Ingérence occidentale en Afrique: Boko Haram du Nigéria enfant de la CIA ?

Boko Haram: Une opération de la CIA pour diviser et régner en Afrique ?

 

Julie Lévesque

 

3 Mars 2015

 

url de l’article en français:

http://www.mondialisation.ca/boko-haram-une-operation-secrete-de-la-cia-pour-diviser-et-regner-en-afrique/5434617

 

Le but de la présence militaire étasunienne en Afrique est bien documenté : contrer l’influence chinoise et contrôler des endroits stratégiques et des ressources naturelles, y compris les réserves de pétrole. Cela a été confirmé il y a plus de 8 ans par le département d’État étasunien :

En 2007, le conseiller du département d’État étasunien, le Dr J. Peter Pham a commenté les objectifs stratégiques d’AFRICOM : « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique, une tâche qui consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et à s’assurer qu’aucune autre tierce partie intéressée, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, n’obtienne des monopoles ou des traitements préférentiels ». (Nile Bowie,.US AFRICOM Commander Calls for “Huge” Military Campaign in West Africa, Global Research, 11 avril 2012)

Au début février, « de passage au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, D.C., le chef d’AFRICOM, le général David Rodriguez, a appelé à une campagne de « contre-insurrection » de grande envergure menée par les États-Unis contre des groupes en Afrique de l’Ouest ».

Le chef du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (SOCOM), le général Joseph Votel, a fait des remarques similaires la semaine dernière à l’Académie West Point de l’Armée étasunienne, affirmant que les équipes de commandos étasuniens doivent se préparer à de nouveaux déploiements contre Boko Haram et l’État islamique. (Thomas Gaist, US AFRICOM Commander Calls for “Huge” Military Campaign in West Africa, World Socialist Web Site, 2 février 2015)

Mark P. Fancher a souligné l’hypocrisie et « l’arrogance impérialiste » des pays occidentaux, qui « malgré la condamnation universelle du colonialisme », sont toujours prêts « à déclarer publiquement (sans excuses) leurs plans d’expansion et de coordination de leur présence militaire en Afrique » (Marc P. Fancher, Arrogant Western Military Coordination and the New/Old Threat to Africa, Black Agenda Report, le 4 février 2015)

Plus de troupes en provenance du Bénin, du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad sont maintenant déployées pour lutter contre Boko Haram.

Cette nouvelle guerre contre une autre entité terroriste obscure en Afrique n’est pas sans rappeler la campagne de propagande ratée de Kony 2012, drapée dans des idéaux humanitaires. Elle est utilisée comme un écran de fumée pour éviter d’aborder la question des victimes de la guerre contre le terrorisme et les causes réelles du terrorisme, et afin de justifier une autre invasion militaire. Il est vrai que Boko Haram fait des victimes, mais le but de l’intervention occidentale en Afrique n’est pas de venir à leur secours.

Le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, celui qui fait toujours rage, se passe au Congo et l’élite occidentale et leurs médias ne s’en préoccupent pas. Cela démontre que les interventions militaires ne sont pas destinées à sauver des vies.

Pour comprendre pourquoi les médias se concentrent sur Boko Haram, nous avons besoin de savoir qui est derrière cette organisation. Quel est le contexte sous-jacent et quels intérêts sont servis?

Boko Haram : une autre opération clandestine des États-Unis?

Boko Haram est basé dans le nord du Nigeria, le pays le plus peuplé et la plus grande économie d’Afrique. Le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole du continent et détient 3,4 % des réserves mondiales de pétrole brut.

En mai 2014, African Renaissance News a publié un reportage détaillé sur Boko Haram et la possibilité que l’organisation soit une autre opération secrète de la CIA visant à prendre le contrôle du Nigeria :

[L]e plus grand prix pour l’AFRICOM, qui vise à implanter une Pax Americana en Afrique, serait de réussir dans le pays africain le plus stratégique, le Nigeria. C’est là qu’entre en perspective la question de Boko Haram qui fait rage actuellement et la prédiction de l’Intelligence Council des États-Unis sur la désintégration du Nigeria en 2015, dont on a beaucoup parlé […] (Atheling P Reginald Mavengira, Humanitarian Intervention” in Nigeria: Is the Boko Haram Insurgency Another CIA Covert Operation? Wikileaks, African Renaissance News, 8 mai 2014)

Dans les années 1970 et 1980, le Nigeria a aidé plusieurs pays africains « défiant ainsi clairement les intérêts des États-Unis et de leurs alliés occidentaux, une opposition ayant entraîné à l’époque un recul des initiatives occidentales en Afrique ». (Ibid.)

