 

Il semblerait que l’Occident réutilise la méthode afghane des années 1980 de guerre par procuration, c’est-à-dire de guerre par intermédiaire. Alors comment expliquer les bombardements de la « coalition anti-Daesh » ? A-t-elle une crédibilité ? En réalité, les Etats-Unis jouent subtilement sur deux tableaux à la fois, voulant à tout prix alimenter le complexe industrialo-militaire (18) qui pèse beaucoup dans leur économie (19) et préserver leur « identité de rôle » (20) aux yeux de l’opinion publique internationale, celle de défenseur de la liberté et de la démocratie. Ne frappant pas le coeur de l’organisation (Raqqa) et ayant une portée très limitée, ces frappes sporadiques ont comme seule finalité de feindre la guerre contre l’EI, ce qui sert dans le même temps celle-ci dans sa rhétorique de propagande anti-occidentale, permettant le recrutement de militants (21) . 

Il y a récemment des informations inédites qui ont vu le jour dans des médias de masse qu’on peut difficilement accuser de conspirationnistes.

Dans un reportage sur France 2 (22) se basant sur les dires de Mike German, agent spécial pendant 25 ans ayant démissionné, on apprend que le FBI a poussé des musulmans à commettre des attentats terroristes : « L’agence attirerait des musulmans dans ses filets à l’aide d’agents infiltrés qui vont les pousser à faire l’apologie d’actes de terrorisme. Dans ces cellules identifiées par l’agence, ni armes, ni ressources, ni complot avant l’arrivée de ces informateurs (agents secrets), prêts à souffler mot pour mot à leurs contacts les délits pour lesquels ils seront condamnés. L’ancien agent explique à la journaliste Virginie Vilar la méthode mise en place par le FBI, prêt à fournir des armes, de l’argent ainsi que le plan de l’attaque. Pour lui, « c’est de la fabrication d’affaires« . C’est aussi la conclusion d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié le 21 juillet 2014 » . (23) 

Il semblerait que cette tactique soit aussi employée en France.

Le journal Le Point, qu’on peut encore moins qualifier d’adepte de la théorie du complot, titre le 7 juin 2012 : « Mohamed Merah travaillait pour les RG » (24). On apprend dans cette affaire que Merah a été envoyé au Pakistan, en Afghanistan et en Syrie par un « ami » qui se révèle être en fait un agent des services français, qui l’a poussé à la radicalisation. On peut alors avoir des interrogations légitimes sur les attentats de Charlie Hebdo et le rôle des services secrets français. 

Hier la CIA créait de « faux mouvements de gauche qui se livraient à des exactions et des actes condamnables uniquement pour faire croire à la population, que ces actes terroristes étaient l’oeuvre de la gauche » (25) .

Aujourd’hui, les services occidentaux le feraient-ils avec les islamistes, pour stigmatiser les musulmans vivant sur leur territoire ? L’organisation État Islamique serait-elle la nouvelle armée secrète de l’OTAN ayant pour but d’affaiblir à terme l’Iran ? Le terrorisme djihadiste aurait-il pu être aussi puissant sans le soutien des alliés de l’Occident ? Al-Qaïda et les organisations de ce type constitueraient-ils des prétextes pour envahir des pays (Irak, Afghanistan), des instruments pour mener des guerres par procuration (Lybie, Syrie, Yémen), au niveau domestique des justifications aux lois liberticides, des moyens de stigmatisation et d’exclusion permettant de se débarrasser de la « racaille » partant servir de chaire à canon, et de détourner l’attention du public des vrais problèmes sociaux (chômage, crise économique) en désignant des bouc-émissaires ? Tous les éléments entre nos mains tendent à répondre à ces question par l’affirmative. 

Si par hasard, certains ne sont toujours pas convaincus, résumons : les Etats-Unis ont créé dans le passé des « organisations de l’ombre » pratiquant le terrorisme, ils ont formé le premier mouvement armé islamiste transnational, leurs alliés-clients, la Turquie, l’Arabie-Saoudite, le Qatar financent les djihadistes, Israël les soigne, la France les arme, des pays de l’Union Européenne leur achète du pétrole, et des attentats terroristes sont commis en territoire occidental par des individus radicalisés et armés par ces mêmes services secrets. Pour ceux qui crient à la thèse « complotiste », rappelons que les complots font partie du répertoire d’action des services de renseignement. C’est leur métier. 

« Comment la prétendue coalition contre les égorgeurs serait-elle crédible, alors que, pour des raisons différentes, beaucoup de ses membres ont partagé avec eux (et partagent encore pour certains), des intérêts stratégiques, politiques, économiques ? » (Charb, directeur de Charlie Hebdo) 

Kendal Manis est l’auteur du mémoire de recherche « Maras 78’ : terrorisme américano-islamiste en Turquie ».

Pour plus d’information : https://www.youtube.com/watch?v=bSl…

Source : Investig’Action

Notes : 

1. RIGAL-CELLARD Bernadette, « Le président Bush et la rhétorique de l’axe du mal », Études 9/2003 (Tome 399) , p. 153-162

  1. HUNTINGTON Samuel, Le Choc des Civilisations, Paris, Odile Jacob, 1997, 402 pages.
  2. SAID Edward, L’orientalisme. L’orient créé par l’occident, Paris, Seuil, 2005, « Introduction », 456 pages

Voir aussi Edward Said on Orientalism, [Consulté le 12/12/2014], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=fVC…

  1. TUNC Aziz, Maras Kiyimi Tarihsel Arka Plani ve Anatomisi, Istanbul, Belge Yayinlari, 2011, p.119
  2. Le responsable de la Gestapo Klaus Barbie a été recruté par la CIA. GANSER Daniele, Les armées secrètes de l’OTAN, Plogastel, Demi-Lune, 2005, p.262
  3. Il faut faire une distinction entre le nationalisme agressif, qui a un caractère raciste, et le nationalisme défensif, qu’on peut qualifier de « patriotique ».
  4. COLLON Michel, LALIEU Grégoire, La Stratégie du Chaos, Impérialisme et Islam, Investig’action, 2014, p.275
  5. LALIEU Grégoire, Entretiens avec Mohammed Hassan, Jihad Made In USA, Bruxelles, Investig’Action, p.222
  6. Hillary Clinton : ’We Created al-Qaeda’ [Consulté le 27/03/2015], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=WnL…
  7. rfi, Syrie : le groupe EI envahit le camp de Yarmouk, proche de Damas [en ligne], 1er avril 2015,[Consulté le 18/04/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.rfi.fr/moyen-orient/2015…
  8. En PIB par habitant.
  9. La frontière entre ces différents mouvements est poreuse. En septembre 2013, plus de 40 000 hommes membres de l’ASL font défection pour intégrer le Front Al-Nosra. Georges Mabrunot, Le Figaro, Syrie : des rebelles modérés rejoignent le camp des islamistes radicaux [en ligne], 26 septembre 2013, [Consulté le 29/03/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/internationa…
  10. Hélène Sallon, Le Monde, L’étrange soutien de la Turquie aux réseaux djihadistes de Syrie [en ligne], 24 janvier 2014, [Consulté le 18/04/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lemonde.fr/europe/articl…
  11. Une vidéo de la chaîne de télévision turque IMC montrent la connivence entre les militants de DAESH et les soldats de l’armée turque à la frontière turquo-syrienne. Les soldats laissent passer les jihadistes vers la Syrie. IŞİD’in sınırın sıfır noktasından geçişi İMC TV kameralarında (1), [Consulté le 23/01/2015], disponible à l’adresse : http://www.dailymotion.com/video/x2… Voir aussi : Nouvelle preuve de collaboration d’Erdogan avec Daesh, [Consulté le 23/01/2015], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=oIf…
  12. i24 News, Israël soigne des djihadistes d’Al-Qaïda blessés en Syrie (Wall Street Journal) [en ligne],14 mars 2015. [Consulté le 12/04/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.i24news.tv/fr/actu/inter…
  13. Roland Hureaux, Syrie : l’incompréhensible politique étrangère de la France, [en ligne], 18 août 2015, [Consulté le 26/08/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/vox/monde/20…
  14. L’Humanité, Des pays de l’Union européenne achètent du pétrole aux barbares, [en ligne], 25 septembre 2014, [Consulté le 26/08/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.humanite.fr/blogs/des-pa…
  15. Si on adopte une analyse de la politique étrangère des États-Unis par les processus organisationnels, théorisé par Graham Allison. BRAILLARD Philippe, Théories des Relations Internationales, Paris, PUF, 1977, « Modèles concep-tuels et la crise des missiles de Cuba », pp.172-196.
  16. « Dans les mois qui ont suivis l’annonce d’Obama sur le bombardement des positions de l’État islamique, les cours de l’action Lockheed ont grimpé de 9,3%, ceux de General Dynamic de 4,3% et ceux de Rayteon et de Northrup Grumman de 3,8% ». LALIEU, Entretiens avec Mohammed Hassan, Jihad Made In USA, p.229
  17. WENDT Alexender, « Anarchy is what States Make of it : The Social Construction of Power Politics », International Organiszation, n°46 (2), 1992, pp 391-425
  18. JULES Alain, ETAT ISLAMIQUE. Bachar al-Assad : l’Etat islamique s’est renforcé grâce aux raids US [en ligne], 30 mars 2015. [Consulté le 12/04/2015]. Disponible à l’adresse : http://allainjules.com/2015/03/30/e…
  19. Virginie Vilar, France 2, VIDEO. Le FBI accusé de fabriquer de faux complots terroristes [Publié le 13/02/2015], disponible à l’adresse : http://www.francetvinfo.fr/replay-m…
  20. L’express, Le FBI a poussé des musulmans à commettre des attentats selon Human Rights Watch, [en ligne], 21 juillet 2014, [Consulté le 03/02/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lexpress.fr/actualite/mo…
  21. Armel Méhari et Aziz Zemouri, Le Point, Mohamed Merah travaillait pour les RG [en ligne], 7 juin 2012, [Consulté le 01/03/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lepoint.fr/societe/merah… Voir aussi : Mohamed MERAH était un agent des services français selon l’avocate de sa famille… [Consulté le 24/04/2015], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=Ej4…
  22. GANSER Daniele, Op. Cit., p.226

