Résistance au colonialisme: Loi sur les Indiens de 1876 au Canada toujours en vigueur aujourd’hui… « L’Indien est une non-personne du Canada »…

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

La philosophie de la loi sur les Indiens (Indian Act, Canada)

 

Allen Sutherland (nation Skownan, Manitoba)

 

Novembre 2011

 

url de l’article original:

http://whitespottedhorse.com/index.php/did-you-know/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Vous dites être le père et que je suis votre fils. Nous disons, nous ne serons pas comme père et fils, mais plutôt comme des frères. Cette ceinture Wampum confirme nos paroles. Ces deux rangées vont symboliser nos deux vies ou nos deux vaisseaux, descendant la rivière ensemble. L’un est un canoë d’écorce de bouleau et représente Onkwe’hon:we, leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre ; l’autre, un navire représentant le peuple blanc avec leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre. Nous voyagerons ensemble sur la rivière, côte à côte, mais chacune dans son embarcation. Aucun de nous ne fera des lois obligatoires ou n’interférera dans les affaires intérieures de l’autre. Aucun de nous n’essaiera de diriger l’embarcation de l’autre.”

“Aussi longtemps que le soleil brillera sur cette terre sera le temps de durée de NOTRE accord, aussi longtemps que l’eau coulera et aussi longtemps que l’herbe demeurera verte à certaines périodes de l’année. Maintenant nous avons symbolisé cet accord qui nous liera pour toujours aussi longtemps que notre terre-mère est toujours en mouvement.”

Traité Wampum Deux Rangées entre le peuple Rotinoshonni (iroquois) et le peuple hollandais de 1613

 “Je suis un homme rouge. Si le Grand Esprit avait voulu que je sois blanc, il m’aurait fait de la sorte en première instance. Il a mis dans votre cœur certains désirs et certains plans, dans mon cœur il a mis d’autres désirs et plans. Chaque Homme est bon à sa vue. Il n’est pas nécessaire pour les aigles d’être des corbeaux.”
– Sitting Bull Hunkpapa Sioux (
Tatanka Iyotake)

 

Législation raciale concernant les premiers peuples du Canada– L’Indian Act ou Loi sur les Indiens

 

La législation gouvernementale passée et présente sur les Indiens a été ciblée sur l’assimilation. Au XIXème siècle, le but du gouvernement était de faire disparaître du Canada toute la culture des peuples et nations autochtones.. Il était attendu que les peuples indigènes seraient assimilés, ce qui voulait dire qu’ils abandonneraient leur propre culture, leurs langues, leurs croyances, leur identité et leurs droits légaux pour vivre et se comporter tout comme les colons britanniques et canadiens.

Mais les premières nations du Canada n’avaient aucune intention d’abandonner leur appartenance nationale, leur culture ou de mourir et disparaître pour le bénéfice du gouvernement colonial.

Avant 1850, la législation indienne était incomplète, n’était que des bribes légales virtuellement inapplicables. Apres 1850, deux objectifs principaux émergèrent:

  • 1- la protection des Indiens des éléments destructeurs de la “société blanche jusqu’à ce que le christianisme et l’éducation (chrétienne) se situent à un niveau acceptable et
  • 2- La protection des terres indiennes jusqu’à ce que les Indiens soient capables de les occuoer et de les protéger de la même manière que tout autre citoyen.

A ces fins, les lois sur la terre de 1850 et de civilisation et de mise sous tutelle de 1857 furent cadrées de manière méticuleuse. Leurs provisions principales, du moins dans l’intention si pas toujoirs dans la lettre, formèrent la fondation pour toutes les législations sur les Indiens d’après 1867.

La grosse partie hideuse et cachée de l’histoire candienne est la loi sur les Indiens (Indian Act) de 1876 et son héritage qui perdure aujourd’hui. L’indian Act fut utilisé comme l’inspiration des politiques d’apartheid en Afrique du Sud et certains diront de Palestine, parmi bien d’autres dans le monde.