Le Nigeria exerce son influence dans la région grâce au leadership du Groupe de contrôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOMOG, droite), une armée composée de soldats de divers pays africains et mise en place par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le groupe est intervenu dans la guerre civile au Liberia dans les années 90. Le Liberia a été fondé en 1821 par les États-Unis et a été dirigé par des Américano-Libériens pendant plus d’un siècle.

Les puissances occidentales, en premier lieu les États-Unis, ne sont évidemment pas prêtes à laisser les Africains avoir une armée multinationale dans laquelle ils ne détiennent pas de rôle de premier plan. L’ACRI, qui devint plus tard l’AFRICOM, a été formé en 2000 pour contenir l’influence du Nigeria et contrer l’ECOMOG, évitant ainsi l’émergence d’une force militaire africaine dirigée par des Africains.

Selon les documents de Wikileaks mentionnés dans l’article de Mavengira ci-dessus, l’ambassade étasunienne au Nigeria constitue :

une base d’opérations pour des actes de subversion de grande envergure et à grande portée contre le Nigeria, notamment l’écoute des communications du gouvernement nigérian, l’espionnage financier d’éminents Nigérians, le soutien et le financement de groupes subversifs, d’insurgés, de propagande de discorde entre les groupes disparates du Nigeria et l’utilisation de chantage relié aux visas afin de contraindre et d’amener des Nigérians de haut rang à agir en faveur des intérêts étasuniens. (Mavengira, op. cit., c’est l’auteure qui souligne)

Mavengira fait partie de la GreenWhite Coalition, un « groupe de défense citoyen bénévole composé de Nigérians de tous les groupes ethniques et de toutes les convictions religieuses ». Il écrit que le but ultime des opérations clandestines étasuniennes dans son pays consiste « à éliminer le Nigeria comme potentiel rival stratégique des États-Unis sur le continent africain ». (Ibid.)

Une enquête sur la secte Boko Haram par la Coalition GreenWhite a révélé que la « campagne de Boko Haram est une opération secrète organisée de la Central Intelligence Agency (CIA) étasunienne coordonnée par l’ambassade étasunienne au Nigeria ». Les États-Unis ont déjà utilisé leurs ambassades pour des opérations secrètes. L’ambassade de Benghazi s’est révélée être la base d’une opération secrète de trafic d’armes pour les mercenaires luttant contre Bachar Al-Assad en Syrie. Quant à l’ambassade en Ukraine, une vidéo de novembre 2013 a émergé récemment montrant un parlementaire ukrainien l’exposant comme le point central d’une autre opération clandestine destinée à fomenter des troubles civils et à renverser le gouvernement démocratiquement élu.

L’enquête de GreenWhite Coalition sur Boko Haram révèle un plan en trois étapes du National Intelligence Council des États-Unis visant à « pakistaniser » le Nigeria, internationaliser la crise et diviser le pays en vertu d’un mandat et d’une force d’occupation de l’ONU. Le plan « prédit » la désintégration du Nigeria pour 2015. Il convient de citer l’enquête en détail :

L’ensemble du rapport du [National Intelligence Council] est en réalité une déclaration d’intentions codée sur la façon dont les États-Unis prévoient éventuellement démanteler le Nigeria grâce à des complots de déstabilisation […]

Étape 1: Pakistaniser le Nigeria

Vu la réalité existentielle du fléau de Boko Haram, la vague d’attentats et d’attaques sur les bâtiments publics sont susceptibles de dégénérer dans les mois à venir.

Le but est d’exacerber les tensions et la suspicion mutuelle entre les adeptes des deux religions au Nigeria et de les mener à la violence interconfessionnelle […]

Étape 2: L’internationalisation de la crise

Les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies appellerons à l’arrêt des violences. […] Pour créer de l’effet, il y aura une couverture importante des médias internationaux sur la crise du Nigeria avec de soi-disant experts pour discuter de toutes les ramifications. Ces experts s’efforceront de créer l’impression que seule une intervention étrangère bienveillante pourrait résoudre la crise.

