Aux sources du colonialisme occidental: L’usurpation des terres de l’empire fondée sur les prérogatives données à Colomb et consolidées par les bulles papales de 1493

Nous l’avons dit et le répétons: L’empire actuel n’a aucune validité légale territoriale. Pour la première fois de l’histoire, l’empire est sans terre, il est temps de s’en rendre compte et de mettre fin à cette supercherie et aux crimes engendrés depuis le XVème siècle. Les peuples natifs et originels de l’Île de la Grande Tortue ont besoin de l’appui des occidentaux émancipés de l’idéologie coloniale pour qu’ensemble nos  reprenions nos vies et la planète en main dans l’intérêt commun.

La seule solution au Nouvel Ordre Mondial, qui s’impose par la force est de se tenir debout, la main dans la main avec nos frères aborigènes de tous les continents. L’oligarchie est au bout du rouleau et elle le sait. Aidons ceux qui luttent contre le terrorisme depuis 1492 ! La Terre-Mère nous le rendra au centuple !

— Résistance 71 —

 

Terres sacrées apaches, métaphores et le sénateur John McCain

 

Steven Newcomb

 

17 Août 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/08/17/sacred-apache-lands-metaphors-and-senator-mccain

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Sur la base de la bigoterie chrétienne, du racisme, et du dominium (domination) des générations antérieures, les Etats-Unis se sont arrogés la permission et se l’arrogent toujours de prendre pour eux-mêmes et pour les entreprises commerciales de leur choix, les terres, territoires et ressources naturelles de nos nations et peuples originels. Nos voyons ceci aujourd’hui se dérouler devant nos yeux avec l’affaire des terres sacrées apaches en Arizona, des terres sacrées que les Etats-Unis ont déclaré être la “Tonto National Forest” dont une partie appelée Oak Flat, est maintenant programmée pour un projet d’extraction minière de cuivre. Cet exemple démontre une fois de plus ce qu’est le jeu de cette société fondée sur la domination que sont les Etats-Unis: utiliser créativement des métaphores pour étendre leur contrôle du territoire afin d’avoir accès et de profiter au maximum des ressources naturelles et de toutes choses de valeur se trouvant sur les territoires de nos nations originelles.

Faire des métaphores implique de nommer une chose par un nom qui appartient à quelque chose d’autre ou penser à une chose en termes de quelque chose de différent. Le philosophe du droit Steven L. Winter a dit que pour nous humains, “les métaphores sont notre façon d’avoir une réalité.” Mon ancien professeur C.A. Bowers a montré que les métaphores font avancer et maintiennent dans notre époque les idées problématiques (erronées, mal interprétées) du passé. Les Etats-Unis ont utilisé et continuent d’utiliser des métaphores pour créer une réalité du présent dans laquelle nos nations originelles sont maintenant attendues de vivre “recluses” (ce qui est en soi déjà une métaphore…)

Le peuple des Etats-Unis doit toujours comprendre et admettre la réalité de domination que les Etats-Unis ont construite comme moyen de tenir nos nations et peuples originels dans une forme de “captivité sémantique”, au nom d’un précédent politique et légal.

Un exemple de telles manipulations rendues possibles par les métaphores et une telle captivité sémantique est l’accord pour le moins douteux auquel est parvenu en décembre dernier le sénateur républicain de l’État d’Arizona John McCain (NdT: la même ordure néo-con va t’en guerre qui chante en public “bombardons, bombardons l’Iran” et qui a déclaré il y a quelques mois “être en contact permanent avec les rebelles/terroristes en Syrie”…) et quelques uns de ses acolytes du congrès US. Ils ont fait rajouter en catimini une provision, section 3003, dans la National Defense Authorization Act (NdT: NDAA, loi liberticide passée par le congrès…), sur le tard avant que la loi ne soit votée tard dans la nuit. La provision permet une subtilisation des terres sacrées apaches en Arizona pour les donner à une énorme transnationale minière: Rio Tinto (NdT: L’entreprise est un énorme conglomérat minier anglo-australien dont le QG est à Londres. L’entreprise fut rachetée en 1873 au gouvernement espagnol. Rio Tinto veut dire “Rivière Rouge” en espagnol. Elle est active sur tous les continents mais concentre ses activités minières essentiellement sur l’Australie et le Canada, sur les terres volées aux nations aborigènes. Ses liens avec la City de Londres et Wall Street sont très développés…) et sa succursale du cuivre: Resolution Copper. Se focaliser sur de telles entités colonisatrices nous amène à la racine du terme “colon”, qui peut-être pensée comme étant un énorme système digestif, celui d’un corps envahisseur (corpo), qui a l’intention de dévorer, d’assimiler, de digérer (de profiter) les territoires des nations originelles de ce continent.