Elle fut votée en 1876, pourtant plus d’un siècle plus tard, elle n’a pratiquement pas changée ni dans le ton ni dans ses directions. C’est une entrave douloureuse aux peuples autochtones dont elle contrôle la destinée et est un véritable embarras pour la nation du Canada ; son abandon a été le sujet d’un débat perpétuel ces 50 dernières années. Pour quiconque a lu cette loi une dizaine de minutes, l’existence même d’une telle pièce législative doit demeurer une source d’étonnement et de désarroi. Et pourtant elle persiste, et perdure. Peu de Canadiens savent de quoi il retourne dans cette loi. Bien que son développement dans la seconde partie du siècle dernier est un des épisodes les plus extraordinaires de l’histoire du Canada et les Canadiens demeurent totalement ignorant de tout cela de manière incessante.

  • Une loi pour encourager la civilisation progressive et graduelle des Indiens de cette province et pour actualiser les lois existantes sur les Indiens passées par la province du Canada en 1857. Couramment appelé la loi sur la civilisation graduelle, ce statut fut le premier qui fut mis en œuvre pour affranchir les Indiens de leur indigénéité pour les faire devenir des sujets britanniques à part entière. En introduisant cette loi, le gouvernement colonial a vu cette affranchissement comme une grande opportunité et un privilège pour les aborigènes, qui par là pouvait échapper à leur statut indigène et devenir libre (sic) de leur statut d’Indien et obtenir les pleins droits de la citoyenneté coloniale y compris le droit de voter. C’est à ce moment que les stratégies civilisatrices et assimilatrices ont commencé à fusionner et commencèrent leur existence législative ; les autorités coloniales encourageant les indigènes à abandonner leur statut pour embrasser la société coloniale dans les grandes largeurs en devenant des citoyens (et donc “civilisés”). C’est à ce moment la que l’ère de l’assimilation et de l’ethnocide commença au Canada.

Sous cette loi, seul les membres indigènes mâles pouvaient acquérir l’affranchissement de leur statut. Pour ce faire, ils devaient avoir plus de 21 ans, devaient être capables de lire et écire en anglais ou en français, être raisonnablement éduqué, ne pas avoir de dettes et devait avoir un certificat de bonne moralité délivré par la commission des examinateurs aborigènes(Rapport de la commission royale sur les peuples aborigènes de 1996)

En 1933, un amendement à L’Indian Act poussa même l’assimilation un cran au-dessus. Cet amendement donnait le pouvoir au gouvernement d’octroyer par la force son affranchissement de statut à tout Indien remplissant les conditions, même si celui-ci n’en avait pas fait la demande.

  • La section 91(24) de la loi sur la constitution de 1867 donne au gouvernemet fédéral plutôt qu’aux provinces, la jurisdiction exclusive sur les “Indiens et sur les terres réservées aux Indiens”. Le gouvernement fédéral (A ASSUME CETTE AUTORITE) mit en application leur responsabilité au travers de l’Indian Act. Le BNA fut fait en partie pour donner du “mordant” et de la substance à la nouvelle politique indienne de Sir John A. MacDonald. La loi spécifiait comment les peuples des nations premières étaient mis “sous la protection” de la Couronne. Cela donnait aux Canadiens une base légale pour les traités et cela insistait sur les priorités centrales du gouvernement pour l’ “assimilation, l’affranchissement et la civilisation” des Indiens.

 

  • La première loi canadienne sur les Indiens est passée en 1876 consolidant et révisant toute loi existante des provinces sur les Indiens et établissant certaines responsabilités du gouvernement par le truchement du British North American Act (BNAA) de 1867. L’indian Act adopta une vision très explicte de l’assimilation, dans laquelle les peuples autochtones étaient encouragés à laisser derrière eux leur statut d’Indiens et leur culture traditionnelle afin de devenir des membres à part entière de la société canadienne au sens le plus large. Dans ce contexte, les nations indigènes étaient vues comme les enfants, les pupilles de l’état canadien, que celui-ci avait pour devoir de protéger et de civiliser. Ce point de vue fut clairement expliqué par l’honorable David Laird de la chambre commune lorsqu’il déclara: “c’est la politique de l’administration que de tenter d’agir à l’encontre des vues des Indiens, du moins tant que les droits à la propriété sont concernés.” Il dit aussi: “Les Indiens doivent être soit traités comme des mineurs d’âge ou soit comme des hommes blancs.” L’adjoint à l’intendant au bureau des affaires indiennes dit que “le statut légal des Indiens du Canada est celui de mineurs d’âge et le gouvernement en est le tuteur.”