Étape 3: La grande division en vertu d’un mandat de l’ONU

L’on proposera d’abord l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix afin de séparer les groupes belligérants et/ou un mandat de l’ONU assignant différentes parties du Nigeria à des puissances occupantes. Bien sûr, les États-Unis et leurs alliés, guidés par des purs intérêts économiques, auront préalablement discuté dans les coulisses des zones à occuper […] (Ibid., c’est l’auteure qui souligne)

En 2012, le Nile Bowie écrivait:

Le Nigerian Tribune a rapporté que Boko Haram reçoit du financement de différents groupes de l’Arabie saoudite et du Royaume-Uni, en particulier du Fonds fiduciaire Al-Muntada, dont le siège est au Royaume-Uni et à la Société islamique mondiale de l’Arabie saoudite [8]. Lors d’une entrevue menée par Al-Jazeera avec Abou Mousab Abdel Wadoud, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) stipule que des organisations dont le siège est en Algérie ont fourni des armes au mouvement Boko Haram au Nigeria « pour défendre les musulmans au Nigeria et arrêter les avancées d’une minorité de croisés » [9] .

Fait amplement documenté, les membres d’Al-Qaïda (AQMI) et du Groupe islamique combattant en Libye (GICL) ont combattu aux côtés des rebelles libyens et reçu directement des pays de l’OTAN des armes [10] et du soutien logistique [11] durant le conflit libyen en 2011 […]

Pour l’administration Obama, l’appui clandestin à des organisations terroristes dans le but d’atteindre ses objectifs de politique étrangère semble être la condition préalable au commandement des opérations à l’étranger. Boko Haram existe comme une division séparée de l’appareil de déstabilisation étasunien, visant à briser le pays le plus peuplé d’Afrique et le plus grand marché potentiel. (Nile Bowie, CIA Covert Ops in Nigeria: Fertile Ground for US Sponsored Balkanization, Global Research, le 11 avril 2012)

Des reportages indiquent également que certains commandants nigérians sont possiblement impliqués dans le financement de l’insurrection.

Selon le reportage, un soldat nigérian dans l’État de Borno a confirmé que Boko Haram a attaqué Gamboru Ngala en leur présence, mais que leur commandant leur a demandé de ne pas repousser l’attaque. Le soldat a dit au Service Hausa de la BBC que des hélicoptères planaient dans le ciel tandis que les attaques étaient en cours. Trois cents personnes ont été tuées, des maisons et un marché brûlés tandis que les soldats regardaient, ayant reçu l’ordre de ne pas prêter assistance à ceux qui étaient attaqués. Le soldat a déclaré que l’insurrection de Boko Haram prendra fin lorsque les officiers supérieurs de l’armée cesseront de l’alimenter.

Lors des enlèvements de filles de Chibok, un soldat a affirmé en entrevue à SaharaReporters,

« Nous avons reçu l’ordre d’arrêter les véhicules transportant les filles, mais dès le début de la mission, nous avons reçu l’ordre contraire, soit de nous retirer. Je peux vous assurer que personne ne nous a demandé de chercher quiconque. »

Certains soldats soupçonnent leurs commandants de révéler les opérations militaires à la secte Boko Haram. (Audu Liberty Oseni, Who is Protecting Boko Haram. Is the Nigerian Government involved in a Conspiracy?, africanexecutive.com, 28 mai 2014)

Ces commandants auraient-ils été contraints par des éléments de l’ambassade étasunienne, tel que le suggère l’enquête de Greewhite Coalition citée auparavant?

Boko Haram: Le prochain chapitre dans la frauduleuse, coûteuse, destructrice et meurtrière guerre au terrorisme?

Il a été clairement démontré que la soi-disant guerre contre le terrorisme a fait croître le terrorisme. Nick Turse explique :

[Dix] ans après que Washington eut commencé à verser l’argent des contribuables dans la lutte contre le terrorisme et les efforts de stabilisation à travers l’Afrique, et que ses forces eurent commencé à exploiter le Camp Lemonnier [Djibouti], le continent a connu de profonds changements, mais pas ceux recherchés par les États-Unis. L’université de Berny Sèbe de Birmingham cite en exemple la Libye post-révolutionnaire, l’effondrement du Mali, la montée de Boko Haram au Nigeria, le coup d’État en République centrafricaine, et la violence dans la région des Grands Lacs de l’Afrique comme preuve de la volatilité croissante. « Le continent est certainement plus instable aujourd’hui qu’il ne l’était au début des années 2000, lorsque les États-Unis ont commencé à intervenir plus directement. » (Nick Turse, The Terror Diaspora: The U.S. Military and Obama’s Scramble for Africa, Tom Dispatch, 18 juin, 2013)

Que veulent les États-Unis en Afrique?

