Résistance au colonialisme: Petit précis d’histoire de France et du Québec par le bout de la lorgnette Mohawk… (Mohawk Nation News)

Richelieu (Québec): Unité, vigueur et paix

 

Mohawk Nation News

 

3 Novembre 2014

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/11/03/richelieu-unity-strength-peace/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’éditrice de Mohawk Nation News (NdT: Kahentinetha Horn de MNN qu’elle créa lors de la crise d’Oka en 1990) a fait ces commentaires aux Québecois dans la ville de Sorel, une ville en territoire Mohawk de Kahnawake. Une statue dédiée au peuple français y était inaugurée.

“Les Français ont créé la guerre entre les Iroquois et la Nouvelle-France de 1609 à 1701. Ce fut une guerre de 92 ans contre nous. Il perdirent et demandèrent à en finir avec les guerres. La grande paix de Montréal fut faite le 25 Juin 1701, durant le solstice d’été.

Nous, les Mohawks, mirent en application la Grande Loi de la confédération iroquoise en tant que “Gardiens de la porte orientale” de nos territoires. La route française vers les colonies américaines commençait à Richelieu en descendant la rivière Richelieu vers le lac Champlain en aval, de la rivière Hudson jusqu’à New York. L’agent des lignes de sang des royautés européennes, Champlain, a commencé leur guerre contre la paix depuis Richelieu et jusque Ticonderoga où ils tuèrent deux de nos chefs. Nous n’avions jamais vu d’armes à feu auparavant.

Le fort, ou forteresse de Richelieu fut ensuite construit pour protéger les voyageurs, les colons et l’armée, des Mohawks. En 1647, nous l’avons brûlé. L’armée française l’a reconstruit en 1665.

Le boulot de Champlain était de diviser les nations indiennes après l’expérience de milliers d’années de paix. Il commença une guerre d’extermination des Mohawks afin de briser la paix qui nous liait avec les Hurons et les Algonquins. En 1645, nous avons envahi l’Ontario et avons défait les Hurons et les Algonquins. Nous avons pris possession de leurs territoires parce qu’ils avaient brisé la loi de la Grande Paix, Kaianerehkowa.

Le plan français était de prendre en compte et de coloniser l’Île de la Grande Tortue (NdT: L’Amérique du Nord pour les autochtones). Après avoir perdu leur guerre contre nous, ils changèrent leur plan de guerre pour celui de la paix. Les Français ont signé la grande paix de Montréal, fondée sur le Wampum Deux Rangées appelé “Guswentha” et sur Kaianerehkowa, la loi de la Grande Paix. Peu de temps après, en Août 1701, les Anglais acceptèrent également la Grande Paix à Albany.

Les Québecois doivent être fier d’avoir pris part à la première conférence internationale pour la paix dans le monde qui s’est tenue à Montréal en 1701. Ils ont accepté la paix avant même les Anglais et quiconque d’autre. Toutes les nations de l’Île de la Grande Tortue étaient représentées par les 49 nations qui y prirent part au travers de leur amitié et alliances avec la confédération iroquoise.

Puis en 1710, nous envoyâmes 5 chefs à la cour de la reine Anne d’Angleterre à Londres pour y expliquer la Grande Paix (Kaianerehkowa) aux 13 familles de lignée royale d’Europe. Ce fut la toute première conférence internationale pour la paix de l’histoire.

Aujourd’hui vivons-nous une des époques la plus importante dans l’histoire de nos relations. Bientôt le monde connaîtra la paix. Québecois, il est temps que vous vous engagiez dans la Grande Paix, qui fut mise dans vos esprits lorsque vos qncêtres acceptèrent la paix. Vous vous êtes engagés à la propager. Maintenant, nous vous demandons de le faire de la manière dont c’était prévu que cela se fasse.

Les Français sont les tous premiers européens au monde à avoir accepté la Grande Loi de nous, les Iroquois. Ils prirent les principes de la loi de la Grande Paix avec eux en France et créèrent le premier gouvernement républicain en Europe. Tenons-nous la main en cercle symboliquement et refaisons ce serment d’accord qui fut fait il y a si longtemps. Célébrons en plantant l’arbre de la paix de façon à ce tout à chacun dans le monde puisse suivre ses racines et disséminer la paix à travers le monde. Créons une force indestructible ici depuis le Québec où tout a commencé.