“Notre législation sur les Indiens repose en général sur le principe que les aborigènes sont maintenus dans une situation de tutelage et traités commes les enfants, les pupilles de la nation… Les véritables intérêts des aborigènes et de l’État demandent que tous les efforts doivent être entrepris pour que l’homme rouge s’élève hors de cette condition de tutelage et de dépendance et ceci est clairement notre sagesse et notre devoir, par l’éducation et tout autre moyen, de le préparer pour une plus haute civilisation en l’encourageant d’assumer les privilèges de les responsabilités de la pleine citoyenneté.”

Il est important de noter le changement dans la politique aborigène depuis la Proclamation Royale de 1763 (stipulant que les nations premières étaient des alliées de la couronne) au premier Indian Act de 1876 (nations premières pupilles de la nation…). La première loi sur les Indiens maintenait le rôle de la couronne comme fiduciaire des intérêts indiens, mais en avait une vision bien différente. Les groupes autochtones n’étaient plus vus comme des nations autonomes au sein d’un système politique plus vaste englobant le Canada et que la couronne avait un devoir de protection contre les abus et l’implantation toujours plus agressive de la société coloniale européenne.

De plus, bien des changements faits à la loi, donnèrent au gouvernement toujours plus de pouvoir pour forcer les Indiens dans les réserves et exproprier leurs terres avec pour objectif leur utilisation par des non-Indiens. Il érait stipulé dans la loi que les bandes d’Indiens devaient tenir leurs réunions en présence d’un superintendant général ou son agent indien Aujourd’hui, la Résolution sur les Conseils de Bandes ou RCB doit être envoyée au gouvernement canadien. L’autorité fut confiée au gouverneur de conseil de déposer les chefs et leurs systèmes tribaux traditionnels. Des pouvoirs spéciaux furent attribués à l’intendant général afin de d’exlure les enfants “illégitimes”, ceux qui ont vécu en pays étranger pendant plus de 5 ans sans permission et ceux qui avaient accepté et pris la donne sur la terre.

Entre 1876 et 1950, le but des amendements à l’Indian Act fut de toujours renforcer la philosophie de la mise sous tutelle, l’assimilation et la “civilisation” sous le contrôle du gouvernement. De plus, beaucoup des changement apportés à la loi donnaient plus de pouvoirs au gouvernement pour déplacer les nations autochtones et les exproprier de leurs terres afin que des colons (non-indigènes) en profitent. Ceci a toujours été une affaire au sujet d’obtenir et de maintenir le contrôle de la terre loin des premières nations.

Des amendements clefs de l’Indian Act durant cette periode incluent:

  • 1874: Se trouver en état d’ébriété sur et hors de la réserve est punissable d’un mois de prison. Ne pas dénoncer le vendeur de l’alcool augmente la peine de 14 jours de prison.
  • 1876: Défini l’Indien comme une non-personne du Canada.
  • 1876: Création du poste de super Intendant General aux affaires indiennes.
  • 1876: Les fonds des bandes/tribus indiennes sont controlés par la Couronne: les revenus des ventes ou location de toute terre indienne, du bois, du foin, des minéraux ou toute autre valeur.. devront être payés au receveur général (des finances) pour être crédités sur le fond fiduciaire pour les Indiens [Note aux citoyens canadiens: vous, les contribuables ne payez rien pour le budget des Affaires Indiennes. Tout ce qui y est aloué provient des revenus générés par les ressources naturelles du Canada.]
  • 1876: Contrôle de qui peut-être inclus dans la bande/tribu définissant ainsi qui est ou pas un Indien.
  • 1876: Les réserves deviennent un instrument de ségrégation des peuples premiers du Canada. Des panneaux “défense d’entrer” furent mis aux limites des réserves.
  • 1876: Attaque du statut historique des femmes en tant que leaders.
  • 1880: Développement des Affaires Indiennes.
  • 1880: Loi sur la mise sous tutelle (attaque du statut des Indiens éduqués et des droits issus des traités)
  • 1880: Le ministre a le pouvoir de se débarrasser de tout chef ou leader.
  • 1881: Les agents des affaires indiennes sont faits Juges de Paix pour contrôler tous les aspects des Indiens et leurs terres.
  • 1884: Suppression du désordre indien (un rassemblement de 3 Indiens ou plus est une incitation à l’émeute)
  • 1884: Désarmement des nations premières
  • 1884: Participation obligatoire au système de pensionnats pour Indiens (obligatoire pour les enfants indiens de 5 à 17 ans)
  • 1885: Les Indiens devaient payer un droit à un agent du bureau des affaires indiennes pour avoir la permission de quitter la réserve.
  • 1885: Les Indiens sont interdits d’utilisation de machinerie moderne.
  • 1888: Mise en service d’un système de contrôle régulatoire sur ce que les Indiens ont le droit de vendre, d’acheter ou d’échanger.
  • 1889: Attaque en règle et élimination des systèmes de gouvernance traditionnels indiens. Introduction des élections pour les conseils de bandes/tribus.
  • 1894: Attaque de la culture, des langues et des réserves: interdiction des cérémonies traditionnelles indigènes commes les Potlaches, les dons, la Sun Dance et tout rassemblement traditonnel
  • 1894: Suppression du contrôle par le conseil de bande sur les non-indigènes vivant sur les réserves. Le pouvoir est transféré au superintendant général des Affaires Indiennes.
  • 1905: Pouvoir octroyé pour le transfert des peuples des nations premières vivant sur des réserves proches de villes de plus de 8000 habitants.
  • 1910: La “solution finale pour mettre fin au problème indien” est la réponse du gouvernement aux rapports sur les hauts taux de mortalité d’enfants aborigènes dans les pensionnats pour Indiens. Dans la seule Colombie Britannique, la mort de plus de 4000 enfants entre 5 et 18 ans fut rapportée par la Commission Vérité et Réconciliation en 2013 (NdT: chiffre très conservateur..)
    voir website: http://www.trc.ca/websites/trcinstitution/index.php?p=26
  • 1911: Pouvoir donné pour exproprier des portions de réserves pour la construction de route, de chemins de fer et autres travaux publics, ainsi que de transférer des réserves complètes de municipalités si cela était jugé utile (ne pas voir les Indiens, c’est ne pas y penser..)
  • 1912: Pouvoir de ne pas tenir compte des traités.
  • 1914: Pouvoirs des mesures de guerre de la couronne, les fonds tribaux dépensés sans le consentement indien, terres louées sans autorisation, sans avoir été cédées.
  • 1914: Toutes les danses et cérémonies traditionnelles sont interdites.
  • 1918: Pouvoir de louer sur long terme les terres de réserve non cultivées à des non-aborigènes si le nouveau locataire utilise ces terres pour l’agriculture.
