Résistance au colonialisme: l’anarchisme africain… 4ème partie: Les obstacles et le futur de l’anarchisme en Afrique…

L’anarchisme africain, histoire d’un mouvement (Extraits)

 

Sam Mbah & I.E. Igariwey

 

Extraits traduit de l’anglais par Résistance 71 du livre “African Anarchism, the History of a Movement”, éditions See Sharp Press, 1997.

 

Juin 2015

 

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

 

Chapitre 6 Les obstacles du développement de l’anarchisme en Afrique

En substance, la théorie anarchiste est vue en Afrique comme une idéologie gauchiste de périphérie ; une indication de cela est que l’anarchisme ne reçoit généralement qu’une brève mention dans le syllabus des universités africaines.

Ceci est paradoxal parce que sur aucun autre continent l’anarchisme a eu tendance à être aussi fort qu’en Afrique, aussi parce que la perspective de tourner une action de masse en lutte de classe dans les temps modernes, demeure la meilleure en Afrique. Néanmoins, nous devons maintenant considérer les quelques facteurs qui ont œuvré contre le développement de l’anarchisme sur le continent africain.

L’éducation coloniale

Une des réalités certainement déplaisante que nous avons rencontré en écrivant ce livre fut de constater à quel point l’Africain contemporain, y compris les scientifiques africains de la socio-politique (qui ont probablement pris un cours ou deux en idéologies politiques comparatives), connaissent peu sur l’anarchisme. En termes de littérature, pratiquement rien ne peut être trouvé dans les librairies ou les bibliothèques universitaires. Ceci n’est en fait pas vraiment surprenant ; dans sa critique du marxisme, Ron Taber a fait remarquer que depuis plus de 70 ans l’anarchisme a été éclipsé par le marxisme. Nulle part ailleurs qu’en Afrique n’a été plus profonde la subordination de l’anarchisme au “socialisme” marxiste.

[…] L’éducation coloniale en Afrique n’a pas cherché à éduquer un grand nombre d’étudiants, les coloniaux sélectionnaient ce qu’ils considéraient être la crème pour des études avancées. Ceci a eu pour conséquence directe que la vaste majorité de la population africaine a été et est demeurée illétrée. En corollaire de cela, il y eut l’émergence d’une petite élite académique se considérant supérieure au reste des gens. Parce que ses assertions philosophiques et idéologiques venaient de la société de classe européenne et non pas de la société traditionnelle communaliste des sociétés africaines très peu stratifiées, l’éducation coloniale fut plus désintégrante qu’unificatrice.

L’éducation traditionnelle africaine par contraste, insistait sur l’interdépendance des individus au sein de la communauté plutôt qu’une concurrence entre eux. Elle instillait une conscience sociale de groupe et promouvait un esprit égalitaire, ceci à terme, menait naturellement sur une instance quant aux attitudes communes de partage des produits que la communauté générait.

De l’autre côté, l’éducation coloniale elle, insistait sur l’individualisme et rendit l’expérience sociale compétitive.

L’Esprit communal fut supplanté par le concept d’un soi isolé et la veulerie, le matérialisme et un désir sans frein de dominer. En conséquence, l’Afrique est devenue un continent socio-politiquement atomisé, antagoniste, formé de groupes concurrenciels, étant fortement impliqués dans les loyautés tribales et dominés par des points de vue totalement ethnocentriques.

En résumé, l’éducation coloniale a mené l’Afrique a un haut niveau d’analphabétisme combiné avec un très bas niveau de conscience politique et ce, même parmi les gens éduqués. Ni les érudits et universitaires eurocentriques ni les afrocentriques n’ont fait de recherches sérieuses sur l’anarchisme en relation avec comment il pourrait influer sur l’Afrique. Ceci a parfaitememt assuré le fait que l’anarchisme en tant que corps systémique de pensée soit demeuré un sujet “ésotérique”, si non inconnu pour bien des Africains.

Le système légal

Les systèmes légaux africains sont des gueules de bois du passé colonial. Par exemple, comme dans toute autre ancienne colonie britannique, la législation au Nigéria est tout simplement une copie de la loi coutimière et d’équité britannique. Ce système regarde les lois natives et les coutumes locales comme barbares dans la mesure où elles ne reflètent pas les standards des systèmes de valeurs européens.

