La colonisation de l’Amérique du Nord continue… Des terres sacrées Apaches volées pour être données à l’exploitation minière de Rio Tinto… (Steven Newcomb)

Les luttes pour les terres apaches d’Arizona contre Rio Tinto, celles des Diné (Navajos) en lutte avec les nations Sioux et les nations Cree et autres du centre et Ouest canadien contre le passage de l’oléoduc Keystone XL de TransCanada, celles des Mohawks de Kahnawake menacés d’expulsion pour cause d’oléoduc, tout comme les Mik’maqs du Nouveau Brunswick, tout cela nous montre le colonialisme vorace et galopant toujours à l’œuvre. Ajoutons à cela les luttes des nations premières du Mexique, d’Amérique Centrale et du sud, du désastre écologique de l’Amazonie où les nations premières sont y toujours massacrées et nous comprenons pourquoi le colonialisme est TOUJOURS le plus grand fléau sur cette planète à éradiquer de toute urgence.

Pour que l’empire s’arrête, il suffit de lui retirer le paillasson de dessous les pieds: lui retirer sa pseudo-légitimité territoriale, comme l’explique très bien ici une fois de plus Steven Newcomb (Shawnee),

Un empire sans terre est à terre… Qu’on se le dise !

— Résistance 71 —

 

Le cadeau de Noël du congrès américain à la compagnie minière Rio Tinto

 

Steven Newcomb

 

27 décembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/12/27/congress-christmas-gift-rio-tinto-mining-company

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La compagnie minière Rio Tinto, propriété d’intérêts du Royaune-Uni et de l’Australie, est représentative du processus vorace et destructeur de la colonisation qui résulte en l’expropriation et l’exploitation de territoires des peuples et nations originels. La nation Apache est un exemple d’une nation originelle, bien connue pour ses célèbres leaders sans peur et sans reproches tels que Cochise et Géronimo, qui se sont battus pour conserver l’indépendance Apache vis à vis de l’empire américain des Etats-Unis.

Lorsque le congrès de ces mêmes Etats-Unis ont passé la loi de la National Defense Authorization Act of 2015 le 12 décembre 2014, il a par là même approuvé une appropriation de terre qui va donner à la compagnie minière transnationale Rio Tinto une zone de 970 hectares faisant partie d’un territoire traditionnel et sacré de la nation Apache. La zone est la base d’un gros dépôt naturel de cuivre qui va être exploité pour une valeur de plusieurs milliards de dollars qui iront remplir les poches des sociétés dominatrices que sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie.

Lorsque Phil Stago de la White Mountain Apache Nation s’est récemment plaint au membre du congrès Paul Gosar (Républicain-Arizona) au sujet de cette appropriation de terre déguisée que Gosar soutient, l’élu américain a démontré sa sympathie envers les préoccupations de Stago en disant: “Vous êtes toujours des pupilles du gouvernemetn fédéral”. Un pupille est quelqu’un jugé être un dépendant incompétent sous le contrôle d’un fiduciaire ou gardien légal responsable.

Une déclaration qui s’en suivît provenant du bureau de Gosbar dit en partie: “Un des sales petits secrets du gouvernement fédéral est que les tribus natives américaines ne sont pas des nations totalement souveraines dans la société d’aujourd’hui.

Les déclarations faites par des hommes d’état, passés maîtres dans l’art de la rhétorique, doivent être attentivement examinés en termes des mots qu’ils choisissent de ne pas utiliser parce que les utiliser révèlerait au grand jour ce qu’ils préfèrent laisser dans le non-dit, spécifiquement lorsque cela touche le sujet de la domination. Pensez par exemple à un phrasé bien plus explicite et révélateur si le représentant Gosbar avait parlé de “cette réalité et ces lois actuelles qui gouvernent la relation de domination coloniale entre les tribus et le gouvernement fédéral.

Si Gosar avait rendu explicite la relation coloniale et colonisante entre les Etats-Unis et les nations Indiennes, son commentaire remonterait au mot “colon”, qui est la racine du mot “colonisation”. La racine du mot “colon” est “colo”, ce qui veut dire, “filtrer les impuretés dans le processus d’extraction minière.” Extraire toutes les ressources, y compris les “ressources humaines”, est le contexte de fond et le but du processus impérialiste de colonisation.

Voici donc une question pour l’élu Gosbar: Sur quelle base logique se fondent les Etats-Unis pour affirmer que les nations indiennes “ne sont pas des nations totalement souveraines” ? Une réponse générique à cette question se trouve dans la déclaration de Gosbar: “Les lois courantes (des Etats-Unis) qui gouvernent la relation entre les tribus et le gouvernement fédéral.” Néanmoins, ce qui demande clarification est la partie spécifique de la loi états-unienne courante à laquelle il se réfère. Malheureusement, d’après l’agence Associated Press, le bureau de ce membre du congrès a refusé d’élaborer sur cette déclaration.

