Attentat de Bangkok: Analyse géopolitique…

… répondant à la sempiternelle question en de telles tragiques circonstances: a qui profite le crime ? Excellente analyse de Tony Cartalucci à laquelle nous adhérons tout a fait.

— Résistance 71 —

 

Attentat à la bombe de Bangkok: Qui a des comptes à régler avec la Thaïlande ?

 

Tony Cartalucci

 

18 Août 2015

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2015/08/bangkok-blast-who-has-ax-to-grind-with.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’attentat à la bombe de Lundi soir ce 17 Août 2015, a tué une vingtaine de personnes et en a blessé plus de 100 autres ; cet attentat est à ce jour un des attentats les plus sanglants ayant frappé la capitale Bangkok de mémoire récente. L’attaque a ciblé un autel religieux très populaire parmi les touristes asiatiques, particulièrement venant de Chine, qui comprend maintenant le plus grand groupe démograhique de visiteurs de la Thaïlande chaque année. Il est très clair que l’attaque a été parfaitement coordonnée pour frapper le secteur économique de la Thaïlande, et fut montée spécfiquement contre un segment bien particulier du marché du tourisme thaïlandais. Les commentateurs ont admis qu’il y avait bien d’autres cibles présentant une plus grande concentration de touristes dans Bangkok, mais les terroristes ont frappé l’Erawan Shrine dans le centre de Bangkok afin de spécifiquement cibler le marché du tourisme asiatique.

Les médias occidentaux ont déà commencé à pirouetter et à créer des théories sur le qui a perpétré l’attaque, se focalisant d’entrée de jeu sur les groupes séparatistes musulmans des provinces du Sud de la Thaïlande, qui ont mené une insurrection de basse intensité dans ces provinces depuis plusieurs années. Beaucoup notent quand même que la violence ne se répand que très rarement en dehors de ces provinces et qu’elle n’a jamais été conduite à cette échelle, spécifiquement à Bangkok.

Le dictateur déposé Thaksin Shinawatra et ses supporteurs ont aussi été cités comme suspects potentiels. Tandis que les séparatistes du sud du pays n’ont jamais commis d’actes de violence à Bangkok, les suiveurs de Shinawatra, eux en revanche, l’ont fait à maintes reprises. Ils ont provoqué des émeutes qui ont tué deux boutiquiers en 2009. En 2010, ils ont investit les rues de Bangkok avec plus de 300 militants lourdement armés, déclanchant des batailles de rue qui ont laissé près de 100 personnes sans vie et qui culminèrent dans des actes de vandalisme au travers de la ville. Ils ont réinvestit les rues de Bangkok avec les mêmes terroristes en 2013-14 pour cibler les manifestations menées contre le régime Shinawatra. Le dernier épisode de cette saga faisant près de 30 morts et des centaines de blessés.

Bien qu’aucune attaque prise individuellement par les suiveurs de Shinawatra ne puisse rivaliser avec le carnage de Lundi, le nombre de morts total du carnage perpétré par ses militants entre 2010 et 2014, l’a dépassé et de loin.

Les médias étrangers ont aussi spéculé sur un lien avec des terroristes en provenance soit de la province chinoise du Xinjiang ou du soi-disant “État Islamique” (EIIL/EI), peut-être à cause du grand nombre de touristes chinois tués lors de l’attaque, et aussi parce que les terroristes en provenance de la province chinoise du Xinjiang ont été traffiqués par l’OTAN vers la Syrie pour qu’ils combattent dans les rangs de l’EIIL.

Il a aussi été précédemment rapporté que les Etats-Unis et leurs alliés ont soutenu les deux régimes Shinawatra cette dernière décennie (Shinawatra lui-même, puis celui de sa sœur par procuration…). Il a aussi été rapporté les liens américano-saoudiens avec les séparatistes du sud de la Thaïlande et les liens américano-turcs avec les séparatistes Ouïghours de Chine.