Les lois coloniales furent édictées essentiellement pour “maintenir la loi et l’ordre” et ceci demeure le point cardinal des lois africaines post-coloniales. Ceci contraste sévèrement avec le système légal pré-colonial de droits et de libertés. Les sociétés traditionnelles africianes possédaient un sens intense et aigu de l’humanité et du respect de la dignité humaine.

[…] Les droits économiques et sociaux de base comme le droit d’utiliser un lopin de terre, le droit de travailler et le droit à l’éducation, étaient traditionnels et communs aux sociétés africaines et cs droits étaient reconus et protégés.

[…] Les systèmes légaux africains post-coloniaux conçoivent la loi comme un corps de règles servant à préserver l’État et la perpétuation de l’ordre et de la stabilité. Dans bien des endroits, se faire l’avocat du renversement de l’État est considéré comme haute trahison et est puni de mort.

[…]

Dans bien des parties du continent africain, des dictatures militaires et des autocraties civiles ont produit des décrets et des statuts qui interdisent aux travailleurs de s’organiser en syndicats. Dans certains pays de fait, les grèves et toutes autres formes d’action politico-sociales sont interdites.

Ainsi, dans la mesure où elle ne voit rien de mal dans le système étatique en Afrique, la Charte Africaine ne peut pas considérer les antagonismes de classes et l’oppression sévissant sur le continent africain.

Dans le même temps, aussi loin que les Africains continuent de soutenir le système légal inspiré de l’occident colonialiste et plus important, d’accepter sa logique et ses philosophies sous-jacentes, les systèmes législatifs africains demeureront un obstacle important à a liberté humaine et au développement de l’anarchisme en Afrique.

La classe militaire et le statu quo

Alors que le mécontentement continue de croître et que la possibilité d’actions révolutionnaires augmente, l’armée africaine continue d’agir pour maintenir le statu quo (oligarchique). […]

L’armée perçoit ses fonctions comme étant celles de protéger l’État de menaces internes et externes.

Alors que la radicalisation de la conscience de masse augmente, l’armée intervient sous le déguisement de tenter d’arrêter la société de glissser dans un état “anarchique”, terme délibérément mal utilisé afin d’expliquer chaos et désordre. Ce que l’armée parvient ainsi à faire est de temporairement faire reculer les gains sociaux des ouvriers et des paysans dans leurs tentatives de construire une vie bien meilleure pour eux-mêmes.

 Conscience ethnique contre conscience de classe

[…] Le processus de colonisation en Afrique par lequel des groupes ethniques furent arbitrairement regroupés en des corps politiques artificiels a résulté en l’augmentation des tensions ethniques et sociales ainsi qu’une discrimination économique.

D’après le professeur Inyang Eteng de l’Association Nigériane d’Anthropologie et de Sociologie: “la conséquence pernicieuse de la conscience ethnique est d’encourager la haine communautaire, la corruption, la violence, la manipulation religieuse, le conflit inter-ethnique et d’endommager la croissance de la conscience de classe en faveur d’une conscience ethnique et étatique.

Tout ceci rend difficle pour l’anarchisme de prendre racine en Afrique parce que les patrons trouvent toujours facilement à atomiser la classe travailleuse en soufflant sur les braises de l’ethnicité. Le mouvement ouvrier par exemple se polarise le long de fractures ethniques et les problèmes sont plus perçus au travers du prisme ethnique que politique.

[…]

Facteurs religieux et culturels

La religion est une caractéristique profonde de la vie africaine. Très longtemps avant la rencontre avec les Européens, les Africains avaient développé des systèmes de croyances religieuses et de pratiques rituelles.

[…] Malgré la compatibilité entre l’anarchisme et le mode de vie traditionnel africain, la culture africaine fait toujours les gros yeux à certaines idées entrant en conflit avec des croyances religieuses ou qui font la promotion de valeurs résidant hors de ce qu’on appelle “la norme”, spécifiquement si ces idées impliquent le renversement du système en cours.