Lutter contre le vrai terrorisme et son réseau global pétrolier, banquier et de trafics en tout genre (Veterans Today)

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Les havres de paix de l’EIIL dont personne ne veut qu’on parle

 

Gordon Duff

 

23 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2015/09/23/the-secret-isis-safe-havens-nobody-wants-you-to-know-about/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avec les dires récents concernant de mystérieuses forces militaires russes en Syrie, forces que personne jusqu’à présent n’a été capable de localiser, ceci incluant le président syrien Al-Assad lui-même, bien des possibilités se présentent pour redresser à la fois la menace que présente l’EIIL régionalement et globalement.

Ce n’est pas seulement les havres de paix et de sécurité de l’EIIL, certainement les nombreuses bases de l’EIIL, les camps de prisonniers et les marchés aux esclaves se trouvant en Turquie. Cela va bien plus loin que cela et une forte implication militaire russe pourrait rendre possible des attaques éclairs contre ces centres et en faire une réalité tangible.

La jurisprudence fut établie pendant la guerre du Vietnam et plus particulièrement pendant la guerre contre le terrorisme, le programme de rendition de la CIA, les prisons secrètes, les assassinats et les attaques de drones contre des personnes et des bâtiments, ceci étant maintenant un outil précieux lorsque déployé contre les suspects de terrorisme à travers le Moyen-Orient, l’Europe et l’Amérique du Nord.

Seulement lorsqu’on décide d’être sans merci contre les vrais terroristes et qu’on utilise les outils légaux mis à la disposition du monde par les Etats-Unis, pouvons-nous finalement être en sécurité, tout juste comme Dick Cheney l’a voulu pour nous tous. (NdT: Ce paragraphe paraît choquant, nous pensons qu’il est totalement ironique venant de Duff. Prendre donc ce paragraphe au second degré…)

La semaine dernière, l’artillerie syrienne a commencé à décimer des centaines de combattants de l’EIIL se sauvant de leurs dernières cachettes à Zabadani, qui fut le théâtre d’une bataille d’un mois entre les forces gouvernementales syriennes assistées des forces du Hezbollah contre Daesh, un des succès remporté face à l’empreinte de l’EIIL fondant comme neige au soleil dans cette nation assiégée.

En quelques minutes, des contrôleurs aériens de l’avant-garde de la force terroriste en déroute appelèrent pour une appui aérien. Des avions de combat F-16 de fabrication américaine décolèrent de bases aériennes sous contrôle de l’EIIL sur le territoire israélien et vinrent réduire au silence la position de l’artillerie syrienne au nord de Damas.

Ceci s’est produit à maintes reprises et a été rapporté bien des fois, il n’y a eu aucune tentative de démenti.

Dans les années 1970, un stratège Américain célèbre et conseiller politique nommé Henry Kissinger dût faire face à une situation similaire. Les forces américaines au Vietnam du Sud étaient attaquées depuis des bases renforcées se situant dans le pays voisin du Cambodge.

D’abord, Kissinger envoya les B-52 tapisser de bombes toute la région, puis Kissinger annonça l’invasion américaine du Cambodge en Mai 1970, lorsque des dizaines de milliers de troupes américaines pénétrèrent dans le pays de manière légale en ce qui concerne les standards légaux américains, et pourchassèrent les forces militantes qui constituaient alors le gouvernement légal d’un Vietnam réunifié.

Daraa, la provInce au sud de la Syrie a été envahie par des forces qui ont été entrainées dans des camps de la CIA en Jordanie et qui sont entrées en Syrie, massacrant des milliers de civils. Ces forces en provenance de la Jordanie entrent sur le territoire syrien faisant flotter le drapeau noir de l’EIIL. La gestion de leurs opérations est laissée à un centre de commandement se trouvant dans la banlieue de la capitale jordanienne de Amman dont le personnel est composés d’officiers des armées américaine, jordanienne, israélienne et saoudienne.

La très grosse antenne logistique qui supplée par voie terrestre et par voie aérienne vivres, armement et munitions à l’EIIL à la fois en Syrie et en Irak est gérée par des membres du MEK iranien, un culte pseudo-islamiste créé en Iran dans les années 1960 par le Mossad, c’est le même groupe responsable d’avoir combattu aux côtés de Saddam Hussein contre l’Iran et d’avoir mortellement gazé 30 000 Kurdes entre 1991 et 1993.

Depuis Octobre 2014, un flot incessant de missile anti-chars TOW ont été envoyé par Raytheon Corporation aux dépôts logistiques de l’armée américaine. Il n’y a aucune trace des certificats des utilisateurs finaux alors que ces missiles sont transférés vers toute autre nation.

Ces missiles se retrouvent dans une base aérienne de l’US Air Force à Constantza en Roumanie. De là, ils s’envolent pour Tbilissi en Georgie et de là ils sont envoyés par camion par BP et a Bechtel Corporation à travers la Turquie et en Syrie où ils sont remis aux forces du front Al Nosra/Al Qaïda.

Plus d’armement à haute technologie payé par les contribuables américains, fut envoyé dans une base aérienne US en Turquie à Adana. De là cet équipement fut envoyé par camion à un camp logistique d’al Nosra/EIIL géré par l’armée turque dans la ville de Rehanli Hatay en Turquie, seulement à quelques kilomètres de bases de l’EIIL prés de la ville syrienne d’Aleppe.

Lorsqu’il fut essayé de tracer la destination de ces missiles TOW, il fut découvert qu’ils furent consignés par la CIA comme livraisons secrètes américaine à la junte militaire de Kiev.

Des preuves s’accumulent de plus en plus que Kiev supplée activement l’EIIL avec des armes et de manière encore plus intéressante, conseille et assiste les terroristes dans l’art de la guerre chimique contre les Kurdes, ce en échange de promesses de la Turquie qui pourraient inclure une jonction ukrainienne sur la nouvelle route du gazoduc turco-russe dans sa route sud au travers de la Roumanie.

Des cartes montrant ceci en ligne ont été purgées des données des moteurs de recherche et ont été piégées de logiciels espions et de malwares.

En descendant plus profond dans le terrier du lapin afin de trouver les soutiens au terrorisme qui, d’après la loi américaine, pourraient être sujets à des frappes de drones, nous pouvons commencer finalement, des années après coup, à dégrader les soutiens matériels de l’EIIL/EI et pas juste le sénateur John McCain mais bien d’autres.

Nous savons que l’EIIL obtient de bonnes sommes de financement en vendant du pétrole volé, nous savons aussi qui recelle tout cela pour lui: les entreprises criminelles habituelles BP et Exxon-Mobil.

Ces soutiens au terrorisme sont en fait très vulnérables, ils ont des flottes de pétroliers qui peuvent être saisies et des biens/investissements dans le monde entier qui pourraient-être gelés. Si le QG d’Exxon à Irving au Texas ou plusieurs de leurs centres terroristes internationaux au nord de Houston dans les Woodlands, étaient attaqués par la Force Delta aidée des forces Spenatz russes, ceci serait le véritable premier pas vers une guerre réelle contre le terrorisme mondial. Les Etats-Unis sont-ils prêts pour cela ?…

Rappelez-vous, c’est la loi américaine qui fait que tout le monde impliqué dans le soutien du terrorisme soit sujet à des assassinats extra-judiciaires.

N’oublions pas non plus le pillage et le vol des antiquités irakiennes et syriennes. Interpol a minutieusement tracé des milliers d’objets valant des centaines de millions de dollars dans des ventes aux enchères à Londres, Vienne, New York, Paris et Berlin.

Presque chaque maison de vente importante possède quelques objets terroristes et quelques-unes de ces maisons occupent des positions majeures dans la finance de ce même terrorisme.

En fait, voici le plan utilisant la stratégie américaine et les précédents légaux qui pourrait-être utilsé pour combattre le VRAI terrorisme:

Une zone d’interdiction de vol doit-être établie au-dessus d’Israël jusqu’à ce les assistances aériennes à l’EIIL aient cessé. Il peut être tout à fait assumé que tout trafic aérien au-dessus d’Israël peut-être terroriste, incluant même peut-être les transporteurs aériens civils qui peuvent être bourrés d’armes chimiques, biologiques ou de déchats radioactifs en provenance de la centrale nucléaire de Dimona. Une série d’attaques éclairs sur une période de 2 ou 3 ans seront nécessaires pour annihiler l’infrastructure de la terreur installée en Turquie. Tous les dépôts d’armes chimiques, les camps d’entraînement, les bases aériennes, tout cela doit-être éliminé avant que l’EIIL ne puisse être battu.