  • 1920: Mise sous tutelle unilatérale des membres de bandes/tribus, attaquant les Indiens éduqués et les anciens combattants
  • En 1922, le Dr. Peter Bryce, tout premier ministre de la santé canadien, publia “L’histoire d’un crime national”, livre où il expliquait toutes les preuves statistiques mettant en évidence que la population indigène du Canada était détruite par la tuberculose et que le gouvernement fédéral avait les moyens de stopper cette épidémie. Il rapporta également dans ce livre que les pensionnats pour Indiens étaient en fait un piège mortel. Près de 50% des enfants y participant y perdirent la vie pour cause de maladies, de malnutrition, de négligences et d’abus en tout genre. Un enfant sur deux ! Le gouvernement ignora totalement l’avertissement du Dr Bryce et le renvoya pour avoir publié un rapport sur la crise de la tuberculose.
  • 1922: Obligation pour que les Indiens de l’Ouest du pays demandent l’autorisation officielle avant d’apparaître en “costume d’Indien” dans tout évènement public, exhibition, rodéo ou concours.
  • 1927: Interdiction pour quiconque (aborigène ou non) de soliciter des fonds pour des procédures légales aborigènes sans le consentement spécial du superintendant général. Cet amendement a donné au gouvernement le contrôle absolu sur la capacité pour les aborigènes d’attaquer en justice au sujet de leurs terres.
  • 1927: Interdiction aux nations premières de former toutes organisation politique que ce soit.
  • 1927: Interdiction faite aux nations premières de parler leur langue maternelle.
  • 1929: Etablissement des lois de stérilisation involontaire ciblant les filles résidentes des pensionnas pour Indiens qui pouvaient être stérilisées contre leur gré de manière légale.
  • 1930: NRTA: transferts des ressources naturelles aux gouvernements provinciaux pour toujours plus distancier les nations premières de leurs terres et leurs territoires. Une érosion de plus des droits acquis lors des traités.
  • 1930: Interdiction faite aux propriétaires de salles de billard de laisser entrer des Indiens qui “par la fréquentation d’un tel établissement sur ou hors de la réserve n’utilise pas bien ou gaspille son temps ou ses moyens à son détriment et celui de sa famille.”
  • 1933: Affranchissement et mise sous tutelle volontaire afin d’encourager à ce que les Indiens travaillent hors des réserves en devenant des Indiens sans statut.
  • 1940’s and early 1950’s:  Le gouvernement a perpétré une recherche sur la nutrition et de l’expérimentation bio-médicale humaine sur des communautés aborigènes et sur des enfants Indiens des pensionnats.
  • 1945:  Les anciens combattants natifs qui se sont battus pour le Canada se voient refuser leur dû et leurs bénéfices d’anciens combattants. “Suffisamment bons pour être massacrés à l’étranger mais totalement oubliés à la maison.Les peuples premiers du Canada se sont battus pour le Canada dans les conflits à l’étranger du XXème siècle alors même que c’est un droit acquis des traités qu’ils ne se battent pas dans les conflits mondiaux.
  • 1947: Le plan de liquidation de Jenness: liquidation du problème indien du Canada sur un quart de siècle.
  • 1951: La loi est révisé pour permettre quelques libertés ; le ministre des Affaires Indiennes reçoit des pouvoirs discrétionnaires élargis sur la mise en application de la loi aussi bien que sur la vie quotidienne des Indiens des réserves (de la naissance à la tombe). Le parlement permet que la loi provinciale soit appliquée aux Indiens des réserves. [après 1952, la loi demeure essentiellement sans révision jusqu’aux années 1990 à l’exception de la soi-disante “loi sur la discrimination contre les femmes aborigènes” C-31].
  • 1960: Une personne indienne aurait maintenant le droit de voter fédéralement sans avoir à abandonner son statut officiel d’Indien.
  • 1961: Provisions de mise sous tutelle obligatoire furent retirées de la loi sur les Indiens, ce qui veut dire que les nations premières ne peuvent plus être obligées d’abandonner leur statut d’Indien.