La religion demeurera un facteur inhibitoire majeur malgré les facteurs matériels avérés de l’exploitation capitaliste, de l’inégalité socio-économique et de la tyrannie des gouvernements, tout ce qui inspire le désespoir, désespoir sur lequel toute religion se nourrit surtout celles importées d’occident.

Si la guerre est la santé de l’État, le désespoir est la santé de la religion.

Tant que les ouvriers et paysant africians trouvent des systèmes de croyance qui leur donnent un véritable espoir de bonheur dans l’ici et maintenant, ils continueront de s’aggriper au faux espoir fourni par la religion et au bonheur dans l’au-delà.

La solidarité internationale

Comme nous l’avons vu précédemment, l’anarchisme en tant que corps de pensée n’en est qu’à ses débuts de trouver des adhérents en Afrique. Il y a encore braucoup à faire. Nous devons tenir en haute priorité le besoin de rendre les gens conscients des bases théiriques de l’anarchisme et de leur faire comprendre que l’anarchisme est, et de loin, bien plus crédible que toutes les autres isdéologies socio-politiques. Aujourd’hui en Afrique, comme dans bien d’autres endroits, le mot “anarchisme” est synonyme de chaos et de violence. Mais cette image erronée changera si suffisamment de littérature devient disponible sur le sujet pour le grand public. C’est dans ce but que les groupes anarchistes africains ont besoin de produire une presse capable de diffuser des brochures, des petits livres et des bulletins d’information. (NdT: depuis l’écriture de ce livre en 1997, l’Internet a changé le monde et la façon dont nous nous informons, ceci devrait se refléter dans la diffusion de l’information anarchiste en Afrique… Compagnons… A vos claviers !!…).

Le continent africain demeure l’endroit où aucun modèle idéologique ne peut être jugé avoir eu du succès. A l’encontre de l’Europe et des Etats-Unis et le continent des Amériques où le capitalisme et le “communisme” (marxiste) ont été institutionnalisés et pratiqués avec un taux de succès mitigé, l’Afrique représente une opportunité historique pour toute idéologie capable de faire se lever les peuples contre leur misère actuelle. Les groupes anarchistes existant déjà sur ce continent doivent jouer et joueront un rôle historique important à cet égard.

[…] Sans un soutien international, ces roupes n’ont que peu de chance contre la terreur organisée et institutionnalisée de l’État. A cause de l’alliance entre l’État et le capital international, les classes dirigeantes lovales recevront le soutien de leurs collaborateurs internationaux pour écraser toute menace perçue à ses privililèges et au statu quo (oligarchique).

En dernier ressort, les classes dirigeantes locales appelleront des troupes étrangères (NdT: la France par exemple…) afin de tenter de maintenir leurs privilèges comme cela se produisit dans la province congolaise de Shaba dans les années 1960. Elles le feront. Il est très clair que le combat contre le capital transnational et contre le système étatique doit se faire internationalement si nous devons avoir un espoir de succès.

Chapitre 7 Le futur de l’anarchisme en Afrique

 

L’anarchisme dans un contexte mondial

La perspectice pour le développement et l’avènement de l’anarchisme sur le continent africain est, finalement, inextricablement liée au futur de l’anarchisme dans le monde.

[…] Les obstacles à l’anarchisme sont de manière générale, globaux, seuls leurs spécificités sont déterminées par les circonstances locales, dans le cas qui nous intéresse: l’Afrique.

Les crises du capitalisme et récemment celle du “socialisme” marxiste dans le monde entier ont, de manière historique, assurées le futur de l’anarchisme. La critique dévastatrice du capitalisme en tant que mode de production par Marx demeure toujours aussi valide aujourd’hui que quand Marx lui-même la divulga au monde ; mais la logique admirable et l’approche systématique du marxisme ont, au bout du compte, été défaites par les contradictions internes du marxisme.