Lorsqu’il est question d’interventions à l’étranger, des décennies d’histoire ont démontré que les objectifs déclarés de l’armée étasunienne et ses véritables intentions ne sont jamais les mêmes. L’intention réelle ne consiste jamais à sauver des humains, mais plutôt à sauver des profits et à gagner du pouvoir. Les interventions des États-Unis et de l’OTAN ne sauvent pas, elles tuent.

Celles menées depuis le début du siècle ont tué des centaines de milliers, si ce n’est plus d’un million d’innocents. Difficile de dire combien, car l’OTAN ne veut pas vraiment savoir combien de civils elle tue. Comme le notait The Guardian en août 2011, il n’y avait « pas de projet international de grande envergure consacré au bilan des décès dans le conflit en Libye », à part durant une brève période.

En février 2014, « on estimait qu’au moins 21 000 civils [étaient] décédés de mort violente en raison de la guerre » en Afghanistan selon Cost of War. En ce qui concerne l’Irak, en mai 2014 on comptait « au moins 133 000 civils tués, victimes de violence directe depuis l’invasion ».

Quant à la Libye, les médias traditionnels ont d’abord menti à propos du fait que Kadhafi avait initié la violence en attaquant des manifestants pacifiques, un faux compte-rendu destiné à diaboliser Kadhafi et galvaniser l’opinion publique en faveur d’une autre intervention militaire. Comme l’explique le Centre Belfer for Science and International Affairs, « ce sont effectivement les manifestants qui ont initié la violence ».

Alan Kuperman écrit :

Le gouvernement a réagi aux gestes des rebelles en envoyant l’armée, mais n’a jamais intentionnellement ciblé de civils ou eu recours à l’usage excessif et aveugle de la force, comme l’ont affirmé les médias occidentaux […]

Le plus grand malentendu à propos de l’intervention de l’OTAN, c’est qu’elle a sauvé des vies et a bénéficié à la Libye et ses voisins. En réalité, lorsque l’OTAN est intervenue à la mi-mars 2011, Kadhafi avait déjà repris le contrôle de presque toute la Libye, alors que les rebelles se retiraient rapidement vers l’Égypte. Ainsi, le conflit était sur le point de se terminer à peine six semaines après avoir éclaté, avec un bilan d’environ 1 000 morts, incluant les soldats, les rebelles et les civils pris entre deux feux. En intervenant, l’OTAN a permis aux rebelles de résumer leur attaque, prolongeant ainsi la guerre pendant encore sept mois et causant la mort d’au moins 7000 personnes de plus. (Alan Kuperman, Lessons from Libya: How Not to Intervene, Belfer Center for Science and International Affairs, septembre 2013)

Malgré ces chiffres, les médias tenteront encore une fois de nous convaincre que ce dont le monde a le plus besoin en ce moment est de se débarrasser du groupe terroriste Boko Haram et qu’une intervention militaire est la seule solution, même si la soi-disant guerre contre la terreur a en fait accru le terrorisme à l’échelle mondiale. Comme le faisait remarquer Washington’s Blog en 2013, « le terrorisme à l’échelle mondiale a diminué entre 1992 et 2004… mais est monté en flèche depuis 2004 ».

Le Guardian rapportait pour sa part en novembre 2014 :

L’ Index mondial du terrorime (Global Terrorism Index) a enregistré près de 18 000 décès l’an dernier, un bond d’environ 60 % par rapport à l’année précédente. Quatre groupes sont responsables de la majorité de ces décès : le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie; Boko Haram au Nigeria; les talibans en Afghanistan; et Al-Qaïda dans diverses parties du monde. (Ewen MacAskill, Fivefold increase in terrorism fatalities since 9/11, says report, The Guardian, 18 novembre 2014)

Le Guardian omet toutefois de mentionner, que tous ces groupes, y compris Boko Haram et le groupe État islamique, ont été, d’une manière ou d’une autre, armés, entraînés et financés par l’alliance des États-Unis et de l’OTAN, ainsi que leurs alliés au Moyen-Orient.

Grâce à l’appui clandestin des pays occidentaux, des marchands d’armes et des banquiers qui profitent de la mort et de la destruction, la guerre au terrorisme se porte bien. L’Occident prône des interventions militaires sans fin, feignant d’ignorer les causes réelles du terrorisme et la raison pour laquelle il se répand, cachant son rôle et de ce fait indiquant clairement son réel objectif en Afrique : alimenter le terrorisme pour déstabiliser et détruire des pays, justifiant ainsi l’invasion militaire menant à la conquête des terres les plus riches du continent africain, tout en feignant de sauver le monde de la terreur.

