Archive pour décembre, 2014

Quelques textes poétiques essentiels de fin d’année ~ 3ème partie ~

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 28 décembre 2014 by Résistance 71

(Sans titre)

Haïssons le chant militaire,
Qui joue au souvenir des morts;
Car son rythme guerrier fait taire,
Dans le meilleur cœur, le remords.

~ Georges Brassens (1944) ~

Résistance politique: Lutter contre le colonialisme des mots, la sémantique de la soumission ~ 2ème partie ~ (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 28 décembre 2014 by Résistance 71

Cet article fait suite à celui que nous avions traduit et publié le 12 décembre: « Leadership et libération de nos nations originelles » par le même auteur Steven Newcomb (Shawnee-Lemappe). Ces deux articles analysent la sémantique coloniale employée pour maintenir le statu quo colonialiste à la fois dans les pays à gouvernance coloniale (Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande et toutes les nations du Commonwealth dépendantes de la « couronne britannique »), mais aussi ce qui est pire, aux Nations-Unies, qui n’est qu’un bureau de validation de l’hégémonie coloniale de l7occident et dont les institutions ne sont faites que pour mettre le « coup de tampon » officiel à la supercherie et aux crimes coloniaux occidentaux.

— Résistance 71 —

 

La sémantique coloniale des Etats-Unis et l’expression “les tribus de notre nation”

 

Steven Newcomb

 

16 décembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/12/16/colonial-semantics-united-states-our-nations-tribes

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un œil critique est très important lorsqu’il s’agit d’interpréter les déclarations des Nations-Unies au sujet de nos nations originelles (amérindiennes), qui sont si typiquement appelées “tribus indiennes”. Le 13 Septembre 2007, les Etats-Unis ont voté “non” à la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI), mais trois ans plus tard, le 15 Décembre 2010, le président Obama fît une annonce officielle de soutien à cette déclaration de l’ONU.

A cette époque, il semblerait que la plupart des peuples indiens ont alors pris le président Obama au mot et ne prirent jamais la peine d’interpréter le texte sous-jacent à cette déclaration. Quoi qu’il en soit, ceux qui payèrent quelque attention à ce qu’il se passait, ont noté sans coup férir qu’Obama avait aussi dit dans son annonce de décembre 2010 que le ministère des affaires étrangères américain publierait une explication plus détaillée et compréhensive de la position des Etats-Unis sur le sujet.

Glenn Morris (Shawnee), Peter d’Errico et moi-même (Shawnee-Lemappe), avons publié des articles au sujet de la déclaration du ministère des affaires étrangères américain de 2010. J’ai peut-être loupé l’analyse, mais je dois toujours voir une organisation majeure autochtone publier une analyse détaillée et profonde interprétant la déclaration du président Obama de 2010, aussi bien que celle du ministère des affaires étrangères sur la déclaration de l’ONU. Ce que je n’ai pas encore vu non plus de ces organisations indiennes est une analyse de comparaison entre la position américaine de 2007 et celle de 2010. Une telle comparaision montrerait qu’il n’y a quasiment aucune différence entres elles.

Un tel travail d’interprétation est critiquement important pour donner un contexte précis et sensé au sein duquel il est possible de discuter du document récent résultant de la réunion pléniaire de l’ONU sur les peuples indigènes, document nous dit-on, qui sera utilisé comme base d’une nouvelle Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU. Quand on y pense, nous devons nous rappeler que ce que les Etats-Unis vont mettre en application ne sera que sa propre interprétation de convénience de la déclaration de l’ONU, qui est épelée dans sa déclaration de 2010.

Lorsque nous faisons plus attention au contenu de l’article sur la position américaine datant du 16 décembre 2010, il devient alors évident de constater que le but des Etats-Unis est d’utiliser la DDPI pour renforcer le système de la loi fédérale sur les Indiens existant déja. Une partie de ce renforcement est accomplie en définissant les “tribus” reconnues fédéralement comme des possessions (physiques) politiques des Etats-Unis et en définissant le peuple amérindien comme “américain”, juste des Américains “natifs”, ou “premiers Américains”.

Une réalité américaine dominante qui cadre les “tribus indiennes comme des possessions des Etats-Unis” est renforcée à chaque fois que des nations indiennes originellement libres et de fait toujours libres de plein droit, sont citées comme étant des “tribus des Etats-Unis”. Une telle réalité de subjection est aussi renforcée lorsque les Etats-Unis utilisent la phrase “les tribus de notre nation”. Une telle utilisation coloniale du langage par les Etats-Unis démontre en fait qu’il n’y a aucun désir de ceux-ci à vouloir mettre fin à leur attitude de domination et leur attitude (coloniale) inhérente envers nos peuples et nations originels.

Le 2 décembre 2011, un an après avoir annoncé son soutien à la DDPI de l’ONU, le président Obama a signé le décret (executive order) 13592 sur l’éducation des Indiens dans lequel l’attitude coloniale de la Maison Blanche envers les nations indiennes est démontrée avec une simple expression employée: “nos tribus de la Nation”, qui dénote une tournure possessive de l’expression tout en établissant la hiérarchie des valeurs où les “tribus” avec un “t” sont positionnées sous la “Nation” avec un “N”, qui les possèdent en tant que “possession” coloniale. “Depuis des siècles, la relation du Gouvernement Fédéral avec ces tribus a été guidée par un contrat de confiance comcernant la responsabilité…” Avez-vous remarqué les “G” et “F” et “t” pour les entités respectives ? Ceci est significatif de la relation dominant/dominé dirigeant la structure politique de la relation entre nous et la loi et politique fédérales sur les Indiens.