L’héritage génocidaire du Canada continue aujourd’hui sous l’Indian Act:

 Genocide –Annihilation, destruction planifiée et systémique d’un groupe racial, culturel ou politique.

L’Indian Act a clarifié que le “terme de personne au Canada veut dire un individu autre qu’un Indien.” Cette simple proposition a permis aux Canadiens de traiter les Indiens comme des non-personnes, comme des sous-hommes. Les Indiens sont effectivement privés de tous droits humains de base. Un Mohawk a résumé de cette façon l’Indian Act: “Les devoirs et obligations de l’agent du bureau des affaires indiennes deviennent de plus en plus ceux d’un commandant de camp d’internement pour un ennemi vaincu.” Chaque Indien, tout comme un prisonnier de guerre, reçoit un numéro de membre de son statut qui au fil du temps est devenu comme un nom. Ses mouvements sont restreints et régis, il ne pouvait pas vendre le fruit de son travail, ne pouvait pas pratiquer ses religions et cérémonies, ni élever ses enfants dans sa tradition. L’Indian Act a échoué à totalement subjuguer les gens et les cérémonies sont toujours pratiquées dans des endroits isolés ou clandestinement.

L’Indian Act n’est pas en fait la source des droits substantiels ou basiques des Indiens (cette loi ne correspond pas à des droits de traité !) ; la loi explique juste comment administrer les nations premières et éventuellement abolir leurs droits spéciaux. En ce moment, 76% des nations premières sont sous le contrôle direct du ministère. La plus grande partie veut et demande l’autogestion et sortir de l’héritage colonial mortifère de l’Indian Act.

L’effet direct de l’Indian Act sur les peuples des nations premières du Canada a été de transformer des nations libres et indépendantes en des “bandes/tribus” administratives marginalisées et économiquement appauvries, ainsi que leurs individus membres en “pupilles de la nation”. Par la loi sur les Indiens (Indian Act), le gouvernement fédéral a refusé aux peuples des nations premières les droits fondamentaux que les Canadiens eux tiennent pour acquis. La Commission Royale sur les Peuples Aborigènes (1996) a appelé l’Indian Act “le miroir le plus probant de la place distincte des peuples indiens au sein de la fédération canadienne… marqué par des disparités singulières de droit, les peuples indiens étant soumis à des pénalités et des interdictions qui auraient été jugées illégales et anticonstitutionnelles si elles avaient été appliquées à d’autres personnes au Canada.

Cette loi est la seule législation archaïque au monde qui a été faite pour réguler une race particulière de personnes. (NdT: depuis la chute de l’apartheid sud-africain, mais ne prenant pas en considération [pourquoi ?…] les législations ségrégationnistes de la loi coloniale en Palestine, Israël étant avec le Canada, les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, partie intégrante du club des derniers vestiges coloniaux actifs au monde, ce qui n’est quand même pas rien et correspond du reste à l’impérialisme post-seconde guerre mondiale mené par les Etats-Unis) Elle influence la vie d’un personne autochtone de sa naissance à sa mort. Les “bandes” (tribus au Etats-Unis) furent (administrativement) créées, forçant les peuples des nations premières sur les réserves et établissant les agents gouvernementaux comme les liens entre ces “bandes” des nations premières et le reste du pays du Canada. Cela n’est en rien pour la protection des “droits” des peuples autochtones, mais bel et bien pour les contrôler et saisir leurs terres et leurs ressources en toute impunité. Voilà la fonction de l’Indian Act.

A ce jour, les provisions faites par l’Indian Act permettent à l’administration des “Indiens sur les réserves” dans des secteurs comme: le gouvernement, l’éducation, l’imposition, la gestion des terres et l’appartenance continue sous le contrôle du gouvernement fédéral. La règle coloniale de l’Indian Act doit être abandonnée. Il y a besoin d’une nouvelle politique des traités au Canada, qui reflète une véritable relation entre les nations premières et la Couronne, soutenant les droits inhérents des nations et peuples autochtones au sein du Canada. Une voie de cicatrisation et de réconciliation doit prévaloir. L’éducation de tous les Canadiens à ce sujet joue un rôle clef pour que cette réconciliation se produise.

La loi sur les Indiens doit disparaître !

“L’histoire de notre peuple doit être racontée. Nous devons présenter de manière très précise ce qui est arrivé dans le passé de façon à pouvoir mieux gérer le futur… Je n’aime pas du tout ce qu’il s’est passé ces 500 dernières années. Nous ne pouvons pas y faire grand chose. Mais qu’est-ce que nous allons faire pour les 500 années à venir ? Qu’allons-nous faire ces dix prochaines années ?” George Erasmus, Dene, National Chief of Assembly of First Nations, c. 1990

“Nous pensons que la relation entre les peuples aborigènes et non-aborigènes du Canada doit changer. Nous pensons que cela est possible. Le cycle d’accusation et de culpabilité, de reproche et de déni, de frustration et de peur peut-être brisé. Il est temps de passer à quelque chose de neuf, de tourner la page. Cela ne convient pas à cette démocratie, un endroit qui s’enorgueuillit de sa compassion, de son respect des droits et de la loi, de perpétuer en son sein et au travers de la quasi totalité de son histoire un mépris systématique pour la relation contractuelle avec le peuple aborigène qui a d’abord et avant tout permis que ce pays existe.