11 Réponses to “Ingérence occidentale en Afrique: Boko Haram du Nigéria enfant de la CIA ?”

  1. oscarsutter Says:

    Vous ne trouvez pas que ça commence à faire beaucoup d’enfants, mais alors vraiment beaucoup, et que pour éviter les familles trop nombreuses la CIA ne devrait pas oublier l’existence des préservatifs?

  2. oscarsutter Says:

    Petits méchants, vous me coupez l’herbe sous les pieds, le réformé calviniste sur le papier que je suis vous jure sur la Vierge Marie qu’il avait pensé ajouter cela dans un premier temps, mais je m’étais dit: « allons, mes pâtés doivent commencer à les ennuyer, faisons court pour une fois »;
    bien, protestant ou athée, Marie n’est pas sacrée pour moi, mais je dis vrai tout de même;

    Plus sérieusement: on observe dans le monde arabe un passage progressif du nationalisme socialisant à l’islamisme de plus en plus radical;

    cela aussi bien en Palestine qu’en Egypte depuis la mort de Nasser et en Algérie depuis celle de Boumediene; peut-on réellement à votre avis attribuer à la seule politique des USA un tel changement progressif, constant et global, de puis 1970 environ?

    • Notre position est la suivante: Dans le calendrier de l’Hégire (calendrier lunaire) ils sont en 1436. Question: Où en étions-nous, nous les « brillants chrétiens » en 1436 ?? Passées les croisades et leurs joyeux massacres, le génocide cathare, c’était la France de Charles VII, de la guerre de cent ans, les cendres de Jeanne étaient encore chaudes, l’église traquaient « sorcier et sorcière » (héritiers du druidisme païens en infidèles aux yeux des curetons), l’inquisition fonctionnait a plein pot, les bûchers chauffaient les grand-places, l’église était passée par le grand schisme d’occident et on s’acheminait vers la réforme et Luther/Calvin (qui firent autant de bûchers et firent brûler autant « d’hérétiques » que leurs collègues bouchers catholiques…) bref on était pas au top du progressisme politico-économico-religieux.
      L’Islam vit sa période tumultueuse fondamentaliste, avec le coup de pouce de l’occident, qui voit bien que générer une guerre religieuse entre les sunnites et les chiites comme ce fut fait entre les catholiques et les protestants, seraient bénéfique à la domination globale de l’occident impérialiste chrétien. Nous vous invitons à vraiment lire avec attention ce que nous traduisons en ce moment: les larges extraits de l’excellent ouvrage de Steven Newcomb (juriste amérindien Shawnee/Lenape): « Pagans in the romised Land, decoding the doctrine of christian discovery », car cela décortique comme on le fait d’une crevette avant de la manger le problème colonial moderne en remontant à sa racine religieuse chrétienne fondamentaliste, raciste, suprémaciste, eugéniste et imbécile (des deux bords catholique et protestant…).
      Donc nous pensons que l’Islam qui a déjà vécu son schisme, passera sa période fondamentaliste, et finira aux oubliettes comme toutes les religions monothéistes que ne sont que des mythologies du même acabit que les religions polythéistes, qui elles on le mérite de raconter de belles histoires fantasmagoriques (ah Thésée et le Minotaure, Icare, Hercule, Ulysse et l’odyssée, l’Olympe… toute notre jeunesse !), les mythologies polythéistes africaines et amérindiennes racontent de superbes histoires, 10 fois mieux que des barbus séparant la Mer Rouge ou se retrouvant sur un bout de bois pour ressusciter et faire mourir en son nom des millions de personnes au cours des siècles.
      Donc nous pensons que le fondamentalisme religieux est inhérent à toute religion, qu’il n’en constitue pas l’essence mais qu’il sert le pouvoir théocratique et qu’il est poussé à dessein par les contrôleurs des sociétés. En ce qui concerne l’Islam, c’est l’occident qui en est le catalyseur car cela sert les intérêts immédiats de l’empire et sa volonté de contrôle total mondial. Nous l’avons mentionné plus tôt: On ne parlait quasiment pas « d’islamisme » fondamentaliste avant disons 1979-80, ce qui correspond à la période de la guerre d’Afghanistan. Les « moudjahidines » afghans, renforcés par ce qui allait devenir la « légion arabe de la CIA » (Al Qaïda), y furent créés par le NSA de l’époque Zbigniew Brzezinski et son acolyte de la CIA Robert Gates (qu’on retrouve avec debeuliou bush et Obama I)
      Brzezinski contrôlait le « colonel Tim Osman » alias Oussama Ben Laden (voir la vidéo):
      http://www.youtube.com/watch?v=OJTv2nFjMBk
      En ce qui concerne les Palestiniens, la lutte était séculière depuis le départ culminant avec l’OLP (Arafat) et le FPLP (Abache), quand l’OLP a commencé à privilégier le politique sur la lutte armée, le danger pour Israël et les négociations devenait très grand car Arafat avait une stature et était respecté dans le monde arabe, il fallait diviser le mouvement palestinien, donc assassinat d’Arafat planifié et exécuté après l’avoir isolé en minant la lutte politique séculière palestinienne avec une création religieuse par le Mossad: le Hamas… Le Hamas est une création du Mossad en 1987: http://globalresearch.ca/articles/ZER403A.html Il y a toujours des taupes du Mossad au sein du Hamas, mais sous l’influence du Hezbollah, la branche armée du Hamas est sans doute moins voire pas du tout infiltrée tandis que la branche politique du Hamas ne peut en aucun cas être prise au sérieux. Khaled Meshaal après avoir fui Damas où le bureau directeur politique du hamas se trouvait, s’est réfugié… Au Qatar, qui finance les mercenaires islamistes voulant renverser Assad, donc les ennemis du Hamas… et tout le monde trouve çà normal !… Le mec réside à 1km d’une des plus grosses bases yankees au Moyen-Orient, peu de gens tiquent… enfin bref… Question: pourquoi Meshaal a t’il quitté Damas ?… sur ordre de qui ?…
      La résistance palestinienne est divisée et son peuple souffre plus que jamais… A qui cela profite t’il ?… Qui a intérêt à un fondamentalisme islamiste fort ?… Qui d’un autre côté protège les barbares féodaux des monarchies du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Qatar, EAU, Koweït etc…) ??… Pourquoi ? Pourquoi jamais un mot en occident sur les 90 décapitations en place publiques par an en Arabie, les corps des condamnés hissés par les pieds par une grue pour servir d’exemple, les femmes lapidées, les mains et les pieds coupés au sabre, les flagellations publiques des dissidents etc… Pourquoi la nuée de larbins politiques occidentaux se sont rués pour baiser la main du nouveau roitelet arabe de la secte dégénérée wahabbite ?
      Les réponses à ces questions se trouvent en analysant les vraies données du problème et qui se trouve derrière cette mascarade mortifère…
      Avons-nous répondu à la question posée ??…