Que devons-nous tirer de ces observations ? Avant son soi-disant soutien à la DDPI, les Etats-Unis exprimaient l’idée que les “tribus” indiennes fédéralement reconnues sont des possessions des Etats-Unis et depuis que le gouvernement américain a dit soutenir la DDPI de l’ONU, il a continué à exprimer et diffuser l’idée coloniale que les “tribus” fédéralement reconnues sont des possessions des Etats-Unis.

Voici ce qui est important: La sémantique coloniale des Etats-Unis n’a pas changé du tout en résultat de l’annonce par les Etats-Unis de leur soutien à la DDPI et tant que la terminologie états-unienne ne change pas, la réalité qui est construite par cette terminologie ne peut pas changer positivement ni même s’améliorer.

Les Etats-Unis utilisent la DDPI de l’ONU pour justifier de leur utilisation continuelle de la fondation conceptuelle de la loi et de la politique de la loi fédérale sur les Indiens dans sa forme actuelle et courante. Ce système présume que les Etats-Unis sont le “souverain” dans la relation aux “tribus indiennes fédéralement reconnues”, un “souverain” qui affirme sa propriété sous-jacente de tout territoire indien, que les Etats-Unis clâment être des “terres fédérales”, Aussi, le gouvernement des Etats-Unis, spécifiquement au travers de sa cour suprême, présume que les Etats-Unis possèdent un “pouvoir pléniaire” non pas seulement sur “les affaire indiennes” mais aussi sur les nations indiennes elles-mêmes.

Les Etats-Unis n’ont pas changé leur cadre conceptuel de la loi fédérale sur les indiens et leur politique inhérente pour coïncider avec leur “soutien” de la DDPI de l’ONU. Les Etats-Unis nous ont tous mis en demeure du fait qu’ils ont la pleine intention d’interpréter la déclaration de l’ONU en termes de la relation coloniale existante entre les nations indiennes et les dits Etats-Unis. Ceci est constamment démontré par l’utilisation de l’adjectif “tribal” apposé au mot “nations”.

Cadrer les nations indiennes en termes de “nations tribales” est une utilisation politiquement subordonnée de la langue anglaise contre nos nations. Dans la rhétorique états-unienne, les Etats-Unis sont la “Nation” avec le “niveau national”, tandis que nos nations ne sont que des “nations tribales” subordonnées, existant à un niveau sous-national, ce qui veut dire existant politiquement sous les Etats-Unis.

Le document résultant de la réunion pléniaire de haut niveau de l’ONU, qui est maintenant une résolution de l’ONU, ne fait qu’ajouter une couche suplémentaire à l’affaire. Le contenu de document des Etats-Unis émanant de son ministère des affaires étrangères en 2010, montre que rien n’a changé dans l’attitude des Etats-Unis sur son approche d’interprétation de la DDPI. Le document du MAE affirme frauduleusement que la déclaration de l’ONU “appelle” à une “nouvelle forme” d’auto-détermination pour les peuples indigènes. Ces organisations amérindiennes et autres qui négligent de vraiment porter toute l’attention nécessaire à la sémantique (coloniale) des Etats-Unis à ce sujet ne sont même pas engagées dans la plus simple et basique forme de discernement qui est critiquement important dans le contexte de l’arène politique internationale.

Quelques textes poétiques essentiels de fin d’année ~ 2ème partie ~

Posted in actualité, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , on 27 décembre 2014 by Résistance 71

Opinion

Le clergé vit au détriment
Du peuple qu’il vole et qu’il gruge ;
Et que finalement,
Il juge.

~ Georges Brassens (1942) ~

60 ans de “Monde Libertaire”

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Editorial du Monde Libertaire # 1759

 

18 Décembre 2014

 

Il y a un peu plus de soixante ans, au mois d’octobre 1954, le mensuel Le Monde libertaire paraissait pour la première fois, faisant suite au Libertaire, créé en 1895. L’organe de la Fédération anarchiste, laquelle sortait d’une grave crise interne, se présentait alors comme le fruit commun de « libertaires unis de toutes les écoles ». Six décennies plus tard, Le Monde libertaire, devenu hebdomadaire depuis 1977, est toujours là. On peut s’en réjouir, comme regretter que ses dénonciations du système capitaliste et de l’État soient toujours aussi nécessaires.

Car, de fait, le capitalisme ne s’est pas écroulé, se renforçant au fil de ses crises, dépassant violemment certaines de ses contradictions, en inscrivant toujours plus profondément dans nos chairs le fer rouge de l’exploitation économique et de l’oppression politique. Mais gardons-nous du pessimisme, que nous laisserons aux cyniques et aux résignés, et redoublons plutôt d’effort pour construire la révolution sociale.

En cela, Le Monde libertaire, si modeste soit-il, continuera tant qu’il le faudra de se faire l’écho des luttes émancipatrices et d’accueillir dans ses colonnes les débats politiques indispensables à l’élaboration permanente de la pensée anarchiste, pensée vivante s’il en est.

Soixante ans, après tout, ce n’est pas si vieux, et notre journal a encore toutes ses dents pour déchirer en lambeaux les liens qui nous enchaînent à cette société invivable où le bonheur de quelques-uns implique le sacrifice de milliards d’autres.

Quelques textes poétiques essentiels de fin d’année ~ 1ère partie ~

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, guerres imperialistes, philosophie, politique et social, résistance politique with tags , , on 27 décembre 2014 by Résistance 71

Conclusion

Le siècle où nous vivons est un siècle pourri.
Tout n’est que lâcheté, bassesse.
Les plus grands assassins vont aux plus grandes messes.
Et sont des plus grands les plus grands favoris.
Hommage de l’auteur à ceux qui l’ont compris.
Et merde aux autres !