Pour bien comprendre la logique derrière l’affirmation des Etats-Unis disant que les nations indiennes ne sont pas totalement souveraines, nous devons remonter aux origines des Etats-Unis. Nous devons nous tourner vers la base originale qui a fait que les Etats-Unis ont professé, en tant que système politique, être les “souverains régnant” sur les territoires des nations indiennes que la couronne britannique avait déclaré, par usurpation royale, être les 13 colonies britanniques ou, en d’autres termes les 13 énormes zones qui devaient être filtrées et exploitées pour le profit monétaire et politique de la “couronne” du royaume britannique (NdT: à savoir la City de Londres et sa banque d’Angleterre/Vatican)

En tant que partie de l’entreprise coloniale et impérialste, des intellectuels travaillant à la solde de ce que George Washington avait appelé “notre empire naissant” ourdirent un argument qui pourrait être utilisé pour affirmer que les nations indiennes ne sont pas totalement souveraines et indépendantes. Cette logique fut développée extensivement lors du rendu de la cour suprême des Etats-Unis dans l’affaire de Johnson & Graham’s Lessee contre McIntosh (1823). La base religieuse chrétienne de cette logique fut distillée en une forme concise par le juge Joseph Story qui était un des membre de la cour supême de l’époque et qui écrivit et délivra le rendu de l’affaire.

Dans ses “Commentaires sur la Constitution des Etats-Unis” (1833), Story exprima cette logique de la manière suivante: “En tant qu’infidèles, païens, sauvages, elles (les nations indiennes) n’étaient pas autorisées à posséder les prérogatives appartenant à des nations absolues, souveraines et indépendantes.” Sur quelle base les Etats-Unis se sont ils arrogés le droit de clâmer unilatéralement une portion du territoire traditionnel de la nation apache comme étant la “Tonto National Forest?” D’après Story et le rendu de l’affaire Johnson contre M’Intosh, la logique des Etats-Unis est la suivante:

Parce que vos ancêtres n’étaient pas chrétiens et étaient vus par nos ancêtres comme étant des “infidèles, païens et sauvages”, nous, en tant que gouvernement fédéral des Etats-Unis, qui prévalons sur vous jusqu’à ce jour en tant que votre tuteur, avons le droit de déclarer unillatéralement et sans votre consentement, que votre territoire traditionnel de la nation apache est une “forêt nationale des Etats-Unis” et nous nous réservons le droit de le remettre à une entreprise minière commerciale étrangère.

Comme l’a stipulé le juge suprême John Marshall dans le rendu de l’affaire Johnson contre M’Intosh: “Elles (les nations chrétiennes d’Europe) ont assumé la domination ultime en elles-mêmes et ont affirmé et exercé cette ultime domination en tant que conséquence, prenant corps dans le fait de pouvoir attribuer le sol bien que celui-ci soit toujours en possession des natifs,”… “natifs, qui sont des païens.” Un tel pouvoir d’attribuer le sol inclut également les minerais qui sont dans celui-ci, comme le cuivre par exemple (NdT: ou le charbon et l’uranium dans les “Collines Noires” des territoires sacrés Sioux et bien d’autres…). Ceci est consistant avec ce que la cour suprême des Etats-Unis a décidé en 1896 dans l’affaire United States vs Kagama: “Ces tribus indiennes sont des pupilles de la nation (des Etats-Unis)”, de ceci résulte l’affirmation par les Etats-Unis de son pouvoir politique sur une très vaste zone géographique que ces mêmes Etats-Unis se sont appropriés.

Ce fiasco total en regard du territoire apache est une parfaite démonstration de ce que nous avons dit au sujet du dernier document résultant de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, qui ne donne aucune base de réforme au système conceptuel de domination que constitue la loi fédérale et la politique sur les Indiens (NdT: et l’Indian Act au Canada…). Ceci parce que le gouvernement des Etats-Unis (et celui du Canada) refuse de traiter ces documents comme une base de réforme.

La domination est une nation ou un peuple étant forcé de vivre en tant que sujet de la volonté arbitraire, ou contrôle d’une autre. La saisie des terres en Arizona illustre parfaitement la relation politique de domination que les Etats-Unis ont avec les nations indiennes originairement et toujours libres et indépendantes. Dans ce cas précis, Rio Tinto obtient les droits miniers sur des terres sacrées apaches et la nation apache, une fois de plus, est roulée dans la farine.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.