  3. oscarsutter Says:

    Oui, vous avez répondu, et même très consciencieusement, on sent que vous êtes à la fois sincères autant qu’on voit que vous vous documentez un max; et je vous en remercie de tout coeur, excusez ce sentimentalisme mais vraiment j’ai été d’autant plus touché que j’ai rarement rencontré tant de tolérance et d’esprit de dialogue sans agressivité aucune sur un site politique;
    je dois pour être tout à fait soincère moi aussi préciser que je ne suis pas entièrement convaincu par le PARALLELE CHRONOLOGIQUE entre l’évolution du christianisme et celle de l’Islam, et cela parce que les Musulmans aujourd’hui ont sous les yeux, j’allais dire sous le nez, une vision du monde fondée sur des connaissances scientifiques et sur une évolution globale des valeurs humanistes admises (cf. par exemple la Déclaration des droits de l’homme de 1948) que nos « ancêtres » du moyen-Age et même de la renaissance étaient loin d’avoir pour les guider, en tout cas pour leur faire prendre conscience de la POSSIBILITE d’une autre culture, d’autres valeurs et d’autres mentalités et je précise, d’une culture qui malgré ses vices a montré sa puissance conquérante, y compris PARADOXALEMENT par ses crimes coloniaux commis aux XIXème et XXème siècles -ce qu’on appelle cyniquement la raison du plus fort » depuis La Fontaine… (Relisez « le loup et l’agneau » au besoin.). Au demeurant, n’oublions pas que le communisme à la soviétique lui aussi est une création de la culture occidentale, et que pour ne prendre qu’un exemple, les femmes pouvaient se promener en mini jupe à Kaboul jusqu’à la chute de Najibullah qui a été assassiné par les talibans alors qu’il s’était réfugié à l’ambassade soviétique, émasculé et son cadavre suspendu dans une rue si je me souviens bien…