La politique étrangère des Etats-Unis servant de dénominateur commun entre les suspects possibles de cette attaque, on pourrait se demander alors “pourquoi la Thaïlande ?” quels griefs auraient les Etats-Unis contre la Thaïlande ?

Les pêchés mortels de la Thaïlande

Tandis que la Thaïlande est perçue par beaucoup comme un allié viscéral des Etats-Unis, ceci a ses origines au plus profond de la guerre froide et non pas dans la réalité moderne. Pendant la guerre du Vietnam, la Thaïlande s’est retrouvée au milieu d’un conflit régional des plus meurtriers et opta pour faire des concessions aux Etats-Unis plutôt que de les avoir à dos. La Thaïlande avait utilisé une stratégie similaire durant le seconde guerre mondiale pour mitiger la guerre avec le Japon au coût temporaire il est vrai de sa souveraineté. (NdT: Il y eut néanmoins une résistance populaire à l’occupation japonaise…)

Quoi qu’il en soit, récemment la Thaïlande a glissé hors du giron de Washington et pas seulement en termes de relations politiques, mais aussi dans le plus grand contexte des ambitions américaines en Asie et en particulier en ce qui concerne le plan de longue date d’encercler, de contenir et “d’intégrer” la Chine dans un “ordre international” façonné par les Etats-Unis.

En comprenant ce glissement, on peut parfaitement saisir ce que cela signifie en termes de moyens, de motivation et d’opportunité implicant les Etats-Unis dans la récente attaque terroriste.

(1.) L’establishment politique de la Thaïlande a résisté de manière régulière, a érodé et finalement viré le régime client marionnette des Etats-Unis de Thaksin Shinawatra après une décennie de chaos politique sans nom.

A la fin des années 1990, Shinawatra était un conseiller de l’entreprise privée américaine et tristement célèbre du Carlyle Group (NdT: dont le frère de Sarkozy est un cadre, directeur exécutif depuis quelques années…) se décrivant lui-même comme un grand ami de la dynastie politique de la famille Bush. Il promit lors de sa prise de pouvoir en tant que premier ministre de la Thaïlande qu’il continuerait de servir d”entremetteur entre les intérêts des Etats-Unis et les ressources de la Thaïlande. En 2001, il privatisa les ressources et l’infrastructure de son pays, y compris le conglomérat pétroliwer de la nation : PTT, qui fut vendu à des intérêts étrangers incluant des compagnies pétrolières étrangères comme Chevron, Exxon (NDT: intérêts Rockefeller) et la Shell (NdT: intérêts Rothschild)

En 2003, Shinawatra accepta d’envoyer des troupes de l’armée thaïlandaise pour l’invasion en Irak, malgré de violentes protestations à la fois de l’opinion publique thaïe et de l’armée elle-même. Shinawatra fut aussi instrumental dans l’autorisation donnée à la CIA d’utiliser le territoire national pour son horrible programme d’enlèvement-torture dans le réseau de prisons secrètes à travers le monde (NdT: trois pays ont reconnu avoir abrité les “sites noirs” secrets de la CIA: la Thaïlande, la Pologne et la Lithuanie…).

En 2004, Shinawatra essaya de faire passer en force un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et la Thaïlande (le FTA) sans aucun accord du parlement, soutenu par le conseil du commerce USA-ASEAN (NdT: l’ASEAN ou Association of South East Asian Nations est un partenariat politico-commercial entre les différents pays de la région, créée en 1967 et comprenant outre la Thaïlande, la Malaisie, Singapour, la Birmanie (Myanmar), l’Indonésie, le Cambodge, le Laos, le Brunei, les Philippines et le Vietnam), qui accueillit le leader des “chemises rouges” partisans de Shinawatra et de son nouveau parti politique l’UDD juste avant les élections de 2011 qui mirent la sœur de Thaksin, Yingluk Shinawatra, au pouvoir. Celui-ci fut reçu à Washington D.C

Depuis le premier coup visant le régime de Thaksin Shinawatra en 2006, celui-ci a été représenté par les élites entrepreneuriales et financières des Etats-Unis au travers de firmes de lobbying incluant: Kenneth Adelman of the Edelman PR firm (Freedom House, International Crisis Group,PNAC), James Baker of Baker Botts (CFR, Carlyle Group), Robert Blackwill (CFR) of Barbour Griffith & Rogers (BGR), Kobre & Kim, Bell Pottinger (and here) and currently Robert Amsterdam of Amsterdam & Partners (Chatham House).