[…]

Le simple fait qu’il y ait encore des postes avancés socialistes autoritaires comme la Chine, la Corée du Nord et Cuba ne désapprouve pas ce constat. Deux choses dans ces nations semblent les plus probables: un effondrement de l’idéologie du système d’état socialiste comme cela s’est produit dans les pays d’Europe de l’Est, ne pouvant plus se tenir seuls debout et une transformation du socialisme d’état au capitalisme d’état, en fait un système présentant bien des similitudes avec l’Italie fasciste de Mussolini (la Chine).

D’une manière ou d’une autre, le socialisme d’état, comme le capitalisme, est voué à l’échec. Au travers de l’histoire de l’humanité, la tendance générale du développement de la société humaine a toujours été vers l’égalité sociale et une plus grande liberté individuelle.

[…] Ainsi, étant donné les crises endémiques et insolubles à la fois du capitalisme et du socialisme d’état, l’étape suivante de l’humanité devra être presque inévitablement vers une plus grande liberté individuelle et une plus grande égalité sociale, c’est à dire vers l’anarchisme et spécifiquement vers des expressions socialies de l’anarchisme, de l’anarcho-syndicalisme et de l’anarcho-communisme (NdT: ce que ne veulent bien entendu pas les olirgarques poussant pour leur solution du “Nouvel Ordre Mondial”: la tyrannie absolue de la fusion de l’état et des grosses entreprises capitalistes en une entité de contrôle parasite planétaire et transnationale dans un mode de gouvernance étatiste néo-féodal).

Le “communisme” marxiste est une expérience qui a échoué. Elle n’a simplement pas produit ce qu’elle promettait: la liberté, le bien-être social et l’égalité sociale et au vu de son histoire au XXème siècle, il paraît maintenant évident que le marxisme ne pourra JAMAIS tenir ses promesses.

Le capitalisme ne le peut pas non plus, ceci incluant toutes ses branches de capitalisme du “laissez-faire les marchés” dont sont tant amourachés les Américians dits “libertariens” (NdT: qui se nomment eux-mêmes des “anarcho-capitalistes”, expression d’un non sens aussi total que volontairement pervers…). Une grande limitation, voire même une élimination de l’État en conservant l’économie capitaliste (comme le préconisent les “libertariens”, à ne pas confondre avec “libertaires”, synonyme d’anarchiste…), n’éliminerait pas la domination, la hiérarchie et la structure de classe. Le meilleur que cela pourrait produire serait peut-être une plus grande liberté des interférences extérieures.

Il y a près d’un siècle, Emma Goldman avait défini la “liberté positive” comme “la liberté de faire”. [..] Celle-ci est relative et non pas absolue, le mieux que l’on pourait faire est la liberté positive égalitaire. Nous ne pouvons en aucun cas y parvenir sous le capitalisme.

Ainsi, “socialisme” marxiste et capitalisme ont échoué à amener la liberté positive, le capitalisme refusant même de considérer l’aspect “égalitaire” de l’affaire…

Décidément, l’humanité peut bien mieux faire !…

La condition africaine

L’Afrique aujourd’hui est prosternée, ensanglantée et en conflit sur tous les fronts, une victime du capitalisme et dans une grande mesure aussi, des ambitions du socialisme d’état.

[…] La misère du grand nombre est le résultat de l’opulence du petit nombre, dont la main-mise sur le produit social et les ressources, en conjonction avec le pouvoir du capital international, leur confère un virtuel d roit de vie et de mort sur la vaste majorité.

Ces gens agissent comme les intermédiaires et agents commissionables des corporations multinationales (NdT: transnationales aujourd’hui en 2015), qui distribuent les contrats et les licenses d’exploitation ; la classe d’affaire locale s’approprie, avec l’aide des états vassaux, le surplus du produit social de l’Afrique.

Tandis que la classe d’affaire locale est très privilégiée en comparaison des peuples indigènes, ele a toujours un rôle servile à la classe dominante du capitalisme étranger, ceci est bien évidemment imputable à la conservation de la structure économique coloniale dans une époque se voulant “post-coloniale”.

Ceci s’accompagne bien évidemment par la coercition et la répression massive de toutes formes de protestation par la majorité pauvre des pays. Les salaires en Afrique sont parmi les plus bas au monde, ils sont si bas qu’ils ne peuvent le plus souvent pas garantir la subsistance minimum…

La situation dans les états “socialistes” à la sauce locale ne sont pas en meilleure condition.