Skennen,gasatensera, kariwiio ~ Paix, droiture et pouvoir.”

Les Québecois ont un rôle à jouer très important dans le monde. Cette chanson vieille de 100 ans de George Marsh fut chantée tant et encore par les Québecois: “Do the cow-moose call on the Montreal, when the first frost bites the air, and the mists unfold from the red and gold that the autumn ridges wear”.

Écoutez: Old Canoe.

Regardez: Louis explains “twistory”.

Après que les Québecois aient signé la Grande Paix de Montréal, les idées de paix s’en allèrent en Europe et commencèrent la révolution française qui continue. Les Québecois ont un rôle important à jouer quant à transmettre la paix.

Rebellion in France today.

 

5 Réponses vers “Résistance au colonialisme: Petit précis d’histoire de France et du Québec par le bout de la lorgnette Mohawk… (Mohawk Nation News)”

  1. Merci à vous R71 pour cette traduction de Kahentinetha. Et espérons que cet appel sera entendu et compris par le plus grand nombre. Il arrive à point nommé car tout se barre en *ouille…
    Pour ma part, j’entends et comprends cet appel. Cela rejoint ce que je viens de lire sur http://www.mondialisation-ca qui nous rappelait le sort qui a été fait à Tupac Amaru… Je me souviens de mes cours d’espagnol et de l’histoire de Montezuma également. L’Histoire nous parle si nous savons écouter et je suis personnellement toute ouïe !

  2. Champlain a eut la main forcée par les Montagnais avec qui il avait conclu une alliance qui l’obligeait à se battre à leur côté. S’il n’eut été forcé de respecter sa parole donnée, nulle doute qu’Il ne serait jamais entré en guerre avec la Nation Iroquoise. Pour le reste, les Nations Amérindiennes étaient constamment en guerre les unes contre les autres ; elles n’avaient rien à envier aux Européens en la matière si ce n’était le nombre de victimes. D’ailleurs Champlain demanda a un Sagamo pourquoi les Indiens étaient toujours en guerre. L’une des grandes préoccupation de Champlain aura été non pas de diviser les Nations autochtone mais de mettre fin aux guerres fratricides. Si vous voulez que l’ancienne alliance franco-amérindienne renaisse de ses cendres cessez de faire de la désinformation.

    • résumé d’histoire officielle coloniale classique. Pour comprendre l’histoire, il faut aller la chercher de l’autre côté, voir et comprendre comment elle a été et est vécu par les récipients de la terreur occidentale.
      Pensez-vous toujours que le criminel génocidaire aux ordres d’un roitelet européen et donc de l’église Colomb « sailed the ocean blue » in 1492 et fut un bienfaiteur du continent ??
      Pour que l’alliance renaisse, il faut mettre les choses à plat. Qui a trahi ? Qui a pillé ? Qui a commis un génocide ? Même si cette partie a plus à voir avec le côté anglophone par la force des choses.

      • Il faut savoir faire la part des choses, Colomb c’est Colomb, Champlain c’est Champlain. Même chose en ce qui concerne le génocide. La Nouvelle-France n’y a jamais participé. Les témoignages sont innombrables là-dessus. Croyez-vous que Pontiac, après la défaite de Québec aurait déployé tant d’énergie pour faire revevivre l’alliance franco-amérindienne si la Nouvelle-France avait été coupable de génocide. Quand la grande paix de 1701 a été signée ça faisait plusieurs décennies que pas un coup de fusil n’avait été tiré entre Iroquois et Français. D’ailleurs la Nation Iroquoise la seule nation à être entré en guerre contre les Français à cause du malheureux coup de mousquet de Champlain dont j’ai expliqué les circonstance. La guerre franco-iroquoise n’a probablement pas fait plus d’une centaine de victimes des deux côtés.