  • Les camps de terroristes et les centres de commandement en Jordanie demanderont les munitions les plus lourdes pour les détruire car certains de ces centres sont construits profondément sous-terre incluant ceux se situant dans le nouveau complexe de l’ambassade d’Arabie Saoudite juste hors d’Amman. Des équipes investiront les salles des ventes, les banques, les conseils d’administration et les QG des journaux de presse écrite dans le monde entier, afin de démanteler tous les soutiens au terrorisme, comme les Etats-Unis l’ont fait après le 11 Septembre…
  • Il y a des douzaines d’ONG comme l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme de Londres qui opèrent en tant que vitrine de relations publiques pour l’EIIL et des douzaines d’autres opérant comme des vitrines d’aide aux réfugiés qui trafiquent en fait avec les djihadistes, la drogue, les esclaves humains. Toute cette fange doit-être menée devant la justice.

On doit donner un certain crédit aux Etats-Unis pour utiliser quelques uns des plus grands cerveaux du droit que le monde ait connu, de les rassembler, tous ces membres de la société fédéraliste et de mettre en place toutes ces lois qui permettront de mettre l’EIIL à genoux.

Que par ses pauvres jugement et prise de décision, l’Amérique n’ait kidnappé et assassiné pratiquement que des gens innocents sous ces provisions légales est bien malchanceux… Peut-être que d’autres feront mieux…

Pays du goulag levant (ex-USA): Combattre « l’exceptionnalisme » enseigné à la jeunesse dans les écoles (Oliver Stone)

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Oliver Stone au Middle East Eye: “Les Etats-Unis ne sont pas menacés, nous sommes la menace”

 

Al Manar avec MEE

 

23 Septembre 2015

 

url de l’article en français:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=260819&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1

 

Alors qu’il lance une nouvelle série documentaire offrant un point de vue critique sur les actions américaines outremer, le réalisateur explique à MEE qu’il n’a pas toujours vu les choses de cette manière.

Les controverses américaines sont le fort d’Oliver Stone. Le réalisateur hollywoodien a braqué ses caméras sur l’assassinat de John F. Kennedy, la guerre du Vietnam et les attentats du 11 septembre 2001.

Lors de la préparation de sa nouvelle série documentaire pour la télévision, The Untold History of the United States (Une Autre histoire de l’Amérique), ce sont les « exploits » américains au Moyen-Orient qui l’ont le plus marqué, a-t-il déclaré à Middle East Eye mercredi dernier.

« En étudiant ces non-dits de l’histoire, une chose qui m’a vraiment beaucoup frappé a été l’histoire de notre implication au Moyen-Orient » a-t-il dit.

« Une implication abjecte. »

Stone retrace l’interventionnisme de Washington dans la région depuis les années 30, indiquant que celui-ci a atteint son apogée lors de l’envoi par l’ancien président George H. W. Bush de centaines de milliers de soldats américains pour libérer le Koweït après son invasion par l’Irak en 1990.

L’Union Soviétique s’était effondrée depuis peu et la porte était alors grande ouverte pour la domination de la région par une unique superpuissance, a-t-il expliqué.

« Nous n’en sommes jamais sortis. Une fois que nous y étions, nous y étions pour toujours. »

« Nous avons déstabilisé toute la région, semé le chaos. Et maintenant, nous accusons l’État islamique du chaos que nous avons nous-mêmes créé », a-t-il ajouté, en référence à la milice extrémiste qui contrôle désormais de larges pans de la Syrie et de l’Irak.

Stone a préparé et écrit la série et le livre qui l’accompagne en partenariat avec Peter Kuznick, un professeur de l’American University spécialiste de la question des frappes nucléaires américaines sur le Japon qui ont mis fin à la Seconde Guerre Mondiale.

« Tout tourne autour du pétrole. Vous vous souvenez de cet autocollant pour voiture où était écrit : ‘’Qu’est-ce que notre pétrole fait sous leur sable ?” », a demandé Kuznick à MEE.

La soif américaine de l’or noir est au fondement de l’alliance des États-Unis avec l’Arabie Saoudite, du coup contre le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh en 1953, appuyé par la CIA, et du soutien américain aux miliciens religieux qui combattaient les Soviétiques en Afghanistan dans les années 80, a-t-il poursuivi.

« Nous avons créé ces pagailles, et ensuite nous avons élaboré un plan militaire grandiose pour y mettre un terme. Mais les solutions militaires ne marchent tout simplement pas. »

Les opinions de Stone et de Kuznick ne risquent guère de faire froncer les sourcils dans les rues du Caire, de Moscou ou de Paris.

Les Américains vivent dans une bulle

En revanche, aux États-Unis, elles sont loin d’être majoritaires.

Selon Stone, les Américains vivent dans une bulle, influencés par un système éducatif, une classe politique et des médias qui dépeignent les États-Unis comme un symbole de stabilité et une force bienveillante dans le monde.

Un exemple célèbre est la description faite par l’ancien président Ronald Reagan des États-Unis comme d’une « ville scintillante sur une colline ».

« Être américain est très confortable », a avancé Stone.  » Vous avez le sentiment d’être en sécurité et de jouir de la prospérité des biens matériels. Mais en même temps, vous pensez que vous avez des ennemis partout – en Russie, en Chine, en Iran, en Corée du Nord ».

« Vous habitez dans ce cocon qu’est ce grand pays entouré de deux océans, mais avec l’impression de vivre toujours sous la menace. »

Oliver Stone a déclaré comprendre ce sentiment pour l’avoir lui-même vécu.

Une seule partie de l’Histoire

Stone est né à New York, d’un père républicain exerçant la profession d’agent de change, Louis Stone. Oliver a toujours été créatif – il écrivait souvent de courtes pièces de théâtre pour amuser sa famille – mais n’avait jamais remis en question la manière dont ses professeurs d’histoire enjolivaient les actes des États-Unis, a-t-il raconté.

« J’avais toujours entendu une seule partie de l’histoire, celle qui met en valeur l’exceptionnalisme américain, qui présente l’Amérique comme un pays altruiste et bénéfique pour le reste du monde. »

En 1967, Stone se porta volontaire pour aller combattre dans l’armée américaine au Vietnam. Il fut blessé deux fois et, à son retour, il fut décoré de l’Étoile de bronze de l’héroïsme et d’un Purple Heart, une médaille accordée aux personnes blessées ou tuées au service de l’armée américaine.

« Je suis revenu du Vietnam perplexe, complètement désorienté vis-à-vis de ce qui s’y passait.

« J’avais été soumis à une lourde dose de langue de bois, de langage militaire. »

Il a commencé à poser des questions et à lire les travaux d’« historiens progressistes », tout en étudiant la réalisation de films à l’université de New York avec Martin Scorsese et d’autres enseignants.

Combattre le «crime éducatif»

Ces idées ont inspiré les films à caractère politique qu’il a produits dans les années 80.

Ainsi, l’un de ses premiers films, Salvador (1986), se déroule dans le contexte d’une guerre en Amérique centrale dans les années 80. Platoon (1986), l’opus qui l’a rendu célèbre, met en scène un jeune soldat, interprété par Charlie Sheen, servant au Vietnam. Il a continué à enquêter sur cette guerre dans Né un 4 juillet (1989), avec Tom Cruise.

Puis en 1991, il a réalisé JFK, un film qui expose ses théories sur l’assassinat de l’ancien président, et qui sera suivi par deux autres portraits de commandants en chef des États-Unis, Nixon (1995) et W (2008).

Quant à son dernier film sur le lanceur d’alerte de la NSA Edward Snowden, sa sortie a été ajournée à 2016, a-t-il indiqué.

Oliver Stone a également à son palmarès des interviews de chefs d’État étrangers ayant défié Washington – du révolutionnaire cubain Fidel Castro au président russe Vladimir Poutine, en passant par le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovytch.

The Untold History of the United States, une série documentaire en dix parties et un livre de 750 pages, offre aux Américains une version alternative de l’histoire de leur pays depuis la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à nos jours.

Oliver Stone a affirmé que l’un de ses objectifs était de combattre le «crime éducatif» consistant à tromper les écoliers américains.

« Nos programmes scolaires doivent être débarrassés de l’exceptionnalisme américain », a-t-il insisté.

« Nous ne sommes pas menacés. Nous sommes la menace. »

Résistance à l’empire: L’OTSC arrive en Irak et en Syrie.. La fin de la légion mercenaire « djihadistes » de la CIA et du Mossad est-elle (enfin) arrivée ?…

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L’OTSC arrive en Irak et en Syrie

 

Thierry Meyssan

 

21 Sptembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article188739.html

 

L’intervention de l’OTSC contre le terrorisme en Irak et en Syrie peut être le début d’un ordre mondial fondé sur la coopération et la défense des populations ou, au contraire, d’une période d’affrontement Est-Ouest dans laquelle l’Occident soutiendrait ouvertement le terrorisme. Contrairement à une idée reçue, ce déploiement militaire vise moins à défendre l’Irak et la République arabe syrienne que les États-membres de l’OTSC eux-mêmes. Il n’est donc pas négociable. Les débats de l’Assemblée générale de l’Onu et du Conseil de sécurité du 30 septembre permettront de connaître la réponse de Washington et de ses alliés à l’OTSC. Quoi qu’il en soit, plus rien ne sera comme avant.

Alors que la presse occidentale persiste à discuter d’un possible soutien militaire russe au président Bachar el-Assad, l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) a décidé de lutter contre le terrorisme en Irak et en Syrie.

