Archive pour août, 2015

Colonialisme et Vatican: Voyage du pape François 1er/Bergoglio au pays du goulag levant… Le cureton en chef devant les crimes de « l’église »…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

« L’esprit du glorieux Alexandre fut alors porté parmi le chœur des âmes bienheureuses. Il avait auprès de lui, empressées, ses trois fidèles suivantes, ses préférées : la Cruauté, la Simonie, la Luxure.”

~ Épitaphe du pape Alexandre VI/Rodrigo Borgia écrite par Nicolo Machiaveli ~

 

“Un objectif sacré et louable”

 

Steven Newcomb

 

21 Août 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/08/21/sacred-and-praiseworthy-purpose

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce mois de Septembre qui arrive, le pape François 1er vient sur l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord), François est le dernier successeur en date du pape Alexandre VI, qui émit un certain nombre d’édits pontificaux en 1493, documents qui fournissent un contexte historique pour la visite du pape François sur le territoire de la nation Piskataway (Washington D.C), puis sur le territoire de la nation Lenape (les villes de New York et de Philadelphie).

Le pape François servira la messe à la cathédrale nationale. Là, il devrait finaliser la canonisation du missionnaire franciscain du XVIIIème siècle Junipero Serra, que le pape François a appelé “l’évangélisateur de l’Ouest (américain)”. Lorsqu’il finalisera cette canonisation de Serra, le pape François donnera par la même occasion un coup de brosse à reluire sur la sanctification que son prédécesseur Alexandre VI appela dans ses bulles “la propagation de l’empire chrétien” et “un objectif sacré et louable devant dieu”, objectif qui fut de subjuguer, de réduire et d’asservir les terres et les îles non-chrétiennes, ainsi que leurs habitants, à la foi de l’église catholique apostolique et romaine.

Quelques phrases du livre “The Documents of Vatican II”, publié en 1966 chez Guild Press, New York, nous donnent quelques possibles vues sur le comment le saint siège va sûrement analyser l’appel du pape Alexandre VI pour un empire et une domination catholique et chrétien. Dans cet ouvrage, nous trouvons cette déclaration: “Le christ et l’église… transcendent toute race ou nation particulières.” En conséquence, “ils ne peuvent pas être considérés comme étrangers où que ce soit ni par qui que ce soit…” (page 594). Ceci est une élaboration de ce que le pape Jean XXIII déclara dans son “Mater et Magistra”: “Par droit divin l’église appartient à toutes les nations, car elle a, de fait, transfusé son énergie dans les veines des peuples, elle n’est pas ni ne se considère elle-même comme une institution qui s’impose aux autres de l’extérieur.” (p.594-595)

D’après la ligne de pensée ci-dessus, l’église catholique préférerait que nous n’interprétions pas le désir d’Alexandre VI pour la propagation d’un empire chrétien (“imperii Christiani”) par subjugation les nations non-chrétiennes et d’imposer la foi catholique et la religion chrétienne étrangères aux autres nations. (NdT: qui, rappelons-le, faisait partie de la famille espagnole championne toutes catégories confondues de l’intrigue politique en cette époque: les Borgia… le pape Alexandre VI était Rodrigo Borgia – 1431~1503 – qui fut pape de 1492 à 1503, pape veule et politiquement connecté, il monnayait les nominations au poste de cardinal de l’église et fut lourdement soupçonné de faire empoisonner les cardinaux les plus riches pour s’emparer de leurs richesses…Alexandre VI, Rodrigo Borgia est le père des tristement célèbres César et Lucrèce Borgia…). Pourquoi ? C’est très simple. L’église se perçoit elle-même comme une entité qui a réussi à “transfuser son énergie dans les veines” des autres peuples et nations. Quand nous lisons des bulles pontificales qui appellent des nations étrangères non-chrétiennes à être “subjuguées”, “réduites” afin de les “mener” a ce que le pape Alexandre VI lui-même appelle “une profession de la foi catholique”, rien de tout cela d’après Vatican II et d’après la phrase ci-dessus mentionnée de “Mater et Magistra” de Jean XXIII, ne devrait être pensé et construit comme étant une imposition extérieure de l’église catholique sur des nations et peuples non-chrétiens.

Dans la bulle pontificale du 3 Mai 1493, Inter Caetera, le pape Alexandre VI/Borgia s’engage dans un acte qu’il appelle “pouvoir apostolique”. Il concède à la reine Isabel et au roi Ferdinand d’Espagne “le moyen par lequel vous serez capables de poursuivre un but si sacré et si louable…” Quel est donc ce but si “sacré et louable” ? Les monarques, dit le pape Alexandre-Borgia, “ont proposé de subjuguer [conquérir et dominer]… et réduire à la foi catholique, les terres et îles mentionnées ainsi que leurs habitants natifs”, que Christophe Colomb a localisé, ainsi que toutes les terres qui seront localisées de la sorte dans le futur. Plus tard, le pape loue chaudement (“commande”): “ceci… comme étant votre but sacré et louable devant dieu.

La pape Alexandre VI-Borgia continue avec une concession à la reine Isabel et au roi Ferdinand: “afin que vous puissiez accomplir cette assignation d’une si grande tâche, si généreusement pourvue par la faveur apostolique.. nous donnons.. concédons, et assignons les terres et îles sus-mentionnées en général… qui ne sont pas [mais devraient être] établies sous la souveraineté temporelle actuelle [“dominio”, domination] de quelques souverains chrétiens [“dominorum christianorum”, “dominateurs chrétiens”]. Le pape dit que c’est “par l’autorité de dieu omnipotent qui nous fut accordée par St Pierre et le vicariat de Jesus Christ que nous exerçons sur terre…” qu’il fait cette concession aux monarques de subjuguer, soumettre et réduire les Indiens à la foi catholique.

En quoi donc les concessions du pape Alexandre VI/Borgia à la reine Isabel et au roi Ferdinand d’Espagne (de Castille et d’Aragon) s’appliquent-elles à la décision du pape François 1er de canoniser le père Junipero Serra ? Considérant le désir du pape Alexandre VI/Borgia que les peuples et nations non-chrétiennes soient subjuguées et réduites à la foi catholique, il est logique pour l’église catholique que le frère Serra mérite une canonisation. Pourquoi ? Parce que le frère franciscain Serra a mis en application de manière très diligente en Haute-Californie, les efforts “sacrés et louables” de subjuguer et de réduire les nations indiennes de Californie au moyen de ce que Serra appelait lui-même “ces conquêtes spirituelles”, à savoir les évangélisations des populations. La mort et la destruction qui furent semées sur les nations premières de Californie et d’ailleurs au travers du continent ne sont justes que des dégâts collatéraux s’étant produits au gré de la propagation de l’empire chrétien.

Dans une lettre que Junipero Serra écrivit en Juin 1771, il exprimait son “espoir” que “nous verrons avant longtemps, de grands et nouveaux territoires collectés dans le sein de notre sainte mère l’église et soumises à la couronne d’Espagne.” (Writings of Junipero SerraI, ed., Antonine Tibesar, O. F. M., Vol. I, Washington, D.C.: Academy of American Franciscan History, p. 209). Dans la version originale en espagnol de la lettre de Serra, nous y trouvons le mot “dominios” (au pluriel), qui est aussi trouvé dans la bulle papale Inter Caetera du 3 Mai 1493, quelques 278 ans avant la lettre de Serra, le pape Alexandre VI/Borgia utilisait le terme “dominio” lorsqu’il se référait aux terres: “sub actuali dominio temporali aliquorum dominorum Christianorum constitute non sint” (des terres qui ne sont pas encore mais devraient être établies sous la domination temporelle actuelle du dominant chrétien). Un “tel établissement de “dominio” temporel présent devait être accompli sur ces terres et les peuples natifs y vivant “soumis” devant être mis dans le processus de “subjugation” et de domination.

Le philosophe du droit Steven Winter fait remarquer que le contexte et le but sont des caractéristiques intrinsèques des catégories et doivent de ce fait être prises en compte lorsqu’il s’agit de leur interprétation. Ceci est aussi valide que nous interprétions des symboles ou des textes écrits sous la forme de décisions légales, des décrets pontificaux, ou la vie et la correspondance d’un frère franciscain. Le point de vue de celui interprétant est un facteur additionnel. L’office du saint siège, maintenant occupé par le pape François 1er, interprète la “signification” de la vie de Serra dans la ligne d’un contexte “sacré” et dans le but de “l’évangélisation” et d’une “nouvelle évangélisation”.

Le saint siège est dans un état de déni profond. Il n’interprête pas la vie de Serra en association avec le désir exprimé du pape Alexandre VI/Borgia “de subjuguer les nations barbares” et de divulguer, de propager l’empire chrétien par le moyen de l’expansion de la domination de l’église catholique espagnole. Le saint siège évite soigneusement son propre but “sacré et louable” du “dominio” et du “dominorum christianorum” par le moyen de la subjugation des nations originelles de ce continent. Il ne veut pas admettre ni reconnaître que la conséquence des ces décrets / bulles pontificaux du XVème siècle fut la mort, la destruction et la déshumanisation des peuples et nations originels vivant en basse et haute Californie et partout ailleurs sur le continent des Amériques. En se cramponnant à un tel déni de réalité, le saint siège va sans aucun doute continuer à associer la sanctification et la sainteté avec le système de domination (“dominio”) mis en pratique par des gens comme Junipero Serra.

Résistance politique: Changer la relation notre relation à la société mène à la disparition de l’état, pour que ne reste que la nation…

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« Anarchisme: Le nom donné à un principe de théorie et de conduite de la vie sous lequel la société est conçue sans gouvernement, l’harmonie dans une telle société étant obtenue non pas par la soumission à la loi ou par l’obéissance à l’autorité, mais par les consentements libres conclus entre des groupes territoriaux et professionnels variés, librement constitués pour les fonctions simples de production et de consommation et également pour la satisfaction d’une variété infinie de besoins et d’aspirations d’être civilisé. Dans une société développée selon ces lignes de conduite, les associations volontaires qui commencent déjà à couvrir tous les secteurs de l’activité humaine, prendraient une plus grande extension pour finir par se substituer elles-mêmes pour l’état et de ses fonctions. »

– Pierre Kropotkine (début de la définition de l’anarchisme qu’il écrivit pour la 11ème édition de L’Encyclopedia Britannica, 1910) –

 

L’anarchisme sans adjectifs

 

Fernando Tarrida del Marmól

 

Barcelone, 1890, publié dans “La Révolte”

 

url de l’article original:

http://robertgraham.wordpress.com/2015/08/11/anarchism-without-adjectives-1890/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Notre étoile polaire est l’anarchie, le but que nous essayons d’atteindre et vers lequel nous dirigeons nos pas. Mais notre chemin est bloqué par tout un tas de différentes classes d’obstacles et si nous devons les démolir, nous devons utiliser le moyen qui semble être le plus approprié. Si nous ne pouvons pas adapter notre attitude à nos idées, nous le faisons savoir et tendons à nous tenir le plus proche possible de l’idéal. Nous faisons ce qu’un voyageur ferait lorsqu’il désire aller dans un pays au climat tempéré, mais qui pour y parvenir, devrait traverser des zones tropicales et très froides: ils partiraient avec des habits légers mais aussi très chauds, habits qu’il abandonnerait une fois à destination. Ce serait à la fois stupide et ridicule de vouloir se battre à mains nues contre un ennemi si bien armés.

Nos tactiques dérivent de ce qui a été dit. Nous sommes des anarchistes et nous faisons une promotion de l’anarchie sans adjectifs atenants. L’anarchie est un axiome et la question économique est secondaire. Certains nous dirons que c’est à cause de la question économique que l’anarchie est une vérité ; mais nous pensons qu’être anarchiste veut dire être l’ennemi de toute autorité et imposition et en conséquence, quelque soit le système proposé doit être considéré comme la meilleure défense de l’anarchie et ne pas chercher à l’imposer à ceux qui ne veulent pas l’accepter.

Ceci ne veut pas du tout dire que nous ignorrons la question économique, au contraire, nous en discutons avec plaisir, mais seulement comme contribution à une ou des solutions définitives. Bien d’excellentes choses ont été dites par Cabet, Saint Simon, Fourier, Robert Owen et d’autres; mais tous leurs systèmes ont disparu parce qu’ils voulaient verrouiller la société dans les conceptions de leurs cerveaux, malgré le fait qu’ils avaient beaucoup contribué à élucider la grande question.

Rappelez-vous que dès que vous décidez de dessiner les lignes générales de la société future, d’un côté il y a des objections et des questions provenant des adversaires et de l’autre côté, le désir naturel de produire un travail complet et parfait qui nous mènera à inventer et à dessiner un système qui, nous en sommes persuadés, disparaîtra comme les autres.

Il y a un fossé entre l’anarchisme individualiste d’un Spencer et des autres penseurs bourgeois et celui des anarchistes-socialistes (je ne peux trouver une autre expression…), comme il y en a un entre les collectivistes espagnols d’une région à l’autre, entre les mutualistes anglais et nord-américains ou entre les libertaires-communistes. Kropotkine par exemple, nous parle des “villes-industrielles”, réduisant ce système ou ce concept si on préfère, au rassemblement de petites communautés qui produisent ce qu’elles veulent, rendant si on veut ainsi réel le concept biblique de “paradis sur terre” de l’état présent de la civilisation. Tandis que Malatesta, qui est aussi un communiste-libertaire, pointe vers la constitution de grandes organisations qui échangent leurs produits entre elles et qui augmentent ce pouvoir créatif toujours plus, cette superbe activité qui s’est développée au XIXème siècle, purgée de toute action injurieuse.

