Colonialisme et falsification historique… Suite 2

“Pendant des siècles, la bible a été observée par les trois cultures monothéistes du Judaïsme, du Christianisme et de l’Islam, comme un travail divinement inspiré, une preuve de la manifestation de dieu et de sa prééminence. Avec la montée des nationalismes dans les temps modernes, elle a commencée à être de plus en plus vue comme un travail de composition humaine comme une reconstruction de leur passé. Même dans l’Angleterre protestante pré-nationaliste, et plus encore parmi les colons puritains d’Amérique du Nord et d’Afrique du Sud, le livre devint, par un jeu d’anachronismes et d’une imagination fertile, une sorte de modèle idéal pour la formation d’une collectivité politico-religieuse moderne […]

De cette façon, la bible devint un livre séculier que les élèves lisent pour apprendre au sujet de leurs aïeux, ces mêmes enfants qui plus tard marchent fièrement comme soldats se battant dans des guerres de colonisation et d’indépendance.”

~ Schlomo Sand (2009) ~

 

Colonialisme et la falsification de l’histoire

Colonialisme et la falsification de l’histoire suite

 

Il n’y a pas d’histoire juive

 

Extraits du chapitre 17 du livre de Gilad Atzmon “The Wandering Who ?” (2011)

 

Gilad Atzmon (& Schlomo Sand)

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le professeur d’histoire de l’université de Tel Aviv Schlomo Sand ouvre sa remarquable étude sur le nationalisme juif “Comment le peuple juif fut inventé” (2009, première édition en hébreu, 2008, édition française 2010) en citant Karl Deutsch: “Une nation… est un groupe de personnes uni par une erreur commune au sujet de leurs ancêtres et un dédain commun de leurs voisins.” Aussi simpliste que cela puisse paraître, cette citation résume éloquemment le nationalisme moderne juif et spécifiquement ce qui a trait à l’identité juive. Cela montre du doigt l’erreur collective que les juifs tendent à faire à chaque fois qu’on se réfère à leur “passé collectif” illusoire ou leur “origine collective”.

Dans ce livre, Sand émet un sérieux doute sur le fait que le peuple juif ait jamais existé en tant que nation ou race, ait jamais partagé des origines communes. Au lieu de cela, ils sont un mélange coloré de différents groupes qui, au travers différentes étapes de l’histoire, adoptèrent le judaïsme comme religion. Quand fut donc “inventé” le peuple juif ? Sand répond: “A un moment donné au XIXème siècle, des intellectuels d’origine juive en Allemagne, influencés par la caractéristique de la notion de “Volk” ou “peuple” du nationalisme allemand, décidèrent d’inventer un peuple “rétrospectivement”, provenant de cette soif de créer un peuple juif moderne.

Ainsi, en accord avec ceci, le “peuple juif” est une notion inventée, consistant en un passé imaginaire ayant très peu de chose pour le soutenir historiquement, archéologiquement ou textuellement. De plus Sand est parvenu à la conclusion en étudiant les sources disponibles depuis l’antiquité, que l’exil juif est aussi un mythe et que les Palestiniens d’aujourd’hui ont bien plus de chances d’être les descendants directs de l’ancien peuple sémite de Judée/Canaan, que la population actuelle d’origine prédominante Khazar et Ashkénaze, à laquelle Sand admet lui-même appartenir.

[…]

 Nationalisme et nationalisme juif

… Tout comme Karl Deutsch, Sand regarde la nationalité comme étant un narratif fantasmagorique. Des études appronfondies historiques et anthropologiques sur les origines des différents soi-disants “peuples” et “nations”, mènent de manière embarrassante, à l’effondrement de toute notion d’ethnicité ou d’identité ethnique. Il est ainsi intéressant de constater que beaucoup de juifs tendent à prendre leur propre mythe ethnique très sérieusement. Je ne vois que deux explications possibles pour cette insistance. L’une a été offerte par l’universitaire israélien Benjamin Beit-Hallahmi il y a quelques années. Le sionisme, dit-il, a émergé de la bible et l’a transformé d’un texte spirituel en un “cadastre” de la terre. La seconde explication est psycho-analytique: c’est en fait le manque de réalité factuelle ou de narratif historique cohérent qui mène à l’émergence d’une telle fable fantasmagorique, suivie par une volonté de fer et un agenda pragmatique.