~ Georges Brassens (1941) ~

Ingérence de plus en plus flagrante de l’empire en Ukraine: Soros postule à la présidence de la banque nationale…

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Pourquoi se cacher ? Avec déjà deux yankees au gouvernement ukrainien, Soros à la BN ? Quoi de plus normal ?..

— Résistance 71 —

 

George Soros candidat à la présidence de la banque nationale ukrainienne

 

LVDR (italien)

 

22 décembre 2014

 

url de l’article original en français:

http://ilfattoquotidiano.fr/george-soros-candidat-a-la-presidence-de-la-banque-nationale-ukrainienne/

 

En Ukraine, après le fils de Joe Biden et les ministres-clés aux mains d’étrangers, une autre place forte du pouvoir à Kiev pourrait être administré directement à la mode « coloniale ».

D’après l’agence de presse APA de Bakou (Azerbaidjian) qui cite la télévision ukrainienne « Canale 112 », le prochain chef de la Banque Nationale d’Ukraine pourrait bien être [le milliardaire américain] George Soros lui-même.

Les sources auxquelles se réfère Canale 112 ne sont pas citées, mais l’information proviendrait de collaborateurs directs du président Petro Poroshenko et de sources parlementaires de la Rada ukrainienne.

Soros ne serait cependant pas le seul candidat en lisse. Parmi les noms qui circulent figure aussi celui de l’ancien chef du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, qui avait terminé sa carrière à New York après avoir été accusé de violence sexuelle par une femme de chambre de l’hôtel. L’arrestation qui s’était ensuivie l’avait empêché de participer à la campagne présidentielle dont François Hollande est sorti vainqueur.

En tout – toujours selon les indiscrétions de Canale 112 citée par l’APA – pas moins de cinq candidatures auraient été examinées. Les trois noms toujours inconnus à cette heure seraient ceux de représentants du système de la Réserve fédérale américaine.

D’après KyivPost, l’homme d’affaires américain, George Soros, âgé de 84 ans, d’origine hongroise et émigré à New York en 1956, a financé à hauteur de 82 000 $ la naissance du nouveau pouvoir exécutif ukrainien à travers un processus de chasseur de têtes. C’est ainsi qu’ont été identifiés pour les postes de ministres et de fonctionnaires hautement qualifiés, 185 candidats potentiels parmi les étrangers présents à Kiev et les membres de la communauté ukrainienne qui travaillent au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Ce même Soros – d’après Fareed Zakaria de CNN -, après avoir financé des groupes et des activités de dissidents dans l’Est de l’Europe, en Pologne et en République tchèque pendant les révolutions de 1989 « a contribué à renverser le précédent gouvernement ukrainien en vue de créer les conditions d’une démocratie filo-Occidentale, et a joué un rôle important dans les événements d’aujourd’hui tout comme dans la révolution orange de 2004. »

Source : italian.ruvr.ru

Partie d’échecs géostratégique: Poutine joue avec les « blancs » et maîtrisent l’échiquier…

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… tandis que l’empire pense jouer avec les « blancs », mais joue avec les « noirs » dans une partie qui tourne au « cours après moi que je t’attrapes »… On peut même se poser la question de savoir s’ils jouent le même jeu ?… Quoi qu’il en soit, Poutine le fin stratège est en train de faire tourner la table. de là à ce que l’empire se retrouve en slip, il n’y a plus des kilomètres !…

— Résistance 71 —

 

Ce que Poutine ne nous dit pas

 

Pepe Escobar

 

21 décembre 2014

 

url de l’article:

http://www.vineyardsaker.fr/2014/12/21/loeil-itinerant-ce-que-poutine-ne-nous-dit-pas/

 

Lors de sa conférence de presse annuelle et du marathon de questions et réponses qui a suivi, même aux prises avec ce qui, à tous égards, constitue une tempête parfaite, le président Poutine a affiché un comportement extrêmement mesuré.

Cette tempête parfaite évolue sur deux fronts : une guerre économique ouverte (comme un siège mené à coup de sanctions) ainsi qu’une attaque concertée et secrète menée dans l’ombre, au cœur même de l’économie russe. Pour Washington, l’objectif ultime est clair : appauvrir et dégriffer l’adversaire, pour le forcer à s’incliner docilement devant les lubies de l’Empire du chaos [1]. Et s’en vanter à tout bout de champ jusqu’à la victoire [2].

Le problème, c’est qu’il se trouve que Moscou a impeccablement percé le jeu, et ce, même avant que Poutine, lors de la réunion du club Valdaï d’octobre dernier, ne décrive avec perspicacité la doctrine Obama, en disant que nos partenaires occidentaux sont des adeptes de la théorie du chaos contrôlé.

Poutine a donc parfaitement compris en quoi consistait l’attaque monstre de cette semaine, de type chaos contrôlé. L’Empire dispose d’un pouvoir monétaire massif, d’une influence énorme sur le Produit intérieur brut mondial de 85 000 milliards de dollars et du pouvoir bancaire qui sous‑tend tout ça. Rien de plus facile donc que de faire jouer ce pouvoir, par l’entremise des systèmes bancaires privés, qui contrôlent en réalité les banques centrales, pour lancer une attaque sur le rouble. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’Empire du chaosrêve de faire chuter le rouble d’environ 99 % (anéantissant du même coup l’économie russe). N’est‑ce pas là la meilleure façon d’imposer à la Russie la discipline impériale ?