Chaque puissante intelligence donne ses indications et crée de nouveaux chemins vers la société du futur, gagnant des soutiens au travers d’un pouvoir hypnotique, si on peut dire, suggérant ces idées aux autres, chacun en général formulant son propre plan particulier.

Mettons nous d’accord donc, comme la plupart d’entre nous l’a fait en Espagne, de ne simplement nous appeler qu’anarchistes. Dans nos conversations, dans nos conférences, dans notre presse, nous discustons de questions économiques, mais ces questions ne devraient jamais devenir la cause d’une division entre anarchistes.

Pour que la promotion de nos idées ait du succès, pour la préservation de l’Idée, nous devons nous connaître et nous voir et pour cette raison, nous devons nous organiser en groupes. En Espagne, ces groupes existent dans chaque localité où il y a des anarchistes et ils sont la force directrice de tout le mouvement révolutionnaire. Les anarchistes n’ont pas d’argent, ni un moyen facile d’en trouver. Pour y circonvenir, la plupart d’entre nous font de petites contributions hebdomadaires ou mensuelles, de façon à pouvoir maintenir les relations nécessaires entre tous les membres. Nous pouvons auss maintenir le contact avec le monde entier si d’autres pays ont une organisation comme la notre. (NDT: La société espagnole a été très imprégnée des idées anarchistes entre 1868 et aujourd’hui. Au moment de la révolution sociale espagnole de 1936-39, les syndicats ouvriers anarchistes CNT-AIT avaient plus d’un million de membres sur le territoire. Le marxisme était quasiment inexistant en Espagne en 1936…)

Il n’y a aucune autorité régissant le groupe: un camarade est nommé pour agir comme trésorier, un autre comme secrétaire pour faire face à la correspondance etc. Les réunions ordinaires (assemblées générales) se tiennent chaque semaine ou chaque deux semaines, les réunions extraordinaires se réunissent lorsque le besoin s’en fait sentir. Afin d’économiser sur les dépenses et le travail fournis et aussi en mesures de prudence en cas de persécution politique, une commission des relations est créée à un niveau national. Mais cette commission ne prend aucune initiative: ses membres doivent retourner à la base de leur groupe respectif s’ils veulent faire des propositions. Sa mission est de communiquer les résolutions et les propositions qui lui parvienennent d’un ou de plusieurs groupes, de maintenir des listes de contacts et les fournir à rtout groupe qui devrait les demander et aussi d’entrer en contact direct avec les autres groupes.

Telles sont les lignes générales de l’organisation qui furent acceptées au congrès de Valence et au sujet duquel vous avez écrit dans le journal “La Révolte”. Les bénéfices sont immenses et c’est ce qui a entretenu le feu des idées anarchistes tout ce temps. Restez assurés que si nous devions réduire l’action de l’organisation anarchiste, nous obtiendrions très peu de résultat. Nous finirions par la transformer en une association de penseurs qui discutent d’idées et qui dégénéreraient sans aucun doute en une société de métaphysiciens débattant de mots. Ceci n’est pas sans rappeler la situation à laquelle vous avez à faire face en France. Utilisez votre activité exclusivement pour discuter de l’idéal, vous finissez par ne plus débattre que de mots et de leur signification. Certains sont appelés “égoïstes” et d’autres “altruistes”, bien que tous deux veulent la même chose. Certains sont appelés communistes-libertaires, d’autres “individualistes”, mais à la racine même, ils expriment les mêmes idées.

Nous ne devrions pas oublier que la grande masse prolétaire est forcée de travailler un nombre excessif d’heures, qu’elle vit dans la pauvreté et qu’en conséquence, ele ne peut pas acheter les livres de Buchner, Darwin, Spencer, Lombroso, Max Nordau etc… ces noms dont ils n’ont pas entendu parler du reste. Et même si le prolétaiat pouvait obtenir ces livres, il lui manque les études préliminaires en science qui serait nécessaire pour bien comprendre ce qu’il lit. Il n’a pas le temps d’étudier la méthode, son esprit n’est pas non plus entraîné à assimiler cette connaissance. Il y a bien sûr des exceptions comme cet Esteban dans le “Germinal” de Zola, ceux dont la soif de connaissance les amène à dévorer tout ce qui leur tombe sous la main, bien que souvent très peu ne soit retenu et assimilé.

Notre champ d’action donc, ne doit pas demeurer avec ces groupes, mais avec les masses prolétaires.

C’est dans les sociétés de résistance où nous étudions et préparons notre plan de lutte. Ces sociétés existeront sous un régime bourgeois. Les travailleurs ne sont le plus souvent pas des écrivains et se préoccupent peu de savoir s’il y a une liberté de la presse, les travailleurs ne sont pas des orateurs et se soucient peu de la liberté d’assembée et de créer des réunions publiques, ils considèrent les libertés politiques comme secondaires, mais ils cherchent tous à améliorer leur situation économique et ils recherchent tous à se débarrasser du joug de la bourgeoisie. Pour cette raison, il y aura des syndicats de travailleurs et des sociétés de résistance même tandis qu’il existe toujours l’exploitation d’un homme par un autre. C’est là qu’est notre place.

En les abandonnant, comme vous l’avez fait en France, cela deviendra le lieu de rendez-vous des charlatans qui parlent aux travailleurs de “socialisme scientifique” ou de practicalité, de possibilisme, de coopération, d’accumulation de capital pour maintenir des grèves pacifiques, des requêtes pour une aide et un soutien des autorités etc, de telle façon que cela endormira les travailleurs et restreindra leurs urgences révolutionnaires. Si les anarchistes faisaient partie de ces sociétés, au moins ils empêcheraient les “sédatifs” de perpétrer leur propagande contre nous. (NdT: Regardons la justesse de ce propos à l’aune du syndicalisme “réformiste” de tout poil ayant cours depuis la fin des années 1950, bouffant au ratelier de la grande bourgeoisie, ayant abandonné toute velléité révolutionnaire, juste pour en croquer, vivre des subsides de l’État et arrondir les angles pour leurs maîtres de la haute finance et de la grande industrie transnationale… A gerber, mais ces propos de del Marmól étaient bel et bien visionnaires, même si la situation était par trop prévisible…)

De plus, si, comme c’est le cas en Espagne, les anarchistes sont les membres les plus actifs de ces sociétés (de résistance), ceux qui accomplissent tout travail nécessaire pour la gloire, à l’encontre des fourbes qui les exploitent, alors ces sociétés seront toujours de notre côté. En Espagne, ce sont ces sociétés qui achètent toujours un grand nombre de journaux anarchistes chaque semaine pour les distribuer gratuitement à leurs membres. Ce sont ces sociétés qui donnent de l’argent pour le support de nos publications et qui aident les prisonniers et tous ceux qui sont persécutés. Nous avons montré par notre travail dans ces sociétés que nous luttons pour la gloire de nos idées. De plus, nous allons partout où il y a des travailleurs, même là où il n’y en a pas, si nous pensons que notre présence peut y être utile pour la cause de l’anarchie.

 

Telle est la situation en Catalogne (et de manière croissante dans le reste de l’Espagne), où il y a à peine une municilaité qui n’a pas créé ou au moins aidé à créer des groupes, qu’on les appelle des cercles, des sociétés littéraires, des centres de travailleurs etc… qui sympathisent avec nos idées sans se décrire eux-mêmes comme anarchistes, sans même qu’ils soient réellement anarchistes. Dans ces endroits, nous donnons des conférences purement anarchistes, mélangeant notre travail révolutionnaire avec les autres réunions musicales et littéraires. Là, assis autour d’un café, nous débattons, nous nous rencontrons chaque soir, ou nous étudions dans la bibliothèque. (NdT: Il faut lire les récits des centres culturels anarchistes dans l’Espagne révolutionnaire de 1936-39 à Barcelone et ailleurs, pour comprendre la ferveur et la soif de connaissance qui y étaient assouvies… Ceci fut le résultat d’une mise en place datant de 1868. C’est ce qu’il manque aujourd’hui, même si l’internet est une énorme source d’information, il manque les réunions-débats, formatrices politiques. Ceci devraient se généraliser dans les espaces publics…)

 

C’est là où nos journaux ont leur bureau d’édition et où nous envoyons les journaux que nous recevons ensuite dans la salle de lecture ; ceci est pratiquement organisé gratuitement à un moindre coût. Par exemple dans le cercle de Barcelone, il n’est même pas requis de devenir membre. Ceux qui veulent devenir membres le peuvent et la contribution de 25 centimas est aussi optionnelle. Des 2 à 3000 travailleurs qui fréquentent le cercle, seuls environ 300 sont membres actifs. Nous pouvons dire que ces endroits sont le point de focalisation de nos idées. Quoi qu’il en soit, bien que le gouvernement ait toujours cherché un prétexte pour les faire fermer, il ne l’a jamais fait parce qu’ils ne se décrivent pas eux-mêmes comme anarchistes et les réunions publiques, assemblées, ne se tiennent pas là. Rien ne se fait dans ces endroits qui ne pourrait se faire dans un café, mais parce que bien des éléments actifs s’y rendent, bien souvent de grandes choses et idées émergent et y sont discutées devant un café ou un verre de Cognac.

N’oublions pas les sociétés coopératives pour la consommation. Dans presque toutes les villes de Catalogne, sauf Barcelone où cela est impossible dû aux grandes distances impliquées et aussi au mode de vie, les coopératives de consommation ont été créées pour que les travailleurs y trouvent des denrées alimentaires de meilleure qualité et bien moins chères que chez les détaillants, dont des membres ne considère pas les coopératives comme une fin en soi, mais comme un moyen de profiter. Il y a des sociétés qui font de grands achats et qui ont des crédits de l’ordre de 60 000 pesetas, qui ont été bien utiles lors des grèves, donnant du crédit aux ouvriers. Dans les sociétés littéraires des “gentilshommes” (ou des “sages” comme ils sont souvent connus), ils discutent de socialisme; deux camarades s’enregistrent comme membres (s’ils n’ont pas d’argent, le groupe y veillera) et y vont représenter nos idées.

La même chose avec notre presse. Elle ne laisse jamais de côté les idées anarchistes, mais elle fait de la place pour les manifestes, les déclarations et les informations, qui même si elles sont de peu d’importance, n’en servent pas moins pour notre journal et avec celui-ci, nos idées, de pénétrer dans des villes ou des zones où elles ne sont pas beaucoup répandues. Ceci correspond à nos tactiques et je pense que si elles étaient adoptées dans d’autres pays, les anarchistes verraient bientôt leur champ d’action s’élargir.

Rappelez-vous qu’en Espagne, la plupart des gens ne savent pas lire (NdT: en cette fin XIXème siècle), mais malgré cela, six périodiques anarchistes, des pamphlets, des livres et beaucoup de prospectus sont imprimés. Il y a continuellement des réunions et même sans de grands noms pour promouvoir les idées, de grands résultats sont atteints.

En Espagne, la bourgeoisie est sans pitié et rude et ne permettra pas à quelqu’un de sa classe de sympathiser avec nous. Quand quelqu’un de position importante prend notre défense, tout moyen est déchaîné contre lui pour le forcer à nous abandonner, ceci est fait de telle façon, qu’il ne peut alors plus que nous soutenir de manière privée, en catimini. En revanche, la bourgeoisie lui donne tout ce qu’il veut s’il s’écarte de nous. Ainsi, tout le travail fait en faveur de l’anarchie repose sur les épaules des travailleurs manuels, qui doivent lui sacrifier leurs heures de repos…

 

Guerre coloniale en Syrie: L’ours russe intervient (prudemment)…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique et social with tags , , , , , , , , , on 25 août 2015 by Résistance 71

L’armée russe commence à s’engager en Syrie

 

Thierry Meyssan

 

24 Août 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article188499.html

 

C’est un changement profond et significatif qui vient de s’opérer au Levant : l’armée russe commence à s’engager contre le terrorisme en Syrie. Alors qu’elle est absente de la scène internationale depuis la dissolution de l’Union soviétique et bien qu’elle avance avec prudence, elle vient de constituer une Commission russo-syrienne, de livrer des armes et du renseignement, et d’envoyer des conseillers. Tout ceci plus ou moins coordonné avec la Maison-Blanche.

La Russie qui avait négocié une alliance régionale contre l’Émirat islamique impliquant l’Arabie saoudite, la Syrie et la Turquie a dû changer de stratégie après le revirement turc. Ankara a en effet décidé de rompre avec Moscou, annulant sans motif réel le contrat du gazoduc Turkish Stream, créant avec l’Ukraine une Brigade islamique internationale pour déstabiliser la Crimée [1], et venant en renfort de l’Émirat islamique contre les Kurdes du PKK et de l’YPG.

Identiquement, la Maison-Blanche a dû changer de stratégie après les manœuvres du général John Allen qui s’était engagé auprès du président Recep Tayyip Erdoğan a créer une « zone de sécurité » pour l’Émirat islamique au Nord de la Syrie [2].

En définitive, Moscou et Washington ont coordonné 
 le retrait des missiles Patriot stationnés en Turquie ; 
 la création d’une Commission militaire russo-syrienne.