De 2006 à aujourd’hui, les cercles politiques et médiatiques occidentaux ont toujours présenté Shinawatra et sa clique de politicards par procuration sous le plus beau des jours. Ceci incluant l’utilisation des organisations sus-mentionnées, de la NED (NdT: cette même vitrine de la CIA qui vient de se faire virer de Russie, officine qui organise la 5ème colonne des ONG œuvrant pour la CIA et le ministère des AE états-uniens dans les pays non favorables à la politique yankee. Notons au passage que les supporteurs du criminel Shinawatra sont appelés “chemises rouges”, comme au plus beau temps des révolutions “colorées” organisées par cette même NED, paravent de l’USAID et de la CIA…), pour financer et soutenir les ONG et les universitaires en Thaïlande qui soutiennent rhétoriquement Shinawatra et qui servent de constante source de subversion socio-politique visant la classe gouvernante en Thaïlande.

Il est devenu très clair après la nomination récente comme nouvel ambassadeur US en Thaïlande de Glyn Davies, un ancien diplômé de l’école de guerre US se spécialisant dans l’utilisation de la force non militaire pour renverser l’ordre socio-politique d’une nation cible, que les Etats-Unis sont parfaitement décidés de remttre Shinawatra au pouvoir en Thaïlande.

(2.) La classe dirigeante thaïlandaise dans la foulée de l’expulsion du régime Shinawatra, a poursuivi son propre agenda de politique étrangère, en particulier celui de s’aligner plus précisément sur la Chine.

Depuis que le coup de 2006 a mis en fuite Shinawatra et que le coup de 2014 ait finalement commencé le processus de déraciner son réseau politique entier, la Thaïlande s’est considérablement déplacée hors de l’”American Pacific Century” et vers la Chine montante. En termes de coopération militaire, la Thaïlande a invité la Chine à participer pour la première fois à son exercice militaire annuel du Cobra d’Or, qui fut auparavant une exercice n’impliquant que les forces thaïlandaises et états-uniennes. La manœuvre a reflété cette année le basculement de la politique étrangère de la Thaïlande, l’inclusion de la Chine marquant la reconnaissance par Bangkok de la puissance montante de Pékin dans les affaires régionales.

Tandis que la Thaïlande est souvent accusée de n’avoir qu’un arsenal militaire 100% américain, il convient de dire que la plupart de son matériel américain devient sérieusement obsolète, incluant ses chars M60. Avant le coup d’état de l’OTAN en Ukraine, la Thaïlande tenta de se procurer des chars T-84 à Kiev. Elle possède aussi environ 400 transporteurs de troupe blindés chinois de modèle 85 et plus de 200 transporteurs de troupe ukrainiens BTR-3 en complément de ses transporteurs fossiles américains M113.

Chose peut-être la plus signifiante est le plan de la Thaïlande de se procurer une petite flotte de sous-marins d’attaque chinois à gasoil de type 039A. Dans son article de Defense News « Thai Chinese Sub Buy Challenges US Pivot, » il y est dit: “La volonté de la Thaïlande d’acheter des sous-marins chinois a exacerbé les tensions avec les Etats-Unis et ceci pose un défi au pivot de Washington vers le Pacifique.