L’option nucléaire

La Russie vend son pétrole à l’Occident en dollars US. Lukoil, par exemple, possède un dépôt en dollars US dans une banque américaine pour ses ventes de pétrole. Pour verser des salaires en roubles en Russie, Lukoil devra vendre ses dépôts en dollars US pour acheter en Russie un dépôt en roubles pour son compte bancaire, ce qui aura pour effet de soutenir la valeur du rouble. La question n’est pas de savoir s’ils accumulent des fonds à l’étranger, cela est une donnée.  La seule question est de savoir s’ils ne les font plus revenir en Russie. La réponse est non. Et il en va de même pour d’autres entreprises russes.

La Russie n’est pas en train de perdre ses économies, comme en jubilent les grands médias occidentaux. Elle peut toujours exiger des compagnies étrangères de se délocaliser en Russie. Apple pourrait par exemple y ouvrir une usine de fabrication. Les récents accords commerciaux sino‑russes incluent, entre autres, la construction d’usines en Russie par les Chinois. Vu la dépréciation du rouble, la Russie est en mesure d’exiger des entreprises manufacturières établies dans l’Union européenne de se délocaliser sur son territoire, sous peine de perdre leur accès au marché. Poutine a, en quelque sorte, admis que la Russie avait trop tardé à imposer une telle demande. La chose (positive en soi) est désormais inévitable.

Puis il y a aussi l’option nucléaire (option que Poutine n’a même pas eu à mentionner). Si la Russie devait décider d’imposer un contrôle des mouvements de capitaux ou un congé de remboursement de larges tranches de sa dette venant à échéance au début de 2015, cela équivaudrait au pilonnage du système financier européen (dans le style choc et stupeur). Après tout, une bonne partie du financement des banques et des grandes entreprises russes a été approuvée en Europe.

Pour ce qui est de la Russie elle‑même, l’exposition au risque n’est pas l’enjeu. Ce qui importe, ce sont les liens avec les banques européennes. Un banquier d’affaires me citait l’exemple de Lehman Brothers, qui a provoqué tout autant l’effondrement de l’économie européenne, que celui de la ville de New York (par le jeu des liens d’interconnexion). Et ça, même si Lehman était basée à New York. Ce qui compte, c’est l’effet domino.

Si la Russie devait déployer cette option financière nucléaire, le système financier occidental ne serait pas en mesure d’absorber le choc causé par l’interruption du service de la dette. Et cela prouverait (une fois pour toutes) que les spéculateurs de Wall Street ont érigé un château de cartes tellement fragile et corrompu, que la première vraie tempête aura suffi à le réduire en poussière.

Un seul coup suffirait

Et si la Russie cessait d’assurer le service de sa dette, créant du coup une sainte pagaille, compte tenu de ce que ça représente 600 milliards de dollars ? Ce scénario transparaît dans le fait que les Maîtres de l’univers demandent à Janet Yellen et à Mario Draghi de créer des crédits dans les systèmes bancaires, pour prévenir les dommages indus (comme ceux subis en 2008).

Mais imaginons qu’ensuite la Russie décide de couper l’acheminement du gaz et du pétrole vers l’Ouest (tout en maintenant les pipelines ouverts en direction de l’Est). Les services de renseignements russes pourraient causer des dommages considérables et constants aux postes de pompage, du Maghreb jusqu’au Moyen‑Orient. La Russie pourrait bloquer tout le gaz naturel et le pétrole en provenance des stans d’Asie centrale [3]. Le résultat ? L’effondrement financier le plus gigantesque de toute l’histoire. Et la fin des prétentions à l’exceptionnalisme de l’Empire du chaos.

Il s’agit bien sûr d’un scénario apocalyptique. Mais il ne faut pas provoquer l’Ours, car, ce scénario, il pourrait le réaliser en un éclair.

Lors de sa conférence de presse, Poutine [4] a affiché une attitude vraiment sereine, calme, contenue (et une ardeur à plonger dans les détails), car il sait que Moscou a les moyens d’une autarcie complète. Il va de soi qu’il s’agit d’une guerre asymétrique contre un empire dangereux qui s’écroule. Qu’en pensent les nains intellectuels qui fourmillent au sein de l’administration du canard boiteux Obama ? Qu’ils pourront vendre à l’opinion publique américaine (et mondiale) l’idée selon laquelle Washington (en fait, leurs caniches européens) affrontera une guerre nucléaire sur le théâtre européen au nom de l’État ukrainien en déroute ?

C’est une partie d’échecs. Le raid sur le rouble était censé faire échec et mat. Ça n’a pas marché. Pas quand le coup est porté par de simples amateurs de scrabble. Et n’oubliez pas le partenariat stratégique sino‑russe. La tempête est peut‑être en train de s’apaiser, mais la partie, elle, se poursuit.

Pepe Escobar

 

Article original : What Putin is not telling us (rt.com, anglais, 18-12-2014)

Traduit par Jacques pour vineyardsaker.fr

[1] Empire of Chaos: The Roving Eye Collection [amazon.fr, Kindle Edition]

[2] White House Brags Sanctions Put Russia On ‘Brink of Collapse’: Crippling Russian Economy Could ‘Force’ Putin to Obey US (antiwar.com, anglais, 16-12-2014)

[3] Les stans sont les pays dont le nom comporte ce suffixe : Afghanistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan, Turkménistan

[4] Putin: Russian economy will inevitably bounce back, 2 years in worst case scenario (rt.com, 18-12-2014)

Espoir de Noël ?… Le Confédéralisme et l’Autonomie Démocratique au Kurdistan syrien…

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Petite plongée dans l’Autonomie Démocratique du Rojava et de l’autogestion kurde dans une révolution sociale moderne. Le tout dans un contexte de guerre civile pilotée de l’extérieur par l’impérialisme occidental. cela ne va pas sans rappeler la révolution sociale espagnole de 1936… Faisons en sorte que cela ne se termine pas de la même façon…

L’Idée est là… et bien là. Puisse 2015 la faire germer de partout !