La fin de la zone d’exclusion aérienne

Les missiles Patriot avaient été installés à partir de janvier 2013 par l’Otan en Turquie afin d’empêcher l’armée de l’air syrienne de se déployer à la frontière. De la sorte, les jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda) avaient pu s’emparer du Nord du pays. À partir de l’été 2014, cette zone impossible à survoler avait été occupée par l’Émirat islamique.

Ainsi, lors de la bataille de Kobané, l’armée de l’air syrienne n’avait pu bombarder l’Émirat islamique et avait été contrainte de tenter une percée terrestre pour sauver la ville. Comme elle ne parvenait pas à franchir les 30 derniers kilomètres, la presse atlantiste présenta les forces kurdes du YPG comme indépendantes de Damas, alors que la République arabe syrienne lui avait fourni ses armes et payait ses soldats.

Les missiles Patriot, initialement déployés par l’Allemagne et les Pays-Bas, sont aujourd’hui allemands et espagnols. Ils seront d’abord révisés et modernisés, puis redéployés en Lithuanie, à la frontière russe.

L’entrée de l’armée russe dans la guerre contre la Syrie

Alors que depuis le début du conflit, la Russie s’est abstenue de participer aux opérations militaires, elle vient de créer une Commission militaire russo-syrienne. Pourtant, l’Otan a organisé l’ensemble des événements dit du « Printemps arabe », dont la guerre contre la Syrie, et a coordonné les groupes jihadistes étrangers et leurs collaborateurs libyens et syriens, dits « rebelles », depuis la base turque d’Izmir [3], devenue depuis le siège du LancCom (commandement des forces terrestres des 28 États membres de l’Alliance atlantique).

En quelques semaines, de nombreux conseillers militaires sont arrivés à Damas. On évoque la possibilité d’ouvrir un second port militaire russe.

Six Mikoyan-Gourevitch MiG-31 ont été livrés. Ces avions sont les meilleurs intercepteurs au monde. Ils avaient été achetés en 2007, mais ce contrat avait été bloqué. Leur livraison ne tombe pas sous le coup de l’embargo sur les armes car ils ne peuvent pas être utilisés à des opérations de maintien de l’ordre, mais uniquement à la Défense nationale, en l’occurrence face aux incursions d’Israël ou de la Turquie. Sous des prétextes divers, ces deux États sont intervenus de multiples fois au cours de la guerre pour soutenir les jihadistes lorsqu’ils étaient en difficulté.

Ainsi, le 30 janvier 2013, Tsahal bombardait le Centre de recherches militaires de Jemraya, sous prétexte de détruire des armes destinées au Hezbollah. Il s’agissait en réalité de détruire une mallette de communication des données satellitaires de l’Otan, saisie par l’Armée arabe syrienne, avant que celle-ci n’en perce le système de cryptage [4]. L’opération avait été conduite par l’armée de l’Air israélienne en coordination avec l’Armée syrienne libre, elle même encadrée par des officiers de la Légion étrangère française sous la supervision du LandCom de l’Otan. Depuis, les opérations communes se sont succédé. Le 21 août, alors qu’al-Qaïda attaquait au sol et Israël depuis les airs la base militaire syrienne de Quneitra (limite du Golan), la Défense syrienne a été en mesure d’abattre un des avions de la Coalition jihadistes/Israël.

Simultanément, l’armée russe vient de fournir, pour la première fois, des images satellitaires à la Syrie. Cette décision, attendue depuis cinq ans, renverse la situation militaire. En effet, jusqu’ici les jihadistes échappaient souvent à l’armée arabe syrienne grâce aux images satellitaires que l’Otan leur fournissait en temps réel. Même si, depuis un semestre, il semble que l’Otan ne partage plus ses renseignements avec l’Émirat islamique, mais uniquement avec le Front al-Nosra (al-Qaïda).

Enfin, les conseillers militaires russes rassemblent de nombreuses informations de manière à étudier la possibilité d’un déploiement international sous l’égide des Nations unies. Ils devraient présenter un rapport au Kremlin qui étudiera aussi bien la possibilité d’une opération russe que celle d’une opération conjointe de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Celle-ci se réunira au Tadjikistan, à Douchanbé, le 15 septembre. Un déploiement de l’OTSC avait déjà été envisagé, en juin 2012 lors de la préparation de la « Conférence de Genève 1 » [5]. En effet, cette alliance militaire comprend trois États à population musulmane, le Kazakhstan, le Kirghizistan, et le Tadjikistan, plus aptes que la Russie à lutter contre des terroristes se réclamant de l’islam. Cependant à l’époque, l’OTSC n’avait pas d’accord avec l’Onu pour effectuer des opérations de paix. Ceci a été réglé le 28 septembre 2012 et pourrait être appliqué aussi bien en Afghanistan qu’en Syrie [6].

Les limites de la coopération entre le Kremlin et la Maison-Blanche

Quoi qu’il en soit, la coopération entre le Kremlin et la Maison-Blanche a ses limites : la Russie souhaite éradiquer les jihadistes avant qu’ils ne se retournent contre elle, tandis que les États-Unis espèrent bien que certains d’entre eux pourront être activés dans d’autres conflits, comme ce fut le cas précédemment en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine, en Tchétchénie et au Kosovo.

D’ores et déjà, quelques éléments de Daesh sont arrivés à Kherson (Ukraine), où se trouve déjà un prétendu « gouvernement de Crimée en exil ».

Il est évident que, du côté états-unien, le retrait des Patriot est un piège. Washington serait enchanté que la Russie réduise le nombre de jihadistes, mais ne serait pas mécontent non plus si elle s’enlisait en Syrie. C’est pourquoi l’ours russe avance avec prudence.

 

[1] « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade internationale islamique contre la Russie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 août 2015.

[2] « Clinton, Juppé, Erdoğan, Daesh et le PKK », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 août 2015.

[3] “Izmir base likely to become NATO’s Land Component Command”, Today’s Zaman, 6 juin 2011.

[4] « L’ASL et Israël attaquent un Centre de recherche syrien », Réseau Voltaire, 31 janvier 2013.

[5] « Syrie : Vladimir Poutine propose une Force de paix de l’OTSC », Réseau Voltaire, 3 juin 2012.

[6] « L’OTSC pourra déployer des « chapkas bleues » sur mandat de l’ONU », Réseau Voltaire, 29 septembre 2012.

Ingérence imperialiste au Moyen-Orient: Des nouvelles du Golan syrien où Israël (armée de l’air d’Al Qaïda) perd un avion de combat…

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Israël et Al-qaïda perdent un avion de combat en Syrie

 

Réseau Voltaire

 

23 Août 2015

 

url de l’article :

http://www.voltairenet.org/article188509.html

 

Le 21 août 2015, l’Armée de l’air israélienne a tenté d’ouvrir le passage au sol des troupes d’al-Qaïda et de leurs alliés de l’Armée de l’islam et de l’Armée de la conquête pour prendre la base militaire de Khan Al-Sheih (province de Damas) et celle de Quneitra.

Au cours des combats à Quneitra, la coalition Israël/al-Qaïda a perdu un avion qui a été descendu par l’Armée arabe syrienne.

Depuis 1967 (guerre des Six Jours), le plateau syrien du Golan est illégalement occupé par Israël. La population syrienne a été expulsée à l’exception de 7 500 druzes. Cette occupation est condamnée par le Conseil de sécurité des Nations unies (résolution 242). En 1973, la Syrie tente vainement de le libérer (guerre d’Octobre, dite « guerre du Kippour » dans l’historiographie occidentale). Le Conseil de sécurité instaure alors une zone tampon démilitarisée et une « Force chargée d’observer le désengagement de l’armée israélienne » (résolution 350). En 1981, Tel-Aviv annexe illégalement le Golan. Cette annexion a été condamnée par les Nations unies (résolution 497). Durant la guerre contre la Syrie, Israël fournit une assistance aux jihadistes, les autorisant à se replier dans le Golan et leur accordant un soutien aérien. Le 15 septembre 2014, la Force des Nations unies est contrainte de se retirer et est remplacée par al-Qaïda (Front al-Nosra).

Résistance à l’empire: Le peuple japonais en lutte pour conserver son droit constitutionnel de « renoncer à la guerre pour l’éternité » prévu dans l’article 9 de sa constitution…

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Article 9 de la constitution japonaise du 3 Mai 1947:

日本国憲法第9条 Nihonkokukenpō dai kyū-jō

 

“第九条 日本国民は、正義と秩序を基調とする国際平和を誠実に希求し、国権の発動たる戦争と、武力による威嚇又は武力の行使は、国際紛争を解決する手段としては、永久にこれを放棄する。

二 前項の目的を達するため、陸海空軍その他の戦力は、これを保持しない。国の交戦権は、これを認めな”

 

Traduction française:

 

“ARTICLE 9.

Aspirant sincèrement à la paix internationale fondée sur l’ordre et la justice, le peuple japonais renonce pour l’éternité à la guerre en tant que droit souverain de la nation et la menace ou l’utilisation de la force comme moyen de règlement des disputes internationales.
(2) Pour parvenir à l’objectif du paragraphe précédent, les forces terrestres, maritimes et aériennes, ainsi que tout autre potentiel à la guerre, ne seront plus maintenues. Le droit à la belligérence de l’état ne sera plus reconnu.”

= = =

Nous sommes persuadés que la très vaste majorité des gens dans le monde ignorent (car pas dans l’intérêt de leurs états et larbins politiques à leur dire bien évidemment…) tout de cet article 9 de la constitution japonaise, qui prévoit, excusez du peu, le renoncement de la nation à la guerre “pour l’éternité” ainsi qu’au soi-disant “droit à la belligérence” (quelle ignominie en soi…).

Les grands pontes de nos “démocraties” occidentales n’en pipent mot… ça pourrait donner de mauvaises idées à la populace… Néanmoins, les citoyens japonais demeurent, à très juste titre, très attachés à cet article 9 que les ordures politiques va t’en guerre, laquais de l’empire anglo-américain, veulent reléguer aux oubliettes. Il faut en parler et diffuser cette info sans modération: des citoyens de l’autre bout du monde, luttent pour que ne leur soit pas arraché leur droit constitutionnel de refuser la guerre “pour l’éternité”… Merde, quand même !…

~ Résistance 71 ~

 

Des milliers de personnes manifestent au Japon contre une loi autorisant le déploiement des troupes à l’étranger

 

RT

 

23 Août 2015

 

url de l’article original:

http://www.rt.com/news/313167-japan-protest-overseas-deployment/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Des miliers de jeunes ont manifesté partout dans le pays contre une nouvelle loi qui a été pré-approuvée par le parlement nippon et qui va étendre le mandat de la force d’auto-défense japonaise et permettre à l’armée donc de prendre part à des opérations militaires à l’étranger.

Des manifestations de masse ont eu lieu dans près de 60 villes d’importance japonaises incluant Tokyo, Kyoto, Osaka, Aïchi, Fukuoka ainsi que dans l’île du nord d’Hokkaïdo et dans d’autres préfectures, a rapporté l’agence de presse japonaise Kyodo News. Dans le seul district populaire de Shibuya à Tokyo, plus de 6000 jeunes manifestants se sont rassemblés.

Les manifestants portaient des bannières et pancartes où on pouvait lire des slogans anti-guerre et un chant “non à la guerre !” fut entonné, d’autres slogans lisaient: “empêchons les changements à la constitution” ainsi que “La guerre est finie”, “La paix pas la guerre”, “Donnez une chance à la paix” et “Oui à la paix !” Pendant la manifestation de Ryukyu, les manifestants ont scandé “Nous ne voulons pas la guerre !” et aussi “Changeons le Japon en commençant par Okinawa” (NdT: le premier ministre précédant le va t’en guerre conservateur Abe, fut évincé de ses fonctions après un scandale politico-économique touchant des aides de camp de son parti, après que le premier ministre ait commencé un processus de transfert de certaines bases américaines hors d’Okinawa… Cela a bien évidememnt déplu à l’empire).Les manifestations furent organisées par différentes associations d’étudiants et de la jeunesse incluant la Students Emergency Action for Liberal Democracy.

La loi, qui a causé une vague continue d’indignation publique à travers tout le Japon, a été pré-approuvée par la chambre basse de la diète (parlement japonais) en Juillet et contient quelques amendements à la législation sur la défense nationale. Elle autorise la force d’auto-défense japonaise à être déployée à l’étranger afin “de protéger les pays alliés” et ce pour la toute première fis depuis 1945 et la fin de la seconde guerre mondiale. La loi autorise potentiellement la force de défense japonaise (NdT: qui de par la constitution de Mai 1947, n’est pas une “armée” mais une force de défense qui ne peut pas de déployer hors du Japon, celui-ci ayant renoncé à la guerre “pour l’éternité” par sa constitution… Le peuple japonais est très attaché et très fier de sa constitution prévoyant par écrit le renoncement à la guerre dans son article 9, on le comprend facilement…) à prendre part à des opérations à l’étranger même si le Japon n’est pas directement menacé. Additionnellement, la loi lève quelques restrictions sur la participation du Japon dans des missions de l’ONU ainsi qu’autorise les forces d’auto-défense à envoyer du soutien logistique aux Etats-Unis et autres “nations amies” sans identifier les pays considérés alliés du Japon.