“La junte militaire qui fit un coup en Mai 2014 et créa le National Council for Peace and Order, pourrait se tourner vers la Chine pour un soutien et une coopération politique et militaire, ont dit des analystes. Le cabinet de la junte a approuvé l’achat de trois sous-marins d’attaque de type 039A (Yuan) début Juillet.”

Il est clair que la Thaïlande est entrée dans le processus de s’échapper graduellement de l’emprise et de l’hégémonie américaine sous laquelle elle se trouvait depuis des années, avec le récent dégagement du régime Shinawatra, ainsi que son renforcement des liens avec la Chine, créant un sentiment de désespoir presque palpable concernant l’hégémonie américaine en Asie.

(3.) La classe dirigeante thaïlandaise refuse de prendre part à la stratégie de la tension américaine dans la région de la Mer de Chine méridionnale

Une partie du “pivot vers l’Asie” des Etats-Unis était de créer un conflit en Mer de Chine du Sud entre Pékin et des nations d’Asie du Sud-Est. En créant une crise sécuritaire en Asie du Sud-Est, les nations membres n’auraient pas été capables de la résoudre seules, ansi les Etats-Unis avaient anticipé que l’ASEAN accentuerait sa dépendance politique et militaire envers l’Occident. Des nations incluant le Japon et les Philippines ont choisi de marcher dans ce conflit comme un seul homme, s’étendant politiquement, militairement et économiquement pour confronter et contenir la Chine tout en maintenant l’hégémonie régionale des Etats-Unis.

D’autres nations incluant le Vietnam, la Malaisie et l’Indonésie se sont introduites dans le conflit, mais souvent avec un plus grand équilibre entre Pékin et Washington. La Thaïlande aussi a essayé d’éviter le conflit. Le quotidien “the Nation” dans son article « Thailand walks a tightrope on South China Sea, » rapportait:

La visite très attendue de toutes les branches de l’armée thaïlandaise via ses officiers supérieurs en Chine récemment, la première depuis 15 ans, fut une démonstration envoyant un message très fort aux Etats-Unis et à la région, au Cambodge en particulier, que les liens de défense et de sécurité sino-thaïs sont solides comme l’acier et ne doivent pas être soumis à quelque spéculation que ce soit.

En essence, la Thaïlande sert de gendarme couché au sein de l’ASEAN empêchant le bloc supranational d’adopter une attitude plus belliqueuse face à la Chine en regard des tensions en Mer de Chine du Sud. Ceci a obligé les proxies des Etats-Unis à agir plus unilatéralement contre la Chine que soutenus par un front collectif US-ASEAN, front qui fut envisagé pendant des décennies par la politique étrangère américaine.

La Thailande: une fissure dans “la grande muraille de l’ASEAN” américaine

Depuis la guerre du Vietnam, il est devenu clair que la politique étrangère américaine en Asie s’est développée pour contenir la Chine et “l’intégrer” dans un “ordre international” que les faiseurs de politique américains admettent être un ordre créé par l’Occident pour l’Occident. Ce fut parmi les fameux “papiers du pentagone” fuités que ceci fut explicité sans équivoque possible, mettant ainsi en scène la politique étrangère pour les décennies à venir.

Les papiers contenaient trois citations importantes à ce sujet, la première disant:

La décision de Février de bombarder le Nord-Vietnam et l’approbation en Juillet de la Phase I du déploiement des troupes n’ont un sens que si cela est en soutien d’une politique de long-terme des Etats-Unis de contenir la Chine.

Ils disent aussi:

La Chine, comme l’Allemagne en 1917, l’Allemagne en Occident et le Japon en Orient à la fin des années 1930 et comme l’URSS en 1947, est potentiellement une grande puissance menaçant de miner notre importance et notre efficacité dans le monde et plus difficilement mais plus dangereusement, d’organiser l’Asie contre nous.

Finalement, ils soulignent l’immense théâtre régional dans lequel les Etats-Unis étaient engagés contre la Chine en déclarant:

“… Il y a trois fronts pour un long effort de contenir la Chine (comprenant que l’URSS “contient” la Chine au nord et au nord-ouest): a) le front Japon-Corée; b) le front Inde-Pakistan; c) le front de l’Asie du Sud-Est.