— Résistance 71 —

 

Le confédéralisme démocratique au Kurdistan

Impressions de Rojava

 

Janet Biehl

 

Décembre 2014

 

Url de l’article original:

http://robertgraham.wordpress.com/2014/12/20/libertarian-revolution-in-rojava/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71~

 

Rojava consiste en trois cantons géographiquement non-contigus, nous n’avons pu voir que celui le plus à l’Est, Cezire ou Jazira, à cause de la guerre continue avec l’État Islamique (EI) qui fait rage à l’Ouest, spécifiquement autour de Kobané. Partout ailleurs, nous avons été chaleureusement été accueillis.

Après que des groupes d’opposition tunisien et égyptien aient monté une insurrection lors du printemps arabe de 2011, des syriens rebelles se sont aussi soulevés, initiant une guerre civile (NdT: Nous savons depuis que tout cela a été fomenté par la NED/CIA et sa 5ème colonne d’ONG dans ces pays respectifs à des fins de déstabilisation au profit de l’empire et ses transnationales…). Durant l’été 2012, le régime autoritaire s’est effondré à Rojava et les Kurdes n’eurent que peu de problèmes à persuader ses officiels de sortir du processus politique de manière non-violente.

Les gens de la province de Rojava (essentiellement Kurdes, mais aussi Arabes, Assyriens, Tchétchènes et autres ethnies) durent ensuite faire face au choix de s’aligner avec le régime qui les avait persécuté ou avec les groupes d’opposition islamistes.

Les Kurdes du Rojava étant relativement séculier, ils refusèrent les deux côtés et décidèrent de s’embarquer dans une troisième voie, fondée sur les idées d’Abdullah Ocalan, le leader kurde (PKK) emprisonné qui a repensé la solution kurde, la nature même de la révolution (NdT: Le PKK, créé dans les années 1970, est originellement marxiste-léniniste) vers une modernité alternative à l’état-nation et au capitalisme… tirant ses sources de manière éclectique de l’histoire, de la philosophie, de la politique et de l’anthropologie, Ocalan a proposé une solution de “Confédéralisme Démocratique”, nom choisi pour un programme de liaison visant à une démocratie par la base de la société, pour l’égalité des genres, l’écologie et une économie participative et coopérative. La mise en place de ces principes dans des institutions non seulement d’autogestion démocratique mais aussi économiquement, éducativement autogestionnaire avec des ramifications sociales sur la santé et l’égalité des genres, tout ceci est appelée l’Autonomie Démocratique.

Une révolution des femmes

Sous cette troisième voie, les trois cantons du Rojava ont déclaré l’Autonomie Démocratique et l’ont formellement établi avec un contrat social (le terme non-étatique utilisé au lieu du mot “constitution”). Sous ce programme, ils ont créé un système d’autogestion populaire, fondé dans les assemblées des voisinages dans les communes (comprenant plusieurs centaines de foyers chacune), assemblées ouvertes à toutes et tous et avec un pouvoir émanant de la base qui élit des représentants aux niveaux de la ville et du canton (NdT: mandat révocable, délégués sous contrôle des assemblées populaires)

Lorsque notre délégation a visité un voisinage de la ville de Qamishlo (plus grande ville du canton de Cezire), nous avons assisté à une réunion d’un conseil populaire local, où l’électricité et des problèmes faisant référence aux femmes, des résolutions de conflit et des sujets liés aux familles de martyrs, étaient discutés. Les hommes et les femmes étaient assis et participaient ensemble. Ailleurs dans Qamishlo, nous avons été témoins d’une assemblée de femmes discutant de problèmes directement liés à leur genre.

Le genre est d’une importance spéciale à ce projet d’émancipation humaine. Nous avons en fait très vite compris que la révolution de Rojava est fondamentalement une révolution des femmes. Cette partie du monde est traditionnellement attachée à une très forte oppression patriarcale: être née femme est être à risque d’abus violents, de mariage forcé en étant enfant, de meurtre “d’honneur”, de polygamie et bien plus.

Mais aujourd’hui, les femmes de Rojava ont secoué la tradition et participent pleinement à la vie publique: à tout niveau de la politique et de la société, Le leadership institutionnel consiste non pas en une position, mais deux, une position homme et une position femme pour la garantie de l’égalité des genres, mais aussi pour éviter que trop de pouvoir ne se concentre en les mains d’une seule personne.

Les représentantes de Yekitiya Star, l’organisation ombrelle des groupes de femmes, a expliqué que les femmes sont essentielles à la démocratie, elles ont même défini l’antogoniste de la liberté des femmes, non pas par le patriarcat de manière stupéfiante, mais l’état-nation et la modernité capitaliste. La révolution des femmes vise à libérer tout le monde. Les femmes sont à cette révolution ce que le prolétariat était aux révolutions marxiste-léniniste du siècle dernier. Elle a profondément transformé non seulement le statut des femmes mais aussi chaque aspect de la société.

Même les segments de la société traditionnellement dominés par les hommes comme l’armée, ont été profondément transformés. Les Unités de Protection du Peuple (YPG) ont été rejointes par le YPJ, ou les Unités de Protection des Femmes, dont les images sont maintenant devenues célèbres dans le monde entier. Ensemble, le YPG et le YPJ défendent la société contre les djihadistes de l’EIIL et d’Al Nosra avec des Kalashnikovs et, peut-être de manière tout aussi formidable, une motivation intellectuelle et émotionnelle non seulement envers la survie de leur communauté mais aussi de ses aspirations et de ses idées politiques.