Les citoyens japonais se sont opposés de manière consistante à cette loi depuis le début du processus. En Juillet, d’après un sondage mené par le grand quotidien japonais du Asahi Shinbun, 56% des personnes interrogées étaient contre cette politique militariste et seulement 26% la soutenait,

Le dernier sondage en date mené par l’agence Kyodo News a suggéré qu’il y avait bien plus de Japonais opposant à la loi militariste avec près de 70% étant contre l’acceptation finale de la loi par le parlement. Le chiffre du soutien à la loi a chuté de deux points à 24%

Plus de 73% des citoyens japonais étaient aussi mécontents du fait que la loi fut “pré-approuvé” par le parlement alors même que des députés clef de l’opposition qui avaient boycotté le vote parlementaire en protestation, étaient absents à la session.

Attaque du train Thalys: Quelques questions en passant…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 22 août 2015 by Résistance 71

Attaque du train Thalys: Réflexion à trois balles…

 

Résistance 71

 

22 Août 2015

 

Faisons bref. Que sait-on après quelques heures ? Un individu d’origine marocaine ayant voyagé en Mai en Turquie nous dit-on, déjà fiché par les services de renseignements mais non surveillé, monte dans le train à Bruxelles, puis entre Bruxelles et Arras décide de passer à l’action, s’enferme un moment dans les chiottes, en ressort armé d’un fusil d’assaut, d’une arme de poing et d’un cutter pour “faire un carnage” dans le train.

A ce moment, des militaires américains en villégiature en Europe avec un pote étudiant, interviennent et neutralisent le forcené avant le carnage. Les intervenants ont déjà reçu une breloque de félicitation du maire d’Arras. = Fin de la version officielle pour l’heure =

Notre réflexion à trois balles bien sûr sur cette affaire:

  • D’où sort ce mec, pourtant “connu” des services on a presque envie de dire maintenant “comme d’habitude”… où a t’il eu les armes ?
  • Il monte dans le train à Bruxelles, ville QG de l’OTAN, coïncidence ?
  • Où sont montés les deux militaires américains ? Le suivaient-ils ? si oui… retour au point ci-dessus et le lien avec l’OTAN. Ces deux militaires étaient-ils vraiment au bon endroit au bon moment ?
  • Le type va en “vacance” en Turquie, membre de l’OTAN mais néanmoins base arrière logistique des terroristes de l’EIIL/EI. Fera t’on la connexion ?
  • Le mec est interpellé en France par deux trouffions yankees soit disant en vacances en Europe, avant qu’il ne commette un “carnage” dans le train. Question: l’individu peut-il être un leurre ?
  • Quel serait le but ? Multiples buts:
    a) En remettre une couche bien sûr sur les “méchants musulmans djihadistes”
    b) Redorer le blason de la bidasserie américaine bien en berne ces derniers temps
    c) Impliquer la Turquie à terme, Erdogan commençant sans doute à énerver pas mal de gens
    d) Faire passer à terme, plus de lois liberticides, comme le renforcement de la sécurité dans les gares par des sociétés privées (principe de la DHS et TSA au pays du goulag levant), que le public verra d’un “bon œil” puisque les trains sont “menacés”.

Notre position est la suivante: Jamais dans l’histoire de l’humanité n’avons-nous été soumis, nous simples citoyens, à autant de contrôle, de surveillance, d’espionnage de nos vies privées, de restrictions de libertés fondamentales que cette dernière décennie dans l’ère post-11 septembre. Pourtant, le terrorisme fleurit en veux-tu en voilà, alors il n’y a que deux solutions possibles:

  • 1- Les services en charge de la “sécurité” sont les plus incompétents de l’histoire de l’humanité ou alors…
  • 2- Le terrorisme est issus des États et n’est qu’un leurre pour toujours plus de contrôle des populations. Il suffit d’analyser ce qui ressort des affaires du réseau Gladio de l’OTAN dans les années de plomb en Europe, du contrôle et de la création des nébuleuses terroristes comme Al Qaïda et l’EIIL par les services de renseignement occidentaux.

D’une manière ou d’une autre: ON NOUS RACONTE DES SALADES !!… Comme d’habitude…

D’emblée, cette affaire du Thalys pue à plein nez, d’une manière ou d’une autre…

Juste une réflexion à trois balles, bien sûr… Laissons les fins limiers de l’Europe entière mener l’enquête. Quelque chose nous dit qu’on va encore bien se foutre de nous.

Guerre impérialiste en Syrie: Damas contre les ONG traffiquant avec l’EIIL pour la Turquie et le pays du goulag levant

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Les Etats-Unis et la Turquie ignorent l’avertissement de la Russie et entrent en Syrie

 

Gordon Duff & New Eastern Outlook (Moscou)

 

21 Août 2015

 

url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2015/08/21/us-turkey-ignore-russian-warning-move-into-syria-new-eastern-outlook/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La Turquie et les Etats-Unis ont conjointement décidé d’entrer en Syrie, défiant la Russie de répondre à cette décision. Les Etats-Unis et la Turquie ont cessé toute référence à la protection de réfugiés, qui est toujours une fantaisie difficile à faire admettre quand on se réfère à la très longue histoire turque de persécution des minorités.

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Mark Toner, a commencé hier à émettre les règles d’établissement d’une “zone tampon” que les USA et la Turquie ont décidé de créer pour la Turquie. Il est affirmé que cette “zone” sera occupée par “l’Armée Syrienne Libre” (ASL) et ne peut être utilisée que par des forces ayant juré de renverser le gouvernement légal de Damas.

L’Armée Syrienne Libre (ASL)

Il y a un problème avec cela. Il n’y a pas d’unités de l’ASL dans le nord de la Syrie. En Février 2015, cette force fut démantelée et ses chefs se sont enfuis en Turquie. L’ASL depuis 2014 a été réorganisée par les forces du renseignement turc comme une organisation ne répondant plus qu’à Erdogan et l’Arabie Saoudite, ses entraineurs qataris asistés de contractants américains (NdT: “contractants” est un euphémisme pour dire mercenaires, probablement Blackwater/Xe/Academi ou DynCorps de la firme Halliburton…). La majorité de ceux impliqués avec l’ASL a accepté une amnistie du gouvernemnt syrien ou ont rejoint les forces d’Al Nosra et de l’EIIL/EI.

Toutes forces envoyées par les Etats-Unis et la Turquie en Syrie ne peuvent y être que pour un but unique: assister l’EIIL/EI à renverser le gouvernement de Damas, qui a monté de plusieurs crans dans la vigueur de son combat contre les forces terroristes.

Acte désespéré

Il est largement admis que cette nouvelle action agressive est motivée par un certain désespoir fondé sur l’amélioration des relations entre la Russie et l’Arabie Saoudite et la création récente de chemins d’apaisement dans les relations plus que fraîches entre l’Arabie et l’Iran. L’Arabie Saoudite, dit-on, a abandonné son soutien matériel à l’EIIL en Irak et en Syrie, laissant cette organisation se débrouiller seule, aidée seulement par Israël, la Turquie et les Etats-Unis.

Soyons honnêtes ici. Ceci est le territoire syrien et l’armée syrienne a tous les droits de bombarder des terroristes sur son territoire et y opérer tout à fait librement. Toute tentative par les Etats-Unis et la Turquie de limiter les opérations de l’armée syrienne sur son territoire pour le bénéfice de ce qui est reconnu comme étant des organisations terroristes, qui ont pillé la Syrie pour Erdogan et ses riches amis, pas seulement du pétrole et de ses antiquités, ils ont physiquement démantelé et transporté par camions en Turquie une usine d’assemblage automobile et des douzaines d’autres usines, est une ingérence criminelle.

Crimes de guerre contre la Syrie

Dans des discussions avec le ministre de la justice syrien la semaine dernière, Najm Hamad al-Ahmad, on nous a averti qu’un groupe de travail est en train de se constituer afin de faire citer la Turquie pour sa participation à des crimes de guerre sur le sol syrien, incluant le traffic d’êtres humains et le piratage. Il y a un bon nombre de rapports fiables en provenance des chrétiens syriens kidnappés ces quatre dernières années par les terroristes de l’EIIL, que les réfugiés syriens ne sont pas protégés en tant que régugiés en Syrie par les ONG, mais plutôt détenus dans des camps de concentration où ceux qui refusent de se convertir et de rejoindre les combattants de l’EIIL sont exécutés, le tout avec la totale complicité de l’armée turque et des unités du renseignement.

Ignorer la menace des ONG

Le problème des réfugiés, apparemment important pour l’occident au vu des récentes histoires montrant comment les réfugiés syriens s’établissant en Jordanie font la une et méritent d’être discutées.

Les rapports de Turquie ont été consistants sur une chose: les ONG supposées travailler avec les réfugiés fournissent un soutien logistique à la fois au front Al Nosra et à l’EIIL/EI. Des convois de camions d’ONG ont acheminé de gaz sarin en Syrie, ceci a été conformé par des sources en Turquie ainsi que par le ministère de la défense syrien et ont transporté des précurseurs chimiques pour les usines de bombes de l’armée turque dans ce qui peut maintenant ouvertement être appelé de la Zone d’Occupation Turque en Syrie. (ZOTS)

Dans le même temps, l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), une officine de la CIA (NdT: et du MI6 britannique à son origine en 2011) donne une couverture médiatique en blâmant Damas pour les atrocités commises par les Turcs.

Comme la Turquie héberge à la fois le front Al Nosra et l’EIIL/EI, leur donne à la fois un soutien logistique et un havre de paix, un transit libre et gratuit sur son sol et maintenant même un soutien aérien avec des attaques contre les combattants du YPG et du PKK kurdes, qui sont parmi les meilleurs forces s’opposant à l’EIIL dans cette guerre critique ; ne pas citer la Turquie comme combattant dans cette guerre est plus que négligent.

Avec une volée de rumeurs non confirmées en provenance de Moscou la semaine dernière concernant la rencontre pour le moins houleuse entre le président Poutine et l’ambassadeur turc, citant la colère de Poutine envers l’action militaire ouverte de la Turquie contre la Syrie, il n’y a maintenant plus beaucoup de doutes sur le fait que l’occident désire bien plus confronter la Russie en Syrie plutôt qu’en Ukraine.

Le traffic humain des réfugiés

Les ONG, auparavant supervisées par l’ONU, certaines sous un régime de consultation spéciale, sont maintenant devenues la peste du Moyen-Orient. Quelques-unes, pour ne pas dire la plupart, sont des vitrines de la CIA et du Mossad. Toutes sont semble t’il chargées de sauver les réfugiés, de “cataloguer les antiquités” (NdT: qui est un énorme marché clandestin mondial depuis l’invasion de l’Irak en 2003 et dont bien peu de personnes ne parle, un gigantestque marché noir pour nantis…) ou de sélectionner les biens de valeurs syriens ou irakiens comme par exemple les machines-outils, l’informatique et la robotique dont la Turquie a besoin pour son “sweat shop” bourgeonnant d’empire industriel.

C’est là où la Syrie prévoit ses attaques légales, demandant une mise en accusation internationale contre ces organisations, en attaquant leur “travail sur les réfugiés”. Certains réfugiés se sauvent d’eux-mêmes, venant grossir les rangs dans les camps de Jordanie et du Liban ou venant s’ajouter à une déjà surpopulation des villes importantes comme Damas. Beaucoup s’enfuient en Turquie où ils sont scrutinisés, contrôlés, souvent bloqués pendant des semaines ou des mois. Certains par contre sont renvoyés par camions en Syrie sans aucun problème.

Ce sont les prisonniers de l’EIIL, pris de camps en Turquie, sélectionnés par des ONG travaillant avec l’EIIL/EI, transportant des armes et traffiquant les prisonniers comme “réfugiés”, en réalité traffiquant au profit des bordels et de l’industrie de l’esclavagisme sexuel de Grande-Bretagne et d’Allemagne.

Des scènes ont été rapporté rappelant le film “la Liste Schlinder” de Spielberg en 1993, film montrant le traitement des juifs par les nazis en Allemagne.

Conclusion

La guerre aérienne de la Turquie au profit de l’EIIL/EI est un facteur connu dans le monde. Les rapports initiaux indiquant des attaques sur les positions de l’EIIL par des F-16 turcs furent très rapidement démentis et prouvés faux. Des attaques turques sur des villages irakiens ont été confirmées. Des attaques turques sur les forces kurdes du YPG soutenues par les Etats-Unis en Syrie ont aussi été confirmées.

Personne ne conteste ces faits horribles bien que le gouvernement kurde à Erbil parle peu, trop peu alors que son propre peuple est massacré par les Turcs.

Les Etats-Unis ont fini par assumer qu’avec des mouvements continuels contre le Donbass, ils peuvent brutaliser l’allié des Russes, la Syrie, sans répercussions. Voilà ce qui est véritablement derrière l’action américaine.

Société contre l’État: Société celtique et gauloise, le « Défi Celtique » d’Alain Guillerm ~ 1ère partie ~

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 21 août 2015 by Résistance 71

“L’État c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple.’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits…

Mais l’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède, il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles…

‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”

~ Friedrich Nietzsche ~

 

Société celtique société contre l’État: à l’origine de la culture européenne

 

“Le Défi Celtique” d’Alain Guillerm, 1986 (larges extraits)

 

Compilés par Résistance 71

 

10 Août 2015

 

Introduction

1ère partie: Les Celtes contre l’État

2ème partie: Les Celtes après l’État

3ème partie: La société celtique

Conclusion de Résistance 71

 

Le “challenge” celtique

 

Comme l’a dit Arnold Toynbee, l’État moderne, centralisé et jacobin, que nous subissons en occident, n’était pas fatal. Il remonte à la victoire de Rome, puis des Germains romanisés par l’église catholique, qui donneront naissance aux nations européennes modernes. En effet, Rome a conqiuis l’Europe, notemment sur les Celtes et les Grecs comme elle a conquis le reste des pays méditerranéens sur les Sémites (Puniques puis Juifs). Ces trpis peuples avaient une langue commune au niverau des élites, le grec, en même temps vecteur de la culture et de la civilisation modernes. Ils ignoraient aussi bien l’esclavage productif (totalement chez les Celtes et les Sémites, partiellement chez les Grecs, ainsi qu’à Sparte) que l’État centralisé.