Le complot pour encercler et contenir la Chine a son origine dans les “papiers du Pentagone” de 1967 et sera réaffirmé au travers des décennies dans différents papiers successifs de la politique étrangère US. En 1997, le stratège politique connu Robert Kagan, co-auteur de multiples plans de guerre mettant en scène une agression américaine extra-territoriale, a écrit un article dans le magazine Weekly Standard intitulé: « What China Knows That We Don’t: The Case for a New Strategy of Containment. » Dans cet article, Kagan révèle que les Etats-unis poursuivent une stratégie de contrôle de la Chine et dit que : “L’ordre mondial actuel sert les besoins des Etats-Unis et de ses alliés, qui l’ont construit. Cet ordre ne convient que pauvrement à une dictature chinoise essayant de maintenir son pouvoir chez elle et de le développer à l’extérieur. Les leaders chinois grognent aux restrictions qu’ils subissent et sont concernés du fait qu’ils vont devoir changer les règles du système international avant que le système international ne les change.

Il continue en expliquant comment les Chinois perçoivent de manière correcte les Etats-Unis comme utilisant l’Asie du Sud-Est comme un front uni contre Pékin:

Mais les Chinois comprennent parfaitement les intérêts des Etats-Unis, peut-être même mieux que nous. Tandis qu’ils se félicitent de la présence américaine comme d’un frein au Japon, la nation dont ils ont le plus peur, ils peuvent clairement voir que les efforts diplomatiques et militaires des Etats-Unis dans la région limitent sévèrement leur propre capacité de devenir le grand dominateur de cette région du monde. D’après Thomas J. Christensen, qui a passé plusieurs mois à s’entretenir avec des analystes militaires et du gouvernement civil chinois, les leaders chinois se préoccupent du fait qu’ils “vont jouer Gulliver chez les Lilliputiens d’Asie du Sud-Est, les Etats-Unis fournissant les cordes et les piquets.

De fait, les Etats-Unis bloquent les ambitions chinoises simplement en soutenant ce que nous appelerions les “normes internationales” de conduite. Christensen note que les penseurs stratégiques chinois considèrent “les plaintes contre les violations de la Chine des normes internationales” comme faisant partie “d’une stratégie intégrée de l’Occident, menée par Washington, pour empêcher la Chine de devenir une grande puissance mondiale.

L’article de Kagan représentait bien plus que ses propres observations. La politique de contenir la Chine en protégeant la puissance américaine et son influence à travers les périphéries de la Chine, incluant le Pakistan, l’Inde, le Myanmar, la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines, le Japon et la Corée du Sud devait devenir un thème récurrent dans la publicaton de 2006 « String of Pearls: Meeting the Challenge of China’s Rising Power across the Asian Littoral, » rapport qui fut publié par le Strategic Studies Institute.

Le rapport figurait une carte indiquant la “rangée de perles” de la Chine, un couloir géostratégique que les Etats-Unis auraient besoin de perturber afin de contrioler le développement de la Chine. (NdT: la carte figure dans l’article original en anglais)

Au-delà de la Thaïlande, une subversion politique financée par le ministère des affaires étrangères américain, un terrorisme de basse intentité se trouvent dans ce couloir, avec des fronts politiques financés par la NED et leurs branches terroristes tentant de troubler le port chinois de Gwadar au Balouchistan, le Pakistan, ainsi que les supporteurs de Aung San Suu Kyi au Myanmar financés par la NED (NdT: donc la CIA) qui tentent de renverser le gouvernement birman aligné sur la Chine, cela passe aussi par la Malaisie avec ses voyous de rues du Bersih soutenus également par la NED et son leader Anouar Ibrahim, jusqu’à la Mer de Chine du Sud où le commandement américain du sud-pacifique agite directement les relations dans cette région.