[…]

Il n’y a pas d’histoire juive

C’est un fait parfaitement établi qu’il n’y a virtuellement aucun texte historique juif écrit entre le 1er et le début du XIXème siècle. Que le judaïsme soit fondé sur un mythe historique religieux a sûrement quelque chose à faire avec cela. La scrutinisation intensive du passé juif ne fut jamais une préoccupation principale de la tradition rabbinique.

[…]

Comme le dit si bien Sand: “Une séquence chronologique des évènements était quelque chose de complètement étranger au temps judaïque de l’exil où prévalait une condition d’alerte constante en adéquation avec ce moment tant attendu de l’arrivée du Messie.” Ce manque apparent total d’intérêt pour l’histoire, l’historicité et la chronologie est crucial pour bien comprendre l’identité politique juive.

[…]

En 1820, L’historien juif allemand Isaak Markus Jost (1793-1860) publia le premier travail historique sérieux sur les Juifs et leur histoire depuis près de deux mille ans, son “Histoire des Israélites”. Jost évita la période biblique, préférant commencer son voyage historique avec le royaune de Judée et compila également une historiographie des différentes communautés juives dans le monde. Il réalisa que les juifs de son temps ne formaient pas une continuité ethnique et comprît que les Israélites étaient bien différents d’un endroit à un autre. Ainsi pensa t’il qu’il n’y avait rien pouvant empêcher l’assimilation totale de ceux-ci et que dans l’esprit de l’illumination, les Allemands et les Juifs tourneraient le dos aux institutions religieuses oppressives et formeraient une nation saine, fondée sur un sens d’appartenance géographique croissant.

Bien que Jost fut conscient de la montée des nationalismes en Europe, ses contemporains israélites n’étaient pas en accord avec sa lecture libérale et optimiste du futur juif. “A partir de l’historien Heinrich Graetz, les historiens juifs allemands commencèrent à tirer l’histoire du judaïsme en tant que l’histoire d’une nation qui fut un “royaume” chassé et en “exil”, devenant un peuple errant qui ultimement fit demi-tour et retourna sur son lieu de naissance.

Pour le philosophe socialiste juif allemand Moses Hess, c’était la lutte raciale plutôt que la lutte des classes qui définirait à terme l’Europe. Ainsi, il suggéra que les juifs se devaient de réfléchir sur leur héritage culturel et leur origine ethnique. Pour Hess, le conflit entre juifs et gentils était le produit de la différenciation raciale et était ainsi inévitable.

Le chemin idéologique de l’orientation raciste pseudo-scientifique de Hess à l’historicité sioniste est on ne peut plus clair. Si les Juifs sont de fait une entité raciale étrangère (comme le pensait Hess, Jabotinsky et d’autres…), ils devaient alors réellement considérer retourner sur leur terre naturelle, Eretz Yitzraël. Mais la continuité raciale de Hess ne fut pas endorsée scientifiquement. Afin de maintenir le narratif fictionnel qui émergeait, un mécanisme de déni orchestré devait être mis en place pour empêcher certains faits historiques embarrassants d’interférer.

Le nouvel Israélite, la bible et l’archéologie

En Palestine, les nouveaux juifs et plus tard les Israéliens furent déterminés de recruter l’Ancien Testament et à le transformer en un code unifiant le futur du peuple juif. La “nationalisation” de la bible planterait dans les esprits des jeunes juifs l’idée qu’ils étaient les descendants directs de leurs illustres ancêtres.

Gardant à l’esprit le fait que la nationalisation était largement un mouvement séculier, la bible fut dépouillée de sa signification religieuse et spirituelle. Au lieu de cela, elle fut regardée comme un texte historique décrivant la “véritable” chaîne d’évènements du passé.

[…]

Ce qui était encore plus préoccupant était le fait qu’au lieu d’une entité supra-naturelle (dieu) ne leur commande d’envahir et de commettre un génocide contre les habitants indigènes de la “terre promise” (les Canéens), dans le projet de résurrection nationale juif c’était eux-mêmes, les Hertzl, Jabotinsky, Weizman, Ben-Gourion, Sharon, Perès, Barak, Nétanyahou, Lieberman et autres, qui décideraient qui expulser et qui tuer. Dieu ne tuait plus au nom du peuple juif, les juifs le faisaient eux-mêmes. Ils le faisaient avec des symboles juifs décorant leurs chars d’assaut, leurs avions et suivaient des commandements délivrés en hébreu, la nouvelle langue restaurée de leurs “ancêtres”.