Quand nous avons visité une réunion des YPJ, on nous a dit que l’éducation des combattantes consistait non seulement en un entrainement pratique comme celui des armes, mais aussi dans l’Autonomie Démocratique. “Nous combattons pour nos idées”, insistent-elles chaque fois. Deux des femmes que nous avons rencontrées ont été blessées au combat. L’une était assise avec une perfusion dans le bras, l’autre avait une béquille métallique. Toutes deux grimaçaient de douleur, mais ont eu la force et la discipline de participer à notre session d’entretien.

Cooperation et Education

Les gens de Rojava se battent certes pour la survie de leur communauté, mais par-dessus tout, comme nous l’ont dit et redit les YPJ, pour leurs idées. Les gens ont même mis le succès de la mise en place de la démocratie au-dessus de l’ethnicité. Leur accord social affirme l’inclusion des minorités ethniques (arabe, tchétchène, assyrienne) et religieuses (musulmans, chrétiens et Yézidis) ; l’Autonomie Démocratique en pratique, semble tendre la main vers l’arrière pour inclure les minorités, sans l’imposer aux autres contre leur gré, laissant en cela la porte ouverte à tous.

Lorsque notre délégation a demandé à un groupe d’Assyriens de nous dire quels étaient les défis, les challenges rencontrés avec l’Autonomie Démocratique, ils nous ont dit qu’il n’y en avait pas. En neuf jours, nous n’avons bien sûr pas pu évaluer Rojava pour tous ses problèmes et nos interlocuteurs ont candidement admis que Rojava n’est pas exempte de toute critique, mais d’aussi loin que j’ai pu le constater, Rojava au strict minimum aspire à se faire un modèle de tolérance et de pluralisme dans une région du monde qui a vu bien trop de fanatisme et de répression et quelqu’en soit le succès, ceci commande le respect.

Le modèle économique de Rojava est le même que son modèle politique, nous a dit un conseiller économique de la ville de Derik: créer une “économie de communauté”, construire des coopératives dans tous les secteurs et éduquer les gens à cette idée. Le conseiller a exprimé sa satisfaction en disant que bien que 70% des ressources de Rojava devaient aller vers l’effort de guerre, l’économie parvient quand même à fournir tous les besoins de base à tout le monde.

Ils poussent pour l’auto-suffisance, parce qu’ils le doivent: le fait crucial ici est de savoir que Rojava existe malgré un embargo. La région ne peut ni exporter, ni importer de son voisin immédiat du Nord, la Turquie, qui voudrait bien voir disparaître l’ensemble du projet kurde.

Même le KRG, sous contrôle de leur semblable ethnique mais lié économiquement à la Turquie, observe l’embargo, bien que le commerce frontalier entre Rojava et KRG se produit maintenant dans la vague du développement politique. Mais le pays manque toujours de ressources. Ceci ne démotive en rien leur esprit: “s’il n’y a que du pain à manger, alors nous le partagerons”, nous a dit le conseiller.

Nous avons visité une académie d’économie et des coopératives, une coopérative textile de Derik, faisant des uniformes pour les forces de défense ; une serre coopérative qui fait pousser des concombres et des tomates, une coopérative de produits laitiers à Rimelan, où un nouveau bâtiment était en construction.

Les zones rurales du kurdistan syrien sont les plus fertiles de la Syrie, elles abritent d’abondantes récoltes de blé, mais le régime Baathiste a délibérément ralenti l’industrialisation de la zone, une source de matières premières. Ainsi, le blé pouvait être cultivé, mais il n’y avait pas de moulin industriel pour le moudre et faire de la farine. Nous avons visité un moulin récemment construit depuis la révolution, improvisé avec des matériaux locaux. Il fournit maintenant de la farine pour le pain consommé à Cezire, dont tous les résidents reçoivent trois miches de pain par jour.

Similairement, Cezire était la source majeure de pétrole de la Syrie et avait développé plusieurs milliers de puits de pétrole, la plupart dans la région de Rimelan. Mais le régime baathiste s’est assuré que Rojava n’ait pas de raffineries, forçant ainsi le pétrole à être transporté vers des raffineries ailleurs en Syrie. Depuis la révolution, les habitants de Rojava ont improvisé deux nouvelles raffineries, qui sont essentiellement utilisées pour fournir du gasoil pour les générateurs qui alimentent en électricité le canton. L’industrie locale du pétrole, si tant est qu’on puisse l’appeler ainsi, produit suffisamment pour les besoins locaux, rien de plus.

Une révolution “faites-vous-mêmes”

Le niveau d’improvisation est stupéfiant à travers tout le canton. Plus nous voyagions dans Rojava et plus je m’émerveillais de la nature “faites-vous-mêmes” de la révolution, sa confiance en l’ingénuosité locale avec les rares matériaux à disposition. Mais ce ne fut pas avant que nous visitions les différentes écoles, l’académie des femmes de Rimelan et l’académie mésopotamienne de Qamishlo, que je réalisais à quel point ceci est partie intégrante du système dans son ensemble.

Le systéme éducatif de Rojava est non-traditionnel, rejette les idées de hiérarchie, de pouvoir et d’hégémonie. Au lieu de suivre une hiérarchie enseignant-élève, les élèves s’enseignent les uns les autres et apprennent de l’expérience de l’autre. Les élèves apprennent ce qui est utile de manière pratique, ils “recherchent une signification”, comme on nous dit, aux sujet intellectuels. Ils ne mémorisent pas, ils apprennent à penser par et pour eux-mêmes et à prendre des décisions, à devenir des sujets actifs de leurs propres vies. Ils apprennent à avoir le pouvoir et à participer à l’Autonomie Démocratique.