La plus récente affirmation des plans américains contre la Chine vient sous la forme d’un article co-écrit par Robert Blackwill du CFR, un administrateur et un lobbyiste de l’ère Bush pour Thaksin Shinawatra. Dans son article du CFR intitulé: « Revising U.S. Grand Strategy Toward China, » il dit:

Parce que l’effort américain pour “intégrer” la Chine dans l’ordre international libéral a maintenant généré de nouvelles menaces à la primauté des Etats-Unis en Asie pouvant résulter en un défi subséquent pour la puissance américaine globalement, Washington a besoin d’une nouvelle grande stratégie envers la Chine qui se concentre sur l’équilibrage de la montée de la puissance chinoise plutôt que de continuer à l’assister. Ce n’est pas une coïncidence si les parlementaires américains en charge de trouver des stratégies de confinement de la Chine servent aussi de lobbyistes pour les régimes clients des Etats-Unis en Asie du Sud Est, afin d’aider à la mise en place de cette “grande stratégie”.

L’attentat de Bangkok se situe au sein d’une lutte bien plus grande

Ainsi, l’attentat à la bombe de Bangkok, qu’il ait été perpétré par le régime Shinawatra soutenu par les Etats-Unis, ou par des terroristes liés à l‘Arabie Saoudite en provenance des provinces du sud ou de terroristes que les Etats-Unis ont importé de Tchétchénie, du Moyen-Orient ou de la province du Xinjiang où les Etats-Unis essaient de fomenter une autre insurrection violente, a été un acte de coercicion pour faire dévier la Thaïlande de sa propre politique étrangère et la ramener dans le giron de la politique étrangère états-unienne.

En termes de coopération militaire, de commerce et de liens politiques, la Thaïlande n’est pas la seule nation qui essaie d’échapper à l’emprise de l’hégémonie américaine. La Malaisie et le Myanmar se sont battus et se battent encore contre des proxies des Etats-Unis. Si un ou plus de ces états devaient échapper totalement au giron, ceci créerait un effet en cascade qui aurait pour résultat de faire s’effondrer la “grande muraille de l’ASEAN” américaine.

Pour les BRICS, une alliance géopolitique faisant la promotioon de l’émergence d’un monde multipolaire, ils doivent reconnaître la lutte de l’ASEAN pour sortir de l’hégémonie occidentale et les assister ne serait-ce qu’au moyen des médias, exposant au monde les liens entre les Etats-Unis, leurs alliés et les organisations terroristes régionales utilisées pour terroriser lorsque les manifestations manipulées sont impossibles.

Pour les états de l’ASEAN eux-mêmes, ils doivent résister au désir profond de capituler devant le terrorisme et soutenir les nations voisines dans leur volonté de préserver leur souveraineté nationale.

Il est clair de voir qui a des griefs contre la Thaïlande. La seule question qui demeure est de savoir la taille de la hache qui est brandie et combien de fois elle va s’abattre sur le Thaïlande avant que ceux qui la brandissent puissent être désarmés.

3 Réponses to “Attentat de Bangkok: Analyse géopolitique…”

  1. JBL1960 Says:

    Ben pour le moment, rien n’arrête le bras porteur de la hache !

    • Non mais le fait d’en parler, de mettre les choses au grand jour font changer les mentalités et les gens sont de moins en moins dupes… Viendra ensuite le moment de réaction à un moment ou un autre. C’est ce que dit Cartalucci à la fin.
      La vérité nous libère, la suite coulera de source…

  2. Et d’ailleurs, je me permets de vous coller un article ancien d’entrefilets.com sur l’attitude d’Oblabla au moment de la vraie-fausse attaque chimique de La Ghouta qui fut mon propre déclencheur ; http://www.entrefilets.com/risque%20de%20paix%20la%20derniere%20chance%20d%20obama.html C’est intéressant de le relire aujourd’hui. Quelle fine analyse, si prémonitoire.

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