Le mot “colon” peut–être divisé en “colo”, qui mène à l’imagerie métaphorique de “filtration des impuretés dans le processus de l’extraction minière (digérer).” Métaphoriquement, un processus “digestif” de l’extraction minière du sol, pour l’accumulation de richesse et de pouvoir, ceci est le contexte sous-jacent et le but des opérations de colonisation engagées par les entreprises comme Rio Tinto et Resolution Copper.

En ce qui concerne les terres sacrées d’Oak Flat, que Resolution Copper va détruire et “digérer” pour le profit, il en vient à la question de savoir qui a le droit de contrôle (subjuguer et dominer) le sol et d’en extraire la richesse. En remontant les systèmes politique et légal des Etats-Unis et de l’Arizona jusqu’à la source de l’empire espagnol, ceci révèle l’extension de ces métaphores déshumanisantes et dominantes créées il y a des siècles et qui continuent d’être maintenues par les Etats-Unis contre nos nations originelles dans le temps présent. Les anciennes idées au sujet des relations entre “le sol”, “la terre” et les nations originelles continuent d’être profondément d’influence en notre époque, spécifiquement en termes judiciaires, législatifs, exécutifs et d’attitudes entrepreneuriales envers nos nations originelles.

Quelques-unes de ces idées et attitudes colonisantes passées au sujet des relations entre “le sol” et les nations natives libres et indépendantes (“sauvages et nomades”), furent exprimées dans un rapport écrit en 1849 par William Carey Jones. Mr Jones fut nommé par le ministre des affaires étrangères des Etats-Unis et le sécrétariat à l’intérieur pour enquêter et rapporter sur la nature des titres fonciers dans la vaste zone couvrant le traité de Guadalupe Hidalgo, une zone dont ce qui est appelé l’Arizona fait partie. (NdT: ce traité fut signé le 2 Février 1848 et mit fin à deux ans de guerre entre les Etats-Unis et le Mexique. Les Etats-Unis annexèrent près de la moitié du “territoire” mexicain – terres aborigènes également ne l’oublions pas, volées préalablement par la couronne d’Espagne – dont la Californie, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Nevada et l’Utah. 90% de la population “mexicaine” de ces territoires choisît alors de devenir américaine…)

A un moment donné dans son rapport, Jones dit ceci: “En ces tribus sauvages et nomades la loi espagnole ne reconnaît aucun titre de propriété de la terre que ce soit.” Ceci est une attitude métaphorique datant de siècles en arrière, que Jones applique aux nations natives, incluant la nation apache, en 1849. Cette attitude est toujours maintenue aujourd’hui par le sénateur McCain et les autres membres du congrès des Etats-Unis en ce qui concerne les terres sacrées apaches d’Oak Flat. La doctrine stipulant que la loi espagnole ne reconnaît pas de titre sur la terre en ces nations “sauvages et nomades” existantes libres et indépendantes, peut-être tracée à au moins deux sources anciennes de droit fondamental sur lequel se repose toujours les Etats-Unis aujourd’hui.

1) Les prérogatives royales accordées à Cristobal Colón par la reine Isabelle et le roi Ferdinand de Castille.

et

2) Les bulles pontificales du Vatican émises par le pape Alexandre VI en 1493.

Ces deux documents peuvent-être trouvés dans l’American Charters Constitutions and Organic Laws 1492-1908, de Francis Newton Thorpe, “Compiled and Edited under the Act of Congress of June 30, 1906.” Ces deux documents peuvent aussi être trouvés dans le Federal and State Constitutions Colonial Charters and Other Organic Laws of the United States, d’abord publié en 1877 par ordre des prédécesseurs de McCain au sénat des Etats-Unis. Ces deux livres furent publiés à Washington D.C par l’imprimerie nationale des Etats-Unis et ces deux livres tracent la loi organique américaine aux prérogatives données à Christophe Colomb (celles de “découvrir et de conquérir”) et à une version latine d’un des décrets pontificaux de 1493.

Les manœuvres législatives menées par le sénateur McCain sur la base des publications ci-dessus mentionnées, démontrent comment les Etats-Unis continuent d’appliquer dans les zones du traité de Guadalupe Hidalgo, la loi fondamentale des Etats-Unis, à savoir, les prérogatives en provenance de Colomb et les bulles pontificales de 1493. Ces documents, incluant leur langage de domination, servent de contexte de couverture légale pour la provision ajoutée par le congrès en regard des endroits sacrés de la nation Apache. Ces documents ont servi de base pour regarder la loi espagnole comme ne reconnaissant pas de titre de propriété du sol aux nations natives et en l’occurence à la nation Apache. Les Etats-Unis sont les successeurs de cette vision de ce qui est nommé les “tribus sauvages et nomades” existant dans la zone du traité de Guadalupe Hidalgo.