Résistance politique: Le gouvernement nazi de Harper perpétue le programme de solution finale indienne commencée en 1924…

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La solution finale du Canada

 

Mohawk Nation News

 

21 décembre 2014

 

url de l’article original:
http://mohawknationnews.com/blog/2014/12/21/canadas-final-solution/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pourquoi des tables de négociations, un ministère de la guerre des affaires indiennes et une police spécifiquement entraînée militairement et ses stratégies de surveillance ? Pourquoi l’entreprise Canada doit-elle passer des lois illégales pour nous voler et nous évincer ? De fait, ils reconnaissent que nous sommes souverains d’Onowaregeh (Île de a Grande Tortue). Pour essayer de nous contrôler, prendre et avoir le droit de domination sur toute notre terre et nos posessions, ils planifient de nous massacrer une bonne fois pour toute.

2014 est la 90ème année de leur “plan sur 100 ans” de complétion d’une annihilation complète d’Ongwe’hon:we, plan qui a commencé en 1924. Les lois illégales sur les terres indiennes furent passées dans chaque province. Ceci est appelé “la solution finale du problème INDIEN” et il fut mis en application par Duncan Campbell Scott (NdT: alors le directeur des affaires indiennes du Canada) Les nazis ont transformé nos communautés en camps de prisonniers de guerre. Nos enfants nous furent enlevés et mis de forces dans des pensionnats pour Indiens qui furent des camps de la mort (NdT: plus de 50 000 enfants autochtones moururent et “disparurent” entre 1890 et les années 1990… Le dernier de ces pensionnats de la honte a fermé ses portes en 1996, ce n’est pas de “l’histoire ancienne”, il n’y a de toute façon pas prescription sur les crimes contre l’humanité…) et y furent assassinés par milliers. Ils ont pensé que la vie serait si insoutenable maintenant, que nous nous précipiterions vers leurs abattoirs. Stephen Harper, le patron de la faction nazie de l’entreprise Canada est en train d’essayer de mener à bien les dernières dix années de la solution finale.

Les INDIENS entrepreneuriaux/corporatifs (les conseils de bandes, les organisations provinciales et territoriales et ceux qui votent pour eux) ont été vonlontairement assimilés. Ongwe’hon:we, le véritable peuple naturel de la terre, ne l’a pas été, lui. Nous avons faussement et frauduleuseent été étiquetés d’INDIENS au travers de leurs lois illégales, par la coercition de l’état, par la famine et la mort. Nous avons été mis sur Onowaregeh depuis le début des temps humains. Notre Terre-Mère nous a toujours rappelé d’exister en fonction des lois naturelles de la terre.

Les INDIENS (corporatifs) en tant que population coloniale, aident le CANADA dans sa perpétration de génocide et de la signature de vente illégale de nos terres et de nos possessions. La population coloniale ne s’est pas tenue à nos côtés contre cette planification de meurtre en série d’Ongwe’hon:we.

Le procès de La Hague pour ces actes criminels arrivera bientôt. Nous avons le devoir de créer un futur pour les visages à venir (générations futures), notre résistance sera de tous les instants. Le Canada nazi s’effondrera ! Dekanavida nous a dit que le serpent noir nous verra nous enfuir pour panser nos blessures dans les collines et dire: “Nous n’avons pas de querelle avec toi.” Nous verrons la véritable paix.

Comme le dit Pink Floyd: “Hello? Is there anybody in there? Just nod if you can hear me. Is there anybody home?”

Résistance et renouveau politique: Le confédéralisme démocratique kurde montre une certaine voie…

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Seule la partie « électorale » ne nous convainc pas, pour le reste, il s’agit d’un grand pas en avant démocratique, à l’instar des Zapatistes du Chiapas au Mexique.
Le contre-pouvoir de la confédération des communes libres doit à notre sens être atteint hors système étatique. Il n’y a pas de « réforme » de « noyautage » possible d’un système bien au-delà de toute rédemption. La société organique s’organise et dilue le pouvoir au sein des communes (libres) que se fédèrent entr’elles.

— Résistance 71 —

« Pour renverser le capitalisme et l’État, les individus doivent s’unifier en communautés, se rassembler et croître ensemble dans un cadre donnant un sens d’appartenance, un corps social fournissant de nombreux organes et sections. Si ceci devait se produire, la création d’une « véritable structure sociale organique », comme le disait Gustav Landauer, pourrait commencer et c’est cette structure qui dans le temps  « détruit » l’État en le déplaçant. Avec la croissance de l’individu en familles, des familles en communautés et communautés en association volontaire, une entière infrastructure alternative se lèvera alors du sein même de l’État, pour éventuellement le remplacer en le dépassant dans sa dimension pratique afin que l’ordre politico-social existant soit enfin remplacé par une « société des sociétés » (Landauer) volontaire et totalement librement constituée.
~ James Horrox ~

 

Bookchin, les Kurdes et l’anarchisme

 

Pierre Bance

 

15 Décembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.autrefutur.net/Bookchin-les-Kurdes-et-l

 

La résistance de la ville de Kobané aux assauts des islamistes a révélé au monde la mise en route par les Kurdes de l’« autonomie démocratique » dans le nord de la Syrie, le Rojava. Un système politique pensé, depuis sa prison turque, par le fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan, lui-même inspiré par « l’écologie sociale » et sa traduction politique, le « municipalisme libertaire », du philosophe américain Murray Bookchin (1921-2006).