[…]

Alexandrie passe de la mathématique de Pythagore à la physique d’Archimède qui passera par sa jeunesse au musée (en fait l’université). Mais Alexandrie fait de qu’Athènes n’a pas su faire, elle passe de la science à la technique dans tous les domaines, y compris militaire (fortifications, mairne). Bientôt un de ses ingénieurs Hiéron, crée la machine à vapeur. Cette invention comme le reste, sera oubiée ou anéantie par Rome qui choisit le travail servile contre le machinisme. C’est un choix métaphyque dont il s’agit, labor en latin veut dire torture, calamité et les Romains sont experts en la matière, la Gaule en sera un exemple saisissant.

La Gaule n’avait pas d’État et environ 10 millions d’habitants quand César l’envahit. Il y fit de sont propre aveu 1 million de morts et un million d’esclaves ; l’administration césarienne en Gaule, continuée par Auguste, consista à créer une classe dirigeante en forçant les vieilles chefferies indigènes à choisir entre la révolte et la citoyenneté gallo-romaine, ce qui sigifiait pour elles être propriétaires de leurs anciens compagnons réduits à l’état d’objet. Peu a peu le statut servile fut étendu à la moitié de la population.

[…]

Ce n’est que lorsque le servage aura remplacé l’esclavage (la libération médiévale selon l’heureuse exression de Pierre Dockès) et l’église prit le pouvoir laissé vacant par l’empire comme par les barbares que celle-ci entreprendra l’évangélisation des Gaules (Saint Martin de Tours), donc leur latinisation. Les Gaulois devait mourir sauf en Bretagne, au VIIème siècle ap. J.C. Le Bas-Empire introduisit la torture judiciaire et fiscale pour les maîtres (la croix, le bûcher), ce qui effraie les historiens, mais elle existait de tout temps pour les esclaves.

[…]

Un tel mode de production (l’esclavagisme) ne pouvait que détruire toute productivité, d’où entre autres, l’immense régression technologique que représenta l’empire romain. Régression qui fut accélérée par les barbares des Grandes Invasions. Il y eut également régression dans le domaine de la pensée. Après Lucrèce, la philosophie moderne s’arrête, après Cicéron, la pensée politique stagne, tous deux périrent avec la “république” et le triomphe absolu de l’État esclavagiste et absolutiste (sous le premier et second triumvirat, à dix ans d’intervalle)… Esclavage généralisé donc, sous le Bas-Empire les maîtres eux-mêmes deviennent des esclaves de l’État et aussi sous-développement intellectuel et technique: le seul secteur de la société qui fonctionne convenablement sous le Bas-Empire est l’armée.

[…]

Ainsi par ce qu’ils ont su répondre à un défi, saisir une occasion, les Celtes du Vème au IXème siècles, forment-ils non seulement une communauté culturelle indépendante (Irlande, Ecosse, Man, Cornouaille, Bretagne, Pays de Galles) avec son église, sa philosophie, ses langues, sa tradition culturelle, son mode de propriété “communiste” (Marx dixit), sa technologie (grâce à leurs bateaux ils “découvrent l’Amérique” avec Brendan et ses successeurs) et surtout son organisation politique: les chefs bretons qui créent de multiples “plou”, les “saints fondateurs” qui créent les sept évêchés bretonnants, instituent une structure communautaire dont les vestiges dureront encore sous Louis XIV, à travers des “conseils de fabrique”. L’église celtique démocratique et libertaire est aussi paradoxale que l’église cathare: basée sur un monachisme plus strict que celui de Rome, elle n’en tolère que mieux une grande liberté de la société civile. Cette civilisation est, comme toutes les grandes civilisations, non seulement territoriale, mais universelle.

[…]

Aujourd’hui au XXème siècle comme au Vème siècle, l’Empire est au bord de l’effondrement. L’État féodal, bureaucratique, élaboré péniblement au cours du XVème siècle, la France éternelle créée par Clovis et sur laquelle s’est greffé le capitalisme est au bord de sa perte. […]

L’expansion celtique: origine et diffusion

Autour de 1000 Av. J.C (au premier âge du fer), un peuple, issu de l’actuelle région couvrant un espace allant de la Bohême à la Bourgogne, a unifié en quatre siècles peu à peu la moitié de l’Europe: Espagne, France, Îles Britanniques, Allemagne du sud, Hongrie, Serbie, Bulgarie actuelles. C’est ce peuple qui s’appelle les Celtes et qu’on appellera les Gaulois dans l’espace de la future France, une France qui irait jusqu’au Rhin, mais amputée du sud de la Garonne, la Vasconia ou Aquitaine basque et du sud de la Durance, la Ligurie.

[..]

Ni “submersion”, donc, ni “génocide” pour la diffusion d’une culture (celtique), pour ces migrations de peuples qui ont labouré l’Europe de la préhistoire aux grandes invasions (Sarrasins, Normands, Hongrois, jusqu’au Vème siècle Ap. J.C), le seul phénomène qui puisse se concevoir est celui de l’assimilation culturelle, il y a eu celtisation de la moitié de l’Europe du IVème au IIIème siècle av. J.C, comme il y a eu plus tard, la romanisation du bassin méditerranéen et donc des trois-quarts de la “Celtie”. Assimilation culturelle ne veut certes pas dire non-violence ; il n’y a qu’à prendre le modèle bien connu de la romanisation pour le comprendre, mais elle ne veut dire ni submersion, ni génocide. Ce que cela veut dire est innovation sociale et technologique. Dans le cas des Celtes laténiens, cette innovation vient de deux points qui expliquent leur expansion rapide: une nouveauté technologique, l’épé de fer et une nouveauté sociologique, cette classe de guerriers libres dont parlent les historiens anciens…. La société hallstattienne aristocratique, ce que nous savons par les sépultures (on n’a retrouvé que celles des “chefs”, qui se faisaient enterrer debout sur leur char de combat,) a fait place à la société laténienne dont nous verrons que tous les critères sont démocratiques et égalitaires.

Paradoxalement, cet égalitarisme, cette absence d’autorité, s’accompagne dans le monde celtique de la naissance de la monnaie.

[…]

A l’exception des régions où les Celtes ont été soumis à une influence prépondérante du milieu local, comme cela semble être le cas dans le sud-ouest de la Celtique par les Celto-Ligures (Aquitains ?) et les Celtibériens, on ne constate nulle part l’existence de forteresses. Ce phénomène n’est pas seulement l’expression de la force et de la stabilité intérieures du monde celtique, c’est aussi le reflet d’une dispersion des activités économiques et de l’absence d’un pouvoir centralisé, que confirme d’ailleurs l’éparpillement de la classe militaire en d’innombrables petites nécropoles.

Récapitulons: Les Celtes, après le dépérissement de la civilisation hallstattienne, basée sur une aristocratie guerrière, sont devenus une société sans État, une société d’hommes libres armés, cela a été l’occasion d’une formidable vitalité qui les a amenés d’un territoire restreint, quoique non négligeable, entre Bourgogne et Bohême, jusqu’aux extrémités de l’Europe, Irlande, Armorique, Portugal, Thrace, puis l’Asie Mineure et l’Italie Centrale. Cette expansion basée sur la supériorité de l’épée de fer a pu être sanglante, elle n’en a jamais moins été culturelle au sens où le vecteur de l’expansion a été la langue et les institutions civiles et religieuses.

[…]

Celtes et Grecs: poursuite de l’expansion, le mercenariat

En effet les Celtes imprimeront en Europe une civilisation très originale, une culture et une technologie remarquables. Mais s’ils n’auront rien à craindre des Hellènes au point que les plus puissants de leurs monarques, tels Alexandre le Grand ou Denys de Syracuse, traitèrent avec eux, au IVème siècle av. J.C, ils se heurteront bientôt au Sud à une nouvelle force montante, “l’impérialisme” romain.

De fait, si les Grecs d’Orient craignent les Celtes (pillage de Delphes après la mort d’Alexandre, celui de Byzance, création de la Galatie etc…), ainsi lorsque les Celtes de Milan s’emparent à la fin du IVème siècke Av. J.C, de la citadelle étrusque de Bologne, les Etrusques comme les Syracusains virent là probablement le bon moyen de barrer la route aux Romains. Il ne faut donc pas voir l’expansion celtique en Italie comme une suite de “migrations barbares incontrôlées”. La diplomatie celtique existait bel et bien, comme celle des Grecs ou des Etrusques, l’absence d’État n’entraîne pas l’absence de relations internationales !…

[…]

De fait Rome va trembler devant les tumultes gaulois. Entre la victoire de l’Allia (en 387 av. J.C) et la prise de Rome en 385 av. J.C, mais pas sa forteresse et la défaite de Télamon en 225 av. J.C, qui les rejeta au-delà du Pô, pendant 110 ans les Celtes vont imposer leur loi aux Romains !… Ceci explique pourquoi la conquête de l’Italie par Rome a été si longue…. Mais la vitalité celtique ne se bornera pas à paralyser la naissance de la communauté militaire romano-italique. Outre les “guerres d’Italie”, les Celtes ont trouvé un autre débouché à leur vitalité guerrière: le mercenariat. Cette institution dans l’antiquité n’est pas maudite comme le voudra l’église au XIIème siècle […] Ainsi le mercenariat au profit des puissances hellénistiques est une merveilleuse source de profits, de voyages et de culture.

[…]

Seuls deux types de pays ne se sont pas servis des Celtes comme mercenaires, préférant les combattre à mort, Rome et la Macédoine (où Antogonos Gonatas les vaincra en 277 av. J.C à Gallipoli leur coupant la route de l’Asie)…

Pour les Celtes et la découverte fondamentale de la monnaie, ceux-ci ont adopté la monnaie hellénistique et le monnayage celtique va se propager rapidement. Notons toutefois qu’un seul pays ne l’a jamais connu, de l’antiquité aux invasions Vikings: l’Irlande… Par contre la division du travail, la difféfenciation agriculture/industrie, s’affirme, ainsi que l’essor du commerce et de la monnaie, avec de réels succès technologiques tant dans l’artisanat du cuir et du bois (tonneaux, attelages, herses, toutes choses qu’ignorent les Grecs ou les Romains) que du fer (ce sont d’excellents forgerons), la combinaison des deux étant poussée à sa perfection dans la construction navale…

[…]

Note de Résistance 71: S’ensuit ici une vingtaine de pages dans le livre sur le développement de la technologie maritime commerciale et de guerre des Celtes. Guillerm est un grand spécialiste de ce domaine, l’information est remarquable et très enrichissante, mais n’a pas de relation directe avec notre sujet qui demeure la politique et le mode de gouvernance de cette civilisation. Nous avons donc décidé, à contre-cœur, de couper ces passages. Nous encourageons vivement les lecteurs à acquérir le livre (non réédité mais qu’on trouve chez les bons bouquinistes ou qu’on peut commander ou consulter en bibliothèque…) et de le lire en entier, il vaut le coup !

[…]

Si nous parlons tant des Vénètes du Mor-Bihan, c’est qu’à travers leur incroyable pérennité, ce sont eux qui firent entrer l’Armorique, puis après la Bretagne, en tant que grande civilisation maritime dans l’Histoire. Et ce par César qui à la fois introduisit l’État chez eux et le signifia par écrit. Il faut ici en venir à Jérôme Carcopini pour bien comprendre les “Commentaires” de César sur la Guerre des Gaules:

Pendant tout le temps qu’ont duré ses campagnes en Gaule, de 58 à 51 av. J.C, César ne manque pas d’envoyer très régulièrement au Sénat le compte-rendu de ses opérations.” C’était des éphémérides, nous dirions aujourd’hui des feuillets de son journal de marche qui, transmis dans les formes aux sénateurs de Rome, étaient reproduits dans les Acta pour la plus grande gloire du rédacteur. Ces rapports que Salomon Reinach définit au cours de la seconde guerre mondiale comme des “communiqués”, César n’a ensuite aucun mal à les écheniller et les coudre bout à bout pour achever, avec une surprenante rapidité, la composition de ses “commentaires” sur la guerre des Gaules.

Mais s’il en profite pour valoriser son rôle personnel, par contre, César quand il décrit tout ce que la technologie celtique a produit de mieux, le fait avec une précision admirable.

En effet, s’ils n’ont pas introduit de nouvelles différenciations entre les classes chez les peuples du Mor-bihan, les Celtes ont perfectionné la division du travail entre l’agriculture et l’industrie, division qui s’est manifestée par de réels succès, tant dans l’artisanat du cuir et du bois que dans celui du fer (les forgerons celtes ne seront dépassés en savoir-faire que par les forgerons germains du IVème siècle de notre ère) ; la combinaison de ces trois techniques bois-cuir-fer, est poussée à sa perfection dans la technologie de la construction navale, par ceux qui à l’origine, n’étaient pas du tout des marins. Les Celtes vénétiques ont construit de grands “pontos” de “10 000 amphores”, chefs-d’œuvre de charpentiers, comme seuls en possédaient à l’origine les Puniques et que les Romains imitèrent durant tout l’Empire, pour notamment ravitailler l’Urbs (Rome) en blé.