Non seulement ceci ne convient pas à ce pays, mais nous ne pouvons pas nous permettre que la situation actuelle persiste. L’héritage du Canada et de son traitement des peuples autochtones est un grand gâchis: potentiel gâché, argent gaspillé, vies gâchées.
Ceci se mesure statistique après statistique: dans les taux de suicides, d’abus de substances, d’incarcération, de chômage, de dépendance aux services sociaux, du pauvre niveau d’éducation, de santé et de logement.”
Rene Dussault, Address for the launch of the report of the Royal Commission on Aboriginal Peoples (1996)

“La réalité aborigène au Canada est devenue un cercle vicieux de causes à effets. Pour que ce cercle vicieux se transforme en cercle de cicatrisation, les racines profondes de l’injustice doivent être adressées. Au lieu d’avoir un système de problèmes engendrant des problèmes, nous devrions faire en sorte de mettre en place un système de solutions engendrant des solutions.

Les racines profondes de l’injustice se situent dans l’histoire et c’est là où se tient la clef de la régénération de la société aborigène et qu’une nouvelle et meilleure relation avec le reste du Canada peut-être trouvée.

Les peuples autochtones furent des nations libres et indépendantes avant l’arrivée des colons européens. Elles étaient des nations, reconnues comme telles dans la Proclamation Royale de 1763, qui confirma et codifia la relation avec les peuples indigènes. Elles étaient des nations, reconnues comme telles lorsqu’elles signèrent des traités pour partager leurs terres et leurs ressources (NdT: Tout revient au traité Wampum Deux Rangés d’abord conclus avec les Hollandais en 1613 puis avec les Français et les Anglais en 1701…). Elles demeurent des nations aujourd’hui dans toute leur cohérence, leur distinction et leur compréhension d’elles-mêmes et du monde. Il n’y a eu aucune conquête, il n’y a eu aucun abandon de droits. Ce qui fut établi le fut sous la forme d’un partenariat, exprimé en loi et imbriqué dans notre histoire.”  – George Erasmus, Address for the launch of the report of the Royal Commission on Aboriginal Peoples (1996)

“Lorsque le présent ne reconnaît pas les torts du passé, le futur prend sa revanche… C’est pour cette raison que nous ne devons jamais, jamais, tourner le dos à une opportunité de confronter l’histoire ensemble, l’opportunité de rectifier un grand tort historique.” Gov. Gen. Michaëlle Jean tells an audience that included Indian residential school survivors. October 15, 2009.

“Le prix, en opportunités perdues, de ne pas faire face à ce défi est bien trop élevé pour être acceptable, à la fois pour les nations premières et le Canada. Ceci est un problème canadien et non pas un problème indien et nous devons faire face et nous épauler dans nos responsabilité en tant que Canadiens. Ceci est un moment urgent dans notre histoire commune. C’est ensemble que les Canadiens doivent agir de manière décisive. Le Canada doit réussir.”  –   THE STANDING SENATE COMMITTEE ON ABORIGINAL PEOPLES , 41th Parliament, 1st Session, December 2011 –  The Honourable Gerry St. Germain, P.C. Chair

Tous les Canadiesn doivent connaître l’histoire aborigène du Canada:

“Pourquoi n’allez-vous pas de l’avant ?” Et bien, hum… d’abord vous devez comprendre non ?

C’est ce que dit cette vidéo émise par le plus grand syndicat du Canada, la Public Service Alliance of Canada, qui célèbre le jour national des peuples aborigènes le 21 juin en lançant une nouvelle campagne, Justice for Aboriginal Peoples—It’s Time!

“Les peuples originels de ce pays ont enduré des siècles d’oppression et ont fait face a bien des défis dans leur lutte pour la justice. Cette lutte n’est pas seulement celles des nations premières ; les traités furent signés entre les nations premières et le gouvernement du Canada, les gens que nous élisons pour nous représenter (NdT: Ah bon ?…). Nous avons donc tous une responsabilité de nous assurer que les termes et les conditions de ces traités sont remplis.”

Pourquoi ne passez-vous pas l’éponge ? Regardez cette vidéo pour y voir les membres syndicaux aborigènes expliquer succintement le pourquoi :

http://www.youtube.com/watch?v=r5DrXZUIinU&feature=youtu.be

******** Mise à jour *********

Des centaines de chefs des nations premières se sont rassemblés à Ottawa le 24 janvier 2012 pour participer à une réunion importante avec le premier ministre Stephen Harper.