Les anarchistes, toujours plein d’espoir, saluent la conversion idéologique du chef d’un parti communiste léniniste avec une certaine témérité ! Défiler avec une banderole « Des armes pour la résistance kurde », à l’égal de l’ensemble du spectre politique, est-ce bien prudent quand on connaît le fournisseur mais non l’utilisateur final dans une zone où les islamistes ont été principalement armés, volontairement ou non, par les Occidentaux ? Céder à un fantasme érotico-militant en se laissant fasciner par l’image, notoirement fabriquée par les grands médias, de combattantes kurdes en uniforme et armées, ombres d’une guerre d’Espagne idéalisée, est-ce bien libertaire ? Les plus avisés des militants nuancent leur enthousiasme naturel en attente d’informations dont certains se sont mis en quête jusque sur place. Pour l’instant, la seule information sûre dont on dispose tient aux textes de Bookchin [1]

Bookchin écrivit que « l’obligation faite à l’humain de dominer la nature découle directement de la domination de l’humain sur l’humain ». Ce qui se traduit par l’idée que le capitalisme détruit la nature et condamne l’homme à la disparition sauf à saper son outil de domination et d’aliénation, l’État, avant la réalisation de cette désespérante perspective. Le modèle proposé par Bookchin s’appuie sur les communes et leur libre fédération au niveau approprié à chaque question sociale, économique, politique, culturelle… écologique bien sûr. Les délégués des communes sont élus par les habitants du village ou du quartier, voire tirés au sort, et révocables à tout moment. Jusque-là rien de choquant pour la doxa anarchiste, il s’agit bien du fédéralisme proudhonien revu par Kropotkine et d’autres. C’est la stratégie qui cloche et explique la faible audience de Bookchin en Europe.

Ce dernier propose non pas de renverser l’État par une révolution mais de le subvertir, de le phagocyter en développant une société parallèle au système légal de représentation. Dans un premier temps, un mouvement venu de la base se présente aux élections locales pour s’insinuer dans les conseils municipaux et « prendre le pouvoir » communal afin de propager l’idée de démocratie directe et favoriser une politique de décroissance maîtrisée ; c’est peut-être ce qui se passe dans le Kurdistan « turc ». Dans un deuxième temps, les communes acquises à l’écologie sociale et au communalisme se fédèrent ; comme dans le Rojava aujourd’hui. Dans un dernier temps, leur fédération, devenue contre-société et contre-pouvoir, rend inopérantes les anciennes institutions, submergées, délégitimées. Cette stratégie essuya un tir de barrage des anarchistes dans les années 70-80 notamment lors de la parution en 1976 du recueil de textes Pour une société écologique (Christian Bourgois). Pour les anarcho-syndicalistes, Bookchin ne donnait aucun rôle au syndicat, moteur de la lutte des classes et modèle de fonctionnement d’un autre futur ; pour d’autres courants, il ne tenait pas compte des perversions de l’électoralisme et sous-estimait la capacité de réaction du capital ; pour d’autres encore, sa fédération de communes au pouvoir constituant relancerait une forme d’État. Les quelques communistes libertaires qui osèrent l’expérience municipale ne récoltèrent que sarcasmes.

L’histoire a fait son œuvre. Démocratie directe, fédéralisme, autogestion, assemblée générale, respect de la position minoritaire, mandat précis, délégation révocable, etc. font vivre les mouvements sociaux de par le monde et relèguent aux catacombes les méthodes du marxisme-léninisme. Même si déjà, en 1964, Bookchin constatait que « l’évolution historique a vidé de leur sens pratiquement toutes les objections aux idées anarchistes », il pensait aussi que l’anarchisme avait besoin d’une mise à jour. On l’attend encore. Viendra-t-elle du PKK transmuté, de ses rameaux de Syrie ou d’Irak ? Plus que les bombes, l’anarchisme serait-il la juste réponse à l’islamisme ? Penser que l’idée émancipatrice sera plus forte que la mitraille pour vaincre l’obscurantisme est nécessaire et raisonnable. Et c’est pour cela qu’il faut aider, la résistance kurde, soutenir ceux qui s’engagent à ses côtés. Selon nos moyens, sans fabriquer de mythe, sans chercher le « grand Autre ».

 

Notes

[1] Peu de ces écrits sont disponibles en français. Heureusement, pour une première approche, vient de sortir une brochure de qualité dans laquelle Vincent Gerber et Floréal Romero, associent leurs commentaires à des morceaux choisis (Murray Bookchin, pour une écologie sociale et radicale, Neuvy-en-Champagne, Le passager clandestin, « Les précurseurs de la décroissance », 2014, 92 pages, 8 €). 
Pour avoir une idée plus précise de l’écologie sociale, consulter le site Écologie sociale.ch (http://www.ecologiesociale.ch/) où l’on trouvera, une bibliographie des textes de Bookchin traduits en français. 
Sur les Kurdes, la diversité de leurs positions, la complexité de leurs alliances, lire d’Allan Kaval, « Les Kurdes combien de divisions ? », Le Monde diplomatique, novembre 2014. 
Sur la perception anarchiste de la question, consulter, entres autres : 
 Le Monde libertaire, n° 1750, 2-8 octobre 2014, page 12 (Rafael Taylor) ; 1752, 16-22 octobre 2014, page 3 (Anarchiste soloidaires de la résistance du Rojava) ; n° 173, 23-29 octobre 2014, page 12 (David Graeber) ; n° 1755, 6-12 novembre 2014, page 16 (Anarchistes solidaires). 
 Alterrnative libertaire, n° 244, novembre 2014, page 8 (Dossier) ; n° 245, décembre 2014, page 15 (Délégation française à Kobané).