[…]

Celtes et Romains: Les fortifications celtiques, Urbs ou Oppidum ?

Hormis la guerre maritime contre les vénètes, la guerre des Gaules fut essentiellement une guerre de siège, ainsi d’ailleurs que presque toutes les guerres que les Romains livrèrent contre les Celtes. Jamais les armées celtiques ne purent tenir tête aux légions en rase campagne. Elles le comprirent du reste très vite et n’eurent recours qu’à deux types de stratégie: la guérilla et la guerre de siège, l’une étant complémentaire de l’autre.

[…]

En fait, dans la Bibracte gauloise comme dans les autres oppida, il est impossible de déceler de traces de division en classes de la société, contrairement à ce que laisse entendre Venceslas Kruta, parce qu’il est impossible d’y déceler une ville.

Cela nous est d’ailleurs confirmé des annexes de P.M Duval au “Vercingétorix” de Camille Jullian à propos des oppida de Bibracte et de Gergovie. A propos de Bibracte, Duval précise que: “Les fouilles n’ont mit à jour que des vestiges gallo-romains précoces, la ville ayant survécue un demi-siècle à la victoire romaine de 52-51 A. J.C avant d’être désertée vers 5 Av. J.C au profit d’une nouvelle capitale des Eduens: Augustodunum… Autun. C’est dans cette Bibracte gallo-romaine que l’on a retrouvé de grandes demeures de type italien avec atrium central, qui datent probablement de la dernière période, postérieure à la conquête de 52.” Mais c’est surtout les fouilles de Gergovie, présentée par tous comme une grande ville, “capitale” des Avernes, que P.M Duval semble légitimer le plus de notre thèse en écrivant: “Il semble que l’oppidum n’ait été à l’époque de Vercingétorix qu’un lieu de défense, avec une petite agglomération permanente et qu’il ait été récupéré après la conquête romaine, de façon beaucoup plus dense, jusqu’au moins au début du règne de Tibère.” On n’a pas retrouvé de traces d’habitat à Alésia, pas plus qu’en Bohême et en Europe danubienne, pas plus que dans le principal oppidum Vénète où l’on ne retrouve que des traces de villas gallo-romaines. [..]

En fait, pas plus qu’ils n’ont conçu une marine de guerre séparée de la marine de commerce (chez les Vénètes), les Celtes n’ont conçu de forteresse comme centres d’habitat et de pouvoir, comme lieu de l’État. Leur fortification, comme leur marine, est née avec le fer et la charpenterie. Le “murus gallicus” comprend un système de madriers cloués entre eux, recouverts d’un parement de pierres ou “gazonné” ; si la pierre protège du feu, le réseau de madriers protège du bélier, preuve qu’ils ont su utiliser admirablement une technique révolutionnaire, sans pour autant lui donner une visée étatique. Les Celtes se sont servis du bois et du fer pour mener une vie facile, grâce à l’agriculture et à un artisanat abondant, pour étendre plus tard leur territoire, pour mettre à l’abri leurs richesses en se fortifiant. Si cela détruit la civilisation productiviste et pré-étatique néolithique, cela n’a pas entraîné la formation d’un État moderne, d’un Urstaat, qu’il soit despotique comme en Orient, démocratique comme à Athènes ou “républicain” comme à Rome. D’ailleurs pour cela il eut fallu une condition absolument nécessaire à a formation d’un pouvoir séparé: l’adoption et non pas l’invention, de l’écriture.

Les druides et la prohibition de l’écriture

Sans entrer dans une vision déterministe, car nous savons que l’agriculture n’a pas partout entraîné de proto-états (pas chez les Amérindiens selon Pierre Clastres) et que le fer n’a pas entraîné partout la ruine de ces proto-états (si l’armement de fer a démocratisé la cité en Grèce, il a plutôt renforcé l’état à Rome), bornons-nous à constater que partout et toujours l’écriture comme la ville est liée à l’émergence de l’État ainsi que Claude Lévi-Strauss nous l’a enseigné: “Les premiers usages de l’écriture ont été d’abord ceux du pouvoir: inventaires, catalogues, rencensements, lois et mandements, dans tous les cas qu’il s’agisse du contrôle des biens matériels ou de celui des êtres humains … l’écriture ne nous paraît associée de façon permanente, dans ses origines, qu’à des sociétés qui sont fondées sur l’exploitation de l’homme par l’homme.” (Claude Lévi-Strauss, “Tristes Tropiques”, 1955). Or si la société laténienne des origines ne connaissait pas l’écriture, come toute société sans État, la société laténienne des oppida, qui la connaissait par Massalia, se refusait à l’employer.

[…]

On sait de nos jours que dans toutes les grandes civilisations orales, la mémoire est développée intensément pour transmettre les épopées ou les “sagas” des ancêtres, ainsi que l’enseignement de la science sacrée. Les Celtes, a contrario, ne voulait laisser en aucun cas aux “écrivains” le soin de ressusciter leur passé mythique, comme Virgile le fera du passé romain en fonction du présent augustéen.

Le rôle des druides et des vingt ans d’étude nécessaires qu’ils inculquent à la jeunesse, cela représente le cycle des études actuelles menées jusqu’à l’enseignement supérieur inclusivement, fait remarquer Régine Pernoud, leur rôle sera donc de répéter le passé sans le déformer. (Note de R71: on retrouve le même schéma socio-culturel chez les nations amérindiennes et les sociétés traditionnelles africaines).

Ce discours des druides quel est-il ? Pouvons-nous le reconstituer en dehors des spéculations sur leurs dieux et leur vision théologique et astronomique ? Sur ces points des documents nous manquent, et pour cause ! Tout ce que l’on sait, c’est que c’est un discours de l’origine, notamment de l’origine commune de tous les peuples celtes de l’Irlande à la Galatie (Françoise Leroux & Christian Guyonvarc’h, “Les Druides”, 1978).

Ce discours doit aussi, nous pouvons le deviner par analogie avec les Indiens amérindiens, être un discours conservateur et égalitaire sur le thème: la société des ancêtres était parfaite il ne faut rien y toucher ; il faut refuser la division, et cela répété indéfiniment comme une litanie, comme un conjuration contre l’État.

La conservation sociale ne passe pas du tout par un refus de l’innovation, les Celtes furent parmi les artisans, les agriculteurs, les marins, les plus inventifs de l’antiquité: tout au contraire, la non-exploitation de l’homme exige l’innovation technologique alors que c’est l’esclavage qui la stérilise ; en effet, nous dit Varagnac: “le moteur humain stérilisa les autres sources d’énergie puisqu’il offrait dans tous les cas la solution de facilité.” Rien de semblable chez les Celtes qui durent, avec grand succès, faire part sans cesse d’innovation pour diminuer au maximum le labeur humain tout en augmentant dans une notable proportion l’opulence de la société. Cette opulence était du reste “gratuite”, même le monnayage, innovation majeure à l’origine, n’a pas de finalité marchande qui s’établit, nous dit Venceslas Kruta ; c’est pour assurer le prestige des “chefs” qui, par une sorte de “potlach” permanent (Note de R71: redistribution des richesses à la manière des Indiens pratiquant les cérémonies de redistribution ou “potlach”…), sont censés ainsi justifier leur fonction.

Rien de plus magnifique qu’un chef celte ou gaulois, rien ne tranche plus avec la médiocrité latine. Mais écoutons Camille Jullian nous décrire ainsi un chef arverne (Camille Jullian, “Vercingétorix”, 1977):

Pour un chef arverne, la vie est un triomphe perpétuel. En temps de paix, il faisait naître sous ses pas le bruit, la gaieté et l’orgie. Luern du haut de son char, distribuait à la foule l’or et l’argent, avec cet orgueil de la richesse qu’on retrouve, douze siècles plus tard chez les grands seigneurs du Midi. Il réunissait à des banquets d’un luxe inouï, durant des jours entiers, tous ceux qui voulaient s’eniver et se gorger à ses frais et l’enclos du festin avait plus de deux heures de tour…

La magnificence qui caractérise le chef celtique nous rappelle, là encore, celle qui caractérise le chef Indien des Amériques: le chef n’est pas celui qui, en temps de paix, donne des ordres, mais avant tout celui qui se ruine en dépenses de prestige pour sa “cité”. En outre c’est aussi un beau parleur, les éternels discours que Vercingétorix tient aux Gaulois sont là pour nous en convaincre. Certes il ne s’agit pas de l’éloquence des sophistes visant à manipuler le démos ou à Rome, la plèbe, là où la “majorité” est signe de pouvoir. Le discours celtique vise à magnifier le passé et les ancêtres, à rappeler leurs gloires, eux qui ont pris Delphes et Rome et qu’on appelle “les rois du monde” et donc de justifier ainsi le présent: la Gaule doit s’unir pour sa liberté et sa gloire. Car cette union n’a rien d’obligatoire, elle est toute volontaire, la notion de trahison n’existe pas, seuls existent le courage et la lâcheté. (Note de R71: La chefferie sans pouvoir ne commande pas, comment trahir une allégeance qui n’existe pas ?… C’est l’intérêt commun qui amène les alliances vues comme le bon sens et enterrinées par le peuple des paysans armés…).

[…]

Le chef mène la guerre, c’est en fait vite dit, car il y aurait risque de prise de pouvoir possible, de naissance d’une “royauté”. En fait cette solution fut rejetée avec horreur et le père de Vercingétorix fut brûlé vif, accusé de vouloir tenter d’établie une “royauté” à son profit. (Note de bas de page à ce sujet: de Camille Jullian et son “Vercingétorix”: Les chefs réservèrent à Celtill, père de Vercingétorix, le sort traditionnel réservé aux aspirants tyrans: le bûcher… Les Arvernes furent plus clément avec son fils.). Il semble qu’après la chute de l’hégémonie arverne sur la Gaule en 125 Av. J.C, ce péril fut définitivement conjuré. Chaque année, guerriers et druides (c’est à dire en fait quasiment tout le monde…) élisaient un magistrat suprème: le Vergobret, qui, maître absolu de la cité, ne pouvait en franchir les limites. Ainsi ce “chef de paix” ne pouvait pas être en même temps un “chef de guerre”, puisqu’il ne pouvait pas mener d’expédition, ce “maître absolu” était élu et révocable chaque année par l’ensemble des hommes libres. Pour prendre un cas historique, Vercingétorix, nommé chef de guerre des Arvernes, n’était pas le Vergobret, le compétent chargé des affaires intérieures de la cité. Mais hormis cette dualité de “pouvoir” séparé de la société, existait-il d’autres institutions propres aux cités celtiques ? On a parlé de “sénat”, mais y a t’il une véritable assemblée ou ce terme ne désigne t’il pas plutôt les chefs des villages et des familles ? Il est bien évident que lorsque César parle de sénat on ne peut le comparer en Gaule aux “Patres” de Rome, c’est plutôt au Conseil de la confédération cheyenne qu’il faudrait penser… Cela bien entendu, César ne peut pas le savoir mais quand bien même il le pourrait, pas plus que n’importe quel politicien de nos jours, il ne pourrait concevoir une société sans pouvoir, même s’il perçoit confusément que le pouvoir de Vercingétorix ne repose que sur la parole et sur la persuasion chez les Gaulois “peu respectueux de l’ordre établi” et dans cette Gaule soumise à de “fréquentes révolutions de palais” (selon César…).

On connaît à ce propos la célèbre phrase de César décrivant les rapports de classes dans la société celtique. Cette phrase prise pour argent comptant par les meilleurs celtisant est bien trop belle pour être vraie et ce serait aussi oublier que “La Guerre des Gaules” constitue une série de communiqués de propagande destinés non seulement au Sénat romain, mais aussi ce que néglige de dire Carcopino, à la plèbe romaine par César, chef de parti politique. Communiqués de victoire, donc, mais aussi comparaisons sociales visant à travers les Celtes à critiquer le système “républicain”. Si rien ne permet de repérer quoi que ce soit de la société celtique dans cette description de César, qui nous dit par ailleurs que les Germains cultivaient la terre en commun, or, selon Tacite, on ne peut distinguer Celtes et Germains, on y voit par contre une parfaite description de la société romaine ! César n’aurait pas osé représenter sa patrie sous des traits aussi noirs, ces traits il les attribue aux Gaulois, la plèbe comprendra… En fait hormis la présence des druides, les rapports entre “aristocrates” et “plèbes” nous semblent purement fantaisistes en ce qui concerne la Gaule. Expliquons-nous:

Les Gaulois sont un peuple d’agriculteurs et d’artisans travaillant plus que probablement la terre en commun. Qui sont donc alors, ces gens qui se distinguent du commun et que César appelle indifféremment aristocrates, chevaliers, nobles et possédant soi-disant, de nombreux clients dans la “plèbe” ? A notre avis les choses sont claires, il s’agit de ce que Pierre Clastres appelle les guerriers en parlant de la société primitive (Note de R71: “primitive” pris ici au sens anthropologique c’est à dire de la racine latine du mot: “primere” ou “première”, “originale”, rien de péjoratif dans le terme lorsqu’employé par des anthropologues…), statut qui ne confère aucun privilège d’ordre socio-économique et surtout pas d’autorité.