La réunion entre la couronne et les nations premières est dite être un sommet pour la reconstruction de la relation entre le Canada et les peuples indigènes. Beaucoup de chef espèrent aussi que cela fournira quelques solutions concrètes aux problèmes les plus urgents auxquels doivent faire face leurs communautés et ainsi ouvrir la porte pour des réunions régulières dans le futur. La plupart ont appelee au remplacement de l’Indian Act.

En réponse, le premier ministre Harper a dit que la loi sur les Indiens ne bougerait pas dans l’immédiat. “Pour être clair, notre gouvernement n’a aucun grand plan d’abrogation ou de ré-écriture unilatérale de l’Indian Act: après 136 ans, cet arbre a des racines profondes… arracher la souche de la terre ne ferait que laisser un bien trop grand trou.” Il expliqua que son approche serait en revanche de remplacer des parties de la loi ou de faire des changements qui ne demandent pas de nouvelles législations.

Loin de créer une atmosphère de coopération et de consensus, les commaentaires de Harper ont laissé l’impression que lui et les chefs sont en désaccord au sujet de la question fondamentale et que les chefs veulent aller plus vite que le premier ministre. Pour les Canadiens écoutant ce sommet, cela ressemblait bien à ce que Harper ait dit “Non” avant même que toute discussion ne commence.

Pour des raisons plus pragmatiques et de principe, Harper aurait dû utiliser le sommet pour louer les Chefs qui veulent aller au-delà de l’Indian Act et dire au pays qu’il est prêt à faire de même. Les problèmes auxquels font face les communautés autochtones sont extrêmes, cela ne peut pas être résolu sans changer fondamentalement la relation entre les nations premières et le gouvernement fédéral. Il n’est plus temps d’être politiquement timide ou de vouloir maintenir le statu quo.

Les nations premières en appellent à leurs alliés, les Canadiens, pour qu’ils les rejoignent dans la restauration de l’honneur et de la justice au Canada. Le mouvement Idle No More n’est pas juste our les aborigènes, il est pour tout le peuple canadien.

Mon nom est Cheval Tâcheté de Blanc, Mii’Gwech!

3 Réponses to “Résistance au colonialisme: Loi sur les Indiens de 1876 au Canada toujours en vigueur aujourd’hui… « L’Indien est une non-personne du Canada »…”

  1. A reblogué ceci sur Boycott.

  2. “Lorsque le présent ne reconnaît pas les torts du passé, le futur prend sa revanche… C’est pour cette raison que nous ne devons jamais, jamais, tourner le dos à une opportunité de confronter l’histoire ensemble, l’opportunité de rectifier un grand tort historique.” – Gov. Gen. Michaëlle Jean tells an audience that included Indian residential school survivors. October 15, 2009.

    Pour moi, tout est dit dans cette phrase.

    Il ne s’agit pas de se repentir « éternellement », il s’agit de corriger une ignominie. Et il semble bien qu’aucun gouvernement actuel de Zunie, du Canada, de Nouvelle Zélande, d’Australie, ne parlons même pas de la Palestine qui est sous domination Israëlienne, en 2015… N’est prêt de céder un pouce aux peuples originels. Personnellement, je sais de quel côté penche mon coeur, je sais aux côtés de qui je me tiens. Et cela me suffit. Cette cause est juste, et je battrais jusqu’au bout pour elle. Merci à R71 pour ce rappel des faits. Fraternellement, Jo.

    • C’est non seulement une juste cause… C’est la clef pour mettre fin à l’empire, car comme nous l’avons dit ici à maintes reprises: pour la première fois dans l’histoire, l’empire est sans terre, il n’a AUCUNE LEGITIMITE TERRITORIALE et comme chacun sait ou devrait savoir: Un empire sans terre est un empire à terre !
      La solution au marasme impérialiste ET au changement de paradigme politique est avec les nations et peuple originels libres et indépendants de droit. Ceci doit, devrait, constituer la FIN DU COLONIALISME pour un monde 1000 fois meilleurs !!
      Qu’on se le dise !!

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