Résistance politique: Le sain paradoxe d’un curé athée…

« Jean Meslier, athée, profession : Curé »

de Gilles Rosière et Bernard Froutin

Editions libertaires.

Source de l’article:

http://grainedanar.org/2015/09/02/jean-meslier-athee-profession-cure/

En imaginant un dialogue entre le curé Jean Meslier et un de ses confrère, Henri Chatelet, cette pièce de théâtre permet de découvrir celui qui fut le premier penseur de l’athéisme, et le premier à en offrir une théorie achevée.

Jean Meslier (1664 – 1729), curé dans l’archevêché de Reims, consacra les 6 dernières années de sa vie à l’écriture de sa pensée avec un recul et une liberté incroyables au début de ce XVIII° siècle ou la religion est omniprésente, et alors qu’il est lui-même sous les ordres de celle-ci.

Une critique radical des religions et de toutes les superstitions qu’il dénonce comme des outils pour abuser les peuples.

Révolutionnaire avant l’heure, le curé Meslier parle de la propriété privée, qui pour lui est l’origine et la cause de l’inégalité et de l’oppression.

Précurseur, il évoque dès 1700 la gréve général comme une arme révolutionnaire, il critique le mariage et fait l’apologie de l’amour libre !

Féministe, il parle des femmes que « l’Eglise condamne au bûcher pour sorcellerie, pour des bagatelles, sur de simples ouï-dire,pour le seul fait d’avoir résisté à un homme, ou d’être une « faiseuse d’anges » », tout en soulignant que « ce n’est pas une exclusivité de l’église. Et les autres religions ne sont pas en reste, qu’elles soient mahométane ou indienne, c’est en leur nom qu’on méprise, condamne, mutile et lapide les femmes… Dans la religion juive, la journée de tout homme juif et bon commence par la récitation de cette prière : « Loué soit le seigneur Dieu de ne point m’avoir crée femme ».

De même il démonte les miracles et le mythe de l’âme avec intelligence et malice, évoquant tous les cultes « du mensonge des religions chrétiennes, juives ou mahométanes, porté par toute cette sainte engeance de prêtres, pasteurs, popes, papes, muftis, rabbins, abbés, évêques… » : toutes sont des créations humaines uniquement faites pour appuyer le pouvoir et laisser le peuple dans l’ignorance.

Antiautoritaire, il dénonce les affinités entres tous les pouvoirs, de l’archevêque au magistrat en passant par les princes.

Antiautoritaire, anticlérical, féministe, libertaire… N’en jetez plus !

Bien évidement, cette pièce n’est qu’une approche et ne vaut pas, en quantité d’informations, de démonstrations, ses mémoires, néanmoins la forme vivante du dialogue met en lumière un travail philosophique d’une étonnante actualité.

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