Quant à leurs “clients”, il ne s’agit pas d’une clientèle au sens romain du terme, mais bien plutôt ce qu’il est convenu d’appeler la “suite guerrière”.

Fin de la 1ère partie

Résistance à l’impérialisme occidental: Le colonialisme et la dépendance étatique ~ 2ème partie ~ (Taiaiake Alfred)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 20 août 2015 by Résistance 71

“Avant l’arrivée de l’homme blanc, nous Indiens, n’avions pas de chefs. Nous avions des leaders bien sûr, des hommes et des femmes choisis par consensus pour leur sagesse et leur courage. L’idée d’une hiérarchie pyramidale avec une personne seule en haut était européenne… Nos “chefs” ne commandent pas, ne dirigent pas. Lorsque des problèmes importants se produisent, ils se réunissent, recherchent un consensus entre eux et ensuite disent au peuple ce qu’ils pensent et demandent son avis…”

~ Russell Means ~

 

Le colonialisme et la dépendance étatique (Extraits)

 

Taiaiake Alfred, Ph.D

Directeur de l’École de Gouvernance Indigène, Université de Victoria (Colombie Britannique, Canada)

 

Article publié dans le “Journal de la santé autochtone”

 

Novembre 2009

 

~ Extraits traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note: Le professeur Alfred est membre de la nation Mohawk de Kahnawake.

 

1ère partie

2ème partie

 

Note de Résistance 71: Nous invitons les lecteurs à transcrire les passages que nous avons mis en caractères gras dans le contexte de nos vies quotidiennes occidentales et à y réfléchir… N’y voyez-vous pas grande similitude ?… Ne sommes-nous pas tous des colonisés à des degrés coercitifs différents ? Ainsi n’avons-nous pas cause commune contre la même oligarchie ?

L’avenir de l’humanité passe par l’union des peuples colonisés avec les peuples occidentaux émancipés œuvrant dans un nouveau paradigme politico-social égalitaire et en associations libres.

Les effets de la colonisation

La situation à laquelle doivent faire face les peuples indigènes d’Amérique du Nord n’est pas unique, ni aujourd’hui, ni en termes de la dynamique de la relation entre un envahisseur/oppresseur et les sujets de sa colonisation. Frantz Fanon, un psychiâtre français, utilisa les outils de la psycho-analyse pour expliquer pourquoi le peuple noir n’avait pas la confiance individuelle et collective dans la colonie française de la Martinique aux Caraïbes. Fanon attribua ces problèmes aux assomptions racistes tenues par à la fois les blancs et les noirs. Celles-ci plaçant les peuples blancs au sommet de la civilisation et mesurant tout à chacun en fonction des standards de la culture blanche. Ainsi, seuls ces noirs assimilés dans la culture française étaient reconnus comme étant civilisés. Ceux qui ne s’étaient pas assimilés faisaient l’expérience d’une forme de ridicule perpétuel ayant pour résultat un malaise individuel et un sentiment déplacé. Fanon analysa que les gens colonisés qui mimiquent les modes de vie des colonisateurs, qui s’assimilent à la “norme” et suppriment leur nature à un niveau conscient et inconscient, commencent à souffrir de névroses et de disfonctionnements psychologiques variés (Fanon, 1982). Il n’y a certainement aucune preuve que les problèmes de l’assimilation et de la psycho-pathologie soient différents avec les peuples indigènes d’Amérique du Nord.

[…]

Avec le temps, pour toutes les nations premières, le succès ou l’échec de stratégies de survie particulières dépendaient de plus en plus des facteurs économiques généraux et des décisions politiques du gouvernement sur lesquels les nations premières n’avaient et n’ont toujours aucun contrôle. La faim est devenue un problème majeur partout. La surpopulation des zones et le non accès à l’eau potable, ainsi que les pauvres conditions sanitaires des logements dans les réserves indiennes contribuèrent à un taux très important de maladies infectieuses (dites de promiscuité). Le manque d’accès à la nourriture traditionnel a affaibli la santé plus avant ; les régimes alimentaires sont devenus bien moins variés et le mode de nutrition traditionnel très sain fut remplacé par de la nourriture industrielle comme les farines et le sucre blancs, causant une détérioration plus avancé de la santé générale des nations premières tout en créant une dépendance vis à vis du gouvernement et des bureaucraties de la santé publique, choses qui continuent aujourd’hui dans les communautés autochtones.

Les réserves indiennes sont devenues des environnement dangereux, pas seulement dans leur aspect physique mais aussi dans leur aspect psychologique, la colonisation a créé un double effet néfaste psycho-physiologique.

[…]

Ainsi, la vie dans les réserves est caractérisée par un bien plus haut degré de violence, de haine et d’agression généré par les abus de substances toxiques (alcool et drogues) que dans les autres communautés. Ceci est un des effets majeurs du refus de la colonisation de donner accès à des pratiques culturelles fondées sur la terre, ce qui mène à une perte de liberté à la fois individuelle et collective équivalent à l’effet psychologique d’anomie, ou d’un état d’aliénation profonde résultant de l’expéreince d’une sérieuse dissolution culturelle, qui elle, mène à l’abus de substances et aux problèmes inhérents comme le suicide et la violence inter-personnelle. Dans le cas de la vie sur les réserves indiennes au Canada, une anomie a évolué en une culture dans beaucoup de nations premières comme si ses effets avaient été normalisés et que les personnes des communautés natives et leur entière vie étaient teintées par ces effets néfastes de la colonisation (Tanner, 2009, p.251-251).

Ce nouveau type de vie a vu l’introduction du système de “Conseils de bandes/tribus” issu de l’Indian Act ou Loi sur les Indiens, les tribunaux criminels canadiens (NdT: l’équivalent des cours d’assises en France) et le système des cours de justice. La Gendarmerie Royale du Canada (NdT: la GRC ou police montée canadienne) et les écoles missionnaires…

En conséquence, les relations de type traditionnel furent abandonnées tandis que la manipulation, la corruption, le mensonge et l’exercice de la force devinrent les outils principaux de l’objectif de contrôle social et politique. Le circuit des tribunaux ainsi que la GRC ont aussi contribué à la dissolution des structures sociales traditionnelles. Spécifiquement, ils amenuisèrent le rôle des anciens (et conseils d’anciens) en tant qu’arbitres des conflits et changèrent la compréhension des gens sur le système de justice passant d’un système de concept restaurateur (de paix et de confiance) à un système coercitif et punitif. Les écoles missionnaires (NdT: gérées par les églises catholique, anglicane, unifiée du Canada) promurent et normalisèrent la violence sexuelle et les abus corporels, ainsi que la langue anglaise (française au Québec) et le christianisme.

[…]

Du travail de recherche de Tanner au sein des communautés Cree de James Bay dans le nord du Québec (2009), il est possible d’identifier quatre effets spécifiques de l’imposition de l’Indian Act et de la mise des communautés sur des réserves de manière coercitive:

  • La désorientation: causée par le manque d’autogestion (NdT: qui est naturelle chez les Indiens des Amériques et de fait fans toutes les sociétés traditionnelles non étatiques parce que “refusant” l’État…) et de capacité de gestion appropriée de l’environnement bureaucratique et capitaliste imposé.
  • La perte de pouvoir: dû au passage en force des lois coloniales et des politiques des autorités gouvernementales.
  • La division: résultant de l’incapacité des gens à remplir leurs obligations traditionnelles, sociales, culturelles et spirituelles.
  • La maladie: causée par une nutrition inférieure et par la nature sédentaire de la vie sur les réserves.

[…]

Les traumatismes historiques expérimentés par les peuples indigènes dans le processus d’être extirpés de leurs terres et de la construction du régime colonial furent le fondement de leur marginalisation ; ceci constitue un autre facteur se trouvant à la racine de la crise de la dépendance (Whitebeck, Adams, Hoyt & Chen, 2004, p.99-130).

Le spectre des effets psycho-physiologiques se manifestant au sein des nations premières du Canada sont les mêmes que ceux qui ont été directement et causalement liés aux expériences d’oppression dans la recherche portant sur les survivants de l’holocauste nazi et de leurs familles. Une récente recherche indique que les effets directs et les héritages multigénérationnels de l’expérience du colonialisme ont créé des effets similaires sur les peuples des nations premières que sur les survivants de l’holocauste juif de la seconde guerre mondiale (Yellow Horse Braveheart & DeBruyn, 1998). Conceptualisé comme la source “d’un traumatisme historique non résolu”, le schéma de la colonisation au Canada comme elle fut expérimentée par les peuples indigènes possèdent trois caractéristiques identifiables:

  • Des processus de dépossession et d’oppression continus et multigénérationnels
  • Une marginalisation et assimilation systématique et violente et
  • Une déculturation forcée au profit du christianisme et une intégration forcée dans le capitalisme de marché

[…]

Ainsi de la sorte, la relation entre les premières nations et l’état canadien demeure coloniale et est pour la plupart une relation de conflit enracinée dans l’impératif pour l’état de maintenir son contrôle sur les terres indigènes et de limiter le pouvoir des nations et peuples originels…

La légitimité (l’acceptance et le soutien des institutions coloniales) est un madat des plus important pour le régime colonial. L’impératif le plus important et le plus immédiat une fois la saisie des terres accomplie, est d’assimiler les personnes indigènes qui ont survécues à l’assaut initial sur leurs existences. Sans une autonomie et identité indigène authentiques et sans fondation culturelle, il n’y a plus de stockage de mémoire ou de base intellectuelle sur laquelle se maintenir en tant que personne indigène ou en tant que communauté pour maintenir la cohésion afin de défier les régimes coloniaux continuant leurs efforts de marginalisation et de destruction du pouvoir ancestral. […]

Il y a de véritables raisons à cette dépendance psychologique, financière et politique; de véritables effets de l’entreprise coloniale qui se sont constitués avec la défaite de l’autonomie indigène et la relégation des nations premières vers un état de dépendance du gouvernement qui est aussi la source de leur déstabilisation (Kirnmayer & Valakakis, 2009, p.453).

[…]

Il apparaît que pour certaine personnes indigènes, la façon de soulager les stress d’être dans une position de colonisés soit d’accepter les demandes du régime colonial et de s’assimiler. Les gens qui choisissent l’assimilation permettent une acceptation au sein de la société occupante et la culture de la consommation ainsi que dans la société civile canadienne au sens le plus large. Mais il y a un énorme problème avec l’assimilation et ce même pour ceux qui la choississent contre toute forme de résistance au colonialisme: la véritable assimilation, l’immersion complète et l’intégration dans la norme est impossible. C’est autour de cette dynamique psycho-culturelle que tourne un autre effet najeur du colonialisme.

“L’aborigénisme”, ou le changement social et culturel d’image du génocide, est fondé sur l’idée que ce qui est intégral aux peuples indigènes est une relique obsolète et inutile et que si les nations premières doivent avoir un futur viable, il sera défini par et s’exprimera seulement à la discrétion de la société dominante (Alfred, 2005).
L’aborigénisme assume qu’en renouvelant les relations entre les nations premières et le régime colonial, les aspects importants de la culture indigène seront abandonnés ou compromis pour les intérêts d’honorer les valeurs et les cultures euro-américaines et pour préserver les fondements principaux et centraux du régime colonial et des préférences envers la société occupante et dominante. En réalité, l’aborigénisme est une fausse conscience, une imbrication permanente d’assomptions du colonialisme et d’attitudes dans la culture et la société des nations premières. Cette conscience coloniale génère un désir de non-confrontation, d’identités coopératrices, d’institutions et de stratégies de coopération de la personne colonisée interagissant avec le colonisateur. En l’abscence d’identités enracinées dans les cultures indigènes, des aspects d’identité et de choix culturels sont ainsi sélectionnés depuis le pastiche présenté comme la société dominante et la machinerie judiciaire et bureaucratique brutale de l’État. Les postures les plus évidentes et les plus prononcées aborigénistes sont vues dans l’attitude de celui qui recherche le recouvrement social seulement pour cicatriser les plaies et vivre en paix avec les colons. Le réconciliateur qui prie un dieu chrétien et s’épanouit devant des juges blancs en est un autre. Les deux côtés réfléchissent l’image du processus colonialiste essentiel, celui de “civiliser” les peuples indigènes, nous faisant par ce processus des “citoyens” des états conquérants, de façon à ce qu’au lieu de nous battre pour nos terres et de résister à toujours plus de colonisation, nous recherchions une “résolution” qui soit acceptable et qui ne soit pas déreangeante pour l’état et la société que nous avons été amenés à embrasser et dans laquelle nous nous identifions.

Avec l’aborigénisme, toutes les bases indépendantes des existences indigènes sont abandonnées ou compromises dans la négociation de notre dépendance et notre intégration de toutes les manières, dans les institutions de la société occupante.

[…]

Dès lors que les identités aborigènes, les constructions légales et les politiques sont supposées être la base de ces notions historiques, la politique ne peut pas résoudre la souffrance sociale qui résulte d’une injustice permanente et elle ne devient qu’un cataplasme sur la jambe de bois de la colonisation perpétuelle. Si l’aborigénisme devait devenir le cadre principal de l’identité indigène et pour la construction des relations entre les peuples indigènes et l’état, cela mènerait immanquablement à la totale érosion des nations premières en tant qu’entités politiques et culturelles distinctes. Un tel résultat ne ferait que renforcer la crise à laquelle doivent déjà faire face nos peuples et nations originels. […]

Des arrangements avec le colonialisme sont recherchés. Le peuple indigène qui sombre dans l’aborigénisme devient un miroir culturel de la société dominante, et parce que ceux qui en sont désirent élever leur statut au sein de la société occupante, on leur donne des opportunités pour usurper la voix et les prérogatives des véritables représentants des nations premières.