    Cela pour dire que citer telles moeurs pacifiques et amènes de telle tribu amazonienne ou polynésienne serait intéressant mais sans constituer un exemple probant parce que ce sont les vainqueurs qui dictent leurs valeurs, non les vaincus ( vous pouvez lire à ce propos le beau et triste livre de Victor Segalen: « Les Immortels » -qui malheureusement ne le restèrent pas longtemps, après l’arrivée des Français-…)

    Or ce que vous devez bien savoir, c’est que je suis loin de m’indigner de manière sélective et purement « islamophobe (même si le maintiens que le Coran est tout sauf un guide de vertu et d »amour, ce que n’est pas non plus l’Ancien testament du reste, ni même le nouveau avec les tirades hystériques, homophobes et surtout haineusement misogynes, de Paul de Tarse qu’a si bien ciblé Michel Onfray dans son « traité d’athéologie »

    C’est ainsi que je n’oublie pas que c’est le régime communiste chinois, malgré les horribles débordements de la « Révolution Culturelle » dans les années soixante, qui a entrepris une lutte opiniâtre contre la tristement fameuse « tradition » des fillettes jetées dans des puits quand, dans le cadre des campagnes gouvernementales contre l’explosion démographique, l’enfant premier né, qui devait rester le seul, avait le malheur d’être du sexe féminin; et là il ne s’agissait pas de réagir dans l’environnement d’un pays de tribus dites « sauvages », mais dans celui d’une culture vantée depuis des siècles pour son raffinement, culture qui n’avait absolument rien à voir avec l’Islam et qui réservait pourtant aux femmes y compris celles qui avaient pour une raison ou une autre le droit de survivre, un sort lamentable, inacceptable même pour des capitalistes ou des communistes qui ni les uns ni les autres pourtant, ne s’étaient totalement débarrassés de la phallocratie, tant s’en faut…

    Et puisque j’évoque la Chine, comment ne pas faire allusion à sa voisine l’Inde: le système des ca

    • oscarsutter Says:

      L’ordi a pété les plombs ,je poursuis donc dans le cadre d’un nouvel envoi: le système des castes donc, n’a, lui non plus quoi que ce soit à voir avec l’Islam, et pourtant quand on le considère, on peut difficilement dire qu’il reflète la hauteur spirituelle brahmanique des Upanishads; vous savez sans que je me perde dans encore plus de détails à quel point c’est, dans son genre, l’horreur parfaite: mépris des pauvres qui le sont parce qu’ils ont mal vécu dans une vie antérieure et autres foutaises; quant aux femmes, c’est encore la sombre litanie des saloperies qu’elles doivent supporter, aujourd’hui encore j’ai entendu un violeur déclarer haut et fort que ce sont les femmes qui sont coupables des viols qu’elles subissent,que 8O% pour cent d’entre elles ont des habits et des comportements qui JUSTIFIENT le viol, et que quand elles sont violées, elles n’ont qu’à se laisser faire et la boucler ensuite; le mec n’a pas été jusqu’à préciser s’il leur conseillait d’essayer de jouir pendant le viol, dommage, on aurait vu mieux encore le degré de développement moral atteint dans une société NON ISLAMIQUE.

      Peut-être reconnaîtrez-vous par ces remarques qu’à défaut de bien saisir les enjeux stratégiques et les enchaînements de situations, notamment conflictuelles, j’essaie du moins de rester objectif, loin de me cramponner à l’exemple du seul clivage entre fanatisme islamique et tolérance -toute relative d’ailleurs- du monde chrétien;

      et donc, je termine par un retour sur l’Islam; il me semble qu’une partie du problème -pas sa totalité bien entendu- provient de ce qu’ils sont nourris par une idéologie qui leur dit qu’ils sont les plus forts, que les autres peuples de la planète entière doivent se soumettre de gré ou d force à la loi d’Allah; cela a fonctionné assez bien gâche à leur ardeur guerrière et à la division entre Chrétiens d’occident catholiques cet d’orient orthodoxes, laquelle a d’ailleurs précipité la chute de Constantinople.