Il semble que les Occidentaux n’ont toujours pas compris les conséquences de leur politique.

Une question existentielle pour l’OTSC

Rappelons que l’OTSC est une alliance militaire classique de six anciens États membres de l’Union soviétique : la Biélorussie, la Russie, l’Arménie, le Tadjikistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan. À la différence de l’Otan et du Pacte de Varsovie, dans lesquels les États membres perdent leur souveraineté (au profit des États-Unis et du Royaume-Uni dans l’Otan, de l’URSS dans le Pacte de Varsovie —ce qui contrevient à la Charte des Nations unies—), les États membres de l’OTSC conservent leur pleine souveraineté, ne placent pas leurs armées sous le commandement de la principale puissance de leur alliance, et peuvent se désolidariser à tout moment de cette alliance [1]. L’Azerbaïdjan, la Géorgie et l’Ouzbékistan se sont ainsi retirés librement de cette organisation pour se tourner vers le Guam [2] et l’Otan.

Depuis les années 80, —avant même que n’existent les États membres de l’OTSC— les États-Unis et l’Otan déploient un système de missiles, d’abord tourné contre l’URSS, aujourd’hui encerclant l’OTSC. Ces missiles, censés détruire les missiles intercontinentaux adverses dans leur phase de décollage, ne peuvent en réalité que détruire des aéronefs évoluant à faible vitesse et en aucun cas les missiles hypersoniques russes. Présentés par le Pentagone comme une arme défensive —ce qu’il était peut-être à l’origine—, ce « bouclier anti-missiles » ne peut donc avoir qu’un usage offensif. L’OTSC est le seul groupe d’États au monde à être ainsi directement menacé par des missiles pointés sur lui à ses frontières.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’URSS puis les États membres de l’OTSC, assistent au recrutement des Frères musulmans par la CIA et à l’emploi de certains de leurs membres ou ex-membres par les États-Unis pour les déstabiliser [3]. Ainsi les hommes d’Oussama Ben Laden (formé par le frère de Sayyid Qutb) et d’Ayman al-Zaouahiri (qui avait rejoint la Confrérie un an avant l’arrestation et l’exécution de Sayyid Qutb) combattirent-ils l’URSS en Afghanistan, puis la Russie en Yougoslavie et enfin sur son propre territoire dans le Caucase [4].

En 2011, les États membres de l’OTSC ont assisté à une opération de l’Otan, le « Printemps arabe », visant à renverser des régimes ennemis aussi bien qu’amis au Moyen-Orient au profit des Frères musulmans (Tunisie, Égypte, Libye, Syrie). Et depuis 2014, ils assistent au triomphe de l’idéal des Frères musulmans avec la proclamation d’un califat remettant en cause à la fois le droit international et les droits de l’homme. Actuellement, ce califat a confié ses postes d’officier majoritairement à des islamistes venus de l’ex-URSS, parfois même de pays membres de l’OTSC.

Le 1er août, l’Ukraine et la Turquie (membre de l’Otan) ont annoncé la création d’une « Brigade islamiste internationale », formée de combattants d’Al-Qaïda et de Daesh, et stationnée à Kherson (Ukraine) [5]. Cette Brigade se propose de combattre la Russie en Crimée.

En d’autres termes, sauf à intervenir maintenant contre le terrorisme, l’OTSC devra bientôt affronter à la fois un ennemi extérieur, l’Otan et ses missiles, et un ennemi intérieur, les islamistes initialement formés par l’Otan.

La réunion de l’OTSC à Douchanbé

Le 15 septembre, l’OTSC a tenu la réunion annuelle de ses chefs d’État à Douchanbé (Tadjikistan). Comme je l’avais annoncé il y a un mois [6], le président russe, Vladimir Poutine, a présenté à ses collègues les études réalisées par ses armées sur la possibilité de combattre dès à présent le califat, avant qu’il n’entre massivement dans le territoire de l’OTSC.

Le président Poutine était parvenu à convaincre préalablement ses partenaires qu’il ne les engageait pas à soutenir les ambitions de la Russie en Syrie, mais bien de répondre à une menace directement dirigée contre l’OTSC.

En définitive, l’OTSC décida de se déployer en Irak et en Syrie pour combattre l’ensemble des jihadistes, qu’ils se réclament ou qu’ils soutiennent Daesh ou al-Qaïda. Cette opération est légale en droit international car elle répond aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies relatives à la lutte contre le terrorisme. Elle prolonge d’ailleurs l’opération, elle aussi légale, de la Coalition formée par les États-Unis contre le seul Daesh.

Cependant, à la différence de cette Coalition, l’OTSC entretient de bons rapports à la fois avec les gouvernements irakien et syrien ce qui lui permet d’envisager une bien plus grande efficacité.

De manière à préparer l’intervention de l’OTSC, un couloir aérien a été installé entre l’Organisation et la Syrie. Il devait au départ passer au dessus des Balkans, mais les alliés des États-Unis s’y sont opposés à l’exception de la Grèce. Ce couloir a donc été installé au dessus de l’Iran et de l’Irak. En moins d’une semaine, de très importantes quantités de matériel et plus de 2 000 hommes ont été acheminés. Techniquement, l’OTSC dispose de la capacité de déployer jusqu’à 50 000 hommes en moins de deux semaines.

Le forum des Nations unies

Par souci d’efficacité et sans préjuger de la bonne ou de la mauvaise foi occidentale, les chefs d’État de l’OTSC ont prévu d’intervenir devant l’Assemblée générale de l’Onu (à partir du 28 septembre) pour appeler la communauté internationale à unir ses efforts contre le terrorisme.

En outre, la Russie présidant le Conseil de sécurité pour le mois de septembre, Vladimir Poutine —qui n’est pas venu à l’Onu depuis une décennie— présidera la séance du 30 septembre consacrée à la lutte contre le terrorisme en Irak et en Syrie.

Dans le cas où la Coalition et l’OTSC trouveraient un accord, elles pourraient mener des actions communes ou se répartir le travail (l’Irak pour la Coalition et la Syrie pour l’OTSC). Dans le cas contraire, les deux organisations conduiraient des campagnes distinctes en essayant de ne pas se gêner mutuellement.

Du point de vue atlantiste, la campagne de l’OTSC profitera à la République arabe syrienne et garantira la poursuite du mandat du président élu Bachar el-Assad que l’Otan souhaitait renverser. Cependant, il est faux de prétendre que cette intervention a été conçue pour sauver la Syrie de l’Occident. En effet, lors de la préparation de la Conférence de Genève, en juin 2012, le président Poutine avait envisagé de déployer l’OTSC comme force de paix [7]. Le général Hassan Tourekmani, alors président du Conseil de sécurité national syrien, avait entrepris diverses démarches pour l’accueillir. Cependant, ce déploiement n’avait pas eu lieu d’une part parce que l’Organisation n’avait pas encore signé d’accord avec l’Onu [8] et d’autre part parce que deux membres de l’OTSC ne se sentaient pas alors directement menacés par la situation en Syrie.

Du point de vue de l’OTSC, la proposition faite aux Occidentaux les contraindra à clarifier leur politique. En effet, jusqu’à la signature de l’accord entre Washington et Téhéran, le 14 juillet, la Coalition anti-Daesh, loin de combattre le terrorisme, a parachuté régulièrement et à grande échelle des armes aux jihadistes. Cependant, au cours des dernières semaines, la Coalition a effectivement combattu Daesh. Ainsi, a-t-elle lancé, fin juillet, un bombardement massif en coordination avec l’Armée arabe syrienne et ses milices (le YPG kurde et le Conseil militaire syriaque) pour défendre Hassaké. Cette opération, que la Coalition n’a pas publicisée, permit d’éliminer environ 3 000 jihadistes.

En outre, la Maison-Blanche a d’ores et déjà indiqué qu’elle était ouverte « à des discussions tactiques et pratiques avec les Russes ». Le Foreign Office a déclaré ne plus s’opposer à ce que « le président syrien reste au pouvoir pour une période de transition si cela peut contribuer à résoudre le conflit ». Rejoignant le mouvement, le ministre français des Affaires étrangères a laissé entendre qu’il accepterait de laisser le président el-Assad terminer le mandat que son peuple lui a confié en déclarant : « Doit-on dire au peuple syrien que M. Bachar al-Assad détiendra le pouvoir exécutif au cours des quinze prochaines années ? Si on dit cela, il n’y a pas de solution possible. Entre dire cela et exiger le départ immédiat de M. Bachar al-Assad, il y a une marge. Cela s’appelle la diplomatie. » [9].

Conséquences de l’intervention de l’OTSC

Contrairement à une idée fausse répandue dans la presse atlantiste, la lutte contre le terrorisme en Irak et en Syrie n’est pas une affaire de décennies, mais de quelques mois pourvu que tous les États cessent leur soutien clandestin aux jihadistes.

Dans le cas d’un désaccord à l’Onu, la presse occidentale devrait dénigrer l’action de l’OTSC en mettant en valeur les pertes civiles. En effet, malgré toutes les précautions, il n’est pas possible de bombarder les terroristes sans « dommages collatéraux ». Chaque chef islamiste dispose de trois « épouses » et, suivant leur exemple, des jihadistes de plus en plus nombreux ont fait des prisonnières qu’ils ont réduit en esclavage et « épousées ».