[…]

Alors que la recherche archéologique devenait de plus en plus indépendante du dogme sioniste, des vérités dérangeantes commencèrent à faire surface. Il devint impossible d’ancrer l’authenticité des contes bibliques dans des faits dûment vérifiés. Si rien d’autre, l’archéologie réfute l’historicité de la bible: Le livre, d’après les universitaires et érudits non-juifs comme Thomas Thompson, est une “collection tardive de littérature innovatrice écrite par un théologien très doué.

Comme le fait remarquer Schlomo Sand, le narratif biblique de l’origine est imbibé de Philistins, d’aramaïque et de dromadaires. Aussi loin que les fouilles nous l’ont prouvé, les Philistins ne sont pas apparus avant le 12ème siècle Av. J.C, les Araméens apparaissent un bon siècle plus tard et les dromadaires n’ont pas montré leurs délicieuses frimousses avant le 8ème siècle av. J.C.

Pas beaucoup plus n’a été trouvé dans le désert du Sinaï pour prouver l’histoire du légendaire exode d’Egypte, durant lequel apparemment, 3 millions d’Hébreus, hommes, femmes et enfants, marchèrent là pendant 40 ans sans jamais laisser une seule boule de Mazza derrière eux. L’histoire biblique de la relocation des Hébreus dans le pays Canéen et le génocide des goyim habitant la terre promise (ce que les Israélites modernes refont avec tant de succès..) paraît là encore, n’être qu’un autre mythe. Jéricho, la ville gardée écrasée par le son des trompettes hébraïques et par l’intervention toute puissante super-naturelle, n’était juste qu’un tout petit village au 13ème siècle Av. J.C.

Plus que tout, Israël se voit comme la résurrection du monumental royaume du roi Salomon. Et pourtant, des fouilles nombreuses dans la vielle ville de Jérusalem dans les années 1970 ont révélé que le royaume de David n’était rien d’autre qu’une toute petite enclave. La preuve que, selon l’archéologue israélien (et vice chef d’état major de la force de défense israélienne) Yigal Yadin, on pouvait retracer cela au roi Salomon, fut plus tard réfuté par des tests de datation au Carbone-14. De tels faits scientifiquement vérifiables jettent les chercheurs sionistes dans la plus complète des confusions.

La bible est une fiction et pas grand chose de ce qu’elle raconte ne peut confirmer en substance la glorification du peuple juif en Palestine à quelque étape historique que ce soit. La bible apparaît plutôt comme un test idéologique qui a été fait pour servir des buts socio-politiques bien précis.

Qui a inventé les Juifs ?

Qui sont les Juifs ? D’où viennent-ils ? Comment se fait-il qu’au cours de différentes périodes historiques, ils apparaissent dans tant d’endroits isolés différents ?

Bien que la plupart des juifs contemporains soient profondément convaincus que leurs ancêtres sont les Israélites bibliques qui furent brutalement exilés par les Romains, la vérité est que les juifs contemporains n’ont rien à voir avec ces anciens Israélites, qui ne furent du reste jamais envoyé en exil, l’exil par les Romains est juste un autre mythe juif.

Schlomo Sand dit ceci: “J’ai commencé à étudier et à faire des recherches sur l’exil de la terre, mais à mon grand étonnement, j’ai découvert qu’il n’y a aucune littérature à ce sujet. La raison en est que personne n’a exilé le peuple du pays. Les Romains n’ont pas exilé les gens et ils n’auraient pas pu le faire même s’ils l’avaient voulu. Ils n’en avaient pas les moyens logistiques, pas de trains, de camions pour déporter des populations entières. Ce type de logistique n’a pas existé avant le XXème siècle.

C’est ainsi que mon livre est né: dans la réalisation que la société judaïque ne fut pas dispersée et ne fut pas exilée.