[…] La situation s’est considérablement détériorée dans les années 1990.

L’anarchisme et la question nationale en Afrique

La question vraisemblablement la plus importante dans l’analyse de la question de l’état-nation est la “question nationale”, aussi appelée le droit à l’auto-détermination. Ce débat tourne autour des droits des différents groupes ethniques de parenir à un développement socio-culturel autonome au sein d’états existants. Cette question est particulièrement importante en Afrique quand on voit les composants hétérogènes des états. Bien des conflits civils sur le continent ont été blâmés directement ou indirectement, sur l’absence d’homogénéité des populations. Le problème est sévèrement aggravé par par les “solutions” professées par le capitalisme et le socialisme d’état, l’un offrant la liberté sans égalité et l’autre l’égalité sans liberté.

Dans les deux systèmes néanmoins, il est commun d’en appeler au “patriotisme”, un concept que Bakounine rejetait véhémentement comme étant de l’unique intérêt des classes privilégiées. Se cachant derrière une forme de patriotisme, l’état en Afrique impose l’injustice et la misère sur ses sujets, comme cela se produit bien sûr partout ailleurs.

De plus, la patriotisme produit la fausse conscience, par laquelle les individus agissent directement contre leurs intérêts, permettant aux individus de valider et de soutenir l’injustice et la misère causées par le système étatique.

Bakounine disait: “L’État restreint, il mutile, il tue l’humanité dans ses sujets de façon à ce qu’ils ne puissent jamais se hisser plus haut que le niveau de citoyen, au niveau d’Homme.

La démocratie à la sauce capitaliste et le socialisme d’état sont tous deux parvenus au plus haut degré d’oppression intensifiée à la fois raciale et nationale. Le soutien marxiste au principe national d’auto-détermination est aussi illusoire que le soutien capitaliste à la liberté individuelle.

Ainsi la question nationale en Afrique, est seulement un composant du problème principal à savoir: Atteindre la véritable égalité et liberté. De fait, aussi loin que le capitalisme et le système étatique existent, l’auto-détermination des nations ne veut rien dire.

Maximov note que sans changement fondamental “le droit à l’auto-détermination pour une nation et à une existence souveraine indépendante n’est rien d’autre que le droit de la bourgeoisie nationale à l’exploitation illimitée de son prolétariat.

[…] L’anarchisme quant à lui, voit la liberté, l’égalité et la justice sociale comme de bien plus grands objectifs que les intérêts nationaux et que la lutte pour ces objectifs plus importants doit nécessairement être internationale. De ce fait, il devient évident que l’État, toute forme d’état, peu importe son degré de nationalisme, est l’ennemi de ces objectifs. C’est pour cela que l’anarchisme rejette toute tentative de résoudre la question nationale au sein d’un contexte étatique. Maximov développe:

Une solution réelle et pleine ne sera possible que dans des conditions d’anarchie, dans un communisme émanent de la liberté de l’individu et obtenue par la libre association des individus dans leurs communes, des communes des régions et des régions des nations ; des associations fondéees sur la liberté, l’égalité et créant une unité naturelle dans la pluralité.NdT: ceci correspond tout à fait à notre vision de la société à Résistance 71, cela rejoint tout à fait ce que pensait également un des grands penseurs anarchistes, l’Allemand Gustav Landauer, ainsi bien sûr que Pierre Kropotkine.

Les anarchistes demandent la libération de toutes les colonies existantes (NdT: aujourd’hui la libération de l’Afrique sous le joug néo-colonial ne pourra se faire que lorsque les grands états coloniaux existant redeviennent eux-mêmes libres: Les USA, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Israël, les pays du Commonwealth…) et soutiennent les luttes d’indépendance nationale en Afrique et partout dans le monde aussi loin qu’elles expriment la volonté des peuples des nations concernées. Néanmoins, les anarchistes insistent particuièrement aussi sur le fait que l’utilité de l’auto-détermination sera elle-même limitée aussi longtemps qu’existent le système étatique et le capitalisme, ceci incluant le capitalisme d’état marxiste. Ces systèmes doivent disparaître.