Dans le cas contraire, on ne devrait jamais entendre parler de ces victimes et la guerre devrait être finie en Syrie pour la Noël orthodoxe, même s’il faudra une bonne année avant que la situation ne soit complètement stabilisée sur tout le territoire.

À retenir : 
 L’OTSC interviendra à partir d’octobre 2015, à la fois en Irak et en Syrie, contre les individus classés comme « terroristes » par l’Onu, à savoir al-Qaïda, Daesh et tous les groupes qui se sont alliés à eux. 
 L’OTSC ne cherche pas à venir en aide à Haïder al-Abadi ou à Bachar el-Assad, mais est directement menacée par les jihadistes. 
 Les jihadistes ne sont pas en mesure de résister longuement à une alliance internationale si celle-ci inclut l’Irak et la Syrie. 
  Les États-Unis, qui ont déjà mené secrètement une vaste opération conjointe avec l’Armée arabe syrienne à Hassaké, sont prêts à un accord avec l’OTSC. Leurs alliés britanniques et français sont prêts à renoncer à renverser la République arabe syrienne.

 

[1] « Charte de l’Organisation du Traité de sécurité collective », Réseau Voltaire, 7 octobre 2002.

[2] Le Guam ou Organisation pour la démocratie et le développement est une alliance pro-US regroupant la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Moldavie ; quatre États visant à terme à rejoindre l’Otan.

[3] A Mosque in Munich. Nazis, the CIA and the rise of the Muslim Brotherhood in the West, Ian Johnson, Houghton Mifflin Harcourt, 2010. Version française : Une Mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des frères musulmans en Occident, Albin Michel, 2011.

[4] Les Frères musulmans ont été fondés par Hassan el-Bana qui souhaitait rétablir le califat après la chute de l’Empire ottoman. Ils présentent l’islam à la fois comme religion et comme système politique totalitaire tout en récusant toute dimension spirituelle dans leur lecture du Coran. Sayyid Qutb théorisa l’usage de la violence pour s’emparer du pouvoir, le jihad. Bien qu’officiellement les Frères aient condamnés après sa mort les écrits de Qutb, il reste le penseur de référence au sein de la confrérie.

[5] « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade musulmane internationale », Réseau Voltaire, 3 août 2015. Plus de détails dans : « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade internationale islamique contre la Russie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 août 2015.

[6] « L’armée russe commence à s’engager en Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 août 2015.

[7] « Syrie : Vladimir Poutine propose une Force de paix de l’OTSC », Réseau Voltaire, 3 juin 2012.

[8] « L’OTSC pourra déployer des « chapkas bleues » sur mandat de l’ONU », Réseau Voltaire, 29 septembre 2012.

[9] « Audition de Laurent Fabius au Sénat sur les minorités persécutées au Moyen-Orient », par Laurent Fabius, Réseau Voltaire, 9 septembre 2015.

En toile de fond de la visite de l’ensoutané en chef Bergoglio sur l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord)

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Au sujet des nations libres et indépendantes devenant humaines et civilisées

 

Steven Newcomb

 

20 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/09/20/free-and-independent-nations-becoming-human-and-civilized

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1892. Burke Aaron Hinsdale délivra un discours commémoratif à l’université du Michigan intitulé: “La découverte de l’Amérique”. L’occasion de ce discours était le 400ème anniversaire du voyage historique de Christophe Colomb de l’Espagne aux Caraïbes. A la fin de son essai, Hinsdale déclara que Colomb “montra le chemin sur un océan de ténèbres.” “Il ouvrit les portails du continent des Amériques non pas seulement au royaume de Castille et de Léon, mais à l’humanité entière.” (p.31) Enfouie dans ce phrasé réside la vision que Colomb fut le tout premier à amener “l’humanité” sur ce continent.

L’affirmation de Hinsdale que Colomb “a ouvert” ce continent “à l’humanité” amène à la lumière du jour la façon dont la mentalité des universitaires européens et euro-américains ont typiquement catégorisé nos nations et nos peuples comme originellement existant “sans aucune humanité”. “Sans aucune” a deux significations: “manquant d’humanité” et aussi existant “en dehors” des frontières de l’humanité.

L’affirmation que les chrétiens européens ont “découvert” pour “l’humanité” les terres et les territoires de nos nations et peuples originels, porte une sérieuse et damnée implication: Nos nations et peuples ont été traités comme ne faisant pas partie de “l’humanité” au temps où Colomb et autres voyageurs créèrent la première “attention humaine” de l’existence de notre partie de cette planète. Du point de vue de l’Europe chrétienne, nos nations et nos peuples ne pouvaient pas être intégrés dans la civilisation “humaine” et “chrétienne” tant que nos ancêtres n’aient pas été réduits, subjugués de leur existence libre et indépendante et mis sous le joug de l’empire chrétien (chrétienté), ou le monde de la chrétienté.

Le Dictionnaire Universel de la Langue Anglaise, édition de 1938 par Henry Cecil Wyd contient la définition suivante pour le verbe “civiliser”: “1- Amener d’un état barbare à celui de civilisation.” Puis: “les sauvages ont souvent été civilisés par les missionnaires”. Une autre entrée pour le mot “civilisé” est: “en contraste avec les sauvages et les barbares”. Une question se pose avec ces définitions: Par quels moyens ceux qui sont jugés être dans un état barbare doivent-ils être amenés à la “civilisation” ? La réponse est donnée par le dictionaire Webster’s troisième édition internationale: Ils doivent être amenés à la civilisation par “l’imposition d’un système culturel”, qui doit-être imposée aux peuples et nation soi-disants “barbares” pour lesquels tout système culturel est une notion étrangère. Dans ce contexte, les missionnaires chrétiens sont donc parmi ceux qui sont amenés à forcer les peuples barbares moins qu’humains à embrasser l’humanité et la civilisation.

Considérer ce vocabulaire “civilisateur” ainsi que le processus mental qui va avec pour le mettre en pratique et déshumaniser pour mieux dominer nos nations indépendantes et libres de droit, n’est généralement pas quelque chose sur quoi on se focalise lorsqu’on parle des problèmes et des affaires indigènes. L’affirmation que le monde chrétien a “découvert” notre partie du monde pour l’”humanité” de la chrétienté fut très déshumanisant pour nos ancêtres et pour l’ensemble de nos peuples et nations. Les chrétiens refusèrent de catégoriser nos ancêtres comme étant pleinement humains parce qu’ils affirmaient qu’ils n’étaient pas égaux dans leur conception de l’humanité. Pourquoi ? La réponse simple et directe est: “parce que nos ancêtres et nos cultures n’étaient ni chrétiens ni européens”. Nous ne pouvions même pas devenir “civilisés” tant que nous n’avions pas été soumis à un processus de réduction et de dégradation de notre statut originel libre et indépendant, considéré comme un état d’indépendance “barbare” et réduits à un état de domination et de dépendance de la chrétienté et du système politique euro-chrétien, qui se devait d’exister au-dessus de nous pour nous assujettir et nous contrôler. Ainsi le terme “barbare” ne veut-il dire qu’un état d’indépendance et de liberté, une existence libre et indépendante de la domination étrangère.

Nos ancêtres étaient considérés comme hautains et arrogants parce qu’ils avaient toujours un esprit libre d’indépendance, une existence et une attitude toutes aussi libres et indépendantes. Les chrétiens européens considéraient que nos ancêtres n’étaient pas assez soumis, pas assez serviles et qu’ils ne seraient pas soumis tant qu’ils n’auraient pas été ramenés sous l’autorité et le contrôle de leurs “supérieurs” chrétiens. Nos ancêtres devaient être amenés à connaître et à reconnaître leur place d’infériorité et ceci ne pourrait pas se produire tant qu’ils n’auraient pas fait l’expérience de cette position. Ainsi les colons œuvrèrent à nous “apprivoiser”, à nous briser, à nous “civiliser” disaient-ils, en brisant notre esprit libre et indépendant, nos modes de vies “sauvages” et indépendants. Une des méthodes employées pour ce faire fut la mise de force dans des pensionnats pour Indiens, véritables “centres d’endoctrination”. Comme le déclara la cour suprême de l’état de Californie en 1886 dans l’affaire Thomson vs Doaksum: “Tant qu’ils demeurent en paix avec la race supérieure, ils seront protégés dans leur droit d’occupation de la terre.” La cour aurait dû en fait dire “seront protégés dans le droit d’occupation des sols que nous leur avons imposé.” En d’autres termes, la “race supérieure” auto-proclamée avait jugé que nos ancêtres étaient moins humains et en conséquence avaient des droits moins humains comme celui par exemple d’une simple occupation des sols plutôt qu’un droit inhérent à la terre, cette terre où nos ancêtres ont vécu de manière libre et indépendantes pendant des millénaires. Nos ancêtres furent déclarés “sujets” au “droit européen de propriété de la terre” et ainsi “soumis” à l’affirmation (pseudo)légale de la jurisdiction européenne chrétienne sur nos terres et territoires par simple élévation des supérieurs politiques au rang de “souverains”.

Les implications sont très profondes: Les colons planifièrent l’impossibilité pour nos nations et peuples de toujours avoir leur existence libre et indépendante en tant que nations lorsque nous sommes devenus “partie” de la civilisation chrétienne. Ceci fut le prix que nous devions payer pour notre entrée dans l’humanité et la civilisation chrétienne. Le juge suprême John Marshall appelait ceci, “l’échange d’une indépendance illimitée pour la civiisation et la chrétienté” (NdT: Nom de dieu quelle affaire d’enfer !!…). Eux les colons, furent ceux qui obtinrent, en s’octroyant eux-mêmes, une indépendance illimitée, comme partie intégrante du processus d’imposer la “civilisation” et le “christianisme” à nos nations, tandis qu’ils volaient et pillaient nos terres, territoires et nos ressources naturelles dans l’affaire.