      Mais vers la fin du XWIIème siècle, le réveil fut brutal et traumatisant: au nord de la Mer noire et dans le Caucase, recul généra

  4. oscarsutter Says:

    recul généralisé des Turcs devant la poussée russe; en Egypte, ces guerriers féroces et cavaliers d’élite qu’étaient les Mamelouks ont cru d’abord qu’ils ne feraient qu’une bouchée des contingents de Bonaparte; et ils se sont précipités à l’assaut, cimeterre au clair; seulement le temps avait passé et les Français de Bonaparte n’avaient plus rien à voir avec les anciens soldats byzantins; résultat, une boucherie sans appel, mais pas dans le sens qu’ils avaient prévu; et tout au long du siècle suivant, ils ont dû subir, ces élus d’Allah faits pour conquérir le monde, la dure loi de la supériorité technique et militaire des Occidentaux, et leur colonisation, rampante ou alors brutale en cas de résistance, comme en Algérie; l’empire ottoman connut une longue et humiliante agonie avant le sursaut nationaliste d’Ataturk, au lendemain de la première guerre mondiale… Voilà; depuis, les cartes ont été rebattues, mais pour l’essentiel, la domination occidentale, à la fois économique et militaire, continue. Et les fanatiques et autres fous furieux de Daesch , de Boko Haram pourront égorger, torturer et violer autant qu’ils voudront, soutenus par l’eurs complices d’Arabie saoudite, du Qatar et de Turquie, voire des Etats-unis comme vous le pensez, je n’écarte pas du tout cette éventualité, cela fera couler du sang et des larmes, il y aura encore des monceaux de morts, des massacres encore et encore, toujours la mort, l »a mort sans cesse renouvelée » comme le chantait Brassens dans « Mourir pour des idées »: cela ne changera PAS la donne; seule une guerre nucléaire entre Russes et Américains pourrait la changer; il semblerait que les Américains brûlent littéralement d’envie de la commencer, cette guerre; eh bien, qu’ils la commencent: je crois juste qu’il n’y aura plus grand-monde pour la terminer; d’ailleurs pour ce qui restera alors à « gérer », inutile que je vous fasse un dessin je crois…

    • Et oui.. conclusion ?
      N’est-il pas temps de changer de paradigme politique ? De redonner le pouvoir aux peuples en le rediluant dans ceux-ci là où il est particulièrement soluble et où il était avant que ne fusse rendu possible la division politique des sociétés ancestrales (terme que nous préférons à celui de « primitives » comme c’est de coutume en anthropologie… cf notre dossier Pierre Clastres sur ce blog).
      Il n’y a pas de solutions a sein du système pyramidal, théocratique ou séculier, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais. La seule voie possible est la société des sociétés comme prônée par quelqu’un comme Gustav Landauer, un confédération des conféderations des communes libres autogérées, égalitaires et émancipées de la division politique et économique. Ceci n’est pas une utopie, cela a déjà été sporadiquement mis en place et fonctionne à petite et grande échelle. La confédération des 6 nations iroquoises en est un exemple ancestral s’étendant du XIIème siècle à aujourd’hui, même si depuis la colonisation toujours en cours du continent américain, elle a dû cédé (temporairement) le pas aux inepties étatiques et capitalistes.
      Les temps sont mûrs pour foutre toute cette fange aux oubliettes ! Notre mission de fourmi travailleuse est de montrer un certain chemin de désintoxication politique et sociale.
      Tâche ingrate, de l’ombre et nécessitant une grande patience… On en a à revendre… 😉
      Merci des échanges qui enrichissent et débroussaillent certainement quelques esprits alentours.

    • Rappel de lecture, notre nouvelle série de traductions du livre de Steven Newcomb « Païen en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » dont l’Intro est ici:
      https://resistance71.wordpress.com/2015/03/04/comprendre-le-colonialisme-actuel-introduction-au-texte-paiens-en-terre-promise-decoder-la-doctrine-chretienne-de-la-decouverte-steven-newcomb/
      La suite décoiffe !…

  5. Bonjour, je suis à la recherche du fameux rapport de wikileaks cité ci dessus concernant le rôle de l’ambassade US au Nigeria. L’article cite un autre article qui ne donne aucun lien, ni même le nom de ce PUTAIN de rapport auquel tout l’internet fait référence en se rapportant à ce fameux article du non moins mystérieux « Mavengira ». Taper les mots clefs ne fait que ramener à tous les articles copiés collés qui citent Mavengira… ça me rend fou… S.O.S…

    • On ne sait pas, essaie de chercher sur FrontPage et sur DDG avec les mots clefs anglais suivants:
      « wikileaks role US embassy nigeria » et vois ce qui en sort… Il y a des pages sur le site de WL concernant le nigeria et l’ambassade yank…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.