La pensée que la grande flotte impériale romaine travailla 7 sur jour 7, 24 heures sur 24 pour déporter Moishe’le et Yanke’le vers Cordoba et Tolède peut aider les juifs à se sentir importants, mais le bon sens commun nous dicte que l’armada romaine avait de bien plus importantes choses à faire. Plus intéressant en est la conclusion: si le peuple d’Israël ne fut pas expulsé, alors les véritables descendants des habitants du royaume de Judée doivent être les Palestiniens. Sand nous dit encore: “Aucune population ne peut demeurer pure sur des centaines et des milliers d’années, mais les chances que les Palestiniens soient les descendants de l’ancien peuple judaïque sont bien plus grandes que celles que vous ou moi ne le soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à la révolte arabe de 1936-39, savaient qu’il n’y avait eu aucun exil, et que les Palestiniens descendaient des habitants de la terre. Ils savaient que les fermiers ne quittent jamais leur terre à moins d’y être contraints et forcés. Même Yitzak Ben-Zvi, le second président d’Israël, écivit en 1929 que “la vaste majorité des fermiers n’ont pas leurs origines chez les conquérants arabes, mais plutôt avant cela, dans les fermiers juifs qui furent nombreux et une majorité dans la construction de la terre.

[…]

Après 1936, Ben-Gourion et Ben-Zvi tempérèrent leur enthousiasme “multiculturel”. Aussi loin que Ben-Gourion était concerné, le nettoyage ethnique des Palestiniens semblait bien plus plaisant.

Si les Palestiniens sont les “véritables Juifs”, alors qui sont ces gens qui s’appellent eux-mêmes Juifs ? La réponse de Schlomo Sand est simple et sensée: “Ce ne sont pas les gens qui se sont dispersés, mais la religion du judaïsme. Le judaïsme fut une religion de conversion. Contrairement à l’opinion courante, dans les premiers temps du judaïsme, il y eut une grande soif de conversion des autres. Les religions monothéistes étant bien moins tolérantes que les religions polythéistes, elles ont l’envie de s’étendre. (NdT: Il n’y a pas de traces historiques de Celtes, de Gaulois, de Vikings, de Germains, de Mélanésiens, d’Iroquois ou d’Apaches menant des guerres de conquêtes pour imposer leur religion aux autres, chose qui suppose une relation ethnocidaire voire génocidaire avec autrui. Les religions monothéistes seules et les sociétés étatiques qu’elles ont créés, en ont le monopole. Le monopole de l’intolérance barbare, ironiquement au nom de la “civilisation, de l’humanisme et du progrès”…).

L’expansionisme juif des premiers temps ne fut pas similaire au prosélytisme chrétien, mais ce fut en fait l’expansionisme juif qui planta le zèle de la conversion chez les premiers chrétiens à la fois dans leur pensée et dans leur pratique.

Les Juifs d’Espagne, dont on croit qu’ils furent les descendants de sangs des anciens Israélites, apparaissent en fait comme des Berbères convertis. Sand dit ceci: “Je me suis posé la question de savoir comment et pourquoi de si grandes communautés juives sont apparues en Espagne ; puis j’ai vu que Tariq Ibn Ziyad, le commandant en chef des musulmans qui conquirent l’Espagne, était un Berbère et la plupart de ses soldats étaient des Berbères. Le royaume berbère juif de Dahia al-Kahina avait été défait juste 15 ans auparavant. Il y a un grand nombre de sources chrétiennes disant que bon nombre des conquérants de l’Espagne étaient des convertis au judaïsme. La racine profonde de la source de la grande communauté juive en Espagne était ces soldats Berbères convertis au judaïsme.

Comme on pourrait si attendre, Sand approuve la théorie largement acceptée que des Khazars judaïcisés constituent l’origine principale des communautés juives d’Europe de l’Est, qu’il appelle la “nation yiddish”. Lorsqu’on lui demande pourquoi ces Juifs parlent le yiddish, largement vu comme un dialecte allemand médiéval, il répond: “Les Juifs sont une classe de gens dépendant de la bourgeoisie allemande dans l’Est et ils en ont adopté les mots de l’Allemand.

Sand nous laisse avec la conclusion inévitable que les Juifs contemporains n’ont pas une origine commune, que leur origine sémite est un mythe. Les Juifs n’ont aucune origine en Palestine que ce soit et ainsi leur action de soi-disant “retour” doit-être compris comme un prétexte à une invasion expansioniste tribale.