Nos nations ne seraient pas considérées comme faisant partie de cette “humanité de la chrétienté” tant que nous n’aurons pas été conditionnés de vivre sous la domination d’un “souverain” injuste et irresponsable (dominorum), qui est maintenant appelé typiquement “l’État souverain”. Ce fut le but des colonisateurs de nous voir devenir “humains” et “civilisés! En devenant si accoutumés de vivre sour leur domination, nous le ferions bientôt sans plus en avoir même conscience, sans même poser de questions ni même défier le système. Fort heureusement, un grand nombre d’entre nous est bien éveillé et continue de questionner et de défier le droit auto-proclamé de la domination chrétienne européenne.

Voyage de l’ensoutané en chef Bergoglio sur l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord)…

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Le pape sera t’il arrêté par Interpol cette semaine ?

 

Un mandat d’arrêt valide contre le pape Jorge Bergoglio a été remis au State Department des Etats-Unis par le bureau d’Interpol de Bruxelles – Un mandat similaire avait provoqué la démission de l’ancien pape Benoît XVI

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2015/09/21/will-the-pope-face-arrest-by-interpol-this-week/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Washington DC:

Juste avant l’arrivée aux Etats-Unis du pape François 1er, Jorge Bergoglio, le gouvernement américain a reçu d’Interpol la copie d’un mandat d’arrêt à mettre en application contre Bergoglio, mandat issus par le Tribunal International de Droit Coutumier le 18 Juillet 2014. A cette date, Bergoglio fut déclaré coupable de deux accusations d’avoir commis et aidé des crimes contre l’humanité, incluant le trafic d’enfants et fut condamné par contumace (in abstentia) à 25 ans de prisons.

D’après une source à Interpol, une copie du mandat d’arrêt a été délivrés au State Department (ministères des affaires étrangères) américain par courier spécial vendredi dernier, le 18 Septembre, avec une demande formelle pour le gouvernement américain d’appliquer les termes du mandat d’arrêt et de mettre en détention le criminel nommé Jorge Bergoglio.

L’émission d’un mandat similaire par un gouvernement européen au Vatican début Février 2013, déclencha la démission soudaine de l’ancien pape Benoît XVI, Joseph Ratzinger, qui fut condamné similairement ce même mois par le Tribunal International de Droit Coutumier.

Le pape François/Bergoglio fait déjà l’objet de protestations et de perturbations pour son séjour de cinq jours aux Etats-Unis suite à sa décision controversive de “canoniser” un missionnaire catholique génocidaire et pour se rendre à une réunion à Philadelphie qui est réputée être le nid d’un réseau de trafic d’enfants de l’église catholique.

“Ces controverses vont rendre difficile pour le gouvernement Obama d’ignorer la notification d’Interpol concernant le mandat d’arrêt”, a commenté Kevin Annett aujourd’hui depuis New York où il se trouve avec une délégation du Tribual de Droit Coutumier pour une réunion avec des officiels de l’ONU concernant la visite de Bergoglio.

“Jorge Bergoglio est un criminel dûment condamné et le mandat émis par le Tribunal (et relayé par Interpol) possède la force du droit international avec lui. En l’ignorant, les Etats-Unis peuvent être mis en accusation, à juste titre, pour complicité et recel de criminel recherché par la justice et de complicité avec des crimes contre l’humanité.”

Issued by the Central Office of the International Tribunal into Crimes of Church and State (ITCCS)

21 September, 2015

Ingérence de l’empire en Syrie: Sans Moscou l’occident bombarderait déjà la Syrie…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 21 septembre 2015 by Résistance 71

Moscou empêche l’occident de bombarder Assad

Le principal objectif de l’Occident en Syrie n’est pas de combattre le groupe terroriste Etat islamique, mais de renverser le président Bachar el-Assad.

 

Sputnik News

 

20 Septembre 2015

 

url de l’article en français:

http://fr.sputniknews.com/international/20150920/1018278731.html

 

Seule la Russie propose un plan concret de règlement pacifique du conflit en Syrie, affirme Pepe Escobar, correspondant du magazine Asia Times.

La Russie a-t-elle le droit d’effectuer des frappes aériennes en Syrie?

On a l’impression que l’administration de Barack Obama ne sait toujours pas si elle doit continuer d’ignorer le président russe Vladimir Poutine ou si elle doit engager un dialogue avec ce dernier pour tenter de régler conjointement la crise syrienne. Or, au lieu d’opter pour la coopération, Washington accuse la Russie de s’ingérer non seulement en Ukraine, mais aussi en Syrie.

L’expert rappelle à cette occasion qu’en 2014, l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères et envoyé spécial de l’Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a déclaré que l’analyse russe du conflit syrien était juste dès le début.

Selon Pepe Escobar, Moscou a intensifié son jeu diplomatique afin de réduire les divergences entre Damas et l’opposition et de former une coalition réelle dans la lutte contre les terroristes du groupe Etat islamique.

« Moscou est le seul à mener le jeu diplomatique, car le plan A de Washington consiste toujours à renverser le régime de Damas. En outre, l’Occident n’a aucun plan d’action cohérent susceptible à la fois de garantir la défaite de l’EI (Daech) et de prévenir un démembrement catastrophique de l’Etat syrien », constate l’analyste.

D’après Pepe Escobar, si le Pentagone ressent de l’inquiétude au sujet de la présence russe en Syrie, ce n’est pas parce qu’il craint que cela puisse entraver les opérations de la coalition internationale, mais parce qu’il sait que cette dernière ne pourra pas bombarder impunément les forces de Bachar el-Assad au vu et au su de Moscou.

L’Union européenne est, quant à elle, en proie à une crise migratoire due à son obsession pour le changement de régimes en Afrique et au Proche-Orient. Or, alors que l’UE tente de trouver une issue à la tragédie syrienne, le premier ministre britannique David Cameron et le président Français François Hollande s’apprêtent à effectuer des frappes aériennes réduites, frappes qui auront du mal à faire trembler de peur les bandits de l’Etat islamique.

Société contre l’État: Société celtique et gauloise, le « Défi Celtique » d’Alain Guillerm ~ Conclusion de Résistance 71 ~

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 20 septembre 2015 by Résistance 71

“Le fait est que la tyrannie n’est pas un feu qui doit ou peut être éteint. Ce n’est pas un mal externe. C’est un défaut interne. Le feu de la tyrannie ne peut pas être combattu de l’extérieur avec de l’eau, c’est la source qui doit être éliminée. Les gens qui le nourrissent doivent arrêter de le faire. Ce qu’ils y sacrifient doit-être gardé pour eux-mêmes… Les humains ne doivent pas être unis par la domination, mais comme des frères, sans domination: an-archie. Si nous manquons aujourd’hui de conscience, le leitmotiv doit demeurer: sans domination…”

~ Gustav Landauer ~

 

Société celtique société contre l’État: à l’origine de la culture européenne

 

“Le Défi Celtique” d’Alain Guillerm, 1986 (larges extraits)

 

Compilés par Résistance 71

 

20 Août 2015

 

Introduction

1ère partie: Les Celtes contre l’État

2ème partie: Les Celtes après l’État

3ème partie: La société celtique

Conclusion de Résistance 71

 

Cette excellente étude d’Alain Guillerm sur la société celtique vient un peu “boucler la boucle” en quelque sorte, de notre analyse sur les sociétés primitives (une fois de plus le terme est pris ici dans un contexte anthropologique provenant de la racine latine du mot “primus, primere” voulant dire “premier, originel”) que nous avons menée concernant ces sociétés sur les cinq continents.

Commencée avec les travaux des anthropologues politiques Pierre Clastres, Robert Jaulin et Marshall Sahlins, analysant les sociétés contre l’état des Amériques et d’une partie de la Mélanésie ainsi que de la société d’abondance de l’âge de pierre, nous l’avons continué avec la recherche sur les sociétés traditionnelles africaines des nigérians Sam Mbah et I.E. Igariwey, pour enfin finir avec une relation similaire dans la société originelle profonde européenne, la société celtique au travers donc des 3 parties de l’ouvrage d’Alain Guillerm, que nous venons de publier.

Que pouvons-nous dégager de ces études qui pourrait être bénéfique à la société actuelle, surtout pour son évolution politico-économique?

En étudiant et en partageant cette recherche, nous avons essayé de mettre en évidence une chose fondamentale à notre sens: Une certaine universalité de la société humaine par delà l’espace-temps. En effet, du continent africain au continent européen au continent des Amériques à celui de l’Océanie, nous avons pu constater que la société humaine est essentiellement à l’origine une société non seulement sans état, mais plus précisément contre l’État (cf. Pierre Clastres). Une société qui refuse la centralisation et la division du pouvoir politique, qui refuse de voir le pouvoir politique se séparer de la société en une entité indépendante qui, à terme, mène à la division de la société en un système de dominants et de dominés et à la tyrannie oligarchique dont l’État moderne est la pire des représentations. Ceci représente le terreau de la formation étatique. Pour qu’il y ait État, il faut qu’il y ait une division politique initiale de la société en dominant et dominé à un moment historique donné, la division économique suit, elle est postérieure à la division politique (Clastres).