[…]

Ainsi d’une perspective indigène, ce ne sont pas les bureaucrates indigènes, les hommes/femmes d’affaires, les politiciens et les avocats indigènes ayant des positions d’influence dans les agences de l’état ou les processus de négociations promus par le gouvernement, qui ont un droit ou une responsabilité quelconques de représenter les nations premières sur les questions fondementales de l’identité indigène, des droits inhérents, de la connaissance cuturelle, de la loi traditionnelle et du mode de gouvernance ou de la spiritualité. Ce sont les Anciens et ceux qui ont été reconnus traditionnellement et qui détiennent la connaissance traditionnelle ou les leaders spirtituels qui ont ce droit et cette responsablité. C’est pourtant ces personnes dont la voix est totalement ignorée ou appropriée et manipulée pour faire avancer l’agenda aborigéniste.

[…]

Ainsi, fondé sur cette compréhension des choses et d’une perspective orientée vers la trouvaille de solutions, le colonialisme est le mieux conceptualisé comme un résultat irrésistible d’un processus multigénérationnelle et à multiples facettes de la dépossession forcée et d’une tentative d’aculturisme, d’une déconnexion à la terre, à la culture et à la communauté, qui a résulté dans le chaos politique et la discorde sociale au sein des communautés des nations premières et la dépendance collective des nations premières envers l’état. Le mal qui en a résulté sont l’érosion de la confiance et des liens sociaux qui sont essentiels à la capacité d’un peuple à se maintenir lui-même en tant qu’individus et en tant que collectivités.

[…]

Les grandes solutions étatistes comme l’auto-gouvernement (sous couverts des “conseils de bandes” répondant au gouvernement colonial canadien…) et les saisies de terres ne sont pas tant des mensonges qu’ils n’ont aucune relevance quant au problème à sa racine. Depuis bien longtemps nous avons été en quête pour le pouvoir de gouvernement et l’argent, quelque part durant ce voyage du passé vers le futur, nous avons oublié que notre but était de nous reconnecter avec nos terres et de préserver nos cultures harmonieuses et nos modes de vie dignes de tous les respects. Ce sont ces choses qui sont les véritables garanties de la paix, de la santé, de la force et du bonheur, de la survie…

Le colonialisme a forcé trois options de base pour les peuples indigènes: la destruction, la dépendance ou l’assimilation. Aucune de ces trois options est moralement justifiable et de fait aucune d’entr’elles ne fonctionnent dans la vie pratique et ce même en se plaçant dans la perspective du régime colonial. Le fait d’une existence indigène continue n’est plus en question, la croissance démographique en véritables termes tout comme en pourcentage de la population générale du pays, augmente. Le fait est que l’existence indigène n’est plus remise en question, mais ce qui l’est c’est sa qualité.

Les éléments d’une existence indigène ayant un sens sont: la terre, la culture et la communauté. Aujourd’hui comme hier, les peuples des nations premières se voient refuser ces droits humains on ne peut plus basiques alors qu’ils sons forcés d’endurer des existences intolérables et humiliantes, dans des conditions inacceptables sur les réserves, séparés à la fois par la “loi” et la politique de leurs terres par le régime colonial ; ou ils sont forcés hors de leurs terres et dans la société occupante et bien que de temps en temps ils puissent accéder à un certain succès économique dans cette situation, on leur refuse toujours leur droit humain de base que sont la terre, la culture et une communauté authentiques.

Recommandations

Une considération sérieuse pour aller au-delà de l’histoire, de la nature et des effets du colonialisme sur les peuples indigènes du Canada de manière politico-économique aussi bien qu’au travers de la lorgnette psychologique et sociologique, ne pointe que dans une seule direction:

La solution au problème de dépendance psychologique et financière des nations premières envers l’état, fait qui trouve sa racine dans le colonialisme, est le retour des terres aux nations premières et le ré-établissement de la présence et de la connexion des nations premières sur leurs terres ancestrales.

C’est par la régénération de leurs communautés autour de pratiques culturels fondées sur la terre que les nations premières pourront reconstruire des existences socio-culturelles autonomes ainsi que des modes économiques auto-suffisants.

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La Commission Royale sur les Peuples Aborigènes (CRPA) a étudié et publié un rapport en 1996 sur le problème de la dépendance dans un contexte colonial. La recherche fut faite entre 1992 et 1996… Le rapport établit clairement que “l’autogestion aborigène ne sera qu’une farce sans une base raisonnable pour pouvoir obtenir une auto-suffisance économique.”

[…]

Le recouvrement de la santé mentale, de corps et d’esprit du point de vue indigène, ne peut être possible que dans le contexte d’une communauté forte, stable et en pleine santé. […]

Les gens doivent se reconnecter avec le terrain, avec la géographie, celle de leur héritage indigène s’ils veulent vraiment comprendre les valeurs de l’enseignement traditionnel, celles dispensées par leurs ancêtres s’ils veulent tirer une force et une substance qui soient indépendantes du pouvoir colonial et qui est régénérateur d’une existence indigène authentique et autonome.

[…]

Ainsi les effets mesurables des efforts collectifs de communauté sur ces objectifs devraient-être:

  1. La restauration de la présence indigène sur la terre et la revitalisation des pratiques liées à celle-ci
  2. Une plus grande confiance dans les régimes alimentaires traditionnels parmi les peuples indigènes
  3. La transmission de la culture indigène, des enseignements et de la connaissance spirituels de la terre entre les anciens et les jeunes
  4. Le renforcement des activités familiales et la ré-émergence de la culture et des institutions sociales indigènes comme autorités gouvernantes au sein des nations premières et
  5. Des initiatives et améliorations sur le court et long termes au niveau des économies durables de la terre, comme les économies primaires de base pour les communautés autochtones et comme économies de supplément pour les communautés indigènes urbaines

Le peuple doit regagner sa capacité à l’auto-suffisance afin de pouvoir subvenir à ses propres nourriture, habillement, logement et médicaments. Ce qui est ultimement important à la lutte pour la liberté est la reconstitution de nos propres corps affaiblis et malades et des relations de communautés accomplies au travers un retour vers les sources naturelles de nourriture et de la vie physique et dure de nos ancêtres.

Le retour à la terre traditionnelle et à des pratiques culturelle basées sur l’eau doivent être reconstitués comme la voie indigène de revitalisation par le mentoring, la compréhension des relations enseignement-apprentissage, qui établissent une véritable solidarité de développement communautaire.

[…]

L’exemple des familles Cree et leur expérience dans la Baie de James peut–être pris comme un modèle fonctionnant de mise en œuvre de survie culturelle dans le monde d’aujourd’hui et dans le futur (Tanner, 2009). Voici les trois éléments du “camp de brousse” saisonnier établissant de solides principes de base:

  1. Ré-établir une présence familiale sur la terre de manière saisonnière, cyclique, ou cérémonielle
  2. Fournir un soutien financier pour assister les familles à se maintenir elles-mêmes en utilisant des practiques de terroir traditionnelles et
  3. Restaurer la forme traditionnelle de communauté et l’enseignement culturel de la terre

[…] Nous devons finalement bien comprendre que la politique gouvernementale ne peut pas résoudre le problème indigène.

Les peuples indigènes qui sont en vie aujourd’hui ont réussi à survivre physiquement contre les abus d’un des pires régimes coloniaux de l’histoire. La survie en tant que nations et communautés demandent que nous agissions sur nos connexions profondes à la terre et notre héritage de résistance au colonialisme. Notre capacité à le faire a été sévèrement affectée par les pertes et les maux dont nous avons souffert à cause des forces négatives amenées dans nos communautés par les colons occupants et leur régime colonial.

C’est par l’action politique et sociale de défense de la terre et les droits politiques des nations premières que beaucoup d’indigènes colonisés regagnent la connaissance de leur histoire et de leur culture et la confiance de demander et d’affecter le changement dans leurs vies ainsi que dans la société au sens le plus large.

Comme le souligne Kirmayer et Valaskakis dans leur revue et comparaison des différentes stratégies de promotion mentale du bien-être et de la récupération psychologique des effets négatifs du colonialisme:

L’activisme politique et social peut-être un chemin vers la guérison. L’activisme fait passer l’attention du ‘blâme de la victime’ vers la reconnaissance de structures systémiques oppressives. L’engagement avec les aspirations d’une communauté ou d’un peuple offre un sens immédiat de but et de direction. Cela demande la construction de liens fonctionnels de la communauté pour développer une solidarité efficace à la fois individuelle et collective. Si cela a du succès, un tel activisme amène de grandes récompenses pas seulement en termes de reconnaissance sociale, de pouvoir et de ressources économiques, mais aussi en terme d’un sens renouvelé d’une agence individuelle et collective” (Kirmayer & Valaskakis, 2009, p.458).

Le message en provenance de l’enseignement traditionnel et de la recherche académique est consistant et ne peut être plus clair: Retour à la terre et réapprentissage du comment vivre de nouveau comme un indigène en accord avec les enseignements traditionnels originaux qui ont fait mieux que maintenir les peuples et la terre durant des millénaires. Même la cour suprême du Canada en commençant avec la décision dans l’affaire Delgamuukw et dans d’autres décisons depuis, a mandaté la protection des utilisations traditionnelles culturelles de la terre par les peuples indigènes. Ceci donne la base dans le système légal canadien pour un large mouvement politique, culturel et social afin de ré-affirmer la présence autochtone sur la terre. C’est cette voie qui génèrera une nouvelle réalité indigène pour les peuples des nations premières et les communautés au Canada.

Larbins de l’empire… La vraie mission de Fabius « le contaminateur » en Iran…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, santé with tags , , , , , , , , , on 20 août 2015 by Résistance 71

La vraie mission de “Mr Sang contaminé” en Iran

 

IRIB

 

19 Août 2015

 

url de l’article original:

http://francophone.sahartv.ir/infos/propos_du_jour-i1762-la_vraie_mission_de_m._sang_contaminé_en_iran_

 

La véhémence avec laquelle Laurent Fabius attaque, voire, insulte…

 

… la RII, que ce soit, dans le dossier nucléaire iranien ou via le fameux argument droit de l’Hommiste, ne fera pas oublier aux Iraniens le « crime » que fut le sien, dans les années 80, et que les Français, toujours, adeptes des euphémismes langagiers, appellent l' »Affaire du sang contaminé » . L’ex-Premier ministre socialiste, qui se targue d’avoir dressé les plus sérieuses entraves à un accord nucleaire entre l’Iran et l’Occident, qui est fier de servir de caisse de résonance aux intérêts de l’axe Riyad/Tel-Aviv, quand bien même cela irait à rebours des intérêts de la France, est  rappelons-le,  responsable de la contamination de 300 malades hémophiles iraniens par le virus VIH! sur un total de 300 hémophiles, devenus, ainsi séropositifs, 125 sont, déjà, décédés. Il pourra, tant qu’il le voudra se montrer soucieux des risques de prétendues dimensions militaires cachées du nucléaire iranien et réclamer qu’on châtie l’Iran, pour la faute non commise, n’empêche que M.Fabius est,  lui-même, le « fautif « qui a échappé à la justice nationale et internationale par des combines dont seule la justice française a le secret! Après près de 8 ans de relations tumultueuses irano françaises, le voilà M.  Fabius intéressé par l’Iran…. Non pas qu’il veuille, à l’instar de ses pairs allemands, italiens, autrichiens, polonais et autres, mettre à profit l’ouverture créée, dans la foulée de l’accord du 14 juillet. Non loin s’ en faut….

M Fabius,  les yeux, si intensément  tournés vers Tel-Aviv, qu’il ne voit  ni la France, ni son secteur industriel, ni son Peugeot..ni son  Renaut, et encore moins, son Total….  La presse libanaise donne Fabius investi d’une autre mission : Outre le fait de réitérer à ses hôtes iraniens la condition, sine qua non, à une reprise des liens Paris/Téhéran, qui est, évidemment, la reconnaissance d’Israël, l’intéressé aurait trois noms à livrer aux Iraniens : Il s’ agit, en effet, de trois candidats à la présidence, pour le moment, vacante du Liban, le même Liban, que la France a jeté en pâture aux hordes takfiries, là, encore, pour plaire aux Al-e Saoud ! « Ad-Diyar » souligne que cette mission, ce sont les saoudiens qui l’ont définie, pour le patron de la diplomatie française, lequel voue, d’ailleurs, une haine incommensurable à une grosse partie de la population libanaise,  pour cause de lien ou de sympathie envers le Hezbollah.

Ainsi, tiraillé entre Tel-Aviv et Riyad, Laurent, le contaminateur, n’aurait-il aucun temps à consacrer au pays, dont il est le représentant…tant pis, pour les entreprises françaises, qui rongent, depuis 2013, les freins, pour retrouver leur place perdue, sur le méga-marché iranien…C’est vrai que la France hollandaise a trop de sang yankee, dans les veines, pour être intéressée par autre chose que la vente d’armes aux Emirats du golfe Persique……