[…]

A l’encontre d’autres “nouveaux historiens” qui ont essayé de minimiser les présomptions de l’historiographie sioniste, Sand ne se contente pas de remonter à 1948 ou même aux débuts du sionisme, mais il remonte dans l’histoire des milliers d’années. A l’encontre des “nouveaux historiens” qui révèlent une vérité connue de tout gamin palestinien, à savoir la vérité du fait d’être ethniquement nettoyé, le corps de recherche et d’idées de Sand peut ouvrir la porte à d’autres recherches sur la signification du nationalisme juif, de l’identité juive et de la politique juive. La lecture critique de Sand concernant l’histoire juive pose le cadre de toujours plus de discussions sur la notion juive de l’historicité et de la temporalité. Comprendre ces deux notions cruciales fournira la clef intellectuelle pour démanteler le pouvoir politique juif et pourra même aider les Juifs à se racheter de leurs discours et de leurs actions politiques très dangereux. (NdT: Ici, Atzmon vraisemblablement “pique” un peu à demi-mot l’historien israélien Ilan Pappe et son excellente recherche publiée dans son livre “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006, qui ne s’attache qu’à l’histoire contemporaine du nettoyage ethnique de la Palestine. Le livre de Pappe est une référence dans le domaine et couvre la période de 1878 à 2006…)

Si Sand a raison, alors les Juifs, plutôt que d’être une race, sont composés d’un collectif de beaucoup de personnes qui a été détourné par un mouvement nationaliste fondé sur des mythes. Si les Juifs ne sont pas une race et n’ont rien à voir avec le sémitisme, alors le terme ‘antisémistisme” est, catégoriquement, vide de sens. En d’autres termes, la critique du nationalisme juif, du lobbying juif et du pouvoir juif ne peut être faite qu’en tant que critique légitime d’une idéologie, d’une politique et d’une pratique.

Les ennemis idéologiques d’Israël sont engagés dans un amer conflit avec l’état et ses soutiens. Pourtant, le problème n’est pas juste Israël en soi, son armée ou son leadership politique ; c’est en fait une guerre contre une idéologie exclusive, un fantasme qui a phagocyté l’occident et, du moins momentanément, l’a diverti de ses inclinaisons humanistes et des ses aspirations athéniennes. Lutter contre un esprit est bien plus difficile que de lutter contre un peuple, parfois seulement parce qu’on doit d’abord combattre ses traces en notre sein. Si nous voulons combattre Jérusalem, nous aurons à confronter le Jérusalem à l’intérieur de nous-mêmes.

Fin du chapitre

= = =

Plus loin dans le chapitre 22, Atzmon a cette réflexion lumineuse:

L’idéologie sioniste se présente comme un narratif historique et cela m’a pris bien des années pour saisir vraiment que le sionisme, l’identité juive, la politique et l’idéologie sont en fait des assauts directs et brutaux sur l’histoire, la notion d’histoire et la temporalité. En fait, la politique nationale juive est une tentative de placer le peuple d’Israël au-delà de la temporalité historique. Une fois que le passé juif est cimenté, scellé, la destinée et les actions opératrices peuvent être déduites: d’une perspective sioniste, les Juifs de la diaspora devraient adhérer et soutenir le projet de retour à la terre, le peuple palestinien devrait faire place nette, les super-puissances occidentales devraient tout financer etc. Une telle vision aliène ses suiveurs de la temporalité et de la Morale. Ceux qui continuent à vouloir critiquer la validité de l’argumentation sioniste sont réduits au silence. Ceux qui suivent la philosophie politique juive et sioniste sont condamnés à s’éloigner inexorablement de l’humanisme et de l’humanité.

Une telle explication commence alors à jeter la lumière sur la conduite israélienne et sur le soutien juif des crimes de guerre d’Israël.

= = =

Source:

“The Wandering Who? A Study of Jewish Identity Politics”

Gilad Atzmon, Zero Books, 2011, UK

3 Réponses to “Colonialisme et falsification historique… Suite 2”

  1. C’est véritablement transcendant !
    Avez-vous eu connaissance de l’histoire de Sabbateï Zevi ce juif qui se prétendait le nouveau Messie en 1666 et qui s’est converti au Christianisme ?
    À méditer en tout les cas…

  2. Avez-vous vu que les jeux étaient lancés en Moldavie… C’est à suivre de très très près. Pétard, tout part en quenouille et c’est signé et on sait qui c’est !

    • bien sûr.. Moldavie, Macédoine… les Balkans sont la poudrière utile… bien proche de la Russie. La guerre d’implosion de la Yougoslavie des années 1990 fut faite dans ce dessein de division et surtout pour éliminer le grand allié de la Russie de la région: la Serbie.

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