Les deux livres ci-dessus mentionnés, publiés par le congrès des Etats-Unis au travers de l’imprimerie nationale du gouvernement, sont là pour rappeler à quiconque l’existence de ces documents qui forment la base des lois fondamentales des Etats-Unis. Ces sources nous permettent de voir que les schémas idéologiques de domination trouvés dans les prérogatives données à Christophe Colomb ainsi que les bulles pontificales du XVème siècle, sont toujours maintenues aujourd’hui même par les Etats-Unis comme la base de la réalité existante pour nos nations originelles en regard de la loi américaine et de la politique des Etats-Unis.

Le commentaire subtil de C.A. Bowers au sujet des métaphores du passé continuant les idées et les attitudes des temps anciens nous permet de focaliser notre attention sur un point clef: Les concepts de domination et de déshumanisation du XVeme siècle, imbriqués dans la loi américaine existante, sont toujours utilisés aujourd’hui pour créer une forme subjective de la réalité pour nos nations et peuples originels de ce continent. Ces conceptions sont appliquées à la nation Apache en 2015 en ce qui concerne leurs terres sacrées d’Oak Flat. C’est sur cette base que les terres sacrées apaches sont appelées “terres publiques” des Etats-Unis.

8 Réponses to “Aux sources du colonialisme occidental: L’usurpation des terres de l’empire fondée sur les prérogatives données à Colomb et consolidées par les bulles papales de 1493”

  1. JBL1960 Says:

    En relisant le lien vers Abolir l’empire: Mouvement pour la répudiation de la doctrine chrétienne de la découverte Je suis certaine d’avoir bien agi en reniant mon baptême et de l’avoir fait en récusation de la Doctrine de la Découverte et des bulles papales. Je ne pense pas que finalement beaucoup de gens se soit saisie de cette possibilité mais elle a le mérite d’exister et vous avez accepté de la promouvoir ce dont je vous remercie. Certains cherchent des solutions politiques et interrogent le monde en se tenant la tête ! Pourtant ce que nous proposons est simple et va droit au but ; En demandant le reniement de son baptême (puisque se déclarer athée ne suffit pas quand on a été baptisé) et le faire en récusation de la doctrine de la découverte est, à mon sens, le seul et tangible moyen de faire abolir cette doctrine sur laquelle de 1493 à ce jour les Zunies, mais pas qu’eux, s’appuie pour nous imposer le NOM. Je n’ai pas besoin de vous dire que je suis tout à fait d’accord avec votre préambule. Merci de faire le lien entre MNN, ICT, et nous simple citoyen du monde. Il semble que vous soyez lu en Afrique, en Australie, j’espère que ces propos trouveront l’écho nécessaire à une propagation de grande ampleur afin de fissurer les fondations de ce NOM, le faire tomber et nous permettre d’initier la construction d’un nouveau paradigme. Merci à vous R71 ; Nous seulement vous m’avez « réveillée » mais jour après jour j’essaie de tirer le meilleur de mes réflexions en m’appuyant sur vos traductions, sur vos articles. Je ne sais pas si je verrais un résultat de mon vivant, et ce n’est pas grave, je sais où je vais, grâce à vous, et je sais où je ne veux plus être ; ce qui est le plus important. Fraternellement, Jo

    • oui, nous sommes de plus en plus lu en Afrique. Le retour aux sources des sociétés traditionnelles non-étatiques, libres et égalitaires, quelles qu’elles soient, adaptées à la vie actuelle, est la seule solution aux crimes perpétuels commis par l’oligarchie dominante et exploiteuse. Cela passe par un « éveil » qui mènera indubitablement à l’action émancipatrice…
      L’humanité y (re)viendra, c’est l’évidence même…

  2. JBL1960 Says:

    Oups, il faut lire « et je sais où je ne veux plus être ».

  3. Le sénateur va t’en guerre McCain pourchassé par un groupe Diné/Navajo en Arizona !…

    • JBL1960 Says:

      Juste retour des choses ! C’est gens qu’on contient comme du bétail sont chez eux ! Chez eux… Perso, j’adore le son de l’instrument qui accélère au fur et à mesure de la poursuite. On se croirait dans un film, et non, c’est la vrai vie…

  4. C’est ce genre d’info qui font craindre le pire car on a l’impression sans cesse de revenir en arrière. Les zélites mondiales et spécialement zuniennes (c’est normal pour la nation exceptionnelle) ne savent faire que cela ; rappelez-vous Rotchild finançant les 2 parties des présences en conflit sous Napoléon. Puis Rockefeller finançant Hitler. Les vrais maîtres de l’univers (pensent-ils) sont les Banksters ! http://www.voltairenet.org/article188466.html

    • Et oui… la boucle se boucle… Webster Tarpley fut l’historien américain qui a établi en premier la connexion ente Obama et Goldman Sachs… avant, après tout est à l’avenant.
      Une fois de plus il suffit de se lever, en masse et de dire à ces guignols: « C’est fini, on ne joue plus ! a partir de maintenant, voilà comment çà va se danser.. » et tout s’arrêtera…
      comme par enchantement…
      Ils ne sont « grands » que parce que nous sommes à genoux disait l’autre… grande vérité !

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