Les sociétés humaines, pendant des millénaires et sur tous les continents, ont essentiellement vécu, et très bien vécu, dans l’abondance et une certaine égalité, sans État, sans autorité centralisée, sans chefferie autoritaire et séparée de la société. Chefferie et guerriers étaient contrôlés par le pouvoir de la société, qui muselait toute velléité pour un chef de commander, de devenir un tyran. La société possédait ses mécanisme inhérents de contrôle de la chefferie par le biais des conseils populaires, conseils de femmes, danciens etc… Comment et pourquoi l’État est né demeure un mystère anthropologique, ce qui est en revanche établi par les recherches de scientifiques comme Clastres, Sahlins, Jaulin, Mbah, Guillerm et d’autres, est que l’État n’est pas, comme le dogme anthropologique structuraliste évolutionniste le veut, une étape qui se veut ultime de l’évolution de la société humaine, ramenant les sociétés primitives au rang de “sociétés incomplètes en voie de développement”, mais bien plutôt une anomalie, une tare, une sorte de “cancer” historico-anthropologique affectant la société humaine. Les sociétés primitives, originelles des Amériques, d’Afrique, d’Océanie et d’Europe étaient des sociétés parfaitement développées, complètes, autonomes, matures, qui non seulement n’étaient pas à État ou de toute forme de contrôle issus de la division politique de la société, mais le refusait et refusait toute centralisation en préservant leur homogénéité politique du pouvoir dissout dans le peuple, s’autogérant politiquement et économiquement.

Savoir pourquoi et comment l’État s’est développé est au-delà de la portée de cette humble étude, mais la question pourrait aussi être de savoir si ce phénomène étatique est irréversible ? Certains pensent que non. D’autres pensent que oui. La pensée anarchiste dans son ensemble et quelque soit ses tendances, pense que le phénomène étatique n’est pas irréversible, c’est à dire que l’humanité pourrait parfaitement retourner dans une phase de redilution du pouvoir dans le peuple où il est en fait très soluble, qui aurait toujours bien sûr des “leaders”, mais ceux-ci n’auraient plus de pouvoir, la société redevenant politiquement et économiquement égalitaire, autonome, autogérée et anti-autoritaire. Là réside de fait toute l’Idée de la société anarchiste, libertaire.

Il est bien évident que les siècles et les siècles de gouvernance étatique ont laissé des marques profondes sur la psychée et surtout sur le comportement humain. Pourquoi cela serait-il irréversible ? Il semblerait au contraire, que la nature sociétale profonde de l’humanité au-delà des civilisations, soit une nature anti-étatique, faisant de l’État un carcan imposé, façonné pour le bien du plus petit nombre au sein d’une société artificiellement et hiérarchiquement structurée dans sa forme “pyramidale” actuelle.

L’État est une forme cancéreuse de la société humaine, nocive, menant l’humanité à sa perte et à sa mort clinique. Nous en voyons les effets toxiques aujourd’hui. La cause de cette maladie socio-anthropologique est la division politique de la société, qui créa les premières cellules cancéreuses proto-étatiques. Depuis l’avènement des états-nations occidentaux vers le XVIème siècle, la maladie touchant la société humaine est entrée pas à pas dans sa phase métastatique dont le résultat sera la mort. Comme toute maladie, si on traite non pas ses symptômes mais sa cause profonde, on en guérit rapidement et avec peu de chances de rechute si on suit les protocoles préventifs. Il en va de même avec notre société humaine. Il n’est bien sûr pas question de retourner à l’âge de pierre ou à l’àge du fer si bien maîtrisé par les Celtes, mais de voir et reconnaître la “maladie” de notre société pour ce qu’elle est et de revenir à une société fondamentalement saine, c’est à dire sans cette division politique ni économique donnant lieu à la perpétuation de la relation dominant/dominé, qui nous est artificiellement imposée depuis bien trop longtemps et ce pour l’exclusif bénéfice d’un petit nombre au sommet de a pyramide du pouvoir aujourd’hui devenu économico-politique dans la phase capitaliste de l’État. Une simple introspection nous révèle la nature profonde et naturelle de la société humaine. Nous avons été fourvoyés à dessein et emmenés sur un mauvais chemin aussi anti-naturel que fallacieux et criminel: celui de l’État. Retournons sur le chemin semble t’il naturel de l’humanité, celui de l’égalité, de la liberté, de l’émancipation et de l’autosuffisance harmonieuse coopérative.

Il en va simplement de notre survie et là réside à notre sens, le message révélé de l’étude des sociétés originelles de nos continents.

Il n’est jamais trop tard pour corriger l’erreur, encore faut-il reconnaître quand on baigne dedans… Avoir foi en l’humanité, c’est avoir foi en la capacité de l’Homme de sortir des ornières dans lesquelles ils s’est lui-même embourbé.

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”

~ Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883) ~

 

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Bibliographie (non exhaustive) sur le sujet:

 

– Pierre Clastres:

“Chronique des indiens Guayaki”, 1972

“La Société contre l’État”, 1974

“Recherches d’anthropologie politique”, posthume, 1980

 

– Robert Jaulin:

“La paix blanche”, 1970

 

– Marshall Sahlins:

“Age de Pierre, àge d’abondance”, 1972

“L’illusion occidentale de la nature humaine”, 2008

 

– Sam Mbah & I.E. Igariwey

“African anarchism”, 1997

 

– Alain Guillerm

“L’autogestion généralisée”, 1979

“Le défi celtique”, 1986

 

– Charles C. Mann

“1491”, 2005

 

Sur Résistance 71:

 

Pierre Clastres

Robert Jaulin

Marshall Sahlins

Sam Mbah

Alain Guillerm

 

Société contre l’état: Kaiane’re:kowa, la Grande Loi de la Paix ou constitution de la confédération iroquoise, XIIème siècle.

Résistance politique: Le gradualisme anarchiste d’Errico Malatesta…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 19 septembre 2015 by Résistance 71

“J’appelle l’esprit anarchiste ce sentiment profondément humain qui vise en la bonté en toute chose, la liberté et la justice pour tous et l’amour parmi les Hommes ; ceci n’est bien évidemment pas l’apanage exclusif des anarchistes auto-déclarés, mais de toute personne ayant du cœur et l’esprit ouvert.” (Errico Malatesta, 1931)

“Est anarchiste par définition, celui qui ne veut être ni opprimé, ni oppresseur, celui qui veut le maximum de bien-être, le maximum de liberté, le plus grand développement possible pour TOUS les êtres humains. Ses idées, sa volonté ont leur origine dans le sentiment de sympathie, d’amour et de respect pour tous les êtres humains.” (Errico Malatesta, 1913)

 

Comprendre Malatesta

Le gradualisme anarchiste de Malatesta

 

Davide Turcato

 

8 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://robertgraham.wordpress.com/2015/09/08/making-sense-of-malatesta/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note de résistance 71: Errico Malatesta, anarchiste italien, 1853-1932, est indubitablement un des penseurs et activistes phare du mouvement anarchiste européen. Sa pensée et sa praxis résonne aujourd’hui plus juste que jamais. Nous allons publier dans les semaines à venir de larges extraits de ses écrits. Malatesta, bien que moins connu du public que des penseurs comme Proudhon, Bakounine et Kropotkine, se doit d’être plus divulgué au grand public. Sa lucidité nous est bien utile aujourd’hui. C’est le but avoué des prochaines publications. Nous laisserons les lecteurs juger sur pied…

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Malatesta a résumé la trajectoire de l’anarchisme italien dans un article publié en 1931, un an avant sa mort. Il rappelait que 60 ans plus tôt, au début de leur mouvement, les anarchistes pensaient que l’anarchie et le communisme pouvaient être une conséquence directe et immédiate d’une insurrection victorieuse et que leur établisseemnt serait l’acte initial principal de la révolution sociale.

Ceci était l’idée en fait, qui après avoir été acceptée un peu plus tard par Kropotkine, fut popularisée et presque établie par lui comme programme définitif de l’anarchisme (‘A proposito di “revisionismo”’). Cette confiance reposait sur les croyances que le peuple avait la capacité innée de s’auto-organiser et de s’occuper de ses propres intérêts et que les anarchistes ne faisaient qu’interpréter l’instinct profond des masses. Avec le temps, la recherche et l’expérience prouvèrent que beaucoup de ces croyances n’étaient que des souhaits.

L’historien Richard Hostetter considère cette croyance précoce en un “état d’esprit révolutionnaire instinctif des masses” comme le noyau central de l’inévitable “dilemme anarchiste” qui avait déjà déterminé dès 1882 la “liquidation idéologique” de l’Internationale Italienne. Mais malgré les “prétentions du mouvement anarchiste italien” qui termine le livre d’Hostetter, la théorie anarchiste et ses tactiques avaient plus de ressources et de potentiel que bien des historiens ne voulaient lui en accorder.
Comme Malatesta le fit remarquer dans son article de 1931, la compréhension déterminante que les masses ne possédaient pas les vertus qu’on voulait bien lui prêter et que la promotion n’avait pas non plus toutes les qualités que les anarchistes voulait bien lui prêter, fut le point de départ d’une nouvelle vision concernant la lutte sociale. Les anarchistes en vinrent à réaliser que seulement un nombre limité de personnes pouvait être amené aux idées anarchistes dans un environnement politico-social propice. Dès lors, trouver de nouveaux membres devenait de plus en plus difficile jusqu’à ce que l’environnement politique et économique offre de nouvelles possibilités de conversion.

