Résistance politique: Anarchisme et dissidence…

Nous republions ceci du site d’Etienne Chouard, qui cite de plus en plus la pensée anarchiste, David Graeber il y a peu, anthropologue anarchiste dans la lignée d’un Pierre Clastres, à ici Anselme Bellegarrique, certes moins connu que les grands noms de la pensée autogestionnaire, mais qui mérite d’être lu et apprécié à sa juste valeur.

Nous l’avons dit, Chouard rejoindra la pensée anarchiste à terme et abandonnera l’idée de penser à réformer l’État de l’intérieur. La démarche de « réécrire » une constitution est valide à la condition que cela ne soit pas dans une optique de « réforme » style « VIème République » (la « république » étant conçue par les Grecs anciens comme une aristocratie), mais si la « constitution » devenait en fait une charte de confédération (de communes libres) comme l’est par exemple la « constitution » de la confédération iroquoise, qui allie des nations depuis le XIIème~XIIIène siècle sans formation d’État, ni de chefferie autoritaire coercitive. La démarche « citoyenne » est judicieuse mais pas si elle continue à servir un état sous quelque forme que ce soit.

Etienne Chouard est un érudit intelligent, qui a sans doute aussi étudié la forme de communalisme libertaire comme le préconise quelqu’un comme Murray Bookchin. Voilà une piste a aussi sérieusement explorer… En attendant, merci Etienne de relayer la pensée anarchiste, qui n’a rien de « terroriste », mais tout de « l’ordre naturel des choses » !

— Résistance 71 —

 

« Les anarchistes sont tellement épris d’ordre qu’ils n’en supportent aucune caricature. » (Antonin Arthaud)

 

Anselme Bellegarrigue : « Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Eh bien ! Vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande. »

 

20 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://chouard.org/blog/2014/10/20/anselme-bellegarrigue-vous-avez-cru-jusqua-ce-jour-quil-y-avait-des-tyrans-eh-bien-vous-vous-etes-trompes-il-ny-a-que-des-esclaves-la-ou-nul-nobeit-personne-ne-commande/

 

A lire:

“Le Manifeste de l’Anarchie”, Anselme Bellegarrigue, 1850

 

Citations :

  • Il n’est, en vérité, pires contre-révolutionnaires que les révolutionnaires ; car il n’est pires citoyens que les envieux.
  • Le pouvoir ne possède que ce qu’il prend au peuple, et pour que les citoyens en soient venus à croire qu’ils devaient commencer par donner ce qu’ils possèdent pour arriver au bien-être, il faut que leur bon sens ait subi une profonde perturbation.
  • C’est quand l’autorité de chacun est égale à celle de tous que l’équilibre social se trouve forcément acquis.
  • Un peuple qui fait ses affaires est un peuple qui se gouverne, et un peuple qui se gouverne abroge, par ce seul fait, et frappe de désuétude tout le fatras législatif dont l’agitation populaire avait, bien plus que le génie des hommes d’État, favorisé la conception.
  • La Révolution c’est le flux des intérêts : nul ne peut représenter les intérêts, ils sont représentés par eux-mêmes. La force d’intensité de leur persévérante et calme manifestation est la seule force révolutionnaire raisonnable et possible.
  • On ne peut pas être maître de répartir la richesse sans s’être fait préalablement maître de la richesse ; la répartition c’est donc tout d’abord le monopole
  • Si cela s’appelle un métier que de gouverner, je demande à voir les produits de ce métier, et si ces produits ne sont pas à ma convenance, je déclare que me forcer à les consommer est le plus étrange abus d’autorité qu’un homme puisse exercer sur un autre homme. Il est vrai que cet abus s’exerce par la force et que c’est moi qui entretiens, de mes deniers, cette force dont je me plains. Cela considéré, je me replie sur moi-même et je reconnais qu’en même temps que je suis une victime, je suis un sot aussi. Mais ma sottise tient à mon isolement, et c’est pour cela que je dis à mes concitoyens : Redressons la tête ; n’ayons confiance qu’en nous-mêmes ; disons : que la liberté soit, et la liberté sera.
  • Mais on dit que la liberté sans frein est menaçante. Qui donc menace-t-elle ? Qui donc doit craindre le coursier indompté, si ce n’est celui qui le dompte ? Qui donc a peur devant l’avalanche, si ce n’est celui qui veut l’arrêter ? Qui donc tremble devant la liberté, si ce n’est la tyrannie ? La liberté menaçante… c’est le contraire qu’il faudrait dire. Ce qui effraye en elle c’est le bruit de ses fers. Dès qu’elle les a rompus, elle n’est plus tumultueuse ; elle est calme et sage.
  • Le gouvernement n’est pas un fait, il n’est qu’une fiction. Le fait immuable et éternel, c’est le peuple.
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Une Réponse to “Résistance politique: Anarchisme et dissidence…”

  1. Seul le « Connais-toi et par toi-même » rayonnant naturellement permettra une vraie civilisation de vivre ensemble. Si on ne trouve pas la Paix en soi-même, comment peut-on la propager dans le monde ?

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