        • Si l’approche coloniale française fut différente de l’anglaise, elle n’en est pas moins coloniale et le pillage, vol des terres par l’église et le pouvoir colonial se sont déroulés. Après « l’indépendance » américaine que les Français aidèrent à établir, les fraîchement « libres » yankees se sont empressés d’aller massacrer les Iroquois tandis qu’Anglais et Français faisaient la pause café, la guerre par proxy les arrangeaient déjà bien. Les nations autochtones quelles qu’elles soient étaient et sont toujours une entrave à l’hégémonie génocidaire occidentale.
          Pontiac utilisait le vieil adage qui voudrait que « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ».
          S’il est indéniable que la façon de vivre des Français en Nouvelle-France était bien différente de celle des Anglais, qui eux arrivaient avec famille, armes et bagages et n’avaient aucune velléité de participer à la vie locale contrairement a beaucoup de Français qui mariaient des natives et établissaient des familles (ce qui est aussi une forme de colonisation plus douce si l’épouse quitte son clan pour venir vivre chez les européens..), il n’en demeure pas moins vrai que la guerre fut déclenchée par Champlain, Cartier auparavant ne s’étant pas non plus lui-même comporté en « gentilhomme » lors de son arrivée en terre autochtone…

          Voici ce que dit le Musée de la Guerre Canadien (version donc de l’histoire officielle coloniale): Emphase ajoutée par nos soins.

          « NEW FRANCE AND THE IROQUOIS WARS
          1609-1701
          A century of brutal warfare raged between the Iroquois Confederacy and the French colonists.
          In support of his Huron and Algonkian trading partners, Samuel de Champlain shot and killed two Iroquois chiefs in 1609 at Ticonderoga, near the lake that now bears his name. This incident helped touch off a long, bitter war between the French and the Iroquois Confederacy, comprised of the Seneca, Cayuga, Onondaga, Oneida, and Mohawk. The Iroquois, like many of North America’s First Peoples, possessed a strong military organization and, through skilful use of ambush and knowledge of the terrain, nearly destroyed New France in the first half of the 1600s.

          After close to a century of warfare involving heavy loss of life on both sides, the Treaty of Montreal in 1701 established peace between the Iroquois and New France. »

          source: http://www.warmuseum.ca/cwm/exhibitions/chrono/1000iroquois_e.shtml

          Cité par Francis Jennings dans son « Ambiguous Iroquois Empire », 1984, p.42, Champlain a écrit en 1609: « Je suis venu ici avec nulle autre intention que de faire la guerre »… Les coups de mousquets ne sont pas une « erreur », les intentions belliqueuses étaient présentes.

          Lorsque nous parlons de génocide, nous parlons de l’enchaînement des mesures coercitives coloniales à l’encontre des nations originelles, mais également de la mise en place d’un système concentrationnaire d’assimilation/éradication des natifs par le biais des pensionnats pour Indiens mis en place aux Etats-Unis et au Canada, pour ce dernier suite au BNAA de 1837 et son infâme Indian Act toujours en vigueur aujourd’hui et que le Québec n’a jamais refusé de mettre en pratique.
          La dernière « residential school for Indians », pensionnat pour Indiens, qui a fermée ses portes au Québec fut celle de la ST Philipp’s Indian Residential School de Fort George en 1979, ce n’est pas si vieux que cela… Elle était gérée par l’église anglicane. Il y avait 4 pensionnats pour Indiens au Québec gérés par l’église catholique.
          Le Québec avait 11 pensionnats pour Indiens en tout.
          Plus de 50 000 enfants autochtones (chiffre conservateur) sont morts dans cet univers concentrationnaire (dans tout le Canada).

          De fait, d’où que vienne la colonisation, elle existe toujours aujourd’hui et quelque chose doit être fait à ce sujet. Des méfaits/crimes ont été commis, des mensonges ont été dits, il faut mettre les choses à plat et corriger le cours des choses… Cela ne passe pas par la farce de la Commission Vérité et Réconciliation pour sûr.

          « Sans un changement substantiel dans les circonstances de la colonisation, il n’y a aucune base pour considérer l’injustice comme étant ‘historique‘. Le crime de colonialisme est présent aujourd’hui (au Canada), tout comme le sont ses perpétrateurs. » (Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, U Victoria, BC)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.