Les implications pour l’Afrique sont évidentes. Une solution viable à la myriade de problèmes posée par la question nationale en Afrique, comme les conflits civils inter-ethniques, n’est réalisable qu’hors du contexte étatique. Ceci demande la destruction du système et des institutions de l’État et une solidarité internationale concertée ainsi qu’une action révolutionnaire. L’élimination du système étatique est un objectif à long terme qui sera difficile à établir, mais cela est préférable à l’approche mécanique actuelle comme exprimée dans la création de la multiplicité d’état nations non viables à travers le continent.

L’anarchisme la voie progressiste pour l’Afrique

La pertinence de l’anarchisme dans la société humaine n’a été nulle part plus évidente qu’en Afrique.

[…] Les choses sont hors de contrôle depuis bien trop longtemps et seule un remède drastique pourra satisfaire une population dont la colère et l’amertume s’accroissent sans cesse du Cap au Caire. Ces conditions incluent semble t’il endémique problème des conflits ethniques au travers du continent, la marginalisation politique et économique continuelle de l’Afrique au niveau mondial, la misère indescriptible dans laquelle vit près de 90% de la population africaine et de fait, l’effondrement des états-nations dans bien des parties du continent.

Devant cette masse de problèmes, un retour aux “éléments anarchistes” du communalisme africain est virtuellement inévitable. L’objectif d’une société autogérée née de la volonté libre des peuples et dénuée de contrôle autoritaire et de régimentation est aussi attractive que faisable sur le long terme.

A l’échelle globale, la civilisaion humaine passe au travers d’une période de transition occasionnée par l’effondrement du “socialisme” marxiste et de l’évidente crise insoluble du capitalisme et de son système d’état-nation.

Où allons-nous à partir de là ?

Comme nous l’avons noté auparavant, toutes avances faites dans l’histoire humaine ne furent possibles que par la quête incessane de l’humanité pour la liberté et la solidarité. Comme cet élan semble être un instinct naturel de l’Homme et, en tant que tel, ne risque pas de disparaître dans le long terme, il s’ensuit que l’évolution continue de la société se fera en direction de la liberté, de l’égalité et de la communauté.

Le processus de transformation anarchiste de l’Afrique pourrait en comparaison être prouvé plus facile étant donné que l’Afrique n’a pas une base profonde capitaliste, ni de formations de classes et relations de production bien marquées ni même d’un système étatique stable et bien établi. Ce dont nous avons maintenant besoin est d’un programme à long terme de construction de conscience sociale et politique, d’une éducation utile et d’une participation individuelle plus importante dans les luttes sociales. Dans le même temps, les crises et les mutations du capitalisme, du “socialisme” marxiste, du système étatique, individuellement et collectivement, ne peuvent que s’accélerer (NdT: regardons où en sont ces systèmes depuis 1997 !! Le monde est au bord de l’effondrement, nous disons: aidons le à s’effondrer MAIS la conscience politique claire d’établir une société égalitaire et de libre association, seuls attributs garantissant l’avancée de l’humanité vers le bonheur pour tous ici et maintenant et non pas dans un chimérique au-delà mythologique…).

Pour l’Afrique en particulier. Le développement à long terme n’est possible que s’il y a une cassure radicale d’avec à la fois le capitalisme et le système étatique mortifères, les principaux instruments de l’arrêt de notre développement et de notre stagnation.

L’anarchisme est la voie de sortie pour l’Afrique !

Fin

= = =

Liens pour développer un conscience anarchiste africaine:

Le blog de l’auteur Sam Mbah (décédé en décembre 2014):

http://sammbah.wordpress.com/

Afrique du Sud:

http://zabalazabooks.net/

http://zabalaza.net/home/

http://struggle.ws/africa/

L’anarchisme en terre africaine:

http://adnauseam.medialternative.fr/l-anarchisme-en-terre-africaine,101.html?lang=fr

http://adnauseam.medialternative.fr/-anarchie-en-afrique-.html?lang=fr

http://fra.anarchopedia.org/Anarchie_en_Afrique

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