Après avoir atteint un certain point, le nombre de gens convaincus ne pouvaient plus grossir, sauf en diluant et en édulcorant le programme politique comme cela s’est produit avec les socio-démocrates, qui furent capables de rassembler une grosse masse de gens mais seulement au prix de ne plus être de véritables socialistes,” expliquait Malatesta (NdT: observons aujourd’hui ce qu’est cette gauche “bobo” partout en occident… L’analyse pertinente de Malatesta est toujours d’une actualité brûlante…). Ainsi les anarchistes en vinrent à comprendre différemment leur mission, basé sur la conviction que l’aspiration à une liberté intégrale, ou ce qu’on appelle “l’esprit anarchiste”, fut la cause du progrès de l’humanité, tandis que les privilèges politiques et économiques poussèrent l’humanité vers un retour à des conditions barbares, à moins que ces privilèges ne trouvent un obstacle dans un anarchisme plus ou moins conscient.

Les anarchistes comprirent alors que “l’anarchie ne pouvait venir que graduellement, à la même vitesse que les masses pouvaient la comprendre et la désirer, qu’elle ne viendrait jamais sauf sous l’impulsion d’une minorité anarchiste plus ou moins consciente, agissant de telle sorte que de préparer l’environnement nécessaire à son éclosion.” Demeurer des anarchistes, agissant comme des anarchistes en toutes circonstances, avant, pendant et après la révolution, devint le devoir, la mission qu’ils établirent pour eux-mêmes (‘A proposito di “revisionismo”’).

Malatesta avait résumé ce que les anarchistes se devaient de faire avant, pendant et après une révolution dans son article de 1925 “Gradualismo”. Pour Malatesta, l’anarchie pouvait être vu comme une perfection absolue et il était juste que ce concept se devait de rester dans les esprits des anarchistes, comme un guide, une ligne de conduite guidant leurs pas, mais que de manière évidente, un tel idéal ne pouvait pas se construire d’un seul bond soudain. Les anarchistes ne devaient pas non plus attendre que tout le monde deviennent anarchistes pour mettre en place la société anarchiste.

Au contraire, ils étaient des révolutionnaires précisément parce qu’ils pensaient que sous les conditions politico-sociales actuelles, seul un petit nombre pouvait concevoir ce qu’était l’anarchie et qu’il serait totalement chimérique d’espérer une conversion totale des masses avant que cet environnement socio-politique n’ait changé. Comme les anarchistes ne pouvaient pas convaincfre tout le monde en même temps, ni non plus demeurer en totale isolation de la société, il devenait nécessaire de trouver des moyens pour mettre l’anarchie en application ou bien ce degré d’anarchisme qui deviendrait graduellement possible et réaliste parmi les gens qui n’étaient pas anarchistes ou qui l’étaient à un degré différent, que dès qu’une quantité suffisante de liberté était achevée et qu’un noyau anarchiste existait avec suffisamment de force et de capacités à être auto-suffisant, il devenait possible d’étendre localement une influence politique.

Malatesta argumenta qu’avant une révolution, les anarchistes devaient propager leurs idées et éduquer aussi largement que possible, rejetant tout compromis avec l’ennemi, se tenant prêts tout au moins mentalement, à saisir toute opportunité qui pourrait se présenter.

Que devaient-ils faire durant une révolution ? Ils ne pouvaient pas faire la révolution seuls, ceci n’est du reste pas recommandé, car sans la mobilisation de toutes les forces spirituelles, des intérêts et des aspirations d’un peuple entier, une révolution ne pourra être qu’un échec. Et même dans le cas peu probable où les anarchistes pourraient réussir seuls, ils se retrouveraient bientôt dans la position paradoxale de soit pousser de l’avant la révolution de manière autoritaire ou soit de lever le pied et laisser quelq’un d’autre prendre le contrôle de la situation quant à leurs propres buts. Ainsi, les anarchistes devraient agir en accord avec toutes les forces progressistes et attirer le plus grand nombre de gens possible, laissant la révolution, dont les anarchistes seraient un des composants, mener là où elle se doit.

Quoi qu’il en soit, les anarchistes ne doivent en rien renoncer à leurs buts spécifiques. Bien au contraire, ils doivent demeurer unis en tant qu’anarchistes et distincts des autres parties ; ils devront se battre pour leur propre programme: l’abolition du pouvoir politique et l’expropriation des capitalistes. Si, nonobstant leurs efforts, de nouveaux pouvoirs parvenaient à s’établir, entravant l’initiative populaire et en imposant leur volonté, alors les anarchistes devront désavouer et se démarquer de ces pouvoirs, inciter le peuple à leur retirer son soutien politique et logistique tout en les affaiblissant le plus possible jusqu’à ce qu’il devienne possible de les renverser. (NdT: ce que firent les anarchistes russes et ukrainiens contre la dictature bolchévique lénino-trotskiste à partir de 1918-19…). Dans tous les cas, les anarchistes devront demander, et ce même par la force, leur autonomie totale, le droit et les moyens de s’organiser et de vivre à leur manière et expérimenter les arrangements sociaux qu’ils jugeront être le mieux pour leur société.

Dans l’après-révolution, après le renversement du pouvoir existant et le triomphe final des insurgés, le terrain sur lequel le gradualisme anarchiste devait s’établir devient vraiment crucial. Tous les problèmes pratiques de la vie se devaient d’être étudiés en ce qui concerne la production, les échanges, les moyens de communication, etc… et chaque problème se devra d’être résolu pas seulement de la manière économique la plus efficace, mais aussi de la manière la plus satisfaisante sur le plan de la justice et de la liberté tout en laissant la porte grande ouverte pour toute amélioration future.

En cas de conflit entre différents requis, la justice, la liberté et la solidarité sont les éléments à favoriser, au-dessus de la convénience économique. Tout en luttant contre l’autorité et les privilèges, les anarchistes devront profiter de tous les bénéfices de la civilisation. Aucune institution remplissant un besoin, même imparfaitement, ne devra être détruite tant qu’une meilleure solution ne pourra pas être mise en place pour remplir ce besoin. Tandis que les anarchistes se doivent d’être intransigeants vis à vis de toute imposition politique et de l’exploitation capitaliste, ils doivent être tolérants vis à vis de tous plans sociaux prévalant dans les groupements variés et ce aussi loin que ces plans et arrangements n’empiètent pas l’égalité et la liberté des autres.

Les anarchistes devront se satisfaire de progresser graduellement, en phase avec le développement moral et politique du peuple et alors que les moyens matériels et intellectuels s’amélioreront, ils devront faire en même temps et dans la mesure du possible, une promotion, une éducation et un travail pour accélérer le développement vers toujours plus d’idéaux progressistes. Les solutions peuvent être variées, selon les circonstances, mais devront toujours se conformer aussi loin que les anarchistes sont concernés, au principe fondamental stipulant que la coercition et l’exploitation doivent être rejetées (‘Gradualismo’).

Ultimement, comme l’écrivit Malatesta dans une lettre ouverte à Nestor Makhno en 1929: “La chose la plus importante n’est pas la victoire de nos plans, de nos projets, de nos utopies, qui dans tous les cas ont besoin de confirmation empirique et peuvent être modifiés par l’expérience, développés et adaptés aux véritables conditions morales et matérielles de l’époque et de l’endroit ; ce qui est le plus important est que le peuple, les hommes et les femmes de nos sociétés perdent cet instinct de moutons de panurge et ces habitudes qui leurs ont été instillés par des milliers d’années d’esclavage et qu’ils apprennent à penser et à agir librement. C’est à ce grand travail de libération morale que les anarchistes doivent plus particulièrement se dévouer “(‘A proposito della “Plateforme”’).

 

Lectorat Résistance 71 à l’automne 2015

Posted in actualité, altermondialisme, Internet et liberté, militantisme alternatif, presse et média, résistance politique with tags , , , , , , on 18 septembre 2015 by Résistance 71

Résistance 71

 

18 Septembre 2015

 

Quelques nouvelles de notre lectorat ces derniers trois mois.

  • 76% des lecteurs du blog proviennent de France métropolitaine
  • Les 24% restant proviennent essentiellement et par ordre décroissant du:
    – Canada
    – Belgique
    – Suisse
    – Etats-Unis
    – Algérie
    – Maroc
    – Tunisie
    – Côte d’Ivoire
    – Polynésie française et Nouvelle Calédonie
  • Le lectorat en provenance du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest est en constante augmentation…
  • Pour l’Europe, les lecteurs de Suisse font une grosse percée…
  • Pour l’Afrique, il est à noter une augmentation notoire de l’audience du blog dans les pays suivants:
    – Côte d’Ivoire
    – Sénégal
    – Cameroun
    – Burkina Faso
    – République du Congo
    – Mali
  • Pour les Territoires d’Outre-Mer:
    – Polynésie française
    – Nouvelle-Calédonie
    – Île de la Réunion
    – Guyane
  • Pour les pays d’Asie, le trio de tête:
    – Thaïlande
    – Malaisie
    – Japon

Merci à toutes et tous de nous suivre. Merci à la communauté francophone internationale de s’informer hors de la propagande étatique et corporatrice.

Toute l’information du blog Résistance 71 est à lire et diffuser SANS AUCUNE MODERATION…

Qu’on se le dise !